Reviews anonymes :
Mani300 : Merci pour ta review ! Je suis touchée que la tendresse de Naruto te plaise parce que je le dépeins quand même comme un mec qui sait pas ce qu'il veut et avec pleins de défauts, alors ça me fait plaisir que tu remarques quand même sa tendresse lol Quant à Itachi, il aura d'autres choses à penser, je te laisse découvrir ça :) Enjoy !
Cosmo : Heeeey ça fait longtemps ! (Oui oui c'est ma faute xD) Ton "ça va mal se passeeeer" m'a faite tellement rire, tellement il est plein de vérité xD Merci pour tout ton soutien, tes encouragements et tes reviews depuis tout ce temps :)
Ma muse - chapitre 19
Sakura hurla. Les dents serrées et le front en sueur, elle hurla, prise entre une douleur infâme et une terreur sans nom. Elle eut l'impression de se faire déchirer de l'intérieur alors que la sage-femme enfonçait son poing sans douceur au fond de son utérus. Son cri d'épouvante raisonna dans la petite pièce de monitoring et elle vit Itachi blêmir, impuissant, alors que son sang se répandait sur le fauteuil de consultation.
- Qu'est-ce que vous foutez putain !? hurla-t-elle à nouveau.
Ses cheveux trempés de sueur lui collaient au front alors que ses ongles rongeaient littéralement les accoudoirs. L'adrénaline lui donnait la force de supporter la douleur tandis que son petit-ami semblait sur le point de tourner de l'oeil.
- Calmez-vous, madame, demanda la sage-femme d'une voix autoritaire. Je vous sauve la vie.
Sakura cria de nouveau alors qu'une énorme charge glissa jusqu'à son bas-ventre. Elle sentait littéralement son bébé se faire expulser de son corps et elle serra instinctivement les jambes, prise de panique.
- Il-il va sortir ! s'affola-t-elle en attrapant le col de la blouse blanche de la sage-femme. J'en suis qu'à 6 mois !
La vieille femme au regard dénué de compassion se dégagea calmement, certainement habituée à ce genre de comportement alors qu'elle ne perdait pas de vue son objectif.
- Laissez-vous faire, madame. C'est votre vie ou la sienne.
Sakura serra les dents, déterminée à laisser ses cuisses définitivement closes. Elle baignait littéralement dans son sang, la poche ayant été percée de manière brutale mais elle ne démordait pas. Coûte que coûte, la jeune femme voulait ce bébé et cette inconnue ne le lui prendrait pas.
- Allez vous faire foutre ! cria-t-elle alors que la sage-femme tentait de lui écarter les cuisses de force. Ne me touchez pas !
Ses yeux émeraudes brûlaient de haine alors qu'elle luttait pour retenir la descente du bébé. Elle n'avait même pas besoin de pousser. Son cœur battait à lui en rompre le corps, horrifié tandis qu'une perfide terreur coulait dans ses veines.
Désemparée, la vieille femme se tourna vers Itachi qui avait passé une main sur sa bouche, épouvanté.
- Elle va mourir, insista-t-elle. Au mieux, ce sera des séquelles à vie.
Sakura braqua son regard empli de peur vers son petit-ami, dont les larmes coulaient malgré elle.
- Non ! Itachi !
Les orbes onyx d'Itachi semblaient appeler à l'aide alors qu'il ne savait plus quoi faire. Terrifié par la scène qui se jouait devant lui, il n'était plus en mesure de prendre une décision et la sage-femme le rappela à l'ordre.
- Monsieur, vous devez m'aider.
Son regard passa de la sage-femme à Sakura, puis à nouveau sur le bourreau de sa petite-amie. L'espace d'une seconde, la rosée le vit hésiter, perdu et apeuré alors qu'elle se pendait à ses lèvres dans l'espoir déspéré qu'il lui vienne en aide. Mais avec horreur, elle le vit baisser les yeux, l'air résigné.
- Faites ce que vous avez à faire.
Une nouvelle fois, Sakura hurla dans un sanglot déchirant alors que la sage-femme venait forcer l'entrée de son utérus. Elle tira avec plus de force sur ses cuisses et Sakura n'eut plus la force de lutter. Le bébé précoce glissa sur le fauteuil et elle eut l'impression inhumaine de se vider de ses entrailles.
Sakura pleura alors qu'elle entendait un bruit de ciseau la séparer de son fils.
La femme enveloppa le nourrisson dans une couverture légère et la rosée la suivit du regard, épuisée et le corps souillé. Ses sanglots agitaient sa poitrine, incontrôlables alors que son esprit semblait se désolidariser de son corps. La vision choquante de son bébé mort contre le fauteuil venait de lui faire perdre la raison.
Elle entendit vaguement Itachi vomir contre le sol carrelé de l'hôpital et une horde de blouses blanches pousser la porte de sa pièce de torture.
La douleur fut si infâme qu'à cet instant précis, Sakura voulut qu'on lui ôte la vie. Puis elle sombra.
Naruto faisait les cents pas, agité et nerveux. La salle d'attente des urgences gynécologiques ne débordait pas de monde à cette heure tardive de la nuit. Dehors, la neige continuait de recouvrir les trottoirs de la ville, belle et innocente, contrastant totalement avec l'ambiance accablante qui régnait dans cette aile de l'hôpital.
Kizachi Haruno pleurait silencieusement, assis près de sa femme. Celle-ci le regardait sans piper mot, impuissante et les yeux éteints. Naruto s'attarda sur elle, les lèvres pincées. Habituellement si forte, Kurenaï semblait accablée, emmitouflée dans son poncho. Elle traversait difficilement la longue attente sans nouvelle, ne sachant plus quel dieu prier dans l'espoir de sauver sa fille... et son petit-fils.
Naruto devenait fou de cette attente qui n'en finissait pas. Voilà des heures qu'ils attendaient, prostrés dans la salle d'attente alors que le froid hivernal se faufilait entre les portes battantes. Itachi les avaient tous appelés aux alentours de minuit et le blond se souvenait avec exactitude de sa voix paniquée et à bout de souffle.
Une ambulance était venue chercher Sakura en urgence à leur domicile alors qu'elle se plaignait d'une douleur terrible au bas-ventre. Jamais la voix de son meilleur ami ne lui avait parue plus terrifiée et Naruto savait qu'il n'arriverait probablement jamais à l'oublier. A ce moment-là, le blond avait filé vers l'hôpital accompagné de Sasuke, à une vitesse qui défiait le code de la route.
L'un des néons de la salle d'attente grésilla à nouveau et Naruto perdit patience une fois pour toute. Il retourna à l'accueil, en colère après le personnel alors qu'ils n'avaient plus eu d'informations depuis plus de deux heures. Un interne était venu leur baragouiner une histoire de col mou et de chute dans les escaliers à laquelle personne n'avait rien compris et depuis, c'était le silence total.
On lui demanda de bien vouloir se calmer alors qu'il tapait du poing contre la vitre en plexiglas. Naruto n'avait plus la force d'attendre alors que ses meilleurs amis souffraient probablement à quelques couloirs de là. Il voulait être auprès d'eux.
- Les médecins vous tiendront au courant dès que ce sera terminé, monsieur, lui rabâcha une infirmière pour la énième fois. Calmez-vous, s'il-vous-plaît.
Naruto voyait rouge, ne supportant plus d'être tenu à l'écart.
- Mais quand QUOI sera terminé !?
La femme en uniforme partit se réfugier dans les bureaux et Naruto lui ordonna de revenir. En vain, car seul le silence lui répondit et il pesta contre elle, fou de rage.
Pour se calmer, Naruto ne tint plus et demanda une cigarette à Kizashi. Rien ne pourrait certainement plus l'apaiser que ses vieux travers et il avait vraiment besoin de redescendre en pression. La peur et l'inquiétude le rendaient mauvais alors qu'il savait pertinemment que le personnel hospitalier faisait tout son possible pour prendre soin de sa meilleure amie. Mais il n'arrivait plus vraiment à faire la part des choses, alors il s'isola sur le perron bétonné recouvert de neige qui entourait cette aile de l'hôpital.
La première bouffée de sa cigarette s'insuffla dans ses poumons, libératrice. Cette sensation exquise de soulagement vint emplir ses poumons alors qu'une légère ivresse agissait sur son état de stress. Il n'existait pas meilleure sensation pour apaiser l'inquiétude et Naruto y était resté accro, des années pourtant après avoir arrêté de fumer. Alors il recracha sa fumée lentement qui vint se fondre dans le froid nocturne.
- Ça va ?
Naruto fit volte-face, surpris alors que Sasuke se tenait près des portes battantes. Emmitouflé dans une veste légère, il grelottait, le corps tremblant et quelques flocons de neige venant teinter ses cheveux ébènes. Le blond lui sourit tristement.
- Ça va... Tu devrais retourner à l'intérieur, tu vas attraper froid.
Face à lui, Sasuke haussa une épaule et Naruto ancra ses yeux turquoises dans les abysses qui l'observaient.
- J'ai un peu de mal... souffla Sasuke. D'être ici à l'hôpital, je veux dire.
Naruto tira une nouvelle bouffée sur sa cigarette et à nouveau, la doucereuse sensation emplit ses poumons.
- Comment ça ?
Sasuke se racla la gorge et Naruto le jaugea de toute sa hauteur.
- A cause de mes parents, enfin tu vois.
- Oh...
Le blond comprit directement que les attentes interminables à l'hôpital réveillait de douloureux souvenirs chez son cadet et il grimaça, embêté. Il n'y avait même pas pensé une seconde, obnubilé par l'instant présent, par Sakura et Itachi qui devaient certainement vivre l'enfer depuis des heures maintenant.
- Tu veux que je te ramène chez toi ?
Son cadet répondit par un mouvement négatif de la tête et Naruto expira une nouvelle bouffée de fumée.
- Bien-sûr que non.
Naruto lui sourit tristement à nouveau, peiné que Sasuke puisse revivre la plus mauvaise période de sa vie. Il ressentait quelque-chose de si fort pour lui qu'il ne pouvait pas imaginer le voir souffrir à nouveau. Ses yeux noirs débordaient d'une souffrance trop longtemps enfouie et le blond sentit son cœur se pincer à cette vision.
- Viens-là.
Un instant, le blond oublia les portes vitrées de l'entrée et toutes ces tristes personnes qui pourraient probablement les voir. Il attira le plus jeune contre lui pour l'emprisonner dans une étreinte qu'il voulut rassurante et l'enferma entre ses bras puissants. Sasuke la lui rendit aussitôt, passant ses membres supérieurs sous la veste en coton du blond.
Naruto inspira longuement alors que sa clope s'écrasait dans la neige. Le menton posé sur le haut du crâne de son cadet, il l'entendit soupirer contre son cou et le blond sentit une douce chaleur se diffuser dans ses veines. Comme une douce couverture d'hiver qui l'enveloppait, cette étreinte le rassurait. Même si rien ne pourrait faire disparaître son inquiétude, l'apaisement qu'il ressentit à ce moment là était bien réel.
Entre ses bras, Sasuke aussi semblait s'être calmé. Entre ses souvenirs douloureux après la mort de ses parents et cet événement possiblement tragique dans la vie de son frère, le petit brun n'était certainement pas en train de passer l'un es meilleurs moments de sa vie. Alors Naruto resserra son étreinte en fermant les yeux.
La journée avait pourtant si bien commencé...
16 heures plus tôt.
Sasuke ouvrit les yeux difficilement, bercé dans un cocon de chaleur. Il s'étira, les paupières plissées alors qu'un rai de lumière agressait sa rétine à travers les rideaux tirés de la chambre. Il faisait déjà jour dehors et il mit quelques secondes à se rappeler des événements de la veille et comprendre ce qu'il faisait dans cette chambre qu'il ne connaissait pas.
Le rouge lui monta aux joues alors qu'il se souvenait rapidement qu'en fait, si, il avait appris à connaître cette pièce la nuit dernière. Il entendait encore ses gémissements résonner entre les mus alors que Naruto lui faisait tendrement l'amour, tantôt contre la porte, tantôt par-dessus le couvre-lit. Et Sasuke dut retenir une érection naissante lui échauffer le bas-ventre.
La porte s'entre-ouvrit sans faire de bruit dans la semi-pénombre et le brun s'emmitoufla plus amplement sous les couvertures. Il se sentait tellement bien à l'instant, en sécurité dans le lit de Naruto. Il avait l'impression de ne pas avoir aussi bien dormi depuis des mois, enfin délivré de la souffrance de leur rupture. Son cœur brisé venait enfin de s'apaiser après une longue agonie.
- Enfin réveillé ?
Accoudé sur le chambranle de la porte, Naruto le regardait tranquillement, vêtu d'un simple jogging gris et d'un débardeur noir. Ses bras musclés croisés sur sa poitrine, un fin sourire étirait ses lèvres et Sasuke dut plisser les yeux pour l'apercevoir. Le blond lui apparaissait si beau dans la lumière du matin.
- Allez debout, marmotte !
Sasuke laissa un rire grave lui échapper.
- Marmotte ? Quelle heure il est ?
- Bientôt 11 heures.
Le brun soupira, ne se sentant pas le moins du monde affolé par l'heure tardive de la matinée. Il était encore en vacances après tout et les cours ne reprenaient que la semaine suivante. Mais son cœur se serra subitement en se souvenant que Naruto repartait pour l'armée le lendemain pour une durée de deux mois. Cette épreuve façonnerait leur jeune couple alors que l'attente promettait d'être interminable. Et Sasuke le savait, les relations à distance ne fonctionnaient pas toujours, même s'il voulait y croire.
Croire en lui, parce que c'était Naruto et que toute sa rationalité s'envolait dès qu'il pensait à lui.
Le blond s'approcha pour venir s'allonger tranquillement par-dessus les couvertures, dans son dos. Sasuke ne bougea pas quand un bras protecteur s'enroula autour de sa taille et malgré la grosse couette d'hiver qui enveloppait son corps, le blond n'eut aucun mal à le rapprocher de lui. Dans sa nuque, le souffle chaud de son amant lui brûlait la peau et il soupira de bien-être. Tout était parfait.
Il avait tant rêvé de ce moment-là, celui même où il retrouverait enfin Naruto. Ce moment où il n'y aurait plus qu'eux sur Terre, loin des problèmes, loin du regard des autres et surtout très loin d'Hinata... Il pouvait enfin profiter de lui et se sentir à nouveau aimé alors qu'aucun nuage ne planait à l'horizon.
Et c'était divinement bon...
- Je voudrais t'emmener quelque-part, murmura la voix grave de son désormais petit-ami.
Sasuke sentit un frisson lui parcourir l'échine alors que le souffle du blond lui chatouillait la peau.
- Où ça ? grommela-t-il, peu enclin à sortir de son cocon. On pourrait juste profiter de ta dernière journée de permission...
Naruto eut un rire amusé dans son dos.
- Justement...
Le brun soupira en se retournant dans les bras de son amant. A vrai dire, il aurait aimé profiter de cette dernière journée à ne rien faire avec Naruto. Mais il tomba sur deux océans calmes qui le couvaient avec douceur et il se sentit chavirer.
Il pourrait bien aller au bout du monde s'il le lui demandait.
Alors Sasuke se dépêcha de sortir du lit, pressé par Naruto qui avait troqué son jogging contre un simple jean et un pull en laine qui mettait sa musculature en valeur. Le brun le trouvait toujours à tomber, quoi qu'il puisse porter et il se trouvait bien chanceux de l'avoir enfin rien que pour lui. Sa beauté indiscutable le rendait fier, bien qu'un peu jaloux. Son amant attirait les regards et lui devait simplement s'y faire.
C'est donc une bonne heure plus tard, enfin prêts et une bonne dose de café avalée qu'ils montèrent dans la voiture de Naruto. Les routes enneigées demeuraient désertes et le blond redoubla de vigilance pour ne pas glisser. Un vieux tube des Beatles jouait à la radio et Sasuke sourit en sentant l'odeur de pomme qui se diffusait dans la voiture. Il se sentait revivre à ses côtés.
- Où est-ce qu'on va ? demanda Sasuke.
Naruto lui coula un regard alors qu'un sourire énigmatique retroussait ses lèvres.
- C'est une surprise.
Le brun fronça les sourcils alors qu'il cherchait des indices du regard. Mais entre le ciel blanc et la neige qui ne cessait de tomber, Sasuke n'arrivait pas à se repérer dans le paysage. Même les panneaux ne lui disaient rien.
- On arrive bientôt, ajouta Naruto.
Sasuke sentit la main de son petit-ami se poser tranquillement sur sa cuisse, chaude et rassurante et il tenta de dissimuler son sourire satisfait. Son cœur battait la chamade, réagissant à ce simple geste empli de tendresse. Naruto le comblait de sa chaleur et de sa prévenance.
Ils arrivèrent quelques minutes plus tard à destination alors que Naruto garait l'auto le long d'un muret qui bordait une plage recouverte de neige. A travers sa vitre passagère, Sasuke retint un hoquet d'admiration, bluffé par ce paysage hivernal. C'était la première fois qu'il voyait une mer se déchaîner sous un ciel immaculé.
- On y est, lui confirma Naruto en ôtant les clés du contact. On n'a jamais vraiment eu de premier rencard alors voilà...
Sasuke se retourna pour lui faire face. L'expression sérieuse du visage de Naruto le toucha et il sentit la gêne venir lui rosir les joues. Sa bienveillance lui réchauffait le cœur alors que ses dernières barrières s'étaient depuis bien longtemps effondrées. Le blond l'avait conquis à la seconde même où ils s'étaient embrassés pour la première fois. C'était en boîte de nuit, quelques mois plus tôt durant leurs vacances et Sasuke se souvenait avec exactitude de cet instant où le temps s'était figé.
Les lagons turquoises de Naruto lui hurlaient son affection et Sasuke se sentait simplement vivant sous ce regard.
- Je ne te savais pas si fleur bleue... ne put-il s'empêcher de répondre, une pointe de sarcasme dans la voix.
Naruto fit les yeux ronds avant d'éclater de rire. Sasuke aurait pu se damner pour ce rire, si franc, si communicatif. Le blond dégageait tant de chaleur et de lumière qu'il avait su repousser les ténèbres qui obscurcissaient son cœur depuis toutes ces années. Son sourire illuminait ses sombres pensées, aussi simplement qu'un soleil au milieu d'un ciel d'hiver. C'était bon et chaud, et très certainement la meilleure sensation qui lui était donnée de ressentir.
Ils se baladèrent le long de la plage, laissant leurs traces de pas décorer l'étendue de neige qui recouvrait le sable. Emmitouflés dans leurs manteaux, ils riaient en parlant de tout et de rien, profitant de ce premier rencard pour se re-découvrir. C'était la première fois depuis longtemps qu'ils se retrouvaient seuls et loin du reste du monde et Sasuke sentait une chaleur salvatrice l'habiter malgré le froid.
Sans prévenir, Naruto passa un bras autour de ses épaules pour le rapprocher de lui et Sasuke se sentit tout chose contre son corps imposant. Ils s'engouffrèrent sur la digue bras-dessus bras-dessous et même s'il avait vu son amant guetter les regards indiscrets, il profita tout de même de son geste tendre. Après tout, il avait accepté de garder leur relation secrète en attendant que le blond ne se sente prêt à la divulguer au grand jour. Il devait être patient et comprendre la gêne de son ami à se montrer en public... même si cela ne lu plaisait pas vraiment, c'était le prix à payer pour être à ses côtés.
Une vague déchaînée vint s'écraser contre la digue et malgré le réflexe de Naruto d'attirer son petit-ami contre lui pour le protéger, Sasuke fut totalement trempé. Et en adulte totalement mature, le blond éclata de rire.
- Très drôle, râla Sasuke en constatant que ses vêtements mouillés lui collaient au corps. Je fais comment maintenant ?
Mais seul le rire détonnant de Naruto lui parvint en réponse et Sasuke leva les yeux vers lui. Il se tenait les côtes, hilare et cet enfoiré ne se cachait même pas pour se payer sa tête. Alors malgré lui, il se sentit contaminé par une pointe d'amusement qu'il tenta de cacher par fierté.
Telle une punition divine, une seconde vague s'écrasa le long de la côte que Naruto ne vit pas arriver, trop occupé à rire. Il se la prit de plein fouet, manquant presque de glisser et son amusement s'éteignit instantanément sous le choc. Et Sasuke ne put s'empêcher de rire à gorge déployée.
Naruto explosa de rire à nouveau, le rejoignant dans son hilarité et ils se retrouvèrent comme deux gamins trempés au milieu de la jetée. Rien n'avait plus d'importance à cet instant. Ils étaient ensemble et c'était tout ce qui comptait.
Ils trouvèrent finalement refuge dans un café où ils purent se réchauffer. Mais leurs vêtements mouillés leur collaient à la peau et il leur était impossible de sécher complètement. Sasuke grelottait, se réchauffant les mains autour de sa tasse brûlante alors que ses mèches de cheveux gouttaient sur la table en bois.
En face de lui, Naruto le regardait tendrement. Il avait retiré son manteau et son pull, dans l'espoir de sécher plus rapidement.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Sasuke, étonné par ce regard songeur qui le couvait.
Naruto haussa une épaule en détournant le regard vers la vitre contre laquelle ils s'étaient installés.
- C'est rien, le rassura-t-il dans un sourire. Je me disais juste que ce serait long deux mois sans permission.
Sasuke reposa lentement sa tasse contre le bois de la table et posa une main frigorifiée sur celle plus chaude de Naruto. Mais le blond la retira rapidement, gêné en lançant un regard au fond de la salle. La patronne qui tenait le bar les fixait distraitement et Sasuke tenta de ne pas se vexer d'avoir essuyé un refus.
- Tu seras bien occupé, répondit Sasuke. Ça passera vite, tu verras.
Il n'en pensait pas un mot, mais la réaction de Naruto lui avait fait l'effet d'une douche plus froide que la vague de tout à l'heure. Le blond s'était reculé dans sa banquette, ses bras nus croisés sur son torse.
- Excuse-moi, souffla Naruto en se penchant à nouveau au-dessus la table. Je voulais... je voulais juste...
- Laisse tomber, le coupa froidement Sasuke.
Il y eut un petit blanc pendant lequel il sentit le regard de Naruto chercher le sien mais lui s'obstina à observer sa tasse fumante. Il savait oui, que la vie avec son petit-ami ne serait faite que de regards par-dessus son épaule pour ne pas se faire surprendre. Il savait et il acceptait, en théorie. Mais il ne pouvait s'empêcher de se sentir vexé. Pouvait-on réellement le lui reprocher ?
- Ça me tue de savoir que je ne te verrais pas pendant tout ce temps... soupira Naruto pour changer de sujet.
Sasuke ancra à nouveau ses prunelles dans celles de Naruto. Ses yeux bleus riaient d'avoir finalement su retenir son attention et Sasuke reporta farouchement son regard sur sa tasse. Il s'était fait avoir comme un débutant.
- Oh allez, boude pas ! l'encouragea Naruto. Si tu veux tout savoir, je suis jaloux à l'idée que tu retournes dans ta colocation avec Sasori pendant que moi je serai à l'armée...
Sasuke se figea un instant à l'évocation de Sasori alors que son petit-ami ne connaissait toujours pas la vérité. Il releva les yeux vers lui : ses prunelles ne riaient plus. Il semblait réellement triste et peut-être même embêté et le brun retint un sourire de satisfaction. Cela ne lui déplaisait pas de le savoir jaloux.
- D'ailleurs, il l'a pris comment ?
Surpris, Sasuke bloqua alors qu'il ne s'attendait pas du tout à ce que Naruto lui demande la réaction du roux pour leur supposée rupture. Il n'avait même pas réfléchi à une quelconque réponse et il dut rapidement mettre ses neurones en fonction pour ne pas se faire avoir.
- Pas terrible, répondit-il, égal à lui-même. Je suppose que ça ira mieux d'ici quelques temps.
Naruto ne sembla y voir que du feu et Sasuke se rendit compte qu'il venait de rater son unique chance de rétablir la vérité. Il ne savait pas vraiment pourquoi il écoutait encore les conseils loufoques de Sasori, qui l'avait vivement incité à perpétrer ce mensonge.
- Qu'il reste loin de toi ! pesta Naruto. Vous avez une chambre chacun, au moins ?
Sasuke laissa un hoquet moqueur lui échapper, la jalousie de Naruto le régalait et sa moue boudeuse n'arrangeait pas les choses.
- Ne t'en fais pas.
- M'ouais, je serai plus rassuré si tu retournais vivre chez ton frère.
Sasuke haussa un sourcil, amusé.
- Je peux aussi porter une ceinture de chasteté si tu veux.
Son ton sarcastique amplifia la mine boudeuse de Naruto.
- Si c'est toi qui proposes...
Ils échangèrent un léger rire alors que l'ambiance redevenait enfantine. Il ne pouvait pas en vouloir à Naruto de se méfier de Sasori parce qu'il avait largement cherché à ce que cela arrive. La phase finale du plan machiavélique -et foireux du roux consistait à le faire mourir de jalousie. Pari tenu, le blond s'inquiétait de le savoir dans le même environnement. Et durant un instant, Sasuke se demanda comment il pourrait un jour se dépêtrer de ce mensonge.
Alors il préféra changer de sujet.
- Et Hinata ?
Naruto manqua de s'étouffer avec une gorgée de café. Un sourcil levé, Sasuke le scruta, surpris par sa réaction.
- Quoi, Hinata ?
Sasuke porta lentement sa tasse jusque ses lèvres pour boire une gorgée de sa boisson chaude, ne quittant pas une seconde les yeux soudainement fuyants de son petit-ami.
- Comment elle l'a pris ?
Le blond détourna le regard une seconde, juste une seule maudite seconde pendant laquelle le doute habitat Sasuke.
- Je ne vis pas en colocation avec elle, moi.
Mais le brun demeura silencieux alors que cette explication bancale ne répondait pas à sa question. Et son silence sembla mettre Naruto mal-à-l'aise qui s'empressa de parler pour briser sa gêne.
- C'est réglé, t'inquiètes !
Sasuke déglutit difficilement alors que Naruto lui lançait un sourire rassurant. Cependant, le manque de naturel dans son comportement l'avait interpellé et il sentit que quelque-chose n'allait pas. Il ne savait pas vraiment mettre le doigt sur ce qui le dérangeait. Mais il prit sur lui, repoussant de toutes ses forces cette idée alors qu'il voulait croire en lui.
- Bon, alors tout va bien.
- Tout va bien, confirma Naruto.
Il devait être 23 heures lorsque Naruto le ramena jusque devant chez lui. Le blond avait garé la voiture sur le parking du HLM voisin, ne voulant pas prendre le risque d'être vus et Sasuke fit mine de ne pas relever. Rien n'avait plus d'importance que cette relation et il ferait tout pour la préserver, même si cela devait le blesser. Même s'il devait accepter de n'être que son secret.
- Tout va bien ?
Une main sur la portière, Sasuke coula un regard triste à son amant.
- C'est long, deux mois...
Les grands yeux bleus de son petit-ami le couvèrent avec tendresse et Sasuke sentit sa main chaude venir se poser sur sa joue. Ils étaient à l'abri des regards indiscrets sur ce parking mal éclairé et la douceur du blond réchauffa son cœur meurtri.
- On tiendra le coup.
Sasuke se laissa toucher par les mots de son amant, mais la crainte de le perdre à nouveau le torturait. Alors même si les lagons azurs de Naruto semblaient déborder de sincérité et que son affection semblait on ne peut plus réelle, ce douloureux au-revoir lui lacérait la poitrine.
- Et si ce n'est pas le cas ?
Naruto jeta un œil à travers le pare-brise avant de s'approcher de lui pour lui voler un baiser. Juste une caresse, simple et délicate contre ses lèvres et Sasuke sentit son cœur s'emballer. Cet homme... il en était désespérément amoureux et il ne supporterait pas de le voir s'éloigner une fois de plus.
- Tout ira bien.
La voix grave de Naruto se voulait rassurante et elle résonnait en lui comme une promesse muette. Et Sasuke voulait lui faire confiance, parce qu'il avait enfin l'impression que cette fois-ci, plus rien ne se mettrait en travers de leur chemin. L'éloignement les rapprocherait peut-être même davantage et leur relation en sortirait certainement plus forte.
Mais le manque qu'il allait ressentir lui paraissait insurmontable... Ils venaient tout juste de se retrouver après tout et voilà qu'ils devaient déjà se séparer, comme si le destin prenait un malin plaisir à les torturer. Sasuke souffla, la respiration erratique alors qu'il cherchait du réconfort dans les yeux de Naruto. Et si la distance lui faisait réaliser qu'ils faisaient une bêtise, tous les deux ?
- Hey... chuchota Naruto en caressant sa joue avec son pouce. Qu'est-ce qu'il y a ?
Sasuke baissa les yeux, honteux de se sentir si faible devant ces adieux déchirants.
- Est-ce que je dois avoir peur ?
Face à lui, Naruto cherchait son regard.
- Peur de moi ?
Sasuke hocha la tête en retrouvant le chemin vers les yeux bleus emplis de peine que Naruto avait posé sur lui.
- Est-ce que tu vas encore renoncer et me laisser tomber ?
Il ne voulait pas le blesser, non, mais seulement être rassuré. Alors il paniqua lorsque la main chaude de Naruto quitta sa joue.
- Je sais que c'est beaucoup te demander de me faire confiance, mais crois-moi Sasuke, je ne veux rien de plus au monde que d'être avec toi.
Les prunelles azures de Naruto brûlaient de sérieux et la détermination dans sa voix le fit se sentir bête. Bien-sûr qu'il croyait en lui et Sasuke savait qu'il devait tirer un trait sur ses erreurs passées. Tous ces mois de souffrance étaient derrière lui maintenant et il n'avait plus qu'à profiter de cette nouvelle relation sans ressasser sans cesse le passé.
- Rien de plus au monde, hein ? répondit-il, la voix moqueuse. Je confirme que tu peux vraiment être fleur bleue, parfois !
Gêné, Sasuke n'avait pas vu d'autre alternative que l'humour pour couvrir ses joues rosies. Naruto ne lui avait jamais fait une telle déclaration auparavant et ce débordement d'affection le mettait mal-à-l'aise. Délicieusement mal-à-l'aise.
- Oh ça va ! se défendit Naruto alors qu'un petit rire secouait ses épaules. Tu préfères les gros durs ?
Sasuke se laissa contaminer par la joie de son petit-ami, attendri par son rire qui le transperçait.
- J'ai pas vraiment de style de mecs mais c'est plutôt excitant quand tu joues les durs...
Il vit les joues de Naruto s'empourprer et Sasuke laissa un sourire satisfait retrousser ses lèvres.
- J'ai bien remarqué que tu n'avais pas de style de mecs ! répondit rapidement Naruto. Difficile de voir une quelconque ressemblance entre Sasori et moi.
Sasuke éclata de rire alors que Naruto se noyait dans la gêne. Il était facile de le taquiner, lui qui ne se sentait pas vraiment homosexuel et le brun avait bon espoir que l'humour finirait par le faire accepter ce qu'ils étaient.
- En parlant de Sasori... commença Sasuke en posant une main sur la cuisse de son amant. Il doit dormir à cette heure-ci, si tu veux monter...
Il vit Naruto déglutir alors qu'il raffermissait sa prise sur sa cuisse, proche de son entre-jambe et il sut au désir qui naissait dans ses yeux que le message subliminal était bien passé.
- Tu es sûr qu'il dormira ? articula Naruto du bout des lèvres.
Sasuke le darda pour le mettre au défi.
- Tu as peur de lui ?
Il y eut une seconde de silence avant que Naruto ne réagisse.
- Montre-moi ta chambre.
Ils sortirent de la voiture, Naruto menant la marche vers son bâtiment, déterminé. Sasuke ne pouvait retenir le sourire satisfait qui entravait ses lèvres alors qu'il savait pertinemment sur quel bouton appuyer pour le mener par le bout du nez. La jalousie de son amant était délectable et il avait clairement compris comment il pouvait s'en servir.
Ils s'engouffrèrent dans la cage d'escalier miteuse du HLM et Sasuke sentit Naruto lui attraper la main pour l'emmener à sa suite. Pressé, le blond le tira marche après marche jusqu'à arriver sur son palier où il se fit littéralement poussé contre le mur.
- Qu'est-ce qu...
Naruto ne lui laissa pas le temps de parler il le domina de tout son corps, le coinçant contre le mur et Sasuke se mordit la lèvre inférieure alors que des mains brûlantes se faufilaient sous ses vêtements. Le blond se pencha pour capturer sa bouche dans un baiser sauvage et Sasuke soupira de désir en fermant les yeux.
Les doigts tremblants, Sasuke cherchait les clés de son appartement dans son manteau alors qu'il répondait avec ardeur au baiser de Naruto. Leurs lèvres se caressaient avec envie si brutalement qu'il sentait l'excitation monter en lui. Et les mains de Naruto qui se faufilaient sur ses hanches ne l'aidaient pas à se concentrer.
Il trouva finalement son maudit trousseau de clés alors qu'un gémissement lui échappait et il sentit Naruto sourire contre ses lèvres. Cet idiot prenait plaisir à lui faire perdre pied et il s'échappa difficilement de cette étreinte pour regagner la porte. Et le blond se posta juste derrière lui alors qu'il enfonçait la clé dans la serrure, entourant sa taille de ses bras forts et embrassant sa nuque dans de longs baisers mouillés.
Sasuke soupira, embrumé par le désir qui naissait au creux de ses reins. Le torse musclé de Naruto dans son dos le maintenait fermement contre lui, lui faisant perdre toute notion de la réalité et il se retourna à nouveau dans ses bras pour lui faire face. Les grands yeux de son amant brûlaient de désir et Sasuke se mit sur la pointe des pieds pour embrasser à nouveau ses lèvres tentatrices.
Ils s'enfoncèrent dans la pénombre de l'appartement en apparence désert, pressés par ce baiser fougueux qu'ils partageaient et la porte claqua derrière eux. Naruto le plaqua contre celle-ci, excité, et il le souleva avec force pour lui faire enrouler ses jambes autour de sa taille. Dans cette position, Sasuke sentait parfaitement l'érection gonflée de son amant contre la sienne et les mouvements lascifs qu'il entama avec son bassin fit monter en lui des vagues de chaleur.
Entre deux baisers, Sasuke haleta, le souffle court d'excitation. Le regard fiévreux de Naruto le rendait fou et le pouce qu'il passa sur ses lèvres le fit rougir de désir. L'autre main de son amant maintenait ses fesses avec fermeté et Sasuke n'arrivait plus à réfléchir correctement.
Sasuke gémit une première fois alors que les baisers brûlants de Naruto reprenaient de plus belle, passant de ses lèvres rougies à sa mâchoire et jusqu'à venir mouiller son cou. Cramponné aux larges épaules de son amant, le brun laissa sa main s'aventurer dans la crinière blonde de son amant et il gémit une nouvelle fois quand celui-ci eut un mouvement du bassin plus prononcé.
- Chhhh... susurra Naruto au creux de son oreille avant de la lui mordiller sensuellement.
Sasuke savait que ses colocataires ne devaient pas être très loin, probablement même que certains ne dormaient pas encore mais les douceurs de son amant l'empêchait d'y voir clair. Il le voulait, ici et maintenant contre cette porte. Les dents de Naruto mordillaient lascivement son cou alors qu'un nouveau coup de son bassin lui provoquait une nouvelle vague de plaisir.
Sasuke sentit son téléphone vibrer dans la poche de son jean mais il l'ignora, sentant le sexe gonflé de Naruto caresser le sien à travers le tissu de leurs vêtements.
- Prends-moi ici, souffla Sasuke, le souffle court.
Naruto soupira d'excitation dans son cou.
- A tes ordres.
Le blond laissa tomber son manteau à terre et ôta son pull, maintenant toujours Sasuke contre la porte et il se retrouva bientôt torse nu contre lui. Naruto roula des hanches contre les siennes avant de lui enlever également le haut de ses vêtements.
A demi-nus, Sasuke laissa ses mains caresser les épaules dénudées du blond. Son torse puissant contre le sien le dominait totalement. Naruto vint reconquérir ses lèvres délaissées, forçant le passage de sa langue pour retrouver sa consœur dans un balai fougueux.
Une nouvelle fois, la vibration de son téléphone se fit sentir entre leurs cuisses et les mains autoritaires de son petit-ami sur ses fesses lui firent rapidement oublier. Mais c'était sans compter sur la ténacité de l'intrus qui semblait bien décider à les déranger et à nouveau, la vibration du téléphone se fit sentir.
Sasuke sentit Naruto rompre leur baiser et ses yeux colériques se poser sur lui. Le blond laissa une main se faufiler dans sa poche, vraisemblablement jaloux que le téléphone de son cadet puisse autant sonner à cette heure tardive. Et Sasuke vit son amant froncer les sourcils grâce à la lumière que dégageait l'écran du téléphone dans la pénombre.
- C'est Itachi, lâcha Naruto, surpris. C'est bizarre, tu as trois appels manqués...
Leurs corps toujours enlacés contre la porte, Sasuke sentit une nouvelle vibration entre leurs cuisses. Mais cette fois-ci, ce n'était plus le sien et ils échangèrent un regard interrogatif. Naruto souffla en reposant le corps de son amant et il attrapa son smartphone rapidement.
- C'est Itachi ? demanda Sasuke.
Naruto releva les yeux de l'écran pour tomber sur les orbes noires de son jeune amant.
- Ouais... Il doit se passer quelque-chose.
Le blond se pencha pour embrasser brièvement ses cheveux de jais et il le vit répondre au téléphone, inquiet.
Et voilà de quelle façon ils s'étaient tous retrouvés à l'hôpital, dans l'attente interminable de nouvelles de Sakura et du bébé. Sasuke essayait de contrôler ses angoisses, prostré sur sa chaise inconfortable alors que cette foutue pièce blanche et impersonnelle lui rappelait le jour de la mort de ses parents. Itachi et lui avaient attendu des heures, la peur au ventre et les larmes aux yeux jusqu'à l'annonce fatidique.
L'odeur aseptisée de la salle d'attente réveillait sa mémoire olfactive, l'associant à un parfum bien moins réjouissant. Celui de la mort et du deuil. Alors il essayait de prendre sur lui, d'être fort pour Sakura et Itachi qui vivaient certainement des heures plus sombres que lui. Du coin de l'œil, il voyait Naruto le surveiller malgré son inquiétude et cela le rassurait passablement.
Voilà une heure qu'ils avaient échangé leur étreinte devant l'aile de l'hôpital et Sasuke tentait de ne pas l'inquiéter d'avantage. Il ne pouvait pas constamment être le centre des drames de la famille, être celui qu'il fallait sauver. Il ne voulait plus être la petite chose fragile que Naruto regardait précieusement. Il pouvait surmonter tout ça et cette fois-ci, il serait là pour son frère si les choses devaient mal tourner. Ce serait son tour de prendre soin de lui.
Perdu dans ses pensées, Sasuke sursauta quand les portes battantes du couloir interdit s'ouvrirent doucement sur Itachi. Naruto se leva le premier malgré la fatigue et courut vers lui.
- Alors !? cria Naruto, mort d'inquiétude. Comment vont-ils ?
Le visage blême d'Itachi semblait en détresse. Sasuke se leva à son tour, accompagné de Kizachi et sa femme pour se rapprocher d'eux. L'angoisse les empêchait de respirer correctement, dans l'attente insoutenable du verdict.
- Sakura va bien... souffla Itachi et ses yeux noirs s'embuèrent de larmes. Mais... le bébé...
Un sanglot se coinça dans sa gorge et Itachi ne put jamais finir sa phrase. Naruto attira son meilleur ami contre lui pour le prendre dans ses bras et Sasuke baissa la tête, touché de plein fouet par le chagrin de son frère.
Kurenaï fondit en larmes, étreinte par son mari et en cette nuit du 2 Janvier 2020, seul le bruit des pleurs résonna dans les couloirs de l'hôpital. Il neigeait toujours dans les rues de Konoha, comme un spectacle magnifique qui accompagnerait au ciel ce petit garçon qui ne verrait jamais le jour.
Bon avant de me lancer des tomates et demander ma pendaison en place publique, sachez que ce n'est pas sans émotion que je tue le bébé de Sakura xD Ca fait 7 ans que j'ai commencé cette histoire (oui oui, je savais que vous alliez me lancer des tomates MDR) du coup ça me fait quand même un petit quelque-chos, je l'avoue ! D'ailleurs pour la première scène avec le poing dans la foufoune de Sakura (comment le dire autrement ? xD), j'ai pas fait médecine, mais quand même quelques recherches alors si ce n'est pas exact désolée, mais cette pratique a déjà bien eu lieu et probablement traumatisé quelques femmes au passage.
Bref, 7 ans depuis le début de cette fiction et je suis très touchée que vous soyez toujours là. Nouveaux lecteurs / nouvelles lectrices ou les plus anciens/anciennes, sachez que votre soutien compte beaucoup pour moi et vos réactions sont d'or à mes yeux. Je vous partage parfois plus que de simples idées obsédantes, c'est aussi des fois des morceaux de vie ou des émotions envahissantes, et l'accueil que vous réservez à mes histoires à toujours été positif et bienveillant. Merci... tout simplement !
J'espère que ce chapitre vous a plu. La suite avant Dimanche prochain !
A bientôt,
Akane
