Salut !
Aujourd'hui, pas vraiment de PDV puisque vous avez droit à la correspondance de Harry et Drago. J'espère que vous apprécierez le format :) Vous allez voir, il y a des lettres qui sont envoyées... et d'autres pas.
Bonne lecture !
Drago,
Je pense que je dois commencer par m'excuser pour mon comportement ces derniers jours. Je suis désolé si j'ai pu te blesser en agissant de façon bizarre.
Pour être honnête, recevoir ta lettre m'a énormément perturbé. Elle a remué des choses que je pensais résolues et a fait resurgir des sentiments que je croyais éteints. Je ne pensais pas que te revoir me mettrait dans un tel état. J'imaginais qu'on allait s'installer à cette table de café, que j'allais te dire ce que j'avais sur le cœur, que tu allais faire de même et qu'on pourrait se quitter avec un poids en moins sur les épaules. C'était vraiment mon objectif. Comprendre, crever l'abcès et tourner la page. Je me rends compte aujourd'hui que rien ne s'est passé comme prévu et peut-être qu'au fond, je n'avais pas vraiment envie de passer à autre chose.
Je vais être aussi cash que tu l'as été en espérant ne pas le regretter. Je t'ai aimé aussi. Enfin, je ne sais pas si « aimer » est vraiment approprié, mais disons que j'ai eu des sentiments très forts et très contradictoires pour toi.
Moi c'était en sixième année. J'étais complètement obsédé par toi. Je te désirais tellement et je me détestais de te désirer. C'est étrange de réaliser qu'on a vécu la même chose sans le savoir, hein ? Moi ça me fout en vrac.
Après la guerre, j'ai commencé à m'imaginer des choses, ça a été de pire en pire. J'ai infiniment honte de l'avouer, mais mon témoignage à ton procès n'était pas totalement désintéressé. Quand tu es sorti de prison, j'ai prié pour que tu viennes me voir. Mais tu n'es pas venu et tu es parti. Et les années ont passé.
J'espère que maintenant, tu comprends pourquoi j'ai réagi comme ça vendredi dernier. Si je t'ai embrassé, c'est parce que j'en avais envie. Mais ça m'a fait peur alors j'ai transplané. Je regrette d'avoir fait ça. J'avais envie de revenir, mais je n'ai pas osé. J'ai tellement honte.
Tout est si compliqué. Je ne sais pas si je t'ai vraiment pardonné. Je croyais que c'était le cas, mais finalement ce n'est pas si simple. De la même manière, je pensais que mes sentiments appartenaient au passé, mais visiblement il reste quelque chose. Et maintenant qu'on a déterré tout ça, je ne sais pas comment faire pour garder la tête hors de l'eau.
Je crois que j'aurais préféré que tu n'envoies pas cette lettre. Ça aurait été mieux pour toi, mieux pour moi, mieux pour tout le monde. Je ne voulais pas revivre ça, je ne voulais pas me souvenir.
Maintenant c'est trop tard. Je ne vais quand même pas demander à Hermione de me jeter un Oubliette… Alors j'espère vraiment que tu me répondras, même si comme toi, je ne sais pas ce que je veux.
H.
PS : Tu trouveras avec cette lettre une boîte contenant ta baguette. Je ne veux pas que tu te forces à rester à Londres si tu n'en as pas envie et ce n'est pas correct de ma part de te faire du chantage.
[Lettre non terminée, non envoyée]
Harry,
Je ne cesse de repenser à tes baisers. J'en rêve la nuit et je me réveille en sueur. J'ai tellement envie de toi. Je veux ta bouche sur la mienne, ton corps sur le mien, ta peau contre la mienne.
J'ai essayé de me changer les idées, de faire des rencontres dans une boîte moldue. J'ai l'habitude de ce type de sorties. Mais je me suis défilé au dernier moment. Parce que je pensais trop à toi, parce que les baisers des autres hommes me paraissent fades à côté des tiens.
Je te veux tellement. Je t'en prie, tu ne crois pas que pour mettre fin à cette histoire, il ne faudrait pas céder à ce désir ? Je sais que tu le ressens aussi. Nous pourrions nous laisser aller, rien qu'une fois. Ça pourrait être un bon point final, tu ne crois pas ? Toi et moi, juste une nuit. Je ferai tout ce que tu veux. Je m'en remettrais entièrement à toi. Laisse-moi être à toi.
J'ai tellement
Harry,
Merci de m'avoir écrit. Et merci pour ma baguette. C'est très étrange de la retrouver après toutes ces années, mais je suis heureux. Néanmoins, je n'ai pas l'impression qu'elle m'obéisse comme avant. Son allégeance a changé, elle est tienne. Je ne suis pas étonné, mais c'est vraiment perturbant. Je vais la conserver précieusement, à défaut de pouvoir l'utiliser.
Je crois que je comprends pourquoi tu étais aussi confus car je le suis tout autant après la lecture ta lettre. Je ne m'attendais pas à ça. Toi non plus. On est quittes ?
Ça fait plusieurs heures que j'essaye de te répondre, mais rien de ce que je peux écrire ne me semble approprié. J'ai peur d'être trop froid et en même temps de trop en dire.
Si j'avais su. Tu as dû te poser cette question maintes fois ces dernières semaines, n'est-ce pas ? Si j'avais su, si tu avais su. Est-ce que tu crois qu'il aurait pu se passer quelque chose ? Sans doute pas.
J'ai voulu venir te voir après ma sortie de prison. J'en ai rêvé. Mais je ne savais pas où te trouver. Je sais que c'était une excuse pitoyable et que si j'avais voulu, j'avais pu venir à ta rencontre, mais ce n'est pas moi le Gryffondor. A la fin de ma période de sursis, j'ai préféré quitter l'Angleterre, pour recommencer à zéro. Je pensais que mon amour était voué à l'échec, alors j'ai voulu tourner la page.
J'avais presque réussi, tu sais ? À un moment, j'ai vraiment cru que c'était terminé, que j'avais refait ma vie et que tu appartenais au passé. Mais ce n'est pas le cas et j'ai l'impression que tu vis quelque chose de similaire.
Je ne t'aime plus, Harry. Plus comme avant. Mais il y a toutes ces choses que je n'ai jamais pu te confier, tout cet amour qui est resté caché. Quand tu m'as embrassé, c'était comme prendre un Retourneur de Temps. J'avais 16 ans à nouveau et mon plus grand fantasme se réalisait.
Cependant, ce n'est pas parce que mes sentiments se sont ternis que cette histoire est terminée. J'ai vraiment l'impression que nous devons mettre ensemble un point final. N'es-tu pas d'accord ?
Je suis toujours à Londres. J'ai repoussé mon départ car je crois que si je prends encore la fuite, ça ne fera qu'empirer les choses. Néanmoins je ne pourrais pas rester encore très longtemps, sinon le Ministère risque de se poser des questions et je ne veux pas qu'ils aient connaissance de notre correspondance. Sans compter mon travail qui m'attend en France.
J'en ai profité pour rendre visite à mon père. Il n'est que l'ombre de lui-même. Je me suis surpris à éprouver de la pitié pour lui. J'ai saisi cette occasion pour lui faire mon coming-out et lui annoncer que je comptais faire en sorte que le nom des Malefoy meure avec moi. Il n'a pas paru surpris.
Si tu veux que nous ayons une conversation en face à face, manifeste-toi mais je n'ai pas l'impression que ce soit une très bonne idée compte tenu de nos deux dernières tentatives.
D. L. M.
[Brouillon sur la table de la cuisine]
Drago,
J'essaye vraiment d'être mature, calme et poli dans nos échanges. Je fais de mon mieux et crois-moi, c'est difficile.
J'ai envie de te hurler dessus. De te cracher toute ma colère. De te faire du mal. Pour me venger de tout ce que tu m'as fait. Pour toutes les fois où tu as insulté la famille de Ron, où tu as traité Hermione de Sang-de-Bourbe, où tu t'es moqué de la mort de mes parents. Pour la fois où tu nous as dénoncé à Minerva lorsque nous sommes montés à la Tour d'Astronomie en pleine nuit en première année. Pour la fois où tu as volés le Rapeltou de Neville. Pour les moqueries envers Hagrid, Remus, Cédric et tous les gens que j'aimais. Pour avoir fait condamné Buck à mort. Pour les badges « à bas Potter », pour avoir aidé ce sale scarabée à entrer dans Poudlard, pour la Brigade d'Ombrage. Tu m'as tellement pourri la vie. Je te déteste.
Je sais que tu étais un enfant, mais moi aussi j'étais un enfant. Je sais que les années passant, j'ai appris à me défendre et que j'ai commencé à rendre coup pour coup, mais ça n'excuse rien. Et comme si ça ne suffisait pas, tu as pris la Marque. Tu sais, je crois que je t'ai entièrement pardonné pour ça, car je sais que la personne qui en a le plus souffert, c'est toi. Je t'ai pardonné pour avoir aidé les Mangemorts à entrer dans Poudlard, pour la mort de Dumbledore. Tout ça, je comprends. Mais avant… j'ai envie de t'arracher les membres un par un. J'aimerais que tu payes.
[Le reste est recouvert de gribouillis à l'encre]
Drago,
Si j'avais su, si tu avais su, peut-être qu'il se serait passé quelque chose. Mais entre nous, je doute que la fin aurait pu être heureuse. Mes sentiments pour toi n'ont jamais été très innocents et encore aujourd'hui, le désir de vengeance se mélange à mon attirance. Ça aurait été un désastre.
C'est vraiment très étrange d'échanger avec toi par correspondance. C'est reposant et j'ai l'impression de découvrir une autre facette de toi. Et je me sens plus libre de m'exprimer. Je crois que l'écrit me rassure. Je peux faire des pauses, réfléchir à ce que je veux te dire sans être directement confronté à toi.
Mettre un point final ensemble. Je crois que je suis d'accord avec ça. Mais par où on doit commencer ? Maintenant tu sais et je sais. A-t-on réellement autre chose à se dire ? On pourrait revoir notre passé point par point, est-ce que ça nous aiderait réellement ? On pourrait parler de la Guerre. On pourrait se raconter à quoi ressemblent nos vies aujourd'hui. Je veux bien clore ce chapitre avec toi si c'est ce que tu veux, mais je ne sais pas comment faire.
Pour terminer, j'étais étonné que tu me parles de ton père. Je pense que tu as bien fait d'aller le voir. Même si c'est une personne haïssable et un meurtrier, il reste ton père. Et ça te regarde, je n'ai pas mon mot à dire.
H.
[Feuille chiffonnée abandonnée dans le tiroir du milieu du bureau d'Harry]
Drago,
Je sais que tu en as envie, tu sais que j'en ai envie aussi. Pourquoi on se retient comme ça ? À quoi ça sert ? Faisons-le une bonne fois pour toute et peut-être qu'après, ça ira mieux.
RDV ce soir, 20h, à ton hôtel. On baise et on en parle plus.
H.
[Parchemin sur le haut de la pile des brouillons de Drago]
Harry,
Je ne peux pas m'empêcher de me demander si je t'aime. Je crois que oui. Moins qu'avant, mais un peu quand même. C'est horrible. Je ne veux pas que ça recommence. Ça m'a fait trop mal. Ça m'a poussé à faire trop d'erreurs.
Je sais que tu as dit que ça n'aurait pas marché entre nous, mais je passe mon temps à nous imaginer ensemble. Nous aurions eu des rendez-vous secrets dans les recoins sombres de Poudlard, aux étages interdits, dans les salles de classe abandonnées. Ou peut-être dans la Salle sur Demande ? Là-bas, personne n'aurait pu nous trouvé. Nous aurions fait l'amour tous les week-ends et tant pis pour ma mission, pour la prophétie et toutes ces bêtises.
Peut-être qu'on aurait été un peu heureux ? Juste un peu. Quelques mois tout au plus. Après il y aurait eu la guerre. Ou alors tu te serais souvenu que j'étais le connard qui t'a pourri pendant des années à Poudlard.
Tu as raison, ça n'aurait pas marché.
Harry,
Il suffit de quelques lettres pour que je me surprenne à avoir de l'espoir. Je sais ce que ce n'est pas sain, aussi je préférerai que cette situation ne s'éternise pas. Ce n'est bon ni pour moi, ni pour toi.
J'ignore également ce que je dois te dire. Je pourrais m'excuser un million de fois, nous pourrions évoquer tous les sujets dont tu parles, je ne sais pas si ce serait suffisant. C'est déstabilisant. Je crois que nous nous connaissons suffisamment pour être capable d'imaginer la version de l'autre. Je sais pourquoi tu m'as lancé un Sectumsempra, tu sais pourquoi je t'ai aidé au Manoir, je sais maintenant pourquoi tu m'as défendu au procès.
J'en profite pour te remercier. J'ai réalisé que je ne l'avais jamais fait. Merci d'avoir témoigné, même si tes intentions n'étaient pas aussi honorables que je le pensais. Je crois que dans le fond, ça me rassure de savoir que tu n'es pas le héros désintéressé et loyal qu'on dépeint dans les journaux. J'ai toujours su que tu n'étais pas parfait, bien sûr, mais avec le temps, je crois que j'en étais venu à te mettre - moi aussi - sur un piédestal.
Si nous étions à Paris, j'organiserai une séance avec mon thérapeute. Il me suit depuis des années et il aurait su nous aider à avoir une vraie conversation.
D. L. M.
[Brouillon jeté à la poubelle]
Drago,
Hier soir, j'ai couché avec un mec qui te ressemble. Ils te ressemblent toujours. Je ne fais pas exprès, mais c'est comme ça.
Aujourd'hui, je me sens coupable. J'ai l'impression de t'avoir trompé alors que c'est pas le cas. On n'est pas ensemble. On n'est rien l'un pour l'autre. Je ne devrais pas ressentir ça. Ça me fout les nerfs.
C'est toi Adrian, tu sais ? Évidemment que c'est toi. J'ai vu que tu lisais mon livre au café, ça m'a foutu les jetons. Je ne pensais pas que tu me lisais. Bien sûr, tu ne sais pas que je suis l'auteur, mais voilà je te le dis : c'est moi qui écrit ces bouquins. Et Adrian, c'est toi. Lily, c'est un peu moi.
Je suis pathétique, n'est-ce pas ? Je vis par procuration dans les livres que j'écris. J'ai voulu être Auror, mais je me suis vite rendu compte que ce n'était pas un métier pour moi. J'ai pensé me reconvertir dans l'enseignement, mais qui voudrait d'un professeur incapable de faire de la magie ? Pourtant j'aurais adoré vivre à Poudlard. C'est ma maison, ma vraie maison.
Je ne sais pas pourquoi je te raconte ça. Tu t'en fous.
J'ai tellement honte. J'ai baisé ce type de façon à ne pas voir son visage, parce que j'avais envie d'imaginer que c'était toi. Je me dégoûte.
Il avait les cheveux plus courts que toi. Parce que c'était un moldu. Je suis sûr que si tes cheveux sont aussi longs, c'est parce que tu as utilisé un sortilège pour les faire pousser. Et tu dois foutre des quantités astronomiques de potion Lissenplis. Tu sais que c'est un Potter qui a inventé cette potion ?
Qu'est-ce que je raconte ? C'est n'importe quoi. Cette lettre est un désastre. Faut que j'arrête de t'écrire.
Pardon d'avoir couché avec ce mec. C'est toi que je veux.
Harry
Drago,
Allons chez ma psychomage. Elle est très discrète, très compétente et elle sait déjà tout ce qu'i savoir. Je lui fais confiance, elle saura nous guider.
J'ai réussi à avoir une séance demain à 15h, j'espère que ça t'ira.
H.
Et voilà ! Alors qu'avez-vous pensé de ce chapitre ?
A mercredi prochain
