Hello !

Nouveau chapitre ! Dans ce chapitre on se concentre beaucoup sur la mère de Draco (voyez ça comme un cadeau pour la fête des mères). :)

Brigitte26 : Coucou ! Honnêtement je ne pense pas que ce soit vraiment le travail de Poppy de faire ça : elle a déjà bien assez de soucis avec les élèves de Poudlard. D'autant plus que l'état de Narcissa demande trop de surveillance pour une seule personne. Bref, j'espère que tu aimeras quand même ce chapitre, bisous !


Chapitre 8 - Scared of losing you


Cher Monsieur Malfoy,

Merci de nous avoir informés du présent état de votre mère. Nous enverrons deux Guérisseurs demain matin en vue d'emmener Mme Malfoy à Sainte-Mangouste.

Vous serez tenu au courant de son état et de toute évolution.

Vous êtes bien sûr autorisé à lui rendre visite dès que vous le souhaitez.

Nos sentiments les plus distingués,

L'équipe de Sainte-Mangouste

Harry repose doucement la lettre sur les genoux de Draco. Pour une fois ils ne se sont pas retrouvés au sommet de la Tour d'Astronomie mais sont tous les deux assis en tailleur sous le passage couvert qui mène vers l'aile Est du château. Le cœur d'Harry bondit dans sa poitrine à chaque fois qu'un adolescent passe à côté et leur jette un regard. Il se demande ce qu'ils vont penser et surtout ce qu'ils vont dire après, dans leurs salles communes, dans les sombres couloirs ou bien encore en classe, au moyen d'un petit mot gribouillé pour le voisin.

Puis il secoue la tête et se reconcentre sur le blond assis à côté de lui.

- Tu vois ça va aller. Tu vas pouvoir la voir quand tu veux. Il suffira de prévenir Dumbledore.

Draco sourit faiblement :

- Je ne suis même pas sûre que je veuille vraiment la voir.

Les yeux d'Harry brillent d'incompréhension derrières ses lunettes rondes lorsqu'il demande d'une voix douce :

- Pourquoi ?

- Je ne sais pas... J'ai juste peur qu'elle soit... différente. Qu'elle ne me reconnaisse pas ou quelque chose comme ça. Qu'elle ne soit plus réellement ma mère...

Harry fixe le vide, obnubilé par la pluie qui tombe à quelques mètres d'eux.

- Si être orphelin m'a appris une chose c'est que notre mère sera toujours notre mère. Quoi qu'il arrive. Malade ou morte : peu importe, il te reste toujours la certitude qu'elle t'aime plus que tout au monde.

Draco regarde Harry d'un regard sceptique.

- Tu ne me crois pas ? Pense à tout ce que vous avez partagé elle et toi. Tous les instants où elle t'a souri, tous les moments où elle a essuyé tes larmes. N'oublie pas qu'elle a trahi Voldemort pour toi. Pour toi. Et ça si ce n'est pas la plus grande marque d'amour que l'on peut offrir à quelqu'un, je ne c'est pas ce que c'est.


Draco n'aime pas Sainte-Mangouste.

C'est la première pensée qui s'impose à lui lorsqu'il arrive dans la salle d'attente. Il n'aime pas les murs blancs et la lumière éblouissante des lanternes qui flottent au plafond, rendant plus blafard encore le teint des malades qui marchent lentement dans le couloir.

Le jeune Malfoy ne s'était jamais rendu à l'hôpital auparavant : la plupart des sorcières accouchant chez elles avec l'aide d'une Médicomage Draco est né au Manoir et toutes les blessures qu'il a eu, c'est à Poudlard qu'on les a soigné ou bien avec un simple Epiksley la fois où il s'est cassé le bras au Manoir.

Donc non, pour Draco c'est réellement la première fois qu'il se rend à Sainte-Mangouste. Et s'il a entendu dire que les hôpitaux moldus étaient pires encore, le lieu lui déplait fortement. Il regrette à présent d'avoir forcé sa mère d'y venir. Peut-être qu'elle aurait été mieux chez elle finalement, entourée des meubles et objets qu'elle connait si bien.

- Monsieur Malfoy, appele une voix.

Draco leve brusquement la tête pour regarder son interlocuteur : un homme assez jeune, la trentaine peut-être avec un sourire professionnel et un dossier sous le bras.

- Monsieur Malfoy, répète-t-il. Je vais vous guider vers la chambre de votre mère si vous le souhaitez bien.

Draco hoche la tête et suivit le Médicomage à travers un labyrinthe de couloirs. A chaque pas, la boule dans son ventre gonfle, rendant sa démarche plus difficile. Même le simple fait de respirer semble soudain très compliqué pour lui.

Il observe la multitude de portes autour de lui et se demande avec angoisse laquelle emprisonne sa mère. Enfin le Médicomage s'arrête devant une porte bleue et se tourne vers Draco.

- Avant de rentrer sachez que votre mère ne peut en ce moment certainement pas vous comprendre. Elle est trop faible pour cela.

L'air quitte brusquement les poumons de Draco et il se rattrape rapidement au mur pour éviter de tomber.

- Ne vous inquiétez pas, ceci est tout à fait normal, ajoute précipitamment l'homme en voyant l'anxiété de Draco. Son état étant très instable pour le moment nous lui avons jeté un sort pour la calmer. C'est juste une mesure préventive qui sera levée aussitôt que nous avons identifié son mal.

La voix de Draco tremble un peu lorsqu'il demande :

- Mais... n'existe-t-il pas un sort simple qui permette de faire disparaître sa... folie ?

Le Médicomage jette un regard désolé au jeune homme.

- J'ai peur que ceci ne soit pas encore en notre pouvoir. Si la magie est très efficace pour soigner les blessures physiques je crains qu'elle ne le soit très peu pour seules plus cachées de l'esprit.

Draco hoche tristement la tête et serre les poings lorsque le Médicomage ouvre tout doucement la porte de la chambre.


Ce n'est pas la petitesse de la chambre qui frappe le plus Draco, ni même le fait qu'il y a trois autres femmes dans cette chambre. Non. Ce qui frappe en premier Draco c'est la triste forme étendue sur le lit près de la fenêtre. L'adolescent s'approche tout doucement recroquevillée sous les draps blancs. Ses cheveux tombent partout : dans le creux de son cou, sur son visage et s'étalent sur l'oreiller.

Il a du mal à la reconnaître sans ses coiffures compliquées et ses lourdes robes aristocratiques.

- Mère... Chuchote-t-il de peur de paniquer son visage apaisé s'il parle trop fort. Maman c'est moi, Draco.

Ses yeux s'entrouvrent lentement et se pose sur son fils.

- Draco...

Draco s'assoit sur la chaise à côté d'elle et pose sa main sur la sienne.

- Je suis désolée de t'avoir obligé de venir là, maman. Je... Je ne savais juste pas quoi faire. Tes lettres... elles m'ont fait peur maman, elles m'ont vraiment fait peur. J'avais peur qu'il t'arrive quelque chose là-bas au Manoir.

Les mots franchissent les lèvres de Draco sans même qu'il sache réellement ce qu'il raconte. Il ne parle que pour faire taire cette peur en lui, pour faire comme si tout allait bien, comme si sa mère n'était pas là dans ce lit d'hôpital, comme si elle n'était pas malade.

Alors Draco parle de Poudlard qui est étrange maintenant sans Pansy, Vincent et Gregory. Il parle des cours qui n'en finissent pas et qui lui semblent bien trop faciles pour son niveau – et oui il fait son latin comme elle lui avait demandé. Et il parle de ce nouvel ami qu'il s'est fait il y a peu, sans évoquer son nom – jamais.

Il parle sans même savoir si elle comprend qui il est et pourquoi il est là. Il parle justement pour ne pas savoir. Parce qu'il ne veut pas savoir.

Draco sait que ce n'est qu'une mauvaise phase, qu'un jour – dans pas longtemps – elle se réveillera de cette crise de folie, se lèvera de ce lit blanc et peignera ses longs cheveux. Et ce jour-là, elle sera de nouveau la femme, la mère qu'il a toujours connu. Et peut-être qu'après cela elle sombrera de nouveau englouti par toute cette peine, cette souffrance qui ne fait que les frapper – eux les Malfoy. Mais aujourd'hui, Draco essaye juste de s'accrocher à cet espoir de la voir – au moins une seconde – comme elle a toujours été.

Il serre la main de Narcissa et il a l'impression de serrer la main d'une petite fille. Sa mère sourit doucement et chuchote une série de mots que Draco ne comprend pas.

C'est à cause du sort médical qu'ils lui ont jeté, tente de se rassurer Draco, autrement elle ne serait pas comme cela.

Il reste côte à côte pendant presque une heure, jusqu'à ce qu'une Médicomage s'approche d'eux et interrompe cette étrange réunion de famille.

- Excusez-moi Monsieur Malfoy mais c'est l'heure des soins de votre mère. Je crains que vous ne puissiez rester.

Draco hoche la tête, regarde une dernière fois le visage épuisé de sa mère et quitte la pièce.

La boule dans son ventre s'est un peu apaisée.