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CHAPITRE VI.

N°81 – 13 Janvier 2024 (6)

22 Janvier 2024 – Salle Commune de Serdaigle, Poudlard, Ecosse


Rose se laissa tomber dans le fauteuil le plus proche de l'âtre de la cheminée de la Salle Commune de Serdaigle en poussant un long soupir d'épuisement. Il était suffisamment tard pour qu'elle ne risque pas de croiser trop de monde et Merlin savait qu'elle aspirait à un peu de calme et de… solitude ?

Depuis le déjeuner, elle ne s'était pas sentie seule une seconde. Tout l'après-midi, elle avait senti des paires d'yeux braquées sur elle et entendu des murmures et pire, des gloussements, sur son passage. Nulle part, ni en cours, ni à la bibliothèque, ni dans les trois salles de classes abandonnées où elle avait tenté de trouver refuge, elle n'était parvenue à échapper aux projecteurs que Scorpius Malefoy avait braqués sur elle en l'embrassant ce midi-là, au beau milieu de la Grande Salle, à l'heure de la journée où elle était le plus pleine et où il pouvait être certain que le plus grand nombre possible d'élèves assiste au spectacle qu'il avait décidé de leur offrir.

Mais de tous les regards posés sur elle, c'était le regard perdu de Beau Zabini qui l'avait le plus marquée. Quelque chose dans son expression pendant le cours de Sortilèges lui donnait l'impression que ni Scorpius, ni Melody n'avait dit la vérité sur ce qu'il se passait entre eux (ou plutôt sur ce qu'il ne se passait pas) au capitaine de Quidditch de Serpentard. Et cela, Rose ne se l'expliquait pas.

Non pas qu'elle était désireuse de le découvrir.

Non.

Scorpius Malefoy et son baiser surprise (Rose rougissait d'embarras à vue d'œil rien qu'en se remémorant la scène et la sensation des lèvres de Scorpius sur les siennes), l'avaient définitivement vaccinée à l'idée de se mêler des histoires de cœur de ses camarades de classe. D'un simple geste, Scorpius Malefoy avait obtenu ce qu'il voulait et rendu à Rose la monnaie de sa pièce. Il n'y avait rien de plus anodin et inoffensif qu'un baiser. Sauf devant un tel public et sauf pour Rose, et cela, Scorpius le savait parfaitement.

Pour quelqu'un qui détestait se donner en spectacle, il semblait avoir été ravi de faire une exception pour prouver à Rose Weasley que faire de la vie privée de ses camarades de classe un objet de discussion en l'étalant dans sa Gazette pouvait avoir des conséquences.

Message reçu cinq sur cinq. Rose avait goûté au poison qu'elle administrait depuis des années à ses condisciples, avait subi l'attention des élèves de Poudlard tout l'après-midi et fait l'objet de toutes les conversations, et elle ne pouvait pas dire qu'elle appréciait beaucoup la situation.

En fait, elle la détestait tout à fait.

C'est donc épuisée, mais enfin seule, que Rose ferma les yeux en étouffant un bâillement silencieux et étira les bras au-dessus de sa tête avant de les laisser retomber mollement le long de son corps, puis de renverser la tête en arrière pour la reposer sur le dossier de son fauteuil.

Juste un peu, avant de regagner son dortoir, elle voulait profiter de cette solitude apaisante. De ce silence rassurant, perturbé uniquement par le crépitement des flammes ocres dans la cheminée.

Elias, vautré à plat ventre sur son lit, le nez plongé dans un épais manuel de Défense Contre les Forces du Mal, releva la tête lorsqu'il entendit Scorpius pousser un grognement et se relever du lit dans lequel il venait de s'asseoir après avoir pris sa douche et enfilé le tee-shirt et le jogging à l'effigie des Harpies de Holyhead, son équipe nationale préférée, dans lesquels il dormait.

– Sur le linteau de la cheminée, fit Elias.

– Pardon ? fit Scorpius en adressant un regard perplexe à son ami, qui se redressa et s'assit sur son lit.

– Ta baguette, répondit Elias. Tu l'as posée sur le linteau de la cheminée en voulant aider Joanne à transformer son allumette en aiguille tout à l'heure, et tu l'as oubliée là… Je me demandais combien de temps tu mettrais à t'en rendre compte…

Le jeune homme jeta un coup d'œil à sa montre et son visage se fendit en un large sourire lorsqu'il releva la tête vers son ami.

– …et tu as mis presque une heure et quarante minutes à t'en apercevoir !

Scorpius secoua la tête, non sans une pointe d'amusement.

– On dirait que ça te divertit…

– Immensément, répliqua Elias, dont le sourire s'élargit davantage encore. Tu es complètement distrait depuis ce midi… Tout à l'heure, je t'ai vu sortir ton manuel de Potions pendant le cours de Sortilèges, et tourner les pages pendant une minute entière avant de te rendre compte que ce n'était pas le bon. Si je ne te connaissais pas aussi bien, je dirais que ta petite mise en scène dans la Grande Salle t'a au moins autant affecté que cette pauvre Rose… Je ne l'ai jamais vue aussi rouge de toute ma vie…

Scorpius haussa les épaules, mais l'ébauche d'un sourire chatouilla ses lèvres lorsqu'il traversa le dortoir pour se diriger vers la porte et descendre dans la Salle Commune, le rire d'Elias le suivant presque jusqu'en bas des marches et arrachant leurs deux autres camarades de dortoir à leur sommeil avec des grognements.

En bas des marches, dans la Salle Commune éclairée par la seule lueur des flammes dans la cheminée à cette heure tardive, Scorpius aperçut aussitôt Rose Weasley, endormie dans un fauteuil, tout près de l'endroit où il avait abandonné sa baguette un peu plus tôt dans la soirée.

Il s'approcha en silence, les bruits de ses pas étouffés par l'épaisse moquette en velours bleu qui recouvrait le sol, et récupéra sa baguette avant de se tourner vers la silhouette endormie de Rose.

Ainsi lovée dans son fauteuil, Rose semblait plus sereine, plus détendue qu'elle ne l'avait été de tout l'après-midi, et Scorpius ne put s'empêcher de se sentir légèrement coupable à l'idée que la raison de tout son stress, c'était lui. C'était le baiser qu'il lui avait volé devant une Grande Salle pleine à craquer.

La tête de Rose roula de gauche à droite en plissant légèrement le nez, étirant les taches de rousseur qui s'étalaient d'une pommette à l'autre, et une légère odeur de lavande parvint jusqu'à Scorpius.

Sans très bien savoir pourquoi, il resta immobile pendant plusieurs secondes, observant la chaleur qui se dégageait des flammes apporter des couleurs au visage de Rose, avant de se ressaisir. Il hésita un instant à la réveiller, puis renonça. Elle avait l'air trop paisible pour qu'il ne l'arrache à son sommeil.

Il se tourna simplement vers la cheminée, ajouta deux petites bûches dans l'âtre, et ce même si un elfe l'aurait fait plus tard comme ils le faisaient chaque nuit jusqu'au matin, jeta un dernier coup d'œil vers la jeune fille, et remonta se coucher sans un mot.

23 Janvier 2024 – Bureau des Préfets, Poudlard, Ecosse


La journée n'avait pas été franchement meilleure que la précédente pour Rose, qui restait l'un des principaux sujets d'attention et de conversation des élèves de Poudlard depuis que Scorpius Malefoy lui avait volé un baiser de manière spectaculaire la veille, à l'heure du déjeuner. Presque tous ses cousins avaient défilé un à un pour lui demander ce qu'il se passait et si elle sortait avec Scorpius Malefoy.

Jamais Rose n'aurait cru devoir un jour démentir de pareilles rumeurs à son sujet, et encore moins auprès de ses cousins, pour la simple et bonne raison qu'elle n'avait pour ainsi dire jamais eu de vie amoureuse ou sentimentale qui donne à qui que ce soit l'occasion d'en discuter.

Rose évitait donc Scorpius comme la scrofulite afin de s'assurer que les rumeurs à leur sujet s'évanouiraient aussi rapidement qu'elles étaient nées, et était soulagée de voir qu'il en faisait visiblement autant.

Toutefois, elle ne pouvait éviter plus longtemps la présence du jeune homme, car Melody et lui avaient organisé une réunion avec l'ensemble des Préfets ce soir-là, après le dîner.

Comme souvent, Rose était arrivée la première et était encore seule dans le Bureau des Préfets lorsqu'elle se décida à sortir de son sac la lettre qu'elle avait reçue au petit-déjeuner ce matin-là, sans avoir eu le temps (ou le courage) de l'ouvrir plus tôt. Le cachet en cire avec le sceau de la Gazette du sorcier la faisait hésiter. Elle n'était pas certaine de vouloir savoir ce que contenait cette lettre. Ou plutôt, elle avait peur de le savoir déjà.

Les doigts légèrement tremblants, Rose brisa le cacha et déroula le carré de parchemin.

« Chère Mademoiselle Weasley,

Nous avons pris connaissance de votre proposition d'article consacré à la bureaucratie « vieillissante et patriarcale » du Ministère de la magie, obstacle à la modernisation de son système législatif et judiciaire.

Votre plume et le dévouement dont vous faites preuve pour votre sujet auront naturellement retenu toute notre attention et c'est pourquoi nous avons le profond regret de vous informer que nous ne retiendrons pas votre article.

Si nous ne remettons en aucun cas en question votre talent, il est cependant évident qu'un article comme le vôtre, en raison des convictions que vous défendez et de votre prise de position controversée, n'a pas sa place dans un journal comme le nôtre, qui ne saurait devenir un journal polémique. La Gazette du sorcier a toujours été, est et restera un journal se refusant à toute politisation de l'information.

Nous vous encourageons ainsi vivement à vous tourner vers des journaux dont la ligne éditoriale permettra de mettre en avant votre talent et vos convictions, mais restons absolument certains que la Gazette n'a pas de place pour que vous y trouviez votre voix.

Avec nos sincères remerciement pour l'intérêt que vous portez à notre journal,

Barbus Feather,

Directeur éditorial de la Gazette du sorcier »

Rose sentit ses poumons se comprimer dans sa cage thoracique et déglutit difficilement. Elle n'était pas surprise et s'attendait à ce nouveau refus. C'était le quatrième après tout. Et celui pour lequel elle avait eu le moins d'espoir d'obtenir un retour positif. De tous les journaux et publications auxquels elle avait envoyé un projet d'article, la Gazette était le moins susceptible d'accepter les sujets qu'elle choisissait de défendre. Quel que soit le sujet choisi, la réponse était toujours la même : sa plume et ses sujets étaient trop « sérieux » ou « polémiques » pour les journaux nationaux auxquels elle les envoyait, mais ils étaient persuadés que son talent et sa passion trouveraient leur place chez un confrère dont la ligne éditoriale serait différente de la leur.

Mais Rose commençait à croire qu'elle ne trouverait sa place nulle part si elle s'entêtait à vouloir creuser des sujets qui lui tenaient à cœur et refusait d'écrire des articles sur les déboires de la famille Fawley ou la prodigieuse gamme de potions et remèdes de beauté de Lucille Clearskin, qui avait rendu la vie de toutes les sorcières du pays tellement plus facile !

Rose poussa un soupir de frustration dans le bureau vide, mais se figea lorsqu'elle entendit la porte de la pièce s'ouvrir dans son dos. Elle déchira aussitôt la lettre, de peur que le nouvel arrivant ne puisse la voir et glissa les morceaux sous un rouleau de parchemin vierge qu'elle avait sorti pour prendre des notes pendant la réunion.

– Oh, c'est toi, fit Rose en découvrant Scorpius avec stupeur, alors qu'il faisait le tour de la table pour aller s'asseoir en face d'elle, dans le siège qui était le sien.

Rose ne s'était pas retrouvée seule avec Scorpius depuis la veille, et elle ne put s'empêcher de rougir lorsqu'elle se souvint du spectacle qu'il avait offert au reste de l'école.

Un sourire discret étira les lèvres de Scorpius lorsqu'il s'assit en face d'elle et sortit ses affaires, donnant à Rose la sensation qu'il s'amusait beaucoup de la situation et de l'embarras dans lesquels il l'avait mise.

D'ordinaire si charmant, calme et respectueux, une lueur amusée brillait dans le regard glacial de Scorpius Malefoy. Rose en était certaine, il ne s'était jamais autant amusé qu'en se délestant de son blason de chevalier servant pour mettre Rose là où elle ne voulait pas aller : sur e devant de la scène.

Il ne semblait pas le moins du monde perturbé par le fait que, lui aussi, était l'objet de toutes les rumeurs depuis la veille, alors même que c'était ce qu'il avait reproché à Rose dès le début : donner naissance à une rumeur sur Melody et lui en se mêlant d'une histoire qui aurait dû rester privée.

Mais avant qu'elle n'eût le temps de dire quoi que soit, deux autres Préfets firent leur apparition dans la pièce, leur regard faisant des allers-retours entre Rose à Scorpius sans même chercher à être discrets, et Rose grimaça avant de baisser la tête sur le parchemin vierge sous ses yeux.

Et elle ne releva pas une seule fois la tête de toute la réunion. Ni le discours de Melody, ni l'annonce d'une sortie à Pré-au-Lard planifiée pour le 3 février, et encore mois le regard de Scorpius posé sur elle à intervalles réguliers ne parvinrent à lui faire relever la tête.

Plus discrète qu'elle ne l'avait jamais été, Rose ne chercha même pas à creuser ou poser des questions lorsque Scorpius et Melody évoquèrent les petits comprimés roses qui donnaient du fil à retordre aux Préfets ces derniers temps.

À la seconde où Melody libéra les Préfets et leur souhaita une bonne soirée, Rose bondit de sa chaise, récupéra ses affaires, et sortit de la pièce sans demander son reste.

De l'autre côté de la pièce, Scorpius observa la jeune fille agir avec un léger amusement, mais fronça les sourcils lorsqu'il la vit jeter des petits bouts de papier dans la corbeille à la sortie du Bureau des Préfets. Piqué par la curiosité, il prit son temps pour ranger ses affaires et attendit que les élèves partent un à un.

– Scorpius, tu viens ? lui demanda Melody, lorsque tous les autres élèves furent partis.

– Ne m'attends pas, je voulais finir quelque chose avant de partir.

Melody lui jeta un drôle de regard, mais hocha la tête.

– D'accord, bonne nuit, Scorpius.

– Bonne nuit, lança Scorpius avant de sauter de sa chaise lorsqu'il vit sa camarade de Poufsouffle disparaître.

Il jeta la bandoulière de son sac par-dessus son épaule et se précipita sur la corbeille, dans laquelle gisaient les petits bouts de papier jetés par Rose aux côtés d'une vieille plume cassée, usée jusqu'aux barbes.

Il récupéra tous les morceaux, hésita une fraction de seconde en songeant avec culpabilité qu'il était en train de faire exactement ce qu'il reprochait à Rose en s'immisçant et en violant sa vie privée, mais sentit la curiosité prendre le dessus sur ses valeurs et son sens moral.

D'un rapide geste de sa baguette, il reconstitua le petit puzzle laissé par Rose et lut la lettre dont s'était débarrassée Rose.

Lorsqu'il eut terminé, il se demanda pourquoi Rose avait jeté cette lettre là où tout le monde aurait pu la trouver et faire le lien avec elle et Freckles. Rose était bien trop maligne pour commettre ce genre d'erreur. Une telle erreur était un peu idiote. Toutefois, Scorpius ne put s'empêcher de penser que c'était plus idiot encore de la part de la Gazette de refuser un talent comme celui de Rose, et ce même s'il était parfois légèrement en désaccord avec sa manière de faire.

Mais un article consacré à la bureaucratie vieillissante et patriarcale du Ministère de la Magie, obstacle à la modernisation de son système législatif et judiciaire ? Ça, il avait envie de le lire…

Scorpius replia la lettre de Rose et la glissa dans son sac en songeant qu'un jour, il en parlerait à la jeune fille (du moins, s'il osait lui avouer qu'il avait lu sa correspondance privée), et sortit du Bureau des Préfets en refermant la porte derrière lui, sans voir Beau, adossé contre le mur en face de la porte, les mains dans les poches, la mine sombre.

Lorsque Scorpius fit volte-face et aperçut enfin Beau, il se figea, jaugeant avec prudence – et une certaine lassitude – le regard noir que lui adressait son ami, mais ne fut pas surpris. Il attendait depuis la veille que Beau lui tombe dessus.

– Tu peux m'expliquer à quoi tu joues avec Rose Weasley ?

Scorpius laissa échapper un soupir de lassitude.

– C'est compliqué, commença Scorpius avec prudence, en desserrant le nœud de la cravate de son uniforme.

– Je ne suis pas pressé, répliqua Beau, d'une voix basse, remplie de colère.

– D'accord… est-ce que tu voudrais que je commence par Melody, alors ? Et le fait qu'il ne se passe rien entre elle moi ?

Beau s'immobilisa, avant de cligner des yeux.

– Qu-quoi ?

Scorpius se contenta de hausser les épaules.

– Tu… de quoi tu parles ?

– Il n'y a rien entre Melody et moi, répéta lentement Scorpius. Il ne s'est jamais rien passé. Enfin, on s'est embrassés, c'est vrai, mais c'était un peu… un accident, termina Scorpius en grimaçant. Melody pleurait et j'essayais de la réconforter… et bref. Je crois qu'elle cherchait à obtenir de moi l'affection dont tu l'as privée, mais… c'est tout. Je ne suis pas amoureux de Melody et elle n'est certainement pas amoureuse de moi…

Beau sortit les mains de ses poches pour se frotter les yeux. Il ouvrit la bouche, avant de la fermer, à deux reprises, puis planta son regard dans celui de Scorpius, pour chercher la vérité dans la pâleur de ses iris.

Lorsqu'il y obtint les réponses à ses questions, la stature de Beau se décomposa légèrement. La tension quittant peu à peu ses épaules.

– Pourquoi tu m'as laissé croire le contraire, alors ?

Scorpius poussa un nouveau soupir avant de répondre à son ami :

– Parce que j'espérais que ça t'ouvre un peu les yeux. Que ça te ferait réagir… mais au lieu de ça, tu te contentes de… de quoi d'ailleurs ? D'abandonner Melody ? Alors que tu l'aimes ? ajouta-t-il en grimaçant. Ça n'a pas de sens.

Beau haussa les épaules, mais refusa de répondre. Il avait ses raisons. Sûrement.

Sans un mot, les deux jeunes hommes s'observèrent pendant de longues secondes, comme si cela suffisait à mettre de l'ordre dans leurs pensées et dans leur relation. Comme si quelques secondes de silence suffisaient à réparer ce qui avait été brisé lorsque Rose Weasley avait publié un article sur Scorpius et Melody dans son dernier numéro de la Gazette de Poudlard.

– Donc… Donc tu ne sors pas avec Melody, mais avec Rose Weasley ? demanda finalement Beau d'une voix légèrement cassée et avec un sourire d'excuse, brisant le silence qui s'était installé entre eux.

Scorpius cligna des yeux, momentanément perturbé par la question de son ami.

– Non.

– Non ? répéta Beau en arquant un sourcil. Non tu ne sors pas avec Rose Weasley ? Depuis quand tu embrasses des filles comme ça, sans raison ? Et depuis quand tu t'offres en spectacle comme ça ? Ce n'est pas tout à fait ton genre…

Scorpius grimaça. Certes, son geste n'avait pas été très élégant. Nécessaire, pour sûr, mais pas élégant.

Si sa mère apprenait qu'il avait agi ainsi, au détriment de Rose Weasley, et dans l'unique but d'attirer l'attention sur la pauvre jeune fille sans défense, elle lui aurait très certainement tiré les oreilles, sans même chercher à savoir si Rose Weasley était réellement sans défense, ce qu'elle n'était absolument pas.

– C'est un peu compliqué, admit Scorpius penaud.

Étrangement, si Scorpius n'avait pas hésité une seconde à révéler à Elias ou Melody que Rose était Freckles, il se sentait soudain peu désireux d'expliquer à Beau pourquoi il avait embrassé Rose. Pour une raison qu'il ne pouvait s'expliquer, il ne souhaitait pas dévoiler à une personne de plus que la jeune fille était, depuis des années, la plume de la Gazette de Poudlard, et la raison pour laquelle Beau et lui étaient aujourd'hui en train de s'expliquer sur leurs sentiments (ou absence de sentiments) respectifs pour Melody Queen.

– Laisse-moi deviner, c'est encore un coup tordu d'Elias ? fit Beau.

Scorpius éclata de rire, retrouvant peu à peu son ami, même si quelque chose chez lui était différent depuis sa rupture avec Melody.

– Détrompe-toi, il m'a même dit que c'était une mauvaise idée…

– Venant de lui, c'est étonnant. C'est rare qu'il soit la voix de la raison d'habitude.

– … mais qu'il avait hâte de voir ça, ajouta Scorpius.

– Ah, ça, ça lui ressemble plus, en effet, fit Beau en éclatant de rire, aussitôt joint par Scorpius, au détriment de leur ami.

Et soudain, tout était oublié.

Il ne restait plus qu'à Beau le devoir de recoller les morceaux avec Melody.

Du moins, s'il se décidait enfin à lui dire ce qu'il ressentait et se délester des chaînes, quelles qu'elles soient, qui l'en empêchaient.


Note : Bonjour ! J'espère que vous allez tous bien ?
Je ne sais trop quoi vous dire sur ce chapitre, si ce n'est que j'espère que vous l'aimerez !

Un grand merci à tous ceux qui prennent le temps de lire cette histoire un peu ridicule !
Et un grand merci à notre chère DNP, que vous connaissez tous maintenant, et sans qui cette histoire serait sûrement moins agréable à lire !

Je vous souhaite à tous une bonne fin de week-end et je vous dis à dimanche prochain :)
Littleplume