À l'attention du lecteur

Bonjour mais bien plus probablement bonsoir

Je suis ravie que vous aviez cliqué sur cette fanfiction qui est ma toute première. J'espère qu'elle ne vous décevra pas et que vos critiques seront constructives.

Bonne lecture !

Répit

Pour la première fois depuis le commencement de leur lutte contre l'impératrice Nami s'autorisait à lever la tête, à inspirer et accueillir la brise marine qui s'offrait à elle. Assise contre le mat du Sunny elle laissait embruns, rayons solaires et rires venir se heurter à son visage.

Bientôt l'équipage, la famille serait au complet mais si cela impliquait une bataille plus intense, plus éprouvante encore que celle qu'ils venaient de livrer.

« -Une bataille pour Sanji... »

Elle secoua ses boucles rousses, elle ne voulait pas penser à ça, étirant alors ses longues jambes, se donnant encore un peu plus au soleil.

« - J'ai vu ses larmes, je l'ai vu mentir pour nous, se marier… »

Sur cette dernière pensée la navigatrice se crispa. Elle le savait. Elle savait que Pudding Charlotte avait su toucher le cœur du cuisinier mais son corps réagissait et se bornait à le refuser.

Nami était fière mais se connaissait, les connaissait : ses désirs et leurs dérives. Elle mentirait si elle osait proclamer qu'elle ne s'était pas sentie mourir lorsque leur camarade a quitté le navire, qu'elle l'a frappé avec toute sa force après ses coups contre leur capitaine ou quand il était sur l'autel avec sa promise.

Ces souvenirs lui retournaient le ventre, le soleil et la brise ne suffisaient plus à l'apaiser. Elle et ses intentions nouvelles envers Sanji. Quand cela avait-il débuté ?

« - À quoi bon me torturer et ruminer, c'est juste de la putain de fierté, pour une fois qu'il ne me harcèle pas. »

Elle se fit basculer en arrière pour s'écraser au sol dans un éclat de rire. C'était elle. Versatile et complexe. Riant de ces divagations qui faisaient d'elle une femme vivante.

Elle regarda le ciel un instant et laissa ses paupières se clore.

Sanji, le blond, la jambe noire, le cuisinier, la saleté du cuistot.

Elle agita sa main, traitant l'objet de ses pensées comme un insecte nuisible. La navigatrice voulait juste profiter de cet instant avant leur prochain amarrage : son corps chaud sous le zénith, le mouvement des vagues et une boisson fraîche.

Étendue sur le pont elle laissa les minutes et surement les heures filer.

Une odeur acidulée arriva jusqu'à elle la sortant de sa trance.

« - La collation est prête bande de crétins !»

Quelle voix.

« - MAIS QU'EST-CE QUE ÇA TE COUTE DE NE PAS RÉVEILLER LES AUTRES QUAND TU AS TERMINÉ TA RECETTE BORDEL ?!»

Elle n'avait pas résisté, il fallait qu'elle se défoule, sur lui bien entendu. Cela aurait pu être sur Luffy, Carrot ou Chopper qui piaillaient depuis des heures mais ce n'était pas libérateur. Elle savait très bien pourquoi.

Trainant faussement les talons elle se déplaça jusqu'à une table placée sur le pont pour l'occasion et se posa lourdement sur une des chaises une moue contrariée collée au visage.

« - Nami chérie j'ai pourtant fait un délicieux cake glacé au citron pour toi »

Tais-toi avec tes minauderies, je risquerai d'y croire. Voilà comment résumer les pensées de la chérie en question.

Elle prit l'assiette qu'on lui fit passer et commença sans attendre.

Acidulé. Fondant, presque crémeux. Ses papilles étaient en alerte sous l'acidité mais son corps sous le joug de la douceur du sucre appelait avidement une autre bouchée.

Le glaçage acidulé coulait dans sa gorge et le cake fondant sur la langue.

Divin.

Extatique.

Elle tenta de tourner furtivement son regard vers l'artiste qui venait de réaliser cette merveille : il souriait à s'en déchirer la bouche, aux anges devant ses amis.

Il était beau. Il était divin. Elle n'arrivait même plus à se contredire. Elle marqua une pause. Elle déraillait. Son regard croisa le sien la glaçant à la volé.

« - C'était délicieux. Je suis sûre que tu as appris cette recette avec Pudding. C'est bien, vous êtes mignons. Je dois mettre mes cartes à jour. Merci pour le cake. »

Sur ces mots secs elle se retira si rapidement que ses camarades n'eurent pas le temps de réagir, abasourdis et étonnés du verbe de la navigatrice d'ordinaire si communicatrice et vive.
Le blond resta stoïque, laissant le médecin de bord parler.

« - Je pense qu'elle a une insolation… Elle est restée trop longtemps au soleil… Je vais lui préparer une tisane revigorante !

- Je ne pense pas que…

- Mais si Carrot ! Quelqu'un voudra bien lui apporter ? Elle me fait peur quand elle est comme ça… »

Pendant ce temps Nami était acculée dans ses quartiers. Elle bouillonnait. Comment ? Comment pouvait-elle descendre si bas ?

Elle s'en prenait à un de ses camarades, un de ses amis par fierté, par jalousie. Elle ne pouvait plus nier son attirance pour le blond.

Elle enrageait, elle pleurait peut-être. Pourquoi fallait-il qu'elle soit troublée maintenant ? Pourquoi par lui ? Pourquoi se mettait-elle sur la défense ?

Des hommes elle en avait connu quelques-uns. Pour une nuit, quelques semaines et parfois plus. Elle les connaissait. Elle se savait envoutante.

Pourquoi doutait-elle ?

« - L'équilibre de l'équipage, je ne peux pas le bouleverser ainsi, je ne peux pas arriver et le dégommer parce que cet abruti me met en ébullition, surtout qu'il y a cette Charlotte satanée Pudding… »

Elle fut tirée de ses pensées par un bruit rythmique contre sa porte de bois. On voulait rentrer. Elle ne dit pas un mot. Le bruit continua. Elle se releva. Il était là dans l'embrasure de la porte, une tasse fumante entre les mains. Un regard grave qu'elle ne lui connaissait pas au visage.

Elle chancela.

Maintenant son visage était trop près du sien, elle ne pouvait pas le rembarrer ou le repousser.

Véritable litige entre ses neurotransmetteurs : elle ne savait plus comment réagir. Son œil à la con, ses putains de cheveux, sa clope à deux balles, son sourire en coin, ses épaules larges, sa chemise entrouverte facilitant le passage du vent, sa peau avait une saveur acidulée comme sa pâtisserie ?

« -Nami. »

Il ne l'appelait jamais par son simple prénom.

« - Je suis désolé pour ce que j'ai pu dire, je ne l'ai jamais pensé, je… Pardon

- Ce n'est pas ça

- Je n'aurai jamais dû vous cacher tout ça

- …

- Avec Pudding, il ne s'est rien passé tu sais, je ne l'aurai jamais aimée, vous m'êtes trop chers pour songer à créer quelque chose ailleurs, j'admire les femmes mais je suis marié à la cuisine de ce navire

- Pourquoi tu te justifies ?

- Pourquoi tu réagis comme ça ? »

Sans réfléchir, poussée par un moteur qu'elle ne maitrisait pas elle se jeta sur lui. Elle ne voulait pas parler, elle voulait un moment de répit, se couper du monde.

Elle leva son visage vers lui et il trouva des associations qu'il n'avait jamais dans son regard. Elle était vulnérable et sensuelle. Elle doutait d'elle mais était sûre de ses envies.

Elle le voulait lui.

Enfin.

Il fondit sur les lèvres de sa navigatrice après des années d'attente.

Surprise elle n'esquissa aucun mouvement pendant un temps puis elle se laisse emporter par la douceur chaude et humide de la bouche de l'homme. Elle se faisait à l'odeur doucereuse du tabac et commençait à s'en enivrer. Quand il posa ses mains sur hanches elle explosa.

Ses mains voyageaient sur le corps de Sanji comme pour en dresser la carte, elle découvrait sa peau grainée, balafrée mais d'une douceur insoupçonnée. Elle ne s'en était pas rendue compte mais elle avait fait glisser au sol la chemise de blond, véritable entrave à ses explorations.

Quand l'avait-elle enlevée ? Où était la tasse ? Autant de questions qu'elle ne se posait pas, captivée par ses lèvres.

Ils s'entraînèrent sur une banquette ou lit, ça n'avait aucune importante à leurs yeux.

Il ôta la robe légère de la rouquine pour découvrir un corps aux courbes parfaites et féminines, il était en extase comme un fanatique devant son idole.

Il couvrait son corps de baisers, elle soupirait d'aise, à mesure qu'il descendait son souffle s'entrecoupait. Il rapprocha sa bouche de ses grandes lèvres gonflées par le désir et caressa son intimité avec une langue que ni elle ni lui ne soupçonnaient aussi agile. Il arracha des râles de plaisir à la navigatrice la torturant doucement. Ses mains caressants les cuisses et jouant avec la poitrine de la rousse, titillant effrontément ses extrémités sensibles.

Il pressa son érection contre elle, avide de sa chaleur. Il retira ce qui lui restait de vêtements et se place au-dessus d'elle.

Ils se désiraient, leurs peaux moites se répondaient, leurs regards brillaient d'un éclat intense.

« - Je te veux

- Je te veux. »

« - Je t'aime

- Je t'aime. »

Ils se mélangèrent et se perdirent l'un dans l'autre. Elle sentait son bassin onduler puissamment du bassin comme une vague assaillant ses hanches. Elle perdait le contrôlait, se raccrochant comme elle pouvait au corps fort de son amant.

D'un mouvement habile dans un instant de lucidité elle retourna l'échange et se mit à bouger sur son partenaire le sentant vibrant et puissant en elle. Elle jouait. Elle jouait de se savoir si femme quand elle lui donnait du plaisir tout en comblant les siens.

Leurs regardes ne se quittaient plus, leurs corps se confondaient et leurs sensations d'accordaient.

Ils se laissèrent aller, se donnant totalement à l'autre dans un moment d'extase.

Elle retomba sur lui, enivrée.

« - Tu sais, tout à l'heure il était uniquement créé pour toi, acidulée et addictif : on ne peut que l'aimer. »

Fin.