Chapitre 6
Italique rêve en cour
Sasuke marchait dans un couloir en terre qui ne semblait pas avoir de fin. De chaque côté à intervalles réguliers, des flambeaux étaient allumés. Il se demandait où il allait ainsi, mais l'Uchiha avait le sentiment qu'il devait avancer alors c'est ce qu'il le faisait. Sasuke ressentait malgré tout un certain malaise, pas une menace, mais plus tôt, une impression qu'il n'aimerait pas ce qu'il verrait. Le noiraud avait l'impression de faire du sur place tellement le couloir ne changeait pas, rien ne semblait le faire. Au bout de ce qu'il lui sembla une éternité, Sasuke arriva dans une grotte plongée dans le noir, excepté deux flambeaux placés en hauteur. Lorsque son regard s'ajusta à la noirceur, il remarqua que les feux représentaient en réalité les deux yeux d'un serpent gigantesque. Celui-ci était bâti tout en pierre et une silhouette était assise sous la gueule de la bête. Sasuke s'arrêta en arrivant au milieu de la caverne, regardant de gauche à droite, mais toute la pièce était dans la pénombre.
-C'est notre dernière chance d'être ensemble, arrête de faire l'idiot.
La voix de la silhouette le fit sursauter, mais ce ne fut pas ce qui le choqua le plus, non cette voix était la sienne. Un brin plus rauque, plus sévère, mais il y décerna de la tristesse.
-Huh ? Mais de quoi tu parles ? Qui est-tu ? La dernière chance à qui ?
La forme se leva pour s'avancer vers lui sans émettre aucun son, comme s'il flottait au-dessus du sol. Instinctivement, Sasuke fit un pas en arrière, mais l'autre homme était déjà face à lui et avait attrapé son poignet. L'Uchiha savait à présent qu'il rêvait, il en était certain, car face à lui était lui-même, malgré quelques différences. Son autre lui était définitivement beaucoup plus en forme, il distinguait distinctement ses muscles, ses abdominaux bien bâtis. Sasuke remarqua aussi que ces vêtements qui étaient tels qu'il n'en avait jamais vu auparavant. Un pantalon ample noir, un genre de chemise blanche ouverte en entier sur son torse musclé et le tout attaché lâchement par une grosse corde mauve. Il arborait au pied une sorte de sandale qui n'existait pas, du moins il n'en avait jamais vu. Ses cheveux, eux par contre, étaient exactement pareils, ainsi que son visage, mais son regard… Son autre lui présentait un regard rempli de regrets et de tristesse. Sans en savoir la raison, Sasuke eut le cœur qui se serra, il éprouvait sa tristesse comme si elle était sienne.
-Je ne dispose pas de beaucoup de temps. Ce jutsu temporel utilise énormément de chakra, et je n'en ai pas autant que Naruto… Mais tu dois m'écouter.
-Naruto ? Où est-il ?
L'autre lui leva la main pour l'interrompre.
-Naruto est à Konoha, marié, père de deux enfants. Moi aussi, je suis marié et père d'une fille. Maintenant, tais-toi et écoute-moi.
Konoha ? Mais c'est quoi ce bordel? Naruto marié ? Avec des enfants ? Et lui aussi ? Tout ceci ne faisait aucun sens, il était gay et Naruto aussi. Le noiraud tenta de respirer, afin de se calmer et tenter de comprendre ce qu'il se passait.
-Naruto et moi, avons en notre ère, constamment été amis et rivales. J'ai déserté le village pour venger la mort de mon Clan par la main d'Itachi.
-Itachi ?
Sasuke parla avant même de réfléchir, l'autre le regarda, et il jurait que ses yeux avaient été rouges une fraction de seconde. Il s'excusa silencieusement, l'autre repris.
-Naruto a tout fait pour me convaincre de revenir au village, il a toujours été têtu. Finalement, lors de notre dernier combat, je me suis laissé convaincre de rentrer avec lui. À ce moment-là, ont auraient dû vivre notre amour, comme le destin en avait décidé. Malheureusement, nous étions trop obtus pour voir ce qui était sous notre nez.
Son clone cessa de parler un instant, son regard perdu dans le vide, la tristesse palpable de sa voix et son regard troublé. Son bras gauche était manquant, et dans sa main droite, il tenait quelque chose fermement, il ouvrit son poing et continua son récit.
-Du coup dans cette ère, nous n'avons pas vécu heureux ensemble. En tout cas, pas comme Naruto et moi étions supposés le faire. Ce n'était pas non plus la première fois qu'on laissait notre bonheur nous filer sous les doigts. Plusieurs autres vies sont passées à des époques différentes et on a toujours échoué. Vous êtes la dernière chance qu'on a d'être enfin heureux ensemble si vous échouez…
La voix de l'autre Sasuke se brisa, une larme, une unique larme coula de son œil droit. Il ne tenta pas de l'enlever ni de l'essuyer. Il se racla la gorge avant de braquer son regard vers lui, il s'avança davantage, presque nez à nez.
-Si vous échouez, le destin nous séparera à jamais ! On aura gâché notre chance d'être enfin heureux ensemble. De vivre cet amour qui nous fait défaut depuis tellement de temps afin qu'on soit entiers.
L'image se brouilla et perdit un peu de sa consistance avant de revenir, mais plus floue.
-Tends-moi ta main.
Sasuke lui tendit sans poser de questions, l'urgence de sa voix ne lui donna pas le choix.
-Quand tu seras prêt bientôt, j'espère. Tu donneras ce médaillon à Naruto…Oublie pas, c'est notre dernière chance !
Tout redevint noir autour de l'Uchiha. Il ne comprenait pas ce qu'il se passait, mais il savait que c'était important.
Le noiraud se réveilla doucement, il avait chaud, il était douillet et se sentait en sécurité. Puis toute sa journée lui revint en tête, il tenta de se lever, mais un poids le maintenait en place. Sasuke orienta la tête et tomba sur le visage adorable endormi de Naruto à quelques centimètres du sien, c'était son bras qui le maintenait en place. Le gardant tout contre lui comme pour s'assurer qu'il ne disparaîtrait pas. L'Uchiha avait fui la maison du blond lorsqu'il avait aperçu son dernier client assis à sa table, accompagné d'un autre homme qu'il ne connaissait pas. Les paroles blessantes de l'homme brun, le visage atterré de Naruto qui le regardait et sa honte qui avait pris le contrôle.
Une fois de plus, l'ancien homme fière, avait fui comme le lâche qu'il était devenu depuis que sa vie était partie en couille. Ses parents et son frère seraient probablement extrêmement déçus de lui. Malgré tout, Naruto avait affronté la tempête pour les retrouver lui et Kurama, il se souvenait vaguement de ce qu'il s'était passé. Le blondinet l'avait ramené chez lui, le sauvant de l'hypothermie, l'avait mis sous la douche et même habillé. En agissant toujours avec le même respect qui le caractérisait tant. Comment pourrait-il récompenser cet homme pour tout ce qu'il avait fait pour lui ces deux derniers jours ? Il réalisa que sa main gauche était refermée sur quelque chose, il l'a sortie de sous les couvertures pour voir ce qu'il y tenait. Un médaillon avec un signe, un symbole ressemblant à un éventail. Son père lui avait exhibé quelque chose de similaire lorsqu'il était enfant, lui disant que dans le passé ce symbole représentait l'emblème de la famille Uchiha.
Son rêve lui revint en mémoire une fois de plus, il tenta de se lever, mais le blond n'avait pas l'intention de le libérer, semblait-il. Malgré la noirceur de la chambre, il pouvait bien voir l'artefact dans sa main comme si celui-ci dégageait sa propre lumière. Que se passait-il avec lui ? Pourquoi ce rêve si étrange ? Comment cet objet était-il apparu dans sa main ? Sasuke ne comprenait pas, mais il se souvenait parfaitement de la mise en garde de son autre lui et de la tristesse que celui-ci dégageait. Et enfin son message, il devait donner ce médaillon à Naruto lorsqu'il serait prêt, mais il ne devait pas traîner. Le noiraud ne savait pas comment rapporter tout ceci à Naruto. S'il lui faisait allusion de près ou de loin à son rêve, il le prendrait pour un dérangé, ça, c'était certain.
Mais il pourrait toujours lui offrir le pendentif en cadeau pour le remercier. Mais il avait comme l'impression que ce n'était pas ce à quoi son autre lui faisait allusion. Sa tête commençait à lui faire un mal de chien, il se décida donc à tenter de se rendormir. Sasuke se concentrerait à tout cela une fois le soleil levé. Il tenta prudemment de se mettre sur le côté dos à Naruto, et lorsque enfin il réussit celui-ci raffermit sa prise afin de le coller contre sa poitrine. Son cœur rata un battement il était si bien, comme s'il devait être ainsi depuis toujours. Un fin sourire apparut sur son visage au moment même où il s'endormit. Il ne vit donc pas le médaillon briller vivement dans sa main quelques secondes avant de redevenir terne.
Naruto marchait dans un village tel qu'il n'avait jamais vu auparavant. Les gens étaient habillés différemment malgré le fait qu'ils parlent Japonais. Le village était bâti bizarrement, les immeubles, les marchands, tous étaient transformés. Il n'y comprenait rien, mais il continuait d'avancer. Car c'était ce qu'il devait faire, il le sentait. À l'horizon, il remarqua une montagne qui surplombait le village avec des visages gravés à même le roc, sept au total six hommes et une femme. Le dernier visage lui ressemblait énormément, ça ne se pouvait pas, mais en même temps, dans un rêve, tout était possible. Quatre des six statues arboraient un bandeau avec un signe identique, il assuma que ça devait représenter le symbole du village.
Les gens autour de lui ne semblaient pas le voir. Il semblait y avoir des personnes distinctes que de simples villageois, car eux aussi présentaient le même signe. Ils étaient habillés différemment des habitants et il se dégageait d'eux une force que le blond ne pouvait expliquer. Il remarqua un homme en particulier qui marchait vers lui la tête dans un livre tout habillé de bleu et vert. Il portait un masque qui masquait tout le bas de son visage et son bandeau lui cachait l'œil gauche. Il avait les cheveux entièrement blancs, était peigné d'une manière qui défiait toute logique. Inconsciemment Naruto se poussa vers la droite afin d'esquiver l'homme. malgré qu'il ait remarqué que personne ne pouvait le voir. Seulement cet homme haussa son regard de sa lecture lorsqu'il fut près de lui sans s'arrêter, il lui divulgue sur le ton de la conversation.
-Dépêche-toi, il t'attend.
Sans avoir le temps de lui répondre, celui-ci avait déjà disparu. Naruto, secoua la tête et poursuivit sa route. Il semblait se diriger vers une tour blanche qui s'élevait devant lui, un escalier en faisait le tour par l'extérieur et il les prit. Le blond les monta sans effort, malgré le nombre incalculable de marches qu'il semblait y avoir. Une fois le sommet atteint tout semblait désert, excepté une personne qui demeurait dos à lui. Il arborait une immense cape qui fouettait l'air derrière lui, il put y lire 7e Hokage, il avait entendu ce nom dans un de ses rêves. Oui, il voulait obtenir ce titre selon ce que disait le Sasuke de son rêve. Il s'approcha jusqu'à être à quelques pas derrière l'homme.
-Approche-toi, nous ne possédons pas beaucoup de temps. Kurama fait son possible pour maintenir le jutsu, mais c'est difficile, même pour lui.
Naruto fut choqué d'entendre l'autre parler, en utilisant sa propre voix, parlant de son chien et un terme qu'il ne connaissait pas.
-Vous représentez la dernière chance à notre bonheur.
-Huh?
Le blond failli tomber par terre, lorsque l'autre se tourna vers lui, c'était sa copie conforme, un peu plus âgé et les cheveux courts. Il semblait si attrister, son regard semblait porter la souffrance du monde, alors il secoua la tête.
-Quelle dernière chance ?
-À notre amour. À Sasuke et à moi. Dans cette ère, nous étions supposés nous avouer notre amour de le vivre intensément, comme tout le reste qui nous concerne ici dans notre réalité.
Son double secoua délicatement la tête se passant une main sur la nuque exactement comme lui.
-Mais Sasuke est un handicapé des sentiments, et moi, eh bien, je suis un idiot. Je me suis marié à une fille bien, mais que je n'aime pas. Elle m'a donné deux beaux enfants que je n'étais pas supposé avoir. Tout ça parce qu'en définitive le Teme et moi étions trop imbéciles pour apercevoir le lien qui nous unissait.
Il soupira légèrement, sa tristesse transparaissait de tous les mots qu'il prononçait, il s'avança davantage.
-Le destin en a marre de nous. Il nous a donné selon lui beaucoup trop de chance. Dans le passé, à des époques diverses, dans des mondes parallèles. À chaque fois, on merde, on a donc fini séparés et malheureux. Dans votre ère, vous bénéficiez de la chance de pouvoir concevoir l'amour auquel nous avons droit… Que nous aurions voulu avoir. S'il te plaît, ne fais pas tout foirer.
Des larmes s'écoulèrent sur les joues de son autre, lui l'accablement qu'il ressentait, le fit presque pleurer, tant l'émotion était vive et sincère.
-Si vous ne réussissez pas, eh bien, on n'aura jamais goûté le bonheur infini ensemble. Présente-moi ta main.
L'image se brouilla pour disparaître une fraction de seconde. Puis tout à coup la main de l'autre Naruto saisit la sienne. Il lui présenta quelque chose dans sa main, refermant celle-ci par-dessus l'objet.
-Donne-le à Sasuke lorsque tu seras mûr. Ne tarde pas trop notre dernière chance.
Ce fut l'appel de la nature qui éveilla le blondinet. Malgré ça, il ne voulait pas ouvrir les yeux ni se lever. Car dans ses bras, il maintenait le corps chaud de Sasuke. Celui-ci avait bougé dans la nuit, maintenant il lui faisait dos et était collé à son torse, son bras droit le retenait fermement contre lui. Naruto sourit en respirant son odeur, il osa même se pencher un peu afin de pouvoir mettre son visage dans sa chevelure somptueuse. Le blondinet sentit qu'il maintenait quelque chose dans son poing droit fermé, il l'ouvrit précautionneusement pour ne pas échapper ce qu'il tenait. Une fois qu'il fut certain de le tenir comme il faut, il l'approcha de son visage. C'était une fine chaînette, d'où pendait un petit médaillon dans la pénombre de la chambre, il semblait briller. Sur le petit objet était gravé un rond noir semblable à un tourbillon sur un fond rouge. Il n'avait jamais aperçu de symbole de sa vie, mais dans ses rêves, son autre lui le portait sur la majorité de ses vêtements. Au même instant, il se souvint de son rêve et de la demande de son autre lui d'offrir cette chaînette à Sasuke lorsqu'il serait prêt, mais sans gaspiller de temps. Naruto secoua la tête, il devait être en train de perdre la tête, Kurama le regarda au même moment en émettant un jappement bref.
-Ouais, ouais, j'ai compris. Tu es de mèche avec mon subconscient.
Son chien le regarda ouvertement, Naruto s'attendait presque que celui-ci lui répondre. L'appel de la nature se faisant de plus en plus urgent, il se détourna de Sasuke avec regret. Il s'assura que les couvertures étaient toujours convenablement placées sur son brun afin de le garder au chaud. Il se hâta vers la salle de bains pour se soulager, le blond jeta un coup d'œil hâtif à l'horloge de la cuisine presque 9 h. Dans la salle de bains, une fois soulagé, il ramassa le tas de linge humide à terre. Il le mit dans le panier à linge qu'il amena avec lui dans le salon. Par la suite, il rassembla tout le linge qu'il avait laissé dans le salon le mettant avec le reste. Naruto se gratta la tête tout en s'étirant, il décida d'amener tout ceci au lavage avant que l'odeur d'humidité s'incruste dans son appartement.
Il se dépêcherait car il ne voulait spécialement pas que Sasuke se réveille dans un foyer vide. Le blondinet mit tout dans la machine à laver, inséra la monnaie pour débuter le cycle, puis repartit sans attendre chez lui, il ouvrit la porte silencieusement. Tout était serein, un sentiment étrange de paix l'envahit. De savoir le beau brun dans son lit, le rendait euphorique sans qu'il puisse expliquer pourquoi. Naruto ne se rendormirait plus, mais décida malgré tout de retourner dans son lit et s'étendre auprès de Sasuke, il en éprouvait le besoin. Dans la pénombre, il remarqua que celui-ci avait bougé pour prendre son oreiller entre ses bras, son visage enfoui dedans. Le cœur du blond se gonfla de bonheur à cette vue, il s'approcha précautionneusement, s'assit et posa sa main dans la chevelure brune, celle-ci était si douce. Un sanglot silencieux se coinça dans sa gorge de grosses larmes coulèrent sur ses joues, alors il s'installa délicatement dans le lit, encerclant de son bras droit Sasuke. Naruto ne voulait pas détacher son regard de cet homme, il se dégageait tellement de tristesse de lui, et Naruto voulait l'effacer et lui redonner le sourire.
Pour le moment, il avait mis sa chaînette à son cou. Plus tard, Sasuke et lui entretiendrait une discussion. Naruto se devait de lui dire comment il se sentait vis-à-vis de lui. Un flash-back de son rêve apparu derrière ses paupières closes, son double qui pleurait pour un amour perdu. Le blondinet ne savait pas exactement tout ce que cela voulait dire, mais une chose était claire pour lui, il ressentait un lien avec Sasuke, et il voulait pouvoir le solidifier. Naruto ne pouvait pas savoir comment le noiraud se sentait vis-à-vis de lui, sa réaction d'hier soir pouvait être reliée à la peur d'être seul après un événement traumatisant.
Sasuke était réveillé lorsqu'il avait senti Naruto se recoucher à ses côtés, il avait senti son regard sur lui. L'Uchiha avait utilisé tout son self-control pour ne pas ouvrir les yeux. Lorsque le blond déposa sa main dans sa chevelure, Sasuke failli se mettre à ronronner. Et lorsque le blond le prit dans ses bras, ça lui fit se sentir tellement bien, en sécurité et enfin accepter pour qui il était vraiment. Le noiraud se rappela son rêve, du chagrin palpable qui s'était dégagé de son autre lui. L'urgence de lui faire comprendre que Naruto et lui représentaient leur dernière chance au bonheur, à l'amour. Sans pouvoir l'expliquer, il sentait ce lien dont l'autre faisait allusion, il l'avait ressenti presque immédiatement. Mais le noiraud se voyait mal expliquer tout cela au blondinet, sans que celui-ci croie qu'il avait perdu la tête. Mais le simple fait qu'il soit dans son lit et que Naruto l'avait pris dans ses bras devait vouloir dire quelque chose. Sasuke ouvrit les yeux, le regard brillant bleu de Naruto le regardait, un sentiment qu'il ne pouvait expliquer se saisit de lui.
-Hé. Comment te sens-tu ?
La voix sereine de Naruto, le berça de bien-être, il sourit malgré lui.
-Hé. Je me sens bien. Naruto…
-Sasuke.
Le blond avait appliqué son index sur ses lèvres pour l'empêcher de parler.
-Je me contrefous de ce que tu as dû faire avant. Jamais je ne te jugerai, je n'ai pas le droit de le faire.
L'Uchiha sentit ses yeux se couvrir de larmes, il les laissa tomber librement sur ses joues, l'acceptation de Naruto valait beaucoup pour lui. Il sentit le pouce au blond, lui essuyait ses larmes, il réouvrit les yeux. Naruto le regardait tendrement un sourire d'ange aux lèvres.
-Je ne connais pas ton histoire, mais je sais que tu n'as pas fait ce choix par gaieté de cœur.
Sasuke perdit le contrôle, s'avançant doucement vers le blond, il le regardait pour que celui-ci puisse le repousser. Il franchit les quelques centimètres qui les séparaient, puis déposa délicatement ses lèvres sur les lèvres tendres du blond. Immédiatement, Naruto répondit au baiser maladroitement, mais avec amour et tendresse. Les mains du blond se posèrent dans le dos de l'Uchiha pour l'approcher davantage de lui. Ce baiser était tendre, rempli d'affections. Les deux hommes avaient l'impression d'avoir espéré toute leur vie pour pouvoir se rejoindre ainsi. Leurs mains sur le corps de l'autre, touchant, voulant s'assurer qu'ils ne rêvaient pas. L'air où le manque d'air eût finalement raison d'eux, ils durent se séparer afin de prendre le temps de respirer, mais gardant leur regard sur l'autre. Leurs mains sur le corps de l'autre, ils se souriaient. Ils se rapprochèrent de nouveau pour recommencer, mais le grondement sourd menaçant de Kurama suspendit leurs gestes. À peine quelques secondes plus tard, une personne cognait agressivement à la porte d'entrée. Naruto se pencha pour embrasser délicatement les lèvres de son beau brun avant de se lever du lit.
-Je reviens immédiatement.
Le blondinet sorti de la chambre, s'accordant le temps de replacer correctement ses vêtements et remettre sa verge correctement. Celle-ci s'était réveillée lors de sa session pelotage avec Sasuke, il rougit d'être excité pour si peu. Une fois le tout replacé, Naruto alla vers la porte, l'autre personne n'avait pas arrêté de tambouriner. Irrité Naruto, ouvrit d'un mouvement brusque, ne prenant pas la peine de regarder qui était de l'autre côté. Il regretta immédiatement, Saï se tenait sur le palier, son sourire arrogant bien en place.
-Je suis ici pour exiger mon dû.
Sans espérer la réponse du blond, il pénétra dans l'appartement, en se dirigeant dans la salle à manger et prit place à la table. Naruto était content d'avoir pensé à refermer la porte de sa chambre avant d'aller ouvrir, car Kurama était en train de hurler sa frustration.
-Ton clébard a fait beaucoup de dommages. J'espère que tu as pensé à ma proposition.
Au même instant, la porte de sa chambre s'ouvrit puis se referma. Kurama avait cessé de hurler à la mort. Un moment plus tard, Sasuke apparut, Naruto cru voir un sursaut de peur chez Saï, mais ça ne dura pas et il crut avoir halluciné. Son brun arriva près de lui, il approcha sa main de celle du blondinet qui empoigna la sienne sans hésiter. La surprise qui se peint sur le visage de leur tourmenteur en valait presque la peine.
-Je ne tiens pas particulièrement à partager quoi que ce soit avec toi, Saï.
Sasuke ne connaissait peut-être pas beaucoup Naruto, mais le ton de la voix qu'il venait d'utiliser, il n'aurait pas aimé l'entendre diriger vers lui.
-Alors j'irai en ville porter officiellement plainte contre ton chien.
Naruto se tendit, la main de Sasuke, fit pression sur la sienne. Celui-ci ne voulait pas qu'il réagisse aux menaces de l'homme face à eux. D'ailleurs, celui-ci se détourna de Naruto pour jeter son dévolu sur le noiraud.
-Et toi ? Combien lui as-tu facturé pour agir en amoureux devant moi ? Et votre tentative de me faire peur hier soir ? Tout ça n'est que du bluff.
Sasuke le regarda froidement, comme s'il était capable de s'abaisser aussi bas que d'être payé pour jouer à l'amant amoureux. En revanche, il ne comprenait pas ce à quoi Saï faisait allusion par rapport à hier soir.
-Sasuke n'a pas à me facturer quoi que ce soit. J'apprécie sincèrement l'homme qu'il est, peu importe ce qu'il a fait auparavant. Et je ne vois pas de quoi tu parles à propos d'hier soir. Pas que j'éprouve le besoin de me justifier envers toi, mais Kiba et moi étions à la recherche de Sasuke jusqu'à environ minuit. Et quand on l'a retrouvé, je l'ai ramené ici, alors tu vois, tu étais le cadet de nos soucis.
Saï observa les deux hommes à tour de rôle, il remarquait effectivement qu'il y avait quelque chose entre eux. Alors pour lui, ce qu'il s'était passé hier faisait encore plus de sens, peu importe ce que le blond clamait.
-Donc ? Pour le marché ?
Il n'était pas question qu'il abandonne aussi facilement, il obtenait tout le temps ce qu'il voulait, et maintenant c'était le cul de Naruto.
-Quel marché ?
Sasuke demanda en regardant exclusivement Naruto, celui-ci se passa la main sur la nuque, ses joues adoptèrent une jolie teinte rosée.
-En échange de sa virginité, je ne porte pas plainte.
L'Uchiha tourna son regard dégoûté vers Saï. Il avait délaissé la main de Naruto et il s'apprêtait à mettre son poing sur la gueule de l'homme face à eux. La main du blond attrapa l'épaule de Sasuke pour l'empêcher de faire quoi que ce soit.
-Laisse-moi jusqu'à ce soir.
Sasuke se retourna vivement vers le blond, sa colère clairement visible sur son visage merveilleux. Le rouge lui avait monté aux joues, il tremblait littéralement de rage.
-Tu n'as pas à réfléchir, Naruto ! Tu refuses ! Tu...Tu ne peux pas offrir ça à lui !
-Sasuke, ne t'en mêle pas !
La voix de Naruto était tendue. Tout son corps l'était lorsque Sasuke tenta de s'approcher, il se détourna légèrement, s'avançant de deux pas dans la direction de Saï. Celui-ci semblait grandement s'amuser de la situation, si le blond se fiait à son expression arrogante.
-Va t'en ! Je te fais signe ce soir.
Saï haussa des épaules devant le ton agressif, peu impressionné. Il savait qu'il possédait le gros bout du bâton, Naruto lui donnerait raison et sa virginité tout çca pour un clébard. Il se dirigea vers la porte sans se retourner, il ouvrit la porte, la referma tout doucement.
Le silence s'abattit dans l'appartement une fois la porte close, Sasuke observait le dos rigide de Naruto. Toute la chaleur, l'amour et l'ambiance de sécurité, tout avait à présent disparu. Le jeune homme ne savait pas où se mettre, mais il ne pouvait pas concevoir que Naruto...Non, il ne pouvait pas le laisser agir ainsi.
-Naruto, écoute-moi.
-Écoute-moi attentivement, Sasuke. Je t'ai hébergé par bonté de cœur, tu es ici tout simplement parce que je me suis senti responsable de ton bien-être. Rien de plus, rien de moins. Ça ne te s'accorde pas le droit de te mêler de ma vie privée.
Les paroles de Naruto, chacune d'elles, furent comme un coup de poignard dans son cœur, son sang se transforma en glace. Bien sûr que le blond avait agi simplement par gentillesse, le baiser de ce matin ne représentait rien, non, c'était ce stupide rêve qui jouait avec ses émotions. Alors calmement, l'Uchiha retourna vers la chambre pour ouvrir la porte à Kurama, celui-ci le regardait devinant que quelque chose clochait. Le brun retira les vêtements de Naruto, enfila ses vieilles guenilles et ses anciennes bottes. Le noiraud ne voulait rien qu'il lui évoquerait le bref bonheur qu'il avait connu ici. Lorsqu'il repartit vers la porte, Naruto n'avait pas bougé toujours aussi droit, on aurait quasi dit qu'il s'était transformé en statue. Kurama, assis au pied de son maître, leva la tête en attendant Sasuke, mais il se leva lorsqu'il remarqua que le jeune homme se dirigeait vers la porte. Il inspira doucement pour tenter de ne laisser filtrer aucune émotion dans sa voix.
-Je te remercie de nouveau de ton hospitalité, et aussi de m'avoir sauvé la vie hier.
Kurama s'était approché de lui pour attraper de bas de son manteau dans sa gueule, le noiraud eut un sourire triste, mais se pencha au niveau du chien.
-Je suis aussi content de t'avoir connu, Kurama. Veille bien sur lui.
Un sanglot menaça d'éclater au même instant, mais il réussit à le ravaler. Sasuke ouvrit la porte, osa un dernier regard par-dessus son épaule. Naruto ne s'était pas retourné à son départ, toujours au même endroit et dos à lui. Son cœur se brisa encore plus lorsqu'il referma doucement la porte derrière lui, il inspira difficilement les sanglots toujours prêts à l'étouffer. Cette fois-ci, c'était bel et bien terminé, Naruto ne viendrait pas à sa recherche. Le blond avait clairement dit que tout ce qu'il avait fait, c'était parce qu'il s'était senti responsable, rien de plus. Sasuke se trouva idiot d'avoir cru en ses rêves, son subconscient lui avait joué un bien mauvais tour. Bien sûr, il ne pouvait pas expliquer la présence du médaillon qu'il portait désormais au cou, mais ça ne changeait rien à sa situation. Pour le moment, le plus important était de trouver un endroit pour dormir, il était encore tôt. Mais Sasuke se dirigea vers le centre-ville. Sasuke avait l'impression d'être une coquille vide, il avançait sans trop savoir où il se rendait, conservant ses yeux visés sur le trottoir. Le froid était mordant, encore plus que maintenant qu'il avait goûté à la chaleur de Naruto, il secoua fortement sa tête. Non, il ne devait plus penser à lui, il ne se ferait pas mal pour rien, il était plus fort que ça.
-Sasuke ?
Le brun s'arrêta surpris de distinguer quelqu'un, l'appelé, il leva la tête et regarda autour de lui. Un visage souriant, un beau regard brun et une tignasse rousse s'approchaient rapidement de lui.
-Jûgo ? Mais… Mais je te croyais aux États-Unis.
L'autre homme prit Sasuke dans ses bras solides chauds, et le brun perdit le peu de contrôle qu'il avait, il éclata en sanglots dans les bras de son ami de longue date.
-Sasuke ?
L'homme à la chevelure rousse resserra sa prise sur son ami d'enfance, ne comprenant pas ce qu'il se passait. Sasuke n'avait en aucun cas été une personne à donner libre cours à ses émotions alors pour que celui-ci fonde en larmes dans ses bras quelque chose n'allait définitivement pas.
-Okay. Ça va aller, aller suis-moi, je te ramène chez moi.
L'Uchiha hocha seulement de la tête. Il se décolla de son ami, tentant de reprendre contenance. La chaleur de celui-ci, et la joie réelle de l'avoir vu avait brisé les derniers remparts qu'il avait. Jûgo avait été un de ses premiers amis encore plus proches que Neji et Shikamaru. Il avait malheureusement dû déménager lorsqu'il avait eu 16 ans aux US pour le travail de son père. Ensemble depuis l'âge de 4 ans, la séparation avait été extrêmement difficile. Après tout, ils avaient grandi ensemble, découvert leur homosexualité ensemble, mais avaient décidé rapidement qu'ils ne se mettraient jamais en couple. Leur amour était beaucoup plus fraternel qu'autre chose.
Sasuke l'avait gardé dans l'ignorance ainsi qu'espacer leurs discussions lorsque tout avait commencé à tomber en morceaux pour sa famille. Ainsi, son ami ne connaissait rien de tous les déboires qu'il avait connus ces dernières années. Mais Jûgo avait réagi comme s'ils s'étaient quittés la veille, et Sasuke devait admettre que ça lui faisait un bien fou de le revoir. Ils marchèrent en silence, le rouquin avait mis sa main sur l'avant-bras de Sasuke, comme pour s'assurer qu'il ne se sauverait pas. Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent devant un hôtel de luxe du centre-ville, le gardien tenta de s'interposer et refuser l'accès au noiraud. Mais accepta bien promptement lorsque Jûgo lui expliqua en terme poli qui il était.
Sasuke en fut impressionné. Son ami avait définitivement bien réussi sa vie et il était fier de lui, mais il avait encore plus honte de ce qu'il était devenu. Une fois dans la suite de son ami, celui-ci l'invita à s'installer confortablement car ils devaient avoir une petite discussion. Sasuke roula des yeux, mais savait qu'il devait parler avec Jûgo, non, il éprouvait le besoin de parler avec lui. Le rouquin avait toujours été une personne ressource pour lui dans le passé lorsqu'il faisait face à des difficultés. Alors l'Uchiha s'installa confortablement sur le sofa moelleux face à son ami d'enfance et se lança dans une longue narration des dernières années de sa vie.
