Coucou tout le monde ! Me voilà pour le chapitre du mercredi. J'espère que vous l'apprécierez, n'hésitez pas à me donner votre avis en review. Enjoy !

Chapitre quinze

Hermione se rend en trainant les pieds à l'infirmerie. Sept jours entiers ont passé, mais pourtant elle n'a toujours pas digéré ce qu'il s'est passé la dernière fois qu'elle a vu le médicomage. Elle a réalisé qu'elle est devenue complètement stupide. Comment a t-elle pu croire que Malfoy, Malfoy le serpentard ingrat et imbu de lui-même se joignerait à elle dans une résistance contre son maître adoré ? Elle n'est qu'une sang-de-bourbe, tout juste bonne pour une brève relation hors-mariage, un petit goût de l'interdit, rien de plus. Les larmes montent une nouvelle fois à ses yeux et elle les essuie d'un geste rageur. Elle n'a que trop pleuré pour cet infâme serpent. De larges cernes s'étalent sous ses yeux rougis par trop de larmes. Elle dort mal depuis ce jour là, passant ses nuits à ressasser la turpitude de celui dont elle était entrain de tomber amoureuse. Elle a cru, l'espace de quelques semaines, que peut-être le blond pourrait combler le vide que Ron a laissé en elle mais ses espoirs ont volé en éclats. De toute façon, comment a t-elle pu se faire des espoirs pareil, comment a t-elle pu croire que cet homme froid et intolérant aurait pu remplacer l'amour de sa vie ? Une part d'elle lui murmure qu'elle est injuste envers Draco. Cette voix lui dit que celui-ci a démontré son attachement à de très nombreuses reprises et que même Padma pourrait refuser de résister et que cela ne ferait pas de la jeune fille un monstre, mais Hermione se refuse à l'écouter. C'est cette même voix qui l'a entraîné dans cette relation inutile et dangereuse. Cette même voix qui l'a poussée à croire que Draco avait changé alors qu'en réalité, il est exactement le même que lors de leurs études à Poudlard. Il est temps qu'elle s'endurcisse, qu'elle cesse de croire aux comtes de fées et qu'elle arrête ses espoirs ridicules. Quand elle passe la porte de l'infirmerie, elle découvre que le serpentard est déjà assis sur la table d'examen.

- Béni soit le fruit, salue t-elle froidement en prenant la place qu'il vient de libérer.

- Granger… tente t-il

- N'as tu pas des examens à me faire passer, Malfoy ? Répond t-elle en insistant sur son nom de famille.

Il lui jette le sortilège en soupirant puis, après lui avoir annoncé que tout est normal, se lance d'une voix inhabituellement hésitante.

- J'ai discuté avec Blaise et il m'a confirmé ce que tu m'as dit, bien qu'il ait été très énervé que tu aies trahi sa condition. Quand je lui ai dit, un éclat de pure terreur a traversé ses yeux. Lui n'est pas idiot, il sait que je ne suis pas un amoureux des moldus prêt à risquer ma vie pour sauver la leur.

- Je n'ai pas besoin d'entendre ces conneries, Malfoy, coupe t-elle en sentant ses maudites larmes prêtent à couler à nouveau.

- Mais, poursuit-il comme s'il ne l'avait pas entendu, j'ai tout de même décidé de vous rejoindre. Déjà, j'ai été choqué qu'un ami comme Blaise me craigne de cette façon, jamais je ne l'aurais trahi et je ne m'imaginais pas qu'il me voyait de cette façon. J'ai donc décidé de lui prouver le contraire. De plus, il semblerait que le Seigneur soit entrain de perdre sous tout les fronts, la Russie s'est rétractée et je ne souhaite pas passer la fin de ma vie à Azkaban. Il n'y a qu'à voir ce que cela a fait à Bellatrix, elle était parfaitement saine d'esprit auparavant. Et désormais elle est complètement folle, elle n'a plus une seule pensée lucide.

Hermione reste immobile un instant, ne sachant pas vraiment comment réagir. D'un côté, il lui annonce vouloir rejoindre la résistance ce qui est une très bonne nouvelle. De l'autre, il a vraiment l'air de faire ça pour son propre intérêt, comme d'habitude… Peut-elle vraiment lui faire confiance ? Celui-ci coupe court à ses pensées en demandant:

- Alors, tu ne veux rien savoir ?

- Je ne t'en ai pas parlé pour t'offrir une porte de sortie en cas de défaite. Je le faisais parce que je croyais réellement que tu avais changé. J'espérais juste que tu souhaiterais rejoindre le bon camp.

- Je n'ai jamais vraiment eu de place dans mon camp. Je n'ai jamais apprécié les effusions de sang. Je te rappelle que j'ai choisi cette profession pour ne pas participer à toute cette barbarie et que je t'ai probablement sauvé la vie avec cette potion, comme celle d'Elisabeth. Cependant, j'ai d'abord suivi le chemin de mon père quand j'étais enfant, puis protégé ma mère et moi même en sixième année et enfin rejoint les vainqueurs.

- Comme le lâche que tu es, crache Hermione.

Son avis au sujet de Draco n'a pas changé le moins du monde malgré ce qu'il a dit. Il reste un mangemort malgré tout. Il sauve sa peau tout simplement, il n'y a pas une once de bravoure dans le coeur du serpent. Le silence plane pendant un long moment avant que le blond ne le brise à nouveau :

- Je te l'ai dit, je ne veux pas juste fuir le camp de la défaite. Tout ce qu'ils vous font ça me dégoûte et de plus, il y a ce que je t'ai dis à propos de Blaise. Je ne veux pas être celui qui torture des gens qu'il connaît depuis sa plus tendre enfance simplement parce qu'il ou elle a commis une erreur. C'est arrivé tu sais, plus d'une fois. Nous avons du nous punir entre nous quand le Seigneur l'ordonnait. Nous étions autrefois plus ou moins soudés mais la guerre a vraiment changé beaucoup d'entre nous… C'est plus pareil. Même Pansy, c'était ma meilleure amie. Et aujourd'hui il y a énormément de réserve entre nous, les discussions ne sont que futilités parce que personne ne sait vraiment ce que pense l'autre. C'est encore pire depuis qu'elle a du épouser Flint, cette brute… c'est à peine si je la vois désormais. Enfin bref, c'est vraiment le regard de Blaise qui a consolidé ma décision. Je veux réellement devenir un espion et pas seulement pour me sauver. Je veux... je veux aussi aider à te sauver, toi et les autres femmes.

Hermione avale sa salive, le temps de reprendre ses esprits. Alors ça y est, il va les rejoindre. Cette fois-ci plus de retour en arrière, elle et lui sont lancés dans tout cela ensemble. Et s'il ment et devient en réalité espion pour le Seigneur… un frisson lui traverse l'échine et elle repousse rapidement cette éventualité. Elle ne peut refuser une aide si précieuse simplement parce qu'il pourrait les trahir. Et il ne les trahira pas, elle le sait. Elle ne sait pas si c'est la grossesse mais ses sentiments changent du blanc au noir à une vitesse folle ces derniers temps. Aujourd'hui elle décide de lui faire confiance à nouveau. Après tout sa réaction a sans doute été bien excessive...

- D'accord, alors si tu peux, essaie de me faire un petit compte rendu toutes les semaines de tout ce que je sais.

- Je sais déjà quelque chose de crucial, dit-il aussitôt. Poudlard est devenu un endroit atroce. Il n'y a plus de maisons et les élèves sont classés selon s'ils sont de sang-mêlé, sang-pur ou bien, le Graal, enfant de mangemorts. On ne leur apprend qu'à se battre et à répandre le mal et la mort. Les petits récalcitrants sont torturés par des élèves s'entraînant à la magie noire.

- D'accord, mais qu'est ce que je peux faire de cette information ? Demande la gryffondor, bien évidemment touchée mais pas étonnée et ne comprenant pas l'intérêt de ce récit.

- Blaise m'a dit que la vielle McGonnagal est toujours en vie, affirme le jeune homme avec tout de même une pointe de questionnement dans la voix.

- C'est exact, confirme t-elle en se demandant toujours où il veut en venir.

- Dumbledore l'a désigné comme Directrice de l'école s'il devait lui arriver quelque chose. Même si c'est Rogue qui en a pris la direction, puis maintenant Amycius Carrow, elle en est la directrice légitime. Tous les 15 du mois, les mangemorts qui gardent les environs du château transplannent au quartier général. Ils font les transmissions à ceux qui vont les remplacer pour les deux semaines à venir et ils boivent souvent un verre ou deux ensemble. Enfin bref, cela prend environ deux heures pendant lesquelles rien ni personne ne garde Poudlard, il n'y a que les Carrow et les professeurs mais cela devrait être à la portée d'une bande de sorciers préparés.

- Oui enfin il y a toujours les protections magiques. Tu as vu le temps que le Seigneur a pris a les défaire lors de la bataille de mai ? Il a beau être un monstre il a une puissance quasiment inégalée. On y arrivera jamais en deux heures.

- C'est exact, il reste les protections magiques ancestrales de Poudlard. Protections qui ont naturellement une allégeance indéfectible au directeur des lieux.

La lumière se fait soudain dans le cerveau de la jeune fille. Ce que vient de lui réveiller Drago, c'est tout bonnement énorme. Ce sont les clefs de l'école de magie, lieu où ils pourraient établir un quartier général anglais très bien protégé, si on ajoute les protections magiques obéissant à Minerva et les protections des soldats français et allemands. Ils pourraient également sauver les élèves, protéger les plus jeunes de l'influence de la magie noire et recruter les plus vieux pour les aider dans cette guerre. Cela priverait le Seigneur des Ténèbres de la nouvelle génération sur laquelle il compte tant, si jamais la guerre vient à s'éterniser ce sera autant de soldats en moins dans ses rangs.

- C'est tout simplement énorme ce que tu viens de me confier, dit-alors Hermione.

- Je sais, répond t-il avec un sourire arrogant sur les lèvres.

Hermione l'insulte mentalement, s'insultant elle-même au passage et pose avidement ses lèvres sur les siennes et il ne la repousse pas. Il ne la repousse pas non plus lorsqu'elle décide de se blottir contre lui, même si elle peut sentir son corps se raidir. Draco ne sait plus vraiment où il en est, avec ces histoires de résistance, la guerre qui a repris de plus belle, son mariage avec Astoria, sa liaison avec Granger… Ils n'échangent pas plus de mots, restant blottis l'un contre l'autre pendant de longues minutes. Le blond a reçu plus d'étreintes ces dernières semaines qu'il n'en a reçu depuis sa naissance. Bien que la sensation fut très étrange les premières fois, il doit bien s'avouer qu'il commence à apprécier cela. C'est donc presque à contre-coeur qu'il lui annonce qu'il doit partir pour voir une autre servante. La gryffondor se détache alors de lui et se rend dans sa chambre, le coeur plus léger et son cerveau tournant à vive allure à propos de la bataille à venir.