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CHAPITRE V.
N°81 - 13 Janvier 2024 (5)
20 Janvier 2024 – Bibliothèque de Poudlard, Ecosse
Rose avait l'habitude de collecter l'information, de l'analyser, de la traiter, et de la restituer sous la forme la plus complète et claire possible.
Mais ce jour-là, elle nageait dans un flot d'informations qu'elle ne parvenait pas à rationaliser, à mettre au clair et elle doutait de sa capacité à restituer la vérité.
Tout d'abord, Scorpius Malefoy savait qu'elle était Freckles et il avait l'air décidé à la forcer à se dévoiler à toute l'école. Depuis des années, Roxanne essayait de la convaincre qu'elle n'avait rien à perdre en révélant qui elle était, sans succès. Rose savait ce qui se passerait si les autres élèves apprenaient que c'était elle, la plume de la Gazette de Poudlard. Ils la verraient. Elle ne pourrait plus se cacher, ni passer inaperçue. Elle ne pourrait plus laisser traîner ses yeux et ses oreilles en toute impunité. Elle serait visible. Exposée.
Et surtout, et c'était certainement ce qui lui faisait le plus peur, elle risquait de perdre son petit frère, Hugo. Sa confiance. Son admiration. Il ne pourrait jamais lui pardonner ce qu'elle avait fait.
Non, elle ne savait pas ce que Scorpius Malefoy mijotait, mais il était hors de question qu'elle se laisse intimider. S'il pensait qu'elle révélerait son identité à toute l'école, il se trompait. Il était impératif qu'elle le fasse changer d'avis. Qu'elle lui explique les mille-et-une bonnes raisons pour lesquelles dévoiler l'identité de Freckles serait une mauvaise idée. Pour elle, bien sûr, mais pas seulement. Rose avait consacré ses dernières années à la Gazette de Poudlard, presque jours et nuits. Elle ne pouvait pas le laisser piétiner toutes ces années de travail seulement parce que son égo était un peu froissé.
Et puis si l'article qu'elle avait publié dans la rubrique « Les Cœurs de Poudlard » lui avait tant déplu, pourquoi n'avait-il pas tout simplement nier les faits ? Pourquoi n'avait-il pas expliqué à Beau ce qu'il se passait vraiment entre lui et Melody, plutôt que de laisser son ami croire qu'il sortait réellement avec son ex-petite amie, et apparemment la fille dont il était toujours amoureux, si ce n'était pas le cas ?
Parce que Rose n'était pas folle. Elle savait ce qu'elle avait vu. Ce qu'elle avait entendu.
Scorpius ne sortait pas avec Melody Queen. Roxanne les avait bien vus s'embrasser, il n'y avait aucun doute là-dessus. Mais cette histoire était plus compliquée qu'elle ne le paraissait, Rose en était désormais persuadée. Si sa curiosité de journaliste démangeait sa plume, elle avait cependant décidé de ne pas s'emmêler davantage dans une histoire qui ne la regardait en rien. Ce qu'il se passait entre Beau, Melody et Scorpius était privé, personnel. Elle avait déjà fait bien assez de mal comme ça en publiant son article.
Non. Elle avait un sujet plus important auquel consacrer son temps. La circulation de comprimés Cogite-plus-fort qui s'invitaient de jour en jour dans les couloirs de l'école, dans le secret des nombreux passages dissimulés derrière une tapisserie, un tableau, une armure ou une statue, et même, jusque dans le confort des Salles Communes. Aucune des quatre Maison n'était épargnée.
Lorsque Brutus Strongfeet, un élève de Gryffondor de cinquième année, avait perdu connaissance pendant un examen blanc à la fin du premier trimestre et avait passé presque une semaine à l'infirmerie sous les bons soins de Monsieur Whiteblouse, personne ne s'était douté de ce qui était en train de se passer. Mais quand deux jours plus tard, Nkwabi Kreeasen avait été amené à l'infirmerie dans les mêmes conditions que Brutus, Monsieur Whiteblouse avait lancé l'alerte : les deux élèves avaient consommé la même chose, en excès, jusqu'à ce que leur cerveau, sur-sollicité, ne craque. Très vite, le corps enseignant avait découvert que les élèves de Poudlard étaient devenus friands d'un petit comprimé rose, mais jusque-là, personne n'avait réussi à découvrir qui les avait introduits à Poudlard.
Rose, en revanche, était arrivée à la conclusion que ces comprimés n'avaient jamais été « introduits » à Poudlard. Ils étaient fabriqués sur place. Elle avait consulté une dizaine d'ouvrages différents sur ces produits, avait interrogé sa mère pendant les vacances de Noël pour savoir si elle savait quelque chose sur ce comprimé, et avait envoyé de multiples hiboux à certains des plus grands Médicomages et alchimistes du pays pour se renseigner sur ce comprimé mystère, sans succès. Personne n'avait jamais entendu parler de ce comprimé, parce qu'il était parfaitement inédit. Sa composition était originale et il n'était pas vendu sur le marché. Il n'avait même jamais été breveté.
En petite quantité, ce comprimé avait les mêmes effets que nombre de potions et pastilles similaires sur le marché : il permettait à celui qui en consommait de manière modérée et exceptionnelle d'avoir un regain d'énergie et de vivacité d'esprit. En soit, ce comprimé n'était ni dangereux, ni illégal.
En revanche, sa consommation pendant un examen pouvait être considérée comme un acte de tricherie, et sa surconsommation, comme n'importe quoi d'autre, pouvait avoir de sérieuses conséquences sur la santé du sorcier ou de la sorcière qui en consommait et des effets sur la durée qui n'étaient pas à prendre à la légère.
C'est pourquoi Rose était bien décidée à découvrir qui était à l'origine de ce petit comprimé rose et à lever la vérité sur le petit trafic qui avait envahi l'école.
Elle savait déjà où trouver certains des élèves qui en vendaient. Mais aller les voir directement et leur poser des questions pourraient éveiller les soupçons, ce qui n'était pas souhaitable si elle voulait apprendre la vérité. Plus elle restait invisible, plus elle était susceptible de voir ou d'entendre quelque chose d'intéressant.
Et pour l'instant, elle avait seulement de quoi écrire le premier article du dossier qu'elle espérait bien publier dans le prochain numéro de la Gazette de Poudlard. C'était trop peu.
– Rose ? Qu'est-ce que tu fais encore là ? fit soudain la voix d'Albus dans son dos, l'arrachant à ses pensées en la faisant sursauter.
Machinalement, et avec la force de l'habitude, Rose rangea ses recherches et ses brouillons en ratissant la table d'un grand mouvement de bras et plongea sans ménagement dans son sac, rouleaux de parchemins, plume et encrier.
Albus arqua un sourcil interrogateur, mais sa cousine lui adressa, pour toute réponse, un sourire tranquille. Prétendre qu'elle ne cachait rien était devenu un jeu d'enfant.
– J'allais justement partir, fit Rose en se levant après avoir balancé son sac sur son épaule gauche et glissé sous son bras droit le manuel qu'elle avait passé une bonne partie de l'après-midi à lire, en prenant soin de dissimuler le titre « Mille-et-une plantes pour développer les capacités de son cerveau » avec la manche de sa robe pour qu'Albus ne puisse pas le déchiffrer.
Albus secoua la tête. Fidèle à lui-même, il laissa échapper un rire discret, presque trop sérieux.
– Ron a raison. Tu es pire que ne l'a jamais été ta mère.
Rose répondit en riant :
– Tu n'en sais rien du tout, tu n'as pas connu ma mère quand elle était à Poudlard ! fit-elle, ses boucles rousses s'emmêlant encore un petit peu plus alors qu'elle secouait la tête avec amusement. Et toi, qu'est-ce que tu venais faire à la bibliothèque à une heure pareille ? Madame Hardcover va bientôt fermer et en général, je ne croise personne à cette heure-là.
Albus grimaça et dévoila l'ouvrage qu'il était venu chercher.
– Exercices pratiques : repensez votre Patronus, lut Rose avant de regarder son cousin avec circonspection.
– Silvershield doit nous faire réviser nos Patronus la semaine prochaine. Mais jusque-là, je n'ai jamais été capable de donner au mien une forme corporelle, soupira-t-il. Je suis vraiment la risée de la famille, ajouta-t-il avec une note d'humour qui indiquait à Rose qu'il ne le pensait pas vraiment. Lily avait déjà fait apparaître le sien avant même d'entrer en quatrième année. Et sa panthère est vraiment… incroyable.
Alors qu'Albus et elle quittaient la bibliothèque sous le regard attentif de Madame Hardcover, qui ferma la porte derrière eux avec trois tours de clés, Rose adressa un sourire encourageant à son cousin :
– Certes, mais ni James, ni Lily n'a jamais été capable de réaliser à la perfection et du premier coup le moindre filtre ou la moindre potion, et encore moins des potions aussi complexes et inventives que les tiennes. Et tes sorts de défense sont incroyablement puissants. Je me suis cassé le poignet sous l'effet de ton sortilège de désarmement pas plus tard que la semaine dernière, tu te souviens ?
Le visage d'Albus s'étira en une moue confuse.
– Encore désolé pour ça…
Rose éclata de rire avant de s'arrêter devant l'escalier du quatrième étage qui desservait les différentes ailes du château, là où leurs chemins respectifs se séparaient.
– Ne t'en fais pas pour ça. Il n'a fallu que quelques secondes à Monsieur Whiteblouse pour le réparer.
– Tu es bien plus conciliante que James, ou même Lily. Ils me parlent encore de la fois où je les ai propulsés dans le jardin à plus de vingt mètres, les forçant à prendre un bain non désiré dans le lac gelé…
– C'était il y a plus de deux ans…
– Exactement, fit Albus en adressant un regard entendu à sa cousine.
Rose se contenta de sourire et étouffa un bâillement.
– Bonne nuit, Albus.
– Bonne nuit, Rose, répondit le jeune homme en prenant l'escalier sur sa droite, tandis que Rose empruntait celui de gauche pour rejoindre sa Salle Commune et son dortoir.
21 Janvier 2024 – Salle de bain des Préfets, Poudlard, Ecosse
C'était extrêmement rare que Rose profite de la Salle de bain des Préfets, mais parfois, après une longue journée ou lorsqu'elle était de mauvaise humeur et qu'elle avait besoin de se changer les idées, elle venait profiter du confort et de la quiétude de la luxueuse Salle de bain réservée aux préfets.
Et ce jour-là, c'était un peu des deux.
Après avoir épluché les registres de l'infirmerie, les ouvrages de la bibliothèque consacrés aux potions et autres concoctions stimulantes, elle avait passé une bonne partie de l'après-midi dehors, dans le froid près du lac à attendre que Joseph Cloakunder pointe le bout de son nez. Et, sans surprise, elle avait fini par voir arriver le jeune Gryffondor, qu'elle suspectait être l'un des élèves participant à la circulation des petits comprimés roses au sein du château. Dissimulée derrière un arbre dont le tronc était presque trois fois plus large que Rose, la jeune fille avait sorti son appareil photo et capturé l'instant.
Joseph, assis sur un banc comme s'il profitait de l'air frais et du paysage, était resté là presque deux heures. Trois élèves s'étaient joints successivement à lui pour admirer le lac gelé le temps de quelques secondes – une minute tout au plus. Rose les avait pris en photo, les uns après les autres et avait noté leur nom dans un petit calepin qu'elle gardait secrètement dans la poche intérieure de sa cape d'hiver, près du poumon droit.
Puis un quatrième était apparu. Une silhouette familière, une carrure imposante, mais rassurante.
Rose avait cligné des yeux. Les avait plissés pour s'assurer que sa vue ne lui faisait pas défaut. Zoomer plus que nécessaire pour voir la scène à travers la lentille de son appareil photo.
Elle avait hésité. Une seconde. Puis deux, puis trois. Puis elle avait capturé l'instant, sans savoir vraiment ce qu'elle ferait de cette information.
Pourquoi fallait-il que l'histoire se répète. D'abord Hugo, deux ans plus tôt. Maintenant lui ?
Rose était rentrée au château, abandonnant l'idée de suivre Joseph lorsqu'il s'était levé.
Elle avait déposé ses affaires dans son dortoir, enfermé son calepin et son appareil photo dans un petit coffre à clé sous son lit.
Et elle était venue ici, dans la Salle de bain des Préfets, pour mieux penser, et surtout, penser à autre chose que son cousin.
Pendant près de trente minutes, le confort des bulles et les odeurs de lavande qui embaumaient l'air réussirent à la détendre, lui faire penser à autre chose, puis l'aidèrent à prendre une décision. Avant toute chose, elle devait en parler à Roxanne. Elle lui devait bien ça et c'était la seule personne au monde capable de mettre un peu de plomb dans la tête de son frère jumeau.
Rose se rhabilla et démêla ses cheveux avec une lotion magique que lui avait dégotée sa mère, à base d'amande douce et de graines de coquelicot, qui l'aiderait à garder ses cheveux soyeux et sans nœud pendant au moins… oh, deux bonnes heures avant que la nature et la génétique ne reprennent leurs droits ?
Une fois brossés, elle enveloppa délicatement ses boucles dans un petit turban en soie, récupéra ses affaires et quitta la Salle de bain réservée aux filles, pour tomber nez à nez avec Scorpius Malefoy dans le petit vestibule qui desservait les bains des filles et les bains des garçons.
Elle se figea, momentanément surprise de le voir là, mais remarqua ensuite sa robe de Quidditch pleine de boue, le coquard qui apparaissait progressivement autour de son œil gauche, son iris sombre cerclée par de petits vaisseaux sanglants, et la coupure sur son menton où le sang avait déjà coagulé. Il revenait très certainement d'un entraînement particulièrement brutal. Lui aussi devait avoir besoin d'un peu de calme et d'un moment de détente. Un moment de détente sûrement bien plus mérité que celui que Rose venait de s'offrir.
La jeune fille grimaça en dévisageant le Préfet-en-Chef, avant de se rappeler qu'elle l'évitait soigneusement depuis le cours de Potions où il avait confirmé ses doutes : il savait qu'elle était Freckles et avait l'intention de la pousser à révéler son identité à toute l'école.
Cela aurait dû faire fuir Rose.
Mais elle n'en fit rien.
Scorpius aussi s'était figé bêtement devant elle en la voyant là.
– Tu devrais aller à l'infirmerie, fit soudain Rose après quelques embarrassantes secondes de silence. Monsieur Whiteblouse pourra te rafistoler en moins de deux secondes.
Scorpius cligna des yeux sans comprendre. Rose pointa du doigt le miroir derrière lui, suspendu au-dessus d'une vase en marbre. Le jeune homme se tourna pour jeter un coup d'œil à son reflet, et Rose le vit grimacer dans le miroir avant de se retourner vers elle.
– C'est pas grand-chose, fit-il en soupirant. Je ne vais pas embêter monsieur Whiteblouse pour si peu.
Rose sortit machinalement sa baguette de la manche de sa robe.
– Tu veux que je le fasse ?
Scorpius sembla hésiter, mais finit par hausser les épaules avec une sorte de résignation indifférente. Il se pencha ensuite légèrement en avant pour que Rose puisse atteindre son visage plus facilement et celle-ci agita rapidement sa baguette sous son visage avec souplesse, avant de la ranger dans la manche de sa robe.
– Voilà. C'est un peu mieux. Tu devras quand même mettre de l'onguent sur ton œil pour éviter que ça ne gonfle.
Scorpius esquissa un sourire fugace avant de se redresser.
– Merci, fit-il simplement.
Légèrement embrassée, Rose reporta son attention vers la porte.
– De rien. Je te laisse profiter de… euh… bon bain, finit-elle par lâcher, avant de se diriger vers la sortie en rougissant légèrement.
Mais lorsqu'elle posa sa main sur la poignée, Scorpius l'interpella, un soupçon de rire dans la voix.
– Rose ?
– Oui ? fit-elle en tournant la tête vers le jeune homme, sans pour autant relâcher la poignée.
– Tu t'es décidée à révéler ton identité ?
Rose crispa légèrement la mâchoire et secoua la tête en adressant un regard mauvais à Scorpius.
Le sourire du jeune homme s'élargit et Rose vit ses iris, encore rouges, pétiller dans leur globe oculaire.
– Dommage… je vais devoir être un plus persuasif.
Rose ouvrit la bouche pour répliquer, mais remarqua que Scorpius était peu à peu gagné par l'amusement, comme si, finalement, il se délectait de la situation. Et Rose n'allait certainement pas entrer dans son jeu.
– Bonne soirée, Scorpius, répondit-elle seulement en abaissant la poignée et quittant la pièce sans se retourner.
22 Janvier 2024 – Grande Salle, Poudlard, Ecosse
– Tu es vraiment sûr de vouloir faire ça ? lui demanda Melody avec un regard perplexe.
Alors qu'il entrait dans la Grande Salle à l'heure du déjeuner avec la jeune fille et Elias, Scorpius hocha la tête, un brin d'amusement faisant pétiller ses iris froides.
À côté de lui, Elias grimaça légèrement.
– Je ne pense vraiment pas que ce soit une bonne idée… mais ça aura au moins le mérite d'être amusant…
Melody balança son coude dans les côtes du jeune homme, qui étouffa un juron, avant de reporter son attention vers Scorpius en posant une main sur son avant-bras pour attirer son attention.
– Je dis seulement que Rose ne mérite pas ça…
Scorpius arqua un sourcil dubitatif :
– Tu parles comme si j'allais faire quelque chose d'absolument scandaleux…
La Préfète-en-Chef secoua la tête.
– Peut-être pas pour la plupart des gens, mais Rose est si… discrète ? J'ai un peu peur qu'elle ne s'en remette pas.
– Crois-moi, Rose Weasley est bien plus robuste qu'elle ne le paraît, répliqua Scorpius. Et tout ce que je vais faire, c'est attirer un peu l'attention sur elle… Rien de terrible.
– Si tu le dis, fit Melody en lui adressant un dernier regard, avant de quitter les deux élèves de Serdaigle pour rejoindre sa table de Poufsouffle.
Scorpius s'arrêta à quelques pas de la table des élèves de Serdaigle et se tourna vers son ami :
– Tu penses vraiment que c'est une mauvaise idée ?
– Absolument, répondit Elias Nott avec certitude. Mais je pense aussi que c'est une idée brillante et j'ai hâte de voir ça…
Les deux jeunes hommes s'installèrent discrètement à la table de Serdaigle. Scorpius repéra aussitôt le profil de Rose, assise un peu plus loin avec ses camarades de dortoir, et patienta en emplissant son assiette de purée de pommes de terre, de petits pois et de tourte aux champignons et à la crème.
Il avait presque fini le contenu de son assiette, lorsqu'Elias attira son attention en tirant sur la manche de sa robe.
– Elle se lève, souffla-t-il à son ami.
Scorpius releva la tête et vit Rose Weasley se lever pour rejoindre Roxanne, sui semblait visiblement l'attendre près de l'entrée de la Grande Salle, adossée au battant de l'une des lourdes portes en bois.
Scorpius se leva aussitôt et rattrapa Rose au beau milieu de la Grande Salle, s'assurant d'être au cœur de l'attention.
– Rose !
Sans surprise, la jeune fille se figea en l'entendant et se retourna en fronçant les sourcils. Ses grands yeux bleus écarquillés trahissaient le dilemme qui se jouait à l'intérieur de sa tête : rester et ne pas causer de scène, ou fuir avant de le regretter.
Mais c'était déjà trop tard. Scorpius se planta devant elle, plaça ses deux mains autour de son visage, la forçant à lever les yeux vers lui, et planta ses lèvres sur les siennes avec délicatesse avant que Rose n'ait le temps de réagir.
L'étreinte dura moins d'une seconde. Aussi abasourdie que puisse l'être Rose en sentant les lèvres chaudes de Scorpius sur les siennes, elle en avait la certitude.
L'étreinte dura moins d'une seconde, et Scorpius s'écarta lentement, comme s'il cherchait à ne pas la brusquer.
Et, tout contre ses lèvres comme s'il lui soufflait un secret qu'elle seule pouvait entendre, il lui dit :
– Voilà. Je te laisse expliquer à tes lecteurs pourquoi Freckles n'écrira pas un mot sur ce baiser dans son prochain numéro alors que dans une seconde à peine, tout le monde ici ne parlera plus que de ça et se demandera pourquoi est-ce que Rose Weasley et Scorpius Malefoy viennent de s'embrasser dans la Grande Salle alors que tout le monde le croyait amoureux de Melody Queen… À moins que tu ne préfères leur dire tout de suite que tu es Freckles… ?
Tétanisée, les joues en feu, Rose mit plusieurs secondes avant de réagir.
Quelques secondes de trop.
Scorpius recula d'un pas, puis deux, et Rose eut seulement le temps de lui adresser un regard noir avant de le voir se rasseoir calmement à la table de Serdaigle comme si de rien n'était.
Tous les yeux étaient braqués sur elle. Elle les sentait ramper sur sa peau, brûler chaque millimètre carré de son visage.
Jamais elle ne s'était sentie aussi visible.
Aussi vue.
Aussi complètement et irrémédiablement au centre de l'attention.
Note : Bonjour à tous !
Alors tout d'abord, je suis ravie de vous retrouver avec un nouveau chapitre après un rendez-vous manqué la semaine dernière, même si j'ai bien profiter de ma petite excursion, je ne vous le cache pas.
Et ensuite, et bien, que vous dire ? Je n'en suis pas certaine, mais je crois que la fin de ce chapitre en dit assez ? Et réponds à un certain nombre de vos interrogations ?
En revanche, si vous en avez des nouvelles, n'hésitez pas ! (Même si je n'y répondrai pas et vous dirai simplement que vos réponses viendront dans les prochains chapitres.)
En tout cas j'espère que vous aurez apprécié ce chapitre et que vous ne détesterez pas Scorpius. (Et oui, Rose est consentante, bien évidemment. Elle ne le sait pas encore tout à fait, mais ça viendra.)
Merci infiniment à vous, qui prenez le temps de lire cette histoire, que je m'amuse bien à écrire, je l'avoue, et à DelfineNotPadfoot, qui prend le temps de corriger mes chapitres avant publication. Un grand merci à elle !
Bonne fin de week-end à tous,
LittlePlume
