Un petit OS!
Oui je sais j'ai plein de trucs à faire, mais que voulez-vous, cette scène me trottait dans la tête, il fallait que je l'écrive. Donc, voilà.
J'aime beaucoup Kanon, j'aime le drama, vous savez ce qui suit...
Bonne lecture !
Une semaine après leur résurrection.
C'était le temps qu'il avait fallu pour que les chevaliers d'or soient convoqués par Athéna. Personne ne leur avait dit comment ils étaient revenus à la vie. Ils s'étaient juste réveillés dans leurs temples, avec assez de blessures pour faire peur à une armée de médecins. Une armée de médecin, d'ailleurs, avait défilé au temple du Pope sans qu'ils se sachent pourquoi ; c'étaient les bronzes qui avaient fini par leur expliquer. Le chevalier de Pégase était dans le coma. Athéna –ou Saori Kido, personne ne savait vraiment qui était au commandes- avait donc appelé des médecins de partout dans le monde.
Heureusement pour les chevaliers d'or qui léchaient leurs blessures, certains d'entre eux s'étaient arrêtés dans les temples. Après une semaine, la plupart étaient aptes à assister à la réunion. Les autres… Les autres étaient là aussi. Ils serraient les dents, mais ils étaient là. C'était un ordre de la déesse, après tout.
Ils étaient tous là, donc. Debout devant le trône, droits et digne, ils attendaient. Athéna était assise sur son trône, royale, divine. Elle avait abandonné sa robe blanche pour un chandail et un pantalon. Elle avait l'air fatigué.
« - Chevaliers... »
Sa voix était claire et sans failles. Rien à voir avec la gamine pleurnicheuse qui devait supplier les bronzes quelques mois plus tôt. Leur déesse était belle et bien réveillée. Ils auraient certainement dû poser un genoux à terre, mais la jambe entièrement plâtrée de Camus l'en aurait empêché. Il avait déjà eu beaucoup de mal à monter les marches jusqu'au temple du Pope…
« - Je tiens à tous vous exprimer mon immense gratitude pour votre sacrifice lors de la guerre nous opposant aux Enfer. Comme vous avez pu le deviner, au prix de nombreuses vies, nous avons vaincu. »
Elle fit une pause dans son discours et prit le temps d'observer les visages levés vers elle.
« - Au cours cette bataille, et de beaucoup d'autres, certains d'entre vous on été contraints de faire des choses qui pourraient leur porter aujourd'hui préjudice. Ce retour à la vie vous offre une chance de repartir sur de nouvelles bases. En ce qui me concerne, vous êtes tous pardonnés de tous les actes qui pourraient être répréhensibles. »
Il y eu du silence, et quelques regards échangés parmi les chevaliers. Est ce que ça serait si simple ? Un coup de chiffon divin, et on était repartis pour un tour ?
« - Le Sanctuaire dois à présent se remettre de ses blessures, poursuivit la déesse. Nous sommes tous blessés, dans notre chair et notre esprit. Notre reconstruction prendra du temps, mais nous nous reconstruirons. La première étape pour la guérison est de choisir un nouveau Pope. »
Il y eut un frémissement dans les rangs. Tout avait commencé de là, la dernière fois. Une bataille sous-jacente pour la place de Pope. Les regards glissèrent vers Saga, qui gardait les yeux résolument devant lui.
« - Chevalier de la Balance. »
Dohko avança d'un pas et plia le genou devant la déesse. Celle-ci se leva de son trône, sceptre en main, et avança d'un pas.
« - Par ton expérience et tes actes, tu as prouvé être capable d'assurer le rôle de guide et de meneur que l'on attend d'un Pope d'Athéna. Acceptes-tu de prendre la robe, et de diriger les chevaliers avec justesse et dignité ?
- Je l'accepte, Déesse, répondit le chinois.
- Relève-toi, Pope Dokho. Tu peux à présent prendre la place qui te revient. »
Le chevalier se redressa et se plaça stratégiquement à la droite de la divinité, sur la marche qui délimitait l'estrade du trône. Il serait temps plus tard d'enfiler la robe et le casque attribué à sa fonction. Pour le moment, la réunion continuait.
« - La reconstruction des temples et des arènes commencera la semaine prochaine. Le temple de la Vierge ayant été rasé, Shaka est invité à résider au treizième temple aussi longtemps que prendrons les réparations. »
Tiens, c'était vrai, ça, se dit Milo. Où dormait l'hindou depuis une semaine ? Peut-être chez l'un de ses collègues… Ou dans les baraquements des Argents. Ils étaient presque tous morts, après tout…
« - Dans les prochains mois, les camps d'entraînement à travers le monde seront vidés et leurs utilisateurs rassemblés au Sanctuaire. De même, les armures brisées de Jamir devront être récupérées et ramenées à la vie. Je souhaite que l'ensemble de la chevalerie soit rassemblée ici d'ici sept mois. Durant cette période, soignez vos blessures physiques et mentales.
- Déesse... »
Aiolia avait lui aussi posé un genou a terre -ce qui semblait lui occasionner une grande souffrance, vu son visage pâle. Athéna lui fit signe de se relever, ce qu'il fit avec un visible soulagement.
« - Je t'écoute, Chevalier du Lion.
- Il semblerait que Kanon du Dragon des Mer ait été ramené lui aussi à la vie. Que devons-nous faire à son sujet ?
- Kanon a été absous de ses crimes durant la guerre contre Hadès. Qu'il prenne lui aussi le temps de se remettre. Sa présence sera tolérée jusqu'à ce que tout les camps aient été vidés. Nous en reparlerons à ce moment.
- Devons nous le considérer comme un chevalier d'or ? »
Athéna sembla réfléchir un instant, puis secoua la tête, faisant légèrement voleter ses longs cheveux.
« - S'il en la puissance, il n'en a pas le titre. »
Aiolia hocha la tête, et recula d'un pas pour montrer qu'il avait eu la réponse à sa question. Puisque personne d'autre ne s'avançait, Athéna mis fin à la réunion. Lorsqu'elle disparue derrière le rideau qui séparait la salle de ses appartements, la chevalerie s'avachit avec une grimace. Ils avaient mal partout.
« - Tout ça pour ça, marmonna Deathmask. Elle ne pouvait pas nous envoyer une note ?
- Un peu de respect, sermonna doucement Dohko. »
Le nouveau Pope en titre profita que ses généraux soient rassemblés pour passer ses troupes en revue. Mais pas ici ; la salle du trône le mettait mal à l'aise.
« - Aphrodite, peut-on abuser de ton hospitalité quelques instants ? »
Le chevalier des poissons hocha la tête et ouvrit la marche. Ils quittèrent le palais du Pope et descendirent les marches dans un silence relatif, chacun repensant aux nouvelles annoncées par la déesse. Aphrodite les conduit dans son jardin couvert. Des rosiers inoffensifs s'enroulaient autour des colonnes, et un salon de jardin raffiné attendait des invités. Les grandes ouvertures qui donnaient sur la falaise ajoutaient au caractère idyllique de l'endroit.
Deathmask se laissa tomber dans un fauteuil avec un grognement. Son dos avait été endommagé pendant la bataille, et grimper les marches jusqu'ici avait réveillé la douleur. Ça, plus le bandage qui lui enserrait une partie du visage et lui donnait mal au crâne, faisait qu'il avait très peu de patience.
« - Qu'est ce qu'on peut faire pour sa nouvelle Sainteté ? Demanda-t-il avec un rien de sarcasme dans la voix. »
Dokho soupira intérieurement. Il aurait préféré qu'Athéna lui en parle avant de le nommer… Il aurait eu le temps de préparer ce qu'il devait dire à ses collègues.
« - On ne relâche pas sa vigilance, dit-il en passant son regard sur les dix autres hommes. On est revenu, ça veux dire que les Spectres aussi.
- S'ils sont dans le même état que nous, ils ne feront pas grand-chose, soupira Mû. On a relevé du mouvement de leur côté ?
- Pas que je sache, mais nous devons rester prudents. Vos blessures vont mieux ?
- T'es sérieux, là ? On est des putains d'épaves, cracha Deathmask. »
Les regards se tournèrent vers le Cancer. Son seul œil visible était largement cerné, mais ça ne l'empêchait pas de lancer des éclairs.
« - Essaye pas de faire comme si tout allait bien, poursuivit-il d'une voix sèche. J'sais pas si t'as remarqué, mais il me manque un œil, Aiolia peux pas se baisser sans faire une gueule d'enterrement et Shaka a tellement de bandages qu'on dirait une momie.
- Il n'a pas tort, commenta Mû. On a tous déjà été blessés, mais là…
- On va s'en remettre, ça prendra juste du temps.
- On a pas de temps, rétorqua Shura. Et si Dohko avait raison et qu'on se retrouve avec les Spectres à nos portes ?
- Hadès a été tué, je vous rappelle.
- Ben voyons ! Pégase a peut-être le cul bordé de nouilles, mais tu ne vas pas me faire croire qu'il peut tuer un dieu.
- C'est clair qu'il est chanceux, coincé dans son coma, rétorqua Aiolia d'une voix sèche. »
La remarque fit tomber le silence sur l'assemblée. Aucun d'entre eux n'avait pu voir Seiya depuis la résurrection. Ils savaient juste que Pégase allait très mal.
« - Pour l'instant, ça n'a pas d'importance, raisonna la Balance. On maintient les gardes qu'on avait instaurées avant la guerre. Ceux qui n'étaient pas là, on a doublé nos gardes. Je veux la cinq d'entre vous en alerte à chaque instant. Je vais aussi mettre les bronzes en patrouille sur les frontières.
- Combien de temps ?
- Le temps qu'il faudra. J'en parlerais avec Athéna, pour tout gérer plus en détail.
- Est ce qu'on inclut Kanon dans les rondes ?
- Oui, j'aimerais bien le savoir, moi aussi. »
Les regards se tournèrent vers l'entrée du salon. Kanon était adossé à une colonne. Lui aussi portait les stigmates de son combat contre les spectres ; il avait littéralement explosé, après tout.
« - Alors ? Qu'est ce que là ô si sage Athéna à décidé à mon sujet ? On m'abat à vue ?
- Cesse de faire le malin, grogna Saga. Elle est déjà bien clémente de t'accueillir, ne pousse pas ta chance.
- Oh ? Je suis accueilli, alors ? Formidable. Moi qui croyais qu'on allait me jeter dehors comme un malpropre…
- Athéna souhaite que tu restes parmi nous pendant sept mois, dit Dohko. Elle décidera ensuite si cette offre est renouvelée. »
Un éclat de rire franchit les lèvres de l'ancien Marina. Il se décolla de sa colonne d'un mouvement d'épaule et s'avança vers eux.
Milo l'observa discrètement. Il était le seul or -minoré de Saga, bien sûr – qui pouvait se targuer d'avoir échangé quelques mots avec lui. Et quelques piqûres, aussi. Il n'en ressentait aucune honte. Il avait eu besoin d'être sûr que ce type, qui avait selon les dires des bronzes manipulé un dieu, soit bien de leur côté. Aucun doute pour lui, il l'était à l'époque. Mais maintenant ? S'il en jugeait pas son air quelque peu arrogant et moqueur, ce n'était pas sûr.
Et puis, cette histoire de jumeau caché lui paraissait bizarre. Alors oui, ils étaient jumeaux, il aurait fallu être aveugle pour ne pas le remarquer, mais pourquoi caché ? Il arrivait que deux membres d'une fratrie reçoivent des armures. Aiolia et Aiolos, Shun et Ikki, ces quatre là n'étaient que les derniers en date. Alors, pourquoi cacher un enfant qui avait le potentiel d'un chevalier d'or, même si son frère avait l'armure ? Le plus intelligent aurait été de lui offrir une armure d'argent de haut rang. Celle de l'Autel, par exemple, ou Orion. Ils auraient ainsi eu plus de puissance de frappe. Au lieu de ça, on le retrouvait chez Poséidon. Pourquoi ?
« - Elle souhaite que je reste parmi vous. C'est une façon de me dire que je suis prisonnier ?
- Ce n'est pas le cas, tempéra Dohko. Elle t'a déclaré pardonné de tes crimes, et donc apte à rester au Sanctuaire.
- Et si j'ai d'autres projets ? Ce Sanctuaire n'a pas voulu de moi pendant vingt ans, je ne vois pas pourquoi je l'honorerais de ma présence maintenant !
- Par les dieux, Kanon ! s'énerva Saga. Pourquoi dois-tu toujours rendre les choses plus compliquées qu'elles le sont ? »
Devant l'éclat du Gémeaux, Milo échangea un regard circonspect avec Camus. Qu'est-ce qui lui prenait ? Quand il n'était pas possédé par une entité maléfique, Saga était plutôt calme et apte au dialogue. S'énerver si vite n'était pas dans ses habitudes.
Kanon, lui plissa les yeux.
« - Oh, bien sûr, fit-il d'une voix doucereuse. Ça te connais de mettre les gens en prison, hein, Saga ? De contrôler leurs allées-venues ?
- Je ne jouerais pas à ce jeu avec toi.
- Pourquoi ? Tu as peur que je révèle tes petits secrets a tout le monde ? Il fallait peut-être t'en préoccuper AVANT de décider pour moi derrière mon dos ! Mais c'est encore une habitude ça, hein ?
- Dites, on peut recentrer le sujet ? »
La remarque de Shura n'eut aucun effet sur les jumeaux. Ils se faisaient à présent face, tous les deux bien campés sur leurs jambes -et si Kanon ne portait pas d'armures, il n'en était pas moins impressionnant.
« - Alors ? On explique à tes petits copains pourquoi t'étais un connard depuis le début ? Ou on attend un peu ?
- Je ne vois pas en quoi nos affaires familiales les regardent. Tu t'embarrasses tout seul !
- Ces affaires ont cessé d'être familiales au moment où tu y as mêlé ta déesse !
- Notre déesse, Kanon !
- Non ! Ta déesse ! Elle a cessé d'être la mienne le jour où tu l'as choisie plutôt que moi.
- Tu es ridicule, répondit sèchement l'aîné. Nous ne sommes plus des enfants !
- C'est marrant, j'avais pas l'impression que ça te dérangeais que je sois un enfant quand tu m'a condamné à mort !
- Tu venais de me dire que tu voulais tuer Athéna ! Qu'est ce que j'étais censé faire ?! »
Le visage de Kanon pris soudain une expression de rage intense. Son cosmos fit un drôle de mouvement, comme s'il se retenait de sauter à la gorge de son frère. Lorsqu'il répondit, ce fut d'une voix tremblante de colère.
« - J'avais 14 ans ! Cria le cadet des gémeaux. 14 ans, Saga ! Et j'avais peur ! J'avais peur que tu te tournes complètement vers elle et que tu me laisses tomber ! Tu devenais de plus en plus instable, et tu ne t'en rendais même pas compte, putain ! Toutes tes pensées tournaient autour d'elle, tu devenait complètement obsédé et bordel, je savais pas quoi faire ! Tous les jours, tu t'éloignais plus , t'allais vers ses gens du Sanctuaire que j'avais pas le droit de connaître, tu te faisais des amis, t'avais cette armure d'or brillante, pourquoi tu serais resté avec moi, hein ? Mais moi j'avais que toi, Saga ! Juste toi, et j'étais terrifié à l'idée de me retrouver tout seul ! »
La visage de Kanon affichait à présent un mélange de colère et de détresse qui était douloureux à regarder. Il semblait avoir complètement oublié son public –ou peut-être qu'il se fichait bien d'être entendu par d'autres que son frère. Dans les deux cas, ses yeux verts ne quittaient pas le visage de son aîné.
« - Tout ce que je voulais, c'était que tu oublies ce foutu bébé et que tu reviennes vers moi ! J'essayais de faire revenir les choses à la normale et toi… Tout ce que tu as trouvé à faire, plutôt que m'écouter et me rassurer, c'est de me foutre en taule !
- Kanon…
- TA GUEULE ! Tu SAVAIS que cette putain de cellule était inondable. Tu le SAVAIS, putain ! Et tu m'y a enfermé quand même, t'es parti sans te retourner une seule fois alors que tu SAVAIS que j'allais me noyer ! »
La colère du jeune homme se transformait lentement en hystérie. Il s'agitait de plus en plus, sans prendre gare à l'inquiétude croissante autour de lui.
« - Tu sais ce que ça fais la noyade, Saga ? D'abord, tu vois l'eau avancer vers toi, mais tu te dis que c'est pas grave, parce qu'elle atteindra jamais des niveaux critiques, parce que c'est ton propre frère qui t'a enfermé là, donc ça ne peux pas être si terrible, hein ? Et puis elle monte tout doucement, d'abord. Tu l'à au chevilles, mais c'est pas grave, et puis une heure après, aux cuisses, mais c'est pas grave, et puis a la taille, mais c'est pas grave ! Et puis tu te souviens que la mer, elle monte pendant presque six heures. Et là tu réalises que ça fais que trois heures que tu la vois avancer vers toi cette putain de flotte. Tu sais à quel point c'est long six heures, quand tu sais que tu vas te retrouver la bouche sous l'eau ? »
Il lâcha un petit rire qui n'avait absolument rien de joyeux.
« - Mais le pire, c'est quand elle arrive au niveau de ton visage. Parce que pour respirer t'es obligé de lever la tête, mais qu'au bout d'un moment, t'es obligé de nager pour avoir la tête hors de l'eau. Et elle est froide cette eau, putain. Elle est froide et ça t'engourdit tellement que t'a du mal a bouger les jambes -parce que ça fais six heures qu'elles trempent, tu te souviens ? T'avales de l'eau une première fois. T'avales de l'eau une deuxième fois. Et puis tu te rends compte que si tu fais rien tu vas vraiment crever là. Mais y'a rien a faire ! Parce que y'a qu'une seule issue à cette grotte et ce sont les barreaux que t'a essayé de tordre au tout début, mais qui ont pas bougé ! Et le plafond est super proche, maintenant. Alors tu t'accroches à une pierre qui dépasse, mais tu sens plus tes doigts à cause du froid, t'a beau serrer de toutes tes forces, t'arrive qu'à t'abîmer les mains sur le rocher et cette eu continue de monter, putain.
- Kanon, arrête.
- Non j'arrête pas ! J'arrête pas parce que je suis resté six jours dans cette prison, et six jours ça fais douze marées hautes ! Douze fois j'ai senti tout mon corps s'engourdir, l'eau rentrer dans mes poumons, et douze fois j'ai crû que j'allais crever ! Mais non, bien sûr que non, je mourrais pas… Ta petite déesse s'en assurait ! Elle attendait que je perdre connaissance, et elle utilisait son ô-si-doux cosmos pour me garder en vie jusqu'à la prochaine marée – juste assez pour que je me noie, mais pas complètement ! Elle me gardait en vie pour mieux me torturer !
- Ça suffit, intervint Shaka. Tu blasphèmes !
- J'EN AI RIEN À FOUTRE DE BLASPHÉMER ! »
Le regard haineux qu'il lui lança fit reculer la vierge. Milo se mit doucement en position de défense. Il doutait que Kanon ait l'intention de les attaquer, eux ou Saga, mais le cadet des gémeaux était en train de perdre tout contrôle. Ces mains tremblaient alors qu'il passait une main sur son visage, comme pour y chasser le sel déposé là par la mer.
« - Mais tu sais ce qui est le pire ? Repris-t-il avec un rictus crispé. C'est l'entre deux. C'est ce moment où la mer se retire et que tu reprends conscience. Parce que tu sais. Tu sais qu'elle va remonter, que dans dix heure t'aura de nouveau la tête sous l'eau et qu'elle va encore remplir tes poumons, que tu vas lutter pour respirer et que tu peux rien faire pour y échapper. »
A l'angoisse qui se reflétait sur son visage, Milo compris qu'il n'était plus avec eux. Il était là bas, dans la grotte. Et l'eau montait probablement. Il crispait et décrispait ses doigts comme pour se raccrocher à un rocher imaginaire qui dépasserait du plafond. Saga semblait l'avoir compris aussi, et il était pâle comme la mort.
« - Kanon, je…
- J'ai supplié, souffla celui-ci d'une voix rauque. J'ai supplié pour que tu reviennes me chercher. J'étais prêt à tout abandonner, tout mes plans, tout ce que j'avais imaginé pour nous deux, tout ce que tu voulais pour que tu me sorte de là. Mais t'es pas venu. T'es jamais venu. Et y'avais toujours de l'eau. »
De l'eau, s'était aussi ce qui coulait sur ses joues sans qu'il ne fasse aucun geste pour l'arrêter. On aurait dit que toute la pièce était plongée dans cette eau noirâtre et glaciale qu'il n'arrêtait pas de mentionner.
« - Au bout d'un moment j'ai compris que personne viendrait. Alors j'ai supplié pour qu'au moins on me laisse mourir, pour que ça s'arrête. Mais non. A chaque fois on m'en empêchait et je me réveillais derrière ces foutus barreaux. À chaque fois. J'ai cherché quelque chose pour me tailler les veines, mais les rochers étaient pas assez tranchants. J'ai essayé de me fracasser la tête contre les murs mais j'avais plus assez de forces. Et j'avais soif. J'avais tellement soif... »
S'en fut trop pour Saga. Il leva une main –pour attirer Kanon contre lui, pour l'interrompre, pour le gifler, impossible de le savoir. A peine avait-il fais un geste en direction de son frère que le cosmos de celui-ci explosait dans une déferlante de violence. La vague de puissance incontrôlée envoya valser tout ceux qui étaient à sa portée. Milo frappa une colonne de plein fouet et vis des étoiles pendant quelques secondes. Il fut incapable de réagir lorsqu'une paire de chaussures usées le dépassa rapidement et franchit la porte menant aux escaliers.
Il resta au sol une seconde encore avant qu'une main ferme n'agrippe son épaule pour l'aider à se remettre debout. Aldébaran le regardait avec inquiétude.
« - Est ce que ça va ?
- Je crois, oui… Rien de cassé, souffla Milo passant une main là où sa tête avait heurté le marbre. »
Il la retira sans coloration rouge. Pas de sang, donc. Il leva le regard vers ses collègues. Tous se relevaient, plus ou moins difficilement. De là où il était, il ne voyait que des visages secoués et pâles ; sa propre expression ne devait pas être plus joyeuse. Seul Saga était encore au sol, le nez en sang, visiblement sonné. Mû s'approcha pour l'aider à se relever, et il émit un léger gémissement lorsque le tibétain passa un bras autour de ses épaules pour l'aider à rester debout.
« - Bah putain, marmonna la voix de Deathmask, appuyé contre un mur. Quand il pète un câble il fait pas semblant, lui... »
Ce fut suffisant pour ramener le Scorpion à la réalité. Il fit volte face et prit la direction des escaliers.
« - Où tu vas ?
- On a l'équivalent d'un chevalier d'or qui se balade dans un état émotionnel déplorable et qui viens de tous nous envoyer au tapis à cause de ce qu'il a pris pour une agression, siffla-t-il. Je vais le rattraper et essayer d'arranger les choses avant qu'il ne nous dégomme le peu de temples qu'il nous reste.
- Je viens avec toi... »
La voix encore un peu pâteuse de Saga fit bouillir le sang du huitième gardien. Il se retourna et darda le gémeau d'un regard empli de fureur.
« - Oh non, je ne pense pas, répondit-il de sa voix la plus glaciale. Ne t'avise pas de me suivre ou tu le regretteras. Si je m'écoutais, je te tuerais ici et maintenant, Saga des Gémeaux. Mais ça serait priver Kanon de ce plaisir et ça tâcherais le tapis d'Aphrodite. Mais sache quelque chose ; approche toi de moi ou de Kanon dans les prochaines heures, et je n'aurais aucun scrupule à arroser mon jardin avec ton sang. J'espère que j'ai été clair. »
Il n'attendit pas de réponse, et fit volte face pour prendre la même direction que le cadet des Gémeaux. Ce n'était pas compliqué de le suivre à la trace. Son cosmos était sans doute percevable par tous les habitants du Sanctuaire. Sur le parvis de la maison du Verseau, il croisa Hyoga et Shun. Andromède avait une expression soucieuse, le visage tourné vers les escaliers.
« - Milo ? Demanda Hyoga à son passage. On vient de voir Saga passer… Est-ce que tout va bien ?
- C'était Kanon. Non ça ne va pas. Je m'en occupe.
- Mais, et les autres !
- Je m'en fous, Hyoga ! Je suis occupé ! »
Il dépassa les deux bronzes sans s'arrêter. Il espérait que Kanon n'allait pas descendre toutes les marches jusqu'aux arènes. Il avait de l'avance, et Milo voulait le rattraper avant qu'ils n'aient un autre public.
Il réussit à combler son retard à la sortie de la maison de la Balance. Kanon était là, la tête baissée, les mains appuyées sur un reste de mur de marbre. Il semblait à bout de souffle.
Le scorpion s'annonça d'une petite étincelle de Cosmos et s'approcha doucement. Il n'avait pas envie de se prendre une explosion galactique parce qu'il l'avait surpris. Les mains bien en évidence, il s'assit près de l'ancien Marina. Celui-ci lui jeta à peine un coup d'œil. Malgré sa descente de plusieurs centaines de marches, son visage restait pâle.
« - Fout moi la paix, grogna-t-il.
- Sans offense, mec, mais t'as l'air à deux doigts de la crise de panique. Je ne vais pas rester à te regarder. »
La poitrine de Kanon se souleva plusieurs fois dans ce qui ressemblait à un éclat de rire.
« - Sans déconner ? J'avais pas remarqué, c'que t'es perspicace ! »
Son agressivité n'avait aucun effet sur Milo. Il avait déjà vu pire, et dans cette situation, il ne pouvais pas lui en vouloir.
« - Respire, conseilla-t-il. Doucement et profondément. »
Malgré sa claire volonté de lui dire d'aller se faire foutre, Kanon obéit et tâcha de contrôler sa respiration tremblante. Ces doigts crispés sur le marbre tapotèrent sur la pierre. Et l'autre là, il ne pouvait pas lui foutre la paix ?
« - Dégage, marmonna-t-il entre ses dents.
- Mon temple est au bout des marches. Tu seras mieux assis dans mon canapé qu'appuyé sur ce mur. Et personne risque de passer par hasard. »
Après quelques instants, Kanon hocha la tête et se redressa. Ils prirent lentement les marches jusqu'au temple du Scorpion. Milo le guida à travers les colonnes jusqu'à ses appartements privés, et l'installa sur le canapé. A peine était-il assis que l'une de ses jambes se mis à trembler frénétiquement. Il passa une main sur son visage pour tenter de reprendre un peu ses esprits. Son cœur battait toujours la chamade dans sa poitrine. Ce putain de Saga… Tout ça, c'était sa faute.
Un verre d'eau entrant dans son champ de vision détourna ses pensées de son frère. Milo avait retiré son armure, et avait rapproché une chaise pour s'asseoir en face de lui. Il scruta un instant ses yeux bleus, pour chercher une quelconque trace de… de quoi, d'ailleurs ? Il n'y avait que du sérieux dans le regard du chevalier.
Il prit le verre d'eau et en bu une gorgée en silence. Il avait du mal à comprendre pourquoi ce gamin l'avait suivit -leurs seules interactions avaient été une séance de torture sous les yeux d'Athéna. Bien qu'il comprenait pourquoi et avait accepté de recevoir les quinze coups du Scorpion, ça ne justifiait pas qu'il s'inquiète autant pour lui. Alors pourquoi ?
« - Merci, marmonna-t-il.
- C'est rien. Est-ce que ça va mieux ? »
Un peu, réalisa Kanon. Un peu seulement, mais c'était un début. Il s'appliqua à respirer profondément et hocha la tête.
« - J'avais pas prévu de faire ça maintenant, soupira-t-il. Et pas devant vous tous.
- Ouais, je me doute. C'est jamais sympa de sortir ce genre d'affaires en public.
- Désolé. »
Le scorpion haussa les épaules.
« - Je ne t'en veux pas. En fait, j'ai du mal à comprendre comment tu as pus supporter de rester avec lui depuis la... Résurrection. »
Kanon souffla du nez. La résurrection, hein… Encore. Lui n'était mort qu'une fois -ce qui était déjà beaucoup- mais certains chevaliers d'ors en étaient bien à leur troisième. Encore une preuve de l'égoïsme d'Athéna. Elle ne pouvait donc pas laisser leurs âmes en paix ?
« - Je le supportais pas. J'étais pas souvent au temple.
- Tu allais où ?
- Un peu partout. Ça ne me dérange pas de dormir à la belle étoile.
- Et… Maintenant ? »
Après une seconde, le plus âgé haussa les épaules. Il ferma les yeux et laissa sa tête retomber sur le dossier du canapé.
« - Sais pas. Je suis pas Chevalier, plus Marina…
- Tu pourrais reprendre une de nos armures. Il y en a beaucoup de disponibles.
- Je suis pas sûr d'en avoir envie. Ou que tes frères d'armes soient d'accord. Je leur ai causé beaucoup de tort, indirectement peut-être, mais quand même.»
Silence.
« - Athéna t'a pardonné.
- Pour ce que ça m'importe... »
Milo retint le réflexe qui l'aurait fait froncer les sourcils. Il ne pouvait pas demander à Kanon la même foi que lui. Il n'avait pas servit Athéna toute sa vie, et avait de bonnes raisons de ne pas l'apprécier. Enfin, bonnes… Elles étaient entendables. Il ne le comprenait pas, mais il pouvait l'accepter tant qu'il n'était pas directement insultant. Il avait tout de même donné sa vie avec eux aux enfers.
« - En attendant que la situation se décante, ma chambre d'apprentis t'es ouverte.
- Pourquoi ? »
Il ne se formalisa pas du ton clairement méfiant du Gémeaux. Il comprenait.
« - On ne se connais pas, ou peu. Mais je n'aime pas savoir quelqu'un sans solution alors qu'une est juste là.
- On ne se connaît pas, justement. Qu'est ce qui te dis que je ne viendrais pas t'étrangler dans son sommeil ?
- Les autres auraient ta peau, répondit tranquillement le scorpion. Tu n'aimerais pas. »
Hum. Il voulait bien le croire. Il avait peut-être le niveau d'un chevalier d'or, mais plusieurs qui en voulaient à sa vie, ça serait problématique.
« - Je n'ai pas besoin de ta pitié.
- Formidable. Je ne te la donne pas. »
Ils s'affrontèrent du regard un instant. Après de longues secondes, Kanon hocha la tête.
« - Merci. Encore. Ça commence a devenir agaçant. »
Milo sourit. S'il pouvais être sarcastique, c'était signe de guérison. Non ?
« - Il y a quelque chose que je ne comprends pas, repris l'ancien Marina. Pourquoi te précipiter vers moi plutôt que Saga ? »
Le chevalier perdit son sourire. Il croisa ses doigts sous son nez, avec l'air de réfléchir à comment formuler son idée.
« - Il a fait beaucoup de mal, finit-il par dire lentement. Par sa faute, beaucoup de gens sont morts, dont mon meilleur ami. Certes, il y avait cette excuse de double démoniaque, mais ça n'excuse pas tout. Et il n'était pas possédé quand il a décidé de se suicider. Pour certains, ça rachète peut-être ses crimes, mais pas pour moi.
- Moui, j'ai cru comprendre ça, commenta sarcastiquement Kanon. »
Il passa une main sur son torse, là où les piqûres du Scorpion cicatrisaient lentement. Ça faisait un mal de chien, bordel.
« - Avec ce que j'ai entendu chez Aphrodite, je ne risque pas de changer d'idées. Il n'y a pas Saga le Saint d'un côté et le terrible Arlès de l'autre. Qui inflige ce genre de choses à son propre frère ?
- Oui, qui, on se demande... »
Milo grimaça. La rancœur qui suintait des mots de Kanon était presque palpable.
« - Je peux te poser une question ?
- Hmm.
- Comment tu t'en es sorti ? À t'entendre, c'était… Sans espoir.
- C'était sans espoir. À la dernière… Quand je me suis réveillé la dernière fois, je voyais de la lumière dans le fond de la grotte. J'ai cru à une autre hallucination, mais c'en était pas une. Le trident de Poséidon était caché derrière la pierre. Quand je l'ai pris, la grotte s'est effondrée, et je me suis réveillé au Sanctuaire sous-marin.
- Wow. C'est… un sacré coup de bol.
- On peut dire ça, oui. »
Lui aurait aimé le trouver plus tôt, ce sceptre. Avant de se noyer douze fois. Il appuya sa tête dans sa main. Repenser à ces évènements le mettait à chaque fois dans un état terrible. Il y avait longtemps que ça ne lui était plus arrivé. Il avait cru avoir dépassé tout ça, l'avoir mis au placard… Il s'était trompé, visiblement.
« - Pourquoi ne pas être remonté ? Demanda à nouveau Milo.
- Je ne pouvais pas. Le Sanctuaire était entouré d'eau. »
Il vit Milo froncer les sourcils, confus.
« - Se noyer, ça laisse des traces, précisa-t-il avec un sourire ironique. J'ai mis presque six mois avant de pouvoir simplement m'asseoir au bord de la plage sans paniquer. Ironique pour un serviteur du dieu des océans, non ? »
Encore maintenant, il refusait catégoriquement de mettre un pied dans l'eau. La seule fois où ça s'était produit, Baian, qu'il entraînait à l'époque, avait été obligé de le tirer hors de l'eau qu'il ne lui arrivait pourtant qu'à la taille. Il avait été complètement tétanisé. Si au départ, ça avait bien fait rire l'adolescent, celui-ci avait vite compris que c'était un sujet sensible et avait prudemment décidé de ne plus y faire allusion. Peut-être que le coup de poing qu'il avait pris dans la mâchoire avait aidé.
« - Je vois. »
Le scorpion passa une main sur son visage pour en dégager les mèches de cheveux qui n'en faisaient qu'à leur tête.
« - Il y a une armoire dans la chambre. Tu pourras y mettre tes affaires.
- Quelles affaires ? Tout ce que j'avais chez Poséidon y est resté. »
Il désigna sa tunique d'entraînement râpée avec un large mouvement de main ironique.
« - Contemplez, chevalier du Scorpion, l'étendue de mes maigres possessions. »
Ah. Ah, oui, évidemment… Les trous infligés par l'aiguille écarlate avaient été maladroitement recousus, et l'ensemble avait définitivement vu des jours meilleurs. En d'autre terme, Kanon avait l'air d'un clochard, et visiblement, il le savait. Ce qui ne l'empêchait pas d'être fier et de lever le menton d'une façon un peu arrogante. Milo connaissait bien ce genre d'expression. Il la voyait souvent sur les visages de ses collègues, et sur le siens, aussi. « Essaye de faire une réflexion, pour voir. »
« - Tu n'es pas passé à la blanchisserie ?
- Et comment je suis censé savoir où c'est ? Ou même que ça existe ?
- Je pensais que Saga te l'avait dit. Mais tu n'étais pas souvent au troisième, se rappela-t-il. Je te montrerais où c'est.
- Tu m'en vois ravi. »
Suite à cet échange, la conversation retomba quelque peu. Chacun se perdit dans ses pensées pendant quelques minutes, avant qu'une étincelle de cosmos ne se fasse ressentir à l'entrée du temple. Milo s'excusa et partit à la rencontre du nouveau venu. Il enfila son armure d'un mouvement de doigts et accueillit Aiolia à l'entrée de son temple.
« - Tout va bien ? Demanda le Lion.
- Je gère. Et là-haut ?
- L'ambiance était bizarre. On commence à redescendre.
- Grand bien vous fasse.
- Tu sais que Saga va devoir passer par chez-toi, pas vrai ? »
Le scorpion fronça le nez.
« - Alors là, il peut toujours crever. J'ai son frère sur mon canapé, et aucune envie de l'avoir lui sous mon toit.
- Comment il va redescendre, alors ? Aphrodite ne peut pas le garder pour toujours dans son entrée.
- Je m'en fous ! Il n'a qu'à utiliser les passages des serviteurs, parce que si je le croise sur mes marches, je lui colle Antarès dans l'oeil. Pigé ? »
Vu l'air peu avenant du huitième gardien, Aiolia hocha prudemment la tête. Il avait bien fait de venir tâter le terrain. Le groupe qui attendait dans la maison du Sagittaire aurait eu une mauvaise surprise si un Milo furieux leur avait barré le passage.
« - Le message est passé.
- Formidable. Maintenant tu m'excuses, mais j'ai un colocataire à installer. »
Il planta là le Lion, qui ne comprit qu'à moitié sa phrase, et retourna dans ses appartements pour trouver son invité accoudé à la fenêtre. Le temple du Scorpion était assez haut pour contempler toute la partie est Sanctuaire -on voyait même Rodorio et sa muraille, très loin.
« - J'avais jamais fais attention à quel point cet endroit est grand, commenta-t-il. Et échelonné.
- Échelonné ?
- Tout est construit en hauteur. Les chevaliers d'ors sont en haut les bronze en bas, les serviteurs encore en dessous. Ça en dit beaucoup, tu ne trouves pas ?
- J'ai… Jamais fais attention. La hiérarchie est assez stricte. Sous le règne de Saga, elle l'était, en tout cas. Je ne suis pas assez vieux pour me rappeler d'avant.
- Pas assez vieux ? Mais t'as quel âge ?
- Vingt ans. Vingt-et-un dans quelques jours. »
Kanon s'en étouffa presque. Vingt ans ? Mais… mais c'était un gamin !
« -… Mais t'as ton armure depuis un moment non ?
- Hm. Je l'avais déjà quand Saga est arrivé au pouvoir.
- Mais… Mais tu devais avoir sept ans, huit ans maximum ! Comment c'est possible ? Un gamin ne peut pas porter une armure d'or ! »
Milo haussa les épaules avec un pauvre sourire.
« - Je te l'ai dis, je me souviens pas trop de cette période. »
L'ancien Marina secoua la tête. Ils verraient ça plus tard. Ce n'était pas la première incohérence qu'il relevait chez Athéna.
« - Alors ? On fait quoi, maintenant ?
- Maintenant… On va te faire visiter, je suppose. Le temple, je veux dire. Pour le Sanctuaire… On verra plus tard.
- Hé bien, ainsi soit-il. »
Il quitta l'encadrement de la fenêtre. Milo le conduisit à travers un couloir, lui décrivant où étaient la cuisine, la salle de bain ainsi que la salle qu'il utilisait pour s'entraîner lorsque le temps ne permettait pas de le faire à l'extérieur. Il termina par la chambre d'apprentis. Elle n'était pas très grande, et était seulement meublée d'un lit, d'une armoire et d'un bureau. C'était plus que ce que Kanon avait espéré.
« - La dernière fois qu'elle a été occupé, c'était pas moi, donc il y aura peut-être quelques moutons de poussière sous le lit.
- Un peu de poussière, je devrais supporter, sourit le plus âgé.
- Okay. Je te laisse faire le tour, alors. Kanon ?
- Mm ?
- Tout ça... »
Le scorpion fit un vaste geste de la main.
« -… ça va s'arranger. Pour tout le monde. »
Ils se regardèrent un instant, et Kanon hocha la tête. Milo lui adressa un dernier signe avant de refermer la porte. Resté seul, l'ancien Marina se laissa tomber sur le lit.
Ça s'arrangerais, oui.
Peut-être.
Oui, je sais. Il pourrait y avoir une suite. Il y a même une suite de potentiellement prévu, en fait, mais j'ai BEAUCOUP de choses à faires, plusieurs histoires à terminer, DONC Thalassopobie n'aura pas de suite pour l'instant. Mais un jour, sans doute. Bref.
N'oubliez pas que la review est le salaire de l'auteur !
