Chapitre 4 : Un lapin… pour les séduire toutes…
Comme promis, Loki cherchait de son côté une solution au problème, mais Hestia en faisait tout autant. Les deux déesses se concentraient d'abord sur des archives de la Guilde concernant des aventuriers qui auraient disposé de skill problématiques et comment cela avait été géré par le passé. Ce n'était pas la meilleure solution, mais c'était déjà un point de départ.
La situation resta relativement calme deux jours. Welf et Mikoto montaient la garde pendant qu'Hestia potassait les documents qu'elle avait récupérés. Les deux membres de la familia encore sains d'esprit devaient s'assurer que Lili et Haruhime ne soient pas victimes d'une nouvelle crise d'envie de faire des câlins à Bell, tout en veillant à ce qu'une personne étrangère à la maison n'essaie pas d'en faire autant. Mais vu que la moitié des concernées étaient supérieures en puissance à eux deux, ils doutaient fortement de pouvoir y arriver si elles étaient vraiment déterminées.
Fort heureusement, il n'y eut pas de tentatives d'intrusion. Mais malheureusement, Welf et Mikoto n'étaient que deux et humains, à un moment, il leur fallait bien dormir. Alors ce qui devait arriver arriva et l'un d'entre eux s'endormit pendant sa garde.
Bell-samaaaa… Fit une petite voix douce et chantante à l'oreille du garçon qui fut réveillé au milieu de la nuit. Il ouvrit les yeux et aperçut le visage d'une certaine prum de sa connaissance.
Hmmm… Lili ! cria-t-il, surpris de la voir. Mais elle répliqua en lui mettant directement un doigt sur les lèvres.
Chuuuuuut… Bell-sama, inutile d'attirer tout le monde.
Effectivement, quand il vit son petit sourire taquin et son regard ardent, il sut tout de suite qu'elle ne voulait pas que les autres la découvrent.
Lili, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée. Tenta-t-il vainement alors que la prum montait sur le lit, se tenant littéralement debout, un pied de chaque côté du bassin de Bell.
Bell-kun… commença-t-elle en changeant radicalement de ton et de façon de parler. Tu sembles oublier que je suis plus âgée que toi, alors tu dois m'écouter… comme toujours. Et m'obéir… fit-elle tout en posant un pied sur le ventre du jeune homme, visiblement, cette version-là de Lili semblait être fournie avec une fonction dominatrice.
Lili, s'il-te… Tenta Bell en essayant de se redresser, mais le pied de Lili se posa sur son torse et le repoussa pour le forcer à se rallonger. Puis, la prum se laissa choir, maintenant assise à califourchon sur son Bell adoré. Elle laissa ses mains passer sous le haut de son ami, alors que son bassin se frottait langoureusement contre celui de son partenaire. Elle poussa un petit rire coquin avant de reprendre la parole.
Cette nuit, Bell-kun, tu es à moi… et à moi seule… dit-elle d'une voix langoureuse avant de commencer à se pencher. Puis, elle eut soudainement le regard vide et s'écroula sur lui. Derrière, il pouvait voir Welf, sa grande épée à la main, qui venait d'assommer la prum d'un superbe coup de pommeau bien placé. Avec tout ça, Bell ne l'avait même pas vu entrer. En poussant un profond soupir, il prit Lili sous son bras, comme un sac à patates et commença à sortir de la pièce. Hestia regardait la scène depuis la porte, elle poussa aussi un profond soupir de dépit.
Hestia-sama, il va vraiment falloir trouver une solution. Parce que là, je vais vraiment pas tenir…
Et en effet, le forgeron avait des cernes énormes sous les yeux, preuve d'un manque de sommeil certain et d'une situation qui, à force de le garder en alerte, le mettait sur les nerfs.
Kami-sama, je suis désoléééééééééééé ! commença ensuite Bell, les larmes aux yeux.
Hmm… Qu'est-ce qu'il se passe ? Fit Mikoto, plus loin dans le couloir, alors qu'elle marchait en titubant dans leur direction. La samouraï dormait littéralement debout. Puis, on entendit des petits pas précipités, qui étaient ceux d'Haruhime qui allaient rapidement vers la chambre.
Où allez-vous comme ça Haruhime-sama ?
Bell-sama pleure, je dois aller le consoler !
Malheureusement, ou heureusement selon le point de vue, elle fut interceptée par Mikoto, qui se réveilla juste à temps et l'attrapa par la main.
Mais… Bell-sama… il pleure…
Sauf que son regard brûlant et son kimono de nuit débraillé et prêt à tomber ne trompaient personne sur la méthode de réconfort qu'elle avait en tête.
Hestia-sama s'en occupera très bien, vous, au lit. Et joignant le geste à la parole, elle ne lâcha pas la main de la renarde et prit la direction de leur chambre en la forçant à la suivre. La blonde eut un gémissement de frustration qui acheva de les convaincre qu'il ne fallait pas la laisser seule avec Bell sous peine d'une seconde nuit de folie. Ensuite, il fallut encore à Hestia une demi-heure de plus pour calmer Bell qui continuait de culpabiliser. Oui, il allait vite falloir trouver une solution avant que la situation ne devienne insupportable.
Sauf que Bell était Bell et qu'il ne pouvait pas s'empêcher de culpabiliser. C'était de sa faute si Ishtar s'était vengée sur lui, c'était lui qui avait choisi de la défier envers tout bon sens pour sauver Haruhime. Et aujourd'hui, son choix impactait ses proches. Donc, malgré les dires d'Hestia il s'en voulait. Et en prime, chaque fois qu'il se souvenait de la fameuse nuit, sa mémoire ne faisait remonter que des sensations plaisantes, ce qui, naturellement, entretenait le cercle de culpabilisation du garçon.
Et quand Bell Cranel culpabilisait, soit il s'enfuyait, soit il allait s'excuser. Hestia lui avait dit de se tenir tranquille, mais c'était plus fort que lui, il fallait qu'il aille s'excuser. Il ne pourrait pas se regarder dans un miroir tant qu'il ne l'aurait pas fait. Alors, profitant de la perte de vigilance de ses coéquipiers, le petit lapin se faufila hors de son terrier, à la recherche des premières personnes à qui il devait des excuses.
Ses pas le menèrent tout d'abord vers la femme qui prenait une place importante dans son cœur et son esprit, celle qui était sa source de motivation, qui lui donnait envie de progresser, Aiz. Du coup, il avait pris le chemin de la demeure de Loki Familia. Seulement, il se rendit compte qu'il ne pouvait pas se présenter à la porte d'entrée comme une fleur, demander à parler aux concernées et que tout irait bien. Si la nouvelle s'était répandue, il était probable que la moitié de cette familia veuille sa mort et un certain homme-loup prenait soudainement l'image du châtiment divin dans sa tête. Un peu perdu, il tourna dans les ruelles autour de la demeure, cherchant comment il pouvait s'y prendre pour aller leur présenter des excuses.
De fil en aiguille, il se retrouva face au portillon qui donnait à l'arrière, sur le jardin derrière le manoir du crépuscule. Manque de pot, ou coup de bol divin, au même moment, Lefiya était venue s'y isoler pour prendre l'air. Cela faisait trois jours qu'elle dormait mal, pour la simple raison que ses rêves étaient envahis d'images ardentes et qu'elle ressentait ce besoin d'aller retrouver Bell et de lui faire subir moult abus à caractère cochons. D'autant plus que des souvenirs revenaient régulièrement et à sa grande horreur, elle avait vraiment été très dévergondée cette nuit-là. Non, elle avait peut-être même été la pire des dix ! Alors quand elle vit l'objet de ses horreurs et fantasmes combinés, elle devint rouge, autant de colère que de gêne.
Bell Cranel !
Son cri suffit à faire sursauter le jeune homme et le sortir de sa rêverie. Son premier réflexe aurait dû être de s'enfuir et ce ne serait pas la première fois qu'ils se feraient une course-poursuite. Cependant, il tint bon, il était venu pour s'excuser et il comptait bien le faire.
Lefiya-san ! Je tenais à vous dire que j'étais vraiment…
Rentre. Le coupa-t-elle tout en lui ouvrant la grille arrière pour qu'il vienne dans le jardin. Déglutissant, le garçon s'avança tout de même, prêt à dégainer son meilleur dogeza jusqu'à ce que l'elfe accepte enfin de lui pardonner. Mais il n'en eut pas le temps, car Lefiya le poussa à deux mains, le prenant par surprise et le faisant tomber sur les fesses, derrière le buisson.
Lefiya-sans, je vous jure que je suis…
Je te déteste ! lui cracha-t-elle au visage, alors que celui de Lefiya était rouge jusqu'à la pointe des oreilles. Elle s'assit ensuite à califourchon sur ses hanches et le poussa au sol.
Lefiya-san, je sais que vous êtes en colère, mais évitons la violence !
Car évidemment, dans la tête de Bell, sa première réaction était de croire qu'elle voulait le frapper. Mais il n'en fut rien. L'elfe attrapa le ruban qui attachait ses cheveux, libérant ses derniers et s'en servi pour… attacher les mains de Bell ! Complètement pris au dépourvu, il ne se rendit compte de son geste que lorsque ses deux poignets furent collés l'un à l'autre par le ruban.
Lefiya-san ?
Tais-toi ! Je te déteste humain !
Maîtresse de la situation, l'elfe commença à remonter le haut de son… invité, pour dévoiler son buste finement athlétique sur lequel elle passait ses mains sans vergogne. Le visage de Lefiya était une véritable contradiction, entre d'un côté, la colère et de l'autre un regard empli d'un désir ardent. Elle se pencha sur lui et commença à carrément le lécher sensuellement, laissant sa langue courir sur le torse de Bell avant de remonter vers son cou.
Je te déteste ! Je te déteste ! Je te déteste !
Vos actes et vos paroles ne sont pas en adéquation !
Situation horriblement gênante, car les actes de Lefiya aidaient à faire remonter des souvenirs à la surface et le garçon comprit avec stupéfaction qu'elle était encore très soft par rapport à ce qu'elle était capable de faire.
Arrête ça Lefiya. Fit une voix douce. L'instant d'après, l'elfe s'écroula mollement sur lui, assommée par Aiz. Pour le coup, Bell avait l'impression de répéter un running gag. Il avait beau être très gêné, il offrit à la concernée un grand sourire de joie. Il est vraiment content qu'elle soit là malgré la gêne, elle venait de le sauver et en prime, il pourrait s'excuser.
Aiz-san ! Merci beau…
Sauf qu'il se figea une fois que la princesse à l'épée eut dégagé Lefiya sur le côté, avant de prendre sa place, assise à califourchon sur le pauvre garçon, dont les poignets étaient toujours attachés.
Aiz-san ! Qu'est-ce que vous faites ? dit-il d'un air quelque peu paniqué. La blonde, rougeurs aux joues, lui offrit un petit sourire tendre avant de lui répondre.
Je câline mon petit lapin…
En tant normal, l'entendre l'appeler ainsi aurait fait bondit son cœur de joie, mais la situation était trop particulière pour qu'il puisse vraiment la savourer.
Tu n'es pas venue me voir. Tu me manquais Bell. Pourquoi tu n'es pas venu ?
Aiz et sa façon de pensée un peu spéciale à l'occasion… Mais s'il cédait maintenant à la jeune femme, il avait le sentiment que rien ne serait plus comme avant. Cependant, des pas se firent entendre et Bell espérait quelqu'un viendrait enfin l'aider.
Aiz, qu'est-ce que tu fais ?
La personne en question était Riveria, qui surprit Aiz, à califourchon sur le pauvre garçon et Lefiya assommée, abandonnée sur le côté comme un vieux sac à patates.
Riveria-san. Fit le garçon avec un grand sourire. Enfin une personne mature et responsable, capable d'arrêter tout ce foutoir. Sauf que non, en lui souriant comme ça, il se fit tout mignon et ne fit que réveiller le désir de l'elfe. Moins d'une minute après, elle s'était mise derrière lui, à hauteur de sa tête, assise sur les genoux. Elle avait soulevé le jeune homme pour qu'il ait la tête sur ses cuisses et avait même poussé le vice à relever sa robe pour qu'il ait les joues directement contre sa peau nue.
Tu t'y prends mal Aiz, il faut l'installer confortablement, c'est la moindre des choses.
Vous ne m'aidez pas du tout là ! Si même celle qui était la voix de la raison succombait à ses instincts primaires, plus rien ne pourrait le sauver. Surtout que maintenant, ce n'était plus deux, mais quatre mains qui s'occupaient de le caresser.
Ha ! Je savais que j'avais entendu la voix d'Argonaut-kun. Et histoire d'en remettre une couche, voilà que Tiona se rajoutait à l'équation.
Hé ! Pas juste les filles ! Vous pourriez m'en laisser quand même !
L'amazone se pencha alors vers lui, avec des idées assez précises en tête. Il ne manquait plus que Lefiya se réveille et le tableau serait complet.
Qu'est-ce que vous faites vous trois ! cria une certaine déesse qui était venue voir ce qu'il se trafiquait au fond de son jardin.
Cinq minutes plus tard, le tableau avait bien changé. Les quatre femmes étaient assises en seiza, alignées, alors que Loki était en train de consoler Bell. Le garçon était assis en position fœtale et la déesse le tenait dans ses bras contre elle, avec une main lui caressant la tête pour le rassurer.
Voilà, voilà, c'est fini.
Si on lui avait dit qu'un jour, elle se retrouverait à devoir consoler un des mômes d'Hestia parce que quatre de ses filles, dont trois des plus sérieuses, avaient tenté de lui sauter dessus…
Et c'est pas la peine de t'excuser gamin. J'ai causé avec la naine et j'sais bien que c'est pas ta faute.
Merci Loki-sama ! Merci ! fit-il les yeux larmoyants. Loki était immunisé au charme qu'Ishtar avait planté en lui, mais elle était obligée de reconnaitre qu'avec sa bouille adorable, elle était strictement incapable de lui en vouloir. Avec le recul, c'était dommage qu'elle ne lui ait pas mis le grappin dessus dès le début.
Mue par une envie soudaine, Aiz avança la main vers le garçon, sans trop savoir pourquoi, mais sa déesse l'intercepta et la fit reculer d'une petite tape sur la main.
Vous quatre ! Fini les bêtises. Vous z'êtes privés de lapin jusqu'à nouvel ordre !
À leurs regards, cela ressemblait à un véritable crève-cœur, mais Loki devait rester ferme et ne pas se laisser attendrir.
Et corvée d'ménage tant qu'à faire. Ça vous f'ra les pieds !
Elle redonna ensuite son attention à Bell, qui avait droit à bien plus de douceur de sa part.
Rentre donc chez toi gamin. Et arrête de t'prendre la tête avec tout ça. La naine et moi, on trouvera bien une solution.
Loki-sama ! Merciiiiiiiiii ! Et il se blottit de plus belle dans ses bras. Elle n'avait peut-être pas de « coussins », mais présentement, elle montait dans le classement des personnes qu'il aimait le plus. Il fallut dix minutes de plus pour que Loki parvienne à décrocher le lapin et le convaincre de rentrer chez lui.
N'ayant pas réussi à s'excuser auprès des femmes de la Loki familia, Bell se retrouva à errer dans les rues en broyant du noir. Sans doute mus par son inconscient, ses pas l'avaient mené à la Fertile Maîtresse.
Nya ! C'est monsieur l'aventurier !
La voix qui le sortit de ses pensées était celle d'Anya, la serveuse enjouée de la taverne. Bell n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit qu'elle l'attrapa par la main, le regard suppliant.
Tu dois nous aider Nya ! Syr est malade depuis quelques jours et Ryuu ne fait que des bêtises ! Elle n'a pas l'air bien, tu peux lui remonter le moral ?
Tout le monde dans la taverne savait que Syr avait des vues sur Bell, mais tout le monde savait aussi que derrière son air réservé, Ryuu en pinçait aussi pour lui, il suffisait déjà de voir le nombre de fois où elle lui avait sauvé la mise. Sans vraiment lui laisser le temps de réfléchir, la femme-chat le traina à sa suite.
Ryuu-chan ! Tu as de la visite !
Quand l'intéressée arriva, elle se figea sur place en voyant le visage du garçon. Et comble de la malchance, Anya balança ce dernier vers elle.
Ryuu-san ! Je suis vraiment dé…
Viens derrière.
Sans lui laisser le temps de finir ses excuses, elle l'attrapa et l'amena dans la réserve. On aurait pu croire qu'elle voulait un endroit discret pour parler de l'affaire, mais malheureusement, ce fut plus fort qu'elle, dès qu'ils furent seuls, elle le coinça contre un mur, les mains posées contre ce dernier, de chaque côté du visage du garçon.
Heu… Ryuu-san ?
Cranel-san… Les elfes n'aiment pas que n'importe qui les touche. Commença-t-elle en répétant un lieu commun de la culture elfique. Mais toi, tu peux me toucher autant que tu le veux.
L'elfe prit alors les mains du lapin et les guida pour les poser sur ses joues.
Bell… le changement de ton était clairement palpable, sa voix était plus chaude, plus sensuelle. Son regard, d'habitude plus froid, semblait maintenant empli de désir. Les oreilles des elfes sont très sensibles, tu sais… À ces mots, elle déplaça les doigts du jeune homme jusqu'à ses oreilles, dont il se mit à jouer inconsciemment avec les pointes.
Hng ! Les… les pointes sont vraiment très sensibles. Fit-elle en gémissant et continuant son cours sur l'anatomie elfique. Mais toi, tu peux les toucher… Tu peux même les mordiller si tu veux… comme la dernière fois.
À cette dernière proposition, de nouveaux souvenirs refirent surface. Lors de la fameuse nuit, alors qu'il s'ébattait avec elle, il se souvint effectivement avoir cédé à la tentation de lui mordiller gentiment la pointe d'une oreille. Et cela avait littéralement fait décoller Ryuu. Un souvenir qui le rendit de nouveau couleur tomate bien mûre.
Bell… murmura-t-elle doucement. Elle commença à se pencher vers lui, ressentant le besoin impérieux de sceller leurs lèvres.
Hé ! Pas de flirt au travail, retourne en salle !
Ils furent heureusement interrompus par la grosse voix forte de Mia qui attrapa l'elfe par le col et la mit hors de la réserve.
Sérieusement gamin, qu'est-ce qu'il lui arrive ?
Je... JE SUIS DÉSOLÉ ! Il coupla ses excuses d'une inclinaison parfaite à 90° avant de tourner les talons et décamper comme le lièvre qu'il était.
Dans sa panique, il n'avait pas fait attention à la direction qu'il prenait et quand il se reprit, il se rendit compte qu'il n'était pas loin de Babel et du Donjon. Mais ses pensées se tournèrent plutôt vers la Guilde et Eina, qu'il n'avait pas revu non plus depuis cette nuit-là. Quand il se rendit à la Guilde, il tomba à la place sur Misha, la collègue et amie d'Eina. Cette dernière lui apprit que la semi-elfe avait demandé sa semaine de congé. Elle n'avait pas l'air bien depuis quelques jours. Ignorant tout du problème, mais sachant que son amie avait de l'affection pour le garçon, elle lui demanda s'il pouvait passer la voir et prendre de ses nouvelles. Misha pensait sincèrement que la visite de son petit protégé remonterait le moral à Eina, elle était loin de se douter de ce qu'elle allait provoquer.
Bell savait déjà où habitait sa conseillère, depuis la fois où il lui avait servi de garde du corps lors d'une affaire de stalker. Il frappa donc à la porte, déterminé à pouvoir au moins lui présenter des excuses à elle.
Oui ? fit une voix étouffée derrière la porte.
Eina-san, c'est Bell.
B-b-b-bell-kun ? lui répondit alors une voix pas très rassurée de l'autre côté. Eina était effectivement en panique. Cela faisait des jours qu'elle essayait de se calmer, mais le garçon la hantait de jour comme de nuit. Et voilà que l'objet de son fantasme se présentait littéralement chez elle. Ce serait tellement facile de lui ouvrir, de la faire rentrer, de le dévorer tout cru. Mais elle parvint à garder assez de calme pour résister à la tentation.
Bell-kun, je me sens un peu bizarre en ce moment, je crois que ce serait mieux qu'on se revoie dans quelques jours.
Je vous en prie Eina-san, laissez-moi au vous à quel point je suis dé…
Encore une fois, il n'eut pas le temps de finir ses excuses, qu'il entendit un grand bruit, typiquement celui de quelqu'un qui tombait lourdement. Mu par sa gentillesse et son instinct de protection, il ouvrit la porte et rentra chez elle.
Eina-san ! Tout va bien ?
La jeune femme était effectivement tombée par terre, mais rien de grave, plus de bruit que de mal. Seulement, le garçon devint rouge cramoisi en la voyant et elle en fit de même. La cause en était simple : la tenue de la conseillère. Présentement, elle portait un ensemble en dentelle avec string, nuisette transparente et bas, une combinaison particulièrement agressive, le genre de que l'on ne portait qu'en présence de la personne qui nous plait pour lui faire comprendre qu'on veut qu'elle nous saute dessus.
En fait, la semi-elfe avait tenté de faire un peu de shopping pour se changer les idées. Manque de chance, dès que ses pensées revenaient vers Bell, ses pas la conduisaient automatiquement dans les boutiques de sous-vêtements. Et elle ne put se retenir d'acheter des ensembles particulièrement sexys. Quand Bell frappa à sa porte, elle était en train de les essayer.
F… ferme la porte !
Le jeune homme s'exécuta et Eina se demanda pourquoi elle n'était pas verrouillée. Elle comprit alors que lorsqu'elle avait su que c'était lui, son désir l'avait inconsciemment poussé à la déverrouiller, preuve qu'elle le voulait vraiment. Mais maintenant qu'il était là, elle ne pouvait plus reculer. Elle se releva et lui lança un regard enflammé. Elle s'avança vers lui, le poussant à reculer jusqu'à ce que les cuisses du garçon rencontrent la table derrière lui et qu'il finisse assis sur cette dernière.
Ara ara, Bell-Kun… Tu as envie qu'Eina-onee-sama te fasse un cours… très particulier ?
Tout en parlant, elle commença à mettre un genou sur la table, s'approchant de lui et lui mettant une main sur la joue. Le repas était servi et elle comptait bien le dévorer en entier.
Ce n'est pas une attitude très professionnelle ça, madame la conseillère.
La voix qui les interrompit fut celle d'Hestia qui les regardait depuis le cadre de la porte, avec un air particulièrement blasé. Quand elle s'était rendu compte que Bell avait disparu, elle était partie à sa recherche. Elle avait alors croisé Loki qui lui avait expliqué l'incident chez elle et le fait que son petit protégé était dans une démarche d'excuse. Hestia fut bien obligée d'admettre que c'était complètement le style du garçon, elle avait donc simplement remonté la piste des autres femmes et par chance, était arrivée chez Eina Tulle juste à temps. La concernée se releva, calmée, mais rouge de honte. La déesse se dirigea alors vers son lapin et le prit par la main.
Kami-sama, je suis…
Je sais, je sais. Arrête s'il te plait, ma migraine est assez carabinée comme ça. Aller on rentre à la maison et à la prochaine madame la conseillère, je viendrais tout vous expliquer quand j'aurais résolu le problème.
Et la déesse embarqua son protégé, laissant une Eina complètement perdue… et accessoirement très frustrée.
Et pendant ce temps-là, à la demeure de la Freya familia. Une certaine déesse n'avait pas décuvé depuis trois jours. Fort heureusement, Allen avait enfin pu refiler le problème à Ottar qui tenait compagnie à sa divinité adorée.
Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça Ottar ! Qu'est-ce que j'ai fait !
Je ne sais pas, par contre, je ne crois pas que vider les réserves d'alcool soit la solution au problème.
M'en fiche ! Je suis malheureuse !
Oui, ça, ils étaient un peu tous au courant. Et l'homme-sanglier ne put que constater qu'elle devait vraiment avoir craqué sur le garçon pour que cette situation la mette dans cet état.
Au passage, Helun m'a passé un savon, car vous avez englouti une somme non négligeable en alcool.
Mais Freya ne l'écoutait pas, perdu dans son délire aux spiritueux.
Ottar ! Je ne suis pas assez belle ? Ne suis-je donc pas divine, désirable et sexy à souhait ?
Bien sûr que vous l'êtes Freya-sama. Nulle femme ne peut vous égaler en beauté et en désir.
Il tenta vainement de la consoler et remarqua que son visage devint soudainement très blême.
À part peut-être quand vous recrachez votre estomac pour avoir trop bu. Se dit-il au fond de lui, mais il se garderait bien de lui en faire la remarque. Le king se fit également la réflexion que s'il avait su comment les choses auraient tournée, il aurait pris l'initiative de ramener le lièvre dès le début à sa déesse, car cela aurait simplifié bien des choses.
À suivre…
