Oups... Je n'ai pas posté la semaine dernière et j'en suis désolée. J'ai passé mon bac de latin vendredi et les révisions m'ont malheureusement pris presque tout mon temps. Breeeef voici enfin le chapitre !
Brigitte26 : L'achat de lunettes serait effectivement une bonne idée ! En fait merci beaucoup pour tous les commentaires que tu laisses à chaque chapitre, c'est gentil et ça me fait vraiment plaisir :)
adenoide : Oui c'est vrai que le milieu dans lequel on nait est hyper important et c'est sûr que nombre d'entre eux auraient réagi de la même manière que Draco à sa place. Mais bon je suppose qu'il existera toujours des imbéciles pour ne pas comprendre ça...
Chapitre 7 - Les Malfoy ne pleurent pas
draco,
on m'a volé ma baguette je ne sais pas comment je ne sais pas qui mais je sais que quelqu'un l'a fait
le pire c'est que la personne en question l'a remplacé par une fausse je sais qu'elle est fausse parce qu'elle est plus légère
ou plus lourde je ne sais plus
je pense que c'est cet elfe de maison qui a fait ça. Tu sais celui à la peau bizarre avec les oreilles qui tombent. Je ne l'ai jamais aimé je sais que c'est lui
Je suis fatiguée mon fils je ne sais même plus comment je trouve la force de me lever le matin
Il fait froid il fait toujours froid et aucun feu ne peut me réchauffer
Reviens vite
Maman
Draco se lève brusquement du banc des Serpentards, froissant la lettre dans sa main tremblante. Il quitte le Grand Hall en fixant le sol. Il ne veut pas qu'on voit les larmes qui brouillent ses yeux. Il ne veut pas qu'on voit que oui, lui aussi est capable d'avoir des sentiments.
Il sait qu'il doit faire quelque chose. Il ne peut pas la laisser comme cela. Il ne peut pas laisser sa mère mourir tout doucement comme l'une de ces plantes en manque de soleil qui s'étiole tout doucement sur le rebord de la fenêtre de la Salle Commune.
Il se dirige vers la Tour d'Astronomie sans même sans rendre compte. Ses jambes le guident toutes seules puisque son esprit est loin, bien loin d'ici, auprès de sa mère qui n'a jamais aussi eu besoin de lui.
La salle d'Astronomie est vide quand il arrive. Vide et calme. C'est un sentiment étrange pour Draco qui était devenu habitué à la présence presque rassurante de Harry.
Il s'assois sur le sol dur.
Il ne sait pas quoi répondre à sa mère. Que doit-on écrire à quelqu'un qui perd la raison ?
Il n'arrive pas à croire que sa mère est en train de sombrer dans la folie. Comme est-ce possible que cette femme aux cheveux jadis si bien peignés, si lisses et aux vêtements bien repassés se soit transformée si vite en une ombre errant sans fin dans les salles infinies du manoir ? Ou est-elle passée toute cette droiture qui était la sienne ? Et ces yeux gris qui semblaient si intelligents, si observateurs ? Ou est-elle à présent la maîtresse de maison qui connaissait impeccablement tous les noms des oiseaux et des plantes ?
Partie partie. Elle est partie.
Pas partie comme partent ceux qui meurent. Non. Cela sont les heureux, les chanceux délivrés de toute souffrance, de toute maladie. Elle est partie comme le font ceux au cœur brisé, au deuil trop profond qui ne font que tomber et tomber dans un trou sans fin.
Draco fixe le vide quand Harry arrive brusquement.
- Salut, dit-il en s'asseyant. Il observe pendant une minute Draco qui ne répond pas puis reprend la parole :
- T'es sûr que tout va bien ? Tu n'as pas mangé ce matin.
Draco roule des yeux et détourne la tête.
- Laisse-moi Potter.
Harry cligne des yeux. Il sait que quelque chose ne va pas. Il connait maintenant assez Draco pour savoir que ces yeux fuyants cachent quelque chose.
- Sérieusement ? Je croyais qu'on a avait fini avec les Potter ?
Draco ricane.
- Pfff. T'as pas compris ? On n'en a pas fini avec ça. On n'en aura jamais fini.
Sa voix tremble à la fin de sa phrase et Harry comprend qu'il ne parle pas que de l'utilisation du nom. Il parle de la guerre peut-être, ou de ce mal qui le ronge, des souvenirs qui ne veulent pas mourir, des amis qui – eux – sont bels et bien morts ou de son père qui est à Askaban. Il y a tellement de choses qui ne vont pas dans sa vie, tellement de raisons pour verser des larmes. Alors Harry ne parle pas, parce qu'il ne veut pas trébucher sur les mots cette fois-ci. Et surtout parce qu'il sait que les mots ne ramèneront jamais ce qui est perdu.
Les joues de Draco brillent et Harry comprend que ce n'est pas simple un effet de lumière. Il se souvient de ce jour, dans les toilettes, lorsqu'il a surpris Draco en train de pleurer et il fait aujourd'hui ce qu'il aurait dû faire ce jour là : il le prend dans ses bras.
Harry sait que le geste est maladroit. Les muscles de Draco sont tendus, ses bras pendent misérablement le long de son corps alors que ceux de Harry entourent son dos. Mais le blond ne se dégage pas de l'étreinte et Harry sent chaque vague de sanglots qui vibrent dans la poitrine de Draco et résonnent dans leur deux corps.
Des mots s'échappent des lèvres de Draco, des mots embrouillés, sans aucun sens. Des mots qui évoquent un manoir vide et une lettre froissée et d'autres mots encore que Harry ne comprend pas.
Un Malfoy ne pleure pas.
Son père le lui a mainte fois répété, et cela avant même qu'il ne sache différencier un simple aguamenti du terrible Doloris. Il se souvient d'un jour alors que la famille Malfoy s'était rendue à un diner d'extérieur. Il se souvient d'avoir couru vers les assiettes de canapés, heureux à la vue de toute cette nourriture. Et puis soudain il était par terre et les larmes obscurcissaient ses yeux d'enfants. Il se souvient de cette immense silhouette blonde avec son regard froid qui se penchait vers le petit garçon en larmes qu'il était. Son genou était rouge de sang et ses mains incrustées de minuscules cailloux. « Un Malfoy ne pleure pas, avait dit Lucius de sa voix assuré. Un Malfoy ne pleure pas et lorsqu'il tombe il se relève aussitôt. » Et le regard que lui avait lancé son père ce jour-là, ce regard de pure déception était encore marqué dans la mémoire de Draco.
Alors la logique voudrait que Draco se dégage des bras de Harry, qu'il sèche ses larmes et redresse sa tête. Mais la logique a depuis bien longtemps disparu de la vie de Draco : après tout la personne avec laquelle il parle le plus désormais est son ancien ennemi et lui qui était auparavant le prince des Serpentards en est aujourd'hui le renégat.
Et puis il aime la sensation d'être serrer dans les bras de quelqu'un qui n'est pas sa mère. Et qu'importe qu'il soit Harry Potter ou la reine d'Angleterre ! Cette étreinte est trop réconfortante pour qu'il décide lui-même de s'en détacher. D'autant plus qu'il aime l'odeur qui se détache de la peau du brun ainsi que les frissons qui parcourent sa peau quand les cheveux de Harry viennent caresser sa joue.
Plus tard, Draco essayera de se convaincre que c'est sa stupide angoisse de perdre sa mère qui a conduit Draco à tout raconter à Harry. Plus tard il se persuadera que se sont ses larmes qui l'ont incliné à conter cette histoire de folie et de murs qui saignent. Mais il n'oubliera jamais que c'est en réalité l'odeur hypnotisante du brun et la chaleur de sa peau contre la sienne qui l'a poussé à se confier.
- Tu penses que je devrais contacter Sainte Mangouste ? Demande Draco alors que ses larmes sont séchées depuis un bon moment déjà et qu'ils sont allongés côte à côte sur le sol froid de la Tour d'Astronomie.
- Je ne sais pas, réponds Harry en fixant le plafond de verre. Elle t'a dit qu'elle ne voulait pas aller à Sainte Mangouste mais son état à l'air assez grave. Il est clair qu'il faut faire quelque chose : elle ne peut pas rester ainsi dans ce manoir vide de présence humaine. Mais c'est à toi et à toi seul de faire de décider si elle doit aller à Sainte-Mangouste ou non.
Draco soupire et pense un moment à ce que Harry vient de dire. Il regarde le Gryffondor puis murmure :
- J'enverrai un hibou à Sainte Mangouste ce soir.
