Hello a tous ! Me voici avec une fanfic bien nostalgique... En effet, Code Lyoko vient de débarquer sur Netflix, alors vous pensez bien que je n'ai pas pu m'en empêcher ! J'espère que cela va vous plaire :)


Chapitre 1 : La vie est un long fleuve tranquille

- Oh, tu sais, ça ne va pas fort…

Aelita avait les yeux rivés sur sa tasse de thé. Elle n'avait même plus envie de la boire, et elle la regardait simplement fumer. C'était pour ainsi dire le cadet de ses soucis, ce thé, et elle avait même choisi le parfum au hasard dans la boîte. Elle d'ordinaire gourmande, elle n'avait même pas tenu à piocher dans les gâteaux que Yumi avait mis sur la table. Cette dernière la regardait d'ailleurs avec un sourcil haussé.

- Ce n'est pas pour le thé ou l'appartement que tu es venue, n'est ce pas ?finit par demander la japonaise.

- En effet, soupire Aelita.

Elle passa une main dans ses cheveux roses, et releva enfin les yeux vers son amie. Yumi était devenue une très belle jeune femme. Avec la vingtaine, son visage et son corps entier avaient mûri. Elle portait toujours des vêtements sombres, bien entendu, mais avec beaucoup plus de goût. Le nouvel appartement qu'elle partageait avec Ulric était superbement aménagé, et même les gâteaux fait maison étaient délicieux. Aelita en vint à se demander ce qu'elle avait bien pu louper dans la vie pour être si loin de cette finalité. Elle vivait dans un deux pièces en banlieue parisienne, et n'avait pour seule occupation qu'un ordinateur et un compagnon absent quand il n'était pas rivé devant.

- Ma vie se résume à manger, travailler, et dormir, murmura finalement Aelita. Les transports en commun sont même une plus grande distraction que mon appartement.

- Mais, et Jérémy ?demanda Yumi, surprise.

Aelita pinça les lèvres. Jérémy. Ils avaient toujours été destinés l'un à l'autre depuis leur adolescence. Leur couple était une évidence, et il était de ceux que l'on pouvait dire incassable. Il avait été. Et à présent, Aelita n'en était plus très sûre. C'était la raison pour laquelle elle avait aujourd'hui choisi de faire une heure de train pour se rendre chez Yumi, plutôt que de passer ce dimanche pluvieux avec son compagnon de longue date. Un compagnon qui avait une fois de plus dû se plonger dans la programmation sans même réaliser qu'Aelita était partie. Le problème était bien là. Ils ne se voyaient plus. Il ne la voyait plus.

- Je vais quitter Jérémy.

Yumi recracha sa gorgée de thé.

- Quoi ?!s'exclama-t-elle.

- Je sais que l'on nous pensait incassables, reprit Aelita. Mais la réalité est bien plus morne. Il ne me voit plus, et pour tout avouer, ça ne me fait ni chaud ni froid. La seule chose qui me déprime est d'être dans cet appartement sans pouvoir y être seule. Pour tout te dire, le weekend dernier, je suis même aller passer plusieurs heures dans une boutique de décoration pour m'échapper. Et en vain, puisque Jérémy n'aime pas la déco ! On ne fait même plus l'amour… Je ne sais pas à quand remonte notre dernière relation intime. Je n'ai plus envie de ça.

Yumi l'écoutait avec attention. Elle non plus n'avait pas touché aux gâteaux. Elle devait bien sûr s'attendre à ce que son amie arrive avec son éternel sourire radieux pour visiter son nouveau logement et boulotter ses biscuits jusqu'à ce que mort s'en suive. Au lieu de cela, elle regardait Aelita se morfondre d'une vie qu'à présent elle détestait.

- Je vois, souffla doucement Yumi. C'est vrai que tu n'as pas l'air bien.

Aelita regarda l'heure. Puis elle se leva précipitamment.

- Yumi, je ne vais pas te déranger plus longtemps, dit-elle, nerveuse. Mon train part bientôt, et tu n'as pas besoin d'entendre ça.

- Mais…

Aelita la coupa d'un petit geste de la main alors qu'elle remettait ses chaussures.

- Ulric va bientôt rentrer de la fac, reprit la jeune femme. Je ne veux pas lui ruiner le moral.

Yumi fit quelques pas vers elle, mais Aelita avait déjà ouvert la porte. Elle regarda une dernière fois son amie et l'intérieur design de son logement.

- Au fait, lança-t-elle. Cet appartement est super.

Puis elle claqua la porte derrière elle. Mieux valait qu'elle parte, même si la pluie tombait dehors. Elle avait senti les larmes monter, et ne souhaitait en aucun cas s'effondrer face à Yumi. Cette dernière vivait sa plus belle vie, et elle n'avait aucunement besoin qu'Aelita la préoccupe. Aelita s'était toujours sentie très gênée et redevable envers Yumi et ses autres amis, notamment parce qu'elle était restée très longtemps sans pouvoir se défendre seule. À présent elle devait changer la donne. Et pour cela, elle devait changer sa vie.

Elle se dirigea vers la gare, et s'installa sur un banc une fois sur le quai. Elle regarda son billet. De l'eau avait coulé dessus, et un peu d'encre avait bavé. Aelita se pinça l'arrête du nez. Qu'allait-elle bien pouvoir faire en rentrant ? Saluer Jérémy, faire sa valise. Elle réalisa qu'elle ne voulait pas passer une seule nuit de plus dans l'appartement qu'elle partageait avec lui. Elle ne voulait que prendre ses vêtements, son ordinateur et son maquillage, tout fourrer dans une valise, et prendre un billet sans retour pour une nouvelle destination. Malheureusement, elle ignorait laquelle.

Quelques larmes roulèrent le long de ses joues. Elle avait vingt-deux ans. Elle avait déjà un boulot qui lui convenait, elle avait fini ses études très en avance. Elle était douée dans tellement de domaine qu'elle peinait à croire au sentiment de vide qui l'envahissait. Le soucis était bien là. Elle avait toujours tout fait comme c'était écrit. Elle avait sauté des classes, eut ses diplômes en informatique, gagné avec brillo plusieurs concours, rédigé des articles pour de grandes revues. Elle était installée avec son amour de jeunesse. Il n'y avait aucun raté dans sa vie. Et c'était bien le problème. Elle avait la nostalgie de l'incertitude.

Aelita redressa la tête. Le train arrivait. Elle remonta le col de sa veste. Elle avait froid. Noël approchait. D'ordinaire, elle adorait Noël. Mais cette année, elle était bien trop morose pour s'extasier des décorations. Lentement, elle monta dans son wagon, et s'assit à sa place lorsqu'elle la trouva. Elle ne prêta pas la moindre attention à son voisin de place, et s'écroula sans la moindre féminité. Elle retira son lourd manteau, et posa une main sur son front.

- Mal au crâne ?

Aelita fronça les sourcils. Puis elle se tourna vers son voisin. Et écarquilla les yeux. Elle connaissait ce regard très sombre et cette peau pâle. Elle n'eut aucun mal à se souvenir de cette tignasse noire chaotique et broussailleuse. Elle sut parfaitement qui était cet homme dès l'instant où elle le regarda.

- William ?!s'exclama-t-elle.

- Bonjour Aelita, lui répondit le jeune homme sans même relever les yeux de son livre.

Aelita peinait à croire ce qu'elle voyait. Elle n'avait pas vu William depuis très longtemps, et se sentit immédiatement honteuse. Aucun des anciens Lyoko guerrier n'avait pris la peine de le voir. Les seuls contacts qu'ils avaient avec lui étaient un appel annuel pour son anniversaire. Aelita se sentit à présent coupable. William avait été un garçon malmené. Il avait eu bien des douleurs, et plus jamais la bande d'amis ne lui avait fait confiance. Pourquoi ? Ce n'était même pas de sa faute. Il avait été piégé, et Aelita et les autres lui avaient simplement tourné le dos, alors qu'ils se prétendaient amis avec lui. Et pire encore, elle réalisa une chose. Cette année, elle avait oublié son anniversaire.

- Tu ne m'as pas appelé, finit par dire William, semblant lire dans les pensées d'Aelita.

- Je suis vraiment désolée, murmura la jeune femme en baissant les yeux.

William lui fit un sourire qu'Aelita ne comprit pas.

- Je devrais normalement mettre mes écouteurs et tirer une croix définitive sur toi, lâcha-t-il. Mais curieusement, je n'en ai pas envie.

- Pourquoi ?demanda Aelita d'une petite voix.

William lâcha un petit rire amer.

- Vous m'avez trahi et condamné pour une faute qui n'est pas la mienne, expliqua doucement William en la regardant. Et pourtant, je vous aime. Vous êtes un beau souvenir. Enfin, jusqu'à l'incident.

Aelita ne dit rien. Elle ne savait pas quoi répondre. William disait vrai. Ils l'avaient tous abandonné lors de sa sombre période sur Lyoko. Son lui virtuel l'avait emporté sur son lui réel, et Aelita et les autres n'avaient depuis cessé de le traiter comme un intrus.

- Tu n'as pas l'air bien.

Aelita releva des petits yeux vers William. Elle réalisa qu'elle devait avoir les yeux gonflés à cause de ses pleurs.

- Je suis simplement désolée, répondit-elle.

- Je me répète, répliqua William. Tu n'as pas l'air bien. Que se passe-t-il dans ta vie pour que tu ai oublié mon anniversaire ?

Aelita se tut un instant. Elle n'était pas proche de William, mais pourtant, elle eut envie de tout lui raconter. Le désastre de son couple, de sa vie. Absolument tout.

- Je t'assure que je n'ai aucun ami à qui parler de tes problèmes, reprit William. Alors si tu veux vider ton sac, c'est le moment. Le bureau des pleurs est ouvert.

- Je vais quitter Jérémy, j'ai peur de rentrer chez moi, je dois trouver un nouvel appartement et j'en viens même à détester tous mes vêtements, déballa alors Aelita. Je n'ai jamais rien connu d'autre que Jérémy, mon ordinateur, et mon deux pièces. Ça devient si pesant que j'en perds le goût de vivre.

William la regarda avec attention. Aelita pu lire dans son regard une véritable compassion. Pourtant la jeune femme n'en méritait aucune de sa part. Mais il était là, à la regarder, à l'écouter, sans jamais lui couper la parole.

- Je ne pense pas que tu le mérites, et tu vas trouvé ça complètement dingue, mais j'ai un très bon canapé, finit par dire William en posant ses mains sur sa nuque.

Il s'étira, alors qu'Aelita ouvrait de grands. C'était en effet une chose complètement folle. Elle avait oublié William, n'avait pas été seule dans un appartement avec un autre homme que Jérémy, et son voisin de place ne lui devait rien.

- Pourquoi ferais tu ça ?demanda Aelita.

- Je ne le ferai qu'à une condition, répondit William.

Aelita haussa un sourcil. Elle savait qu'à l'époque du lycée William était un adolescent sans aucune mesure. Qu'en était il de maintenant ? Qu'allait-il bien pouvoir lui demande ?

- Prends un verre avec moi en arrivant, acheva William avec un petit sourire. Tu pourras alors tout me raconter sur ce petit con de Belpois.

Aelita ne put retenir un rire. Un verre avec William. Une bien drôle d'idée. Encore plus drôle que celle de tout lui raconter. Mais un petit sourire qu'Aelita ne se connaissait pas naquit sur ses lèvres. Curieusement, elle était tenté. Alors elle se tourna vers William.

- Juste un café, dit-elle. Et …

Aelita inspira profondément.

- Juste un canapé, reprit-elle d'une voix qu'elle voulait assurée.

William sourit. Aelita se tourna vers la vitre. Le paysage d'hiver était beau. Elle allait bientôt arriver. Un canapé l'attendait. Le canapé de William, un ami devenu presque un inconnu. Mais un ami malgré tout.