Disclamer: Cette histoire se base sur la prélogie de Star Wars (les personnages et évènements appartiennent à Georges Lucas et Disney).
C'est une aventure alternative, ne suivant pas le cours des péripéties ni le développement des personnages originaux.
Encore une fois, les coups de fouet retentissent sur ma peau.
J'ai arrêté depuis longtemps de m'y attarder. Je veux juste que ça s'arrête. Je veux partir et avoir une vraie vie, une vie qui m'appartient.
-Quand comptes-tu t'excuser esclave?! S'exclama Jabba
Jamais je ne m'abaisserai à lui faire un tel plaisir. J'ai beau être esclave, avoir oublié mon nom, mes origines et ma famille, je ne suis pas soumise.
Cette insoumission m'a déjà apporté beaucoup de problèmes, des punitions que j'aurai pu esquiver. J'ai changé de maître plusieurs fois mais Jabba est un dur à cuire et me rebeller, l'insulter et aller jusqu'à le mordre semble plus l'amuser qu'autre chose au final.
Un goût de ferraille se répand dans ma bouche sèche et mon abdomen commence à me brûler après les coups que je me suis pris suite à ses assauts.
Mais c'est bientôt terminé. Ce soir, je m'évade. Ce soir, mon plan s'exécute. Je profite qu'un vaisseau de la République soit là -c'est assez rare- et j'irai à Coruscant avec eux.
Je ne suis pas sûre d'être la bienvenue, mais je sais être convaincante. Et puis...ce sont des Jedi. N'est-ce pas leur mission de sauver les petites gens?
Mon "maître" -parce que je le hais et que je ne souhaite aucunement lui donner du pouvoir- me pousse violemment.
-Arrêtes de rêvasser. Vas me chercher à boire! ordonna-t-il
Je m'exécute, mimant une révérence exagérée et me faufile dans la foule en ébullition.
C'est le moment. Je quitte la taverne par la porte arrière de la cuisine et je cours sur plusieurs kilomètres jusqu'à trouver le fameux vaisseau.
Une tempête de sable se prépare, personne ne sortira à ce moment là.
Comme pour me donner du courage, je touche instinctivement mon pendentif, une Alexandrite, une pierre rare qui change de couleur suivant la lumière sous laquelle on la regarde. Le seul objet que j'ai gardé de ma vie d'avant, ma vraie vie.
Je suis devant la porte. A travers, j'entends le vent transporter le sable en l'air, dans une danse mouvementée.
J'ouvre la porte, la nuit est sur le point de tomber. Je la referme derrière moi. Personne ne m'a remarqué mais je préfère me hâter.
J'avance avec la plus grande discrétion dans la ville. Et plus j'avance, plus l'espoir grandit dans mon cœur.
La tempête fatigue mes membres engourdis et seule l'adrénaline me garde debout. Le trajet est plus long que prévu, j'ai soif et pour la première fois, j'avoue avoir mal. J'avais appris à vivre avec ces douleurs mais maintenant que je suis libre, c'est comme si ce mal n'était plus normal mais bel et bien quelque chose d'injuste.
Au loin, j'aperçois enfin le vaisseau. Il brille sous les reflets de la Lune et s'est poli par le sable qui à dû aussi passer par ici.
Je vois des gardes devant la seule entrée. Je commence à me demander si c'était une bonne idée.
Au fond, s'ils ne me ramènent pas avec eux, que vais-je devenir? Je ne retournerai pas en ville, et l'épuisement aura raison de moi. Voilà où je vais finir mes jours. Dans le sable, morte de déshydratation et suite à mes blessures certainement infectées d'une manière répugnante.
Je me cache derrière le dernier rocher avant d'atteindre mon but. C'est maintenant que tout se décide.
Prenant mon courage à deux mains, mes dernières forces pour avancer, je repars dans ma quête. Menacée de leurs pistolasers depuis que j'ai quitté mon rocher, j'arrive finalement devant les gardes.
-Identifiez vous, m'annonce l'un d'eux.
Que dois-je répondre? Je n'ai jamais eu aussi peur que maintenant. Pas peur d'eux ou de ce qu'ils pourraient me faire mais plutôt la peur de perdre tous mes espoirs, envolés avec ce vaisseau. Sans moi.
-Je suis 01AK34S8… déclarais-je d'une voix monotone.
Je me suis surprise à laisser échapper un filet de sang en ouvrant la bouche. L'idée d'être aussi dépravée devant des inconnus me fait rire intérieurement.
J'essuie du revers de ma manche le liquide globuleux.
-Vous n'êtes pas autorisée à être dans ce secteur, commença-t-il. Partez.
Evidemment. Ca ne pouvait pas être aussi facile…
Ils n'ont rien d'une tête de Jedi. Eux ne peuvent pas m'aider, il faut que je parle à leur chef, et pour cela je dois trouver une ruse.
-Je...dois parler à votre chef, improvisais-je. Je viens au nom du Grand Jabba le Hutt.
Si on m'avait dit qu'un jour j'allais honorifier Jabba ainsi...Mais si cela peut m'aider…
-A quel sujet? Nous sommes sur le point de partir, Jabba ne peut pas nous retenir plus longtemps.
-Ce ne sera pas long. Il veut simplement confier un message confidentiel à votre chef , continuais-je.
Je ne me dégonfle pas. Je suis sur le point d'y arriver.
Après un regard entendu avec son collègue, le garde me laisse entrer et je monte enfin à bord.
Une fois à l'intérieur, je me rends compte qu'il n'y a pas que des Jedi mais aussi la moitié de la cour royale d'une reine dont je ne connais pas le nom.
Mince...Ca risque d'être plus compliqué de se cacher avec ce monde.
J'évite gracieusement chaque personne à bord. Mon corps frêle par la sous-nutrition me permet de me faufiler dans des recoins inattendus. Mais quand ce combat va-t-il cesser?
Je prends finalement place dans le compartiment réservé aux robots, priant pour que les gardes m'oublient et que personne ne me trouve ici.
J'entends alors la voix d'un homme mûr ordonner le départ du vaisseau. Je suis sauvée!
Bien entendu, j'ai parlé trop vite parce que la voix du garde -auquel j'ai parlé quelques instants avant- retentit.
-La fille n'est pas encore partie maître Jinn, dit-il.
-La fille? Quelle fille? Répondit l'homme aux cheveux longs.
Et merde.
-Je crois qu'on s'est fait avoir comme des bleus, Max, souffla le second garde.
Une nouvelle information. Le garde s'appelle Max, le chef -maître Jedi- est un certain Jinn.
Vais-je aussi savoir avec quel régent j'ai la chance de voyager?
-Vous avez laissé monter une inconnue dans ce vaisseau? S'indigna le Jedi.
-Elle a dit qu'elle devait vous rencontrer au nom de Jabba, tenta de s'excuser Max.
Je l'entend soupirer.
-Peu importe, si ce n'est qu'une enfant, nous devrions pouvoir la trouver rapidement. Il faut absolument se concentrer sur sa recherche, elle est peut être une espionne.
Le froissement des vêtements des gardes puis l'appel à ma recherche s'est propagé à travers le vaisseau. Bien, j'ai maintenant des soldats de la république à mes trousses, en plus de Jabba qui doit déjà avoir envoyé des gens à ma poursuite, et des Jedi.
Je suis mal partie.
Les minutes m'ont parues des heures entières. Cette angoisse est bien plus puissante que les coups de Jabba. Chacun des pas que j'entends passer dans le couloir font rater un battement à mon cœur.
Soudain, un pas bien plus léger et apaisant s'arrête devant le placard dans lequel je suis calfeutrée. C'est fini… La longue cape brune que j'aperçois par le bas de la porte me montre que c'est un Jedi.
-Arrêtez les recherches, on dirait bien que j'ai trouvé notre petite souris, prononça l'homme à la cape.
Malgré le stress de la situation, sa voix a quelque chose de réchauffant.
Il ouvre doucement la porte métallique, lui arrachant un grincement.
D'un coup, son regard se pose sur moi et je me surprend à y voir de la pitié plutôt que de la colère.
-Qui es tu ? Fit-il.
Je ne sais plus où me mettre. J'ai à la fois honte de m'être cachée ainsi, j'ai peur de rater la seule chance de partir et mon égo me pousse à garder le peu d'honneur qu'il me reste.
Je n'ai plus le choix, c'est l'heure de la confrontation.
Je me redresse et quitte ma cachette non sans mal.
Il me détaille de haut en bas, observant mes plaies une à une, analysant le moindre de mes membres affaiblis.
Je gonfle la poitrine -ce qui semble ridicule au vu de mon état pitoyable-. J'aime à penser que je préserve un minimum mon intégrité.
-01AK34S8, monsieur, bredouillais-je.
-Je ne te demande pas ton numéro, intervint-il. J'ai devant moi un être humain qui tente de paraître convenable alors j'aimerai connaître ton vrai nom.
-Je ne le connais pas, Monsieur. Mais si vous souhaitez faire dans les formalités, vous devriez vous présenter à votre tour.
-Je vois...Tu as du culot. Je suis le maître Jedi Qui-Gon Jinn et tu es à bord de mon vaisseau. Que veux tu?
-Déposez moi à Coruscant et vous n'entendrez plus parler de ma personne.
-Et qui me garanti que je ne vais pas avoir de soucis avec ton maître? Je ne peux pas libérer tous les esclaves, je ne suis pas un sauveur.
-Personne ne peut rien vous garantir, Maître. Seulement...si vous insistez, je pourrai me laisser dépérir sur ce vaisseau et vous aurez ma mort sur la conscience. Vous voyez, avec toutes ces blessures, seule l'adrénaline me garde sur mes deux jambes et il est absolument hors de question que je retourne là-bas. Alors ce sera Coruscant ou la mort.
-Très convainquant pour une enfant.
-Je suis adolescente, le coupais-je. J'ai 14 ans. Je ne suis plus une enfant, les esclaves ne sont jamais enfants.
C'est la pure vérité. On perd notre innocence bien trop vite dans cet univers…
Je ne lâcherai rien. Cet homme à comme quelque chose de parental, de rassurant et malgré ses paroles, je sais qu'il peut m'aider, je le sens, je sens la Force en lui. Il doit m'aider, j'ai besoin qu'il m'aide, je ne peux pas mourir, pas maintenant.
Moi, je veux mourir dans une belle maison, aux côtés de l'amour de ma vie, après avoir profité de ce que la galaxie avait à nous offrir. Je veux mourir vieille et sénile, je veux pouvoir raconter à mes enfants toutes mes aventures, leur apprendre qu'il faut toujours s'accrocher car la vie est dure.
Perdant peu à peu de ma confiance, je fini par planter mes yeux dans les siens.
-Je ne veux pas mourir.
J'étais sur le point de valser contre le sol du vaisseau quand ses bras chaud m'ont accueilli, me soutenant, évitant ma chute certaine provoquée par la fatigue que je ne pouvais plus contenir.
-Personne ne mourra ici, ne t'en fais pas.
Est-ce qu'il vient de m'accepter sur son vaisseau?
-La Force est grande en toi, le courage débordant et l'intelligence sans limites, ajouta-t-il. Tu es sous ma protection à partir de maintenant et ce jusqu'à ma mort, c'est promis.
Sur ces paroles, j'ai entendu le vaisseau décoller.
J'ai réussi à reprendre ma contenance et me mettre sur mes deux pieds, alors que le maître avançait vers la pièce principale de l'engin.
Je le suivait timidement et me retrouvai au milieu d'inconnus tous mieux habillés les uns que les autres.
-Majesté, je me suis permis de prendre une autre personne à bord de ce vaisseau.
Une jeune femme portant une immense robe, maquillée par un blanc immaculé, trônait au milieu de la pièce.
Son regard se posa sur moi et elle ouvrit la bouche tout en me scrutant.
-Etes-vous sûr qu'il ne s'agisse pas ici d'un espion pouvant me nuire, questionna-t-elle.
-Je ne saurais garantir ses intentions, mais soyez assurée que je me charge de sa surveillance. De plus, je ne pense pas qu'elle puisse faire grand chose dans cet état.
J'ai jeté un regard à l'homme à mes côtés. Je pourrai toujours me battre, quelque soit mon état. Et je ne compte pas le laisser prétendre le contraire.
-Vous vous mettez le doigt dans l'œil, monsieur, interrompais-je la conversation.
Je n'aurais certainement pas dû mais je ne peux pas m'en empêcher. Mes paroles ont évidemment étés mal prises et les gardes du corps de la reine se sont empressés de me menacer de leurs armes.
-Si tu tiens tant à aller à Coruscant, tu ferai mieux de tenir ta langue, jeune fille, se moqua-t-il.
L'ironie dans sa voix me donnait envie de l'égorger, mais finalement je me suis mise à rire doucement.
-Vous avez une bonne mémoire de notre conversation, seulement, je pourrai également vous retourner cette technique. Vous avez osé me qualifier de petite souris alors que vous ne m'aviez encore jamais vu. Sous-estimer des possibles intrus pour un Jedi, c'est fort peu convenable.
Il esquisse un sourire. Je me prends à son jeu et il semble aimer cela.
-Je commence déjà à t'apprécier, petite.
Sa main partait à la rencontre de mon épaule de façon amicale mais les nombreux coups que je me suis déjà pris ont poussé mon instinct à m'éloigner. J'ai repris un visage impassible.
-Ne me touchez pas, le menaçais-je.
Ca ressemblait plus à une menace que ce que je voulais. Peu importe, je dois me protéger
-Bien, faites comme vous le sentez. Vous pouvez disposer maître Jinn, s'empressa la Reine.
L'homme s'empresse de la saluer et fait demi tour vers un siège plus loin dans la pièce.
Il m'invite à m'asseoir mais je refuse, de peur de ne plus pouvoir me lever après.
Le repos du maître fut de courte durée quand un jeune, à peine plus âgé que moi est arrivé.
Ses cheveux châtains brillaient sous la lumière du plafonnier et la tresse qui attestait de sa condition de padawan se balançait au rythme de ses mouvements.
-Maître, j'ai une question concernant…
Quand son regard s'attarde sur moi, nous aurions dit que sa parole s'était envolée.
-Ah, Obi-Wan, tu tombe bien, expliqua le maître Jedi. Voici encore un nouvel enfant que j'ai recueilli. Tu as devant toi la minuscule souris qui a réussi à s'infiltrer dans le vaisseau. Elle y a demandé l'asile. Elle n'a pas de nom, juste un code...hm...01A...
-01AK34S8, m'enquis-je.
Je lui avais jeté un regard légèrement énervé au mot minuscule, ce qui le fit sourire.
Le certain Obi-Wan semblait rempli d'incompréhension. Il me détaillait du regard comme l'avaient fait la plupart des personnes de ce vaisseau. Mais à ma grande surprise, c'est mon collier qui a attiré son attention
-Je te sens bien perturbé mon padawan...Qui y a t-il? Se renseigna-t-il.
-Où as-tu trouvé ce collier? Dit le plus jeune, ignorant son mentor.
Où souhaite-t-il en venir?
-Je l'ai toujours eu, affirmais-je.
Veut-il me le voler? Je ne le laisserai pas faire! On peut tout me prendre mais pas ça.
-AK..? Réfléchit à voix haute Obi-Wan. A et K sont les initiales du prénom et du nom de l'esclave maître. Je m'en suis aperçu en soignant Anakin.
-Si j'en suis ta logique, le petit a les lettres A et S?
-Exact…
-Je ne veux pas vous manquer de respect, mais je suis là, bredouillais-je. S'il vous plaît, ne faites pas comme si je n'existais pas.
Chez ce Obi-Wan, je ressens quelque chose de familier. Comme si je l'avais connu, jadis. Se pourrait-il que ce soit le cas? Je ne me rappelle que de peu de choses de ma vie d'avant. Que de vulgaires images qui me hantent la nuit. J'aime imaginer que j'avais des parents aimants, ma mère devait avoir un sourire réconfortant et mon père devait être fort et protégeait sa famille. Mais… si c'était réellement le cas, je ne serai pas devenue esclave… Ce ne sont que des rêves lointains.
-Quel âge as-tu?
-Je dois être sur mes 14 ou 15 ans, peut être…
Il se fige sur place comme si toutes les pièces du puzzles s'assemblaient enfin en lui. Son maître ne semble pas comprendre où ces pièces avaient menées son padawan mais il était sûr que le jeune homme atteignait un tournant dans sa vie.
-Maître, cela fait 11 ans que vous m'avez amené à Coruscant n'est-ce pas?
-Où veux tu en venir, padawan?
-Quand j'ai quitté ma planète natale, Stewjon, j'avais une sœur de trois ans ma cadette.
Serait-il entrain d'annoncer que je suis sa soi-disante sœur perdue de vue?
Je n'y crois pas une seconde. Si j'avais eu un frère, je m'en souviendrai. Et, si c'était le cas, pourquoi ne serait-il pas venu à ma recherche? Pourquoi partir sans sa sœur?
-Tu as laissée une enfant seule pour partir sur Coruscant? Commençais-je à m'énerver. Quel genre de frère es-tu?
-Tout coïncide...Je te retrouve enfin! S'exclamait-il.
Il avait l'air ému et s'est avancé vers moi, m'obligeant à me reculer pour garder un espace raisonnable entre nous.
-Je m'en doutais, opina Qui-Gon. J'ai de suite senti votre lien dans la Force. Elle a la même empreinte.
-Tout ça est une vaste blague. Bientôt, je vais me réveiller dans ma couchette, chez Jabba.
-Je ne pensais pas te revoir un jour… Reprit Obi-Wan. Tu as tant grandi, Anastasia.
Quand il a évoqué ce prénom, j'ai eu l'impression de recevoir un coup de poignard dans le cœur tout en retrouvant l'odeur d'une saison passée, d'un vague souvenir de printemps où les fleurs inondaient les champs et où je courrai à en perdre haleine avec un petit garçon à peine plus âgé.
J'ai pris une grande inspiration et j'ai quitté la pièce. Je ne sais pas quoi en penser. Je n'ai jamais imaginé rencontrer ma famille.
Je ne suis pas préparée à ça. J'ai tout un tas d'émotions qui s'entassent dans mon esprit mais étrangement, je ne ressens aucun bonheur.
En réalité je suis en colère. Comment...As t-il pu me laisser? Comment nos vies ont-elles pu basculer ainsi? Il doit avoir tant de réponses aux questions dont je ne pensais pas avoir d'explications un jour…
Je l'ai entendu me suivre dans le couloir mais je ne me suis pas arrêtée.
-Anastasia, je sais que c'est toi. Tu ne me crois pas?
-Je sais que c'est la vérité. Je t'ai senti dans la Force.
-Tu ressens la Force?
-Laisse moi terminer.
J'ai certainement un ton froid et tranchant mais il est bien la dernière personne avec qui j'ai envie de faire un effort.
-Tu m'as abandonnée à mon propre sort. J'avais trois ans. Comment? Pourquoi? Tu n'as pas la moindre idée de ce que je vis depuis 11 ans.
-Je suis tellement désolé… Tout est si compliqué…
-Compliqué? Qu'est-ce qui est compliqué? Ca te demandait tant d'efforts que ça de venir à ma recherche?!
-Calme toi.
Je me suis mise à rire. Me calmer? Il me demande à moi de me calmer?!
Je ne sais plus quoi faire. Tout était clair dans ma tête quand j'ai établi mon plan pour aller à Coruscant. Mais voilà qu'un imprévu me fait douter de toutes mes décisions. Actuellement la seule personne en qui j'ai confiance, c'est maître Jinn. Je ne saurai dire pourquoi mais ce sera la seule personne à qui j'accepterai de parler.
-Tu...tu es blessée. Je t'emmène à l'infirmerie?
J'ai croisé les bras. Je ne craquerai pas, même sous la pression.
-Oh... Je t'en prie, dis quelque chose.
Dans un élan incertain, j'ai levé mon majeur en sa direction, haussant un sourcil en signe de protestation.
-Bien. J'ai compris...débrouille toi toute seule. Quand tu l'auras décidé, je t'accueillerai les bras ouverts. Je ne t'ai jamais oublié.
Il prononce sa dernière phrase en s'en allant. Je décide de trouver un coin calme dans le vaisseau pour reprendre des forces.
Après un petit tour, peu fructueux, je tombe sur une pièce aux couleurs chaudes avec des banquettes.
De prime abord, je pense être seule mais quand je me suis assise près d'une fenêtre, j'ai croisé le regard d'un petit garçon, qui devait avoir 9 ans environ.
-C'est toi Anakin? Demandais-je.
Ma voix se veut douce et le garçon remue sur son siège.
-Oui… Répondit-il d'une voix fébrile.
Il avait l'air perdu. Peut être triste? Ce qui était sûr, c'est qu'une immense aura l'entoure dans la force.
-Ca n'a pas l'air d'aller.
-J'ai laissé ma mère sur Tatooine. Elle me manque déjà…
-Tu es tout seul sur ce vaisseau?
-J'ai une amie, Padme, c'est l'une des servantes de la reine.
-Où est-elle à présent?
-Je sais pas…
Ce n'est qu'un chérubin. Pourquoi l'avoir retiré à sa mère?
-Pourquoi es-tu là?
La voix mûre de Jinn perça l'ambiance douloureuse de la pièce. J'ai relevé ma tête vers lui pour l'observer déambuler dans la salle.
-Il est libre. Déclara le grand maître. Comme toi. Et il va devenir Jedi.
Il s'assoit élégamment, repliant sa lourde cape sous ses genoux, à côté du petit.
-Tu vas devoir passer par l'infirmerie, Anastasia. Pour le moment, tu tiens debout mais je ne pense pas que ça continue ainsi très longtemps.
-Je suis endurante.
-Tu n'as plus à souffrir ainsi maintenant. Tu peux avouer tes faiblesses. Nous sommes tous de confiance ici et au Temple Jedi.
Le Temple? Attendez.
-Qui a dit que je vous suivrai dans votre...Temple? Je vous ai demandé de m'emmener à la capitale galactique, pas de m'élever.
-Parce que tu sais où aller là bas? Ironisa-t-il. Au Temple, il y aura ton frère et moi. Tu sera en sécurité. Et tu recevra une éducation. Tu aura même la chance de devenir Jedi si tu prouve que tu en es capable devant les membres du conseil.
-Premièrement, votre padawan n'est plus mon frère. Il l'a peut être été mais ça fait 11 ans que j'attends qu'on vienne m'aider et au final, j'ai encore dû me débrouiller seule.
Il a soupiré. C'est un vrai tic chez lui.
-Anakin, peux tu rejoindre Padme ou Obi-Wan.
Le garçon à acquiescé et a quitté la pièce bien plus vite que je ne l'aurai cru.
-Les choses ne sont pas si simples. Tout n'est pas tout noir ou tout blanc… Quand j'ai emmené ton frère, je ne savais pas qu'il y avait un autre enfant. Je l'ai juste trouvé sur une scène de crime, tes parents décédés et toi tu n'étais pas là. Ne lui en veux pas. Vous avez beaucoup de choses à rattraper.
Il avait raison. Comment pourrais-je lui en vouloir. Il n'avait que 7 ans… Il y a tant de colère en moi mais ce qui emplit mon cœur aujourd'hui, c'est une réelle peine. J'ai une seconde chance, je dois la saisir.
-Range ta fierté. Je te propose de commencer une nouvelle vie avec nous, les Jedi, en mettant ton passé bien loin. Penche toi vers l'avenir, je sens un potentiel immense en toi.
J'ai jeté mon regard vers le hublot qui laissait apercevoir une galaxie entière, désormais à ma portée.
J'étais partie dans l'unique but de fuir mon passé et j'ai désormais un avenir qui se trace devant moi.
Je me suis levée, avançant vers maître Jinn.
-Merci, maître. Je ne vous décevrez pas.
Je suis une personne très loyale quand je sens que la personne est de confiance. A travers la Force, je sens que c'est un homme de valeur et qu'il ne me laissera pas tomber. Je sais que je peux avancer. Je peux encore vivre. J'ai encore beaucoup de choses à vivre.
-Je n'en doute pas, Anastasia Kenobi.
