Hello ! Me voici avec le chapitre du mercredi. S'il vous plaît, ne me tuez pas quand vous l'aurez fini ! Sinon vous ne saurez jamais la fin... Une review s'il vous plait, ça fait toujours plaisir. À ce week-end !
Chapitre dix-huit
La lumière bleue de la salle éblouie instantanément Hermione. De grands spots illuminent la table d'examen qui s'est transformée pour l'occasion en table d'opération. Celle-ci est désormais équipée de repose-bras et elle semble bien plus haute que d'habitude, sans doute pour que les médicomage ne souffrent pas trop du dos. L'infirmière qui l'accompagnait rejoint Malfoy et les autres et enfile des gants, une blouses bleue, un masque et une charlotte. L'homme qui était avec Drago dans sa chambre tout à l'heure s'approche.
- Je m'appelle George, je suis étudiant médicomage. Nous allons vous endormir pour procéder à la césarienne.
Hermione acquiesce. Un étudiant qui doit avoir seize ans et un médicomage d'à peine dix-neuf ans formé sur le tas. Certes les études de médicomagie sont beaucoup moins longues que celles de médecine moldue, mais tout de même. De ce qu'elle sait ça prend environ cinq ans. Comment se fait-il que ce George soit déjà sorti de Poudlard ? Et combien de temps Drago a t-il étudié ? Deux ans ? A t-il seulement déjà opéré quelqu'un ? Elle tente de contrôler sa respiration pour ne pas céder à la panique mais cela semble impossible. Ses poumons semblent refuser de se remplir peu importe à quelle vitesse elle respire et elle doit se rattraper au bras de la première infirmière venue pour ne pas vaciller.
- Mademoiselle ! Il faut respirer, tout va bien se passer. Relaxez vous.
La gryffondor la fusille du regard. Relaxez vous ! Comme si c'était elle qui allait se faire opérer par deux gars qui jouent au docteur. Sa respiration ne s'apaise pas et la jeune femme l'aide à s'asseoir alors que son mal de tête se fait de plus en plus intense et que des tâches noires apparaissent sur son champ de vision. Elle n'entend pas Malfoy lancer le sortilège anxiolytique mais elle en ressent les effets immédiatement. L'oxygène la gagne à nouveau et elle prend de grandes inspirations bien plus faciles qu'il y a quelques secondes.
Une fois son souffle repris et ses inquiétudes reléguées au fin fond de son esprit, l'infirmière lui fait enfiler une blouse chirurgicale et l'invite à s'allonger sur la table. Elle essaie de croiser le regard de son amant mais celui-ci s'obstine à ne pas la regarder, par peur de craquer et de l'embrasser comme il n'a jamais embrassé une femme. On lui pose alors un masque à oxygène sur le visage en même temps que ses jambes sont recouvertes d'un drap. Une intense sensation de froid emplie son ventre et elle arrive à voir qu'une autre infirmière l'a aspergé d'un liquide jaune-orangé ressemblant fortement à la bétadine des moldu.
- Je vais vous poser une perfusion.
Hermione reconnaît la voix de Sandra, l'infirmière qui l'a emmenée jusqu'ici. Elle sent à peine l'aiguille lui traverser la peau, toutes ses pensées tournées sur l'opération et ce qu'il se passera ensuite. Elle ferme les yeux pour tenter de profiter mieux du sortilège de relaxation, dont les effets semblent s'estomper au fur et à mesure. Sandra laisse alors sa place à George-l'apprenti-médicomage qui lui dit :
- Je vais vous injecter la potion anesthésiante et vous pouvez fermer les yeux et compter jusqu'à dix.
Elle s'exécute. Un… Le liquide s'infiltrant dans ses veines lui provoque une étrange sensation de chaleur. Deux… Elle ne veut pas faire ça, elle n'est pas du tout prête. Trois… ses pensées semblent lui échapper. Sans arriver à compter jusque quatre, la jeune fille sombre dans l'inconscience. L'étudiant lui passe alors le tube dans la gorge qui lui permettra de respirer pendant tout le temps de la césarienne. Une infirmière conjure d'un coup de baguette un monitoring qui affiche les constantes vitales de Hermione sur le mur de la pièce.
- Prêt ? Demande Drago à George.
Celui-ci acquiesce et, d'un coup de baguette, le médicomage incise le bas du ventre de Hermione. Il faut alors avec l'aide de son acolyte écarter les muscles abdominaux à la main, un sortilège de découpe étant bien trop traumatisant pour les tissus. Une fois cela fait, Malfoy réalise une incision dans l'utérus. Un bébé, puis deux, puis trois. Le premier pousse un cri vaillant, les deux autres sont silencieux. Les infirmières prennent alors en charge les petits pour réaliser les premiers soins, les médicomages étant concentrés sur Hermione. Une alarme retentit.
- Le rythme cardiaque s'accélère à 168 battements par minute et la tension chute à 78/56mmHg. L'oxygénation reste normale, annonce une voix féminine, probablement celle d'une des infirmières.
La jeune fille perd énormément de sang, beaucoup trop. Quelque chose se passe mal. Le blond essaie d'appuyer sur les tissus pour freiner l'hémorragie sans succès. Au loin, il entend désormais les trois enfants pleurer et ne peut s'empêcher de soupirer de soulagement. Ils vont bien malgré leur prématurité.
- Perfuse lui une potion régénératrice de sang, ordonne t-il alors.
- Elle en a déjà eu une, répond l'étudiant.
- Mets en une autre.
- Mais ça peut être toxique…
- Espèce de véracrasse insupportable, le médicomage ici c'est moi alors tu fais ce que je dis.
L'étudiant s'exécute effrayé par la voix glaçante de Draco tandis que celui-ci cherche l'origine de l'hémorragie. Dans les livres, ils disent simplement de retirer l'utérus pour sauver la vie de sa patiente. Mais il ne pouvait pas faire cela, ça signerait son arrêt de mort. Si Hermione ne pouvait plus donner d'enfants alors à quoi servait-elle ? Il localise une veine sectionnée et jette un sortilège de coagulation.
- Passe un litre de ringer lactate.
L'alarme ne cesse de retentir dans la pièce et le coeur de Malfoy bat à une vitesse inédite. Il a pourtant fait de la médicomagie de guerre, ce n'est pas sa première opération. Il est jeune mais il a appris très vite et il pensait s'en sortir bien qu'il n'ait jamais réalisé de césarienne. Mais la panique qui l'envahit actuellement est bien plus importante que celle qu'il n'a jamais ressentit. Sans doute parce que, auparavant, il soignait les membres de son camps et s'il ne pouvait pas dire qu'il se moquant de leur vie, il ne tenait pas à eux comme il tenait à elle. Malgré tout ses efforts pour ne pas céder à ses pulsions, il s'était attaché à la brune. Il reste persuadé que ce n'est absolument pas de l'amour, qu'il est incapable d'aimer, mais il ne peut pas la laisser mourir, il veut pouvoir passer d'autres moments avec elle. Sortilèges de coagulation après l'autre, le serpentard se bat pour sauver la vie de la femme qui lui tient le mieux compagnie, même si il refuse de l'appeler son amante et encore moins sous amoureuse. Les gouttes de sueurs coulent sur son front et sa conscience lui chuchote qu'il ne paniquerait pas comme ça si il ne l'aimait pas.
- On devrait lui retirer l'utérus, souligne alors l'étudiant.
- T'es con ou quoi ? Ils la tueraient.
- Elle pourrait toujours être utile dans les camps.
- Ferme ta grande gueule.
Si ses mains n'étaient pas occuper dans le ventre de sa bien-aimée, il étranglerait ce misérable gnome. Le rythme cardiaque du blond continue de s'accélérer et le sentiment qu'il ne va jamais y arriver se fait de plus en plus présent… Comme pour confirmer ses dires, le son de l'alarme se fait encore plus fort.
- La systolique chute à 51/27, le rythme cardiaque est désormais à 187 battements par minute.
Non, non, non, elle ne peut pas mourir. Elle ne peut pas. Draco continue à se battre pendant de longues minutes lorsqu'il remarque que les saignements se sont enfin arrêtés. Il vérifie que tout va bien à l'intérieur et referme soigneusement les tissus s'appliquant du mieux qu'il peut pour ne pas laisser une trop large cicatrice.
Il sautillerait presque de joie s'il n'était pas un Malfoy, de surcroît un Malfoy exténué. Alors qu'il est prêt à retirer ses gants, l'alarme retentit à nouveau. Jetant un oeil au monitoring, il se rend compte qu'elle fibrille. Il reste un temps immobile, se demandant comme il est possible que son coeur lâche après autant de travail avant de se mettre enfin à hurler sur George.
- Qu'est ce que t'attends ? Masse. Grouille !
L'étudiant commence alors le massage cardiaque pendant que Draco observe le monitoring.
- Enlève tes mains, ordonne t-il.
Le blond envoie alors un sortilège de choc électrique et fixe le monitoring. La fibrillation persiste et son coeur n'a pas repris un rythme normal. L'étudiant se remet à masser pendant une minute. L'action se répète, encore et encore. Je vous en supplie Merlin, Salazar et tout les saints, ne me la prenez pas…
