Hellooo !

Merci à tous ceux qui ont lu le premier chapitre et voici le deuxième.

(J'ai eu de petits problèmes de présentation pour le premier chapitre, j'espère que ce ne sera pas le cas pour celui-ci).

Enjoy :)


Chapitre 2 - Cette haine en nous


Aujourd'hui, Harry n'est pas allé en cours d'Histoire de la Magie. Parfois il ne voit juste pas l'intérêt de s'assoir sur une chaise toute la journée pour apprendre des choses qu'il finira par oublier.

D'accord, ce n'est peut-être pas l'unique raison pour laquelle il a séché ses deux heures d'Histoire de la Magie. Peut-être que cela a plus à voir avec le fait que la leçon porte sur la Deuxième Guerre des Sorciers. Guerre où il a joué un rôle central.

Harry monte les interminables escaliers qui mènent vers la salle d'astronomie. Il sait par les dires de Fred et George que c'est de loin le meilleur lieu pour sécher les cours : pas assez évident pour que quiconque pense à le chercher ici, mais désert à cette heure de la journée du à l'absence d'étoiles dans le ciel.

Pourtant lorsqu'Harry arrive en haut de la tour, il n'est pas seul. Une silhouette se dessine, recroquevillée dans l'ombre. La personne en question se tourne vers lui et Harry reconnait aussitôt le nez droit et aristocratique, les yeux d'un gris saisissant et cette moue qui brisait tant de cœurs, auparavant.

- Malfoy.

- Potter, dit Draco sur le même ton.

Un des sourcils du blond est levé, d'une manière qui pourrait dire Qu'est-ce que tu fais là ? comme Dégage !

Harry rougit et se frotte le cou, embarrassé.

- Désolé. Je ne pensais pas qu'il y aurait déjà quelqu'un ici...

Il se dirige vers les escaliers, prêt à repartir, quand la voix de Malfoy le coupe dans son élan.

- Je ne pensais pas que tu étais le genre de personne à sécher.

Harry plisse légèrement les yeux, étonné qu'il lui adresse la parole à lui d'une manière qui n'est ni ironique, ni méprisante.

- J'ignorais que tu étais ce genre de personne toi aussi, dit Harry en haussant les épaules.

- Je ne le suis pas, réplique Draco. Le sujet du cours d'Histoire de la Magie d'aujourd'hui est juste un peu sensible pour moi.

Harry observe Malfoy. Bien sûr que le sujet est sensible pour lui. Pour les élèves de cette école, Malfoy représente le visage affreux, défiguré de tout un groupe qui, durant des années, a plongé le monde des sorciers dans une des périodes les plus noires qu'il n'ait jamais connu.

Tous ou presque le tiennent pour responsable de la perte d'un proche.

Mais pourquoi le haïr lui ? Pourquoi pas un autre ? Il n'était pas le seul qui léchait les bottes des Carrows, il n'était pas le seul à obéir aux ordres d'un assassin sans nez. Mais les autres, les traîtres, les assassins, les collaborateurs ne sont plus là. Ils sont morts, ou en prison ou bien loin d'ici.

Mais Malfoy, lui, est là. Alors à défaut d'autres, toute leur colère se déverse sur lui. Il est la victime d'une haine qui ne veut pas mourir.

Malfoy claque des doigts, faisant sursauter Harry.

- T'es sourd Potter ?

Harry lève les yeux au ciel. Au moins la guerre n'a pas changé cette divine manière avec laquelle Malfoy lui parle.

- J'ai effectivement perdu une partie de mon audition durant la Bataille de Poudlard, mais je suppose que ce n'est pas ce que tu entendais par là.

- Bien vu Potter. Malfoy lâche de sa voix traînante. Je remarque que ton quotient intellectuel n'a pas tellement évolué. Je te demandais pourquoi Monsieur le Survivant séchait. Cela devrait pourtant te réjouir toute cette attention qu'on porte sur ta sublime personne en Histoire de la Magie, non ?

Harry hausse les épaules et s'approche un peu de Malfoy.

- Eh bien non. Pas vraiment. Crois moi ou non mais je ne suis pas forcément un fan de la célébrité. Ça me met... mal-à-l'aise.

Malfoy renifle.

- Dommage pour toi que tu sois devenu 'Le jeune homme le plus connu du Monde Sorcier', dit-il en mimant des guillemets en l'air, faisant référence au titre de La Gazette du Sorcier, paru dans les jours précédents la fin de la guerre.

Harry grimace et chuchote à moitié :

- Je n'ai jamais eu beaucoup de chance dans ma vie.

Il ajoute après un instant :

- Rita Skeeter a toujours eu un talent pour mettre ma vie sur le devant de la scène. En y ajoutant bien sûr quelques détails croustillants sortis tout droit de son imagination.

Un rayon de soleil s'immisce à travers une des hautes fenêtres de la Tour, nimbant d'une lumière vive le visage du blond. Ce dernier se décale légèrement pour fuir ce soleil qui l'éblouit. Il lâche après un moment de réflexion :

- Oh moins ce qu'elle écrit aujourd'hui sur toi est positif. Elle te présente comme une espèce de Dieu, de héros qui nous a tous sauvé. Ridicule si tu veux mon avis.

Malfoy plisse son nez avec dégoût et replace une mèche de cheveux derrière son oreille.

Harry ne réagit pas face à la demi-insulte de Draco et se contente de dire :

- C'est normal, elle recherche l'attention du public. Et pour il faut qu'elle dise ce que les gens veulent entendre. Et en ce moment, le monde des sorciers croit avoir besoin d'un héro, pour se rassurer.

- Et de coupables apparemment, crache Malfoy.

- Que veux-tu dire ? Demande Harry même s'il sait très bien de quoi le Serpentard est en train de parler.

- T'es abruti Potter ?

Harry ouvre la bouche pour répondre mais Malfoy l'interrompt :

- C'était une question rhétorique Potter. Inutile de répondre. Bref, tu as du bien voir que de la même manière que Rita Skeeter te fais passer pour 'Monsieur Parfait', elle divulgue des fausses informations sur les gens comme moi, les 'ennemis' de ce nouveau monde. Sauf que ces informations sont moins flatteuses que lorsqu'elle parle de toi, évidemment.

- Elle... Elle fait ça ?

Malfoy lève les yeux au ciel.

- Bien sûr Potter. Tu ne sais toujours pas comment elle fonctionne, même après toutes ces années ? Elle ne s'arrêtera jamais de répandre ses mensonges. Que ce soit sous ce nom ou sous un autre.

Harry essaie de se souvenir des rares exemplaires de la Gazette de Sorcier qu'il a lu après la guerre, mais il ne parvient pas à se rappeler avoir lu quoi que ce soit sur Malfoy.

- Qu'est-ce qu'elle dit sur toi ?

Malfoy lui jette un regard étonné.

- Tu ne lis pas les journaux ?

- Pas la Gazette du Sorcier non. J'ai arrêté de la lire il y a des mois. Honnêtement même le Chicaneur est une meilleure source.

- Pas étonnement que tu sembles si perdu. Skeeter et ces petits amis de journalistes ont entre autres dit que j'avais créé un ou plusieurs Horcrux et que je souhaitais devenir le nouveau Tu-sais-qui.

Harry regarde Malfoy, les sourcils levés. Il sait que le blond n'est pas un ange, bien au contraire, mais qu'il est créé un Horcrux ? L'idée lui parait ridicule...

- C'est absurde. Personne ne peut croire une chose pareille.

Malfoy se lève et époussette avec élégance ses vêtements.

- Mais bien sûr que les gens la croient, Potter. Tu n'as pas vu la manière dont ils me regardent ? Ils sont prêts à tout croire si ça leur permet d'avoir une excuse pour me haïr. Et avec elle, ils la tiennent leur foutue excuse.

Harry tourne la tête, suivant du regard Malfoy qui commence à descendre les escaliers.

- Où vas-tu ?

- Ailleurs. J'ai cours moi. Et puis je ne vais pas passer ma journée avec toi non plus...

Et sans un mot de plus Malfoy disparait, laissant Harry tout seul, sur le sol poussiéreux de la Tour d'Astronomie.


Draco ne sait pas pourquoi il a parlé à Potter aujourd'hui. Avant la guerre il aurait été la dernière personne à laquelle il aurait adressé la parole. Mais les choses ont changé depuis ce temps là.

A présent Draco ne sait même plus pourquoi il détestait Potter. Certes il est un Gryffondor, certes il a vaincu Celui-dont-ont-ne-doit-pas-prononcer-le-nom alors qu'il n'était qu'un bébé, certes il était étrange les premières années, dans ses vêtements trop grands pour lui et ses lunettes rafistolées ; mais était-ce une raison pour le haïr, pour faire de sa vie un enfer ?

Aujourd'hui Draco sait ce que c'est que la haine, il la subit tous les jours, ici même, entre ces murs qui lui sont si familiers. Et Draco sait que la haine qu'il dirigeait vers Potter n'est qu'une colère d'enfant, un cri dans la nuit pour qu'on le regarde, pour qu'on le voit. Parce que cette 'haine' lui donnait l'impression d'exister, et surtout cela semblait être normal pour lui d'haïr Potter, ce garçon dont son père ne cessait de dire du mal.

Alors oui, aujourd'hui Draco a parlé à Potter aujourd'hui. Peut- être était-ce parce que cet idiot de Potter ne s'est pas adressé à lui comme s'il était l'ennemi, le diable incarné. Pourtant il aurait été le premier à avoir une raison pour mal lui parler : Draco a tenté de le tuer plusieurs fois après tout.

- Mais non, Saint Potter ne peut pas s'empêcher d'être gentil avec tout le monde, grommelle Draco alors qu'il se trouve seul dans son dortoir.

Draco ferme les yeux et se glisse en soupirant sous les moelleuses couvertures de son lit à Baldaquin, bien qu'il ne fasse pas encore nuit et que le diner vient à peine de se terminer.

Cet imbécile de Potter est encore plus insupportable que Granger.