Clause de non responsabilité

Hélas, je ne possède pas les personnages, si c'était le cas, j'aurai certainement exploité à fond l'immense talent de ces deux actrices et consacré une série entière à Arizona Robbins et Callie Torres. Ce travail est constitué à partir de ma propre pensée qui s'est elle-même développée au fil des ans grâce aux influences des choses que j'ai pu lire, ou entendre, ou voir, ou même vivre. Donc si vous reconnaissez quelque chose, et bien c'est qu'elle ne m'appartient pas, mais que je l'ai faite mienne. Ce travail est à but non lucratif, juste pour le plaisir. J'espère que vous prendrez du plaisir aussi.


Juste ce petit mot pour expliquer à tous ceux qui m'ont écrit qu'ils attendaient avec impatience la 2nde partie de « Ensemble, ce n'est pas toujours parfait séparé ça ne l'est jamais ».Je vous remercie vraiment de l'intérêt que vous apportez à cette histoire. Je sais que ça fait longtemps, mais je n'aime pas commencer à publier tant que je ne suis pas sûre d'être capable de le faire régulièrement et certaine de finir l'histoire. De plus je préfère faire la traduction en anglais moi-même, car j'ose espérer qu'elle est meilleure que la traduction automatique, qui quelque fois craint vraiment. Donc tout ça prend beaucoup de temps, mais je la publierai.

Alors voilà, j'essayais d'écrire la 2ième partie de « Ensemble, ce n'est pas toujours parfait, séparé ça ne l'est jamais », mais cette histoire venait toujours dans ma tête me déranger, et m'empêcher de poursuivre. J'ai donc décidé de l'écrire afin de la sortir de mon cerveau, et de pouvoir me concentrer à nouveau sur la deuxième partie que j'avais promise. J'espère que vous aimerez cette histoire autant que j'ai aimé l'écrire.


Chapitre 1

Arizona se trouvait dans le bloc depuis des heures réparant un Spina bifida sur un fœtus de quinze semaines. La chirurgie fœtale la passionnait, cette spécialisation lui avait permis d'avancer non seulement professionnellement mais aussi personnellement. Au début, Herman l'avait traitée pire que de la merde, et bizarrement, elle devait avoir besoin de revenir aux fondamentaux. Elle ne supportait plus les regards de pitié que son handicap suscitait à l'hôpital et même si ça n'avait pas toujours été une partie de plaisir, la brutalité grossière de son mentor, l'avait aidée à oublier cette foutue différence, et à se concentrer sur autre chose que sa jambe. Elle avait dû se battre comme une folle et se surpasser, pour parvenir à s'imposer auprès d'Herman, non seulement pour intégrer une formation d'un an en quelques mois, mais aussi pour dompter la personnalité colérique du médecin enseignant, et finir par gagner son respect et même son amitié. Elle y était parvenue brillamment. Elle avait besoin d'une victoire enfin dans sa vie et celle-ci l'avait rendue fière et confiante, même si ce sentiment était entaché par le fait que cela lui avait coûté sa famille. Il y avait de nombreuses autres raisons en fait, elle le savait pertinemment, n'empêche que ça avait été l'élément déclencheur de sa séparation avec son ex-femme et tout ce qui en avait découlé.

Depuis le départ de Sofia à New York avec son autre mère elle travaillait sans cesse, elle enregistrait des vidéos de ses interventions, elle publiait des articles sur les méthodes qu'elle mettait au point et s'était déjà construite sur la côte ouest une solide réputation en tant que chirurgien fœtal, qui venait s'ajouter à celle déjà reconnue de petit génie de la chirurgie pédiatrique.

Tous les soirs avant l'heure de son couché, elle avait des rendez -vous téléphoniques ou face time avec sa fille. Sofia racontait sa journée, parlait de ses amis faisait un compte rendu précis sur ses résultats scolaires. Arizona avait l'impression que son enfant s'acclimatait bien à sa nouvelle vie, à des kilomètres de la sienne. Ça piquait un peu, mais ce qui était important c'est que l'enfant aille bien. Elle n'avait pas beaucoup parlé à Callie durant ces six mois, si ce n'est exclusivement pour les besoins de leur fille et encore, tout se passait par texto, on ne pouvait pas qualifier cela de dialogue, mais plutôt d'une communication à titre strictement informatif.

Depuis que Callie avait quitté Seattle, elle essayait de tourner la page. En réalité son absence l'aidait à passer à autre chose, et même si sa fille lui manquait terriblement, même si elle comptait les jours qui la séparait de chacune de ses visites à New York, elle savait que l'enfant était avec quelqu'un qui prenait soin d'elle, qu'elle était aimée alors elle s'habituait à cet éloignement, ça faisait moins mal.

Depuis quelques temps, elle voyait assez régulièrement Carina, l'obstétricienne drôle et très sexy, elle avait des relations sexuelles géniales, un travail génial et des amis géniaux. Bizarrement, elle allait plutôt bien.

Posé derrière elle sur une table dans le bloc, son téléphone sonne, elle reconnait la sonnerie destinée à Callie. Elle sourit involontairement pensant à sa petite fille tout en regardant par réflexe, l'horloge de la salle d'opération. Il est 13 H à New York. Son estomac se resserre immédiatement, Sofia est censée être en classe en ce moment, ça ne peut être que Callie, mais Callie n'appelle jamais. Son cœur s'accélère, lorsque la réalisation la frappe. Il y a un problème avec Sofia, sinon elle enverrait un texto comme elle le fait toujours.

- Jenny pouvez-vous décrocher mon téléphone et le mettre sur haut -parleur s'il vous plait.

- Salut.

- Salut Callie, qu'est- ce qu'il se passe ?

- Je viens de mettre Sofia dans l'avion pour Seattle, elle atterrira à 16 h heures, heure de Seattle

La voix de l'autre côté était méconnaissable, monocorde et terne. Soudain, un malaise s'installe dans la salle d'opération, le silence avait remplacé les bavardages amusants et faciles entre les infirmières et les résidents. Tout le monde connaissait l'histoire des deux femmes et tous leurs drames, elles avaient été le reality show de l'hôpital pendant des années, et personne n'avait oublié Callie Torres qui était tout sauf terne ou effacée. Arizona fronce les sourcils, l'inquiétude maintenant l'envahissant complètement.

- Quoi ?

Callie, connait par cœur, les réactions de son ex-femme, c'est une émotionnelle. L'effet de surprise la laissera dans un premier temps sans voix, elle a toujours besoin de temps pour analyser. La latine de l'autre côté de la ligne, s'empresse de mettre fin à toutes éventuelles questions, que son étrange comportement va inévitablement provoquer.

- S'il te plait, tu dois aller la chercher à 16 h avec tes papiers d'identité. Une hôtesse l'accompagne. Arizona prend bien soin d'elle et … prend soin de toi.

- Callie …mais … qu'est-ce que tu dis ? qu'est- ce qu'il se….

Dans la salle d'opération le bip continu de l'appel interrompu se fait entendre. Inconsciemment, Arizona s'était figée, ses mains immobilisées au- dessus de la patiente, elle avait arrêté de travailler, ne réalisant même pas que tous les regards étaient maintenant dirigés sur elle, jusqu'à ce que les mots d'Alex la surprennent dans sa torpeur.

- Dr Robbins, tout va bien ?

Elle prend une profonde inspiration, levant les yeux sur Alex.

- Oui Dr Karev, ça va

La chirurgie finie, elle rejoint son bureau, se rejouant sans cesse l'appel de son ex-femme. Sa voix avait l'air de venir d'outre-tombe, Arizona pourrait jurer que Callie était désespérée. Elle prend son téléphone pour essayer de lui parler et d'en savoir plus, quand elle découvre un texto.

« Sofia a besoin de toi. Elle sera heureuse avec toi. J'ai fait envoyer toutes ses affaires à ton adresse, tu seras contactée pour la livraison. Je l'ai inscrite dans son ancienne école, avec Zola, J'ai pensé que ce serait bien pour elle. Tout ira bien pour elle avec toi. Dis- lui que je l'aime et que je suis désolée. Je suis tellement désolée Arizona, pour tout. J'espère que tu pourras me pardonner un jour. Prend soin de notre fille et sois heureuse. » C

Arizona ne sait plus que penser, ce message sonne comme un adieu, ses pensées s'affolent. Ne pas paniquer, ne pas paniquer, se répète t'elle, alors que tous les voyants sont allumés dans son cerveau. Elle commence par essayer de joindre Callie, sans surprise la latine ne lui répond pas, à court de solutions, elle décide donc d'appeler le Mount Sinaï, où exerce Callie à New York

- Bonjour, je suis le docteur Robbins, du Grey Sloan à Seattle, hum … j'ai un patient que j'aurai aimé adresser en consultation au Dr Torres pourrais- je lui parler s'il vous plait ?

- Désolé Dr Robbins, la Dr Torres ne travaille plus chez nous depuis un mois

- Oh ! hum…et savez- vous dans quel hôpital je pourrai la trouver ?

- Hélas il ne semble pas que le Dr Torres exerce dans un autre hôpital, pas à notre connaissance en tout cas. Elle ne nous a laissé aucune information dans ce sens.

A l'aéroport Sea Tac, Arizona attend sa fille, son regard se perd au loin, elle ne peut se sortir de la tête, que Callie n'aurait jamais laissé Sofia. Durant la folie de la bataille pour la garde, elle avait perdu de vue qui était Calliope Torres. Elle ne reconnaissait plus, la femme qu'elle avait aimée passionnément, elle ne voyait même plus le médecin ambitieux, mais la mère avait toujours été présente, protectrice et aimante. La seule constante était Sofia, Callie n'a jamais abandonné pour Sofia. Quand elle a perdu la garde exclusive, elle avait renoncé à sa petite amie pour rester avec Sofia. Alors pourquoi ? Qu'avait-il pu se passer ? Ces questions tournaient sans cesse dans sa tête à lui donner le vertige. Elle est sortie de ces pensées qui torturaient son esprit depuis des heures, par les cris d'une petite fille accompagnée par une hôtesse de l'air.

- Mommy ! la petite se jette sur elle, s'accrochant à ses jambes

- Hey bébé oh je suis si heureuse de te voir, mais regarde- toi, tu as encore grandi !

Arizona s'était écartée, examinant sa fille avec une émotion qu'elle ne pouvait cacher. S'accroupissant au niveau de l'enfant pour lui faire face et lui donner un câlin, elle ne vit que de l'inquiétude sur le visage de Sofia, habituellement si enjouée.

- Mommy, je reste avec toi maintenant, tu le sais ?

- Ouai je sais, c'est génial !

- Et tu sais pourquoi ?

- Pourquoi quoi chérie ?

- Pourquoi mama a voulu que je vienne avec toi ? Tu crois qu'elle est fâchée parce que je pleurais avant de m'endormir?

- Tu pleurais avant de t'endormir ? S'enquiert Arizona dissimulant la contrariété, de ne pas avoir été mise au courant de cette situation.

- Tu me manquais, alors je pleurais et j'ai peur que mama soit fâchée contre moi parce que je ne voulais pas qu'on reste à New York.

- Non mon bébé, mama ne serait jamais fâchée contre toi et surtout pas parce que tu pleures. Qu'est -ce qu'elle t'a dit ?

Elle caressait les cheveux de sa fille, essayant d'apaiser l'anxiété qu'elle lisait sur son visage, et qu'elle ressentait également même si elle faisait de son mieux pour la dissimuler à l'enfant.

- Elle est venue dans ma chambre pour me lire une histoire et elle avait les yeux rouges, tu sais comme quand on a beaucoup pleuré, et elle était très triste, vraiment beaucoup. Elle m'a serrée fort, très, très fort alors j'ai dit « mama tu me serres trop » et quand elle a reculé j'ai vu ses larmes qui coulaient. Elle m'a embrassée et elle m'a dit que demain je prendrais l'avion pour te voir, et que je pourrai rester à Seattle, alors c'est moi qui l'ai serrée très fort parce qu'elle pleurait et aussi parce que j'étais contente de venir te voir.

Sofia reprend son souffle, Arizona souriait à la randonnée de sa fille, elle avait tellement grandi et ressemblait encore plus à Callie, les mêmes yeux expressifs, la même façon de s'exprimer quand elle est angoissée. Elle ne voulait pas alarmer l'enfant mais tout ce qu'elle racontait lui confirmait ce qu'elle redoutait. Callie avait un problème.

- Mais aujourd'hui, poursuit l'enfant, j'ai pris l'avion toute seule. Elle n'est pas venue avec moi dans l'avion, et elle était toujours triste, même si elle essayait de sourire, je voyais bien qu'elle était triste. Elle ne m'a pas dit quand elle viendrait. Mama me manque, mommy. Peut-on l'appeler ? supplie Sofia. La terre s'arrête de tourner quand Arizona pose ses yeux sur les yeux noirs emplis de larmes

- Oh Chérie elle me manque aussi, on va lui envoyer un texto okay ?

« Sofia a fait bon voyage et elle me dit de te dire que tu lui manques déjà » A

- Qu'en penses -tu ? interroge Arizona proposant le texte à sa fille.

- Ajoute je t'aime mama avec plein de cœur et puis des bisous et tu signes Sofia

Arizona ne peut retenir un rire devant cette touchante naïveté. La signature lui paraissait vraiment superflue, il y avait peu de chance pour que Callie puisse imaginer, même une seconde, que le message plein d'émoticônes cœurs et bisous vienne d'elle. Elles étaient à des années lumières de ce genre d'effusion, et pour sa part, elle l'avait accepté par la force des choses. Devant le regard confus de la petite, elle se sent obligée de donner une explication.

- La signature est inutile mon bébé. Je crois qu'il n'y a aucune autre personne au monde qui l'appelle « mama » tu sais, elle saura que c'est de la part de sa petite fille adorée.

A l'évidence que venait d'exprimer sa mère, et surtout à l'affirmation, que sa mama l'adorait encore, un sourire se dessine sur le visage anormalement sérieux de la petite fille.

Arizona rentre à la maison bien décidée de garder ce sourire sur ce beau petit minois qui lui avait manqué chaque seconde. Pizza, glaces et dessins animés, blotties sur le canapé, étaient le programme préféré de la mère et la fille, c'est ce qu'elles faisaient toujours, même lorsqu'elle vivait avec Callie. Épuisée par toutes les émotions de sa journée, et le décalage horaire, Sofia ne tarde pas à s'endormir. Arizona quant à elle, avait l'esprit beaucoup trop préoccupé pour pouvoir fermer l'œil. Le texto envoyé de l'aéroport était resté sans réponse.

Elle prend son ordinateur pour rechercher le numéro de tous les hôpitaux susceptibles d'accueillir un génial chirurgien ortho et demande un rendez- vous, pour un faux patient mais hélas aucun hôpital n'a embauché le génie de la chirurgie orthopédique. Appeler tous les hôpitaux du pays prendrait des jours et elle a l'intuition qu'elle n'a pas de temps à perdre, son ex- femme a un problème, elle se remémore sa voix, relit son texto, repense à ce qu'a raconté Sofia, l'inquiétude va grandissante, laissant un poids d'une tonne sur sa poitrine.

Dépitée elle n'a plus aucune autre option, elle prend son courage à deux mains.

- Bayle pourrais -tu me donner le numéro de téléphone de Penny ?

- Euh…Arizona c'est confidentiel, c'est dans son dossier, je ne peux pas…

- Bayle tu penses vraiment que je te le demanderai si je n'étais pas dos au mur ? Callie a renvoyé Sofia seule dans un avion ! Sans un mot d'explication, et pas juste pour des vacances, avec toutes ses affaires ! Elle ne prend pas mes appels, ne répond pas à mes textos. Quelque chose ne va pas avec Callie j'en suis sûre. Je le sens au plus profond de moi, elle a besoin d'aide, s'il te plait Miranda, donne -moi le numéro de Penny ! je dois savoir ce qu'il se passe.

Miranda Bayle était une amie des deux femmes, elle avait été témoin, depuis le début, bien souvent malgré elle, de leur relation passionnelle. Le docteur Bayle n'aimait pas faire dans les affaires personnelles, mais la blonde était très persuasive lorsqu'elle voulait obtenir quelque chose. De plus, elle continuait à penser, qu'il y avait quelque chose de magique entre ces deux chirurgiennes entêtées, même si elles l'avaient oublié au cours de leurs épreuves, cela demeurait. Elle ne s'étonnait donc pas de la démarche de la chirurgienne fœtale.

- Un moment

Quelques minutes plus tard, assise sur son canapé, fixant le numéro sur le bout de papier, Arizona prend une profonde inspiration, elle saisit son téléphone avec fermeté, elle doit passer cet appel à Penny.

Elle ne détestait pas la petite amie de son ex-femme. Bien sûr, elle ne pouvait pas nier qu'elle avait été un peu jalouse, mais surtout elle avait été malheureuse. L'arrivée de Penny avait simplement coupé court à tout espoir d'une nouvelle chance avec Callie. Un demi sourire sur son visage, elle pense avec tendresse à Calliope. Elle aimait être amoureuse, elle avait un si grand cœur qu'elle tombait amoureuse passionnément en un clin d'œil, et elle avait aimé ça chez elle. Elle aimait cette force qu'elle avait de toujours penser que le meilleur reste à venir. Ça la rendait incroyablement protectrice. A ses côtés, vos peurs les plus profondes finissaient par se dissiper, aucune montagne ne paraissait infranchissable, aucun problème restait sans solution. C'est pour toutes ces raisons qu'elle avait eu une confiance aveugle en elle, au point d'imaginer qu'elle allait sauver une jambe qui raisonnablement, ne pouvait pas l'être, et qu'elle avait mis autant de temps à lui pardonner d'avoir échoué. Elle repense à cette période durant laquelle, incapable de supporter les nouvelles conditions de vie qui se dessinaient pour elle, elle s'était injustement déchaînée contre Callie, elle avait été tout simplement horrible. Pourtant, malgré tous ses abus, Callie était restée à ses côtés. Après l'amputation, elle l'avait aidée à traverser l'enfer et même si cela les avait finalement séparées, car le chemin avait été long, douloureux et semé d'embûches que ni l'une ni l'autre n'avaient su gérer, Callie avait été son ancre, son roc, sa bouée, elle lui avait tenu la tête hors de l'eau pendant des mois, des années même. Elle ne pouvait pas imaginer une seconde que cette femme aussi forte puisse agir ainsi, sauf s'il y avait un gros, un très gros problème. La femme qu'elle connaissait, se levait et se battait, Calliope Torres n'abandonnait pas, plus elle y pensait plus la panique s'emparait d'elle. Alors, elle allait le faire, elle devait le faire, elle appellerait Penny, puis Carlos Torres, et s'il le fallait, elle ferait le tour des Etats Unis mais elle saurait ce qu'il se passe avec Calliope Iphigénia Torres. Elle racle sa gorge une ou deux fois, et d'une voix qui sonne un peu trop enthousiaste.

- Hey Penny c'est Arizona Robbins

Le moment de silence qui suivit, prouvait si nécessaire l'énorme surprise de son interlocutrice

- Hey

- Pourrais-je parler à Callie s'il te plait ? Son téléphone doit être cassé parce que …

- Dr Robbins, Callie et moi, ne sommes pas ensemble

- Euh... désolé... Tu veux dire, pas ensemble en ce moment, comme, pas dans le même lieu ou pas ensemble- pas ensemble ?

- Elle ne vous a rien dit n'est- ce pas ?

- Qu'est- ce qu'elle aurait dû me dire Penny ? répond gravement Arizona

- Ce n'est pas mon histoire c'est la sienne, mais je peux vous assurer que nous ne sommes plus ensemble- ensemble. L'avons-nous seulement été ?

Extrêmement agacée par cette dernière remarque, elle pouvait jurer que de son point de vue, elles avaient hélas vraiment été ensemble, Arizona rétorque un peu plus froidement qu'elle l'aurait souhaité

- Penny je lui ai donné un billet d'avion et ma fille pour qu'elle soit heureuse avec toi à New York !

Un ricanement amer de Penny, lui parvint aux oreilles

- Eh bien ce n'était pas votre meilleure idée Dr Robbins. Pour ce que j'en ai vu pendant le mois où nous avons essayé, heureuse elle ne l'était pas

Le son d'un bipeur se fait entendre, sans aucun doute Penny était à l'hôpital, Arizona reconnaissait les bruits des pas pressés lorsqu'une urgence arrive à l'hôpital. Ses yeux s'étaient rétrécis aux révélations de l'ex petite amie de son ex- femme, son esprit restant bloqué sur deux mots « Le mois ?»

- Désolé Dr Robbins je dois vous laisser, une urgence. Quoi qu'il en soit j'ignore où elle est.

- Désolé d'avoir dérangé

Arizona stupéfaite, traitait les informations qu'elle venait de recevoir comme une douche froide. Callie ne vivait plus avec Penny depuis des mois, elle ne travaillait dans aucun hôpital de New York, ni des états limitrophes. Elle avait déracinée toute sa vie et celle de Sofia pour ça !

- Putain Callie où es -tu ? Dès que je te retrouve je t'étrangle de mes propres mains.

Les mots sortent de sa bouche dans le silence de la nuit, traduisant l'extrême anxiété de la blonde. Elle envoie à nouveau un texto

« Callie s'il te plait j'ai juste besoin de savoir si tu vas bien.

Sofia est inquiète, qu'est-ce que je dois lui dire ?

Je suis inquiète aussi ! Réponds -moi » A

Son téléphone émet immédiatement le bip signalant une réponse à son message, l'espoir renaît dans un léger sourire mais à la lecture du texte, les épaules d'Arizona s'affaissent de lassitude

« Pas maintenant. Je ne peux pas, je suis désolée » C

Arizona reprend son téléphone et passe un nouvel appel, celui de la dernière chance. La dernière fois qu'elle l'avait vu, son ex beau-père n'avait pas été désagréable, au contraire il avait montré beaucoup de compréhension. Il avait toujours eu une relation très fusionnelle avec sa fille, ils se téléphonaient pratiquement chaque dimanche, il saurait certainement quelque chose.

- Arizona hey, comment allez-vous, je voulais appeler depuis des mois j'aurai dû le faire

- Heu… pas de problème Carlos. Je téléphonais en fait par rapport à Callie… Euh… Avez- vous parlé à Callie ces derniers temps ?

- Non la dernière fois que je lui ai parlé nous avons eu un … Désaccord … Une dispute en fait, elle n'a plus téléphoné depuis.

« Oh » fut le seul mot qu'Arizona put prononcer, c'était une véritable hécatombe autour de la latine : son père, sa petite amie…

- Pourquoi quelque chose ne va pas avec Calliope ? Elle a encore fait quelque chose de stupide ? Je n'ai pas du tout apprécié qu'elle ait voulu déraciner Sofia et même si votre geste a été…Comment dire… Très généreux, vous n'auriez pas dû. Sofia doit grandir avec ses deux mères

- Mais nous étions divorcées et…

- Je sais, je sais, vous n'auriez pas dû non plus, il fallait essayer encore et plus fort.

Arizona avait envie de crier « Oh d'accord avec toi, mais ce n'est pas comme si on m'avait laissé le choix ». Mais là n'est plus la question, il y a plus grave que ça aujourd'hui, Calliope a disparu, d'accord volontairement disparue mais disparue quand même.

- On a essayé vraiment. Vous ne pouvez pas blâmer Callie, elle a essayé de toutes ses forces

- Quoiqu'il en soit elle n'aurait jamais dû envisager d'éloigner Sofia de son autre mère.

Vous ne décidez pas à un moment de faire un enfant avec un père et deux mères puis à un autre moment de le priver d'un autre parent. Sofia a perdu son père, elle ne peut pas perdre son autre mère.

Elle écoute l'homme visiblement en colère, acquiesçant silencieusement, c'est exact, Sofia ne peut pas perdre son autre mère, quelle que soit la mère dont parle Carlos.

- Depuis qu'elle est enfant, elle se promène toujours sur la rambarde et quelque fois elle saute du pont. Elle ne peut plus agir ainsi, ça n'impacte pas seulement sa vie maintenant, mais celle de ma petite fille aussi. Elle n'est plus une enfant, elle ne peut pas continuer à faire des caprices, et des choses inconséquentes. C'est ce que je lui ai dit, et depuis nous ne nous sommes plus parlés

Arizona grimace à l'emploi des mots, elle imagine la réaction de Callie. Cet homme que sa fille admire, peut la briser en une phrase, elle en a déjà été témoin. Le souvenir de la latine lorsque son père l'avait désavouée et rejetée pour son orientation sexuelle, il y a des années s'impose à elle. Elle l'avait pourtant affronté, avec force et dignité, mais chaque fois, elle avait fini par s'effondrer, en larmes dans les bras d'Arizona. C'est comme ça qu'était la femme dont elle tombait amoureuse tous les jours un peu plus, à cette époque, forte et combative, sensible et affectueuse. Arizona ne pouvait s'empêcher de se demander dans quels bras aujourd'hui, Callie pouvait bien se réfugier et pleurer si elle en avait besoin. Elle espérait qu'il y avait des bras, car elle sentait par toutes les fibres de son être, qu'elle en avait besoin.

- Ce n'est pas aussi simple Carlos, croyez- moi. Ça a été très dur pour elle, je n'ai pas été facile, je…je n'ai pas été cet homme bon dans la tempête, et elle s'est simplement épuisée à vouloir nous réparer. Ne la blâmez pas, elle est toujours cette fille forte et honorable, mais elle est humaine.

- Vous lui trouvez toujours des circonstances atténuantes ! Vous la défendez encore ! C'est bien ce que je dis, elle n'aurait jamais dû vous quitter. On ne quitte pas autant d'amour, on se bat.

Bouleversée par les mots de l'homme qui, il y a encore quelques années, était clairement homophobe, Arizona voulait mettre fin à cette conversation. Elle ne pouvait pas emprunter le chemin de ce qu'elle ressentait encore, ou pas pour son ex-femme, ce n'était plus d'actualité, ce bateau avait navigué, avait fait face aux pires tempêtes et avait fini par naufrager.

- Okay, je n'arrive pas à la joindre, mais je suppose que son téléphone ne fonctionne pas, j'essaierai plus tard. Désolé de vous avoir dérangé.

Dans sa tête les pensées s'entrechoquent, fermant les yeux pour analyser toutes les informations qu'elle vient de glaner, Arizona essaie d'y voir clair. Callie doit être anéantie, elle n'a plus de petite amie pour dieu sait quoi, son père l'a encore une fois blâmée pour ses décisions qu'il juge intempestives, elle a quitté son emploi et pour couronner le tout, pour une raison absolument incompréhensible elle a renvoyé Sofia, et n'a plus sa fille non plus.

Arizona sait trop bien par expérience, que lorsque tout s'effondre autour de soi, seul, son enfant peut aider à trouver la force de poursuivre, pour lui. Tant de fois, elle avait trouvé le courage de sortir du lit le matin et d'affronter la vie seulement pour Sofia. Callie n'avait plus rien, enfin à sa connaissance elle n'avait plus rien. Ce n'est peut -être pas ses affaires désormais, mais cette pensée la chagrine au-delà de ce qu'elle aurait pu imaginer.

Personne ne savait où était la latine, Arizona avait interrogé Meredith avec laquelle Callie avait noué des liens d'amitié solides et Owen dont elle s'était rapprochée alors qu'ils vivaient en même temps la perte de leurs femmes traumatisées, à la suite d'un crash d'avion. Tous les deux s'étaient clairement engagés dans la team « pro Callie » lors du procès pour la garde. Elle espérait qu'ils étaient au moins restés en contact. Elle avait même téléphoné à Cristina en Suisse, à Addisson à Los Angeles, mais personne n'avait entendu la voix de l'orthopédiste depuis des mois.

Elle avait donc entamé un travail de fourmi, elle appelait tous les hôpitaux du pays et demandait à parler au Dr Torres en tant que collègue. Cela faisait plus d'une semaine qu'Arizona téléphonait, Sofia était de plus en plus préoccupée de ne pas pouvoir voir sa mama en Face Time, ni lui parler au téléphone. Elle n'était pas habituée ainsi, ses mamans l'appelaient tous les soirs avant qu'elle ne s'endorme, peu importe avec laquelle des deux, elle était, et cette situation l'angoissait visiblement. Arizona avait les mêmes pensées que sa fille et taisait ses craintes pour tenter, sans y parvenir vraiment, de rassurer son enfant.

Après avoir consacré une semaine à des appels infructueux, Arizona devait se rendre à l'évidence, comme Eliza, Callie s'était fantômisée. Le concept l'avait vraiment choquée quand Eliza avait disparu. Qui traite les gens ainsi ? Je te prends et je te jette sans un mot. Elle avait été plus blessée d'avoir été considérée comme quantité négligeable, que d'avoir perdu son amante. Avec Eliza, elle s'était enflammée à l'idée de ressentir quelque chose. Deux ans après son divorce, elle se sentait encore vide à l'intérieur, elle ne se pensait pas prête à avoir des sentiments pour quelqu'un d'autre, mais Eliza bizarrement brune, grande et ortho, avait réveillé la femme qui avait besoin de croire encore en l'amour. Cela n'avait été qu'une histoire de quelques semaines et, rétrospectivement, elle réalisait qu'elle s'en était remise aussi vite que passe une étoile filante dans le ciel. Callie se fantômisant était inimaginable. Sa Calliope n'aurait jamais eu aussi peu de considération pour quelqu'un, sauf si elle n'y était absolument contrainte. Elle en était totalement persuadée et commençait à imaginer les pires scénarios. Alors qu'elle passait machinalement un énième coup de fil, s'attendant à recevoir la énième même réponse, une personne au bout du fil lui répond

- Nous avons bien une docteure Calliope Torres ici. Voulez -vous que je vous mette en relation avec sa chambre ?

Le sang d'Arizona se glace dans ses veines.


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