Bonjour !
Je suis heureux de pouvoir vous partager la suite de cette fanfiction ^^
Je suis vraiment touché de voir que vous êtes nombreux à l'apprécier :)
Bonne lecture
On s'est tous les deux assis dans le canapé. Je ne m'assois jamais dans le canapé, je prends toujours la place sur le fauteuil. Mais ça aurait été bizarre d'être dans le fauteuil et lui dans le canapé. Alors je me suis installé à côté de lui. Maintenant ça me stresse de ne pas être à ma place habituelle. Pourquoi je me prends la tête sur cette histoire de place ? Ce n'est pas ça qui est important. L'important, c'est que Drago est assis à ma droite et que je crève d'envie de le toucher.
Si j'écartais un peu les jambes, mon genou pourrait toucher le sien. Putain, j'ai l'impression d'être un ado qui cherche un moyen d'entrer en contact avec son crush. Je suis ridicule.
Je ne pensais pas qu'il viendrait. Bien sûr, il avait l'air très sérieux dans ses lettres, mais je croyais vraiment qu'il se défilerait. C'est trop bizarre de l'avoir ici, avec moi. Il n'est pas censé être dans ce cabinet, ce n'est pas sa place. Pourtant il est là et il tapote ses doigts sur l'accoudoir. Ça me donne envie de lui arracher la tête, je déteste ce bruit.
J'ignore si Mrs. Bones était surprise ou non lorsque je lui ai demandé un rendez « à deux ». Elle m'a répondu avec son professionnalisme habituel qu'elle serait ravie de nous recevoir pour nous accompagner dans cette épreuve difficile. J'ai vraiment l'impression de faire une thérapie de couple. Sauf qu'on est pas un couple. C'est une thérapie à deux, en duo, en binôme. Même si ça a vraiment l'air d'une thérapie de couple.
Quand je l'ai vu arriver par la cheminée, j'ai cru que mon cœur allait lâcher. Je me suis souvenu de nos baisers et j'ai eu envie de recommencer. Évidemment je n'ai rien fait. Rien du tout. Je ne lui ai même pas serré la main. Il a été très froid, mais malheureusement ça m'excite encore plus.
Je ne peux pas m'empêcher de le mater du coin de l'œil. Il a coiffé ses cheveux en une longue natte qui lui tombe jusqu'en bas du dos. Il porte une robe de sorcier noire très ajustée. Il a des cernes sous les yeux, il n'en avait pas la première fois qu'on s'est revus. Je me demande si c'est à cause de moi.
— Très bien, déclare Mrs. Bones. Si vous êtes d'accord, nous allons pouvoir commencer. J'aimerais que vous m'expliquez ce qui vous amène tous les deux.
Je rentre instinctivement la tête dans mes épaules. A contrario, Drago reste très digne. Sa nuque est droite. J'ai envie de la mordre. Merde, pourquoi j'ai proposé ce rendez-vous ? C'était une mauvaise idée. On aurait mieux fait de baiser une fois pour toutes. Ensuite il serait rentré en France. Fin de l'histoire.
— Eh bien, il est évident que nous avons certaines choses à régler. À vrai dire, je n'avais pas particulièrement envie de revoir Harry, mais c'est arrivé et… disons que cette histoire a pris un tournant inattendu.
Drago prend le lead et j'ignore comment m'intégrer moi aussi à la conversation. En même temps, ça m'arrange. C'est beaucoup moins effrayant d'écouter.
— Parce que vous vous êtes embrassés ? le questionne Mrs. Bones avec un regard vers moi.
— Entre autre oui.
Pour la première fois depuis le début de la séance, je perçois un tremblement dans la voix de Drago. Ça me fait plaisir. Il n'est pas aussi sûr de lui qu'il n'y parait. Seulement il le cache mieux que moi.
— Et pourquoi c'est arrivé ? Ces baisers.
— Ça, il faudrait le lui demander.
Je me sens rougir. Mais ma psychomage ne me laisse pas l'occasion de répondre.
— C'est à vous que je pose la question, Drago.
— Je n'ai pas vraiment l'impression d'avoir eu le choix.
J'ai honte. Je m'en veux. Je suis tellement désolé. Je n'ai pas réfléchi. Je baisse les yeux.
— Vous avez le sentiment qu'Harry vous a imposé ces baisers ?
— Clairement. Dans les faits, je n'étais pas contre et au bout d'un moment, j'ai vraiment… participé ? Mais au début, je n'ai pas eu l'occasion de réfléchir à ce que je voulais ou non.
— Je suis désolé, je murmure sans oser le regarder.
— C'est pas grave, me répond Drago avec une pointe d'agacement dans la voix.
— Vous avez le droit de considérer que c'est grave, vous savez ?
— Oui et j'ai aussi le droit de considérer que c'est rien et qu'on peut passer à autre chose. Juste qu'il ne recommence pas.
Je hoche la tête. J'essaye de ne pas imaginer ce que ça aurait pu être s'il n'avait pas voulu ce baiser. Heureusement, ça n'est pas arrivé.
— Harry, qu'est-ce que ça vous fait d'entendre ça ?
— J'ai l'impression d'être un monstre.
— N'en fais pas toute une histoire, Potter, grince Drago. Je le vis bien, j'étais d'accord et j'ai même adoré, donc pas la peine de te flageller comme un elfe de maison.
Il a le rouge aux joues. Il a adoré. Dans ses lettres, il disait que nos baisers étaient comme un Retourneur de Temps, mais que ses sentiments avaient disparu. Avoir la confirmation qu'il a aimé ces baisers, ça me réchauffe la poitrine.
— Qu'est-ce que vous ressentez aujourd'hui en repensant à ces baisers ? demande Mrs. Bones en nous regardant l'un après l'autre.
Encore une fois, Drago répond en premier.
— Ça m'énerve et ça m'embrouille l'esprit. J'ai l'impression que d'un côté, il y a celui que j'étais ado qui voit son fantasme se réaliser, et de l'autre celui que je suis aujourd'hui qui préférerait que ce soit de l'histoire ancienne.
— Vous pensez que ce fantasme n'appartient qu'à votre passé ?
— C'est évident.
Il n'est pas comme moi. Ça me frappe tout à coup. Mon fantasme à moi n'est pas un souvenir. Il est bien réel. Ce n'est pas pour rien que je m'imagine le renverser sur ce canapé. Drago appartient à mon présent alors que je ne suis pour lui qu'un boulet du passé. Ça me fait mal.
— Et vous Harry ?
— Je… Je sais pas trop. J'ai agi un peu sur un coup de tête.
Je n'ose pas aller plus loin, encore moins expliciter mes sentiments. Cela semble suffire à Drago qui cesse de me dévisager pour se retourner vers Mrs. Bones.
— Qu'est-ce que vous voulez aujourd'hui ?
— Comment ça ? demande Drago en fronçant les sourcils.
— Je sais qu'en venant ici, vous vous attendiez plutôt à parler de votre passé commun, mais la question que je vous pose est : qu'est-ce que vous voulez exactement ? Qu'est-ce que vous souhaitez faire aujourd'hui ? C'est votre objectif qui va déterminer la suite.
— Je pensais que nous avions été clairs, nous voulons en finir.
— Je vais dire les choses autrement. Est-ce que vous voulez être ensemble ? Être un couple ? Ou est-ce que vous voulez devenir amis ou quelque chose qui s'en approche ? Entretenir une relation cordiale ? Ou est-ce que vous souhaitez ne plus vous revoir et faire votre vie chacun de votre côté ? J'ai besoin de savoir s'il est nécessaire de vous faire travailler ensemble ou s'il vaut mieux que chacun poursuive le travail de son côté.
L'explication de Mrs. Bones est accueillie par un long silence. Je suis terrifié. Je ne m'attendais pas à ça. Est-ce qu'on veut être un couple ? J'ignorais que c'était possible de l'envisager. Ce n'était pas une option jusqu'à présent et maintenant… Je crois que c'est une possibilité.
Être avec Drago. Rien que d'y penser, ça me donne le tournis. Pouvoir l'embrasser encore, lui parler, l'avoir dans mon lit, dormir avec lui. Et faire l'amour. J'aimerais trouver le courage de lui prendre la main. Ou au moins de poser ma main sur son genou. Pour lui signifier que, peut-être, ça vaut le coup d'y réfléchir. On pourrait essayer ? Au pire, ça ne fonctionne pas et on saura que c'était une erreur. On pourrait aller au bout de notre bêtise, quitte à se casser les dents.
« Je me surprends à avoir de l'espoir », c'est ce qu'il a écrit dans une de ses dernières lettres. L'espoir de quoi ? L'espoir d'être ensemble ? L'espoir que ces sentiments se concrétisent enfin.
Et en même temps, je sais que ce n'est pas une bonne idée. Je ne suis pas prêt, je risque de tout faire foirer. Je n'arrive même pas à avoir une relation avec une personne normale, alors avec Drago ? Je m'imagine déjà les disputes, les reproches, les rappels du passé. Et cette angoissante envie que j'ai de me venger.
— J'ai refait ma vie, commence Drago. Je n'ai jamais souhaité le revoir. Je pensais que lui écrire et lui présenter mes excuses m'aiderait à clore ce chapitre de ma vie, mais ça n'a pas fonctionné. Est-ce que j'ai envie de couper les ponts ? Pas forcément. Je veux surtout que nos rapports soient apaisés. Mais si c'est nécessaire de rompre le contact pour nous permettre à tous les deux de passer à autre chose, alors c'est d'accord. De toute manière, je rentre en France demain matin.
Je ne pensais pas que ça ferait aussi mal. J'ai envie de le frapper. Je m'imagine le faire. Un bon coup de poing en plein visage. Pour qu'il saigne, qu'il hurle, qu'il pleure de douleur. Je veux qu'il souffre autant que je souffre en cet instant.
— Et vous, Harry ? Qu'en pensez-vous ?
Je dois mentir. Je n'ai pas le choix. Je ne peux pas lui avouer que je veux tout l'inverse alors qu'il vient de réduire mes espoirs en miettes. Je me demande si ma psychomage saura détecter mon mensonge. Sans doute. Elle me connaît mieux que Drago.
— Je suis d'accord avec ça. Ça vaut sans doute mieux pour nous deux.
Nous. Qu'il est doux, ce « nous » dans ma bouche. Une syllabe ronde et chaude. J'aime ce « nous » et ce qu'il représente. Lui et moi. Nous.
— Alors si votre objectif est de faire vos vies séparément, je pense qu'il serait plutôt judicieux de travailler chacun de votre côté. Bien sûr, nous pouvons profiter de cette séance pour aborder certains sujets si vous le souhaitez, mais je ne crois pas qu'une thérapie à deux soit appropriée à l'avenir.
Ça veut dire qu'il va partir. Encore. Il va me quitter, comme les autres. Ils me quittent toujours. Mes parents, Sirius, Remus, Ginny. Et même Albus et Severus. Ils sont tous partis. Si Mrs. Bones n'avait pas été là, je pense que j'aurais été capable de ramper à ses pieds en le suppliant de ne pas me quitter. Ce n'est sans doute pas une mauvaise chose de m'éviter cette humiliation supplémentaire.
— Il n'a jamais été question de faire une thérapie à deux.
À chaque fois que Drago ouvre la bouche, j'ai l'impression qu'il piétine un peu plus mon cœur.
— Très bien. Y a-t-il quelques chose dont vous voudriez parler maintenant ? Compte tenu que votre prochaine rencontre risque d'être dans un futur plus ou moins lointain, je vous conseille de saisir cette occasion. Si vous avez des choses à vous dire, des reproches à vous faire, des questions, c'est le moment.
Mrs. Bones est très calme et bienveillante. Elle me fixe plus souvent que Drago. Je pense qu'elle a deviné qu'il y avait des choses que je taisais volontairement.
— Je ne sais pas, déclare Drago. Peut-être que j'aimerais savoir s'il m'a pardonné pour le mal que je lui ai fait à Poudlard. Après tout, c'était le but de ma lettre à la base.
— Alors posez-lui la question. Regardez-vous en face.
Drago obéit, il se tourne vers moi. J'essaye d'être fort et je relève les yeux. Il me prend la main. Je ne m'y attendais pas, j'ai un mouvement de recul mais il me tient fermement.
— Je suis désolé pour tout ce que j'ai pu te dire à Poudlard, pour les fois où j'ai pu te blesser toi et tes amis. J'aimerais que tu me pardonnes. Est-ce que tu as réussi à me pardonner ?
Ma gorge se serre. Il a des yeux gris comme l'orage. Et j'ai encore envie de l'embrasser. Mais ce n'est pas ce qu'on attend de moi.
— J'accepte tes excuses. Mais je ne sais pas si je t'ai vraiment pardonné. J'en ai envie, mais c'est compliqué.
Ma voix n'est pas aussi assurée que je l'aurais voulu, mais je suis sincère. Drago hoche la tête et me lâche les mains. Je respire à nouveau. Se toucher comme ça, ce n'était vraiment pas une bonne idée. Il s'est détourné de moi pour revenir à Mrs. Bones qui nous observe attentivement.
— Le pardon est un long processus et il ne dépend plus vraiment de vous Drago. Et je pense que vous savez que si Harry parvient à vous pardonner, ça ne sera pas pour vous, mais plutôt pour lui.
— Je sais. Il n'a pas à me pardonner pour soulager ma conscience. Je sais que dans cette histoire, c'est moi le coupable.
Pourquoi est-il si mature et posé quand moi, je suis au bout de ma vie ? C'est injuste.
— Harry, est-ce que vous aussi, vous avez quelque chose à demander à Drago ?
Je réfléchis, joue avec mes doigts comme un enfant qui ignore comment répondre à la question de la maîtresse. Bien sûr que j'ai des choses à demander. Comment tu as réussi à devenir aussi adulte ? À quel moment as-tu arrêté de m'aimer ? Comment tu arrives à te regarder dans un miroir après tout ce que tu as fait ? C'était comment la prison ? Tu fais quoi ce soir ?
Évidemment, je ne pose aucune de ces questions. Néanmoins, il y a quand même quelque chose que j'ai besoin de savoir.
— Tu as quelqu'un ?
Ses sourcils se froncent, ses yeux se plissent. Il ne comprend pas pourquoi je lui demande ça. Mais je ne lui demande pas de me comprendre, seulement de me répondre.
— Non, mais je sors d'une longue relation.
— Ok.
Je ne saurais pas dire si je suis heureux ou non d'apprendre ça. Peut-être que s'il avait eu un homme dans sa vie, ça m'aurait aidé à balayer mes restes d'espoir.
— Et toi ?
Est-ce qu'il me pose cette question par politesse ? Pour faire la conversation ?
— Non.
— Le Héros du Monde Sorcier n'a pas de petite amie, quelle tristesse, raille-t-il en levant les yeux au ciel. Pourtant j'imagine que c'est pas les prétendantes qui manquent.
J'accuse le coup. Est-ce qu'il est aussi méprisant par habitude ou il fait exprès pour me faire mal ? Je baisse les yeux. Non, les prétendantes ne manquent pas, et les prétendants ne manqueraient pas non plus si j'étais out. Mais justement.
Je ne veux pas de quelqu'un qui ne me voit que comme un héros. Je ne suis qu'un gamin qu'on a conduit à l'abattoir. J'étais au bon endroit, au bon moment. Si j'ai gagné, c'est grâce à une succession de hasards. Et l'un de ces hasards m'a fait croiser le chemin de Drago au manoir Malefoy et m'a poussé à lui arracher sa baguette plutôt que celle d'un autre, me faisant ainsi devenir le maître de la baguette de Sureau.
— Est-ce qu'il y a autre chose ?
— Non.
Cette fois, je n'ai pas laissé à Drago le temps de répondre. J'en ai marre qu'il monopolise la parole. Je n'en peux plus de cette conversation. De toute manière, il veut couper les ponts, alors ça ne sert à rien de poursuivre. Qu'il retourne en France pour continuer sa petite vie parfaite et me laisse tranquille avec ma vie merdique.
— C'est bon, la séance est terminée, je poursuis en me relevant.
Drago fait un geste pour attraper mon bras, mais je le repousse. J'en ai assez. Je veux partir.
— Vous êtes sûr, Harry ?
Je hoche la tête. Je me force à me tourner vers Drago qui s'est levé à son tour.
— Merci d'être venu. Bon retour en France.
Ces paroles sont fades, mais c'est ce qu'il attend de moi. Il a été très clair. Il veut refaire sa vie, tourner la page, mettre un point final, peu importe l'expression, ça revient au même. Lui d'un côté, moi de l'autre. On ne se reverra plus. Et peu importe ce que moi je veux. S'il ne le veut pas aussi, ça ne sert à rien.
Sur ces mots, je le plante là. Je règlerai la séance une autre fois, Mrs. Bones doit se douter que je préfère partir le plus vite possible. Lorsque je prends une poignée de poudre de Cheminette, j'ai l'espoir d'entendre Drago me demander de ne pas partir. Mais il n'en est rien. Alors je jette la poudre dans la cheminée et disparaît dans une flambée verte.
Et voilà... désolé si ça n'a pas tourné comme vous vouliez ^^"
C'est que le début. Mais on peut dire que ce chapitre conclut la première partie de cette fanfiction, à savoir les premières retrouvailles. La prochaine fois, on fera un petit bond dans le temps.
Malheureusement, je n'ai pas eu le temps d'écrire la suite. Donc en février, pas d'update. Je vais voir si y a moyen que je profite de février pour prendre un peu d'avance, mais comme vous le savez peut-être j'ai d'autres projets en même temps.
Néanmoins, j'aime trop cette histoire pour la laisser trop longtemps de côté, et j'ai plein de trucs prévus, notamment tout un truc autour de Sirius (je vous tease)
A la prochaine !
