J'aime bien le Mpreg. Et vous ?
En cloque ?!
0. Retour de voyage
Les draps autour des deux corps sont tièdes. L'air ambiant est suffocant, la chaleur est insupportable mais si douce et rude à la fois. Leurs mains courent sans se lasser sur les peaux mises à nu, des sillons de chair de poule causés par l'excitation et la lente cadence des mouvements fiévreux bien visibles. Ici, entre les omoplates, contre sa nuque, des frissons. Là, dans le creux des reins, des doigts désireux de bien plus. Un baiser sur le bas du dos, un regard, la deuxième main saisissant fermement sa hanche, un dernier coup d'œil suppliant, et la machine est enfin lancée. Sa colonne vertébrale s'arque, les muscles de son torse se compriment ; c'est de plus en plus vif et enflammé, la cabine a l'air d'être trop petite pour contenir toutes ces sensations. Il ne faut pas plus de temps pour que les miaulements de plaisir et les grognements déjà proches de la fin se fassent entendre. Le rythme accélère, les doigts griffent le tissu fin des draps, les orteils s'ourlent contre une cheville froide, et dans un grand cri commun, ils en ont fini. Repus, les deux corps se déboîtent l'un de l'autre et roulent chacun vers un côté négligé du lit.
•
Usopp, assis sur la tête de proue du Sunny, ajuste ses jumelles à longue portée avant de les river sur ses yeux. Non, il n'a pas rêvé tout à l'heure ! C'est bien un bateau qui est entrain de s'approcher !
"Oi, en bas ! il s'époumone ensuite en faisant signe à ses amis, impatients. «Quelqu'un arrive !»
Ça fait deux heures qu'ils sont là, près de cette île inconnue et inintéressante, à attendre qu'on daigne leur remettre une très précieuse cargaison. Et c'est peu de le dire que le facteur accuse un franc retard.
—Tu parviens à voir qui c'est ? demande Robin.
Le sniper affûte encore son outil. «Pas vraiment...
—Il sert à rien ton bidule, se moque la navigatrice.
—On ne voit rien d'ici aussi, se plaint Chopper en fixant le large. «Impossible de savoir qui vient !»
Brook gratte sa guitare. «Yohohohoho~voilà qui est bien fâcheux ! J'espère tout de même que c'est pas des ennemis, je n'ai aucune envie de me battre !
—Idem, soupire le cyborg en se rapprochant. «On voit toujours rien, t'es sûr que tes jumelles n'ont pas de boulons en moins, Usopp ?!»
—S'il y avait vraiment un bateau il serait déjà visible, même sans jumelles, peste à son tour le cuistot en sortant une cigarette de sa poche. «J'ai des trucs sur le feu moi, ils sont là ou pas ?! Faudrait savoir !»
Zoro étouffe un bâillement. «Si tu m'as réveillé pour rien je te préviens, ne descends plus de là ! Sinon je vais te découper sans pitié, Usopp !
Le sniper déglutit rapidement en sentant une goutte gelée rouler sur son échine, laissant une traînée de frissons désagréables derrière elle. Ses autres amis peuvent encore lui pardonner de les avoir dérangés dans leurs occupations pour venir attendre un faux bateau, mais pas le bretteur, qui ne va pas se faire prier pour le faire saigner s'il a été sorti de sa sainte sieste pour rien. Il se tourne alors vers le large, les jumelles collées à ses yeux, espérant de tout son être un miracle. Un miracle qui lui sauverait la vie...
—Gyaaaaaaah ! Usooooopppp !
Le susnommé sursaute, mais n'a pas le temps de déterminer l'origine du cri que deux mains, vus les doigts qui viennent s'enfoncer dans la peau de son cou et qui laisseront sûrement des traces, s'y fixent puis s'enroulent autour de celui-ci. Le brun est alors entrain de purement et simplement s'asphyxier, l'air n'arrivant plus à rejoindre ses poumons, et sa nuque manque de se briser lorsqu'une charge s'y soutient pour être remontée vers lui. Lorsqu'il ouvre les yeux une fois que la pression est redevenue supportable, quelle n'est pas sa surprise de voir son idiot de boss tout sourire devant lui, avec ses mains toujours sur son cou, et les siennes tenant ses poignets.
—Je suis rentré, et tu es sur MA place ! Shishishi !
—Hein...! Luffy ?! Non mais, c'est quoi ton prob-...
—Luffy ! salue alors l'archéologue depuis le bas, lui faisant un signe de main, visiblement heureuse de le revoir. «Alors c'était vraiment toi qui venais !»
—On ne t'attendait plus, chantonne gaiement Nami.
—Tu es à la bourre, sourit à son tour le musicien.
—Shishishishi !
Zoro soupire, las, puis se détourne sans rien ajouter pendant que les autres restent là, à prendre de ses nouvelles. Le capitaine leur répond joyeusement, se faisant un plaisir de raconter son petit périple sous les mers, ce qu'il y a vu et appris. Le bretteur quant à lui fait un demi-tour du Sunny et voit de loin la tête blonde de son rival de toujours, entrain de discuter avec quelqu'un...dans l'eau ? Faut qu'il aille voir ça.
—Je comprends mieux maintenant, rit légèrement le cuistot en frottant l'arrière de sa tête. «Désolé !»
—Qu'est-ce que tu comprends mieux, cook ?
Comme il s'y attendait le concerné a tressailli avant de le toiser de toute sa hauteur. N'y faisant pas très attention comme d'habitude, il s'approche et croise les yeux sombres d'un type massif, en combinaison blanche, vautré dans l'eau et ayant l'air d'être déjà au bout de sa vie. Il a cet air énervé qui rappelle un truc à Zoro, ou quelqu'un, mais il ne sait plus trop...
—Votre capitaine a détruit mon bateau en sautant pour rejoindre le vôtre, soupire alors l'inconnu. «Et maintenant je me retrouve obligé de nager jusqu'à la rive de cette île, où se trouve mon équipage. C'est ce que j'expliquais à Sanji-san, Roronoa.»
Le bretteur hausse un sourcil indigné. Pourquoi cet abruti de coureur de jupons a un titre de respect et pas lui ?! C'est le monde à l'envers ! Et d'ailleurs, qui est ce mec ? Et il dit que Luffy a...ah oui, il oubliait.
—On pourrait te déposer là-bas, propose le blond.
—Pas la peine, sourit le géant. «Je suis déjà dans l'eau de toute façon. Un peu d'exercice me fera du bien. Merci pour votre indulgence, Sanji-san.»
Le concerné sourit largement. Il peut entendre les dents de son rival grincer à côté de lui, et il ne va se priver de se délecter de ce son qui est devenu une musique encore plus douce à ses oreilles que celle de Brook. Tiens, il devrait aller voir ce qui se passe là-bas, si Jean Bart n'a plus besoin de lui et est fin prêt à repartir. Et aller jeter un œil à la cuisine...
S'il a de la chance, les autres ont assez occupé leur boss pour qu'il ne se soit pas jeté sur ses marmites.
—Bouge de là tête de mousse, il titille ensuite son nakama en partant, faisant mine que ce dernier est sur son chemin. «Tu attends quoi, ton cerveau que t'as commandé depuis ta naissance ?!»
Zoro décolle ses yeux de l'homme entrain de nager péniblement dans la mer pour dégainer son sabre, et couper quelques mèches d'or au passage. «Elles sont toutes nulles tes blagues, abruti de cook !
—Pas autant que toi, foutu bretteur du dimanche !
—Viens me le dire en face si t'es un homme, idiot !
••
Une autre dispute plus tard, l'équipage est attablé dans la cuisine, les mets fumants concoctés par le cuistot ravissant déjà les narines et dans quelques instants les papilles de tous ses amis, celles de son rival aussi, même si de l'autre bout de la pièce il lui envoie un regard noir et est toujours prêt à critiquer sa cuisine. Lui tirant la langue pour le mettre encore plus hors de lui, Sanji ignore l'air contrit du vert puis tourbillonne entre ses belles déesses, leur servant les cocktails qu'il a préparés rien que pour elles. La navigatrice du Sunny est aux anges et Robin hoche la tête avec reconnaissance, savourant son verre.
Il n'en faut pas plus pour que les hommes, délaissés et négligés, se mettent à se plaindre à haute voix de son favoritisme, mais une petite menace en règle de sa célèbre jambe noire leur boucle tous le clapet et le déjeuner se passe dans la bonne humeur. Bientôt les récits de Luffy sont remplacés par les leurs, et le brun semble être content qu'ils aient croisé, tout en venant vers cet endroit pour le récupérer, une partie de leur flotte, et pas des moindres ; celle de Barto.
—Shishishishi ! Dites-moi, il est toujours aussi zarbi ce mec ? s'enquiert le capitaine, son plat de viande qu'il n'a presque pas touché devant lui. «Ah, ça me rappelle de bons souvenirs, à Dressroba ! Il faudrait qu'on aille rendre visite à Rebecca et au soldat !»
—C'est Dressrosa, le tance Usopp en fronçant les sourcils, avant de piquer une cuisse dans son plat. «Je n'ai pas oublié que tu as failli me tuer ce matin, Luffy ! T'as pas intérêt à te plaindre une seconde !»
—Rends lui sa bouffe, ordonne Nami en constatant la moue que le brun tire en le regardant faire. «Si tu en veux encore, Sanji-kun en a fait bien assez !»
Le blond s'excite tout de suite, les yeux en cœur et un filet de bave coulant de ses lèvres. «Bien sûr ma Nami chérie ! Autant que tu veux ! Et toi Usopp, ne me tente pas ! Fais ce que ma beauté t'a dit, et vite !
—C'est pas vos oignons, peste le sniper en guettant leur capitaine. «Il sait très bien ce qu'il m'a fait ! Je veux SA viande ! Il se resservira s'il a encore faim !»
Robin rit légèrement, et le cook tape du poing sur la table, manquant de renverser le verre d'alcool brut du bretteur, qui le fusille alors du regard. «Enfoiré, tu as les yeux dans ton cul ou quoi ?! Fais gaffe !
—Ne parle pas comme ça devant des dames aussi raffinées que Nami chérie et Robin d'amour, espèce de goujat ! Et je me fous de ton verre, connard !
—T'as dit quoi là ?! Répète ça si t'as des couilles !
Luffy se masse lentement les tempes, au fur et à mesure que les décibels montent sur la table. Zoro et Sanji semblent bien partis pour se tirer dans les pattes et Nami n'arrête plus de rouspéter Usopp sur le morceau de viande qu'il lui a pris. Et la cerise sur le gâteau, une dispute éclate aussi entre Franky et Chopper, ce dernier profitant du grabuge ambiant pour reprocher au cyborg une crasse qu'il lui avait faite il y a quelques jours. Lorsque la voix d'habitude tendre et paisible de Robin et aussi celle d'un Brook indigné pour x raison s'élèvent également entre eux, c'est le pompon. Il n'en peut plus !
Bam ! Tout le monde se tourne vers lui, et avec son éternel sourire assez large pour illuminer le monde entier, et surtout les cœurs échaudés de ses amis, il décolle ses mains de la table qu'il avait frappée pour requérir leur attention. Ouf. Enfin un peu de silence.
—Vous savez, les médicaments que Traffy m'a filés sont très forts. J'ai super mal à la tête et j'ai un peu chaud, alors quand vous vous mettez à crier, c'est vraiment pénible. On peut manger en paix ?!
Nami croise les bras. «Usopp, remets lui sa viande !
—Non, répond du tac au tac le brun. «Jamais !»
—C'est pas grave, il peut la garder, soupire avec une extrême lassitude leur capitaine. «Tu l'as bien dit, si quelqu'un a encore faim y'en a bien assez, Nami...!»
La rousse, fâchée, ne semble plus vouloir lâcher son nakama, mais elle est doublée dans ses plaintes par un certain vert, qui agrippe le col de Sanji. Le blond ne tarde pas pour en faire de même, menaçant.
—Lâche-moi tête d'algue ! Je vais te botter le cul !
—Excuse-toi d'avoir renversé mon saké, tocard !
Bon sang, se dit le chapeau de paille en baissant le front sur ses poings liés. Alors il l'a vraiment fait en plus ? Ils sont pas possibles ces deux-là. «Zoro, y'a assez d'alcool sur le Sunny pour gérer une taverne entière, c'est pas à cause d'un verre que tu vas faire autant de boucan ! S'il te plaît, lâche Sanji. Et il va te présenter ses excuses, c'est comme tu veux...
—Ah, sourit le bretteur en repoussant sèchement son rival. «Tu as entendu le capitaine, ero-cook ?! Tu as versé mon alcool, je suis dans mon bon droit de te demander des excuses. Allez, dépêche toi !»
—Jamais ! s'écrie le concerné, boudeur.
—Sanji..., grogne le petit brun. «Excuse-toi.»
Encore un peu et son Haki des rois se déclenchait. Il reste leur chef à tous ainsi qu'à plus de 5000 autres pirates qui lui auraient obéi au doigt et à l'œil. Avec une mine digne d'un mort-vivant, Sanji s'exécute, et Zoro hoche la tête, fier comme un paon. Après tout ce n'est que partie remise, il aura tout le temps de cogner du cuistot quand ils seront seuls. Il lui rend son tirage de langue, et le blond doit se faire un mal fou pour ne pas lui faire un doigt d'honneur. Ravi, le vert se remet à manger. C'est super bon cette fois !
Et ce n'est pas que parce qu'il a eu sa revanche...
—Luffy, moi aussi, geint ensuite Chopper. «Je...»
—C'est bon, c'est bon ! Franky, excuse-toi aussi.
—Quoi ?! s'étrangle le cyborg. «Mais tu ne sais pas ce qui s'est passé, captain ! C'est quand tu n'étais pas là ! Laisse-moi au moins m'expliquer !»
Le concerné lève la main. «Je ne veux rien entendre de plus. Si c'est encore pour me casser les oreilles avec vos histoires, c'est non ! Excusez-vous tous à la fois, qu'on en finisse ! Allez, tous ensemble !
Souriant face à tant de simplicité, vraiment digne de leur capitaine bien-aimé, ils acquiescent tous, et les demandes d'excuses fusent dans tous les sens. Le médecin du Sunny finit par passer outre sa colère et Sanji trinque même avec son rival, non sans lui avoir écrasé les orteils tout sourire. Chassant une larme de pure douleur qui n'a rien à faire là, le bretteur se jure sur tout ce qu'il a de plus cher de faire payer le coup bas au blond, qui entretemps s'est empressé d'aller couper la poire en deux entre Usopp et Nami, offrant deux autres gros morceaux à Luffy, qui à la surprise générale repousse son plat surchargé.
—Oi, tu es sûr que tout va bien ? demande le cook.
—Mais oui ça va, soupire le brun. «Je crois que j'en ai eu assez pour cette fois. Merci Sanji !»
—Quoi ?! Mais tu y as à peine touché ! Allez ne fais pas la fine bouche, mange ! Tu en veux plus, hein ?
—Non, répond son interlocuteur. «J'en veux pas ! Si quelqu'un veut avoir la part que tu veux me donner, y'a pas de problème ! Et dans ton dessert, il y a des fruits, hein ?»
Brook se tourne vers lui, repu. «On ne prend pas de dessert lors d'un déjeuner Luffy. Il faut attendre le dîner pour ça ! J'ai pas raison, Sanji ?
Éberlué, le blond acquiesce, les yeux fixés sur son capitaine et ses tranches de viande toujours dans sa main. Ce dernier fait encore une fois la moue.
—Mais je veux des fruits moi ! Sanjiiiii ! Tout un tas !
—Ah bon ? s'écrie le petit renne, surpris. «Quand on veut souvent t'en donner tu détales comme un lapin pourchassé par des chasseurs assoiffés de sang !»
—Merci pour la métaphore, ironise le sniper.
Franky s'accoude sur la table. «C'est vrai ça ! Que nous vaut ce soudain revirement de goût, captain ?
—Tu ne jures que par la viande d'habitude, geint le cuistot en secouant les tranches sous le nez de leur capitaine. «Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu as des envies de sucré aujourd'hui ?»
Luffy reste pensif un instant, puis secoue la tête, un large sourire étirant de nouveau ses lèvres. «On va dire ça ! C'est Traffy qui m'a dit que c'est bon pour la santé, de manger beaucoup de fruits ! Et des, ah, des légumes ! Je peux en avoir aussi, Sanji ?
Blanc.
Zoro roule ensuite des yeux. «Encore ce Traffy !
—Il te ferait faire n'importe quoi, soupire un Usopp désespéré. «Te soulever contre le monde entier, et maintenant te faire manger des légumes ! Quoi que cette fois au moins, c'est pour la bonne cause...»
—Tu ne m'écoutes jamais moi, se lamente Chopper.
Un verre à cocktail vide est alors posé sur la table. «C'est aussi Traffy qui t'a conseillé sur tes goûts vestimentaires, Luffy ?
Le brun tressaille, puis se tourne vers celle qui ne pipait mot depuis un moment ; Robin, qui le regarde de haut en bas avec un sourire. C'est vrai qu'il fait atypique par rapport à d'habitude. Si les autres ne se disputaient pas sans arrêt, ils auraient peut-être remarqué qu'il n'a plus du tout le même style.
—Ah ça, rit le squelette. «J'avais même pas vu !»
—Oui Robin, c'est Traffy qui m'a prêté son jean...
—Au moins il n'est pas à tâches celui-là, sourit alors le sniper, admirant la matière bleue qui convient aux jambes fines de Luffy, ainsi qu'avec sa carnation de peau. «Tu devrais le garder, il te va trop bien !»
—J'y compte bien, shishishishi ! Je le rendrai pas !
Zoro le pointe de sa fourchette. «Qu'est-ce que t'as fait de toute la valise avec laquelle t'étais parti ?!
Voilà qui réveille des souvenirs qui n'ont vraiment pas besoin d'être partagés sur cette table. «Hum, je m'amusais avec des gosses, et on me l'a volée...
—Toi alors, rit ensuite Franky. «T'es sérieux là ?!»
—Ça alors, s'étonne Brook à voix haute. «Il y a des enfants dans le Polar Tang ?! Ce sont des cobayes ? Ce timbré de Traffy, il en serait bien capable !»
Luffy commençait à s'enfoncer dans son siège, se blâmant pour être un si piètre menteur, lorsque les propos de son nakama sont heureusement balayés par la main de Nami. «Peu importe ! Si Luffy ne lui a pas botté le derrière, c'est qu'il n'y a pas de pépin ! Je n'ai pas envie de me frotter à eux, donc laissons les faire ce qu'ils veulent, enfants ou pas enfants...
—Bien d'accord, s'empresse d'acquiescer Usopp.
—Et cette chemise alors ? s'enquiert Sanji en venant presser la matière cotonneuse entre ses doigts. «Ça ne ferait pas long feu dans un sous-marin humide !»
—Hum...ça ? J'étais sur une île céleste avec Traffy et son équipage, il avait un truc à remettre à Urouge et j'ai insisté pour venir, même si j'étais...malade...
Robin sourit encore plus. «Eh bien, tu ne dois pas t'être beaucoup ennuyé avec eux, hein Luffy ?
—C'est vrai que ce genre de chemise c'est bien le style des anges célestes, confirme le cook. «Elle est ouverte jusqu'au bas du ventre...encore un petit peu et on voyait tout ! En tout cas, ça te va bien !»
—Le changement ne fait jamais de mal..., sourit à son tour le bretteur, carnassier. «Cook, tu devrais prendre de la graine, tes smokings à deux berrys sont déjà passés de mode, tu sais ?»
—Non mais, tu t'es vu toi avec tes lambeaux que tu oses appeler vêtements ?! Et dire que tu es un des membres de l'équipage du futur roi des pirates, ça fait franchement pitié...
Un rire général accueille ces paroles, et le concerné se contente de proférer des menaces sans réel fond au blond, qui n'est pas peu ravi d'avoir remporté la mise. Finalement, le repas se termine sans plus une once de tension et chacun quitte la pièce, laissant le soin au cuistot de faire le rangement et la vaisselle.
•••
Éventuellement, Robin et Nami se retrouvent dans la cabine de Luffy, sortant le brun d'un lourd sommeil qui s'annonçait vraiment profond, lui posant mille et une questions sur sa petite aventure avec le Heart.
—Les filles, on pourrait pas causer plus tard ? geint le capitaine des lieux, saoulé. «Je veux dormir !»
—Allez Luffy, tu ne dors jamais à une heure pareille de la journée ! le houspille gentiment la rousse. «Au lieu d'aller pêcher avec Chopper et Usopp, reste un peu avec nous ! Raconte, comment c'était dans le sous-marin de Traffy ? C'est aussi bien qu'ici ?!»
—Il est bien courageux de se déplacer sous la mer avec un fruit du démon, ironise l'archéologue en plongeant sa main pâle dans les cheveux noirs de leur cadet, allongé entre elles. «En tout cas, c'est vrai qu'il est le seul à en avoir un. S'il y a une fuite, ses camarades seront là pour le sauver.»
—Ouais, rit légèrement Nami. «Ça doit être pour ça qu'il est leur capitaine ! Mais faut avouer que ça lui va bien. Un toubib avec le fruit du bistouri, y'a rien de mieux à ajouter ! Hein Luffy ?»
Le concerné bâille puissamment. «Waaah ! Ouais...
—Au départ je ne l'ai pas cru, quand on nous avait dit qu'il est médecin en vrai, continue la rousse en lui tirant l'oreille pour qu'il ne s'endorme pas. «Non mais, vous avez vu sa dégaine ?! On dirait un gosse mal éduqué plutôt qu'un docteur, non ?»
—Mm, acquiesce son interlocutrice. «Même si je n'ai jamais compris pourquoi il a sauvé notre Luffy, je lui en serai éternellement reconnaissante.»
—C'est pas évident ? réplique sa nakama. «C'est pour qu'on ait une dette envers lui ! Contrairement à notre Luffy qui est innocent comme un nouveau-né, ce Traffy est un pirate dans toute sa splendeur, très manipulateur et aigri. Pas étonnant qu'il ait été un temps le poulain de Doflamingo ! Il surgit de l'eau au bon moment, guettant sa chance, il soigne Luffy et lui propose une alliance après lui avoir sauvé la vie in extremis...qui refuserait ça, hein Luffy ? Tu n'es pas comme eux tous, tu as des scrupules toi !»
Encore sorti de son sommeil, le brun grogne en se tournant, frottant sa joue sur son oreiller. «Hmm ! Traffy est quelqu'un de bien...il est gentil...hm...
—Gentil ! s'étrangle Nami en levant les yeux au ciel.
La grande brune à leurs côtés rit un peu. «Gentil est un bien grand mot pour désigner Law. Disons qu'il est...correct ? Il ne nous a jamais fait de faux bonds.
—Encore heureux ! S'il avait lâché Luffy à Wa, je lui aurais cassé la gueule, quoi qu'il m'en aurait coûté !
—Il a encore accepté de le soigner cette fois. Donc je pense que contrairement à ce qu'il a souvent dit, nous sommes de parfaits alliés désormais. On peut compter sur eux et vice-versa. On en avait besoin...
—Hm hm ! confirme joyeusement leur capitaine.
Nami tape dans ses mains. «Bon ! Et si on arrêtait un peu de parler d'eux ? Luffy, tu as dit que tu étais chez Urouge, non ? Ça veut dire que tu as vu Sabo ?
Luffy se contente de soulever un pouce paresseux.
—Et il est toujours entre les cuisses de cette Koala ?
Robin étouffe un gloussement indigné. «Nami ! On t'en pose des questions, à toi ?! Laisse les en paix !
—C'est dommage, se plaint la rousse en s'étirant. «Il me plaît bien...mais je vois qu'il est déjà pris...»
—Oui, alors arrête de dire n'importe quoi, surtout à Luffy, soupire l'autre en constatant les yeux ronds de leur capitaine posés sur elles. «Tu as vu ton père aussi, n'est-ce pas ? Et Iva-san, il va bien ?»
Tout de suite, la confusion du Mugiwara s'envole pour laisser place à une franche joie. «Je ne savais même pas que cet emplumé d'Urouge collaborait avec eux ! Sabo, il me regardait à peine les jours qui ont suivi, il n'arrêtait pas de coller cette fille, là...Et c'est la grosse tête qui passait tout son temps avec moi ! Ah, qu'est-ce qu'on en a fait, des conneries !»
Robin hoche la tête, ravie. «C'est bon à savoir !
—Alors, tu nous as ramenés des souvenirs, Luffy ? s'impatiente la navigatrice en prenant son baluchon de voyage dans ses mains, avant d'en renverser le contenu devant eux tous, faisant rire son capitaine. «C'est quoi ça ? Des bonbons ? Oh, des photos !»
—Nami..., soupire la brune, exaspérée. «Ça ne se fait pas de fouiller dans les affaires des gens.»
Un grand rire coupe court à ses propos. «Bon sang Luffy, t'es pas possible ! Qu'est-ce que tu fous avec des échographies ?! Elles sont à qui ? Tu devrais les rendre, gros bêta ! C'est important ces trucs là !
—Des quoi ? s'étonne le petit brun, confus.
Vu que la rousse ne semble pas pouvoir contenir son rire, Robin attire l'attention de leur capitaine.
—Une échographie c'est ça, elle sourit ensuite en arrachant un cliché des mains de Nami. «Comment dire ? C'est un peu comme une photo du bébé dans le ventre de sa mère. Où est-ce que tu les as prises Luffy ? Elle a raison, il faut les rendre.»
Il secoue la tête. «Mais je ne les ai pas prises ! On s'amusait dans l'hôpital de là-bas dans le dos de Traffy, et on prenait tous ces trucs bizarres...
—Ah, s'interrompt la navigatrice, essuyant de son coin d'œil une larme de rire. «Vous faisiez donc des radios. Il a sans doute confondu les tiennes avec les échographies d'une femme. Ah, c'est trop drôle !»
Robin la guette, taquine. «Celles de Koala, qui sait ?
Comme elle s'y est attendu, le rire de son amie est vite coupé dans sa gorge, et Luffy bâille encore plus fort en se recouchant sur son oreiller. Nami se lève nerveusement du lit, empoignant les clichés avec elle, et leur crie en sortant qu'elle va tout de suite appeler là-bas pour "en avoir le cœur net, bien net."
Avec un large sourire, l'archéologue la regarde faire, et une fois qu'elle est partie, elle se tourne vers leur capitaine pour continuer la conversation, mais il est déjà endormi. Et connaissant cette marmotte, c'est pas la peine d'insister. Elle plante un petit baiser sur son front, puis c'est à son tour de partir en silence.
Une fois qu'il est de nouveau seul, Luffy rouvre avec difficulté un œil, puis tire vers lui une enveloppe que sa navigatrice et Robin n'avaient pas remarquée, et la glisse sous son oreiller. La grosse tête lui avait dit que c'est important, mais qu'il devrait lire la lettre qu'il lui a écrite une fois qu'il serait de nouveau sur le Sunny, "avec tes amis et très loin de moi, Mugi !"
Le fait que le travelo géant se retenait visiblement de pleurer à chaudes larmes, ou de s'enfuir à toutes jambes, ou les deux, ne l'avait pas plus surpris que ça. Ah, cette grosse tête ! Ça doit encore être une de ses farces. Ou un énième avis de bannissement de son père à son encontre, qui sait...
Bah, Luffy bâille une dernière fois.
Ça doit pas être si grave que ça, de toute façon.
