Bonjour les enfants voici le chapitre 3 !
Brigitte26 : Merci pour ta review ! Et oui, c'est vrai qu'Harry ferait un bien meilleur journaliste que Rita Skeeter (ce qui en soit n'est pas très difficile). Et malheureusement le 'cafard' n'en a pas fini avec tous ses mensonges...
Chapitre 3 - Ce cauchemar rouge de sang
Les fantômes sont encore venus visiter Harry cette nuit.
Ses rêves sont toujours les mêmes : Harry cherche désespérément quelque chose ou quelqu'un, sans jamais savoir quoi. Et puis le temps d'une expiration, d'un clignement d'yeux, Harry se trouve ailleurs, dans une Gare dont les rails s'étendent à l'infini.
Quelque chose au fond d'Harry - un soupçon de conscience - lui dit qu'il connait cette Gare, qu'il a déjà foulé ce quai inondé de lumière, peut-être même est-il déjà monté dans ce train à vapeur qui arrive à toute vitesse.
Mais pour le Harry de ce rêve, cette Gare n'est qu'un lieu sans nom, flou et intemporel.
Après ce qui pourrait être une seconde comme une heure, une foule bruyante, pleine de vie se déverse sur le quai. Ces gens, ces visages, Harry les connait. Il les a déjà vu des centaines de fois.
Ces visages ce sont ceux d'amis, de proches, de connaissances. Il y a Fred là-bas, riant avec Tonks et Remus ; Rogue qui grommelle dans son coin, un livre de potions à la main ; il y Dumbledore, il y a Lily et James, Sirius, Lavande Brown ; Cedric Diggory ; cet ancien élève de Serdaigle ; et cette fille qui avait prêté à Harry son livre de Métamorphose, une fois.
Ils sont là, ils sont tous là. Tous ces gens qui sont morts durant une des deux guerres. Ils sont là, innombrables sur ce quai infini, si réels, si vivants qu'Harry a soudain envie de tous les serrer dans ses bras et de rire et de pleurer avec eux.
- Maman, Papa... Dit une voix qu'il sait être la sienne même s'il ne la reconnait pas.
Ses parents se retournent et lui sourient, comme ils lui ont souri ce jour là lorsqu'il avançait vers la mort, une pierre au mystérieux pouvoir dans la main.
Il s'apprête à les rejoindre, à se fondre dans leurs bras lorsque soudain tout bascule. Des avada kadavras jaillissent de nulle-part, traits lumineux, mortels, qui frappent tout et tout le monde.
Il n'y a aucun cri. Juste des corps au sol, morts.
Et le quai baigne du sang de tous ces gens qui étaient encore vivants quelques secondes plus tôt.
Harry crie dans cette gare jonchée de cadavres. Il crie et crie et crie, mais aucun son ne sort de sa bouche.
Je veux que ça s'arrête ! Je veux que tout ça s'arrête ! Il crie en vain dans sa tête à défaut de pouvoir le dire de vive voix.
Tout se brouille et s'efface. A présent il n'y a plus rien autour d'Harry : plus de corps, ni de rails, même la vieille horloge a disparu. Il ne reste plus qu'une longue route infinie d'une couleur éblouissante.
Et puis soudain, il y a cette silhouette floue, tout au bout du chemin. Cette silhouette, toujours la même, est présente dans chacun de ses rêves depuis la fin de la guerre. Cette silhouette, cette personne, Harry sait que c'est pour elle qu'il est là. Il sait qu'il faut qu'il la trouve, qu'il l'atteigne, qu'il voit son visage, au moins.
Mais elle s'éloigne déjà, alors Harry court derrière elle pour la rattraper. La silhouette commence lentement à se retourner.
Et au moment où Harry s'apprête à voir son visage, au moment où il s'apprête à voir qui elle est, ilse réveille, comme à chaque fois, tremblant de rage et de douleur.
Quand Harry descend prendre son petit déjeuner dans le Grand Hall ce matin là, Ron et Hermione sont déjà là.
Hermione le salue brièvement puis retourne à la lecture de son livre.
A cette heure-ci la quasi-totalité des élèves sont rassemblés dans le Grand Hall.
La pièce est bruyante à cette heure-ci : presque tous les élèves sont là, discutant, criant parfois, entrechoquant les plats les uns contre les autres. Cette cacophonie sonnerait presque normale, réconfortante aux oreilles d'Harry s'il n'avait pas eu un affreux mal de crâne du à sa nuit mouvementée.
Il observe un instant la table recouverte de plats et se sert rapidement des tranches de bacon et des toasts avant de bailler bruyamment. Il serait définitivement bien resté au chaud dans son lit si cela n'avait pas impliqué faire face à la colère d'Hermione Granger, mondialement connue comme étant la bourreau du travail et de la ponctualité.
- Alors Harry, commence-t-elle et Harry ferme les yeux en anticipation, tu n'étais pas en cours d'Histoire de la Magie hier.
- Oui. Et tu sais très bien pourquoi Hermione.
Hermione pose son livre entre l'assiette d'œufs brouillés et celle de muffins et concentre son regard sur son ami.
- Moi oui je le sais. Et je comprends. Mais l'examinateur aux ASPICS pourrait ne pas être aussi compréhensif.
Harry se frotte les tempes, tentant en vain de faire disparaître son mal de tête. Il soupire quand celui-ci ne part pas et se verse maladroitement une tasse de café.
- Ne t'en fais pas Harry, je te passerais mes notes, dit Ron la bouche pleine d'œufs brouillés.
- Merci Ron.
Hermione jette un regard à son petit-ami puis à Harry.
- Ne sois pas stupide Ronald, la seule chose que tu aies prise en note c'est la blague de Seamus sur un troll qui rentre dans un bar.
- Elle était marrante. Je te la raconterais Harry. Toi au moins tu as de l'humour.
Hermione lève les yeux au ciel.
- Bref. Inutile que tu prennes les notes de Ron, je te donnerais les miennes. Au moins comme ça peut-être que tu auras une réelle chance d'avoir un Acceptable en Histoire de la Magie.
Ron grogne à côté d'Hermione, montrant son mécontentement en postillonnant des particules d'œufs sur la table.
De l'autre côté du Grand Hall, un garçon blond aux yeux fatigués déchire avec impatience une enveloppe verte et argent, manquant de renverser son verre de jus de citrouille sur sa chemise dans sa précipitation. Il reconnait le sceau sur le derrière de la lettre, il sait que c'est sa mère qui lui écrit.
Il sort la lettre de son enveloppe et la déplie lentement.
Mon cher Draco,
Sans toi, la maison est grande et peuplée de fantômes. J'en ai aperçu un hier, qui jouait du piano dans la Salle de musique. Celui qui hante la cuisine me fait peur. Il ne cesse de brandir un couteau et de vouloir me couper la tête. Il dit que je dois payer pour les crimes que j'ai commis.
J'ai hâte que tu rentres à la maison pour les vacances mon fils. Il faudra que tu règles le problème du salon : les murs ne cessent de saigner. Le sang a tâché le canapé en velours vert que ton père avait ramené de France ainsi que le magnifique lustre en argent. Etrangement aucun sort ne parvient à faire partir le sang.
Sais-tu lorsque ton père rentrera de France ? Je lui ai envoyé un hibou pour l'avertir de ne pas traîner et si possible de racheter un nouveau fauteuil mais il ne m'a pas répondu.
N'oublie pas de pratiquer ton latin et ton grec, je sais que Poudlard ne vous les enseigne pas, mais maîtriser ces langues est indispensable.
Tu me manques mon chéri, à bientôt,
Ta mère qui t'aime, Narcissa.
Après avoir fini de lire Draco place avec précaution la lettre dans sa poche. Il a honte d'être revenu à Poudlard, même si c'était le souhait de sa mère. Il a honte d'avoir laissé sa mère seule dans ce manoir qui est si effrayant quand il est vide.
L'état de Narcissa déjà instable à la fin de la guerre s'est considérablement dégradé depuis que Draco est retourné à Poudlard, en septembre. La folie s'empare parfois d'elle pendant des jours entiers, la laissant épuisée et exsangue. Il n'y a plus personne au Manoir pour s'occuper d'elle mis à part quelques Elfes-de-maison qui n'ont pas les connaissances et le pouvoir nécessaire pour soigner Narcissa.
Draco sait qu'il devra bientôt contacter Sainte-Mangouste même si sa mère s'y oppose formellement. Il n'aura bientôt plus choix.
Draco soupire et se lève, laissant son petit-déjeuner intact dans son assiette : il ne mangera pas ce matin non plus.
