Chapitre 7
En italique rêves
Je voudrais prendre le temps de remercier Inaaa999. Merci de toujours prendre le temps de laisser un review, tu n'as pas idée à quel point j'apprécie. Alors je te dédie ce chapitre
Un gros merci à ma charmante et adorable bêta Nenesse. xox
Naruto resta un long moment sans bouger après le départ de Sasuke. Tout son corps lui hurlait de courir après le brun, de s'excuser de lui avoir parlé ainsi. Mais son côté obtus avait obtenu le contrôle, et il avait honte d'avoir perdu son sang-froid. Sasuke avait tout simplement voulu l'aider, Naruto le savait bien. Par contre, il avait été embarrassé que le bel homme apprenne ainsi qu'il était toujours vierge. Donc, le blond avait laissé cours à sa colère et son embrassement. Maintenant, Naruto était de nouveau seul dans son appartement modeste, qui lui semblait encore plus sombre que d'habitude. Kurama était de retour à ses côtés. Il jappa brièvement, cherchant son attention, il jappa de nouveau en se dirigeant vers la porte d'entrée, et il revint sur ses pas. Le chien recommença plusieurs fois ce manège irritant de plus en plus le blond qui était déjà à fleur de peau.
-Ça suffit, Kurama !
Celui-ci cessa immédiatement en le regardant, il abaissa ensuite sa tête et sortit la pièce. Jamais Naruto n'avait élevé la voix sur son chien, il se frappa le front de sa main. Cette journée s'annonçait de plus en plus merdique. Le blond appela son chien qui revint la queue entre les pattes. Naruto s'agenouilla face à lui pour le prendre dans ses bras.
-Je suis désolé, Kurama. Je n'avais pas à te crier dessus, j'ai vraiment tout fait foirer avec Sasuke, et ça me rend dingue.
Son chien lui lécha la joue frappant l'air de sa queue touffue, ceci fit sentir le blondinet un peu mieux. Maintenant, il devait se mettre en route. Il devait sortir sous peu pour son premier contrat de la journée, mais avait l'impression que c'était au-dessus de ses forces. Il savait parfaitement bien qu'il ne pouvait pas se le permettre financièrement. Alors Naruto alla dans sa chambre se préparer le cœur lourd. Le blondinet vit immédiatement les vêtements qu'il avait offerts à Sasuke, soigneusement pliés sur le lit. Naruto fut alors submergés par toutes ses émotions des derniers jours, il se mit à pleurer, ça lui faisait si mal. C'était si douloureux qu'à chaque sanglot, il avait l'impression que son cœur allait lui sortir de la poitrine.
Il avait agi en fieffé crétin, il savait qu'il n'avait aucun droit, et surtout raison d'avoir agi comme il l'avait fait avec Sasuke. Le blondinet ne parvenait pas à croire qu'il s'était à peine écoulé quelques minutes entre le moment où il tenait amoureusement le brun entre ses bras, et le moment où il avait quitté son appartement pour certainement ne jamais revenir. Le blondinet tenait le bonheur au bout de ses doigts, et il avait tout fait foirer car il avait été gêné que Sasuke apprenne qu'il soit toujours vierge.
Maintenant, il se sentait complètement bête, pourtant lui, il savait bien que Sasuke avait vendu son corps. Lorsque l'Uchiha avait entendu Saï parler de son marché, d'avoir une relation sexuelle avec lui, l'Uchiha avait aussi pris la fuite… Donc les deux avaient un problème d'acception de ce qu'ils étaient vraiment et ceci les mettaient dans une fâcheuse position. Naruto tenta tant bien que mal de reprendre le dessus sur ses émotions, il avait après tout une journée de travail devant lui. Un bon bol d'air frais lui ferait du bien, et surtout devoir s'occuper des chiens lui changerait les idées. Oui, l'Uzumaki se concentrerait principalement là-dessus aujourd'hui, tenté d'oublier la merde qu'il venait de créer.
Le blondinet s'habilla promptement en évitant d'observer son lit sorti de sa chambre, attrapa ses clés et mit ses bottes. Encore une fois, l'émotion le prit à la gorge, les bottes qu'il avait offertes à Sasuke étaient placées proprement sur le tapis. Le noiraud avait tout laissé derrière lui, un message clair pour lui faire comprendre qu'il voulait effacer Naruto complètement de sa vie. Son cœur fit une chute au fin fond de son âme, il avait vraiment fait tout capoter. Alors qu'il marchait comme un zombie vers sa première cliente de la journée, Naruto se souvint alors de son rêve. À quel point son autre lui avait insisté sur le fait que c'était leur derrière chance au bonheur. Le blondinet ne savait pas quoi faire pour régler le désastre qu'il venait de créer. Il n'avait pas envie de dormir pour les prochains jours, le marcheur risquait de se faire solidement engueuler. Il récupéra son premier chien en mode pilote automatique, continua vers le deuxième de la même manière. Si quiconque lui demandait de quoi il avait discuté avec les propriétaires des canins, Naruto ne serait pas en mesure de répondre. Lorsqu'il eut récupéré les six chiens de sa course du matin, il marcha malgré tout d'un bon pas vers le parc. Naruto devait quand même soutenir le rythme de sa meute, sinon il perdrait le contrôle sur eux, et là le blond serait davantage dans la merde.
Une fois au parc, contrairement à son habitude, il ne chercha pas à se mêler aux discussions avec les autres marcheurs. Naruto ne s'était pas non plus isolé, mais il écoutait d'une oreille distraite répondant par monosyllabes. Son gang se tenait bien, donc il n'avait même pas à intervenir pour mettre un terme à quelques conflits que ce soit. Une main se posa sur son épaule. Il sursauta vivement manquant de tomber de son banc, Kurama le regarda du coin de l'œil avant de retourner à sa sieste.
-Ça va, Naruto ?
Kiba était près de lui avec Akamaru qui s'était allongé auprès de Kurama. Naruto observa son ami, celui-ci le dévisageait son inquiétude visible dans son regard.
-Ouais…
Le blondinet ne voulait pas s'étendre sur ses sentiments devant tout ce monde.
-Est-ce que Sasuke va bien ?
Naruto savait que la question lui serait posée. Après tout Kiba avait passé la moitié de sa nuit avec lui pour l'aider à retrouver le noiraud. Mais elle lui fit quand même mal, il n'osa pas répondre. Naruto pensait que s'il entrouvrait la bouche, il se mettrait à pleurer sans pouvoir se contrôler. Alors il hocha simplement la tête en haussa ses épaules dans un mouvement ambigu. Kiba considéra son ami, il vit clairement la douleur sur le visage de celui-ci, et ses yeux se voiler de larmes. Alors le brun n'insista pas, ce n'était pas le moment approprié, ni le bon endroit pour discuter de tout ça. Alors il resta auprès de son ami, se levant parfois pour mettre un terme à quelques petits conflits canins. En finale de compte, ils restèrent au parc près d'une heure, mais le froid commençait à se faire sentir et le vent s'était levé.
-Allez, Naru. Retournons nos racailles à leurs maîtres, allons chez moi ensuite.
-J'ai n'ai pas vraiment envie de so…
-Naruto, vient il est clair que tu as besoin de parler. Je serais un bien piètre ami si je te laissais seul en ce moment
La chaleur du ton de son ami, l'amitié réelle qui se dégageait de lui, eut raison de ses dernières réticences. Le blond se devait d'être honnête avec lui-même, il éprouvait le besoin de parler de toute cette merde. Avoir un autre point de vue plus objectif et l'Uzumaki savait que Kiba le lui donnerait, et pas seulement ce qu'il voulait entendre. Alors, aux portes du parc, ils se séparèrent pour retourner leurs meutes à leurs propriétaires, et Naruto promis à son ami de le rejoindre dès que possible.
Savoir qu'il pourrait bientôt discuter le fit se sentir un peu plus léger, Kurama semblait le surveiller du coin de l'œil. Depuis que Sasuke avait déserté son appartement, son chien agissait étrangement, il semblait l'observer ça rendait le blondinet mal à l'aise. Naruto avait presque l'impression que Kurama allait prendre la parole d'un instant à l'autre pour l'engueuler. Bien entendu, il se traita d'idiot en secouant la tête. Une fois le dernier chien rendu à son maître, Naruto retourna un peu sur ses pas pour aller jusqu'à la maison de Kiba. Kurama le suivant sans bruit, un pas en arrière comme à son habitude, mais il se dégageait quelque chose de son chien, seulement il ne parvenait pas à mettre le doigt dessus. Enfin, Naruto arriva chez son ami, il n'eut pas le temps de cogner que la porte s'ouvrit d'elle-même.
-Aller entre, Naruto. Kiba termine de rentrer les chiens.
Tsume les fit entrer lui et Kurama avant de refermer la porte derrière eux. La chaleur de la maison fit du bien aux joues gelées de Naruto. Une odeur délicieuse de nourriture se dégageait de la cuisine. Son estomac émit alors un gargouillement bruyant. Il rougit jusqu'à la racine des cheveux. La mère de son ami lui fit un sourire chaleureux et l'invita à prendre place à la table de la cuisine. Celle-ci était déjà mise pour le dîner, d'après ce qu'il vit, ils seraient uniquement trois à manger ce midi. Kiba arriva sur ces entre faits, il alla rapidement se laver les mains et retourna à la table pour se laisser tomber sans ménagement sur sa chaise.
-Comment va ton ami, Naruto ?
La voix de Tsume lui parvint clairement depuis la cuisine. Le blond prit un petit instant pour se recomposer avant de répondre avec une fausse bonhomie dans la voix.
-Il va bien, merci de demander.
La femme arriva au même moment, déposant le repas sur la table.
-Je suis soulagé de l'apprendre, il ressemblait à un glaçon hier soir. Il a beaucoup de chance de te connaître.
Naruto hocha sobrement de la tête, enfournant la nourriture dans sa bouche pour ne pas avoir à répondre et se mettre à pleurer incontrôlablement devant la mère de Kiba. Alors son ami changea de sujet sur quelque chose de plus neutre, Naruto lui envoya un sourire reconnaissant. Ils mangèrent en discutant de toutes sortes de choses, Kiba s'amusant à raconter des anecdotes avec les chiens au parc. L'ambiance légère aida le moral du blondinet, celui-ci se proposa pour faire la vaisselle pour remercier Tsume, celle-ci refusa du revers de la main. Alors son ami lui attrapa le bras pour l'attirer dans sa chambre. Une fois en lieu sûr, Kiba mit de la musique assez forte pour masquer leur voix, mais pas assez pour qu'ils ne se comprennent pas. Il invita Naruto à prendre place sur son lit, celui-ci s'installa à son tour sur son sofa placé face à son lit.
-Veut-tu m'expliquer ce qui se passe avec toi, Naru ?
L'Uzumaki ferma les yeux un moment tentant de refouler ses larmes qui menaçaient déjà de couler. Il inspira profondément, en se demandant par où débuter son histoire. Alors Naruto commença au moment où Saï avait chassé Kiba de son appartement, jusqu'à ce qui s'était passa chez lui le matin même. Naruto ne lui dissimula rien sauf ses rêves.
Ceux-ci lui étaient trop personnels, et de toute manière son ami croirait certainement qu'il inventait ou qu'il avait perdu la tête. Kiba avait changé plusieurs fois de couleur et de position dans son sofa durant son récit. Il était apparent qu'il était mortifié des agissements de son ami d'enfance. Il ne comprenait pas comment Saï avait pu agir ainsi envers Naruto, le faire chanter pour que Kurama ne soit pas enlevé et euthanasié. Jouer sur un point faible que Kiba lui-même avait donné durant leur discussion le rendait malade. Pire, le soi-disant ami voulait s'approprier quelque chose de précieux à son ami, comme-ci donner sa virginité était quelque chose de léger, une chose sans intérêt. Naruto n'osa pas hausser son regard vers Kiba. Il ne voulait pas voir le regret ou la honte que celui-ci afficherait. Alors il n'aperçoit pas celui-ci s'avancer vers lui pour le prendre dans ses bras.
-Je suis affreusement désolé, Naruto. Peux-tu me pardonner ?
De toutes les réactions qu'il s'était attendu, celle-ci était la dernière à laquelle il aurait pensé. Naruto avait cru que Kiba l'aurait blâmé pour tout. Car après tout, Kurama avait attaqué son ami sans provocation s'il avait accepté immédiatement son offre, eh bien, Sasuke serait vraisemblablement encore chez lui en ce moment.
-Je…Je croyais que tu serais fâché ou alors déçu… Tu n'as rien fait de mal, donc je n'ai rien à te pardonner, Kiba.
Son ami se redressa pour le regarder ouvertement. Il avait l'air sincèrement confus par la déclaration du blondinet.
-Mais de quoi parles-tu Naruto ? Tout ce qui est arrivé est à cause de moi.
Il interrompit la parole au blond avant même que celui-ci entrouvre la bouche pour contester.
-Écoute, si je n'avais pas invité Saï au parc, est-ce que tout ceci serait arrivé ?
Naruto prit le temps de réfléchir, il n'avait pas pensé à tout cela de ce point de vue. Il est vrai que s'il n'avait pas croisé Saï, Kurama ne l'aurait pas attaqué, donc il n'aurait pas été victime de chantage de la part de l'autre homme.
-Tu as peut-être raison, mais ça ne justifie pas comment j'ai parlé à Sasuke ce matin. Maintenant, il est parti, il a tout laissé derrière lui. Tout ce que je lui avais offert. Pour moi, le message est clair, il ne veut plus jamais me revoir.
-Naruto, as-tu pensé que peut-être il a laissé tout derrière pour tenter de t'oublier ? Peut-être pense-t-il que c'est toi qui ne veux plus jamais le revoir.
Le blondinet le regarda vivement les yeux ronds, il n'avait jamais vu ça sous cet angle. Était-il réellement possible que Sasuke voulut l'oublier car il l'avait blessé et qu'il cherchait naturellement à se protéger ? Il se frappa fortement le front avec la paume de sa main, quel imbécile il était. Naruto devait trouver un moyen de retrouver son beau brun, il s'expliquerait avec. Naruto lui dirait à quel point il était important pour lui. La chaînette qu'il avait reçue durant son dernier rêve pendait présentement à son cou lourd de conséquences d'après ce que son double lui avait dit. Le jeune homme se leva d'un bond du lit, il devait retrouver Sasuke immédiatement et s'excuser.
-Whoa ! On se calme, où crois-tu aller comme ça ?
Kiba l'avait attrapé par la manche de son pull, freinant sa course vers la porte.
-Eh bien, je vais essayer de retrouver Sasuke, je dois…
-Attends deux secondes, Naru. Tu possèdes deux autres contrats cet après-midi, tu dois t'occuper de ça en premier. En second lieu, il serait peut-être bien que tu lui laisses la journée. Tu sais ? Pour qu'il puisse aussi réfléchir, se calmer.
Encore une fois, le blond dut admettre que son ami avait raison. Il s'occuperait de ses contrats, ensuite il retournerait chez lui espérant secrètement que Sasuke soit là. En contre partie, Naruto se doutait bien que Saï reviennes chez lui en soirée. Il gérait lorsque Saï se présenterait chez lui d'ici là, il le chassait de son esprit. Sinon, il prendrait le temps de bien réfléchir à ce qu'il lui dirait. Le lendemain, il possédait uniquement deux petites sorties en fin de journée, ça lui donnerait amplement le temps de tenter de retrouver Sasuke. Naruto se retourna vivement vers son ami pour le prendre dans ses bras, le serrant fortement contre sa poitrine.
-Merci, Kiba, pour tout !
Avant même que Kiba puisse répondre, Naruto était déjà hors de sa chambre. Il enfila à la hâte ses vêtements et ses bottes Kurama sur les talons. Le blondinet remercia encore une fois Tsume, et il sortit de la maison presque en bondissant. Naruto était réellement satisfait d'être accordé le temps de discuter avec Kiba, celui-ci lui avait mis les pendules à l'heure et éclairci les idées. Ce fut donc avec le cœur et l'esprit beaucoup plus léger qu'il alla effectuer ses sorties qu'il avait de prévues pour la journée.
Saï avait l'impression d'avoir gaspillé sa journée à ne rien foutre, il avait tenté de rejoindre quelques-unes de ses connaissances, mais celles-ci étaient toutes occupées. Par la suite, il avait été prendre un verre à son bar de prédilection. Il avait trop bu et n'avait rencontré personne à son goût pour une baise rapide. Il avait alors décidé de retourner chez lui passablement saoul. Il était supposé repasser chez le blond pour obtenir son dû, mais l'idée de ressortir dans le froid le fit changer d'idée. Effectivement, le noiraud était persuadé que Naruto allait plier à son chantage. Saï l'avait vu dans son regard ce matin, c'en était presque trop facile. Non, il irait chez lui demain matin, s'il ne lui donnait pas immédiatement ce qu'il exigeait, il irait alors porter plainte à la police du quartier.
Saï savait bien qu'il n'aurait pas à se rendre là, le blond se plierait à ses demandes. Oh, comme il avait hâte de pouvoir s'enfoncer dans son beau petit cul, il y serait tellement à l'étroit. S'il n'avait pas été aussi saoul, il se serait masturbé sur ce fantasme qui allait bientôt être réalité. Maladroitement, il se dirigea vers son lit tout bougeait autour de lui, il avait définitivement trop bu. Saï heurta son lit, il s'y effondra sur le dos il n'avait même pas retiré ses bottes, celles-ci mouillaient le plancher avec la neige qui fondait. La seule chose qu'il avait eu la présence d'esprit de retirer était son manteau qui devait traîner à l'entrée. L'homme ferma les yeux car la pièce tournait beaucoup trop autour de lui. Un sourire méchant apparut sur son visage pâle avant qu'il ne sombre dans l'inconscience.
Saï fut en proie à une douleur intense à sa main droite qui lui fit ouvrir les yeux paniqué. Il tenta de s'asseoir dans son lit, mais il était déjà assis dans une chaise. Il braqua vivement sa tête de gauche à droite, tentant de savoir où il était, et surtout comment il était arrivé ici. C'est alors qu'il réalisa qu'il rêvait, il ricana soulagé. Même si ce rêve semblait réel, rien ne pouvait lui arriver physiquement. Saï baissa alors son regard vers sa main droite, il eut alors un haut-le-cœur. Dans sa main se trouvait enfoncer, une espèce d'étoile métallique à quatre branches. Celle-ci était enfoncée assez profondément dans sa chair et le sang coulait sans cesse de la plaie. Lorsqu'il tenta de bouger sa main, la douleur irradia encore plus fortement, il faillit vomir tant celle-ci semblait réelle.
-Je te déconseille de la retirer.
Saï releva rapidement la tête pour regarder une fois de plus autour de lui. La pièce était plongée dans le noir, à part quelques torches accrochées ici et là. Mais le jeune homme aurait identifié cette voix n'importe où, même si elle provenait de son imagination. Finalement, le clone de Sasuke sortit de l'ombre pour s'approcher sans émettre de bruit, celui-ci semblait encore plus menaçant que la dernière fois. Il se dégageait de lui une aura de meurtre, une menace palpable de mort éminente. Saï tentait de maîtriser la peur qui s'emparait de lui petit à petit « ce n'est qu'un rêve », il se répétait cette phrase en continu pour se rassurer. Sasuke était à peine quelques pas de lui, ses yeux étaient un peu différents de la dernière fois.
Celui de gauche était entièrement mauve avec de fines lignes noires et des tomoe, il était trop loin pour en connaître le nombre exact. Son autre œil lui était rouge comme ceux de son dernier rêve, mais le design était entièrement différent. Saï savait que si cet homme existait vraiment, il représenterait une personne dont il ne voudrait pas s'attirer les foudres. La seule chose qu'il ne comprenait pas était pourquoi il continuait à rêver de Sasuke, mais différent de celui qu'il connaissait. Pas comme s'il avait eu la baise du siècle avec, malgré que celui-ci soit d'une beauté à couper le souffle. Mais il avait eu l'impression de baiser avec une poupée gonflable tellement le brun était resté immobile.
-Il me semble que je t'avais dit de laisser Naruto en paix.
Encore une fois, cette voix qui le faisait frissonner de terreur. Saï continuait à se répéter que tout ceci n'était qu'un rêve et que rien ne pourrait lui arriver.
-Ah ouais ? Eh bien, demain je penserais à toi lorsque je m'enfoncerais profondément en lui.
La douleur qui succéda à cette déclaration lui fit quasi douter de son raisonnement. Sasuke était déjà devant lui une de ses mains sur sa gorge, serrant tellement fort que Saï n'était même pas en mesure d'émettre le moindre son.
-Tu ne feras rien de tel.
Le ton définitif utilisé par Sasuke eut presque raison de son argumentation qu'il rêvait. Tout était étrange et différent. Donc il était impossible qu'il ne soit pas endormi, il savait qu'il n'avait pas voyagé et Saï ne faisait pas de somnambulisme. L'homme vit apparaître dans la main de son assaillant, le même type de couteau que l'autre fois. Sasuke abaissa brusquement la lame, tranchant sans aucun effort l'auriculaire droit de Sai. Celui-ci hurla, se demandant pourquoi il ne se réveillait pas, l'autre homme le frappa alors brutalement au visage. La douleur l'empêcha de crier à nouveau, Saï était persuadé que le coup qu'il venait de recevoir lui avait cassé la pommette gauche. Pendant une seconde, tout se brouilla devant lui, Sasuke et l'endroit parurent se dissiper un bref instant.
-Kami ! Usuratonkachi, j'aurai besoin d'un peu plus de chakra.
Sasuke avait marmonné ces mots, Saï avait compris l'insulte qui ne semblait pas être une. Mais les autres mots utilisés ne lui disaient strictement rien, c'était des termes qui semblaient provenir d'un autre monde. Tout à coup, il entendit un « pouf ». Naruto apparut, mais ce n'était pas celui qu'il connaissait. Les vêtements étaient différents, beaucoup trop d'oranges à son goût, et des sandales étranges. Ce qui le marqua le plus, fût la force et la férocité qui se dégageait de lui, son énergie était palpable pour Sai.
-Un clone ?
-Tsk, je suis particulièrement occupé teme.
Malgré l'échange d'insultes, leurs regards, leurs gestes étaient teintés de tendresse l'un envers l'autre. Saï se disait qu'il était sérieusement en train de perdre la tête, tout ceci n'avait aucun sens. Ce Naruto orienta son attention vers lui, au lieu des yeux bleus qu'il s'attendait à voir ceux-ci étaient rouges vermeilles.
-C'est lui ?
-Hn.
-Je n'ai pas beaucoup de chakras en réserve.
Sasuke se retourna donc vers Saï, d'un pas mesuré, un rictus aux lèvres.
-Je t'avais pourtant dit de laisser Naruto tranquille. Tu ne me laisses pas le choix.
Il fit une série de mouvements de sa main unique, trop rapidement pour que Saï puisse suivre avec son regard.
-Tsukuyomi !
Saï hurla silencieusement tombant dans un univers cauchemardesque où il fut soumis à mille et une tortures. Ceci sembla durer 72 h, alors que dans la réalité du jeune homme, ça ne dura pas plus qu'une dizaine de secondes. Dans le monde réel, le corps de Sai fûts pris de convulsions dans son lit, du sang maculait son matelas et son auriculaire sectionné, gisait au sol près du lit.
Sasuke se réveilla confus un instant se demandant où il se trouvait, son cerveau illumina sa lanterne un peu trop rapidement à son goût. Il se rappela tout ce qui s'était passé en si peu de temps chez Naruto. Comment il avait perdu en si peu de temps, un sanglot tenta de sortir de sa gorge, mais il le ravala. Il réalisa aussi que pour la première fois depuis longtemps, il n'avait fait aucun rêve, tout du moins ceux qu'il était habitué de faire. Était-ce normal ? Est-ce que ceci voulait dire qu'il ne reverrait jamais le blond ? Qu'il avait échoué dans la demande qu'il avait reçue de son autre lui ?
Non, il ne devait pas se laisser abattre. Jûgo l'avait invité chez lui la veille. Il était au chaud, des vêtements neufs sur le dos, que son ami lui avait prêté, et il avait avalé un repas délicieux. Sasuke avait beaucoup parlé hier soir, il ne se rappelait pas de la dernière fois où il avait parlé autant de sa vie. L'Uchiha avait tout expliqué à son ami depuis l'explosion de sa famille, sa déchéance personnelle, le début de ses rêves jusqu'à sa rencontre avec Naruto. Son cœur se serra dans sa poitrine, étrangement Sasuke s'ennuyait déjà du blond, chose qu'il avait rarement connue. Seulement avec le départ de Jûgo, il avait connu le manque d'une personne et il connaissait celui-ci depuis des années. Naruto, il ne le connaissait même pas depuis une semaine, mais avait eu un impact important sur sa vie. Sans le savoir au moment de le rencontrer, il y était déjà attaché.
-Bien dormi, Sasu ?
Jûgo apparut dans le salon déjà habillé pour sa journée, deux tasses de café en main. Sasuke avait insisté pour dormir sur le divan, qui était très confortable. Il s'y assit pour laisser la place à son ami, celui-ci le remercia d'un sourire en lui tendant son café.
-Merci pour hier, Jûgo.
-Ne me remercie pas. Je crois par contre que tu devrais retourner voir ce Naruto.
Sasuke braqua vivement sa tête vers son ami qui s'était assis de manière à lui faire face. Il le regardait pensivement, buvant son café, son regard calme ne le lâchant pas du regard. Celui-ci abaissa le regard gêné par l'intensité de son ami, il avala aussi son café en silence.
-Tu sais lorsque tu me parlais de lui hier ? Eh bien, je ne t'ai jamais vu comme ça, tu brillais littéralement de bonheur. Pourquoi ne pas retourner le voir ?
-Je ne sais pas, Jûgo.
-Et si c'était votre dernière chance ?
Sasuke contempla son ami surpris.
-Qu'as-tu dit ?
-J'ai dit que c'était peut-être ta dernière chance de rencontrer quelqu'un de vraiment bien.
Mais Sasuke ne voulait pas retourner ainsi vers l'homme qui l'avait volontiers rejeté d'un revers de main. Ça lui brisait le cœur, mais après tout, il avait quand même sa fierté, il ne retournerait pas auprès d'une personne qui ne voulait pas lui. Non, il ne mendierait pas des miettes d'amour, peu importe ce que son rêve pouvait lui dire. Ce stupide songe lui avait fait miroiter des choses qui n'étaient pas vraies. Alors non, il ne retournerait pas voir Naruto, il se devait de l'oublier.
-Non Jûgo, je ne souhaite pas le revoir.
-Quoi ? Mais pourquoi donc ?
-Il m'a fait clairement comprendre qu'il m'avait aidé par bonté de cœur. Je n'irai pas mendier son amour ou toute autre chose.
-Mais Sasu…
-Arrête Jûgo, je ne veux plus en parler.
L'Uchiha se leva vivement pour se diriger vers la salle de bains et claqua la porte. Par la suite, Sasuke se laissa glisser le long de celle-ci jusqu'à ce qu'il soit assis par terre. Il éclata alors en pleurs, il ne savait pas pourquoi exactement il pleurait, mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Sasuke se traîna jusqu'à la douche pour l'allumer, il ne voulait pas que Jûgo l'entende pleurer pour par la suite tenter de nouveau de lui faire changer d'avis. Non, il ne changerait pas d'avis, il ne retournerait pas se prosterner devant l'autre pour avoir un amour qui ne serait pas réciproque.
