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Dans le chapitre précédent :

Hermione se rend dans sa chambre et attend Théodore. Elle appréhende ce qu'il va se passer, elle sait qu'elle va perdre sa virginité. Elle a tenté de se convaincre toute la journée que cela n'a pas d'importance, puisqu'elle est en vie, mais quoiqu'elle en dise cela en a. Cependant, elle n'a aucun autre choix. Alors elle s'allonge sur le lit moelleux, ferme les yeux et attend

Chapitre cinq

Théodore arrive peu de temps après et ne lui jette pas un regard. Hermione prend une grande inspiration en essayant de se détendre. Ça se passera bien. Visiblement, Nott n'est pas emballé par la situation. Il ouvre sa braguette et commence à se masturber, sans un mot. Hermione rirait presque, si elle n'était pas sur le point de perdre sa virginité avec un homme qui n'en avait manifestement pas plus envie qu'elle. Mais lui aurait pu refuser. Pas elle. Brusquement, sans signe avant coureur, il la pénètre. Elle retient un cri et mord ses lèvres. C'est douloureux. Il commence les va et viens et les larmes montent aux yeux de Hermione. Elle fixe le lustre du plafond. Il comporte douze bougies et vingt-quatre chaines en forme de flocons. Elle a mal. Physiquement mal. Mais son âme a encore plus mal. Les larmes coulent et sa vision se brouille. Elle attrape les draps et les sert fort dans ses mains. Ne peut-il pas se dépêcher ? Les minutes semblent être des heures et elle a l'impression que ça fait une éternité qu'elle est allongée dans ce lit lorsqu'il éjacule enfin. Il sort de la pièce, toujours sans un regard et Hermione laisse un sanglot s'échapper. Elle se tourne sur le côté et ramène ses genoux sur sa poitrine. Elle ne pensait pas que ce serait si difficile, que ça ferait si mal. Et la façon qu'a eu Nott de l'ignorer… Elle ne s'attendait pas à ce qu'il soit doux ou gentil, mais il aurait pu au moins la saluer, lui demander si elle était prête. Là, il l'avait réellement traitée comme un objet. Comme quelque chose sans sentiment, sans pensées, sans cerveau. Elle sent le sang s'écouler doucement de son entrejambe meurtrie. Elle s'était souvent imaginé sa première fois, bien éloignée de celle-ci, avec un roux. Mais il n'était plus là et elle n'avait pas eu le choix. Alors pourquoi avait-elle l'impression d'avoir trompé Ron ?

Le lendemain, Hermione avait été violée à nouveau. Elle se lève doucement, elle a mal. Elle ne comprend pas pourquoi c'est si douloureux, est-ce que c'est parce qu'elle n'est pas consentante ? Pourtant, elle n'a pas résisté, elle s'est détendue au maximum, autant qu'il est possible de se détendre lorsqu'un homme quasi-inconnu et froid vous viole. Peut-être est-ce une douleur psychologique, sans raison d'être ? Peut-être est-ce juste dans sa tête, peut-être que son âme rejette tellement ses rapports qu'elle la fait souffrir, comme si c'était de sa faute… Elle ne sait pas, mais peut importe, elle souffre, la douleur est bien présente. Elle se regarde dans la glace. Elle a repris du poids, cela se voit, mais son visage est marqué par le manque de sommeil. Elle se frotte sous la douche, sans doute plus fort que de raison, elle ne peut s'en empêcher, elle a l'impression que l'odeur de Nott flotte sur elle. Sa peau rougit lentement mais surement sous ses frottements agressif, la chaleur de l'eau n'arrangeant rien. Elle a besoin de ça, la sensation de brûlure lui rappelle qu'elle est vivante, qu'elle est toujours Hermione Granger, que ce n'est pas un objet. Au bout d'un long moment elle se décide à sortir de la douche et à s'habiller, toujours de la même façon. La gryffondor descend ensuite et se dirige vers la cuisine. Elle se force à manger, même si elle n'a pas faim, elle ne peut pas laisser la tristesse la priver de nourriture après tout ce qu'elle a vécu. On ne sait jamais quand est ce qu'elle sera à nouveau privée de manger. Elle sert ensuite les Nott et part au commissions. Le petit sourire compatissant de Padma l'agace. Elle apprécie la Serdaigle, mais cette manie qu'elle a de la traiter comme une petite chose fragile est insupportable. Elle n'a aucune idée de ce qu'Hermione a vécu et vit encore et elle est bien plus forte que ce que Padma peut imaginer. Emily l'attend à la grille. Elles marchent ensemble vers la ville, après les salutations d'usage. Les conversation avec sa compagne de route sont toujours monotones et ennuyantes, mais au moins Hermione prend l'air. Elles entrent dans le supermarché et une moldue bouscule Emily et la fait tomber au sol.

- Vous pourriez dire pardon, s'offusque Hermione

- Je t'ai demandé quelque chose, le monstre ? Rétorque méchamment la jeune femme.

- Vous pourriez vous excuser. Vous l'avez fait tomber, répond la Gryffondor, choquée de ce comportement.

- Si tu savez comme je m'en fiche. Je peux la piétiner même si je veux, dit-elle sur un air de défi.

Deux autres Servantes se sont approchées et les moldus observent la scène de loin.

- Essayez donc pour voir, vielle folle, répond Hermione, cette fois-ci bien énervée. Elle n'a pas perdue son tempérament de feu et cette moldue commence à lui taper sur le système. Pour qui se prend t-elle ?

- Hermione, laisse, tente d'intervenir Emily

- Ecoute donc ta copine, monstre, répond la femme, un sourire au lèvres.

- Va te faire foutre, crache Hermione.

- Hermione ! s'offusque Emily.

Sans un mot, comme au ralenti, la moldue sort un revolver de son sac à main et le pointe sur Hermione. Lily hurle et Hermione regarde la moldue avec malice. Elle s'en moque, elle peut l'abattre sur le champs si ça lui chante. Sa vie ne lui importe pas, bien au contraire. Elle supplierai cette femme de la descendre, si elle n'avait pas peur de provoquer l'effet inverse. Elle fixe l'arme, qui pourrait lui enlever la vie d'un instant à l'autre. Et elle ne ressent pas le moindre soupçon de peur.

- Répète un peu ça, sale monstre, provoque la moldue, son arme toujours pointée sur la gryffondor.

- J'ai dis, va…

Un bruit sourd, une balle qui siffle. Tout se passe comme au ralentit, sans doute sous l'effet du choc. La moldue s'effondre au sol, le sang s'écoulant d'une mince plaie ronde sur son front. Plusieurs cris retentissent et Hermione lève les yeux. Elle ne comprend pas ce qui vient de se passer. Un soldat anglais, probablement moldu, vient d'abattre la jeune femme. Plusieurs soldats rappliquent et débarrassent le corps. Elle reste prostrée, fixant la trainée rouge vermillon sur le sol blanc du magasin. Emily lui attrape le bras et dit son nom, mais elle ne réagit pas. Ce n'est pas le premier mort qu'elle voit, ce ne sera sans doute pas le dernier, et après tout cette femme était prête à la tuer. Mais elle s'attendait à ce que cette balle soit pour elle. Elle était sensée être la morte. Les mangemorts, mêlés à des policiers ordonnent qu'on se disperse. Sa compagne lui sert le bras plus fort et la force à marcher. Elle reprend doucement ses esprits sur le chemin. Les moldus les détestent donc tant que ça ? Il n'y avait que de la haine dans le regard de cette femme. Arrivée devant le portail, Emily lui demande si ça va aller. Bien sûr, évidemment que ça va aller. Elle en a vu d'autres.

Elle rentre chez elle, sans les courses qu'elle avait à faire. Padma s'inquiète à nouveau, comme si Hermione était en porcelaine. Elle la rassure brièvement et travaille comme un elfe jusqu'à la fin de la journée, frottant et nettoyant tout ce qui tombe sous sa main et s'endort d'épuisement le soir venu, ses muscles endoloris se relaxant au contact du matelas. Le regard de cette femme hante ses cauchemars de la nuit, s'ajoutant aux nombreuses scènes qui peuplent ses rêves depuis longtemps déjà.

Deux semaines plus tard, Hermione a ses règles. Daphné semble déçue et Théodore, comme à son habitude, est impassible. Elle ne comprend pas comment madame Nott peut être déçue qu'elle ne soit pas enceinte. Pourquoi voudrait-elle avoir un bébé ? Elle est si jeune. La culture sorcière est peut-être différente de la culture moldue mais tout de même, normalement, tomber enceinte si jeune est plutôt source de déception, non ? Peu importe, ce n'est pas son problème. Elle n'aura pas de bébé ce mois ci. Elle n'est pas enceinte. Doit-elle se réjouir ? Pourtant, cela signifie qu'elle sera à nouveau violée dans deux semaines. Mais elle n'est pas prête à avoir un enfant. Cela dit, se préparer à quoi ? Elle n'élèvera pas cet enfant. Elle accouchera, allaitera le bébé jusqu'à ses six mois et partira au service d'une autre famille, sera violée par un autre homme, accouchera à nouveau et ainsi de suite… Elle ne veut pas vivre ça. Qui pourrait le vouloir ? Mais elle n'a pas le choix, c'est comme ça. Enfin, elle a peut-être un peu le choix. Elle pourrait casser le miroir de la salle de bain et trancher ses veines. Ou bien suspendre les draps au lustre et se pendre. Il y a des tas de moyens par lesquels elle pourrait s'échapper et rejoindre Harry, Neville, Ron et tout les autres. Mais qu'est ce qu'ils penseraient d'elle, si elle se suicidait ? Elle essaie de ne pas trop y penser, de rester forte.