Hello ! Pardon pour le retard !
J'espère que tout le monde se porte bien :)
Dernièrement, je souffrais d'une maladie plutôt répandue chez les auteurs : le manque criard d'inspiration ! Je ne savais pas comment amener ce chapitre, mais je dois avouer qu'après mille et unes tentatives, je suis satisfaite du résultat :)
Bonne lecture, réactions toujours appréciées !
Chapitre 3: 36 façons
Après deux ou trois heures passées à Dressrosa, le résultat des courses est désolant. Zoro, assoiffé et bien sûr armé de son infaillible boussole naturelle, a tout bonnement disparu dans la cité. Une partie non négligeable du club de Barto a proposé ses douteux services pour ramener le bretteur à bon port, mais il semble que leur capitaine a oublié que quasiment la totalité de ses hommes sont des cloches tout aussi pitoyables que celui qu'ils doivent retrouver quand il s'agit des directions. Et donc, ça en fait un de moins.
Bon, se dit un Sanji de plus en plus nerveux. C'est la tête de mousse quoi, c'est normal qu'il se perde. À coup sûr cet ivrogne est entrain de faire un ridicule concours de beuverie dans un coin de l'île...Bref !
Sa Nami chérie est aussi introuvable, et ceci depuis qu'un des cuistots, sous sa direction exceptionnelle pour le banquet de tout à l'heure, lui ait mine de rien appris que des dizaines de casinos et autres places de jeux d'argents ont fleuri dans la ville pendant les reconstructions. La rousse avait alors prétexté aller se faire belle—Sanji se maudit parfois d'être si faible face à la gent féminine—puis avait elle aussi levé les voiles. Si ce n'était sa conviction de ne jamais poser un seul pied dans des endroits pareils, le blond lui aurait bien couru après dans toute la ville, pleurant leur sort, pour lui supplier de l'aider. Mais il connaît la jeune femme mieux que quiconque ; quand c'est d'argent dont il s'agit, Nami est vraiment insensible.
Celle qui aurait été touchée par ses larmes dans ce genre de mouise est sans aucun contexte sa tendre Robin d'amour, mais elle aussi est introuvable. Sanji essaie de se calmer, de donner des ordres autour de lui, sachant bien que sans ça le chaos s'installerait dans cette cuisine gigantesque comme la mauvaise herbe irréductible dans un jardin. D'après ce qu'il a pu drainer, l'archéologue a filé en douce comme elle sait si bien le faire dans les bas-fonds de la ville, où se trouvent les archives et les bibliothèques les plus emblématiques de Dressrosa. Aucun problème avec ça jusque là, mais justement, ils ont un problème, et il semblerait que personne ne s'en soucie vraiment !
Pas même Franky ni Brook, qui ont préféré troquer l'honneur et la galanterie des hommes de l'équipage des chapeaux de paille—si on ne compte pas le gros bourricot de Marimo, bien sûr—pour une espèce de "balade", qui dure depuis qu'ils ont débarqué. Tous ces imbéciles sont censés rester déguisés pour ne pas que la population se jette sur eux avant qu'il ne soit décidé par le roi lui-même en ce sens, le blond espère juste qu'ils ne l'ont pas oublié. Le squelette est toujours le premier à révéler sa véritable identité ainsi que sa carrière aussi vide que son crâne, mais au moins Franky est plus discret, et est réellement passé pro dans l'art de se camoufler. Même s'il n'en perd pas sa légendaire extravagance, c'est déjà ça !
Épuisé, le cook trouve une chaise vacante où jeter son corps fatigué et surmené de se taper tout le taf depuis qu'ils sont arrivés à Dressrosa. C'est lui qui a déjà dû s'occuper de leur réception au Palais royal, même si son humeur était massacrante par la suite, parce que la subliminale Viola n'était pas encore au rendez-vous, occupée ailleurs. Une fois que chacun a posé ses affaires pour la semaine dans le coin qui lui était réservé, la grande dispersion a commencé.
Sanji n'a pas eu le temps de leur rappeler la moindre des politesses que tous avaient déjà décampé-...
"Sanjiiii ! C'est quand qu'on mange ?! J'ai faim !
...enfin, presque tous. D'usage, les invités que lui et ses nakamas sont doivent avoir un cadeau en main pour contenter la princesse-...ahem, toute la famille royale. Mais là, personne n'y a pensé, et c'est pas le bouquet de roses—quoi qu'impressionnant—qu'il a amené avec lui qui fera l'affaire pour toute la bande.
En plus, il avait pensé à ces fleurs pour faire la cour à la belle brune, pas pour que l'équipage au complet y trouve son compte au final ! C'est pas possible !
—Dégage Luffy, tu vois pas que je bosse ?! il peste alors en se relevant, ajustant sa toque sur sa touffe de cheveux dorés. «C'est pas pour maintenant !»
C'est ensuite au tour de Chopper d'apparaître sur sa tête, qui a été, dès sa sortie du Sunny, à grand peine débarrassée de son célèbre chapeau. «Mais, tu n'as déjà pas fait le petit déjeuner ce matin, Sanji ! On va finir par crever de faim, à force d'attendre !
—Je ne suis pas votre esclave...! s'écrie le blond en tirant nerveusement une cigarette de sa poche. «Je suis occupé ici ! Foutez-moi la paix à la fin, putain !»
Luffy fait la moue, l'air d'être d'ailleurs un peu vexé, comme d'habitude, de ne pas obtenir ce qu'il exige de qui que ce soit. Mais cette fois, Sanji a tout sauf le temps de gérer ses humeurs aujourd'hui. Il doit y avoir une bonne centaine de marmites au feu, et le dernier truc dont il a besoin, c'est de gérer ce gros ventre sur pattes—en plus d'Usopp qui essaie sans aucune gêne de chiper des morceaux de viande sur les plateaux des autres cuistots, trop occupés qu'ils sont tous pour remarquer les tentatives du sniper.
Celui du Sunny se masse alors très, très lentement les tempes, ce qui signifie en leur langue des signes qu'il est sur le point d'exploser et que ses nakamas ont tout sauf envie d'être dans les parages quand ça arrivera. Finalement, Usopp se rabat sur une grande corbeille de pâtisseries, et fait discrètement un petit signe à ses deux complices, dont le but implicite fut vraisemblablement de le distraire le temps qu'il soit apte à commettre son hideux forfait dans son dos.
Malheureusement pour l'autre brun, son Haki à lui a de quoi s'enorgueillir de bien fonctionner, donc il a tout vu, du vol à la dissimulation du butin sucré. S'il ne se trompe pas, c'est maintenant le moment pour les trois larbins de tirer leurs stupides révérences.
Usopp s'éclaircit la gorge, sa besace brune soudain bien remplie. «Boooon ! Les gars, on va laisser notre chef adoré faire son boulot, hein ? Allez, on s'en va !
—Ouais, acquiesce un peu trop vivement le docteur de l'équipage, ce qui scandalise leur nakama. Et dire qu'il pensait que Chopper était le plus responsable des trois...Ses assurances volent en fumée, comme son tabac en ce moment. «C'est l'heure de partir ! Il y aura de la bouffe tout à l'heure de toute façon ! Ne te fais pas de mouron pour nous Sanji, ça va aller !»
Le concerné allait leur rétorquer qu'il n'en aurait de toute façon rien à cirer s'ils crevaient de faim toute la journée en attendant le banquet quelques heures plus tard, dans la soirée, mais c'est au tour du bêta international de Luffy de lui adresser ses aurevoirs.
—Ouais ! renchérit encore plus leur capitaine. «En attendant la vraie bouffe, on devrait tenir avec tous ces gâteaux que t'as pris en douce, hein Usopp ?!»
Blanc. Les rires nerveux stoppent, et des facepalms dépités se produisent. Sanji ricane méchamment en écrasant son mégot sous son pied, se délectant des regards terrifiés que lui lancent les deux moins cons du joyeux groupe de voleurs. Luffy les zieute à tour de rôle, puis pose ses grands yeux sur le cuistot de son équipage. Quelle innocence, quelle naïveté...!
Rien que pour ça, il va être épargné de la corvée de devoir attendre. Et les autres avec lui, hmm. Ils ont tous les trois intérêt à être pleins pour se charger de ce que tous leurs nakamas ont refusé. «C'est boon les amis, ne faites pas cette tête~! Ils sont à vous !
—Quoi ?! s'exclame le docteur, stupéfait. «Hein...?»
Usopp en reste ahuri. «T'es pas fâché qu'on ait volé dans...une cuisine ? Tu détestes ça d'habitude !
Le blond fait un clin d'œil espiègle, ce qui leur fout à l'instant des frissons d'horreur. «Mais non, non~!
Chopper déglutit violemment. «J'aime pas ça...!
—Shishishi ! Je savais qu'on pouvait simplement lui demander pour les gâteaux, s'en amuse Luffy en lui faisant une petite tape sur la tête. «T'exagères !»
—Bah...merchi, se contente de sourire le sniper.
Après tout, même les diables ont leur jour de bonté.
—Oi ?! s'insurge immédiatement le renne contre son nakama. «Tu bouffes déjà ?! Attends qu'on partage tous les gâteaux entre nous, avant de t'empiffrer !»
—Cha va, ch'en ai pris que cheux ! se défend l'autre.
—Je suis votre capitaine, réplique à son tour Luffy, rejoignant la dispute. «Et je veux TOUT le panier !»
Usopp et Chopper s'entreregardent, éberlués, avant de se retenir d'éclater de rire face à tant de candeur venant de la part du brun. «Dans tes rêves, ouais !
—Grrr ! C'est moi qui commande ici, j'vous rappelle !
Ils s'en allaient déjà entre la marmaille occasionnée par la concoction du banquet lorsque Sanji pose un peu trop galamment les mains sur les épaules des deux humains, laissant son menton s'enfoncer dans le large chapeau du renne, qui en retient son souffle d'anticipation. Quelques secondes plus tard, rien ne se passe, et alors qu'il allait dire quelque chose, un truc vient s'accrocher sur sa hanche. Surpris, il se retourne pour voir ce que c'est, comme les autres...
—Ça alors...! s'émerveille Usopp. «Mais c'est-...»
Les yeux de Luffy se mettent à briller. «De l'argent ! Youhouhou ! Ça veut dire encore plus de nourriture !
—Mais non abruti ! Ça veut dire plus de munitions !
—On va se taper un bon repas avec ça, shishishi !
—Tu plaisantes ?! On est à court de pansements !
—Bah ! Et alors ?! On se bat jamais de toute façon...
—N'importe quoi pourrait nous arriver, imbécile !
Un raclement de gorge plus tard, Sanji a de nouveau attiré leur attention. «Messieurs, ceci n'est pas pour jouer avec. Il y a très exactement 3,000 berrys dans cette pochette. Vous avez ça plus cinq heures vingt minutes pour ramener un cadeau pour nos hôtes. Ils sont si gentils de nous recevoir ici, n'est-ce pas ?!
Sa dernière interrogation avait été ponctuée d'un mouvement brusque, et d'une chaleur inquiétante qui avaient eu le mérite de faire plus rapidement hocher la tête aux trois chapeaux de paille. Sanji acquiesce lui aussi, content qu'ils aient compris.
—Oui, je le pense aussi ! Et c'est maintenant à notre tour de leur montrer notre gratitude ! sourit le blond avec une fausse gentillesse, tout en les poussant en avant, vers les portes de sortie. «C'est sympa !»
Luffy tape dans ses mains, excité. «Un cadeau ?!
Usopp tire sur son col. «Notre dernière heure...
Chopper gémit, blasé et résigné. «...est arrivée...!
Sanji leur fait un dernier signe de main alors qu'ils quittent la pièce, le pas lourd. «Bonne chance, les garçons ! Vous allez nous trouver un beau cadeau, hein Luffy ? Je compte sur vous trois !
Le susnommé confirme vivement. «Ouiiiiiii ! Et toi, tu nous prépares de la bonne viande, hein Sanji ?!
—Mais oui, boss ! Allez-y, et à tout à l'heure !
Il referme ensuite les portes derrière lui, et Sanji se permet enfin de soupirer, soulagé. Un effort de plus en moins. Si Luffy est assez imprévisible, ceux qui l'accompagnent seront assez sensés pour ramener quelque chose d'assez distingué pour leurs hôtes.
C'est ça ou ces deux-là vont très salement morfler.
•
Cinq heures ? C'est un peu trop...peu, pour les trois commis à la mission "cadeau urgent pour la famille royale". Après avoir assisté au cortège qui saluait en grandes pompes le retour de la princesse Viola, ce qui occupera suffisamment Sanji pour qu'il ne leur coure pas après, les trois nakamas se sont faits une réelle joie d'arpenter les rues marchandes de la cité non pas en tant que pirates/sauveurs de Dressrosa, mais juste en simples clients appâtés par tout ce qui est mis à disposition de leurs yeux émerveillés.
Des pansements de toutes les formes et de toutes les utilités possibles pour Chopper, un stand discret dédié aux manieurs d'armes, vendant en catimini un stock entier de munitions spécialement conçues par des pros pour des armes comme la sienne.
Et même des dizaines et des dizaines de stands de nourriture pour le grand bonheur de Luffy, qui n'a en revanche pas englouti les repas que proposaient les vendeurs. En un peu moins de quatre heures, ils ont scindé le marché de la cité de fond en comble.
Et au fur et à mesure que les achats se multipliaient et que leurs rires augmentaient, les berrys du cuistot de leur équipage diminuaient au même rythme sans même qu'ils ne s'en rendent réellement compte.
En quittant le stand d'une ravissante commerçante de bijoux artisanaux, belle et lumineuse, qui lui avait rappelé sa Kaya, leurs sacs pendus aux bras, Usopp arrache ensuite leur bourse de la taille de Chopper, qui plaisantait de bon cœur avec son capitaine, déjà essoufflé par leur petit tour dans toute la ville.
Le ciel prend des teintes orangées et l'astre solaire se rapproche dangereusement de l'horizon. Le brun soupire alors en se mordant l'index. «Hm...les gars, on a un peu trop fait les fous ! Il faut qu'on le trouve, ce putain de cadeau ! Sinon on est morts ! Chop'?
—Hic ! Ne t'inquiète pas, sourit le renne, les joues rouges. Son ami avait presque oublié qu'il avait bu un énorme verre de vin en guise de collation après un repas rapide. «J'ai la solution ! Viens avec nous ! Tu te rappelles de ce stand de jolis vêtements ?»
Usopp lève les yeux au ciel. «C'est pas le moment, merde ! Moi je te dis qu'on a presque plus de fric-...
—Relaaax mon frère, hic ! J'ai une super idée !
Luffy délaisse une seconde sa glace à l'eau. «Oi, il nous reste combien de berrys au fait, les copains ?
Le sniper compte les billets en vitesse. «500 berrys à peine, et encore c'est très juste ! On est fichus !
—Mais non, sourit son interlocuteur. «Chopper a dit qu'il avait une idée, non ? On fera comme il veut, on a plus trop le choix, là ! C'est bientôt la nuit...»
—Tss. Ne me rappelle plus que c'est le fric de Sanji qu'on a dilapidé aujourd'hui, et qu'il nous attend-...
—...devant un bon et énorme repas ! Shishishishi !
Usopp soupire et guette le docteur de l'équipage. Il tient à peine en équilibre sur l'épaule de Luffy, qui a déjà les jambes qui lui grattent de retourner au plus vite au Palais pour enfourner son banquet. Merde...
—Chopper...je sais pas si t'es assez lucide pour-...
Le renne se met à rire. «Elle était bien cette journée, hein Usopp ? On s'est bien amusés, tous les trois !
—Oh oui ! On devrait faire ça plus souvent ! s'écrie Luffy en terminant sa glace. «Tiens, regardez ! C'est ce stand de vêtements dont tu parlais, Chopper !»
Effectivement, comme guidés par le destin, ils sont arrivés à bon port et le vendeur leur adresse un des plus chaleureux sourires qu'il ait jamais vu, comme devinant leurs intentions—et surtout le fait qu'il est leur dernière chance pour ne pas finir en charpies.
Usopp hausse les épaules, las, ajustant ses sacs.
C'est bien vrai que c'était super cool, aujourd'hui.
••
Chopper cogne dans ses sabots. «Tu vois, je te l'ai dit ! On a un cadeau, et ce cadeau c'est...ce mec !
Le rideau de la minuscule cabine d'essayage est tiré sur le côté, découvrant le susnommé, époustouflant et impeccable dans un kimono bleu de nuit avec des motifs étoilés sur les manches. La ceinture est d'un bleu un peu plus clair, ce qui casse agréablement le tout, et il porte des sandales traditionnelles avec en plus un de ces pendentifs qu'ils ont acheté. C'est le cas de le dire, Luffy est juste à couper le souffle.
Une fois la dose d'admiration passée, Usopp croise les bras sur son torse, les sourcils froncés. «Okay, il est plutôt beau avec ça, mais c'est quoi le rapport ?!
—C'est pas évident...? soupire son nakama, ayant un peu dessaoulé. «Le meilleur cadeau qu'on peut leur offrir, c'est leur héros...dans son plus beau et chic apparat ! Sanji va adorer, et la famille royale aussi !»
Sceptique, son interlocuteur se gratte alors la joue, détaillant l'autre de haut en bas. «Euh...je sais pas trop, t'es sûr de ton coup ? Non mais parce que-...
Un vacarme pas possible se produit alors, et Usopp est le premier à bondir pour aller se cacher derrière un Luffy passablement surpris. C'est simple, on leur a expédié un colis...qu'ils n'attendaient plus de voir avant ce soir, pour le banquet et l'alcool qui va avec.
Les sabots sur les hanches, Chopper constate avec exaspération l'étendue des dégâts dans l'arrière du stand de ce pauvre commerçant, qui s'est vite rué là où ils se trouvent, inquiet. Heureusement, ce n'est que le matériel qui est touché ; ses jolis tissus sont tous intacts. Quelques-uns sont renversés, et Luffy s'engage à l'aider à les remettre en place, souriant.
Mais quelque chose d'autre arrive de nulle part, ce qui a l'air d'être une table, et le Mugiwara n'a pas le temps de voir venir le projectile qu'il s'est fracassé sur son corps, l'amenant à pousser un petit cri, puis c'est un rire très amusé qui traverse ses lèvres.
Ses nakamas, connaissant la résistance inhumaine du capitaine, ne s'en formalisent pas, contrairement au vendeur qui s'horrifie et se précipite dehors pour chercher sa boîte de secours ou de l'aide. Usopp se retient de rigoler en tendant la main à Zoro, avachi au sol telle la loque alcoolique qu'il est maintenant.
Le bretteur repousse sa main de mauvaise grâce, et s'attèle à se remettre lui-même sur ses jambes. Le renne l'examine rapidement. Aucune contusion, que des bleus légers à cause de la chute. Et sûrement le taux d'alcoolémie le plus fort qu'il aura enregistré à son ami, si le docteur du Sunny ose rien que le faire.
—Qu'est-ce qui t'est encore arrivé ? demande alors le sniper. «C'était quoi cette entrée en scène...?!»
Le concerné grogne en passant une main dans ses cheveux verts. «P'tain...comme si je voulais tomber sur vous comme ça...! Bon, j'ai un peu trop picolé, on dirait...et j'avais pas un seul berry en poche...
Chopper soupire une fois encore. «Alors là, bravo !
—Et ils t'ont lancé en l'air parce que...? rit Usopp.
—Je l'ai déjà dit, peste le bretteur. «J'ai bu sans leur donner leur blé...hahaha, ces cons...ils doivent sans doute penser qu'ils m'ont fait tellement mal...AÏE !»
—Ils n'ont pas tort, ironise le docteur en collant sur son bras des séries de bandes. «Rah la la !»
—Tu fais chier, Chopper ! J'ai dit que j'vais bien !
—Boucle la et fais attention à mes pansements, dit simplement le susnommé en se relevant. «Bon, on devrait tous rentrer au Palais pour se faire beau !»
—Mais on a toujours pas de cadeau, geint Usopp en expirant lourdement. «Ou tu la gardes, ton idée ?»
—On a plus le choix, il se fait trop tard maintenant, réplique le renne en se retournant vers ledit cadeau humanoïde et bien vivant. «On y va, Luf-...QUE ?!»
Les gouttes tombent les unes après les autres.
Peu à peu, le kimono est taché, irréversiblement. Le sol ici se colore de cette teinte métallique, macabre.
Rouges, et bien trop énormes pour que ce soit une simple plaie occasionnée par le choc. Zoro et Usopp en restent cois de stupeur. Qu'est-ce qui se passe ?!
Luffy est toujours devant la glace, admirant quelque chose sur son visage, peut-être sa cicatrice...? Il ne fait absolument pas attention à ce qui est entrain de couler, venant de lui, et le salissant de partout.
Chopper avance à petits pas. «Luffy. Capitaine...
Le brun se retourne, et son interlocuteur constate avec horreur que sa face est entrain de pâlir. «Oui ?
—Je veux que tu gardes ton calme, okay ?
En parlant, il s'approche peu à peu, les sabots bien en vue pour ne pas effrayer inutilement l'autre, qui cligne un peu trop lentement des cils pour que cela n'inquiète pas terriblement le médecin, qui déglutit.
En retrait, Zoro a de plus en plus de mal à la fermer. Si ce n'était le bras du sniper, il se serait déjà jeté la tête la première sur son capitaine, nerveux à mort.
—Luffy, tu as du sang qui coule...entre les jambes...
Il parvient à peine à garder les yeux ouverts. «Oh...
—Ne panique pas, d'accord ? Je suis là, d'accord ?!
Ses yeux finissent par se clore. «Et c'est grave...?
—N-non, ne t'en fais pas ! Pas de panique, Luffy !
Sa tête tourne, ses jambes deviennent de la gelée si instable, et en moins de temps qu'il n'en faut pour le penser, le sol se dérobe lentement sous ses pieds.
—Chopper, il sourit. «Je sais pas ce qui m'arrive...»
Et puis, c'est le trou noir. Sa conscience s'étiole.
Zoro est le premier à crier, effaré. «LUFFY ! LUFFY !
—Ne crie pas son nom comme ça...! s'écrie Usopp en lui tirant fermement la manche. «Tu vas faire que tout le pays sache qu'on est là ! Calme-toi, merde !»
—Mais tu vas me lâcher ?! piaille l'autre. «Regarde, il est entrain de pisser le sang ! Il faut qu'on fasse un truc bordel ! On s'en fout de nos couvertures !»
Chopper soulève la nuque du concerné. «Usopp, tu te charges de nos arrières ! Zoro, porte le ! On va à l'hôpital le plus proche ! Je n'arrive pas à voir d'où vient le sang, je ne sais pas si c'est interne ! Allez !
Le bretteur s'exécute, brisé de voir son capitaine dans cet état. Lui et le médecin du Sunny courent vers la sortie, et comme convenu Usopp les suit le plus vite qu'il peut, devant rassurer le vendeur et payer pour le kimono qu'ils ont pris. Et gâché...
Au bout d'un moment, ils ne sont plus qu'à quelques mètres de l'hôpital, et pour une raison ou une autre, il passe en mode "Haki". Ses yeux se mettent alors à discerner ce machin, ces choses...les auras ! Celles des personnes qui l'entourent, de près ou de loin !
Immédiatement, il rive ceux-ci sur ses trois amis.
Sur Luffy, qui n'émerge toujours pas...Zoro est déjà couvert de sang de la taille aux pieds, et le vert n'en a pas la moindre cure. Ils continuent de courir, puis arrivent à la réception des urgences. Luffy se trouve rapidement allongé sur un brancard, et Chopper dit à l'une des infirmières qu'il est lui aussi médecin. La jeune femme hoche la tête, et fait un signe aux deux autres de les suivre dans la salle de soins intensifs, où elle est restée unique maîtresse des services.
Une seringue à la main, elle s'éclipse alors derrière un rideau avant de revenir, le front en sueur, voyant que le renne s'occupe déjà de la respiration de leur patient. «Docteur ! Dans quel service devons-nous l'envoyer ?! Nous allons lui libérer une chambre !
Chopper semble stresser et hésiter à lui répondre, et c'est finalement Usopp qui se jette sur la brune, lui prenant les épaules. «Il y a une maternité, ici ?!
Zoro l'empoigne violemment pendant que la femme en reste muette d'incompréhension. «Putain, t'es sérieux là, enfoiré ?! C'est pas le moment de faire ta blague de merde ! Luffy est en danger et toi tu-...
—Répondez ! la presse le sniper, ignorant le vert.
Le médecin du Sunny place alors un respirateur sur le nez et la bouche de leur capitaine, et fusille son meilleur ami du regard. «C'est quoi ton problème, à la fin ?! Pourquoi tu veux savoir ça MAINTENANT ?!
L'autre brun n'en peut plus. Il se dégage de la main moite du bretteur, et doit se coller au mur pour leur dire, pointant du doigt le ventre arrondi de Luffy.
—Ce n'est pas de la graisse, il halète alors. «Non !»
L'infirmière fronce les sourcils. «Comment ça...?!
—C'est un bébé, finit par souffler son interlocuteur, réduisant au silence choqué ses deux nakamas. «Il a...Luffy a...je sais pas comment c'est arrivé, mais il a un fœtus là-dedans ! C'est un bébé, tout ça !»
Le rire nerveux de la professionnelle de la santé ne résonne qu'un instant avant que la jeune femme ne doive admettre, après examens, que c'est bien vrai.
•••
Silencieux, Chopper tend le gobelet en plastique à Nami, qui le réceptionne avec un hochement de tête équivoque. Le renne s'écroule ensuite sur la chaise que lui a gardée un Usopp aux yeux las et pochés. Il fait déjà nuit et leur capitaine ne s'est toujours pas réveillé de son malaise. Robin et Zoro se sont portés garants d'aller donner la malheureuse nouvelle à la famille royale ; même si c'est surtout un moyen pour la grande brune de garder son nakama en laisse. Le cook de l'équipage est allé défouler sa nervosité sur les kilos de viande que Luffy affectionne tant, Brook sur ses talons pour ne pas s'inquiéter seul. Franky a juste tourné le dos et depuis, il est retourné au port, faisant quelques brèves apparitions pour avoir des avancées, ou tout autre chose, sur la situation.
La navigatrice bâille alors puissamment. «J'ai envie de dormir...ça fait des plombes qu'on est là...
—Moi aussi, soupire Usopp en baissant les yeux sur son gobelet vide et tiède. «Et encore, c'est pas vous qui avez dû l'amener jusqu'ici...! Je suis épuisé !»
Le médecin lui donne ensuite un coup sur le bras, un grand sourire aux lèvres. «En tout cas, t'as été un vrai génie sur ce coup là ! Chapeau, pour ton Haki !
—Haha, c'était rien, répond le concerné en frottant l'arrière de sa tête, les joues roses. «Rien comparé à ce que lui il va vivre maintenant...pauvre Luffy !»
—J'arrive toujours pas à y croire, souffle la rousse, les bras croisés. «Un bébé. Un homme. Un homme avec un bébé dans son ventre ! D'où lui a poussé cet utérus qu'on nous a montré ?! C'est de la magie !»
Chopper retire sa fausse moustache, exténué. «Je suis désolé de vous l'apprendre, mais la science n'a pas du tout d'explication logique à ce phénomène...
—Alors la science est sacrément limitée, ironise le sniper. «Non mais parce que là, qu'on le veuille ou pas, qu'on l'accepte ou non, Luffy est...enceint ?»
—"Gros" est meilleur, sourit le renne, sarcastique.
—Pas encore...! s'en amuse leur nakama. «Je veux plus de crises parce qu'on l'aura soit disant qualifié comme ça ! Vaut mieux qu'on lui dise que...euh...»
—Il attend un bébé, dit Usopp en hochant la tête.
—Il porte un bébé techniquement, corrige Chopper.
—Ouais, mais il va pas le "porter" éternellement ! Ça veut dire qu'il "l'attend" en vrai, s'impatiente l'autre.
Nami lève une main pour les interrompre. «Oi, c'est vrai ça ! Il est à combien de mois déjà, son bébé ?
—Plus de trois en tout cas vue la grosseur de son ventre, intervient le petit renne, le front barré. «À vue d'œil, je dirais...quatre peut-être ? Ou cinq ?»
—On commence à compter à partir du moment où la fécondation a eu lieu, non ? se rassure le sniper. «Il faudrait qu'on réussisse à fouiller de ce côté-là !»
—T'es sérieux là, geint la navigatrice. «Comment on est censés le savoir hein, quand il a bais-...Hmpf !»
Blanc. Les trois amis s'entreregardent, stupéfaits.
—Je me sens plus très bien, Usopp maugrée, gêné.
—Dites-moi que c'est pas vrai, rigole Nami. «Il a...!»
—Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle, soupire alors Chopper, cachant tant bien que mal son air amusé. «Y'a pas 36 façons pour choper une grossesse.»
