Chapitre sept
Lorsqu'elle rentre des commissions, Hermione fait le ménage dans les étages. Il y a énormément de choses à faire dans une bâtisse aussi immense et bien sûr elle est toujours volontaire pour aider les elfes de maison. En passant devant le bureau de Théodore et entend des voix. Elle ne peut s'empêcher d'écouter.
- Le gouvernement français pose problème. Ils ne veulent pas entrer en conflit mais refusent catégoriquement de suivre notre modèle. Pourtant, leurs femmes sont touchées par la même malédiction que les nôtres. Les sangs purs de là bas commencent à se rebeller, ils ont eu vent de ce qu'il se passe ici et certains veulent suivre notre exemple.
- Il paraît que les espagnols ont déjà réquisitionnés des sang-de-bourbes.
- Oui, c'est exact.
- Et les allemands ?
- Ils ont la même position que les français.
- Contentons nous d'essayer de rester loin de tout cela. Que le gouvernement français se débrouille avec leur sang purs, ce n'est pas notre problème.
- Ils nous en veulent pour la divulgation du secret magique. Ils disent que cela crée des tensions dans la société.
- Ils n'ont qu'à faire comme nous et envoyer les moldus récalcitrants dans les camps.
- Tu sais très bien qu'ils ne feront jamais ça, ils ne sont pas comme nous.
- Oui c'est vrai, ils sont fragiles, émotionnels, comme des femmes, cela les conduira à leur perte.
Hermione s'éloigne, elle en a assez entendu. Alors il n'y a pas officiellement de guerre avec la France, pire, les espagnols sont leurs alliés… Personne ne leur viendra en aide dans ce cas là…
Deux semaines plus tard, la pierre devient verte à nouveau et le rituel recommence. Jusqu'à quand ? Ce n'est plus physiquement aussi douloureux qu'au début, mais chaque coup de rein de Nott est comme un coup de poignard dans l'âme d'Hermione. Combien de temps va t-elle supporter ça ? Les larmes coulent des les yeux grand ouvert de la gryffondor qui fixe le lustre du plafond. Merlin, fait que cette fois soit la bonne, je ne vais pas tenir longtemps, se dit-elle.
Deux semaines passent de nouveau, et nous retrouvons Hermione, fixant son reflet dans le miroir. Elle ne peut y croire. La pierre est rouge. Elle a cinq jours de retard et la pierre est devenue rouge. Elle est enceinte. La potion de Malfoy a fonctionné. Il lui a sauvé la vie. Draco Malfoy, ce connard lui a sauvé la vie. Elle en rirait presque. Elle pose sa main sur son bas-ventre. Une vie grandit en elle. Un sourire apparaît sur son visage avant qu'elle ne se mette à secouer la tête. Non, elle ne peut pas s'y attacher. Ce n'est pas son bébé. Elle est juste une couveuse humaine, c'est tout. Rien de plus. Elle ne doit pas commencer à ressentir des sentiments ou quoi que ce soit d'autre. Elle n'est pas la mère de cet enfant. Et après tout, il est le fruit d'un viol, ce n'est pas comme si c'était l'enfant de Ron… Hermione sent les larmes dans ses yeux et décide de ne pas y penser. Cela n'aidera pas dans tout les cas. Elle s'habille et descend dans la cuisine.
- Béni soit le fruit, Her… Oh Merlin, félicitations !
Padma se jette dans ses bras.
- Je suis tellement contente pour toi ! s'exclame la serdaigle.
- Merci, c'est gentil, réponde Hermione d'une voix sans émotions.
- Tu n'es pas heureuse ? Demande Padma.
- Padma, ce n'est pas mon bébé, lui dit la gryffondor, un peu agacée de toute ses réjouissances. Un peu plus et elle voudrait organiser une baby shower.
Les larmes montent aux yeux de la jeune Patil. C'est vrai, ce n'est pas Hermione qui va devenir maman. Mais si même en ces temps horrible on ne peut se réjouir d'une grossesse, où trouver de la lumière ?
- Tu ne sera jamais exécutée… fait remarquer Padma.
Exact. Si Hermione mène cette grossesse à terme, elle ne sera jamais exécutée. Ses services rendus au monde magique les empêcheront de la tuer. Mais si jamais elle allait trop loin, peut être la renverrait t-il dans les camps ? Dans ce cas de figure là, l'exécution n'est elle pas préférable ? Elle attrape le plateau et se dirige vers la salle à manger.
- Béni soit le fruit, Monsieur et Madame Nott, dit-elle en servant le petit déjeuner.
- Hermione tu… tu es enceinte ? Balbutie Daphné après avoir observé la pierre pendant de longues secondes.
- Oui, Madame, répond la Gryffondor.
- Oh Merlin… Merci, vraiment. Merci de nous accorder ce miracle. Je ferai venir Draco après tes commissions, il faut s'assurer que tout se passe bien, dit la maîtresse de maison, un immense sourire sur le visage.
- D'accord Madame.
Théodore n'a toujours pas eu la moindre réaction. Est-il vivant au moins, ou n'est-ce qu'un automate sans sentiments ? Une sorte de robot incapable de ressentir quoi que ce soit ? Est-ce qu'il parle à sa femme au moins ? Si ça se trouve leur rapports ne sont pas plus joyeux que ceux qu'il a avec Hermione. Et Daphné… cette pauvre conne doit s'imaginer que ce sont ses menaces qui ont portées leur fruits… D'ailleurs pourquoi se réjouir autant de l'arrivée d'un enfant à 17 ans ? Décidément, les mangemorts sont des tarés. Hermione sort et Omar fixe son pendentif.
- Félicitations, Hermione, dit-il à son tour.
- Merci Omar, répond la concerné, un peu agacée.
Emily n'est toujours pas arrivée. Hermione attend en regardant les arbres. En ce début mai, ils sont magnifiques, plein de vie. Elle aussi est pleine de vie. Elle doit profiter de ce que cette grossesse lui apporte comme avantage, même si elle n'est décidément pas d'humeur aujourd'hui. Sa partenaire arrive et pousse un cri de joie en voyant son pendentif.
- Oh, je savais que ce serait bientôt ton tour ! Félicitations, s'exclame t-elle.
- Merci.
Qu'est ce qu'ils ont tous à la féliciter ? Comme si c'était une grossesse normale… Hermione lui sourit quand même et elles marchent jusqu'au magasin.
- Tu sais qui il y a d'autre ce mois-ci ? Demande la gryffondor.
- Elisabeth et Victoria, répond sa partenaire.
- Ouf. Je suis soulagée pour Elisabeth, lui dit-elle.
- Oui, Bellatrix aurait fini par la tuer… Si il y en a une qui voulait ce bébé c'est bien elle, elle a perdue un bébé pendant une bataille de la première guerre et depuis elle est stérile, c'est Elisabeth qui me l'a dit, raconte Emily.
- Et Megan et Amelia ? Questionne Hermione.
- Toujours rien… répond sa partenaire, un peu dépitée.
- Il ne leur reste pas beaucoup de temps, dit la gryffondor sur le même ton.
- Ce sera sans doute le mois prochain, il ne faut pas perdre espoir.
- Comment se passe ta grossesse ? Demande Hermione après un moment de silence.
- Étonnement bien, j'ai aucun symptôme. Le médicomage dit que tout va bien. Il m'a demandé de tes nouvelles tu sais ? Informe Emily.
- Ah bon ? s'étonne sa partenaire.
- Oui, il voulait savoir si tu étais enceinte, j'ai dis que je ne savais pas. C'est bizarre, il ne m'a jamais demandé après aucune autre fille. Madame Nott l'aura surement mis au courant de toute façon, dit-elle.
- Oui, sans doute… répond la gryffondor.
Pourquoi Malfoy voulait-il de ses nouvelles ? Sans doute pour savoir si sa potion avait été efficace. Il est décidément devenu étrange, celui là. Peu importe, elle s'en fiche. Ce que devient Malfoy, ce n'est pas son problème. Elles font leur courses en se souriant l'une l'autre. Elles commencent à s'apprécier. Il faut trouver du soutien là où il y en a, et les Servantes sont un soutien l'une pour l'autre. Hermione rentre et Malfoy l'attend déjà. Il n'a jamais d'autres consultations ou quoi ? Il est toujours là dans l'heure. Elle s'allonge sur la table.
- Comment vas tu ? Demande t-il.
- Ça va, répond t-elle.
- Soulagée ?
- Oui, merci.
Il ne peut pas s'empêcher de souligner que c'est grâce à lui pas vrai ?Le blond ne lui répond pas et la gryffondor lui jette un coup d'oeil. Il fixe le parchemin de diagnostic, les yeux froncés.
- Tout va bien ? Demande Hermione.
Aucune réponse.
- Malfoy ! Répond moi ! J'ai perdu le bébé, c'est ça ? Quelque chose ne va pas ? Dis moi ! Panique la jeune femme devant l'air inquiet du blond.
- Tout va bien, ça peut arriver avec cette potion, finit par répondre le médicomage.
- Mais quoi ? s'énerve Hermione.
- Il y a trois embryons, lui dit enfin Draco.
- Tu plaisantes ? Demande la gryffondor, ébahie.
- Non, répond le serpentard, l'air on ne peut plus sérieux.
- C'est trop tôt pour savoir, tranche t-elle alors.
- Nous ne sommes pas des moldus. Il y a trois émanations magiques. Ce sont des choses qui arrivent, la Servante de Bellatrix attend des jumeaux, explique le jeune homme.
- Je ne peux pas, c'est pas possible, je ne peux pas avoir des triplés, s'énerve à nouveau Hermione.
- Ce ne sont pas les tiens, tu n'auras pas à les élever, tente de rassurer le blond.
- Et ça change quoi putain ! Qui va les porter ? Non, non, je ne veux pas, panique la gryffondor.
- Calme toi, lui dit le serpentard.
- Je n'en veux pas ! s'exclame t-elle.
- Tu ne peux rien y faire, lui dit le jeune homme.
- Fais les partir, dit soudainement Hermione.
- Quoi ? s'étonne Draco.
- Interrompt la grossesse, précise t-elle.
- C'est impossible, répond t-il.
- Si. On dira que j'ai fait une fausse couche, insiste Hermione.
- Non, je refuse, tranche le médicomage.
- S'il te plait… Draco… supplie Hermione les larmes aux yeux.
- Je ne peux pas, ils me tuerait. Je suis désolé, lui dit doucement Malfoy.
- Je t'en prie, insiste t-elle.
Draco ne répond rien et Hermione commence à sangloter. Le serpentard passe ses bras autour de la gryffondor et la sert contre lui. La jeune femme peut entendre son coeur battre à travers ses sanglots. Une fois sa crise de larmes passée, elle le repousse au loin.
- Ne me touche pas, lui dit-elle en essuyant ses larmes d'un geste rageur.
- Hermione… tente le blond.
- C'est Granger pour toi.
Elle sort de la pièce et se réfugie dans sa chambre. Il le savait, il savait qu'il y avait ce genre de risque avec la potion et il ne l'avait pas prévenue. Comment va t-elle pouvoir supporter ça ? Malfoy n'est vraiment qu'un salopard.
