Ouuuuh, il a mis du temps à arriver celui là ! J'ai été très prise, mais me revoici !


Chapitre 6 : Fashionlita

- Allez debout grosse feignasse !

Aelita s'attendait bien sûr à un réveil brutal après ses mots de la veille. Mais elle ne s'attendait certainement pas à recevoir un verre dos sur le corps. Elle hurla, et se leva d'un coup, avant de regarder son pyjama tremper. Puis elle regarda William avec des yeux ronds.

- J'ai évité les cheveux, tu devrais être contente, railla William, sa tasse à café en main.

Aelita gronda comme un chat furibond. Mais une fois de plus, elle n'eut pas le temps de répondre. William venait de lui balancer des vêtements à la figure, ainsi qu'une paire de chaussure.

- C'est pour quoi ça ?demanda Aelita en posant les vêtements sur le fauteuil.

- Aujourd'hui, tu dois être au meilleur de toi même, répondit William. Alors enfile ça.

Aelita déplia les vêtements. Et elle rougit en dépliant un bel ensemble de lingerie noire en dentelle. Elle tourna plusieurs fois le string entre ses mains avant de faire une grimace d'incompréhension à William. Ce dernier haussa les épaules d'un air innocent.

- Et tu les as trouvé où, ces vêtements ?finit par lâcher Aelita, à demi désespérée.

- Au studio, répondit William avec un naturel déconcertant.

Aelita fronça les sourcils.

- Quel studio ?s'étonna la jeune femme.

- Celui de mon boulot, l'éclaira William.

Aelita poussa un profond soupir, et William sourit de toutes ses dents. Il ne répondait pas totalement à la question à laquelle elle songeait. Il se contentait du strict minimum pour continuer à la faire pédaler.

- Tu bosses donc dans un studio ?grogna Aelita.

William hocha positivement la tête. Puis il s'approcha de la jeune femme, et planta ses grands yeux noirs dans les siens. Aelita dut lever la tête pour soutenir son regard.

- Aelita, je suis photographe de mode, finit par déclarer William en souriant grandement.

Aelita ouvrit des yeux ronds. Elle entre ouvrit les lèvres.

- Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?bredouilla-t-elle.

- Parce que tu ne me l'as pas demandé, répondit William en lui faisant un clin d'oeil. Et maintenant, habille toi. Il est huit heure, et on va être en retard.

Aelita pinça les lèvres, et finit par traîner des pieds jusqu'à la salle de bain. Mais qu'était-elle entrain de faire ? Où William allait il encore l'embarquer ? Elle était mal à l'aise de se dire qu'elle allait voir des mannequins, des filles très branchées et plus que séduisante. C'était un univers qui lui était complètement inconnu. Après tout, elle n'était qu'Aelita, une jeune femme effacée qui cherchait à sortir d'une relation foireuse sans trop de casse. Elle avait demandé à William de changer sa vie, et il plaçait la barre très haut. Aelita pouvait-elle lui en vouloir pour ça ? En tout cas, une chose était sûre. Elle allait lui en vouloir pour le string. Elle n'en avait jamais porté, et c'était pour ainsi dire son baptême. Elle pria intérieurement pour que ça ne la gêne pas toute la journée. En revanche, elle ne put qu'admettre que le soutien gorge triangle en dentelle de qualité était une très belle pièce.

Aelita déplia le t shirt. Elle se sentit blanchir. C'était une pièce en tulle, transparente. Aelita pinça les lèvres, mais finit par abdiquer. Elle devait sortir de sa zone de confort. William avait associé un jean déchiré et délavé au tout, ainsi que des escarpins brillants de mille feux, et une veste de tailleur masculine noire encre. Si Aelita fut d'abord septique, elle resta bouche bée en se regardant dans le miroir. Elle ne put se retenir de penser qu'elle était belle. Elle avait l'air d'une star de cinéma.

- Tu as fini ? Ou tu es morte ?

Aelita rit toute seule en entendant William. Elle se dépêcha de se maquiller, et osa cette fois ci appliquer du rouge à lèvre elle même. Puis elle sortir de la salle de bain. Les premiers pas sur ses escarpins furent compliqués, mais lorsqu'elle gagna le salon, ce n'est pas ses chaussures qui manquèrent de la faire tomber. William était debout près de la porte. Il avait revêtu un look très branché, et son lourd appareil photo pendait autour de son cou, ainsi qu'un sac avec du matériel. Il finit par relever les yeux vers elle, et son visage s'illumina d'un large sourire.

- Une vrai starlette, dit le jeune homme en riant.

Aelita lui rendit un sourire franc, et s'approcha pour prendre le bras qu'il lui tendait.

- Prête à mettre les deux pieds dans mon univers ?demanda William en serrant la main d'Aelita.

- Je crois que je suis belle, répondit Aelita avec confiance. Alors oui, je suis prête.

William se planta devant elle, et lui saisit les épaules.

- Aelita, tu es magnifique, dit le jeune homme. Je ne le crois pas. J'en suis sûr.

Aelita rougit. Et elle fit un geste auquel elle ne s'attendait pas. Elle se jeta contre William, et le serra entre ses bras. Visiblement, le jeune homme ne s'y attendait pas non plus, mais il finit par enlacer Aelita à son tour. Puis ils se séparèrent sans le moindre mot, et quittèrent l'appartement.

Jamais Aelita n'avait vu une telle chose. Et même si elle s'était trouvée belle dans la salle de bain de William, elle se voyait à présent laide comme un poux. Elle était plantée au milieu d'une foule de femmes et d'hommes tous plus beaux les uns que les autres. Les vêtements étaient affriolants, originaux, et tout ce qu'il y a de plus classes. Les looks étaient inspirés et pêchus. Aelita se sentait habillée d'un sac poubelle devant les robes pétillantes, les jeans moulants et délavés, les manteaux en mouton, et autres extravagances. Elle était si déstabilisée qu'elle prit la main de William. Elle l'avait fait inconsciemment, mais le jeune homme ne sembla pas s'en formaliser. Il serra sa main dans la sienne, et la bouscula d'un gentil coup d'épaule.

- Arrête de t'en faire, dit-il, rassurant. Tu es superbe, et ces filles, ça fait des années qu'elles font ça. C'est normal que tu sois un peu perdue.

- Je me sens sur une autre planète, répondit la jeune femme d'une voix blanche.

William rit un instant. Puis il saisit les joues d'Aelita pour tourner sa tête. Cette dernière se laissa faire..

- Qu'est ce que…

William la coupa en lui désignant un photographe devant elle. Aelita pâlit plus encore, puis rougit. L'homme face à elle était entrain de lui réclamer une photo. Il la complimenta pour son original couleur de cheveux. Aelita était gênée, mais elle tenta de pauser tant bien que mal. Lorsque le photographe eut terminé, William éclata de rire. Aelita fit la moue et lui donna un petit coup de coude dans les côtes. Le jeune homme secoua la tête, et attrapa Aelita par le bras.

- Allez princesse, dit-il. J'ai des modèles à photographier.

Aelita sourit, et lui emboîta le pas. Une heure passa sans que la jeune femme ne s'ennuie. Elle regardait William faire des photos sublimes. Elle regardait les mannequins, les influenceuses avec une grande fascination. Elle tombait dans un monde inconnu mais qui commençait à lui être agréable. Finalement, elle vit deux femmes s'approcher d'eux. William releva les yeux de son appareil, et leur adressa un grand geste. L'une était blonde, et l'autre rousse. Elles gagnèrent leur hauteur en gloussant, et Aelita se sentit devenir toute petite. Les deux femmes étaient grandes et magnifiques, et habillées comme si elles défilaient à Cannes.

- William !cria la blonde.

Elle avait un accent fort des pays de l'Est. William s'approcha d'elle et lui fit la bise. Aelita fut déranger par quelque chose sans qu'elle ne comprenne pourquoi. Elle n'aimait pas voir cette drôle de russe au sens de la mode aiguisé faire des yeux de biche à son actuel colocataire. Mais Aelita prit sur elle et ne dit pas le moindre mot. Elle se contenta d'observer. Et si la rouquine ne disait rien, la blonde avait quant à elle la langue bien pendue. Et Aelita manqua de s'étouffer lorsqu'elle l'entendit proposer à William de passer prendre un verre avec elle le soir même.

- Je suis désolé Mili, mais je ne peux pas, répondit finalement William avec un air désolé.

Puis se passa l'impossible. L'improbable. Il saisit la nuque d'Aelita, et s'approcha pour poser un baiser sur ses lèvres. La jeune femme écarquilla les yeux. Elle était pétrifiée. Elle ne pouvait plus bouger le moindre de ses membres. Elle était clouée sur place avec les lèvres de William contre les siennes. Et lorsqu'il s'écarta avec un naturel presque insolent, Aelita eut l'impression que le temps reprenait son cours en accéléré. Elle ne put bouger que quelques minutes plus tard, et elle sentit son coeur battre plus fort lorsqu'elle aperçut la mine dépitée de la grande blonde. Cette dernière salua William, dévisagea Aelita d'un air mauvais, et s'éloigna finalement en tenant son amie rousse par le bras. William les regarda partir d'un air satisfait. Il avait passé un bras nonchalant autour des épaules d'Aelita.

- Merci, dit-il avec un grand sourire.

- Pas de quoi, répondit la jeune femme d'une voix blanche.

William la regarda en riant.

- Elle ne m'aurait pas lâché si je n'avais pas fait ça, s'expliqua William. Mili n'est pas une fille qui comprend facilement, alors mieux vaut ne pas faire les choses à moitié.

Aelita fit la moue, puis finit par hausser les épaules. Après tout, pourquoi pas. Elle voulait que sa vie change. Mais la sensation de ce baiser avait réveillé quelque chose en elle. En effet, elle n'avait embrassé que deux garçons dans sa vie. Odd, la fois où Nicolas et Hervé cherchaient à découvrir leur secret, et Jérémy. Elle avait embrassé et embrassé encore Jérémy. Elle s'était donnée entièrement à lui, et avait oublié qu'elle pouvait plaire. Mais plaire à qui ? Ce baiser de William n'avait été qu'une simple diversion. Pourtant, et cela la fit rougir, elle avait aimé. Elle avait aimé les lèvres de William. Alors elle regarda le garçon à côté d'elle pour la première fois comme un véritable homme. Il n'était plus son ami d'enfance. Il était William, un habile photographe qui magnait l'objectif comme personne, qui passait son temps avec des mannequins, qui avait un franc parlé à faire peur, un charme fou, et une fâcheuse tendance à la mettre hors d'elle. William était un homme séduisant, et un homme qui venait d'embrasser Aelita.

Finalement, la jeune femme secoua la tête pour évacuer toutes ces pensées curieuses. Elle passa le reste de la journée à suivre William, à s'émerveiller devant les looks tous plus extravagants les uns que les autres. Elle vit un défilé, et elle en fut tout simplement stupéfaite. William appartenait à ce monde. Et Aelita fut heureuse d'en faire partie elle aussi, même si ce n'était que pour une journée.

ooo

- Donc, si je comprends bien, tout le monde cherche à te passer la corde au cou à ton travail, dit Aelita d'un petit air mutin en sirotant son vin.

William rit en la regardant. Il avala une gorgée de son bordeaux, et passa une main dans ses cheveux en bataille.

- On peut dire ça, oui, répondit-il avec amusement. J'ai un charme fou, que veux tu.

Aelita rit à son tour.

- Je n'irais pas jusque là !s'exclama-t-elle entre deux rires.

William lui donna un petit coup de coude dans les côtes. Ils étaient tous les deux assis sur le canapé, et buvaient tranquillement un bon vin rouge directement sortie de la réserve de William. Il était amateur de vin, et chaque boisson alcoolisée qu'il débouchait pour Aelita était exquise. La jeune femme avait retiré ses chaussures à talons. Elle avait les pieds endoloris d'avoir marché toute la journée avec, mais elle ne le regrettait pas. Elle avait aimé sa journée.

- Mili est très lourde comme fille, finit par soupirer William en se servant un autre verre. J'ai beau la repousser, elle revient toujours à la charge. Elle pense que parce qu'elle est mannequin elle peut tout avoir. Mais l'amour, ça ne marche pas comme ça.

- Je suis d'accord, approuva Aelita. L'amour c'est de la compréhension. C'est vouloir prendre soin de quelqu'un plus que de soi.

William hocha doucement la tête. Il se tourna vers Aelita. Cette dernière haussa un sourcil. William avança une main vers son visage, et la jeune femme sentit les battements de son coeur s'accélérer. Mais William se contenta d'essuyer une goutte de vint qui avait coulé dans le coin de ses lèvres. Aelita inspira profondément. Les approches de William, pourtant tout à fait amicale, commençaient à provoquer en elle des réactions incontrôlables. Elle voulait plaire, oui, mais elle se sentait de plus en plus obséder par ce qu'il s'était passé dans la journée. Et par ses mains sur son visage lorsqu'il lui mettait son rouge à lèvre. Mais cette fois ci, quelque chose de nouveau se produisit. William venait de sentir son trouble, et avait stoppé son geste. Aelita se sentit rougir jusqu'aux oreilles. Pourtant, il ne dit rien. Il se contenta de repousser quelques mèches roses de la jeune femme derrière ses oreilles. Puis il s'approcha, et posa une nouvelle fois ses lèvres contre les siennes. Aelita ferma les yeux. Elle sentit monter en elle une vague de chaleur qu'elle ne se connaissait pas. Elle s'approcha un peu plus de William, et vint placer une main sur sa taille pour accentuer leur baiser. Le jeune homme la saisit pour la plaquer contre lui, et commença à l'allonger sur le canapé. Aelita passa ses deux mains dans son dos. Puis elle ouvrit brusquement les yeux, et le repoussa violemment en plaquant ses deux mains contre son torse.

- Non, souffla-t-elle. J'ai dit que plus personne ne devait me voir nue pour l'instant.

William hocha doucement la tête, et tous les deux s'assirent sans rien dire. Ils n'osaient plus dire le moindre mot. William se contenta de verser un autre verre à Aelita. Cette dernière le but d'une traite. Ses joues déjà chauffer à blanc se colorèrent plus encore. Elle se mordit la lèvre. Puis fit une petite moue, ce qui fit hausser ses sourcils à William.

- Si on éteint la lumière, tu ne me verras pas nue, finit par dire Aelita d'une toute petite voix.

William la regarda. Puis, sans un mot, se leva et éteignit la lumière. Il vint se rasseoir aux côtés d'Aelita, toujours aussi silencieux. Passèrent plusieurs minutes. Puis ils se jetèrent l'un sur l'autre. William la plaque contre le canapé, et Aelita embrassa la moindre parcelle de son cou. Elle avait le souffle court en le sentant retirer son haut et poser les mains sur son soutien gorge. Aelita saisit le visage de William d'une main ferme.

- Meilleurs amis ?demanda-t-elle doucement.

- Meilleurs amis, répondit William.

La jeune femme le devina entrain de sourire. Alors elle n'attendit plus, et se jeta avidement sur les boutons de sa chemise pour lui arracher.