Clause de non responsabilité : Les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de Shonda Rhimes.


Chapitre 6

Arizona devait récupérer Sofia à l'aéroport de Portland, elle avait proposé de faire un aller-retour à Seattle pour aller la chercher, mais aussi bien Callie que l'enfant s'étaient moquées de son côté maman poule.

Bien que terrorisée à la simple idée de sa fille assise dans un avion, elle avait décidé de taire ses propres angoisses devant la hardiesse de son enfant.

L'enfant avait donc fait seule, un vol de 45 minutes, même si elle était prise en charge par une hôtesse, elle était extrêmement fière de se montrer comme une grande fille, prenant l'avion pour retrouver ses mamans.

Dans le hall des arrivées la mère et la fille tombent dans les bras l'une de l'autre pour un gros câlin.

- Tu m'as manqué mon bébé soupire Arizona enfin rassurée

- Tu m'as manqué aussi mommy ! Cherchant autour d'elle l'enfant s'impatiente Où est mama ?

- Elle t'attend à l'hôtel

Elles affichaient toutes les deux un immense sourire. Les choses s'étaient tellement améliorées en quelques semaines, la dernière fois qu'Arizona était allée chercher Sofia dans un aéroport, elles étaient toutes les deux désemparées, en proie à une grande inquiétude et à de nombreuses questions concernant Callie.

Bien sûr Arizona était très soucieuse, mais elle avait l'intuition que si elles étaient toutes les trois ensemble, les choses ne pourraient que s'améliorer.


Obsédée par l'idée de ne pas choquer Sofia, Callie se préparait avec appréhension. Elle avait certes un peu maigri, sa peau était un peu plus pale et les cernes sous ses yeux, témoignaient de sa fatigue mais avec un maquillage adéquat elle avait pris soin de camoufler toutes traces de maladie.

Debout, en sous vêtement face au miroir, elle hésitait entre deux robes. La rouge ou la noire ? C'était la seule question cruciale à laquelle elle avait envie de penser à cet instant. Sa fille aimait le rouge, en plus ce serait plus gaie. Elle n'avouerait pas, même sous la torture que c'était aussi la couleur préférée d'Arizona, donc ce serait la rouge. Chaussées de talons aiguilles, ses cheveux relevés en un chignon savamment désordonné, quelques boucles brunes retombant sur son visage, elle jette un dernier coup d'œil à son apparence, elle n'avait pas l'air si mal se dit-elle. La porte s'ouvre, elle entend les bavardages joyeux de sa fille, un sourire se dessine immédiatement sur son visage.

Elle se tient au milieu de la pièce, quand Sofia vient s'écraser dans les bras tendus de sa mère pour un câlin. Après de nombreux bisous, rapidement la petite fille s'intéresse au nouvel environnement et s'éloigne en courant, pour visiter cet endroit inconnu, où vivent désormais ses mamans.

Arizona était restée clouée sur place. Elle n'avait vu Callie que dans une tenue d'hôpital ou dans un survêtement confortable depuis qu'elle l'avait retrouvée. Littéralement hypnotisée, elle dévisage la latine. Contemplant la robe fluide qui venait épouser parfaitement les contours de ce corps qu'elle avait si souvent adoré, son estomac se resserre, l'effet que cette femme peut toujours lui faire, même à distance est surréaliste.

- On dirait que tu aimes beaucoup ce que tu regardes. La latine envoie un clin d'œil en direction de son ex-femme

Se sachant prise, Arizona mord sa lèvre inférieure. Se souvenant soudain qu'elle doit respirer si elle veut continuer à vivre, elle prend une profonde inspiration tentant de contrôler les sensations qui parcourent tout son corps. D'une voix rauque dissimulant difficilement son émoi elle bafouille les mots qu'elle pense sincèrement, et qu'elle sait que Callie a besoin d'entendre

- Tu …tu es vraiment superbe. A couper le souffle

- As-tu besoin de prendre une douche froide ou pouvons- nous sortir de suite. Callie crane et Arizona pouffe. La latine, avait l'art de désamorcer tout embarras par l'humour. Elle adore cet esprit d'à-propos qu'elle avait toujours eu, en toute circonstance.

Elle l'a toujours trouvé tellement drôle, jamais la vie n'avait été ennuyeuse avec elle, elle avait été merveilleuse, animée, difficile, accablante mais elle ne s'était jamais lassée de cette personnalité omnipotente mais immature, autoritaire mais câline et douce, forte mais si fragile aussi

- Je me sens comme une S.D.F à côté d'une star, donne-moi une minute pour me changer.

Callie sourit, elle se sent confiante comme elle ne l'avait pas été depuis des années. Malgré sa situation médicale, ce trou dans son estomac avec lequel elle avait appris à vivre depuis le crash d'avion, parait moins présent, ou moins profond, ou plus fermé… enfin il est moins là. Un sourire en coin, elle regarde la femme, qui a depuis bientôt 10 ans le pouvoir absolu sur ce sentiment de vide dans son estomac, quitter la pièce

- Prend ton temps, je vais rattraper un peu notre fille, en t'attendant.

Pour le premier jour, Arizona avait prévu une journée peu chargée en activité. Callie avait été pratiquement alitée pendant 2 semaines, la blonde craignait qu'elle ne s'épuise rapidement, elle voulait que la reprise se fasse en douceur. Elle avait donc décidé d'amener les deux latines de sa vie sur le Tramway aérien de Portland. Elles avaient marché jusqu'au point de départ, avec Sofia entre elles tenant ses mères chacune par une main. Ce moment simple aurait pu être à lui seul la définition du bonheur, pour les trois filles.

- On fait la balançoire ? demande Sofia.

Quand elle était plus jeune, lorsqu'elles se promenaient, ses mères jouaient à la balancer chacune par une main, et la faisaient sauter en avant.

- Tu te rappelles ça ? Demande Callie surprise. Sofia était si jeune quand elles s'étaient séparées, elle avait à peine 4 ans, elle avait l'impression qu'elle ne pouvait avoir aucun souvenir de ses deux mères ensemble.

- Ouai j'adorais ça

- Maintenant tu es trop grande, je n'ai plus assez de force objecte Arizona alors qu'en réalité elle était soucieuse pour Callie mais la brune proteste.

- Allez Arizona, on va essayer. A trois, on fait la balançoire ! A mon compte : Un- deux- trois ! balançoire ! s'écrient en chœur Callie et Sofia.

La petite fille avait sauté loin et riait de bon cœur, ses mères savouraient simplement de la voir s'amuser innocemment, comme doit le faire une enfant de son âge. Callie s'approche d'Arizona pour lui murmurer à l'oreille

- Détends-toi et arrête de t'inquiéter. Je vais bien

Le souffle de Callie dans son cou, la proximité de la latine dans cette robe sexy, ne lui rendait pas la journée facile. Arizona se demandait si Callie jouait avec ses nerfs et ressentait le pouvoir qu'elle exerçait encore sur elle, malgré les années. Elle ne devait surtout pas laisser son esprit flotté dans ces eaux troubles sinon, elle était foutue et cela compliquerait tout.

Pendant qu'elles faisaient la queue en attendant de s'installer dans la cabine de verre et survoler Portland, Sofia manifestement en manque de ses mamans, se place tout à coup face à elles, et les entoure avec ses bras, passant son bras droit autour de la taille de sa mama, et son bras gauche autour de sa mommy. Elle les rapproche en les serrant aussi fort qu'elle le pouvait, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucun espace entre leurs deux corps. Elle pose alors sa tête sur ses deux mères les câlinant ensemble, un profond soupir sortant de sa bouche. Les deux femmes bouleversées, caressent la tête de l'enfant, leurs mains se frôlent sur la chevelure de Sofia, elles échangent un regard ému, des larmes apparaissent dans les yeux de Callie alors que la petite fille s'écarte en souriant et s'éloigne attirée par la présence à côté d'elle, d'un chiot adorable, transporté dans un panier. Lisant dans les yeux de son ex, Arizona serre la main de Callie, à voix basse elle la rassure.

- Elle va bien. Tous les enfants de parents séparés, rêvent qu'ils reviennent ensemble. Bien que je sois quasi certaine qu'en ce moment elle préfèrerait juste ce petit chien mignon à la maison. Je lui parlerai

Elle allait s'éloigner, quand Callie referme sa prise sur la main de son ex -femme.

- Ne lui parle pas, laisse-la rêver, ça ne peut pas faire de mal de rêver un peu. Arizona sourit, elle imagine tout ce que Callie peut mettre derrière ses rêves, elle caresse avec son pouce la main de son ex-femme, acquiesçant d'un clignement de paupières.

- Ça ne peut pas faire de mal de rêver un peu, répète t'elle

Après avoir survolé Portland, et entendu Sofia s'émerveiller dans une grande effervescence sur tout ce qu'elle apercevait, le mont Hood, les ponts, la rivière. Arizona surprend sa fille

- Sofia, sais-tu que nous sommes dans la ville des beignets ?

Les yeux de l'enfant s'illuminent instantanément. Elle a hérité de sa mommy, un goût excessif pour les beignets. Ils sont la réponse à toutes leurs émotions. La récompense quand elles sont fières d'elles, le réconfort quand elles sont tristes, la fête quand elles sont joyeuses, les beignets font partie de leur vie émotionnelle.

- Direction la boutique Donut Vaudou s'exclame Arizona aussi enthousiaste et pressée que sa fille

Dans la boulangerie, Callie est aux premières loges d'un spectacle qui la ravit et dont elle pourrait ne jamais se lasser. Elle contemple avec une tendresse nostalgique, la mère et la fille s'excitant devant la vitrine, la même étincelle brillant dans leurs yeux pourtant si différents, face à la multitude de beignets. Elles ont manifestement beaucoup de mal à se décider, et entament une négociation sérieuse et très stratégique, afin de gouter le maximum de beignets en se les partageant.

Callie est en dehors du deal, les deux grandes amatrices de beignets ayant définitivement conclu, qu'elle était hors concours car trop classique avec son éternel et simplissime beignet aux pommes. La brune appréciant la perfection du moment, se délecte simplement de l'échange entre ses deux personnes préférées au monde. Elle s'éloigne dans ses pensées. Elle aurait dû faire autrement, être plus patiente, donner du temps à Arizona et éviter tout ce gâchis. Pourquoi n'avait-elle pas vu clair il y a trois ans ? Elle est rappelée dans le présent par la voix excitée de sa fille.

- Non maman. Moi je préfèrerai le « Bulle Vaudou» avec un Bubble gum à l'intérieur Sofia sautille sur place.

- Ouai je ne suis pas sure, Arizona frottant son menton, réfléchit comme si de cette décision dépendait sa vie.

Tu pourrais prendre un « Marshall Mathers» avec des M&M'S et moi je choisis le « Rires » Caramel chocolat ce doit être délicieux ! Et on partage ? Elle salivait presque en anticipation

Callie ne peut pas s'empêcher de rire, elle sent les papillons qui volent dans son estomac, elle avait oublié ce sentiment que seule cette femme peut lui donner.

Le sourire d'Arizona dessinant deux adorables fossettes sur ses joues, va jusqu'à ses yeux, ils brillent d'un bleu qui illumine son visage. Callie peut voir combien elle est heureuse, combien Sofia est heureuse et tout ce bonheur contagieux déteint sur elle, la latine ne se souvient plus la dernière fois qu'elle s'était sentie aussi bien.

- Ou celui-ci Mommy ! Regarde comme il est beau avec les paillettes violettes Sofia gesticule, essayant d'influencer sa mère. Elles passaient les différents beignets en revue depuis de très longues minutes, amusant Callie, et peut-être un peu moins la serveuse qui commençait à montrer poliment des signes d'impatience.

- Les filles ce n'est pas une décision qui va changer le cours du monde. Roosevelt et Staline ont dû avoir moins de mal pour conclure les accords de Yalta.

- Parce ce qu'il y avait moins de choix dans le magasin de « Yaya Ta »(Mamie Ta en espagnol ) et ils doivent moins aimer les beignets que nous ! réplique du tac au tac Sofia

Face à la confusion de sa fille qui, ne comprenant pas la référence historique, avait décidé de trouver une signification en espagnol, et la moue interloquée de l'enfant ignorant quels étaient ces personnes qui prenaient à la légère, une décision aussi importante que le choix d'un beignet, Callie explose de rire bruyamment.

Au son de ce rire franc et sans retenue, qu'elle n'avait pas entendu depuis si longtemps, et qui lui avait tant manqué, Arizona tourne la tête. Sofia avait fait sa partie de miracle, elle voyait enfin Callie rayonner autour de son enfant. C'était comme si après de nombreux jours de pluie, le soleil se réinstallait dans leur vie, créant les conditions idéales pour former un arc en ciel.

Elle avait toujours aimé les arc en ciel, elle les voyait comme des ponts lumineux reliant deux points très éloignés. Permettant de franchir les obstacles, ils colorent l'horizon et annonce le beau temps. Elles avaient besoin d'un arc en ciel.

Dans l'après-midi, elles étaient rentrées à l'hôtel, après avoir un peu flâné dans les rues de la ville, et juste profité les unes des autres, admirant les vitrines, commentant ce qu'elles découvraient. Elles avaient fait un peu de shopping, sautant sur l'occasion pour offrir une nouvelle tenue à leur fille. Sofia exultait littéralement d'avoir l'attention de ses deux mères ensemble. Elle avait un sourire permanent sur son visage, elle jouait au mannequin dans la boutique, pour le plus grand plaisir des deux femmes, qui riaient et s'amusaient comme elles ne l'avaient jamais fait, car la vie les avait privées de tels moments. Arizona pensait que sa vie aurait dû être exactement celle - ci . Elle n'échangerait pas ce moment pour un million de dollars, c'est tout ce dont elle avait toujours eu besoin, Sofia et Callie.

- Tu veux aller te reposer un peu avant le repas.

- Non, je veux profiter au maximum de ma fille adorée Callie chatouille Sofia qui gigote sur le canapé pour se libérer, la blonde observe les deux latines, éprouvant un sentiment de plénitude qui l'avait enveloppée toute la journée.

- Si on regardait une vidéo mama

- Ouai, quelle vidéo ? Un film Disney ? J'ai un carton avec toutes les vidéos dans…

- Non une chirurgie. Interrompt Sofia

- Une chirurgie ? demande Arizona surprise par la demande de sa fille de 6 ans et demi comme elle se plaisait à le préciser.

- Oui avec mama à New York, on a regardé toutes les opérations que tu faisais sur les bébés dans le ventre de leur maman. Mama m'a expliqué que moi j'étais dans son ventre, pas dans le tien, mais que sans toi je n'aurai pas pu vivre parce que tu as fait battre mon cœur avec tes doigts. Elle dit que je suis le seul bébé qui avait besoin de ses deux mamans pour venir au monde.

Arizona caresse la joue de sa fille, secouant la tête en signe d'approbation vers l'enfant. Dissimulant l'émotion qui la submerge, elle quitte la pièce, ses yeux évitant le regard de Callie. La brune devine aisément l'effet des révélations naïves de Sofia sur sa mommy. Elle connait par cœur, les insécurités de son ex-femme concernant sa place de mère, son propre comportement, ne les avaient certainement pas améliorées au fil des ans.

Le trouble d'Arizona ne lui avait pas échappé, elle n'aurait pas voulu que cette formidable journée soit entachée par une note triste, mais comme souvent quand c'est trop, Arizona se mure dans le silence et s'isole. Callie laisse Sofia sur le canapé après lui avoir installé une vidéo, et se lève pour retrouver son ex-femme. Assise sur le bord de son lit les mains entre ses genoux serrés elle regarde fixement le sol.

Appuyée sur le cadre de la porte ouverte, Callie tente timidement de plaisanter.

- Je vivais avec ton plus grand fan, elle préfère voir tes chirurgies que Frozen et je ne m'en plains pas, je préfère aussi

- Tu ne voulais pas m'effacer de sa vie alors ? Murmure la blonde sans lever les yeux

Une larme s'échappe des yeux bleus et coule sur la joue de porcelaine. Callie rentre dans la chambre, et s'approche de la blonde qui fixait toujours le sol. S'accroupissant devant elle, elle pose sa main sur la cuisse dessinant avec son pouce des figures aléatoires sur le jean d'Arizona.

- Bien sûr que non, Arizona. Je voulais que tu prennes moins de place dans la mienne, je voulais que tu prennes moins de place dans ma tête. Elle soupire

Nous avions échoué, j'avais abandonné, mais tu étais toujours dans ma tête et je ne pouvais pas continuer comme ça. Je n'ai pas réalisé ce que tu pouvais ressentir, mais je n'ai jamais voulu te faire disparaitre de la vie de Sofia. Jamais. C'est impossible. Regarde-moi. S'il te plait regarde moi Arizona. Elle soulève le menton de son ex lui adressant un tendre clin d'œil.

On ne fait pas disparaitre un super héros. Tu es son super héros, elle t'aime tellement. Personne ne pourra jamais te faire disparaitre de sa vie.

La blonde ne peut retenir un profond sanglot révélant la profondeur de la plaie toujours ouverte.

- J'avais tellement peur de devenir « rien » pour elle aussi. Marc a dit que je n'étais rien, ton avocate a dit que je n'étais rien, et toi…ses larmes redoublent toi tu as tellement agi comme si je n'étais rien. Quand tu es en colère contre moi, tu me la prends tout le temps.

- Je ne fais pas ça Arizona se défend Callie

- Si tu le fais ! Après Boswell tu l'as amenée chez Meredith, tu as décidé quand je la verrai, et quand je ne la verrai pas, sans discussion. Si Cristina n'était pas intervenue tu ne m'aurais même pas laissée la prendre cinq minutes dans mes bras.

- Arizona tu ne peux pas me reprocher ça. Tu sais dans quel état j'étais, et comment je peux être quand je suis dans cet état. J'aurai eu la même réaction si tu étais venu demander…euh…je ne sais pas … un bout de pain, ou n'importe quoi. Ce n'est pas elle que je ne voulais pas que tu vois, c'est moi qui ne pouvais pas te regarder.

Callie se défendait tant bien que mal. A cette époque, elle était tellement furieuse, qu'elle punissait un peu Arizona d'avoir mis égoïstement leur famille en danger, mais elle savait aussi qu'il y avait eu bien plus que l'après Boswell, et qu'elle devait laisser Arizona exprimer tout ce qu'elle retenait, à ce sujet.

- Et New York Callie ! Tu as décidé de l'avenir de ma fille avec une autre femme. Elle est ma fille Callie quoiqu'il se passe entre nous, elle est aussi mon enfant. Tu ne peux pas oublier qu'un jour, tu m'as voulue dans ton plan, tu voulais que je fasse partie de ce plan. Ce plan ne peut plus être changé.

- Ce plan est la meilleure décision que je n'ai jamais prise. Tu m'entends. Je ne voudrai d'aucune autre mère que toi pour ma fille et je ne l'ai jamais voulu. J'ai déconné pour New York okay ? Les choses se sont emballées, et tu sais comme je peux m'emballer ? C'est toujours comme ça entre nous, je ne sais pas pourquoi, les choses deviennent toujours hors de contrôle.

Callie était sincèrement navrée d'avoir manqué autant de clairvoyance, et de ne pas avoir été capable de mesurer les conséquences de son choix. Elle avait eu besoin de son petit moment d'égoïsme elle aussi. Les yeux fixés au plafond, elle mordait sa lèvre inférieure, elle voulait tellement calmer définitivement l'insécurité d'Arizona.

- Je suis désolée. Je ferai attention à ça désormais.

Tu sais ce qu'on va faire ? Eh bien euh… Elle grimace Il est évident que pour choisir sein ou biberon c'est un peu tard, mais Berkeley ou Dartmouth c'est toi qui vas décider et aussi … euh l'escrime ou la danse, les dix prochains cadeaux d'anniversaires et de noël, et même … Je te laisserai tout choisir pour son mariage les arcs en ciel, les licornes et les papillons tu pourras tout choisir, et là je fais vraiment un gros effort.

Arizona la regarde perplexe et amusée.

- Tu es con ! la brune hoche la tête acceptant le tendre qualificatif, avec une mimique repentante et des yeux de chiots tristes.

- Je sais, je peux vraiment l'être quelque fois. Tu viens d'en faire la parfaite démonstration

- Je suis désolée j'ai un peu craqué

- Hier c'était moi. Aujourd'hui c'était ton tour, demain le mien. Arizona sourit.

- Merci. Plissant les yeux, elle regarde son ex-femme de cette manière espiègle qui lui donne un charme fou. Serait-ce une façon déguisée de me prévenir que tu vas me dire encore des choses désagréables ?

- J'aurai aimé avoir une mère qui se batte pour moi seulement la moitié de ce que tu te bats pour elle. Alors crois moi quand je te dis que tu es autant sa mère que moi, et que tu es une mère géniale Un sourire faussement inquiet S'il te plait, pas trop de papillons

- Hum. Je ne vais rien décider du tout. C'est elle qui décidera tout crois moi ! Je ne sais pas de qui elle aurait pu hériter ce caractère autoritaire et buté ?

- J'ai peur, hélas, de ne pas échapper aux papillons et aux licornes, elle est tellement comme toi aussi.

Elles partagent un sourire ému, notant chacune pour elle-même, combien tout ce qui s'était révélé de l'ordre de l'impossible il y a trois ans, était si simple aujourd'hui. Elles pouvaient enfin parler, s'expliquer et sortir des rapports de force, et des combats.

- Allez, viens crâner devant tes formidables chirurgies

- Tu les as regardées toi aussi ?

- Toutes, plusieurs fois…en boucle… presque toutes les nuits. J'aurai peut -être même pu m'endormir devant, une ou deux fois

- Tu dis que mes chirurgies sont ennuyeuses et soporifiques ? Déclare Arizona offusquée

- Je dis que tes chirurgies sont géniales et que je suis fière de toi.

- Ouai ?

- Ouai, je suis fière de toi Arizona. J'aurai dû mieux comprendre ce dont tu avais besoin, mais j'étais tellement fatiguée que tout soit si compliqué

- Je sais.

Arizona se lève, elle aide la brune accroupie à ses genoux à se redresser aussi, se trouvant face à face, elle dépose un baiser sur sa joue, exprimant ainsi, mieux qu'avec des mots, qu'elle comprenait qu'elle ait été lasse, elle-même avait ressenti cette lassitude qui l'avait conduite à être favorable à une pause de 6 mois.

- Allons rejoindre notre fille et admirer l'étoile montante de la chirurgie fœtale. La blonde se pavane, prenant un air important.

Quand elles rentrent dans le salon, Sofia est endormie sur le canapé face à l'enregistrement de la chirurgie d'un syndrome transfuseur-transfusé dans une grossesse gémellaire.

Callie se mordait les lèvres pour retenir le rire qu'elle ne peut contenir davantage. Entre deux éclats de rire elle affirme

- Géniales Arizona pas soporifiques ! Tes chirurgies sont géniales Arizona scandalisée, la frappe sur le bras

- C'est super rare, c'est la réparation d'un syndrome transfuseur transfusé !


Le lendemain, après avoir partagé un petit déjeuner en famille, plein des rires de Sofia, des sourires des mères, la décision unanime fut d'organiser un pique-nique dans le Washington Park, Sofia adorait ça. Elles avaient commencé par visiter le zoo à la grande joie de l'enfant qui récemment avait décidé de devenir vétérinaire, mais spécialisée uniquement dans les éléphants.

- J'irai au Malawi pour sauver les éléphants ! annonce l'enfant à ses mères comme si cela coulait de source.

- Qui t'a parlé du Malawi ? demande immédiatement Callie un peu sur la défensive.

- C'est Zola, elle dit que si mommy n'avait pas été au Malawi, elle n'aurait pas pu être soignée et vivre à Seattle. Je ne la verrai pas, parce que le Malawi c'est beaucoup plus loin que New-York. Tu savais que mommy avait sauvé Zola ?

- Ouai ta mommy fait toujours des choses extraordinaires. Confirme Callie à sa fille en souriant

- Ta mama aussi fait des choses extraordinaires Sofia, intervient Arizona poussant l'épaule de son ex-femme pour la taquiner En particulier quand que je suis au Malawi

- Arizona !

Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle n'aimait pas dans cette plaisanterie, si toutefois s'en en était vraiment une. Le fait d'évoquer devant sa fille que sa conception était liée à une relation sexuelle en état d'ébriété avec son meilleur ami, ou parce que le Malawi était un point qui était resté en suspens pendant leur thérapie.

Quand Arizona l'avait élevé, elle avait eu l'impression qu'elle lui reprochait de l'avoir coincée avec cette grossesse et qu'elle avait des regrets. Le sentiment que sa femme subissait depuis plus de quatre ans une situation qu'elle ne voulait pas, son propre sentiment de subir un adultère qu'elle ne pouvait pas oublier, étaient devenus confus dan son esprit.

Elle n'avait pas pu le supporter au sens littéral du terme, clouant le bec à Arizona de façon passive agressive, comme elle savait si bien le faire, elle avait quitté le bureau du thérapeute au milieu de la séance, sans lui laisser la moindre chance de s'expliquer.

Ironiquement, deux ans après, elle lui avait donné l'occasion de le faire, dans un tribunal, car Arizona n'oubliait jamais rien, son tempérament obstiné la portait à ne jamais rien lâcher. Profitant de la perche tendue par l'avocate de Callie, la mère de sa fille, avait affirmé avec une grande conviction, soutenant ostensiblement son regard, qu'elle avait eu le choix, qu'elle aurait pu partir ou rester et elle, elle avait choisi la maternité, ajoutant que c'était le meilleur choix qu'elle n'ait jamais fait.

Les deux savaient qu'Arizona clôturait dans ce tribunal, une conversation interrompue deux années auparavant, mais ces mots avaient ébranlé toutes les certitudes derrière lesquelles la latine s'était abritée depuis.

- Quoi ? Elle n'est pas la chose la plus EXTRAORDINAIRE que tu aies faite ? s'approchant de la brune en souriant elle parle plus bas. Avec le recul, le meilleur cadeau de « bienvenue à la maison » de tous les temps.

Callie ne voit que de la reconnaissance dans les yeux d'Arizona. Le Malawi, le sacrifice de son rêve, la culpabilité de ne pas avoir vraiment été à la hauteur de l'honneur qu'on lui avait fait, en lui confiant la bourse Carter Madison, s'étaient transformés en bonheur d'avoir Sofia. Oubliés les reproches « tu as couché avec Marc » et « tu m'as quittée au milieu d'un aéroport » « parce que tu ne voulais pas venir en Afrique ». Le Malawi était devenu synonyme de Sofia, de famille, de leur plus grand bonheur, à bien y réfléchir leur fille avait raison, synonyme de Zola aussi. D'un hochement de tête la brune acquiesce et passe une main sur le bras d'Arizona, exprimant ainsi, combien ses mots en disaient long pour elle.

Autour de leur pique-nique, Arizona répond aux questions de son enfant, partageant son expérience du Malawi, avec Sofia et Callie, ce qu'elle n'avait jamais osé faire car le sujet avait toujours été sensible.


Le lendemain au Waterfront Park, Sofia joue autour des fontaines. Les mères participaient aux jeux de la petite avec le même bonheur, Callie se réjouit de voir Sofia essayer de tremper sa mommy. Arizona s'amuse comme si elle avait le même âge que leur fille. Elle avait en elle, ce truc de la pédiatrie, c'était attendrissant, les enfants l'aimaient toujours. Callie observe encore une fois leur interaction avec mélancolie, tout aurait pu être si différent, elle donnerait beaucoup pour pouvoir continuer à profiter de ce spectacle encore quelques années, mais la fatigue qu'elle ressentait lui laissait penser que c'était écrit autrement. Arizona toujours un œil attentif sur elle s'approche.

- Hey ça va ?

- Ouai. J'aime vous voir toutes les deux Répond la latine dissimulant ses pensées


Hélas tout a une fin, ces quelques jours étaient passés comme des vacances. Elles n'avaient jamais eu l'occasion de vivre de tels moments. Quand elles étaient mariées, elles vivaient toujours à un rythme effréné, au milieu de cette tourmente, elles avaient trop souvent oublié de prendre soin de leur famille, de prendre soin de leur couple, prendre du plaisir ensemble comme ces derniers jours. Aussi elles en appréciaient chaque seconde réalisant, que le bonheur comme l'amour se construit et s'entretient.

Pour le dernier jour, Callie avait absolument tenu à aller voir les cascades de la gorge du Columbia. Elle ne l'avouait pas, mais elle n'était pas certaine de pouvoir le faire après le début du traitement, et elle voulait partager avec sa fille et son ex-femme le maximum de souvenirs auxquels s'accrocher, au cas où les choses se dégraderaient.

Bien qu'au départ, pas très favorable, craignant que la brune présume de ses forces, Arizona n'avait pas su résister aux yeux de chiots des deux latines qui prenaient toute la place dans son cœur qui menaçait d'exploser.

- Mama, Mommy venez ! Je veux faire une photo de vous deux près de la cascade déclare Sofia.

Les deux mères obéissantes mais un peu empruntées devant leur fille se tiennent debout, figée côte à côte, un sourire de caméra sur le visage.

- Non! plus prêt! crie Sofia directive, on ne verra pas la cascade sinon!

- Sofia, tu veux une photo de nous ou de la cascade ! Parce qu'on vend de très jolies cartes postales rétorque Arizona manifestant un peu d'agacement

- Je veux vous deux et la cascade sur la photo, et je ne pense pas que tu sois sur une carte postale ! Répond la petite avec une pointe d'impertinence.

- Oh mon dieu, quand elle veut quelque chose c'est tout toi. Souffle la blonde à son ex-femme

- Ou toi ! lui renvoie Callie, accompagné d'une mimique entre le sourire et la grimace. Bon, viens près de moi sinon on va y passer la nuit

Elle passe son bras autour des épaules d'Arizona, la rapprochant fermement de son corps. Lorsque Sofia a terminé, elle montre la photo à ses mères.

- Super mignon. Marmonne Arizona, s'empressant de passer à autre chose, elle s'éloigne. Allons-y, il faut descendre

Callie d'humeur joueuse ajoute en riant

- Je n'ai jamais vu une photo si jolie Oh ! et si ROMANTIQUE ! On dirait que mommy a peur que je la mange, tu ne trouves pas Sofia ?

- Ouai elle a l'air bizarre, vous voulez que j'en fasse une autre ?

- Non ! s'écrie Arizona, un peu trop vite et un peu trop fort pour que son malaise ne soit pas évident. La photo la montrait totalement coincée, contre Callie. Ne sachant que faire de son bras droit, n'osant pas le passer autour de la taille de son ex-femme, elle avait pris une pause guindée, le faux sourire sur ses lèvres ne trompait personne, quant à son inconfort.

Les deux brunes pouffent de rire, et la blonde ne peut s'empêcher de les rejoindre

- Est ce que ton passe-temps favori ne serait pas de te moquer de ta mommy, jeune fille ? Arizona chatouille sa fille en riant

- Oh comme je la comprend, ça pourrait bien être le mien aussi, ça marche tellement bien. Répond Callie envoyant un clin d'œil à son ex

C'était comme une famille. "C'est si facile", s'étonnait Arizona pour elle même. "C'est comme si rien ne s'était passé entre nous " "En famille on peut avoir des conflits, mais on continue à s'aimer " Elle finit par conclure pour elle même "Nous sommes et nous serons toujours une famille" .

Après la promenade et de nombreuses photos prises, l'ambiance de ces derniers jours s'assombrit. Il fallait se séparer de Sofia. Elle devait rentrer à Seattle pour retourner à l'école et Callie devait retourner le lendemain à l'hôpital pour commencer les séances de chimio. Elles accompagnent ensemble leur enfant à l'aéroport, lui promettant qu'elle reviendrait très vite. Arizona avait expliqué à sa fille que Callie allait recevoir des traitements très forts dans le but de la guérir, mais dans un premier temps, ils pouvaient la rendre un peu faible, et il faudrait être patiente pour revenir la voir.

Comme elle l'avait promis à sa mommy, Sofia se montre très courageuse, pour ne pas faire de peine à sa mama. Elle prend son petit sac à dos, donne la main à l'accompagnant pour rejoindre l'avion et adresse un signe de la main aurevoir à ses parents en souriant courageusement. Les deux femmes ne sont pas dupes des efforts de Sofia, extrêmement fières de leur enfant, elles échangent un regard humide.

- Tout est passé si vite. Elle a grandi si vite. Regrette Callie

- Elle est géniale.

Dans la voiture la brune pose la tête sur la vitre et regarde le paysage défiler sans un mot. Elle ferme les yeux laissant ses pensées voguer vers Sofia et tout ce qu'elle pourrait manquer de la vie de sa fille. Ces quatre jours ont été certainement les plus heureux de sa vie, depuis que l'avion est tombé du ciel. Pour arriver à ça, il a fallu une tumeur, c'est tellement ridicule de ne pas savoir saisir le bonheur quand il est à portée de main.

Son rêve à elle, c'était juste ça. Arizona, des enfants avec Arizona, une famille avec Arizona. Il avait suffi qu'elle entende le témoignage de son ex-femme au tribunal, agressant pratiquement son avocate, pour défendre qu'elles avaient été une famille, et que quoiqu'il ressorte de ce procès, Sofia serait aimée parce qu'elles étaient ses mères, pour que son rêve se rappelle à elle. Elle l'avait ressenti de plus en plus fort depuis. Mais c'était trop tard, elle était allée trop loin, le mal était fait. Elle avait traité sa femme avec mépris, elle avait rendu les choses irréparables. Elle ne pouvait que partir très loin et New York proposait cette opportunité de fuite. Très vite elle avait réalisé qu'elle ne voudrait partager son rêve avec personne d'autre, et ça l'avait poussée à quitter Penny rapidement. Elle est sortie de ses pensées réalisant que la voiture est à l'arrêt.

- Où sommes-nous Arizona ?

- J'ai pensé que tu pourrais avoir besoin de prier, ou qu'on pourrait se recueillir ou un truc comme ça.

- Mais tu ne crois pas en dieu ! conteste la brune quelque peu déroutée

- Je ne crois pas, mais toi, tu crois. Et puis ça a marché la dernière fois que j'ai prié !

- La dernière fois que tu as prié ? Demande Callie déconcertée, connaissant l'opinion d'Arizona sur la religion.

- Ouai après l'accident quand tu étais dans le coma. Je… j'ai pensé que tu aimerais que je prie pour toi, alors je l'ai fait.

- Je ne sais rien de tout ça, tu ne me l'as jamais dit !

Callie avait les larmes aux yeux, elle découvrait chaque jour que cette femme, sa femme, l'avait aimée à un point qu'elle ne savait même pas. Elle en avait si souvent douté, tous les jours elle découvrait son erreur, et maintenant qu'elle avait compris, elle craignait que le temps ne lui fasse défaut.

- Peu importe, l'essentiel c'est que tu sois en vie. Alors allons prier.

Elles se trouvaient au « sanctuaire de notre mère douloureuse »
Côte à côte, elles avaient prié, Arizona avait même allumé un cierge. En sortant de la paroisse, Callie se rapproche de la blonde et glisse son bras autour de celui d'Arizona.

- Rassure- moi, tu crois encore en la médecine ?

- Tais-toi, stupide déesse de la chirurgie orthopédique !

- Merci d'être encore à mes côtés, de prier avec moi. Tu es incroyable Arizona.

Lorsqu'elles étaient en couple, elles marchaient la plupart du temps main dans la main. Quelque fois Callie tenait Arizona par les épaules, la blonde lui enlaçait alors la taille ou glissait sa main dans la poche arrière de son jean, mais jamais elles ne marchaient bras dessus - bras dessous. D'abord déroutée Arizona comprend lorsqu'elle sent Callie s'accrocher fermement à elle. Epuisée par trop d'activité, elle s'appuyait tout naturellement sur la blonde.

L'ironie veut que la femme avec une seule jambe, ralentisse le pas et soutienne son ex- femme, dont elle avait tant de fois rejeté l'aide. Cette symbolique vient la frapper de plein fouet. Comment avait-elle été si stupide pour ne pas réaliser que quand l'amour est fort, accepter de montrer sa vulnérabilité, ne le met pas en danger mais le rend plus fort encore.

De son éducation militaire elle avait gardé cette propension à intérioriser tout. On lui avait appris à toujours se montrer à la hauteur, sans plier, ne jamais montrer ses failles mais Callie, lui montrait une autre façon d'être. Elle était la seule à pouvoir lui apprendre que lâcher prise avec les gens qu'on aime, n'était pas forcément s'exposer à un risque. Car malgré tout, malgré les combats, les années de séparation, le tribunal, les déceptions, elle avait toujours plus confiance en Callie qu'à n'importe qui d'autre dans sa vie.

- J'ai toujours besoin de toi Callie. Peu importe ce que nous sommes, mais j'ai besoin de toi, de préférence pas trop loin de moi.

Callie penche la tête vers la blonde, cherchant dans ses yeux ce qui peut provoquer cet aveu.

- Contrairement à ce que j'ai pu te laisser penser, j'avais besoin de toi aussi, Arizona.

Ricanant face à sa difficulté pour rejoindre leur voiture sur le parking, et voulant alléger le moment

Et…de façon plutôt évidente, j'ai un besoin vital de toi en ce moment.

- Je suis là pour toi. Arizona serre le bras de Callie. Je sais que je me suis absentée longtemps mais je suis revenue Callie. Tu peux compter sur moi

- Je sais, je sais . Merci.

- C'est à ça que servent les familles. Quoiqu'il arrive on a toujours ce refuge. Tu seras toujours ma famille. Tu pourras toujours te réfugier auprès de moi.

-Merci. Répète Callie dans un souffle à peine audible. Ces derniers jours, elle n'avait pas la maitrise de ses glandes lacrymales. Elle passait du rire aux larmes, elle avait l'impression que brusquement le ciel s'était ouvert devant elle, qu'elle réalisait tout ce qu'elle n'avait pas su comprendre auparavant, et tout était trop. Trop fort, trop triste, trop heureux et … trop tard.

Arizona avait posé sa main sur la main de la brune qui s'agrippait à son bras. Un pensée la taraudait depuis plusieurs jours, elle racle sa gorge, sans lever les yeux du sol elle demande

- As-tu besoin de ta mère ?

- Pourquoi parles-tu d'elle maintenant ? Parce qu'on vient de parler à dieu ? ricane Callie

- Parce que je sais que tu y penses. Parce que tu as dit que tu aurais aimé avoir une mère qui se batte pour toi. Parce que je voudrai que tu sois en paix. Parce qu'elle est ta famille aussi.

- Arizona, je me sens plus apaisée que je ne l'ai jamais été et ce n'est pas à ma mère que je le dois. Elle pose un regard reconnaissant sur la femme qui prenait soin d'elle Elle n'a jamais repris ce qu'elle a dit. Elle a méprisé, les deux personnes les plus importantes de ma vie. Alors non. Pas maintenant, je ne veux pas de ma mère maintenant. J'ai juste besoin de toi et de Sofia. Arizona cligne des yeux signifiant qu'elle n'insisterait pas.

- Je ne bouge pas, et tout ce que tu ne peux pas faire je le ferai. C'est comme ça que ça marche n'est-ce pas ?

Elles sont toutes deux envahies par une profonde tristesse. C'était quelques heures avant de prendre l'avion pour Boise, Callie avait prononcé ces mots pour réconforter Arizona qui pleurait la perte imminente de son ami d'enfance, elles ignoraient que ce serait la meilleure période de leur vie. Elles étaient tout l'une pour l'autre, elles avaient une confiance indéfectible l'une en l'autre. Au cours de leurs épreuves, elles avaient oublié de se souvenir de ces mots. Elles avaient oublié que le ciment invisible pour que tout reste en place malgré les tempêtes, les cyclones ou les ouragans, était la confiance en l'autre.

- Tu es mon homme bon dans la tempête

- Tu as toujours été le mien aussi. J'apprécierai cependant que le ciel veuille bien nous faire la faveur de s'éclaircir de temps en temps

- J'ai prié pour ça

- Moi aussi, moi aussi.

Jour après jours, mots après mots, elles s'écoutaient avec bienveillance. Elles cherchaient à comprendre avec indulgence. Elles pardonnaient les erreurs, elles cautérisaient les plaies, cicatrisaient les blessures. Elles acceptaient leur maladresse, avouaient leurs faiblesses, leurs faux -pas, même si ce n'était qu'à demi-mots, leurs sentiments aussi, et cela ne les étonnait même pas, car l'amour, n'avait jamais été le problème, à un moment il n'avait juste plus suffi.


Merci d'avoir lu Le chemin du pardon et de la réparation est long et prend du temps. Je ne pense pas que l'on puisse vraiment récupérer d'autant d'épreuves et pardonner très rapidement, mais ne désespérez pas...Merci pour les commentaires, j'adore lire ce que vous en pensez.