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Dans le chapitre précédent :

Cette nouvelle vie est horrible, sans aucun doute, mais elle n'aurait plus faim. Elle n'aurait plus froid. Elle troque une vie confortable contre sa virginité et son corps. Est-ce ça, être une pute ? Peut-être. Peu importe. Plus rien n'importe, désormais.

Chapitre quatre

Hermione se réveille tranquillement. De nombreux cauchemars ont peuplé ses nuits, comme à chaque fois. Mais cette fois-ci elle avait un lit à la place d'une simple planche de bois, un matelas épais au lieu de la paille et une couverture chaude qui lui tient chaud. Quand elle se réveille en sursaut au beau milieu de la nuit, elle n'est pas gelée par le froid, grelottant et incapable de se rendormir. Elle n'entend pas les gens hurlant à la mort, torturés. Elle ne sent pas l'odeur de pisse qui régnait partout dans le camp, ni l'odeur de la mort. Cela fait une semaine qu'elle était arrivée chez les Nott et elle se sent presque bien. Théodore ne lui adresse jamais la parole, Daphné est sympathique avec elle et les deux sont de toute façon partis toute la journée. Oui, la vie ici est mille fois plus enviable que celle des camps. Le matin, elle aide aux tâches ménagères et fait les courses. L'après midi, elle a des leçons sur les us-et-coutumes de ce nouveau monde. Elle y a appris la signification des phrases étranges que tout le monde répète ainsi qu'à quel point il est important qu'elle les répète également. Elle y apprend également les principes du culte du Seigneur tout court, que l'on appelle plus Seigneur des Ténèbres. Elle se dirige vers la salle de bain en s'étirant mais se fige arrivée devant le miroir. Non… Pas ça… La pierre est verte. Evidemment, cela devait arrivé, mais pas déjà… Elle n'est pas prête, pas prête à avoir des relations sexuelles avec un homme. Elle ne veut pas faire ça. Pourtant, il n'y a pas d'autre choix possible… De gré ou de force, elle portera l'enfant des Nott. Mais bon sang, elle n'a que dix-huit ans… Hermione secoue la tête. Il est inutile de se lamenter de toute façon, les choses sont comme elles sont et s'en plaindre, même mentalement, n'y changera strictement rien. Elle prend rapidement un bain et descend dans la cuisine. Désormais, son corps supporte nettement mieux la nourriture et elle mange presque normalement. Elle aide les elfes à préparer le petit déjeuner et grignote avant de porter le plateau dans la cuisine, accompagnée par Padma qui n'a fait aucune remarque sur la couleur de sa pierre. Peut-être ne sait elle pas, elle n'est peut être pas au courant de la signification de ce collier et de ses couleurs changeantes. Ou peut-être ne l'a t-elle pas remarqué.

- Béni soit le fruit. Bonjour Madame Nott, bonjour Monsieur Nott, salue Hermione.

- Que le Seigneur ouvre. Bonjour Hermione, répond Daphné. Oh Merlin. C'est pour ce soir ?

Elle hoche la tête. Que dire de plus ? Oui, c'est pour ce soir. Sans doute également pour le lendemain soir aussi et peut-être même le soir d'après. Si elle a bien retenu ce qu'elle a lu dans les livres de biologie, un ovule peut survivre plus de soixante-douze heures. Théodore la regarde un instant et remet le nez dans son café, impassible. Que se passe t-il dans la tête de cet homme ? Il ne réagit jamais à rien, rien n'a l'air de l'atteindre. La gryffondor finit de tout disposer sur la table et quitte la pièce, non sans leur souhaiter une bonne journée. La politesse est importante ici, les Nott sont ses maîtres et elle sait que certains sont bien moins gentils avec leur Servante. Si elle veut continuer à être dans leur bonne grâce, leur montrer du respect est le minimum, même si elle déteste avoir à le faire. Hermione doit aller faire des courses . Elle attrape son voile et couvre son visage. Ainsi, dans la rue, les Servantes ne sont que des choses. Elles n'ont pas de visage, pas d'histoire. Elles sont uniquement leur utérus, rien de plus, et personne ne peut vouloir interagir avec elles. Elle sort dans la cour et attend Emily, sa partenaire. Les Servantes ne sortent pas seules dans la rue, pour leur protection. Le secret magique n'existant plus, moldus sont parfaitement au courant de la présence des sorciers ainsi que de ce qui les attends au moindre écart de conduite. La police anglaise est acquise à Voldemort, de même que l'armée et le gouvernement. Ils sont parfaitement au courant de leur position, ne leur viendront pas en aide et coopéreront avec les mangemorts si besoin. Emily arrive enfin.

- Béni soit le fruit, salue t-elle.

- Que le Seigneur ouvre, répond la Gryffondor. Il fait froid aujourd'hui.

- En effet. Mais la neige est belle, souligne sa partenaire.

- C'est vrai.

Elles n'échangent pas plus de mots. Elles ont interdiction de parler du passé, de la guerre, de politique. Finalement, elles n'ont pas grand-chose à se dire et ne se connaissent pas plus que ça. Hermione récupère la nourriture qu'elle est venue chercher et rentre vers chez elle. Sortir fait du bien, mais il fait très froid et elle ne souhaite pas s'éterniser dehors, où les moldus ne leur réservent pas un bon accueil. Ils les regardent toujours mal, comme si elles étaient responsable en quoi que ce soit de la situation… Si ils savaient… Elles ont l'interdiction totale de pratiquer la magie alors en quoi sont elles encore des sorcières ? Si ça se trouve, elle ne savent même plus se servir d'une baguette.

- Bon courage pour ce soir, dit Emily avant de se diriger vers chez elle.

- Merci, va dans la grâce, répond Hermione.

C'est la première fois que sa partenaire lui fait une remarque un peu personnelle. Peut être un jour elles finiront par nouer un lien. Elle passe le portail où deux hommes sont stationnés, une baguette à la main. Elle ne sait pas où Voldemort a trouvé tout ces mangemorts, mais son armée est partout. Sans doute a t-il recruté beaucoup de sorciers neutres, en âge de combattre, peu importe leur statut de sang. Quand on veut contrôler un pays entier, on ne peut pas être exigeant et de toute façon, dans peu de temps il n'y aurait plus aucun sang pur en Angleterre. La gryffondor entre dans l'entrée et entend des voix masculines. Les Nott ont des invités. Elle garde son voile et se dirige vers la cuisine lorsqu'elle entend la voix de Daphné, l'appelant à les rejoindre.

- Hermione, monsieur Malfoy est venu ici pour toi, l'informe la maîtresse de maison.

Elle fixe ses chaussures, n'ayant pas le droit de regarder un homme dans les yeux, vile tentatrice au sang de bourbe qu'elle est, mais elle a remarqué que c'est Malfoy fils. Qu'est-ce qu'il lui veut ?

- Béni soit le fruit. Granger, tu peux venir avec moi, je dois t'examiner, dit Malfoy.

- M'examiner ? s'étonne Hermione.

- Je suis médicomage, répond t-il.

Médicomage. À dix-huit ans ? Il joue plutôt au docteur oui. Peu importe, Hermione le suit jusqu'une pièce dont elle ignorait jusque là l'existence. De nombreuses étagères avec potions, bandages et crèmes en tout genre, une sorte d'infirmerie.

- Allonge toi, demande t-il.

Hermione s'exécute sans rechigner, il n'y a aucun intérêt à chercher le conflit avec Malfoy, elle n'est plus une gamine.

- Tu peux retirer ton voile, tu sais, lui dit-il.

- C'est interdit, répond t-elle.

- Je sais très bien à quoi tu ressemble, rétorque le mangemort, un brin d'amusement dans la voix.

- C'est tout de même interdit, s'obstine la gryffondor.

- Pas devant un médecin, soupire Malfoy, qui semble plutôt agacé désormais.

La gryffondor n'est pas au courant de cette règle. Et puis, pourquoi tient-il tant à voir son visage ? Peu importe, elle ne veut vraiment pas chercher plus loin. Elle ôte son voile et fixe toujours ses mains.

- Je vais jeter un sortilège de diagnostic, d'accord ?

Hermione hoche la tête. Pourquoi demande t-il son consentement ? Il peut bien faire ce qu'il veut.

- Ta tension est un peu basse, tu mange bien, tu bois bien ? Demande t-il alors en lisant le parchemin.

- Oui.

- Continue alors. C'est important que tu prenne du poids, pour le bébé.

- Il n'y a même pas encore de bébé, dit Hermione

- Oui, je sais bien. Mais une dénutrition diminue les chances de grossesses, informe Malfoy. Je… Je te croyais morte.

- Manifestement non, répond Hermione, d'un ton acerbe. Qu'est ce que ça peut lui foutre ?

- C'est bien, répond t-il, un peu comme pour lui même.

- Bien ? Pourquoi est ce que c'est bien, Malfoy ? Demande t-elle, maintenant intriguée.

- Et bien… Rien, rien d'important. Tu peux vaquer à tes occupations. Bonne journée.

Sur ces paroles, Draco sort de la pièce. C'est bizarre. Très bizarre. Pourquoi lui dire que c'était bien ? Il est étrange. Tout le monde est étrange dans ce nouveau monde. La guerre a du leur retourner le cerveau.

La journée passe et très vite, il est vingt-et-une-heure. Hermione se rend dans sa chambre et attend Théodore. Elle appréhende ce qu'il va se passer, elle sait qu'elle va perdre sa virginité. Elle a tenté de se convaincre toute la journée que cela n'a pas d'importance, puisqu'elle est en vie, mais quoiqu'elle en dise cela en a. Cependant, elle n'a aucun autre choix. Alors elle s'allonge sur le lit moelleux, ferme les yeux et attend.