Chapitre six

Hermione se lève dans sa nouvelle chambre et descend prendre son petit déjeuner. Une sorte de routine semble déjà s'installer. Elle se lève, elle descend manger, elle sert les Nott et ensuite elle part aux commissions. Lorsqu'elle sort aujourd'hui, le temps est aussi maussade que son humeur. Il pleut à torrent. La pierre d'Emily n'est pas rouge, elle n'est pas non enceinte. Elles marchent en silence jusqu'au supermarché, où plusieurs Servantes sont réunies et discutent entre elles. C'est la première fois, à la connaissance d'Hermione, qu'une telle réunion arrive.

- Lily, Bethany, Lauren et Johanne, c'est ce qu'on m'a dit, chuchote Amélia.

- Elles ont de la chance. La Lestrange était folle furieuse quand je lui ai dit que j'avais mes règles. Et Rodolphus est si brutal… J'espère que ça fonctionnera ce mois ci, répond Elisabeth.

- Oui… Pour moi Pansy Parkison avait l'air plutôt soulagée, rétorque Jessica.

- Pourquoi ils veulent autant des bébés ? demande Hermione.

- Pour peupler le monde de sorciers. Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom veut exterminer les moldus, de ce que j'ai entendu, murmure Sophie.

- Chut ! On a pas le droit de parler de ça. Si quelqu'un nous entend… réprimande Emily.

- Ils ne peuvent rien nous faire, ils ont besoin de nos ovaires, réplique Pénélope

- Ça ne les empêche pas de nous torturer. On a pas de bébé qui nous protège pour l'instant, répond Emily.

Ce monde est horrible, cette société est horrible. Mais qu'est ce qu'Hermione peut bien y faire ? Il n'y a aucun espoir. L'Ordre a été pulvérisé, il n'y a plus de résistance. Deux mangemorts s'approchent, les messes-basses entre Servantes sont interdites. Mais ils ne peuvent pas les empêcher de tisser des liens. Et c'est ce qu'elles font. Elles apprennent à ce connaître, et qui sait, peut être un jour elles formeront une nouvelle armée rouge, une d'un autre genre que celles des soviétiques, mais avec la même détermination. Ce jour parait bien loin et même impossible à atteindre. En attendant, Hermione achète ce dont elle a besoin et rentre chez elle. La résistance n'est pas à l'ordre du jour.

La pierre est de nouveau verte et la Gryffondor est bonne pour une nouvelle visite avec Malfoy. Elle s'allonge sur la table d'examen en prononçant les salutations d'usage et le laisse lui lancer son sortilège de diagnostic.

- Comment ça va aujourd'hui ? Demande t-il.

- Ça va, répond Hermione.

- Tu as repris du poids, c'est bien, souligne le mangemort.

Elle acquiesce. Que peut-elle dire de plus ? Elle ne veut pas faire la conversation avec son pire ennemi.

- Tu es sûre que ça va ? Insiste t-il

- Qu'est ce que ça peut te foutre ? Crache Hermione.

Malfoy a toujours ce don prodigieux de l'agacer.

- Je… Je suis aussi là pour ta santé mentale tu sais.

Hermione ne peut retenir un rire.

- Ma santé mentale ? Tu veux jouer au psy, Malfoy ? Alors ça, c'est vraiment trop drôle, articule t-elle dans son fou rire.

- Ce que tu vis, ce que nous vivons… Ce n'est pas facile, c'est très difficile à vivre, si tu veux en parler…

Malfoy a l'air gêné et les moqueries de la gryffondor ne l'aide sans doute pas.

- Nous ? Qu'est ce qui est si difficile pour vous, les sang purs ?

- Tu peux penser ce que tu veux, mais je ne suis pas un monstre, je n'ai jamais voulu ça, se défend t-il.

- Moh, pauvre petit chou qui doit fourrer sa bite dans une meuf tout les mois, c'est sur que ça doit être très difficile, rétorque Hermione, maintenant réellement énervée.

- Oui. Oui, ça l'est, répond t-il.

- Alors pourquoi tu le fais ? Qu'est ce qui peut bien te forcer à violer une femme, hein ?

Elle crie presque.

- Si… Si vous ne tombez pas enceinte… On dira que c'est votre faute. Vous devez avoir un bébé. Vous n'avez pas le choix, dit Malfoy.

- Sinon quoi ? Questionne t-elle.

- Bonne journée, Granger.

- Sinon quoi, Malfoy ? Répond espèce de lâche !

Le serpentard sort de la pièce. Hermione a envie de hurler. Elle ne prend aucun contraceptif, elle n'a pas fait exprès de ne pas tomber enceinte, ce n'est pas de sa faute ! Que risque t-elle si ça ne marche pas ? Et d'où vient cette lubie de Malfoy de faire ami-ami avec elle ? Elle n'a pas oublié que c'était un mangemort, un mangemort à la blouse blanche, mais un mangemort quand même. Comment peut-il avoir l'indécence de se plaindre ? Toujours le même.

Le soir venu, en fixant le plafond, elle prie, elle prie de tout son coeur d'être enceinte, d'avoir ce bébé tant attendu. Qui sait ce qu'il lui feront sinon…

Deux semaines ont à nouveau passé et Hermione fixe la tâche présente au fond de sa culotte. Elle n'est toujours pas enceinte. Comment Daphné va t-elle réagir cette fois ci ? Pourtant elle fait tout bien comme il faut. Enfin, elle n'a pas grand-chose à faire. Mais elle mange bien, elle reste allongée après les rapports et ne prend pas de bain, comme on lui a dit de le faire. Alors pourquoi n'est-elle pas enceinte ? Est-elle stérile ? Sans doute pas. Ils ont dit que les nées moldues sont les plus fertiles ; Peut être est-ce lui, alors ? Auraient-ils était si bête, ou sexiste, ou bien les deux, qu'ils n'auraient pas testé la fertilité des hommes ? Non. Voldemort est loin d'être idiot. C'est un monstre, mais il n'est pas stupide. Alors pourquoi ? En même temps, ils n'ont fait que deux essais. Combien de temps faut il en moyenne a une femme pour tomber enceinte alors qu'elle est certaine de le faire au bon moment grâce à la pierre de fertilité ? Le Seigneur des Ténèbres n'attendra pas des années… Hermione soupire et se décide à descendre.

- Bonjour Padma, salue t-elle.

- Bonjour Hermione. Tu n'es toujours pas enceinte ? Demande la majordome

- Non, répond t-elle.

- Merci Merlin, dit la serdaigle en retournant à ses affaires.

- Merci Merlin ? s'étonne Hermione.

- Ce n'est pas une bonne nouvelle ? Demande Padma.

- Absolument pas ! As-tu une idée de ce qu'ils font aux Servantes qui n'apportent pas d'enfant ?

- Mais, ce n'est pas de votre faute ? C'est… C'est injuste ! s'exclame t-elle.

- Oui, injuste. Je sais bien. Quand est-ce que tu-sais-qui as t-il fait preuve de justesse ?

La gryffondor attrape le plateau et va porter le petit déjeuner aux Nott. Padma l'agace vraiment en ce moment, avec ses réflexes enfantins. Elle croit quoi, que c'est le monde des bisounours ici ? Daphné fixe son collier et prend la parole.

- Tu as eu tes règles ? Demande t-elle d'une voix froide.

- Oui, madame Nott, répond la gryffondor.

Il y a un moment de flottement avant que la main de Daphné ne s'abatte sur la joue de Hermione. La gifle est violente et la propulse sur le sol d'ébène.

- Tu le fais exprès ? Questionne t-elle d'une voix pleine de colère.

- Non, Madame. Je suis désolée, dit Hermione.

- Désolée ? Désolée ? Qu'est ce qui ne va pas chez toi ? Je t'offre un foyer accueillant, je suis gentille avec toi et c'est comme ça que tu me remercie ? Elles sont déjà neuf à être enceinte ! Je te préviens, les choses peuvent devenir bien pire pour toi, menace la maîtresse de maison.

- Oui, Madame Nott.

- Va faire tes courses, hors de ma vue, ordonne Daphné en lissant sa robe et se rasseyant, comme si rien ne s'était passé.

- Oui, Madame. Bonne journée, Madame, Monsieur.

Comme à son habitude, Théodore n'a pas bronché. Le sang coule de la commissure des lèvres d'Hermione, jusqu'à son cou. Elle déteste la soumission dont elle est obligée de faire preuve. Mais elle n'a aucune envie d'envenimer les choses. Oui, ça aurait pu être bien pire. Elle essuie le sang du revers de la main et retourne dans la cuisine.

- De quoi as tu besoin, Padma ? Demande t-elle.

- Euh.. je, de pain, du sucre roux et du concentré de tomate. Ça va aller ? Répond la jeune fille.

- Oui, je ne suis pas en sucre, dit Hermione d'un ton agacé.

Hermione fait demi tour en soupirant, attache son voile et se rend jusqu'à la grille en saluant Omar, le majordome. Emily est déjà arrivée et sa pierre est rouge. Elle est enceinte.

- Béni soit le fruit, mes félicitations, salue la gryffondor.

- Que le Seigneur ouvre, merci Hermione. Il fait beau aujourd'hui, répond sa partenaire.

- Oui, c'est agréable. Qui d'autre ? Demande Hermione.

- Sophie, Isabella et Pénélope de ce que j'ai entendu, répond t-elle.

- Et Elisabeth, la Servante de Bellatrix ? Questionne la brune.

- On ne l'a pas vu depuis des jours. Il paraît qu'elle était dans une colère folle et que maintenant la Servante ne peut même plus se lever de son lit, informe Emily.

- Marchez et ne papotez pas ! s'exclame soudain un Mangemort derrière elles.

Les discussions de ce genre ne sont pas permises. On ne parle pas des mangemorts et surtout on ne les critique pas, on ne commente pas leurs actions. Elles achètent ce dont elles ont besoin et rentre chez elles. Malfoy l'attend dans le salon. Décidément, il est tenace celui là. Elle le suit jusqu'à l'infirmerie et s'allonge sur la table d'examen.

- Je ne suis pas en période de fertilité. Pourquoi t'es là ? Demande t-elle.

- Elle m'a demandé de venir vérifier si tout va bien, l'informe le blond.

- Si je peux avoir des enfants ? Répond Hermione.

- Non, ça on en est sûr, c'est juste que… elle pense que Théodore ne te touche pas, explique t-il.

- Il le fait.

- Tu en es sûre ? Si jamais tu ne tombe pas rapidement enceinte…

- Je sais encore si j'ai été violée ou non Malfoy, s'exclame t-elle, agacée par les questions intrusives de son ennemi de toujours.

- D'accord. Je t'ai ramené ça, dit-il en tendant un flacon rempli d'une potion bleu turquoise.

- Qu'est ce que c'est ? Demande t-elle, méfiante.

- Une potion de fertilité. Ça augmente la fabrication d'ovules. Tu dois en prendre cinq gorgées, le soir, du premier jour de tes règles jusqu'à ce que la pierre soit verte, explique le médicomage.

- Pourquoi tu fais ça ? Questionne Hermione.

- Faire quoi ? Demande t-il, confus.

- Tu as donné cette potion as toute les filles qui ne sont pas enceintes ? Précise la gryffondor.

- A Elisabeth, oui, répond t-il.

- Et les autres ?

Le silence répond à la question d'Hermione.

- Pourquoi moi et pas les autres, Malfoy ? Insiste Hermione.

- Contente toi de la prendre, dit le serpentard.

- Répond moi !

Il lui tourne le dos et sort de la pièce. Bon sang, il a le don de lui mettre les nerfs en vrac. Mais elle ne peut pas refuser le cadeau qu'il vient de lui faire, elle prendra cette potion et continuera de prier pour que cela s'avère positif.