Voici le deuxième chapitre de La Folie des grandeurs, n'hésitez pas à me dire ce qui vous plaît (ou non) ! Sur ce, j'espère que ça vous plaira.

- Tu te rends compte quand même ? insista Hermione. Me faire partir douze jours en Norvège, ça relevait déjà du défi, mais douze jours avec Malefoy ? Merlin, qu'ai-je fait pour mériter ça ?

- Calme-toi, concéda Ginny en agitant encore une fois sa baguette pour découper les pommes de terre, tu n'y va pas. Mais il y a quand même quelque chose que je ne comprends pas dans ton histoire.

- Ah oui ? Pourtant, ça fait au moins quatre fois que je te raconte ça.

- Oui, alors, redis-moi pourquoi Malefoy devait venir ?

Pour une des premières fois de sa vie, Hermione ne sut pas répondre à une question. Cela l'agaça. C'était vrai ça, comme question, pourquoi Malefoy venait déjà ?

- Je crois bien avoir interrompu Ignatius au milieu de l'explication, avoua-t-elle, mais il devait me guider pour quelque chose, Alors là, c'est pire, reprit-elle en s'échauffant de nouveau, que lui il m'apprenne quelque chose ?

D'ailleurs, il n'aurait jamais voulu.

- Hermione, soupira la rouquine, j'ai compris.

- Pardon, mais cette histoire m'agace tellement. Tu as besoin d'aide ?

- Non, ne t'inquiète pas, la rassura Ginny en faisant tomber les patates coupées dans un plat. Je vais attendre qu'Harry rentre pour mettre ça au four.

Hermione hocha la tête.

Les jeunes femmes s'étaient considérablement éloignées depuis quelques années, dû à leurs travails respectifs et à Hermione aussi, qui sans vraiment savoir pourquoi, et sans le vouloir vraiment, s'éloignait petit à petit. Mais elles arrivaient encore à trouver quelques moments comme ça, où elles parlaient de tout et de rien, avant de se séparer de nouveau pour une durée indéterminée.

- Bon, si Harry rentre, je te le laisse. Je sais qu'il est assez débordé par son travail pour ne plus te revenir souvent.

Ginny se contenta de sourire.

- Et vas-y, aux Harpies de Holyhead, tu es douée au Quidditch et c'est un de tes rêves, tu devrais vraiment postuler.

Cette fois, Ginny haussa les épaules. N'ayant plus de réponses convaincantes, Hermione remit son manteau, l'embrassa et sortit. Elle s'éloigna sur le chemin de la propriété achetée par Ginny et Harry un an plus tôt, et passa le portail avant de transplaner.

La jeune femme arriva dans une petite ruelle sombre et s'en dégagea pour sortir sur l'allée passante sur laquelle elle s'engagea. Le monde moldu lui faisait du bien, sans savoir vraiment pourquoi, elle se sentait un peu seule au milieu du monde sorcier.

Elle n'avait pas revu Ron depuis bientôt quatre mois et Ginny et Harry, sans le faire exprès, l'excluaient parfois. Elle sentait toute seule qu'elle finissait par s'exclure aussi d'elle-même, fatiguée de se sentir de trop, de voir Ginny s'éloigner d'elle et Harry n'avoir plus de temps à lui consacrer.

Heureusement, Pattenrond était là et il ne comptait pas l'abandonner petit à petit. Il n'était cependant pas là à l'attendre sur le palier, comme certains soirs mais étendu sur son lit, s'étirant dans les derniers rayons de soleil. Trois hiboux attendaient sagement devant sa fenêtre et Hermione s'empressa d'aller leur ouvrir.

Le premier portait une lettre de Ron, le deuxième une lettre d'Ignatius dont la seule vue la fit soupirer et le dernier un parchemin avec une écriture qu'elle ne connaissait pas. Elle commença par celle-ci. Seulement deux phrases étaient écrites.

La mission en Norvège est payée 100 gallions. Réfléchis-y.

Hermione se demanda combien de solutions Ignatius avait-il encore pour la convaincre et ouvrit son autre lettre. Il lui répétait la même chose qu'hier, la flattant encore plus et lui redisant combien ce serait un honneur qu'elle accepte. Malheureusement pour lui, elle avait dit non.

La lettre de Ron quant à elle était à quelque chose près la même que l'ancienne, il allait bien, s'amusait bien mais il apprécierait qu'elle passe le voir à la boutique qu'il avait reprit avec George. Le cœur de la jeune femme se serra.

Elle aurait été ravie de passer, mais chaque visite là-bas lui rendait ses cauchemars. George, sa mine assombrie, le manque constant de ses yeux, ses gestes parfois tremblants et sa blessure qui ne se refermera jamais, la blessait.

Et elle y pensait pendant longtemps après l'avoir quitté, ce qui lui rendait ses nuits agitées.

Pour la première fois depuis trois ans, ses visions fatales lui laissaient du répit, elle n'était pas sûre d'être prête à l'abandonner. Et puis, s'il voulait la voir, Ron n'avait qu'à venir aux dîners chez Harry et Ginny et à ne pas trouver mille excuses à chaque fois.

Elle reposa les trois lettres et soupira avant d'attraper une serviette et de filer sous la douche.

Une fois propre et ses cheveux séchés grâce à quelques sorts, Hermione relut quelques articles de la Gazette du Sorcier ainsi que des dossiers importants sur lesquelles elle devait se pencher avec plus d'attention et enfin, elle ferma la lumière d'un coup de baguette, avant de plonger dans les bras de Morphée.

Sans comprendre pourquoi, elle se réveilla deux heures plus tard dans le noir le plus complet, le cœur battant mais sans avoir fait de cauchemars et sans se retrouver emmêlée dans ses draps, en sueur.

Instinctivement, elle prit ça comme un avertissement, elle n'avait pas guéri, les cauchemars dormaient simplement. Hermione se concentra pour calmer sa respiration en cherchant d'où venait ce changement. Elle n'avait pas plus pensé à la guerre ces jours-ci qu'avant et pourtant, il y avait eu quelque chose de différent, mais quoi ?

Elle passa encore deux heures à chercher en vain une raison, ce qui l'agaça. D'une part parce qu'elle n'aimait pas ne pas trouver et d'une autre parce que cela voulait dire que sous peu, ses nuits seraient à nouveau troublées. La Gryffondor se rendormit sur ces dernières pensées, le trouble déjà installé au fond du cœur.

Le lendemain matin, elle eut du mal à déterminer s'il fallait mettre une croix ou non sur sa feuille. Elle n'avait pas fait de cauchemars mais elle avait terriblement mal dormi. Elle se posait encore la question en entrant dans le ministère et l'avait toujours dans la tête en ressortant.

Avant de rentrer chez elle, elle décida de faire des courses sur le chemin de Traverse puisque ses placards étaient complètement vides. Elle passa donc par le Chaudron Baveur et salua Tom d'un mouvement la tête avant de taper sur les pierres permettant d'ouvrir le chemin.

Le bruit instantané qui régnait en permanence ici lui tapa contre les tympans, et cela la fit sourire.

Enfin, il y avait de la vie, les enfants couraient et les gens parlaient fort. Hermione se laissa guider par la foule, sachant très bien qu'elle perdait du temps, mais personne ne l'attendait, personne ne lui demanderait quand elle rentrera.

Au détour d'un énième chemin, elle tomba sur un magasin immense avec une pancarte joyeuse et colorée qui ressortait parmi les autres. Le magasin de farces et attrapes de George et Ron. Un instant, la jeune femme hésita à entrer, et, cédant à cette petite voix égoïste qui lui rappelait ses cauchemars, elle passa devant comme si elle ne l'avait pas vu, décidée cette fois à ne pas flâner et à finir ses courses.

Une heure et trois paquets plus tard, elle avait assez pour tenir une semaine entière sans plus jamais devoir revenir.

Elle était sur le chemin du retour quand elle aperçut non loin de l'aller des embrumes une silhouette familière, fine et agile. Hermione hâta alors le pas et suivit la silhouette, essayant de la rattraper tant bien que mal, ayant bien des choses à lui dire. Elle finit par la rattraper, quelques secondes avant qu'elle ne rentre dans une boutique dont elle n'avait même pas connaissance du nom.

- Professeur McGonagall !

Une vieille femme, habillée d'une robe de soie verte et d'un grand chapeau de sorcière, se retourna, le visage pincé presque sévère, et émit un sourire retenu à la vue d'Hermione qui s'avançait vers elle, les cheveux emmêlés.

- Miss Granger, comment allez-vous ? Il est rare de vous croiser sur le chemin de traverse.

- Effectivement, d'habitude, je m'approvisionne du côté moldu mais voyez-vous, toute cette... magie, me manque parfois.

- Je vois parfaitement de quoi vous voulez parlez. Les affaires du ministère se portent bien ?

- Comme à leur habitude, j'imagine, répondit la Gryffondor dans un sourire.

- Bien, vous m'excuserez mais le temps presse, je ne devais réaliser qu'une course rapide. Ah ! A ce propos, vous m'aviez demandé de veiller sur vos parents...

Le cœur d'Hermione se serra violemment à l'entente de ces mots. Jamais elle ne s'habituera à ne plus les avoir dans sa vie, c'était une plaie comme une autre qu'elle portait et qui saignait continuellement.

Elle aurait souvent voulu leur confier ses doutes, ses peurs, ses angoisses mais aussi ses joies et ses victoires. Mais elle n'avait plus personne pour l'épauler. Personne n'avait pour l'instant trouver de remède au sortilège d'Amnésie.

- Oui, confirma-t-elle difficilement.

- Eh bien, je m'en voudrais de vous inquiéter mais il me semble qu'ils aient des soucis d'argent. Je vois votre père tenir un petit livre de compte et votre mère s'inquiéter en permanence.

- Oh non ! souffla la jeune femme.

- Ne vous inquiétez pas, nous allons essayer de les aider, d'accord ? Je vous écrirais plus précisément à ce sujet, en attendant, j'ai été ravie de vous revoir Granger et vous souhaite une agréable fin de journée.

- Moi aussi, professeur, au revoir.

Bien qu'elle ne fut plus élève, elle gardait cette petite habitude qui ne partirait jamais et qui tirait toujours un sourire dissimulé à son ancienne professeure de métamorphose.

McGonagall tourna les talons avec un petit signe de tête.

Jusqu'ici, Hermione avait tout fait pour que ses parents vivent en paix, sans soucis, considérant leur en avoir fait vivre assez. Elle était désolée d'apprendre ce genre de nouvelles, et encore plus désolée de ne pouvoir rien faire. Elle gagnait bien sa vie, exactement ce qu'il lui fallait pour payer son loyer, l'entretien de Pattenrond, sa nourriture, ses vêtements et les choses nécessaires, mais pas assez pour mettre de côté.

Hermione devait se l'avouer, elle n'arriverait jamais à mette de côté, son salaire représentait le strict minimum.

Plus tristement que tout à l'heure, le pas lent et le cœur lourd, elle remonta le chemin de Traverse, insensible cette fois aux rires et aux cris, son ombre accrochée derrière elle, comme tous ces fantômes du passé.

La première chose qu'elle vit en rentrant chez elle furent les trois lettres posées hier soir à la va vite sur la table du salon. La plus étrange des trois lui revint en mémoire et elle laissa tomber ses sacs par terre pour se ruer dessus. Elle relut encore et encore les deux phrases lui annonçant le salaire qu'elle recevrait pour sa mission.

Elle décida de s'y fier, car elle était pratiquement sûre que c'était Ignatius qui avait envoyé ce mot gribouillé, tentant de se faire passer pour quelqu'un d'autre afin de la convaincre. Pour des raisons de moralité et d'éthique, seuls les commanditaires d'une mission était au courant du prix, il lui semblait donc logique que le bout de parchemin fut du directeur.

Qui d'autre sinon ?

Bien-sûr, chaque sorcier savait que la paye différait aussi selon la dangerosité et la difficulté de la tâche à accomplir, mais il s'agissait d'un ordre d'idée. Pour donner une somme aussi précise que cent gallions, il fallait que la personne soit au courant.

Hermione n'avait jamais été intéressée par l'argent, elle avait toujours fait les choses du plus profond de son cœur, parce qu'il lui indiquait que c'était un choix judicieux.

Et malgré les apparences, ce fut encore son coeur ce soir-là qui la fit réfléchir, son envie d'aider ses parents. Cent gallions représentaient une somme importante en définitif. Et puis, elle était pratiquement sûre que malgré le froid et tous les autres petits inconvénients, elle aura accepté la mission d'Ignatius s'il avait su se montrer convaincant au rendez-vous d'hier.

Mais la présence de Malefoy jouait beaucoup dans la balance. Finalement, elle se rendit compte qu'il était devenu un point négatif avec un impact tellement fort que tous les autres points négatifs de départ, comme la présence d'autre personnes qu'elle pour travailler, étaient devenus dans son esprit des points positifs. Il valait mieux se retrouver avec plusieurs personnes et Malefoy que seule avec Malefoy.

Hermione fut soudain prise d'une profonde détresse en réalisant qu'elle se savait incapable de prolonger son refus. Il s'agissait de ses parents et bien qu'ils aient disparus de sa vie il y a trois ans, ils restaient ses parents et cela justifiait beaucoup de sacrifices.


- Vous acceptez ? répéta bêtement Ignatius, ne sachant pas s'il fallait croire à ce miracle.

- Oui, enfin non. Je veux dire oui mais sous certaines conditions.

- Tout ce que vous voudrez.

- Je ne veux qu'un seul Auror, il en manque assez au Royaume-Uni pour éviter qu'en plus je monopolise les services de plusieurs individus. Je voudrais la précision de la paye que je recevrais pour cette mission et je ne veux pas de Malefoy.

- Je peux accéder aux deux premières demandes, mais la troisième est malheureusement irréfutable.

- Pardon ? s'étrangla la jeune femme. Enfin, il y a bien d'autres sorciers capables de remplir son rôle !

- Eh bien, justement, non.

Hermione hésita à demander pourquoi, puis se souvint que ce serait avouer qu'elle avait coupé le directeur dans ses explications lors de leur dernière entrevue. Elle se tut alors, mordillant sa lèvre en cherchant une solution, avant qu'Ignatius ne la sauve.

- Voyez-vous, personne, ou des gens très difficiles à trouver, possèdent assez de connaissance en magie noire pour nous aider à la cerner, pour s'en défendre et l'enseigner.

- L'enseigner ?

- Oui, enseigner comment se défendre, confirma le directeur en ne voyant pas ce qu'il y avait d'étrange dans sa phrase précédente. La plupart des personnes qui en sont capables sont derrières des barreaux, à Azkaban. Monsieur Malefoy sera en plus capable de vous guider dans votre travail car il fut un temps où il travailla pour la coopération magique internationale, ce qui dans ce cas nous rend un grand service. De plus, c'est un homme de confiance, secret comme une tombe et qui a déjà fait ses preuves dans l'art de convaincre des êtres de l'eau alors non, vraiment, on ne trouvera pas deux sorciers comme lui en Angleterre qui accepterait une mission comme la vôtre.

Hermione avala difficilement sa salive, partagée entre l'exaspération d'entendre dire tant de bien d'une personne odieuse et l'angoisse de savoir que oui, elle allait passer douze jours avec Malefoy.

Douze jours, deux-cent-quatre-vingt-huit heures ou sept-cent-vingt minutes, ce n'était pas si dur que ça ?

Si, si ça allait l'être, car il s'agissait de Drago Malefoy, de son sourire incroyablement agaçant, de son ton supérieur, de sa froideur à la limite de la menace et de son dédain certain pour elle et pour son sang.

Alors oui, ça allait être long.

Ignatius dû saisir le désespoir qui s'empara de la jeune femme car il s'empressa de lui mettre sous le nez le dossier complet et l'encouragea en lui vantant ses mérites pendant dix bonnes minutes. Il la fit ensuite signer afin d'être sûr qu'elle ne lui file pas entre les doigts et se sentir beaucoup plus à l'aise quand elle quitta son bureau, elle avait accepté, le plus dur était fait.

Hermione ouvrit directement le dossier, marchant lentement dans le couloir du cinquième niveau. Il était long et cela la rassurait, plus elle en savait et plus vite ce serait terminé, avidement, elle lut les premières pages.

Ordre de mission d'élucidation du comportement des sirènes d'Ecosse

Description : depuis bientôt un mois, quelques sirènes écossaises ont émigres vers les eaux du Nord, notamment vers la Norvège, l'utilisation de la magie noire est évidente car elles sont incapables de vivre dans des eaux si froides, et les dégâts posés par leur présence incombe au ministère.

Liste des dégâts :

- Perte d'audition de tout être à proximité

- Meurtres répétitifs dans les lieux infestés, néanmoins aucun lien jusque là ne permet d'attribuer ces actes aux sirènes

- Perturbation de la faune originaire du milieu occupé

- Xénophobie nettement présente face aux sorciers du milieu occupé

- Aucun scrupule à dévoiler leur présence aux moldus

Il est à nécessaire pour cette mission d'envoyer une équipe constituée d'un expert en créatures magiques, d'un traducteur de la coopération magique internationale ayant connaissance de la culture du pays où se déroulera la mission, d'un ou plusieurs Aurors ainsi que d'un connaisseur en matière de magie noire, de défense et d'attaque.

Toute personne ayant l'intention de collaborer devra d'abord décliner son identité au ministère. De plus, un agent du ministère magique de la Norvège accueillera l'équipe envoyé sur place.

Le salaire total de la mission est une récompense de 100 gallions, sauf dans le cas où cette intervention se révèlerait être un échec auquel cas la rémunération sera discutable, voir non dûe.

Un dossier expliquant chacun des points problématiques devra être rendu par l'équipe envoyée dès son retour.

Hermione arrêta de lire ici, le reste contenant une fiche sur les caractéristiques des sirènes qu'elle connaissait déjà et une liste des règles de sécurité élémentaires qu'elle ne jugea pas nécessaire de lire.

En appuyant sur le bouton de l'ascenseur, elle se trouva partagée entre sa curiosité dévorante qui lui soufflait que cette mission allait très intéressante et entre la présence de Malefoy qui allait tout rendre plus pesant.

Elle aimait les voyages, trouver des réponses à des problèmes et ça était exactement ce qu'on lui demandait, elle se trouvait même prête à se reposer sur l'aide de la traductrice et de l'Auror s'ils n'étaient pas les mêmes spécimens que Clint, sa patience ayant certaines limites et l'oisiveté l'agaçant particulièrement.

Le jeune secrétaire le salua d'ailleurs quand elle passa devant lui en se rendant à son bureau.

Quand elle poussa la porte et aperçu deux yeux gris se tourner vers elle, la jeune femme se dit qu'elle devait absolument cesser de penser aux désavantages et inconvénients que représentait le Serpentard car elle se mettait à l'imaginer.

Mais après avoir fermé et rouvert ses paupières avec espoir, elle dut se rendre à l'évidence : Drago Malefoy se trouvait bien dans son bureau, à son aise comme s'il s'agissait du sien.

- Je peux savoir ce que tu fais là ?

- Je t'attends, Granger, et sache que tu mets un temps fou à passer du cinquième au quatrième niveau.

Il était déjà là sans sa permission et en plus il se permettait de lui faire des reproches ?

- Sors immédiatement, asséna-t-elle un peu plus méchamment qu'elle ne l'aurait voulu.

- Non, il faut que nous parlions de cette aventure trépidante que nous allons vivre ensemble.

- Je ne crois pas que ce soit nécessaire, répondit Hermione, agacée en s'installant à son bureau, en face de lui, tout en déposant le dossier sur la table. Écoute, nous allons déjà passer plus de temps que nécessaire ensemble donc s'il te plaît fais ce que je te demande et sors de ce bureau qui est mon bureau.

- Granger, reprit-il avec un soupçon d'impatience dans la voix, si tu crois que ça m'amuses d'être ici entre tes affiches moldus et toute ta paperasse, je t'annonce que tu te trompes.

Elle le fixa, silencieuse. Il valait mieux ne pas répondre, sa patience avait été mise à rude épreuve depuis ce matin, elle n'était pas sûre de tenir encore très longtemps.

Ils se fixèrent quelques secondes avant que Malefoy considère qu'elle était tout à fait d'accord pour qu'il continue à s'entretenir avec elle, ce qu'il fit.

- Je disais donc, qu'il fallait qu'on parle de cette mission. Et des objets maléfiques.

- Des objets maléfiques ? répéta bêtement la jeune femme.

Malefoy paru étonnée, puis, soudain intéressé, il se redressa dans son siège, un sourire narquois au coin des lèvres.

- Est-il possible qu'Hermione Granger n'ai pas lu le dossier qu'on vient de lui remettre ?

- Bien-sûr que si je l'ai lu !

- Alors, tu dois savoir de quoi, je parle...

Une main sur le dossier, l'autre autour de sa baguette, Hermione passa rapidement en revu les sortilèges permettant de faire rapidement et efficacement perdre à Malefoy ce sourire vainqueur.

Puis, elle se rappela qu'elle était une adulte responsable et décida de se justifier.

- Je l'ai lu, mais pas en entier, vois-tu, un parasite présent dans mon bureau m'en a empêché.

- Alors, lis le ce dossier, reprit le jeune homme en ignorant la remarque, tu verras qu'il y a un nombre d'objets que nous devons aller acheter sur le chemin de Traverse, dans l'allée des Embrumes.

- Il est absolument hors de question que je mette les pieds là-bas.

- Je crois que maintenant que tu as signé, tu peux difficilement te rétracter. Il va falloir assumer. Je disais donc, il faut que nous les achetions impérativement demain matin, puisque nous partons demain soir au cas où tu n'auras pas lu ça non plus dans le dossier.

Hermione se dit qu'effectivement un bon nombre de détails non négligeables lui avaient échappés.

- Tu n'a qu'à y aller tout seul, ou je peux y aller seule !

Il éclata d'un rire froid.

- Bien-sûr, et je te donne un plan de l'allée des Embrumes et un dessin des objets pour que tu te repère. Allons, Granger, la magie noire ce n'est pas vraiment ton domaine ?

- Ah oui, rétorqua-t-elle, c'est bien le tien ! D'ailleurs, je me demande si c'est vraiment prudent de la part du ministère d'engager un ancien Mangemort et de le faire travailler avec une Sang-de-Bourbe.

- Ne parle pas de ce que tu ne sais pas, ne parle plus de ça, asséna-t-il d'un ton glacial, tout tracé d'amusement et de moquerie envolé sur son visage.

- Il y a des choses difficiles à pardonner, et encore plus à oublier, Malefoy, rétorqua-t-elle, amère.

Il serra plus fort ses mains qu'il avait posé sur le dossier de la chaise en se levant, puis, lâcha d'un coup la chaise et s'en fut vers la porte, apparement très énervé.

- Mais c'est vrai, quoi ! renchérit Hermione alors qu'il avait posé la main sur la poignée. Pourquoi tu fais ça ? Le plus prudent pour toi ce n'est pas de t'éloigner de la magie noire ? Tu ne crois pas que tu as assez flirté avec ?

Il s'arrêta et la fixa silencieusement, la mâchoire contractée, en apparence beaucoup trop calme.

Hermione soutint son regard, non pas qu'il lui faisait peur mais il la mettait presque mal à l'aise. Elle n'aimait pas son regard, gris, comme un ciel d'orage prêt à éclater, dévastant tout sur son passage.

- Ne pose pas trop de questions, Granger.

Puis, il s'en alla sans lui laisser le temps de répondre, claquant la porte au passage.

Ils n'étaient même pas capables d'avoir une conversation civilisée ! Comment allaient-ils tenir douze jours en pleine Norvège, avec pour ordre de collaborer ?

Hermione rouvrit son dossier, plus du tout convaincu qu'elle avait fait le bon choix, même en se raccrochant à l'image de ses parents.

Ses sourires narquois et sa moquerie l'agaçaient autant que son visage fermé. Il changeait d'humeur en un claquement de doigts !

Elle tomba enfin sur la liste d'éléments à acheter nécessaire pour la mission et constata dans un soupir en se laissant retomber dans son fauteuil que oui, elle allait devoir passer la matinée du lendemain en compagnie de Drago Lucius Malefoy, personnage le plus exaspérant qu'elle connaisse.