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CHAPITRE XIII.

N°83 – 10 Février 2024 (1)

10 février 2024, Grande Salle, Poudlard, Ecosse


La Gazette de Poudlard – N°83 (10 Février 2024)

LES GRANDES PAGES – DOSSIER D'ENQUÊTE


Sommaire :

p.2 : LES COMPRIMÉS ROSE : Comment l'addiction s'est-elle répandue dans les couloirs de l'école ? (Partie I.)

p.4 : Complément d'enquête n°1 – Témoignages

p. 6 : Complément d'enquête n°2Lettre ouverte

p.7 : LES COMPRIMÉS ROSE : Comment l'addiction s'est-elle répandue dans les couloirs de l'école ? (Partie II.)

p. 10 : Complément d'enquête n°3 Symptômes d'une addiction aux comprimés « Cogite-Plus-Fort » : comment les identifier avant qu'il ne soit trop tard ?

p. 11 : FocusL'addiction dans le sport

p. 13 : Coup de pouceIdées de substituts naturels pour se débarrasser du stress


LES COMPRIMÉS ROSE :

Comment l'addiction s'est-elle répandue dans les couloirs de l'école ?

(Partie I.)

Personne n'ignore plus son existence.

Il tient dans la paume de la main.

Enrobé d'une robe poudreuse, il possède la couleur d'un petit bonbon au fruit.

Depuis quelques mois maintenant, un curieux petit comprimé rose bonbon circule dans les couloirs de Poudlard, vole de poche en poche, jusqu'à pousser de nombreux élèves à l'infirmerie.

Pourtant, tout dans ce bonbon coloré paraît inoffensif. Sa taille, sa couleur, son goût, son odeur, et même ses intentions.

Depuis la découverte de ce petit comprimé rose dans les couloirs de l'école, le corps enseignant, suivi des Préfets lui ont déclaré la guerre. Et à raison, puisqu'il a conduit certains élèves à mettre leur santé en danger.

Mais était-ce vraiment la chose à faire ?

Car on le sait : la prohibition a toujours enflammé les passions. Elle pousse nombre d'entre nous à s'affranchir des règles, à les braver et à oser refermer ses doigts sur l' « Interdit » pour s'en emparer, quel qu'en soit le prix à payer.

Pourtant, en dénonçant et en pointant du doigt une substance controversée, trop occupés à la traquer, nous en avons oublié le plus important : la santé de nos camarades, de nos amis.

Car s'il est facile – trop facile, même – d'ériger ce petit comprimé rose en coupable idéal, ne devrions-nous pas plutôt nous interroger sur la rapidité et la facilité avec lesquelles il s'est fait une place dans les poches de nos robes de sorcier ?

Pourquoi un simple comprimé, maladroitement surnommé « COGITE-PLUS-FORT » OU « COGITE-MENINGES » par ses consommateurs, initialement destiné à nous permettre de retrouver notre quiétude en période de stress ou de surmenage, est devenu pour certains d'entre nous la seule alternative tolérable à l'environnement stressant et paralysant qui les entourent ? Le seul moyen de lutter contre la pression qui pèse sur leurs épaules, qu'elle vienne du corps enseignant, des compétitions sportives, ou du monde qui nous attend dehors, derrière ces murs en pierres, prêt à nous juger en cas d'échec ?

Rien n'est jamais bon en excès, alors, face à la pression qui règne au sein d'une école où chacun doit faire ses preuves dès l'âge de onze ans et doit s'assurer une place de choix dans un monde d'adulte avant d'en avoir dix-sept, ce petit comprimé rose inoffensif n'avait aucune chance.

Un seul comprimé, et vous échappiez au stress le temps pour votre corps et votre cerveau de se ressourcer.

Deux comprimés, et vous ressentiez un sentiment de force et d'invincibilité.

Trois, et vous perdiez toute notion de danger, vous incitant à en prendre encore un autre.

Quatre, et vous basculiez.

Cinq, et vous vous assuriez une place à Ste Mangouste.

Rien n'est jamais bon en excès.

Alors plutôt que de rejeter la faute sur un comprimé utilisé à mauvais escient par des élèves dépassés, demandons-nous plutôt pourquoi il nous a fallu tant de temps à remarquer que nos camarades, nos amis souffraient ? Pourquoi a-t-il fallu attendre que les gens qu'on aime mettent leur santé en danger pour tirer la sonnette d'alarme ?

Le danger vient-il vraiment d'un minuscule comprimé rose ?

Ou de nous-même ?

Du monde extérieur ?

De la pression et des attentes qui pèsent lourd sur les épaules d'enfants et d'adolescents à qui il reste si peu de temps pour trouver une place dans le monde et que l'on force à grandir trop vite ? »

Par Freckles et Goodfaith


Complément d'enquête n°1 – Témoignages


« En janvier, après les vacances de Noël, les professeurs nous ont ensevelis sous une montagne de devoirs dont je ne voyais plus la fin. Entre les entraînements de Quidditch et mes missions de trésorier pour le Club d'Échecs, je stressais à l'idée de ne pas réussir à faire tout ce que j'avais à faire, je n'en voyais plus le bout.

Un soir, j'ai pris un comprimé avant de me coucher, comme c'était indiqué sur le ruban qui l'accompagnait. Le lendemain, je me sentais mieux, plus apaisé, comme si mes soucis et inquiétudes s'étaient envolés. J'ai réussi à relativiser et à prioriser mon travail pour rendre tous mes devoirs à l'heure. Je n'ai pas repris de comprimé depuis. »

« J'angoisse toujours beaucoup avant un examen important. La dernière semaine avant les vacances de Noël, nous avons passé nos examens de BUSEs blancs. Avant le dernier examen, j'étais rincé et stressé : les Potions m'ont toujours donné beaucoup de fil à retordre. Alors j'ai pris un comprimé quelques heures avant l'examen, et j'ai oublié qu'échouer me faisait peur. J'ai eu un A. Ce n'est ni plus ni moins que ce que j'obtiens habituellement pour un devoir. Mais pour la première fois, je ne me suis pas senti suffoquer à l'idée de passer cet examen. Je n'ai pas repris de comprimé depuis. »

« Pendant les vacances de Noël, mes parents nous ont annoncé qu'ils divorçaient à ma sœur et moi. J'étais anéantie. En revenant à Poudlard, c'était pire encore. Je n'arrivais plus à dormir, ni à manger, et mes amis se faisaient du souci pour moi. L'un d'eux m'a suggéré d'essayer un comprimé. J'en ai pris, un soir avant de me coucher, et j'ai pu dormir. Pour la première fois depuis longtemps. Le lendemain, je me sentais plus forte, même si la tristesse, elle, était toujours là. J'aurais pu facilement céder à la tentation de continuer à prendre ces comprimés pour dormir ou pour oublier que j'allais mal. Mais les instructions étaient claires : un comprimé par semaine maximum. Je n'ai pas repris de comprimé depuis. »

Si jamais rien n'est bon en excès, beaucoup de choses en revanche, nous font du bien lorsqu'elles sont consommées avec prudence et parcimonie. C'est le cas de ces fameux comprimés roses dont le seul but est de nous accompagner, de nous soutenir comme une béquille dans les moments les plus difficiles.

N'oublions pas que même les plus belles choses sont parfois utilisées à de mauvaises fins pour nuire et se retournent contre nous comme des armes.

Par Freckles et Goodfaith


Complément d'enquête n°2 – Lettre ouverte


« À tous ceux qui liront ces mots,

Depuis des mois, je vous entends parler de mes comprimés, pointer du doigt dans ma direction sans parvenir à me trouver.

À trop vouloir fuir la pression et le stress qui pesaient sur mes épaules, je me suis dit qu'il fallait que je vous libère des vôtres.

En voulant croire de toutes mes forces que je vous venais en aide, j'ai oublié de prêter attention et laissé un comprimé que je voulais magique briser certains d'entre vous.

Désolé de vous avoir mis en danger.

Désolé de ne pas avoir compris suffisamment tôt que j'avais créé une arme d'autodestruction pour ceux qui, comme moi, voulaient fuir de toutes leur force la pression, au point de s'oublier soi-même.

À tous ceux que j'ai blessés, pardon.

J'aimerais dire plus et faire davantage encore pour tous ceux et celles que j'ai abîmé(e)s. Mais rien de ce que je pourrais dire ou faire ne réparera le mal que j'ai fait.

Mais je promets d'essayer et de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour mériter une deuxième chance si jamais elle m'est offerte.

Amicalement Vôtre »

10 février 2024, Grande Salle, Poudlard, Ecosse

– Rose, arrête de te mordre la joue, tu vas finir par te faire mal, marmonna Scorpius. Et arrête de fixer ton cousin comme ça, tu vas finir par lui faire des trous dans la tête ! ajouta-t-il en donnant un léger coup de coude à la jeune fille, assise à côté de lui à la table de Serdaigle, pendant que leurs camarades dévoraient le dernier numéro de la Gazette de Poudlard.

Rose releva enfin la tête vers Scorpius et arqua un sourcil dubitatif.

– Des trous dans la tête ?

– C'est une façon de parler. Mais laisse ton cousin respirer…

– Je me tiens à trente mètres de lui !

– Tu sais très bien ce que je veux dire. Tu dois arrêter de t'en fais pour… pour Albus, ajouta-t-il en chuchotant le prénom de son cousin pour que personne d'autre ne l'entende. Ton idée de recueillir des témoignages de gens qui sont reconnaissants envers Albus pour ces comprimés va lui faire du bien. Je sais qu'il s'en veut et qu'aujourd'hui, il a perdu toute confiance en lui et toute confiance en son avenir, mais crois-moi, tu as fait une bonne action en recueillant ces témoignages anonymes… Pour Albus, mais aussi pour tous les élèves qui se sont laissés…

Scorpius se tourna vers Rose dans son siège, la forçant à le regarder dans les yeux.

– Rose, crois-moi reprit Scorpius avec un sourire doux comme le coton : tu as fait un excellent travail…

On a fait un excellent travail…

– Non, fit Scorpius en secouant la tête avec douceur. Tu as fait un excellent travail. Ces dernières semaines, j'étais aux premières loges pour le constater. Moi je n'ai fait que t'assister dans ta mission, mais tu es le corps, le cœur et l'âme de ce journal, de cet article. Et si aucun journal de ce pays n'est capable de voir à quel point tu es une journaliste et une plume extraordinaire, alors tant pis pour eux, mais je pense qu'il est temps que tu croies en toi aussi, tout comme Albus doit croire en lui… Je crois que si aucun journal ne veut de toi, reprit Scorpius, tu dois créé ton propre journal…

Rose sentit son cœur se gonfler dans sa poitrine, jusqu'à prendre toute la place, écrasant ses poumons dans un coin de sa cage thoracique.

– Scorpius…

– En revanche, il faut vraiment que tu laisses tomber la rubrique des « Cœurs de Poudlard ». Ça ce n'est pas vraiment ce que tu fais de mieux…


Note : Alors... ce chapitre n'est pas vraiment comme je l'avais prévu initialement, mais bon, rien ne se passe jamais comme je l'image au départ de toute façon. Tout ça pour dire que ce chapitre devait être uniquement consacré au dossier du journal de Rose. Et puis finalement, j'en ai basardé la moitié, et j'ai rajouté un petit passage de rien du tout à la fin, dont je m'interroge toujours sur l'utilité. Du coup, ce chapitre ne ressemble plus à grand chose...

Enfin bref, espérons que vous pourrez l'apprécier quand même !

Merci tous, infiniment, de continuer à lire cette histoire et de me laisser un mot à chaque fois, ça me touche énormément. Et c'est très encourageant :)

Et merci à DelfineNotPadfoot pour la relecture et la correction de ce chapitre :)

Je vous souhaite à tous une excellente fin de week-end,
LittlePlume