Clause de non responsabilité
Hélas, je ne possède toujours pas les personnages, ils appartiennent à Shonda Rhimes. Ce travail est à but non lucratif, juste pour le plaisir. J'espère que vous prendrez du plaisir aussi.
Merci pour les commentaire. C'est sympa et c'est la seule récompense pour le travail.
Chapitre 2
« Portland, Portland » pense Arizona, elle n'était pas si loin. Elle avait bizarrement encore choisi cet endroit. Elle sourit, ce même endroit, où il y a des années, la blonde avait craint qu'elle ne déménage pour travailler. C'était le tout début de leur relation, elle ne savait même pas si elle avait le droit de lui demander de rester, mais de toute évidence, elle voulait qu'elle reste. Elles avaient franchi une étape dans leur relation ce soir-là, le début de l'engagement.
De l'eau était passée sous les ponts depuis ce jour, aujourd'hui il n'était plus temps de tergiverser et de se demander si elle avait le droit ou pas, elle le prenait sans hésitation, ni scrupule.
Elle avait organisé la garde de Sofia pour les trois prochains jours, arrangé son planning au travail, demandé à ses parents de se tenir prêts à venir aider pour Sofia, car elle ignorait ce qu'elle allait trouver à Portland, mais ce dont elle était certaine c'est qu'elle allait tout faire pour le découvrir. Sa voiture chargée elle part très tôt vers Portland.
Arrivée à l'hôpital elle se présente comme une visiteuse anonyme
- Bonjour pourrais-je connaitre le numéro de la chambre de Mme Calliope Torres s'il vous plait
- Chambre 2507 service oncologie
Elle ferme les yeux, se concentrant pour refréner une terrible envie de vomir, et court vers les toilettes. Depuis qu'elle a appris que Callie était hospitalisée, elle ne pouvait s'empêcher d'envisager cette éventualité. Elle était chirurgien, elle savait que de nombreux cancers guérissaient, cependant, ça restait le diagnostic redouté. Devant le miroir des toilettes, elle tente de se refaire un visage avant de rejoindre la chambre 2507, et se confronter à la femme qu'elle n'a pas vu depuis six mois. Les pièces se mettent en place dans sa tête, le cancer est la raison de la disparition de Callie. Absorbée par ses pensées elle ne tourne même pas la tête à l'arrivée d'une autre personne dans la salle de bain.
- Arizona ? Tu travailles à Portland ?
- Colleen ? Non je viens rendre visite à….
- Oh une consultation ? Il parait que tu es très demandée interrompt l'infirmière visiblement secouée par la rencontre et rougissant un peu.
Arizona un peu flattée par l'admission que la pauvre Colleen toujours aussi émotive avait suivi sa carrière, jette un rapide regard sur la tenue de son ex conquête.
-Tu as pris un poste dans cet hôpital ?
-Pas depuis longtemps, mais… L'esprit vif de la blonde saisit immédiatement l'opportunité de glaner quelques renseignements
- Colleen aurais -tu vu Callie ?
- Le Dr Torres travaille ici aussi ? Euh… Non je ne suis ici que depuis une semaine, et je n'ai pas encore tous les repères
- Colleen j'ai besoin de toi
- Quoi ? Euh…Arizona c'est que j'ai une petite amie maintenant et…
- Oh non, non, non désolé. Je veux dire il faudrait que tu m'aides. Elle pose les yeux sur la tablette que tenait l'infirmière. Si elle n'était pas aussi angoissée, elle rirait du quiproquo. Cette conversation ressemblait à un dialogue de sourds. L'embarras de Colleen amuserait certainement beaucoup Callie aussi, ça pourrait être une bonne entrée en matière ou…. pas…
Elle réalise avec regrets qu'elle ignore tout de son ex-femme, avec laquelle elle a coupé les ponts depuis six mois, la laissant libre de vivre son bonheur, et essayant de son côté également de trouver le sien.
Dans quel état d'esprit et surtout de santé, allait-elle la retrouver ? Elle devait donc se préparer autant que faire se peut, à réagir de façon adéquate, et pour cela elle devait avoir le plus d'informations possible. La tablette de Colleen contenant le dossier médical de Callie apparaît comme une alternative miraculeuse.
- Pourrais-tu me connecter au dossier de Callie. Tu vois Callie est hospitalisée ici… et je ne sais pas exactement ce qu'elle a. Euh… je crains qu'elle ne me le dise pas, je dois absolument savoir, pour pouvoir l'aider… Et comme nous sommes divorcées on ne me donnera pas les renseignements médicaux tu comprends ?
- Vous êtes divorcées ? Dr Torres et toi ! Non ce n'est pas possible ?
L'infirmière ne cache pas sa stupeur. Quand elle avait quitté Seattle, Callie et Arizona formaient un couple formidable, elles étaient une référence à l'hôpital. Les imaginer séparées étaient un peu triste et déconcertant.
- C'est une longue histoire pour un autre jour. Oh et j'ai perdu ma jambe gauche aussi dans un crash d'avion. Colleen j'ai besoin de ces informations.
Elle avait parlé à cette vitesse vertigineuse qui témoignait de son état d'anxiété, mais qui mettait l'auditeur en face dans le même état. Cela faisait beaucoup d'informations incroyables, pour une fille aussi sensible que Colleen qui avait en plus, visiblement gardé un béguin pour la blonde, depuis cette petite histoire qu'elles avaient partagée, il y a des siècles.
Quelque peu déroutée, mais sensible au ton suppliant d'Arizona, l'infirmière tend sa tablette et lui donne son mot de passe afin de lui permettre de tout apprendre de l'état de santé de son ex-femme.
Le visage d'Arizona se décompose à la vue des examens de Callie. C'était mauvais, vraiment mauvais. Elle rend la tablette à Colleen, s'excusant tout en se dirigeant vers la porte.
- Arizona ça va aller ?
- Ouai ça va aller, il faut que ça aille elle prononce ces mots plus pour elle que pour l'infirmière abandonnée au milieu de la pièce.
Callie était allongée dans son lit d'hôpital, fixant son téléphone, elle faisait ça tout le long de la journée depuis plusieurs jours. Elle n'arrivait à se concentrer sur rien. Aucune émission de télévision ne l'intéressait, aucune lecture ne pouvait garder son esprit captivé, elle se sentait vide à l'intérieur. Elle faisait défiler inlassablement les photos de sa vie heureuse il y a des années : Sofia au jardin d'enfants, Sofia sur le toboggan, Sofia sur la balançoire, Sofia dans le bain, Sofia et Arizona se délectant de glaces jusqu'au bout de leur nez. Elle ricane au souvenir de cette dernière. Après avoir pris la photo des deux êtres les plus adorables qu'elle n'ait jamais eu dans sa vie, elle avait essuyé le bout du nez de sa femme comme si elle avait l'âge de leur fille, elles avaient échangé un regard et attrapé un fou rire. C'était comme ça quand tout allait bien, Arizona avait cette capacité de rendre extraordinaires tous les moments ordinaires de la vie. Elles riaient de tout, s'embrassaient tout le temps, échangeaient un regard à travers une pièce et savaient ce que l'autre pensait, elles s'effleuraient en rentrant dans une salle de réunion et leur corps s'enflammaient, elles se disaient des mots d'amour avec les yeux. Bien sûr, elles s'étaient affrontées sur de nombreux sujets, mais elle n'avait jamais aimé quelqu'un aussi fort et personne ne l'avait jamais rendue aussi heureuse. Jusqu'à ce jour, où elle l'avait perdue dans les bois de l'Idaho.
Elle se laisse emporter dans les souvenirs. Arizona était géniale, elle comprenait les gens, les respectait, elle avait toujours une attitude et un comportement bienveillant. Elle était géniale avec les enfants et particulièrement avec leur fille qui lui vouait non seulement un amour mais aussi une admiration sans limite. Une maman qui sauve les bébés avant même qu'ils ne soient nés, c'est tout simplement un super héros. Ouai Arizona était le super héros de Sofia et Callie adorait cette idée. Fixant toujours la photo, son sourire s'efface cependant peu à peu, elle en était persuadée personne mieux que son ex -femme saurait faire traverser tout ça à Sofia et au final elle voulait croire que son bébé irait bien avec Arizona.
Quand elle lève la tête de son téléphone une blonde, un demi sourire sur le visage, debout dans l'embrasure de la porte de la chambre d'hôpital, l'observe.
- Hey
L'estomac de Callie tombe dans ses talons, elle ne peut pas croire qui est devant ses yeux.
- Qu'est-ce que tu fais là Arizona ?
- Ça m'a pris un peu de temps mais j'ai fini par te trouver. La blonde affichait une apparence extérieure fière et un tantinet suffisante, alors qu'à l'intérieur de son corps, elle pouvait sentir ses tripes se retourner
- Tu dois partir Arizona. Où est Sofia ?
- Moi aussi je suis ravie de te revoir
Le sourire toujours plaqué sur son visage Arizona avance dans la chambre ignorant les remarques de Callie. L'air exaspéré, la brune se redresse dans son lit. Les traits crispés sur son visage, les sourcils froncés formant un pli vertical sur son front, signalent à l'autre femme qu'elle pourrait bien sortir de ses gongs.
- Arizona arrête ça ! Fais ce que je te dis s'il te plait. Prend soin de Sofia soyez heureuses et laisse- moi. Va-t'en s'il te plait !
Pas vraiment surprise de la réaction de son ex-femme, même si elle ne s'attendait peut-être pas à autant d'acidité dans le ton, Arizona, se montre calme et résolue. Elle avait déjà fait face aux foudres de Calliope Torres maintes fois, cela avait cessé de l'impressionner.
- Non, toi tu arrêtes ça immédiatement ! Okay ? D'abord tu n'as pas à me dire ce que je dois faire, je suis une grande personne et je sais très bien ce que je dois faire par moi- même. Ensuite ma fille, m'a été renvoyée comme un paquet, sans explication. Que suis -je censée dire à ma fille pour la rassurer ? Pour qu'elle cesse d'inventer des scénarios plus terribles les uns que les autres ? Notamment que sa mère l'a abandonnée, parce qu'elle la punit d'avoir été triste à New York. Détail dont tu as omis de me parler en passant. Comment puis-je la convaincre de ne pas grandir avec cette idée, si moi-même je n'ai pas de réponse ?
- Ce n'est pas comme si tu avais manifesté une forte envie de me parler non plus. Marmonne la brune visiblement contrariée.Quoiqu'il en soit, ce n'est plus tes affaires, la dernière fois que j'ai vérifié, nous étions divorcées et je ne pense pas être la seule responsable de ça ! Son ton sarcastique de plus en plus élevé témoigne d'une irritabilité grandissante.
Alors creuse ton imagination et raconte- lui une jolie histoire, comme j'ai dû le faire tant de fois. Quand tu refusais de quitter cette chambre, dans laquelle elle savait que tu étais, alors que tu ne voulais même plus la regarder ! Ou attend elle ricane amèrement, quand nous avons dû déménager chez Meredith parce que je ne pouvais même pas croiser le regard de la femme qui m'avait trompée, sans avoir des nausées ou encore quand, J'AI dû être celle qui ait pris la décision d'en finir car TU n'avais pas le courage d'assumer que tu faisais, encore une fois, le choix de ta carrière plutôt que ta famille. Elle était hors d'elle, la colère et la haine semblant sortir par toutes les pores de sa peau.
Alors ne vient pas me parler d'abandon de ma fille Arizona ! Pas toi ! Je ne te demande qu'une seule chose prends soin d'elle et s'il te plait sors de ma chambre maintenant.
Les phrases avaient été dites comme si Callie les ruminait depuis longtemps, le ton était mordant et volontairement blessant, elle s'agitait, gesticulait, suffoquant pratiquement. Elle n'était plus en capacité de contrôler ses nerfs. Arizona debout, immobile au milieu de la pièce déglutit avec difficulté. Elle avait subi l'attaque comme si elle venait de recevoir une tonne de brique sur la tête. Six mois sans échange et au bout de deux minutes, elles se hurlaient encore dessus. Il n'y avait jamais eu autant de violence dans les mots de Callie, même durant les périodes les plus difficiles, jamais des mots aussi cruels n'avaient été prononcés. Elle connaissait suffisamment Callie pour tout savoir, de ses crises de colère et de ses abus de langage dans ces moments- là. Elle ne l'avait cependant jamais vue ainsi, froide et tranchante comme une lame de 10.
Elle recule lentement continuant à lui faire face, les yeux brillants des larmes qu'elle essayait de retenir, des sincères regrets sortent d'une voix étranglée juste au-dessus d'un murmure.
-Tu as encore tellement de colère et de rancœur en toi Callie inclinant la tête vers la femme allongée, la fixant droit dans les yeux, comme si c'était la dernière fois qu'elle croisait son regard, elle ajoute dans un soupir : …et je suis tellement désolée que ce soit ma faute.
Elle avait à peine quitté la chambre que les larmes coulaient sur le visage de Callie, elle cache son visage dans l'oreiller, ferme les yeux essayant d'oublier ce qu'il vient de se passer.
Épuisée émotionnellement, elle s'était assoupie quelques heures, durant lesquelles, son subconscient l'avait rattrapée. Elle avait rêvé de Sofia, revue les moments où Arizona et Sofia se cajolaient sur le canapé devant les éternels dessins animés Disney, qui semblaient donner autant de plaisir à la mère qu'à la fille. Elle est bouleversée d'avoir encore une fois, crié avec autant d'agressivité sur Arizona, mais il le fallait, car Arizona ne devait pas être là, cela ne faisait pas partie du plan. Les yeux encore fermés elle sent une présence
- Encore une chose
- Arizona ! Callie rompue aspire à une trêve, elle ne se sent pas de taille à recommencer à se battre.
- Ecoute moi! Tu te tais et tu m'écoutes. Nous sommes tombées d'accord sur ça, il y a longtemps déjà, je suis la pire épouse que l'on puisse avoir. Sois rassurée, je suis toujours d'accord avec toi sur ce point. Mais je ne suis pas mauvaise en tout, je suis un excellent chirurgien un des meilleurs en fait, je pense que je suis une assez bonne amie, mais avant tout j'essaie toujours d'être une bonne maman. Je peux faire des erreurs, j'ai pu faire des faux pas mais c'est toujours par amour, parce que, depuis le jour où j'ai entendu le battement de son cœur, je veux seulement le meilleur pour elle. Ici, il ne s'agit pas de moi ou de toi, et il ne s'agit pas non plus de « nous ». Un sourire en coin ironique apparaît malgré elle. Ce « nous » qui a d'ailleurs cessé d'exister depuis longtemps. Il s'agit d'elle. Je suis ici pour ma fille
-Notre fille ! Arrête de dire ma fille
- Exactement notre fille. C'est la mienne et c'est la tienne aussi, alors tu ne peux pas disparaître de la vie de notre fille, comme si elle ne comptait pas. Sinon je me lève et je me bats, même contre toi, parce que je défends ce que je pense juste pour ma fille.
Callie ne peut réprimer un gloussement, Arizona sur le pied de guerre, prête à en découdre, était sa préférée. Les dernières années elle n'avait eu droit qu'à l'Arizona abattue, ou amère et agressive ou encore, coupable et désolée, mais plus l'Arizona combattante. Elle baisse les yeux évitant le regard bleu.
- Moi aussi je veux seulement le meilleur pour elle, même si j'ai fait des faux pas. J'essaie d'être une bonne mère aussi en ce moment. Elle inspire profondément pour trouver l'énergie d'exprimer les mots qu'elle ne voulait pas prononcer. Arizona, tu as vu dans quel service je suis ? Elle pouvait sentir Arizona hocher la tête. Elle ne peut pas vivre ça. Je ne veux pas qu'elle vive ça, okay ?
Elle aurait voulu absolument éviter cette conversation, elle n'était pas sure d'en avoir le courage, mais la blonde ne lui laissait pas le choix
Si quelqu'un peut comprendre ça c'est toi Arizona. Tu es déjà passée par là. Je disparais de sa vie parce que je l'aime et que je dois la protéger de toute la merde qui m'attend.
Les montagnes russes, c'était le problème entre elles, ça l'avait toujours été. Elles passaient de la fureur à l'affection, de l'envie de s'étrangler, au désir de se blottir dans les bras l'une de l'autre en quelques secondes.
Éminemment émue par ses mots, Arizona comprenait parfaitement le cheminement des pensées de son ex-femme. Elle avait emprunté ce même raisonnement quand elle était persuadée qu'elle ne pourrait plus prendre soin de sa fille avec son handicap. C'était une des étapes les plus douloureuses, elle savait que reprendre confiance en soi était un travail long et difficile. Elle ne convaincrait pas Callie aujourd'hui, qu'elle faisait fausse route, qu'elle-même reconnaissait maintenant s'être trompée sur toute la ligne et que cette erreur lui avait coûté beaucoup. Mais elle ne désespérait pas de le faire, en attendant elle voulait juste être là pour la soutenir.
-Je sais. Je sais ça Callie. Donc okay on peut reparler de Sofia et comment lui présenter les choses plus tard. Elle doit juste savoir pour l'instant, que je suis avec toi maintenant et que tu vas bien. Elle sera rassurée.
-Attend, attend qu'est -ce que tu veux dire par : « je suis avec toi maintenant »
-Je veux dire que l'on va étudier ton cas et voir le meilleur plan pour toi, et …
- Le meilleur plan pour moi est que tu rentres à Seattle ce soir. Prends soin de notre fille et comme il se fait tard tu devrais partir de suite pour ne pas conduire la nuit. Tu dois prendre soin de toi, elle n'a plus que toi sur qui compter.
Elle sentait un nouveau combat revenir. Oh mon dieu elle avait oublié les disputes avec Arizona, elles étaient épuisantes. La blonde, déclenchait rarement la bataille, mais quand elle s'y engageait, elle était pire qu'un chiot qui ne veut pas lâcher son os. Callie se souvient de son entêtement avec Hermann, mais il faut reconnaître qu'elle a sauvé la vie d'Hermann. C'était la première fois depuis le crash, qu'elle la voyait se battre pour quelque chose d'autre qu'elle -même. Elle aurait préféré que ce soit pour leur amour, pour leur famille, mais elle était tout de même heureuse de la voir assez confiante pour imposer son point de vue face à son mentor autoritaire et revêche.
Cette Arizona lui avait beaucoup manqué. Elle lui rappelait la femme au début de leur relation, quand sa famille l'avait rejetée, ou quand elle n'arrivait pas à réclamer au chef Weber sa réintégration, après la fusion du Seattle Grace et de Mercy Ouest. Arizona était toujours à ses côtés, pour toutes les crises, ne l'a jamais blâmée pour ses réactions impulsives, elle était juste à ses côtés pour l'aider à dépasser son orgueil surdimensionné, ou pour simplement la prendre dans ses bras et la consoler. Et ça fonctionnait toujours, son sourire, ses fossettes, ses paroles rendaient toujours tout meilleur. Arizona la comprenait si bien à cette époque.
La fraternité avec Hermann, même si elle avait eu raison de leur couple, et de leur famille avait été bénéfique pour son ex-femme. La femme psychorigide lui avait appris que l'essentiel était la vie et tout ce que Callie lui avait répété pendant des années « Pour sauver ta vie ! » « A un moment tu dois te lever, arrêter de pleurer et vivre » avait pris un sens dans la bouche d'une autre femme. Callie se rappelle avoir été jalouse de cette relation, elle l'observait à distance, Arizona riait, elle était lumineuse, paraissait épanouie. Encore une fois elle contemplait son échec, elle n'était pas celle qui pouvait aider Arizona, elle ne pouvait pas être son docteur, car elle était sa femme, mais manifestement elle ne pouvait pas être sa femme non plus.
Comment peut- on dire « je t'aime », « j'ai besoin de toi », « tu es mon ancre », et ne pas accepter l'aide de la femme qui t'aime ? Elle se rappelle la confusion qui la tourmentait, et dirigeait ses actes, elle se souvient parfaitement de sa désespérance, et du moment exact où elle a décidé qu'il fallait officialiser leur séparation, clarifier la situation, divorcer et vendre la maison.
Elle jette un coup d'œil sur la femme assise, les sourcils froncés, elle mâchouillait ses lèvres, tordait ses doigts. C'était un tic qu'elle avait, lorsqu'elle se concentrait. Elle savait qu'elle était en train de chercher LA solution, celle qui satisferait les besoins de tous, de Sofia et de Callie, parce que c'était comme ça qu'était son ex- femme avant de mettre le pied dans ce putain d'avion.
- Callie je ne vais pas repartir à Seattle, tu n'es pas toute seule tu m'entends.
- Arizona pour la dernière fois Tu n'es pas mon médecin, tu n'es pas ma femme ce n'est plus tes affaires
- Inutile de me le rappeler, je sais que nous avons divorcer, je ne pourrai jamais l'oublier tu sais. Peux- tu me dire de qui c'est l'affaire? Peux-tu me montrer ton système de soutien ?
La blonde ne voulait pas évoquer Penny, elle préférait que Callie lui parle quand elle le jugerait nécessaire, mais malgré la perche lancée, son ex-femme ne s'en saisit pas et élude la question.
- Je n'en n'ai pas besoin
- Vraiment, tu crois ça ? Tu peux le répéter, en me regardant dans les yeux cette fois.
Elle fixe la brune, le regard interrogateur. Cet air effronté sur le visage, lui donnait l'allure d'une adolescente trop sure d'elle qui pense que la vie n'a plus aucun secret pour elle. La latine cache le sourire qui se lisait sur ses lèvres
Elle prend une profonde inspiration, c'était évidemment naïf d'imaginer que les choses allaient se passer comme elle les avait prévues, rien ne se passait jamais comme elle le voulait avec cette femme.
Elle avait passé beaucoup de temps à New-York à réfléchir aux raisons qui les avaient conduites à ce point de fracture, elle avait appris de leurs expériences passées.
Rentrer dans un conflit avec Arizona était la dernière chose qu'elle souhaitait. La blonde allait s'entêter, elle en ferait autant, et tout cela finirait immanquablement par des blessures inutiles. D'une voix douce, avec une infinie tendresse, elle entreprend le dur labeur de persuader son ex-femme.
- Arizona, tu ne peux pas vivre ça encore, tu ne pourras pas te relever de ça. Tu sors juste la tête de toute cette merde, le crash, le divorce, le tribunal. Je ne veux pas de toi près de moi, pas après tout ça, pas après ton frère, pas après Nick. Je te veux près de notre fille, joyeuse et pas brisée, souriante et sans larme. Heureuse ! j'ai besoin de toi heureuse… Arizona peux -tu faire ça… pour moi ?
Arizona restait muette. Elle était troublée. Elle ne se souvenait pas la dernière fois que son ex- femme lui avait parlé avec autant d'affection. Elle entendait la sincérité dans les mots de son ex femme, la regardait avec une émotion qu'elle ne pouvait dissimuler. Ne pouvant soutenir davantage, ses beaux yeux tendres, elle avait baissé la tête sur ses genoux, jouant avec une peluche invisible sur son pantalon. Elle retrouvait à travers ces mots, la femme protectrice à l'excès, aimante et attentionnée, qui l'avait faite tomber amoureuse, comme elle ne le savait pas possible il y a presque dix ans. Comment Callie, pouvait-elle imaginer qu'elle pouvait être gaie et heureuse, la sachant seule, alitée dans un hôpital ? Elle était écartelée entre, l'envie de hurler qu'il n'y aurait pas de situation de Nick ou de Tim, ou de Marc, que cela ne pouvait pas arriver, qu'elle ne savait pas encore comment, mais qu'elle ne pouvait pas le laisser arriver, et le désir de répondre à ce que voulait son ex-femme, la volonté d'être enfin à la hauteur de ce qu'elle attendait d'elle. Devant le silence, Callie continue d'essayer de la convaincre.
- Quand tu souriais tu rendais toutes les choses meilleures, quand tu posais tes yeux sur les gens que tu aimais, ils se sentaient important, tu les inspirais pour devenir meilleur. Regarde Karev, elle ricane à l'évocation du pédiatre insolent, le poulain d'Arizona, qui était devenu son petit frère au fil des ans. Qui aurait dit que Karev devienne non seulement ce professionnel compétent, mais aussi cet humain attachant. J'ai besoin de toi comme ça pour Sofia okay ! J'ai juste besoin d'être sure qu'elle est avec la femme géniale avec laquelle je voulais une grande maison, dix enfants, un chien, et peut-être même quelques poulets. S'il te plait tu peux faire cette dernière chose pour moi ?
L'évocation des poulets, le souvenir du temps lointain où elles faisaient des projets de vie commune déclenchent un petit gloussement de la blonde malgré l'émotion qui l'envahit, ou parce que trop d'émotions contradictoires la submergent.
Elle est triste à en mourir de cette situation, mais que Callie ait des souvenirs heureux de leur passé, même si cela la surprend, lui donne un sentiment confortable, dont elle ignorait qu'elle avait besoin.
Elle avait fini par se persuader qu'elle n'avait été que toxique, n'avait apporté que du chagrin et de la douleur dans la vie de son ex-femme. Au départ il y avait eu toutes les hésitations. S'engager à fond dans cette relation lui faisait peur car elle ne contrôlait rien, ni ses propres sentiments qui dépassaient tout ce qu'elle n'avait jamais ressenti, ni la bisexualité de Callie qui la mettait dans une insécurité irrationnelle, accentuée par la présence quasi permanente de Marc, dont Callie ne pouvait apparemment pas se passer.
Ensuite, elle avait failli tuer sa femme et sa fille dans un accident de voiture. Même si Callie ne lui a jamais fait le moindre reproche à ce sujet, cet accident était à l'origine de son impossibilité d'enfanter. La culpabilité rongeait la blonde depuis le soir où elle l'avait appris. Pourtant avec son grand cœur Callie s'était apparemment résignée, elle s'était contentée d'affirmer que ce qu'elles avaient dans leur vie, était déjà beaucoup, elles étaient ensemble, avaient une enfant merveilleuse, une maison. Arizona voulait tellement croire que ce serait effectivement suffisant, elle avait pris sa femme dans ses bras pour la consoler. Rétrospectivement, elle réalisait, que c'était peut -être beaucoup, mais certainement pas assez. Encore une fois, face au danger, elle avait préféré faire l'autruche et enfoncer sa tête dans le sable, ou dans ce cas précis, dans le cou de sa femme, plutôt que d'y faire face. Cette résignation ne ressemblait pas à Calliope, c'était le début de la fin, Callie avait commencé à abandonner ce soir-là.
Si on ajoute à l'ensemble de son œuvre, son comportement insensé et agressif après le crash d'avion et le clou du spectacle : l'adultère dont elle était bien certaine que Callie n'avait oublié aucun détail, Arizona ne s'attendait pas à la moindre affection de son ex-femme car elle ne voyait vraiment pas pourquoi elle la mériterait.
Elle avait écouté Callie, attentivement, sans un mot, ses yeux brillaient des larmes non versées. Elle acquiesçait en hochant la tête, elle ferait tout ce dont Callie avait besoin. Elle avait bien noté que son ex- femme employait le passé quand elle décrivait l'Arizona dont elle était tombée amoureuse, celle qu'elle avait définitivement perdue dans les bois de l'Idaho. Même si le manque d'espoir de Callie l'attristait, elle devait être forte, lui montrer qu'elle n'était plus la femme déchirée et sinistre qu'elle avait quittée. Plus de tête enfoncée dans le sable. Elle pourrait être présente pour elle et pour leur fille aussi. Elle pouvait elle aussi, être une ancre, et un roc. Elle était à nouveau cet homme bon dans la tempête.
Ce que Callie avait décidé de vivre et surtout, la façon dont elle avait décidé de le vivre demandait une certaine forme de courage. Callie était capable d'affronter les pires choses, de tout porter sur son dos et de continuer à protéger ceux qu'elle aimait. Arizona avait toujours admiré cette immense générosité chez la latine, et pour la première fois depuis longtemps, elle avait ressenti l'envie irrésistible de la serrer dans ses bras, de passer ses mains dans ses magnifiques cheveux épais, les peigner de ses doigts pour l'apaiser et la convaincre que ça irait, qu'elle devait garder la foi en la médecine, en dieu, en tout ce qui pourrait l'aider pour traverser cette nouvelle épreuve. C'est certainement ce qu'elle aurait fait… avant, mais elle n'était plus autorisée, ce n'était plus son rôle. Avant de se lever, pour quitter la pièce, elle pose sa main sur le bras de la brune, s'y attardant un peu plus qu'elle ne devrait, elle caresse timidement la peau cuivrée.
- Elle a besoin de toi aussi, elle a besoin de nous deux.
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