1/ Des Chauves-Furies qui se perdent

Harry contemplait le soleil qui se couchait sur la forêt interdite. Depuis les fenêtres de la salle commune, il y avait une vue dont il ne se lassait jamais. Depuis sa première année à Poudlard, cette vision d'un nouveau monde qui s'ouvrait à lui, l'hypnotisait.

Cependant il poussa quand même un soupir de désespoir. Ginny était partie avec Luna faire une partie de bavboule en attendant que lui et Hermione reviennent de la bibliothèque. En effet, celle-ci lui avait imposé un emploi du temps chargé de révisions pour les examens des ASPIC. Hermione était satisfaite du travail et du sérieux d'Harry et ils purent rentrer plus tôt à la tour de Gryffondor. Il était déterminé à obtenir les mentions maximales à toutes les matières dont il avait besoin pour que sa candidature soit reçue chez les Auror.

-Sérieusement Harry, à quoi ça te sert d'être le Survivant ? Demanda Dean.

-Comment ça ? l'interrogea Harry.

-Je veux dire, tu es celui qui a vaincu Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom…

-Voldemort.

-Oui si tu veux, mais là où je veux en venir, c'est que tu penses vraiment que si tu n'as pas un Optimale en métamorphose ou en potion, ils vont refuser le seul qui ait réussi à débarrasser le monde sorcier du plus grand mage noir de tous les temps ?

-Je l'ai déjà dit à Hermione, je ne veux aucun privilège. Imagine que je me retrouve dans une situation qui me dépasse complètement. A ce moment-là, il faudra les compétences d'un vrai Auror et non celles d'un adolescent privilégié. Je ne pourrai pas le supporter…

-Harry a raison Dean, renchérit Hermione. De plus, imagine les journalistes comme Skeeter qui l'attendront au tournant. Ils ne le louperont pas s'il fait la moindre erreur. Sans vouloir te mettre la pression Harry. -Merci Hermione, fit Harry avec une mine faussement rassurée. Au fait, tu sais quand Ginny rentr…

-HARRY !

-La voilà, dit-elle légèrement inquiète par le comportement de la nouvelle venue.

En voyant Ginny passer le portrait de la grosse dame, Harry sentit son cœur faire un bond. La revoir après un moment d'absence, si court soit-il, était toujours quelque chose qui le rendait profondément heureux. Cependant, elle marchait vite et arborait un regard assassin. Ces yeux étaient flamboyants et Harry cru qu'elle allait le tuer. Mais qu'avait-il fait ? Quand elle vint se planter devant lui, les bras croisés et les yeux qui lançaient des éclairs, Harry cru qu'il n'arriverait pas à faire sortir un mot de sa bouche.

-Ou… Oui ? balbutia-il, inquiet de connaitre la réponse.

-JE PEUX SAVOIR DEPUIS QUAND TU SORS AVEC CETTE SERDAIGLE !? Lui cria-t-elle.

-Qu…quoi ? demanda-il, ne voyant pas de quoi Ginny voulait parler.

-NE ME MENS PAS, JE T'AI VU L'EMBRASSER DANS LE COULOIR QUI MENE A LA BIBILIOTHEQUE !

-Attends Ginny… commença Hermione.

-Ne t'en mêle pas Hermione! J'ai assez de mon frère sur le dos pour qu'une autre personne ne vienne se mêler de mes histoires.

-Mais… insista Hermione.

Ginny lui lança son fameux regard noir qu'elle tenait de sa mère et, quand elle fut sûre qu'elle la laisserait continuer sans l'interrompre, elle reposa ses yeux sur Harry qui, visiblement était complètement perdu.

-TU NE VOIS TOUJOURS PAS DE QUOI JE PARLE !? Reprit-elle de plus belle.

Hermione nota que Ginny scrutait minutieusement le fond des yeux émeraude de son amoureux.

-Ginny, je… je t'assure que je ne sais pas du tout de quoi tu parles.

Aux yeux des gens qui se trouvaient dans la pièce à ce moment, la réponse d'Harry paraissait vraiment très peu convaincante. C'est d'ailleurs ce qu'il pensait. « Jamais elle ne me croira, je bafouille comme si j'avais commis le pire des crimes. Mais je n'ai pourtant rien fait ».

-Je vois, murmura-t-elle entre ses dents serrées par la colère. Je suis trop stupide, j'aurai dû m'en douter.

C'était clair depuis tout ce temps…

-Mais Gin', laisse-nous t'expliquer… commencèrent en même temps Hermione et Harry.

Sans en entendre plus, Ginny quitta la pièce vers les dortoirs, furieuse et en tenant sa baguette à la main de manière menaçante. Une fois en haut de l'escalier, au lieu d'aller à droite pour se rendre dans le dortoir des filles, elle prit la porte de gauche qu'elle ouvrit avec force, pour se rendre dans celui des garçons.

-Hermione, Dean, rassuremoi, on ne m'a pas jeté d'Imperium, fait boire de filtres d'amour ou autre chose du genre ? demanda Harry.

-Je ne sais pas, mais tu n'as pas intérêt à tromper Ginny. Sinon tu auras affaire à moi, lui répondit Dean.

-Ne vous inquiétez pas les gars, je crois que sa rage est passée sur une autre personne. Elle a quelque chose derrière la tête, c'est évident.

-Elle a un grain surtout, répondit une élève de deuxième année. Je n'ai jamais sursautée aussi haut de ma vie.

Vraiment dès fois elle est folle à lier

Harry lui jeta un regard noir et elle s'enfonça profondément dans son fauteuil en se cachant derrière le livre qu'elle lisait. Au même moment Ginny refit son apparition en bas des marches. Elle arborait un visage mi-satisfait, mi-confiante. Elle tenait entre ses mains la valise de Mikael Corner. Pour s'expliquer, elle la jeta sur la table basse la sale commune dans un fracas qui fit de nouveau sursauter la deuxième année.

-Ginny chérie, je t'assure que je ne comprends rien à ce qu'il m'arrive en ce moment, expliqua doucement Harry de peur de se voir de nouveau prendre une gueulante de la part de sa douce.

-Halohomora, lança cette dernière en direction de la valise, qui s'ouvrit sous le sortilège.

-Wow ! s'exclama Hermione. Regardez ça, des fioles, du nécessaire de potion et… D'accord ! Je comprends tout maintenant.

-Tu en as de la chance, s'impatienta Dean.

-Tu veux bien nous expliquer Gin' ? demanda Harry en s'approchant de celle-ci en voyant que sa colère avait baissé d'un cran.

-Pardonne-moi Harry, je suis vraiment désolée d'avoir douté, lui demanda Ginny avec son regard légèrement suppliant qui avait le pouvoir de faire fondre Harry.

-Je ne te pardonnerai que quand tu m'expliqueras ce qui se passe, plaisanta-il.

A ce moment le tableau de la grosse dame se mit à pivoter et Ginny repris instantanément son air de furie. Elle était maintenant rouge de colère.

Le temps qu'il tourne la tête pour reconnaître Mikael Corner dans l'embrasure de la porte, il était déjà projeté dans les airs, par le Chauve-Furie le plus violent qu'Harry et toute la salle réunis, n'aient jamais vu. Il retomba avec fracas dans le couloir de la tour de Gryffondor tandis que le portait reprenait sa place.

-Ginny ! s'exclama Hermione, je te rappelle que je suis préfète-en-chef !

En voyant l'air surpris de Ginny, elle se reprit.

-Enfin je veux dire, évite de le faire devant moi.

-Mais enfin c'est quoi ce bordel ! S'indigna Harry. Qui va m'expliquer ?!

-Viens, je vais tout te raconter, l'invita Ginny en tapotant la place libre du canapé sur lequel elle venait de s'asseoir.

Il s'assit tandis qu'elle lui tendait une fiole dans laquelle se trouvaient plusieurs cheveux d'un noir de geai. Elle venait de la prendre de la valise de Mikael juste avant de lui lancer son sortilège fétiche.

-Mais, ce sont mes cheveux ! réalisa Harry.

-Pour te faire une surprise, je suis sortie plus tôt de la salle de jeux en espérant te trouver à la bibliothèque, mais quand je t'ai vu embrasser cette fille… Elle réprima l'intervention d'Harry, visiblement prêt à démentir, avant de poursuivre ses explications. Bref quand je suis revenue ici pour te demander les raisons de cette trahison, j'ai bien vu dans tes yeux que tu ne me mentais pas. C'est alors que j'ai compris. Mikael ne m'a jamais vraiment lâché après notre rupture, il devait être persuadé de pouvoir recoller les morceaux. Seulement je n'y ai pas vraiment prêté attention jusqu'à aujourd'hui…

-Et il a utilisé du polynectar dans l'espoir que tu lui tombes dessus pendant qu'un faux moi embrasse une autre fille, comprit Harry.

-Et il a été assez stupide pour croire que je te quitterai sans te poser de questions, fini Ginny.

-Je peux t'assurer que j'ai eu la trouille de ma vie, dit-il en la serrant dans ses bras.

- Pardonne-moi, murmura-t-elle en l'embrassant.

Après un moment, Hermione rompit le silence et l'étreinte des deux amoureux.

-Que fait-on de l'autre abruti ? demanda-t-elle.

-Je crois qu'il a été projeté contre le mur du fond du couloir, parce qu'il est par terre, inconscient, avec plein de Chauve-Furie géantes qui lui tournent autour, les informa Dean qui venait d'aller voir.

-On devrait l'amener à l'infirmerie, proposa Ginny à Harry avec un sourire des plus maléfiques au coin des lèvres. Celui-ci acquiesça avec beaucoup trop d'entrain et d'approbation pour qu'Hermione ne puisse pas remarquer la terrible vengeance qui pesait sur le malheureux qui avait osé les provoquer.

Quand Mikael arriva à l'infirmerie, il était un peu cabossé, la tête affublée d'oreilles de lapin, d'une queue de blaireau et les poches remplies de Bombabouses signées Magasin pour sorciers facétieux W&W. En effet, ils l'avaient fait parvenir jusque-là grâce où à cause de la lévitation. Ils avaient bien pris soin de le faire cogner à chaque coin de mur, tout en lui appliquant les sortilèges les plus farfelus qui leurs étaient passés par la tête à ce moment-là.

Ginny avait toujours sur elle quelques échantillons du magasin de ses frères Ron et George. Ils s'étaient cependant retenus de l'attacher à une fusée Fuseboum pour le simple plaisir de lui faire la trouille de sa vie.

C'est sous la cape d'invisibilité d'Harry qu'ils rentrèrent se coucher et non sans un arrêt à la tour d'astronomie afin d'y observer le magnifique ciel étoilé qui s'offrait à eux cette nuit-là.