Disclaimer : Tout l'univers et les personnages de Twilight appartiennent à Stephenie Meyer !
Bonjour,
Eh voilà le dernier chapitre que je vous propose en ce mois d'octobre. J'espère qu'il vous plaira.
Bonne lecture !
Point de vue de Jasper !
Si nous étions intimes, si nous avions déjà fait l'amour, je l'aurais prise sur le champ, sur le capot de ma voiture. Mais nous n'en sommes pas encore là. Et pourtant, j'en ai terriblement envie. Ressentir les émotions de Bella est une torture, parce que je sens à quel point elle en a envie. Elle en a presque autant envie que moi, mais les cicatrices sur mon corps ne peuvent pas être effacé, et je veux qu'elle s'y habitue. Je lui envoie une vague de soulagement, et le soupir qu'elle pousse me fait sourire. Je l'embrasse pour me faire pardonner de jouer avec ses émotions de cette façon, puis, je la fais descendre pour l'accompagner jusqu'à la portière côté passager. Je la ramène chez elle, mais je ne sors pas de la voiture.
« Tu veux vraiment prendre le risque que je projette mon désir alors qu'on ne sera pas seul ? » demandai-je, un sourire en coin, alors qu'elle attend que je la suive hors de la voiture.
« Ouais, ce n'est pas une bonne idée. » admet-elle en faisant une grimace adorable. « Je t'appelle dès qu'il s'en va ? »
« J'attends ton appel avec impatience. »
Je me penche vers elle pour lui voler un baiser plein de promesse. Je vais pouvoir la tenir dans mes bras toute la nuit, et être là à son réveil. J'attends qu'elle rentre chez elle pour retourner à la villa. J'ai trois heures à tuer. Je vais chasser afin de ne prendre aucun risque. Je m'enfonce dans les montagnes et me contente d'une biche. En rentrant chez moi, je prends une douche, m'habille dans des vêtements simples – jogging et sweat – et prépare des affaires de rechanges pour demain. L'impatience me gagne. Je tourne en rond. Nous avons passé trois jours entiers ensemble, et me retrouver à nouveau séparé d'elle est insupportable. J'ai déjà passé trois mois sans elle. Je devrais peut-être l'emmener chez moi après les cours. Après tout, elle a dix-huit ans. Elle peut faire ce qu'elle veut. Je vais lui en toucher deux mots, c'est certain. Je reçois enfin son message, et sans plus attendre, j'attrape mes affaires et je monte dans ma voiture une fois que j'ai verrouillé les portes de la villa. Dès que j'arrive chez ma Bella, la nuit commence à tomber. Elle est en train de croquer dans un sandwich au fromage quand elle vient m'ouvrir la porte. Le sourire qui m'accueille me donne envie de lui sauter dessus, mais elle est en train de dîner, alors je vais réfréner mes pulsions d'homme des cavernes. Je me contente d'un bisou sur la joue, et je la laisse à son dîner pour monter mes affaires dans sa chambre. Y compris mon sac de cours. Bon sang, j'ai 143 ans, et je continue à aller au lycée. Par chance, il ne me reste plus que cette année, après j'arrête cette mascarade qu'avec ma famille nous mettions en place chaque fois que nous arrivions dans une nouvelle ville. Lorsque Bella ira à l'université, je prendrais mon mal en patience et j'attendrais qu'elle finisse tranquillement ses cours. Je prendrais soin d'elle tout au long de ces années que dureront ses études. Je ferais en sorte qu'elle ne manque de rien. J'ai vécu très longtemps, et en vivant avec les Cullen, et grâce au don d'Alice, nous avions tous un joli petit compte en banque bien rempli. Il me suffira de faire en sorte que ma Bella ait tout ce dont elle aura besoin. Bon, j'arrête de penser à ce qui va se passer l'année prochaine. Il nous reste encore huit mois avant la fin du lycée, ensuite, ce seront les vacances d'étés et j'ai bien l'intention de l'emmener visiter plusieurs endroits magnifiques avant son entrée à l'université. Où j'ai bien l'intention de l'y suivre.
« T'es bien silencieux ! »
Bella se tient sur le seuil de sa chambre, et je ne l'ai pas entendu monter parce qu'elle me masque ses émotions.
« Dit celle qui me cache ce qu'elle ressent. » Je fronce les sourcils. « Comment tu fais ? »
« Je ne vois pas du tout de quoi tu parles. »
Et elle fait un pas en arrière pour aller dans la salle de bain. Je veux la suivre, mais elle me ferme la porte au nez.
« Bella, à quoi tu joues ? »
« Je ne vois pas du tout de quoi tu parles. »
Bon sang, je ne ressens pas la moindre petite trace d'émotion. A quoi joue-t-elle ? Je ne vais pas la laisser s'en tirer de cette façon, alors je reste où je suis, à savoir devant la porte de la salle de bain. Je n'ai pas besoin de tendre l'oreille pour sonder le moindre bruit en provenance de la pièce, mon ouïe surdéveloppée capte tout ce qui se passe dans cette salle de bain. J'entends l'eau, les bruits de pas que Bella fait en faisant je ne sais quoi. Ça devient long, mais je suis patient. Quand enfin, la porte s'ouvre, Bella ne porte plus qu'un petit short noir qui s'arrête à mi-cuisse, et un t-shirt à manches courtes très près du corps. Si je ne peux pas ressentir ce qu'elle ressent parce qu'elle me bloque, moi, j'éprouve un grand désir de la plaquer contre le mur et de me couler entre ses jambes tout en dévorant sa peau de baisers.
« Il y a un problème avec ma tenue ? » me demande-t-elle, très innocemment.
« Le problème… » répondis-je en la plaquant doucement contre le mur comme j'en ai envie. « C'est que je ne ressens pas tes émotions. Tu me bloques… » J'enfouis mon nez dans ses cheveux et je prends une profonde inspiration. Son odeur naturelle de freesia est tellement enivrante. « … et ça m'énerve profondément. »
« Tu es certain de vouloir savoir ce que je ressens, à l'instant même ? » me demande-t-elle en fourrageant ses mains dans mes cheveux.
« Oui, Bella ! » Je dégage son cou pour y poser ma bouche. « Je veux ressentir ce que tu ressens à chaque seconde que nous passons ensemble. Ne pas savoir me… »
Je ne peux finir ma phrase qu'une puissante vague d'amour, de passion et de désir me coupe le souffle. Merde, j'ai besoin d'elle, là tout de suite. Je ne vais pas coucher avec elle maintenant, c'était certain. Je veux que ce moment soit particulier pour nous deux, surtout pour elle, mais il faut à tout prix que je nous donne ce dont nous avions besoin. Du contact. Apaiser ce désir qui nous consume à petit feu depuis plusieurs jours. Du moins pour elle. Moi, ce désir je le ressens depuis que je sais qu'elle est mon âme-sœur. Tout en maîtrisant ma force de vampire, je prends ses cheveux dans ma main et je tire sa tête en arrière pour prendre sa bouche en otage. De mon autre main, je la soulève du sol. Elle enroule ses jambes autour de moi, et je nous éclipse jusqu'à sa chambre, et je nous allonge sur son lit. Je grogne quand mon sexe touche, à travers nos vêtements, son intimité. Je n'ai pas prévu de me lâcher de cette façon dans la maison de son père. Je veux que ces instants de plaisir ne se passent que chez moi. Au milieu des bois, nous serons seuls et nous aurons toute la tranquillité du monde pour nous toucher, nous embrasser. Pour nous aimer. Je l'embrasse jusqu'à la laisser à bout de souffle, et quand je sens ses mains se faufiler sous mon sweat, je les attrape délicatement et place ses bras au-dessus de sa tête.
« Bella, je suis content que tu ne me caches plus tes émotions, mais on va trop vite. » dis-je, sans pour autant changer de place.
« Et alors ? » me dit-elle en enroulant une jambe autour de moi.
Ce geste est si assuré et direct que mon bassin se colle davantage au sien. Dieu Tout-Puissant, il n'y a rien que je ne donnerais pas pour pouvoir m'enfouir en elle. Je prends sur moi pour ne pas déraper complètement, et je nous envoie – surtout à elle – une bonne dose de calme. Elle ouvre la bouche pour protester, mais je la recouvre de la mienne.
« Pas… maintenant ! » dis-je entre deux baisers.
« Mais… »
« Bientôt ! » Je la coupe avant qu'elle n'insiste davantage. « Mais ne brûlons pas les étapes, mon amour. On s'est retrouvé il n'y a que quelques jours, rien ne presse. Bella, je n'ai pas l'intention d'attendre ta transformation. Si tu en as envie, on le fera, mais uniquement lorsqu'on aura appris à être à l'aise l'un envers l'autre. »
« Je suis parfaitement à l'aise avec toi. » me dit-elle en souriant.
« Et moi aussi, mais je parle de l'aspect physique, Bella. » je dis en me redressant. Je l'attire à moi, et ses bras s'enroulent autour de mon cou pendant que je m'assois sur le lit. « Tu connais mon passé… »
Avant mon départ trois mois plus tôt, je lui ai parlé de mon passé en tant que soldat dans l'armée, et de ma rencontre avec Maria. Je lui ai parlé de tout ce que j'ai fait d'horrible pour cette garce, et je lui ai parlé des cicatrices qui ornent mon corps, et qui ne s'effaceront jamais. Elle ne les a jamais vu. La seule que je lui ai montré est celle que j'ai sur mon avant-bras. L'une d'entre elle. J'avais eu peur de sa réaction, mais je n'ai ressenti que de l'amour, et de la peine pour tout le mal qu'on a pu me faire. Cela ne m'a fait que tomber plus amoureux d'elle.
« Je me fiche de tes cicatrices. » me dit-elle en prenant ma joue dans une main. « Tu m'as dit en avoir sur le corps, mais je ne ressentirais pas le dégoût auquel tu t'attends... »
« Ce n'est pas ça ! » je la rassure en posant un doigt sur sa délicate bouche. « Je n'ai pas honte de ce que je suis, et je sais très bien que tu ne t'attarderas pas dessus de façon négative, mais on doit apprendre à se connaître physiquement. Je ressens ton amour, je ressens ton désir et ton besoin de m'appartenir. Crois-moi, c'est la même chose de mon côté, mais je veux faire ça bien, et non dans l'urgence. Et encore moins chez ton père. » Je nous rallonge mais cette fois, sur le côté afin que nous puissions nous voir face à face. « Je t'aime, mon Isabella, j'ai attendu plus de cent ans pour te trouver. S'il y a bien une chose que j'ai apprise durant toutes ces années, c'est bien la patience. A toi d'en faire autant ! »
« Combien de temps il va falloir que j'attende ? » demande-t-elle, en faisant la moue.
« Je n'ai pas encore décidé. » répondis-je en lui caressant le bras. « Mais fais-moi confiance, je n'ai pas prévu de rester un gentil garçon jusque-là. »
« Dieu merci ! » souffle-t-elle.
Je ne masque pas mon sourire. Bella ressent l'impatience de la jeunesse d'aujourd'hui, mais avec moi qui viens d'une autre époque, où les choses intimes de la vie ne s'évoquaient jamais avant le mariage. Je ne vais pas la faire attendre jusque-là non plus, et elle va apprendre la patience même si, et ça j'en étais intimement convaincu, elle ne va pas me rendre la tâche facile. Nous passons le reste de la soirée à parler de tout et de rien, jusqu'à ce que la fatigue ne s'empare d'elle. Elle se glisse sous la couette, et elle s'endort dès que sa tête touche les coussins. Je m'allonge sur le dos et croise les bras derrière ma tête. Si je me glisse sous la couette avec elle, je risque de la toucher et de la réveiller. La tenue dans laquelle elle dort est si courte que ça me provoque des pensées très érotiques. Je m'imagine lui caresser la peau du bout des doigts, et de mes lèvres. Elle a la peau si douce, si savoureuse. Rien qu'à la simple pensée de ma bouche glissant le long de son bras fait monter en moi un désir fulgurant. J'avais envie de la posséder. Je veux la faire mienne en prenant ce qu'aucun autre homme ne pourra prendre. Son innocence. Je sais qu'elle m'appartiendra. Si les choses avec Edward étaient devenus sérieux, j'y aurais mis fin avant même que cette idée ne leur vienne en tête. Heureusement pour moi, ils se sont rendus compte que leurs sentiments étaient factices. Je n'ai pas eu à tuer mon frère. Les minutes défilent. Bella vint se blottir contre moi en gémissant. Ce simple son me force à fermer les yeux et à me calmer. Je referme mon bras droit autour d'elle, et rien de plus. J'adore l'avoir dans mes bras pendant son sommeil, mais je ne me voile pas la face. C'est difficile. Le matin arrive trop doucement à mon goût. Je profite d'un moment où Bella me tourne le dos pour m'extirper du lit. Il ne reste plus que trente minutes avant son réveil, alors je prends mon sac et je vais dans la salle de bain, avant d'aller dans la cuisine lui préparer le petit-déjeuner. Au moment où je sors les œufs pour lui faire une omelette, j'entends le réveil sonner, puis s'éteindre. Bella grogne de mécontentement. Je souris. Aucune panique. Bien, elle sait que je suis toujours là. Je l'entends s'enfermer dans la salle de bain. Là, je commence à préparer son petit-déjeuner. Je l'ai beaucoup regardé cuisiner quand on s'est rapproché tous les deux. Je passais tous les matins avant les cours quand je savais que son père n'était pas là, et je l'observais. Ce n'est pas si difficile. Quand elle me rejoint, le petit-déjeuner est prêt. Elle est de bonne humeur, et légèrement excité par la façon dont je suis habillé. Je la vois se mordre la lèvre sans cacher le fait qu'elle me déshabille du regard. Je porte un jean noir, une chemise bleue nuit et une paire de basket. Je préfère de loin sa tenue du jour. Un pantalon noir très moulant – je vais d'ailleurs lui demander quand elle l'a acheté parce que je n'ai pas le moindre souvenir de l'avoir déjà vu avec. Elle avait accompagné le pantalon d'un pull qui ressemble à une robe. Le noir lui allait comme un gant. Elle a aussi relevé ses cheveux en une haute queue de cheval, et chaussé des bottes plates. Le pull, la robe, ou les deux je ne suis pas spécialiste, s'arrête à mi-cuisses, et lui fait un fessier absolument divin.
« Bella tu es, absolument splendide. » dis-je en m'avançant vers elle.
« Alice serait fière de moi. » dit-elle en tournant doucement sur elle-même.
Bon sang, l'homme que je suis ne va pas tenir bien longtemps si elle continue de m'aguicher de cette façon.
« C'est certain ! » Il n'y a rien de plus vrai. J'attrape ma douce par les hanches pour la coller contre moi. « Bella, tu mets ma patience à l'épreuve. »
« Je ne vois pas du tout de quoi tu parles ! »
Elle se mord à nouveau la lèvre, et je sens son amusement. Elle me rend dingue, et ça l'amuse. Dommage pour elle, je suis plus âgé, et plein de ressource. Le reste de la semaine passe rapidement. Chaque soir, je rejoins Bella dans sa chambre et je repars avant le réveil de Charlie, quand il n'est pas de garde. On est vendredi, et il y a une chose que je dois absolument faire. Une personne à qui je dois parler alors, avant de rejoindre Bella pour la ramener chez moi pour le week-end, je m'arrête devant une maison. Je vais frapper doucement à la porte, sachant pertinemment que cette personne est seule. La porte s'ouvre, et au-delà de la surprise de me trouver sur le pas de sa porte, Angela ressent une certaine angoisse.
« Bonjour Angela ! » dis-je, en lui envoyant une vague d'apaisement. « N'aie crainte, je ne te ferai aucun mal. J'aimerais discuter avec toi, si tu veux bien. »
« Oh euh, oui ! » acquiesce-t-elle. « Laisse-moi prendre une veste. »
Elle ne referme pas la porte. En l'attendant, je vais m'appuyer contre la rambarde en bois vernis de beige sur le devant de sa maison. Angela ressort après avoir mis une veste, et elle referme la porte derrière elle. Elle s'assoit sur une balancelle qui se trouve juste en face de moi.
« Je t'écoute ! » me dit-elle, en se protégeant du froid de ses bras. « De quoi veux-tu me parler ? »
« De Bella ! » Sa bouche forme un O de surprise. « Chaque fois que je suis avec elle, tu restes à l'écart, et ça la blesse. »
« C'est elle qui t'a demandé… »
« Non ! » je l'interromps d'un ton posé. « Je suis là de mon propre chef, et je suis empathe, ne l'oublie pas. Je sais pourquoi tu restes à l'écart quand je suis dans les parages. Je comprends ton ressenti, sincèrement, et c'est la raison pour laquelle je ne reste pas avec Bella au réfectoire. Je lui laisse ce moment pour qu'elle puisse être avec ses amis, sans restriction aucune, mais toi tu es différente, Angela. Tu connais mon secret, tu connais l'existence du surnaturel dans ce monde. J'aurais espéré que tu ne me juges pas en fonction de ce que tu as entendu sur moi. »
« Tu as raison, je suis nouvelle dans ce monde, mais je n'ai rien contre toi. » me dit-elle. « Bella t'aime, et je le vois à ton regard que tu l'aimes aussi. Tu as le même regard que Jacob a quand il me regarde. Elle est tout pour toi, n'est-ce pas ? »
Elle est encore loin de la vérité.
« Plus que tu ne l'imagines. »
« Je peux te poser une question ? » J'acquiesce. « Qu'est-ce que ça t'a fait, de voir Bella avec ton frère ? »
« Ça m'a fait mal, mais je n'ai rien dit parce que me nourrir de sang animal était nouveau pour moi, et que l'odeur de Bella rendrait fou n'importe qui. » je l'admets sans honte. L'odeur du sang de Bella est une torture de tous les instants, mais aujourd'hui, elle m'enivre sans le moindre danger. Angela était la meilleure amie de Bella, alors autant jouer franc jeu. « Je me suis mis en retrait, mais ce n'était pas sans conséquence. Partir alors qu'on s'était rapproché, c'était l'enfer, mais j'ai tenu bon parce que je savais que je reviendrais, et qu'elle tiendrait la promesse qu'elle m'a faite. »
« Quelle promesse ? » demande Angela.
« Je lui ai fait promettre de continuer à vivre, à passer du temps avec ses amis, à sortir, sans m'oublier. » Je lui raconte avec sincérité la promesse qu'elle m'a faite. « On a passé des heures au téléphone à nous raconter nos journées, et elle m'a parlé du jour où Jacob s'est imprégné de toi. Elle était tellement heureuse pour vous deux. Ça lui a fait du bien de ne plus avoir à te cacher la vérité sur moi, et sur les loups. Et maintenant que je suis revenu, tout ce qu'elle veut c'est qu'on soit ami, parce qu'elle nous aime tous les deux. »
« Et toi, tu veux quoi ? Tu vas me dire que tu veux être ami avec une humaine, qui est la compagne d'un loup-garou ? »
« Oui, je veux qu'on soit ami, Angela. » Et je suis sincère. « Tu es quelqu'un de bien, et on ne pourra être amis que si tu cesses de m'éviter. »
Ses émotions sont un tourbillon d'incertitude et de questionnement.
« Tu as des questions à me poser, je t'écoute ! »
Elle se redresse sur la balancelle, et ramène ses pieds sous elle.
« Tu vas la transformer ! »
Ce n'est pas une question, mais qu'importe. A travers cette affirmation, je peux déceler la profondeur de sa tristesse.
« Oui, je vais la transformer. » Elle essuie une larme qui coule sur sa joue. « Angela, c'est son choix, sa décision. Je lui ai fait comprendre que quel que soit sa décision, je resterais à ses côtés. Et je vais être honnête avec toi, je suis soulagé, parce que je n'aurais pas à passer l'éternité seul. Mais il faut que tu saches que sa décision ne sera pas sans conséquence. Ce sera même bien plus difficile pour elle que ça ne le sera pour toi et les autres. »
« Et comment est-ce que ça peut être plus difficile pour nous ? » demande-t-elle, une pointe de colère dans la voix. « Ma meilleure amie va devenir un vampire, et je ne la reverrais plus jamais. »
« Je n'ai pas l'intention de la couper de sa famille, Angela. Elle reviendra vous voir autant qu'elle le souhaitera. » tentai-je de la rassurer. Et c'était vrai, jamais je ne pourrais couper Bella des siens. « Et oui, ce sera plus difficile pour elle. Tu es triste pour elle parce qu'elle a décidé de faire une croix sur la possibilité d'avoir des enfants un jour, mais dis-toi qu'il y a une chose bien pire que de ne pas avoir d'enfant. »
« Et, qu'est-ce que c'est ? »
« Bella va vivre éternellement, Angela. » Elle ne devait pas oublier ce fait. « Les années passeront, et elle verra toutes les personnes qu'elle aime disparaître. »
Je vois un éclair de terreur et de lucidité passer à travers ses yeux. Enfin, elle se rend compte que Bella a plus à perdre encore que son incapacité à avoir des enfants, dans le futur. Moi, je n'ai jamais pu être auprès des miens pour leurs derniers instants. Maria m'a privé de ce droit. Quand je me suis échappé, je ne suis pas retourné auprès de ma famille parce que je savais que mon besoin de sang humain se ferait ressentir. Je ne les ai jamais revus, et c'est mon plus grand regret. Je ne veux pas que Bella vive la même chose que moi. Elle aura tout le loisir de voir sa famille quand elle le voudra. Du moins, une fois qu'elle saura se contrôler.
« Elle ne m'en a jamais parlé. » dit Angela, la gorge serrée.
« Elle ne le fera pas, et je ne veux pas que tu le fasses non plus. Je veux que vous profitiez l'une de l'autre. Chaque fois que Bella en émettra le souhait, nous reviendrons à Forks. Vous vous parlerez autant de fois que vous le voudrez. Angela, je n'ai pas l'intention de la couper du monde. »
Elle se met à pleurer, le visage enfoui dans ses mains. Je lui envoie une vague d'apaisement, et ses larmes se tarissent. Je suis sur le point de rajouter quelque chose quand mes sens se mettent en alerte. Je ne sens aucun danger, mais je reste quand même sur mes gardes. Il ne va sans doute pas être content de me voir en train de parler avec sa compagne sans qu'il n'en ait été informé.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » me demande Angela.
« Jacob arrive ! » Je me retourne vers elle. D'ailleurs, j'entends clairement le son de sa moto qui approche. Il sera là dans moins de deux minutes. « Est-ce qu'il ressent quand tu n'es pas bien ? »
« Oui ! » dit-elle en reprenant contenance.
Elle a encore les yeux rougis par les larmes qu'elle a versé.
« Mais ça va, il ne te fera rien. »
Je me retiens de lui répondre qu'il n'aura même pas le temps de charger. Avec mon don, il ne me faudra pas plus de deux secondes pour contenir sa potentielle colère.
« Alors, tu vas cesser d'éviter Bella quand elle est avec moi ? »
« Je ferai un effort. » acquiesce-t-elle. « Je suis désolée Jasper, je ne voulais pas me montrer mal élevée. »
« Tu n'as rien fait de mal. »
Je commence à descendre les escaliers du perron quand la moto de Jacob se gare dans la petite allée. Il me lance un regard méfiant, quand Angela m'interpelle. Je me retourne une dernière fois vers elle. Elle s'est levée de la balancelle et s'était avancée de quelques pas.
« Promets-moi qu'il ne lui arrivera jamais rien. Même quand elle sera… »
Elle ne dit pas le mot vampire. Elle n'est pas prête, et je ne lui en tiens pas rigueur. Le mot meurt dans sa gorge, mais je la rassure d'un sourire.
« Tu as ma parole, Angela. Je donnerais ma vie pour elle ! »
Alors, la suite ne sera pas posté avant le 15 novembre, donc un peu de patience.
Merci d'être toujours là, et prenez soin de vous !
Bises, Aurélie !
