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Chapitre 5 : Dancing Queen

- Je crois que les murs ne sont pas droits …

- C'est parce que tu as trop bu…

Aelita ricana d'un air totalement soul. Elle eut bien du mal à suivre William jusque dans l'appartement. Elle n'avait plus du tout les idées claires, et elle tomba en cherchant à enlever ses chaussures.

- C'est la faute de leurs cocktails, finit-elle par dire en se laissant tomber dans le canapé sans la moindre grâce. Ils étaient tellement bons …

Un sourire béat naquit sur les lèvres de la jeune femme. Elle bascula la tête en arrière, et ferma les yeux. Elle songea à la soirée qu'elle venait de passer. C'était sans aucun doute la meilleure de sa vie. Elle avait dîner au bord de la Seine, puis avait dansé dans un nightclub comme jamais elle ne l'avait fait. Elle se revoyait avec William sur la piste de danse. Il l'avait faite tourner et tourner encore, jusqu'à ce qu'Aelita perde pied. Elle avait manqué de tomber un nombre incalculable de fois, et il l'avait rattrapée en la faisant danser toujours plus. Jamais Aelita n'avait dansé, et encore moins dans un nightclub. Elle avait pour seul souvenir de danse les fêtes du lycée. Et encore, elle restait sur une chaise avec un Jérémy totalement absent de la soirée.

- Allez allez, finit par dire William en sortant deux verres à pied d'un placard.

- Quoi, je dois encore boire ?marmonna Aelita avec difficulté.

William hocha gravement la tête. Il tira de sous son évier une belle bouteille de vin blanc.

- Sache que celle ci, je la gardais pour une grande occasion, dit William avec un grand sourire, brandissant fièrement la bouteille.

- Alors pourquoi tu l'ouvres maintenant ?demanda Aelita.

William revint dans le salon, et commença à ouvrir la bouteille. Aelita le regarda faire avec la fascination d'une personne sous l'emprise totale de l'alcool.

- Tu viens de passer ta première soirée de femme, déclara William en servant Aelita. Ça mérite une petite cérémonie.

Aelita sourit grandement, et attrapa son verre. Elle le tapa contre celui de William, et trempa ses lèvres dans le vin. Elle eut une agréable surprise. Il était délicieux, doux et fruité.

- Alors, dis moi, dit doucement William. Ça fait quoi d'être une fille ?

- Pour être une fille digne de ce nom il me faudrait un string qui me coupe les fesses jusqu'au nombril, rit Aelita.

William haussa les sourcils, et avala un peu de vin.

- Aelita, ce langage ne vous va pas du tout, rit-il.

- Arrête, répliqua Aelita. Il faut que je change tout. Il faut que j'arrête de parler comme une gamine de douze ans. Je suis une femme. Et cette nuit j'ai...j'ai vraiment eut l'impression d'en être une.

William sourit avec une sincérité non feinte.

- Bon, alors j'ajoute le string à la liste des courses, lâcha-t-il. Et ne me dit surtout pas que c'est cet idiot de Jérémy qui va en profiter.

Aelita hocha négativement la tête.

- Il n'est plus question que Jérémy me voit nue, le rassura Aelita. En fait, il n'est plus question que je me mette nue devant quelqu'un pour l'instant. Je dois d'abord me recentrer.

- Alors à quoi serre le string ?s'étonna William.

Aelita leva les yeux au ciel. Elle but encore un peu de son verre. Elle avait la tête qui tourne. L'alcool, la danse, elle avait abusé d'un peu tout ce soir là. Et elle se retrouvait à boire un bon vin au milieu de la nuit dans l'appartement de William. Il y a quelques semaines encore elle aurait craint plus que tout cette situation. Mais aujourd'hui, elle réalisait qu'elle en avait plus que tout besoin.

- Je ne sais vraiment pas ce que dirait Yumi si elle me voyait, soupira Aelita.

William se tourna vers elle et vint la rejoindre.

- Ne te préoccupe pas de ce genre de chose, lui dit-il. Il faut que tu t'aimes toi avant que les autres ne t'aiment. Il faut absolument que tu te plaises. Et si elle te voit heureuse, crois moi que Yumi sera contente. Elle n'est pas idiote.

Il resservit Aelita en vin. Cette dernière se tourna vers William. Elle le regarda longuement. Elle le regarda comme jamais elle ne l'avait regardé.

- Tu sais que tu es plutôt beau ?dit-elle doucement.

William fit un petit sourire, et vint lui taper le crâne. Aelita plissa les yeux.

- Et toi tu es bourrée, répondit-il en riant.

- Oui, complètement, admit Aelita avec un petit sourire. Mais ça ne veut pas pour autant dire que tu es laid.

William éclata de rire et vida son verre de vin.

- Tu es un véritable anti dépresseur ma chère Aelita, dit-il.

Aelita rit à son tour, levant les mains vers le ciel d'un air tout à fait innocent. Finalement, elle se leva et s'étira.

- T'as de la musique ?demanda-t-elle.

- Quoi, t'as pas encore assez démoli tes tympans ?répondit William.

Aelita pinça les lèvres, et William lui désigna une chaîne avec une clé usb. Aelita l'alluma. Et soudainement, une forte musique tonna. Aelita ouvrit de grands yeux.

- Abba ?!s'exclama-t-elle.

Elle changea la musique. Les Beegees. Elle changea encore. Dona Summer. Aelita semblait totalement surprise, alors qu'elle changeait encore et encore la musique. William souriait sur le canapé comme un bien heureux, semblant amusé par la réaction de la jeune femme.

- Tu n'écoutes que du disco ?finit par demander Aelita en laissant Europe hurler depuis l'ampli.

- Il fallait bien que j'ai un défaut, tu ne crois pas ?répliqua William avec un petit sourire.

Aelita ne semblait pas comprendre ce que lui disait le jeune homme. Elle ne cessait de regarder la clé usb avec une curiosité non feinte.

- T'es pas sensé être un mec qui écoute du rock ?lâcha Aelita.

William haussa les épaules, et leva les mains en signe d'excuse. Finalement, la jeune femme leva les yeux au ciel, et un sourire naquit sur ses lèvres. Elle commença à se balancer d'un pied sur l'autre. Puis elle bougea ses hanches. Et finit par lever les bras et tourner sur elle même. William rit de bon coeur. Aelita gesticulait comme une bien heureuse. Elle trottina jusqu'à la table, et attrapa la bouteille de vin vide. Elle s'en fit un micro de fortune, et commença à chanter par dessus la musique. William fut pris d'une violente crise de rire, et quelques larmes perlèrent même dans le coin de ses yeux. Il se leva malgré tout, et vint danser avec la jeune femme. Cette dernière sautillait, et le jeune homme la rejoignit, attrapant par moment ses mains pour la faire tourner, alors qu'elle s'époumonait à hurler des paroles incompréhensibles avec une voix plus que douteuse.

- Je crois que tu es vraiment vraiment bourrée !cria William pour qu'Aelita l'entende.

Cette dernière sourit de toutes ses dents.

- Et alors ?demanda-t-elle. Je suis joyeuse et je m'éclate, c'est pas ce que tu voulais ?

William hocha la tête. Aelita était déchaînée. Elle eut un instant l'impression d'être Odd. Elle devait être d'un ridicule à mourir, mais elle n'en avait cure. Elle bougeait et bougeait encore, et sentit bientôt la sueur couler dans sa nuque. Alors elle enleva ses collants, et les jeta au milieu de la pièce. Et sans que William ne s'y attende, elle sauta sur la table. Et continua de danser ainsi, jusqu'à ce que le jeune homme ne coupe la musique pour une autre. Il lança alors The time of my life. Aelita ouvrit des yeux émerveillée.

- Tu es vraiment sûr que tu n'es pas gay ?demanda-t-elle par dessus la musique.

- Sur à cent pour cent !répondit William.

Et il commença à reproduire la chorégraphie du film. Aelita devait reconnaître qu'il avait fait en danse de remarquables progrès. Il bougeait plutôt bien, et la jeune femme se retrouva rapidement emportée par la musique. D'abord maladroite, elle finit par danser exactement comme l'héroïne de Dirty Dancing. Elle avait lâché la bouteille sur la moquette, et elle tournait sur elle même en tâchant de se souvenir de tous les pas de danse. Elle adorait ce film, mais elle était contrainte de le regarder en cachette tant Jérémy le trouvait ridicule. Mais lorsque vint la fin de la chanson, Aelita ouvrit les yeux. Elle regarda William. Le jeune homme lui adressa un sourire confiance. Aelita savait parfaitement à quel moment de la chorégraphie ils étaient, et elle les voyait déjà à l'hôpital avec plusieurs côtes cassées.

- Tu es sûr ?cria-t-elle.

William lui fit un grand oui de la tête. Alors Aelita inspira profondément. Et elle s'élança. Ce porté était un mythe. Elle avait rêvé encore et encore de le reproduire, et avait même essayé une fois avec Yumi. Malheureusement, cela avait été un véritable échec. Mais la jeune femme finit par chasser ces idées de son esprit. Et elle s'élança. Elle bondit de la table, et l'inimaginable se produisit. William la réceptionna à la perfection. Aelita se sentit aérienne. Elle avait la bouche entre ouverte tant elle était surprise. Et lorsque William la fit doucement glisser dans ses bras pour la remettre sur la terre ferme, Aelita sentit sur ses lèvres naître le plus grand sourire de son existence. Elle regarda William avec émotion.

- Comment tu as fait ça ?demanda-t-elle.

- Le talent, très chère, répondit le jeune homme. Ça ne s'explique pas.

Aelita n'ajouta rien. Elle était dans les bras de William. Elle le regardait dans les yeux. Ses iris étaient toujours d'un noir encre. La jeune femme sentait son souffle contre ses lèvres. Aelita sentit pour la première fois l'odeur de William. Son parfum était boisé. Ce devait être un après rasage naturel et une eau de toilette particulièrement douce.

- Je n'aurais jamais cru vivre ça un jour, chuchota Aelita.

William fit un geste auquel Aelita ne s'attendait pas. Il se pencha vers elle, et déposa un baiser sur sa joue. Puis il la lâcha, et s'écarta doucement. Aelita resta un instant les bras ballants, à se demander si elle était sur le point de mourir tant son impression de s'effondrer était violente.

- Ferme la bouche, Aelita, lui dit alors William en ricanant. Je vais finir par croire que je te fais de l'effet.

Aelita referma immédiatement ses lèvres, et fronça les sourcils. Elle serra les bras contre sa poitrine, et regarda William d'un air bougon.

- Tu es un badboy de supermarché, grogna-t-elle. Je n'ai aucune envie de te plaire.

- Tu es une nunuche à cheveux roses qui portent des baskets et des soutifs en taille douze ans, rétorqua William en débouchant une seconde bouteille. Tu es tout sauf mon genre.

Aelita ouvrit de grands yeux, réellement outrée. Elle chercha longuement une réponse, et rougit de colère quand elle vit William la regarder d'un air impatient.

- Tu es un séducteur de basse campagne, et tes cheveux sont secs et fourchus, dit alors Aelita d'un ton mauvais.

- Pas mal, Aelita, pas mal, rit William en regardant une de ses mèches de cheveux. Mais tu oublis que tu ne sais pas marcher avec des talons et que tu es une véritable calamité sur une piste de danse.

Aelita serra ses petits poings, et se dirigea à grands pas vers William, mais sa colère manquait de conviction. Elle se planta devant le jeune homme, et leva la tête pour pouvoir le regarder en face. C'est alors que la musique changea. Les premières notes de The eye of the tiger retentirent.

- Allez Rambo, dit William avec un sourire moqueur. Montre moi ce que t'as dans le ventre.

Aelita bomba la poitrine, et tapa ses poings l'un contre l'autre, s'imagina soudainement sur un ring.

- Tu es un petit beau gosse de quartier qui se croit invincible mais qui n'a baisé que de la morveuse botoxée, cracha Aelita. Tu es imbu de toi même, et tu ne sais même pas cuire les raviolis.

- Tu es une petite victime d'un mètre douze qui même lorsqu'elle se met en colère à autant de répondant et d'allure qu'un teckel, rétorqua William avec fierté.

- Tu bois comme un ivrogne des petits vins de cité, et tu n'es même pas capable de dépoussiérer un meuble, lâcha Aelita sans se démonter.

- Tu es triste et malheureuse, et tu es incapable d'aligner la moindre insulte sans que ton nez s'allonge, dit William avec un calme olympien. Tu ne sais pas vivre autrement que derrière un écran, et tu es si terrifiée par la vrai vie que tu ne sais pas comment demander à ton mec de se trouver un autre appart.

Aelita entre ouvrit les lèvres, et donna un coup de poing sur le torse de William. Elle brandit devant lui un doigt dressé et tremblant.

- Je te ferais remarquer que tu as été dépucelé par une fille qui ne t'aimait même pas, et qui tout le long de l'acte à plus penser à Ulric qu'à toi, gronda la jeune femme. Ou peut être a-t-elle choisi de t'oublier parce que tu es impuissant.

William la regarda droit dans les yeux. Puis il leva les mains. Et se mit à applaudir. Aelita le regarda avec incompréhension. Et une fois de plus, il éclata de rire.

- Tu es plus féroce que tu en as l'air, ma chère, dit-il en s'inclinant.

- Quoi, alors… bredouilla Aelita. Tu veux dire que tu me testais ?

William hocha positivement la tête. Et Aelita, rouge de colère, lui tourna le dos, et se posa, furibonde, sur le bord du canapé. Elle regarda William de loin alors que ce dernier se dirigeait vers elle avec un nouveau verre de vin. Aelita l'attrapa sans même regarder William, et but plusieurs longues gorgées. William s'assit aux côtés d'Aelita, et sirota son vin à son tour.

- Tu pourras demander à Yumi, finit-il par dire. Je suis loin d'être impuissant.

- Pour ce que j'en ai à faire, marmonna Aelita.

William tourna la tête vers elle. La jeune femme le regarda droit dans les yeux. Et cette fois ci, aucun des deux ne se mit à rire.