Titre : Les sacrifiés volontaires
Chapitre 1 : Les deux cassettes.
Nda : L'histoire n'est pas encore terminée, mais sera assez courte, 4 ou 5 chapitres tout au plus. Elle commence juste à l'arrivée du trio à Pré-au-lard à la fin du tome 7.
Disclaimer : L'univers ne m'appartient pas, mais appartient à JK Rowling. Je ne touche aucun revenu lié à cet écrit.
Harry, Ron et Hermione trouvèrent avec soulagement non seulement le refuge à la Tête de Sanglier, mais également la pitance et de désaltérantes pintes de bièraubeurre qu'ils descendirent à larges goulées. Leurs assiettes furent rapidement vidées et sans leur adresser un mot, Abelforth ramena les assiettes vides en cuisine.
Le pub était vide, ce qui n'était pas étonnant à une heure aussi tardive de la nuit. Le lampadaire de la ruelle traversait à peine la crasse de la fenêtre et offrait une lumière jaunâtre à la grande pièce déserte. Les tabourets étaient posés sur les tables, et au nombre de toiles d'araignées installées, on pouvait voir que certains coins de l'auberge n'avaient pas accueilli de monde depuis longtemps. La clientèle devait se faire rare, et se limiter à quelques mangemorts venant se livrer à des trafics peu recommandables.
Abelforth réapparut depuis la porte battante avec sa démarche bourrue qui ne rappelait en rien la démarche aérienne et bienveillante de son défunt frère.
« Potter ! » appela-t-il de sa voix rocailleuse. Harry sursauta et se tourna vers lui.
« Oui, Monsieur ? »
D'un large geste de la main, il lui fit signe d'approcher. Harry s'exécuta, Hermione et Ron sur ses talons. Le vieux sorcier pointait du doigt une peau de biquette rapiécée et malodorante, posée avec nonchalance sur une étagère, dans un des recoins désertés de l'auberge.
« Mon frère m'avait prévenu de votre venue. A tous les trois. Il avait apparemment un message à vous transmettre. »
Harry cligna frénétiquement des yeux, tandis que Ron fit une moue ouvertement dégoûtée à la vue de la vieille peau de chèvre. Seule Hermione sembla avoir un éclair de génie et sursauta :
« Un portoloin ! » s'exclama-t-elle.
Abelforth sembla soulagé de constater qu'au sein du trio, au moins une personne semblait encore bénéficier de ses capacités intellectuelles.
« Oui, je ne sais pas où ça vous mène. Il m'a juste dit de vous le montrer le jour où vous chercheriez à revenir à Poudlard. »
Il haussa des épaules d'un air indifférent, et tourna des talons. Les trois jeunes sorciers se dévisageaient, semblant chercher dans le regard des autres s'il pouvaient accorder la moindre confiance au sorcier bourru.
« Je ne touche pas ça ! Fit Ron, dubitatif.
- C'est le frère de Dumbledore, on peut lui faire confiance, réfléchit Hermione. De plus, il vient juste de nous sauver la vie.
- Dumbledore voulait nous transmettre un message, qui devait attendre notre retour à Poudlard. Il faut savoir ce que c'est, ça nous aidera sûrement vers le dernier Horcruxe ! » conclut Harry.
D'une voix déterminée, il compta jusqu'à trois, et leurs trois mains s'agrippèrent fermement sur la peau. Brutalement, le pub disparut en un écran de fumée et ils se trouvèrent projetés en l'air, dans un tourbillon sans fin. Le tourbillon cessa tout de même et ils se retrouvèrent propulsés vers l'extérieur. Harry sentit sous son dos un sol humide et chercha à tâtons ses lunettes tombées sous le choc, et put rapidement les remettre sur son nez.
Devant ses yeux, seul le néon rouge d'une enseigne éclairait la rue déserte. Le néon crépitait d'une manière incertaine, en un bruit de grésillement qui résonnait dans toute la rue.
« VHS XXX Vidéos à toute heure. » lut lentement Hermione, semblant aussi perplexe que Harry.
C'était le seul endroit ouvert de la rue, et seul un chat errant semblait avoir remarqué leur soudaine intrusion dans le quartier. Il miaula avec désapprobation et s'en alla en direction des poubelles de la poissonnerie située plus haut dans la rue.
Ils s'approchèrent de la boutique, dont la vitrine était aussi opaque que les fenêtres de la Tête de Sanglier. Mais la lumière rougeâtre laissait deviner des photos de jeunes filles dénudées dans des positions invraisemblables.
Harry et Hermione se dévisagèrent, ayant parfaitement compris quel type de commerce ils avaient en face d'eux, mais Ron restait perplexe. Ils pouffèrent face à l'air perdu de leur ami, mais semblaient tout de même incapables de savoir pourquoi Dumbledore les avait emmenés dans un tel endroit.
Ce fut Harry qui enfin, se décida à poser sa main sur la poignée de l'entrée, son autre main fermement serrée autour de sa baguette. Alors qu'il poussait la porte, un bruit de clochette se fit entendre.
L'endroit était mal éclairé, et sur différents rayons, d'autres jeunes filles et jeunes hommes semblaient s'affairer à diverses activités défiant toute imagination. Hermione donna un violent coup de coude à Ron qui semblait un peu trop curieux quant aux acrobaties de certaines de ces jeunes demoiselles.
Au fond de la salle, une jeune femme aux cheveux rasés mâchait distraitement du chewing gum en lisant un magazine. Elle ne releva pas les yeux vers eux et forma une énorme bulle rose bonbon.
Harry s'approcha d'elle, et fut rapidement assez près pour pouvoir compter ses nombreux piercings.
« Bonjour. » Fit-il timidement.
Elle releva brièvement les yeux vers eux.
« B'jour les mignons. Z'avez vos pièces d'identité ? »
Harry, Ron et Hermione se dévisagèrent, et Hermione commença à farfouiller dans son sac à main, à la recherche d'un document pouvant faire office de carte d'identité ou de passeport.
« Il semblerait qu'un certain Dumbledore nous envoie... se risqua Harry, sa main tenant toujours sa baguette.
- Dumble … quoi ? Répondit-elle en continuant de ruminer et de lire son magazine. Connais pas. Si c'est pour un film, le producteur est pas là avant la semaine prochaine.
- Ce n'est pas un producteur. Un vieil homme, avec une longue barbe. »
Harry mima une barbe de la main, et la mémoire sembla revenir à la jeune femme, qui referma brutalement sa revue. Elle s'exclama :
« Aaaah … Le vieux fou ! Mais oui ! Il est venu l'an dernier, et il nous a dit que dans quelques mois, un binoclard balafré, un rouquin ahuri et une pimbêche échevelée aux airs de Sainte Nitouche allaient venir dans le magasin.
- Il a vraiment dit ça ? S'indignèrent les trois adolescents.
- Nan, pas vraiment. Il a parlé d'un mec à lunettes avec une cicatrice, et une jeune fille brillante aux cheveux épais. »
Harry et Hermione poussèrent un soupir de soulagement.
« Et un rouquin ahuri. Il a parlé d'un rouquin ahuri. » ajouta-t-elle.
Ron s'offusqua tandis qu'Harry et Hermione éclataient de rire. Ils parvinrent enfin à se calmer, et la jeune fille reprit :
« Il nous a demandé de vous confier deux cassettes. »
Elle disparut un instant pour fouiller dans l'arrière boutique, et revint avec deux boites dans les mains.
« Littéralement, deux cassettes. L'une, c'est une VHS. L'autre, on dirait une vieille boite en bois... »
Elle inspecta le petit coffret, mais sembla incapable de l'ouvrir. Ron semblait principalement intrigué par la première boite, toute noire.
« Vous savez où on pourrait visionner la … commença Hermione.
- On a des salles de projection privées. Suivez-moi. »
La vendeuse les guida dans un recoin de la boutique, et derrière un lourd rideau de velours rouge, dévoila une petite pièce à l'abri des regards indiscrets. Dans la pièce, un canapé élimé faisait face à une télévision surmontée d'un magnétoscope. Dans un coin de la pièce, un petit lavabo blanc luisait, éclairé par une ampoule aussi vacillante que le néon de la porte d'entrée.
« Voilà, je vous laisse faire votre affaire, ça sera 30 livres de l'heure, mais vous réglerez à la fin. »
Elle les quitta en levant ostensiblement les yeux au ciel et en marmonnant que certains jeunes ne savaient plus quoi inventer.
« Inventer quoi ? Demanda Ron, toujours aussi perplexe. Mais qu'est-ce qu'elle s'imagine qu'on va faire dans cette pièce ? »
Hermione marmonna quelque chose d'incompréhensible, et sortit la cassette de son étui, pour la positionner dans la bouche du magnétoscope. Ron poussa un cri quand le magnétoscope l'aspira en un clin d'œil.
« Je te préviens Hermione, fit Harry, si c'est une sextape de Dumbledore, je me crève les yeux avant la fin. »
Hermione eut un petit rire gêné et appuya sur le bouton dans le coin de la télévision. Elle se recula et s'installa confortablement sur le canapé, suivit par Harry, et un Ron toujours aussi perdu.
Une lumière intense éclaira soudainement la pièce et éblouit Ron qui plaça ses mains devant ses yeux pour se protéger. Très vite, le visage bienveillant de Dumbledore apparut.
Ron eut le même air qu'un moldu qui voyait de la magie pour la première fois. Il bégaya quelque chose d'incompréhensible en pointant frénétiquement la télévision. Hermione appuya sur pause et se tourna vers lui.
« Ron, c'est un téléviseur, avec un magnétoscope. C'est un objet moldu qui permet de visionner des vidéos… enfin… des images qui bougent. »
Elle avait parlé lentement en articulant bien, mais cela ne semblait pas rassurer Ron, qui continuait à regarder l'objet avec méfiance.
« Mais … Dumbledore … Vivant … Magie noire … »
Hermione l'ignora, et rappuya sur le bouton lecture. Le regard sévère de l'ancien directeur de Poudlard les dévisageait désormais d'un air énigmatique. Harry pouvait voir que la vidéo avait été tourné seulement quelques jours avant son assassinat. Le vieil homme avait l'air épuisé, terriblement las, et tentait de dissimuler discrètement une main totalement nécrosée. Il semblait rassembler ses quelques forces pour s'adresser au trio du ton le plus engageant possible.
« Mes chers Harry, Hermione, et Ronald. Quelle joie de savoir que vous avez pu arriver jusqu'ici. J'espère que mon petit stratège a fonctionné pour ce dernier message que j'ai à vous transmettre. »
Comme hypnotisés par la télévision, leurs yeux étaient collés à l'écran et ils écoutaient attentivement chaque parole que prononçait Albus Dumbledore, depuis son auguste bureau de Directeur.
« En effet, je doute fortement que Voldemort cherchera s'approcher d'aussi près de la technologie moldue, ce qui fait que mon message sera probablement en sécurité jusqu'au moment où il vous parviendra. L'endroit peut paraître surprenant, voire même excentrique, mais je n'ai nul doute sur la tranquillité de ce lieu. Si j'ai moi même été surpris et parfois même désorienté par l'ingéniosité dont faisait preuve les moldus quand il s'agit de ce genre d'affaires, j'espère que vos jeunes esprits sauront se concentrer sur le message hautement moins frivole que j'ai à vous communiquer. »
« Désorienté … fit Harry d'une moue dubitative et amusée … Quel vieux coch…
- Chut ! » Le coupa sèchement Hermione.
« La cassette s'ouvrira à l'annonce de mon nom complet. Je compte ensuite sur votre sens de l'observation pour la suite. »
« Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore ! » s'écria Hermione en direction de la petite boite en bois qui était restée sagement sur ses genoux. Un bruit de mécanisme se fit entendre et le coffret s'ouvrit lentement, pour dévoiler des petites fioles abritant chacune un liquide translucide et argenté.
« Des souvenirs ! s'exclama Harry. Mais comment... »
Le regard d'Hermione fit le tour de la pièce, et se posa sur l'émail blanc du lavabo du fond de la pièce. Le regard pétillant d'Albus sembla répondre à sa déduction, et il eut un petit rire.
« Vous avez devant vous différents souvenirs, qu'il vous faudra regarder dans un ordre précis. Je vous invite à commencer dès maintenant avec le souvenir numéro un. Celui-ci a appartenu à feu Lily Potter, née Evans. »
Harry fit immédiatement pause, et inspira profondément. Il prit la petite fiole dans sa main et la contempla. Un fragment de la vie de sa mère était dans ce petit flacon fragile.
Il se leva prestement et se dirigea vers la pensine dissimulée en lavabo, les deux autres sur ses talons. Il versa le liquide argenté qui flotta en surface, et tous trois y plongèrent la tête la première.
