Clause de non responsabilité : Les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de Shonda Rhimes. Je les emprunte ainsi que certaines répliques de la série que j'utilise pour l'histoire
Chapitre 4
Les derniers examens ont été effectués et Callie avait cinq jours de libre, avant une nouvelle hospitalisation pour démarrer les séances de chimiothérapie. Les ex-épouses avaient passé beaucoup de temps ensemble. Arizona s'asseyait à côté du lit de Callie, veillant toujours à garder une distance entre elles, car elle n'était pas ici pour tout compliquer, elle devait être le soutien dont Callie manquait cruellement. Elles regardaient des émissions de tv, des séries ou des films. Elles discutaient de tous les sujets, elles échangeaient des plaisanteries, retrouvant un confort et une facilité qu'elles avaient oublié depuis longtemps. Chacune d'entre elles appréciait ces instants, ni l'une ni l'autre ne voulait se poser les questions qui allaient immanquablement surgir, aucune d'entre elles n'étaient disposées à faire éclater la bulle.
Arizona avait fait quelques aller- retour entre Portland et Seattle. Elle était allée chercher Sofia à l'école, avait passé la soirée avec elle et le lendemain, après avoir conduit la petite fille à nouveau à l'école, elle était revenue à Portland. Elle avait dû concéder à son esprit buté, qu'elle était contente de revenir à Portland, enfin surtout de revenir auprès de Callie. Oh pas qu'elle lui manquait, elle était juste « inquiète », mais il était quand même difficile d'ignorer les papillons dans le ventre, les moments où elle se surprenait à rêver aux souvenirs heureux qui revenaient en force dans sa mémoire, et aussi, ces maudits sourires qui se déclenchaient malgré elle, dès qu'elle recevait un texto.
Elle avait expliqué à sa fille avec des mots simples, la situation, lui donnant l'assurance que dès que ce serait possible, elle verrait sa mama. En attendant ce jour, elle rapportait des tas de dessins de la petite pour Callie, et tout un tas d'anecdotes sur leur fille à lui raconter. C'est ainsi qu'elle comptait maintenir le lien jusqu'à ce qu'elle arrive à persuader Callie d'accepter de revoir son enfant. Sofia serait la raison de s'accrocher à l'envie de vivre, pour supporter les traitements qui s'annonçaient dévastateurs. Elle en était persuadée, Sofia était son Joker « désir de vivre- bonheur-santé »
La latine, n'était cependant, toujours pas prête à assumer sa maladie devant sa fille. En tant que médecin elle connaissait dans les moindres détails, ce qui l'attendait, et ne pouvait pas se résoudre à faire vivre cette souffrance à son bébé. Voir la peur et le chagrin dans les yeux de son enfant était au-dessus de ses forces. Arizona, tentait de la rassurer, de lui prouver que leur fille, plutôt que de s'inventer des fantasmes pour répondre à des questions auxquelles on ne donnait pas de réponse, serait plus tranquille si elle la voyait.
- Callie, tu ne la protèges pas comme ça, les enfants s'arrangent toujours pour tout rendre normal. Ce qu'il ne faut pas, c'est qu'elle ait l'impression qu'on lui cache des choses, il n'y a rien de pire que les non-dits…
- Tu te moques de moi s'esclaffe Callie
- Quoi ?
- Les non- dits ? C'est toi qui as inventé le concept.
- Ouai, et c'est pour ça que je sais qu'il n'y a rien de pire. Elle secoue la tête feignant d'être offensée. Je fais amende honorable ici Callie, tu pourrais au moins me féliciter !
Callie riait de bon cœur aux facéties et à l'esprit rotor de son ex-femme, elle était tellement drôle, prête à tout, pour arriver à atteindre son but, même à confesser le pire de ses défauts.
Elle connaissait la gravité de son état, les chiffres n'étaient pas de son côté, la probabilité de s'en sortir était si faible sur le papier, qu'elle avait préféré accepter l'inéluctable. Pourtant un pincement se fait sentir, ses yeux s'arrêtent un moment sur Arizona. Lorsqu'elle les ferme, les images de sa fille avec ses deux mères s'imposent à elle, les souvenirs de sa vie avec Arizona reviennent au premier plan ces derniers jours et ça, ce n'était pas prévu du tout.
Quand le diagnostic de tumeur maligne avait été posé à New York, elle l'avait presque accueilli comme un soulagement. Sa vie était en charpie, Sofia pleurait tous les soirs, car au moment de s'endormir elle avait besoin d'Arizona, le câlin de sa mommy lui manquait trop. Elle avait déménagé sa vie et celle de sa fille pour une petite amie qu'elle croyait aimer, un mois après son arrivée à New York, elle avait enfin eu l'honnêteté d'avouer d'abord à elle-même et rapidement à l'autre femme que ça n'allait pas marcher.
La femme qu'elle avait aimé au-delà de la raison pendant des années, qu'elle avait épousé, avec laquelle elle avait toujours pensé finir sa vie et qu'elle avait pourtant abandonné, ne pouvait maintenant que la détester. La seule constatation qu'y puisse être faite de ce fiasco, c'est qu'elle avait rendu tout le monde malheureux autour d'elle.
Si on ajoute à cette situation désastreuse, son père pourtant jusqu'ici son plus grand fan, qui la blâmait de tous les maux de la terre et son travail qui n'avait plus rien de passionnant, elle se sentait inutile et même nuisible, blessant tous les gens qu'elle aimait. Le diagnostic de tumeur s'était révélé un bonbon, comparativement au reste de sa vie.
Depuis quelques jours cependant, son esprit fonctionnait différemment, elle avait passé de bons moments avec Arizona, elles avaient ri comme des collégiennes, oubliant même pendant quelques heures, l'épée de Damoclès qu'elle avait sur sa tête. Les choses ne lui paraissaient plus aussi dramatiques.
Quand Callie se reposait, Arizona en profitait pour passer des coups de fil. Elle avait son propre système de soutien. Alex, Jackson ou April, lui parlaient tous les jours. Meredith et Amélia se préoccupaient de Sofia, l'invitant à des soirées pyjamas avec son amie Zola et autres sorties au parc, ou au Zoo afin de rendre l'absence de ses mamans plus douce, même Owen demandait comment il pouvait aider. Bailey et Richard s'étaient occupés de rendre l'hôpital de Portland le plus accommodant possible. En réalité, ils tentaient surtout d'améliorer les relations entre Arizona et le Dr Stevens, qui se plaignait de cette femme arrogante qui vérifiait et discutait toutes ses directives. Richard était même intervenu personnellement, pour prendre la défense de son amie, expliquant que même si le Dr Robbins, pouvait être une obsessionnelle du contrôle, il finirait par l'aimer, tout le monde le faisait, même le nazi, Miranda Bailey avait fini par l'adorer.
Personne n'avait compris le choix de Callie de rester à Portland, mais personne ne jugeait. Tous les amis étaient disposés à aider de toutes les façons qu'ils le pouvaient. Même si Callie ne les avait pas choisis comme médecin, ils voulaient qu'elle ait les meilleurs soins, dans les meilleures conditions et même à distance ils s'en assuraient. Le village de Seattle ne les laissait pas tomber.
Arizona était littéralement terrorisée devant les résultats des examens de Callie. Lorsqu'elles étaient ensemble, elle dégageait autant de joie et d'enthousiasme qu'elle le pouvait, mais dès qu'elle était seule, elle paniquait, la peur de ce que Callie devait traverser, et la terreur d'une issue dramatique, la paralysait. Être médecin ne l'aidait vraiment pas en ce moment, elle était en conflit permanent entre ses connaissances médicales et ses émotions. Elle téléphonait alors à Seattle. Bailey, April ou Alex, avaient toujours les paroles justes pour lui donner la force d'appliquer son sourire magique, de pousser la porte de la chambre d'hôpital, et de trouver les mots pour n'insuffler qu'espoir et courage à son ex-femme.
- Callie, rentrons à Seattle, tu auras les meilleurs médecins, nos amis. Il y aura tous nos amis et Sofia. Elle supplie pratiquement
- Je ne reviendrai pas à Seattle, Arizona, je ne reviendrai jamais à Seattle.
- Pourquoi ? Il y avait du désespoir dans cette demande.
- Seattle c'est l'endroit où j'ai tout perdu. L'endroit où j'ai tout eu et où j'ai tout perdu en fait.
Je ne veux pas revenir à Seattle ce n'est plus chez moi. Mais toi tu devrais y aller, tu devrais rentrer chez toi. Merci de t'être inquiétée de moi, merci pour tout ce que tu as fait, mais tu devrais y aller maintenant. Je t'appellerai tous les jours si c'est ce que tu veux, mais je crois que tu devrais rentrer.
Elle est en grande partie la raison de ce sentiment qu'exprime Callie, et c'est accablant. Elle comprenait mieux pourquoi, Callie avait fui pour New York et n'était pas revenue, malgré sa rupture avec Penny
Elle se souvient de cette jeune femme sure d'elle, affirmant son orientation sexuelle en criant dans les urgences contre son père. De cette résidente qui avait obtenu la direction du service d'orthopédie en prétendant devant le chef, qu'elle était une rock star, et c'était vraiment ce qu'elle était. Cette même personne s'était interposée entre le pistolet de Gary Clark et elle, Callie était toutes ces personnes à la fois, et aujourd'hui elle se cachait à des kilomètres de Seattle avec un cancer qui la rongeait de l'intérieur, parce qu'elle était brisée, parce qu'un jour Arizona Robbins l'avait entrainée dans les ténèbres de son enfer et par amour, simplement pour l'en extraire, elle l'y avait suivie.
-Chaque drame, chaque humiliation m'a enlevé des centimètres. Georges m'a pris des centimètres, Erika m'a pris des centimètres, mais tu as posé tes yeux sur moi et en un clin d'œil tu m'as rendu ma taille, je n'avais jamais marché aussi grande. Tu sais, la façon dont tu me regardais, me faisait me sentir tellement bien, j'avais l'impression que le monde m'appartenait, mais après le…
Silencieuses, les yeux dans le vide, envahies par l'émotion, aucune des deux femmes n'ose se regarder
…peu importe… Dieu seul sait combien je mesure en ce moment. Ces mots sortent dans un ricanement. Donc je ne veux pas revenir à Seattle.
Arizona avait hoché tristement la tête plusieurs fois, témoignant qu'elle comprenait, qu'elle savait de quoi parlait Callie. Digérant toute la culpabilité que cet aveu provoque, elle déglutit difficilement et s'éclaircit la gorge.
- Okay, donc, pas de Seattle. Sofia à Portland pour ces quelques jours ? Avant le début du traitement. Elle a besoin de te voir Callie. Arizona lui faisant face , le regard doux et suppliant, était tellement attendrissante et mignonne que Callie ne pouvait qu'abonder dans son sens, sans se faire prier.
- Ouai s'il te plait, j'en ai vraiment besoin aussi.
Le sourire réapparait sur le visage d'Arizona petit pas après petit pas, c'était des petites victoires mais Callie semblait renouer doucement avec la vie, l'espoir. Elle acceptait de voir Sofia et pour Sofia, la blonde savait que la mère qui était en elle se battrait, elle n'en avait aucun doute.
- Je te laisse attendre la décharge du « charmant Docteur Stevens qui me déteste », je vais passer quelques appels et tout organiser pour récupérer notre fille demain Okay ?
- Il ne te déteste pas, il est seulement impressionné par le chirurgien multi- qualifié
- C'est ce que je suis !
L'air exagérément suffisant, Arizona sort de la pièce, un petit rebond dans sa marche, laissant Callie un sourire béat sur le visage. L'enthousiasme, la joie d'Arizona et son sourire faisaient ses journées.
Leurs retrouvailles ressemblaient à des montagnes russes émotionnelles, elles passaient d'une révélation qui tordait leurs boyaux, à une plaisanterie dans la même minute, s'assurant de garder l'ambiance entre elle toujours légère. Et ça c'était nouveau. Les deux dernières années de leur vie commune, malgré tous les efforts qu'elles avaient fait pour redonner l'étincelle à leur couple, étaient si souvent sinistres et mélancoliques.
Elle se sentait égoïste de retenir Arizona loin de Seattle, de sa vie et de Sofia, mais elle devait reconnaitre que tout allait mieux pour elle, depuis que la blonde avait fait irruption dans sa chambre d'hôpital.
Elle était tellement fatiguée, elle avait lutté à New York contre une dépression, laquelle, en y pensant avec du recul, avait déjà commencé avant son départ et même avant son divorce.
Quand on lui avait annoncé qu'elle avait une tumeur au cerveau, et qu'il fallait qu'elle soit combattante, elle avait eu l'impression que l'univers se moquait d'elle. Ces dernières années, sa vie avait été une lutte sans fin. Quelles que soient les forces qu'elle avait mises dans les batailles, elles avaient toutes abouti à des catastrophes, sa vie entière était une catastrophe. Elle n'avait plus la force, elle voulait seulement arrêter de lutter, elle voulait se reposer. Aujourd'hui, cependant, Arizona la faisait rire, apprécier de bons plats, ce qu'elle n'avait plus fait depuis des mois. Elles échangeaient des commentaire sur des émissions de télévision stupides ou sur les potins de l'hôpital, elles discutaient de Sofia et de la vie, elle lui redonnait l'envie d'exister qu'elle avait perdu depuis si longtemps.
Arizona avait tenu informé Carlos Torres de la situation, elle pensait que Callie pourrait la tuer pour ça mais elle en acceptait le risque. L'homme aimait énormément sa fille, il avait plié pour elle, mettant de côté ses convictions les plus profondes par amour pour son enfant. Il méritait de savoir, et à un moment Callie aurait besoin de lui, elle aurait besoin de tout le soutien des gens qui l'aimaient même si elle voulait continuer à l'ignorer. Un pas après l'autre, Arizona ne désespérait pas de revoir marcher Calliope Torres grande, très grande.
Elle avait eu beaucoup de mal à convaincre Carlos de ne pas sauter dans le premier avion, quand il avait appris l'état de santé de sa fille. Après une longue et pénible conversation, ils étaient convenus qu'Arizona lui ferait des comptes rendus réguliers. Elle pouvait voir de qui Callie tenait ce trait de caractère protecteur et généreux, et ça contribuait à lui faire aimer l'homme qui l'avait tant impressionnée jadis.
Carlos ne pouvait supporter ce sentiment d'impuissance, il voulait s'occuper de toutes les choses matérielles, il voulait trouver un logement confortable à côté de l'hôpital pour que les deux femmes aient une qualité de vie agréable loin des soins médicaux et recevoir leur filles, quand ce serait possible. Dans ce but, il avait réservé une suite dans un hôtel luxueux. Lorsqu'Arizona avait protesté face à l'ampleur du geste, il l'avait suppliée d'accepter, avec une humilité qui avait profondément touché son ex-belle fille
- Arizona, il n'y a que vous qui puissiez la ramener, j'ai confiance en vous plus qu'en n'importe qui pour ça. Laissez- moi au moins balayer tous les autres soucis, s'il vous plait laissez- moi être son père encore
Sur cette terre quelqu'un pensait qu'elle pouvait faire du bien à Calliope, sa Calliope, celle qu'elle aurait voulu voir toujours heureuse mais à laquelle elle avait tant pris, qu'elle avait tant blessé par le passé. Elle avait accueilli les mots de son beau- père avec une profonde reconnaissance. Ce sentiment lui fait du bien, elle ne savait pas qu'elle en avait autant besoin.
Merci d'avoir lu. Merci pour les followers. J'aime savoir ce que vous en pensez, laissez des commentaires. Ce chapitre était un peu plus court, pour poser un peu où elles en sont dans leur tête, dans le prochain, elles rentreront dans le vif du sujet.
