Bonjour !
J'espère que vous allez bien ^^ J'ai pas pu poster le chapitre mercredi alors le voilà !
CW : sexe (je vous rappelle que l'histoire est classée -18 et c'est pas pour rien)
Bonne lecture
— Drago —
Il est presque une heure du matin. Mon Portoloin part à sept heures tapantes, autrement dit dans six heures, et je n'ai pas réussi à parler à Harry. On est rentrés de chez les Weasley en fin d'après-midi. Il a fait une sieste directement en rentrant, épuisé. On a mangé ensemble en discutant des Weasley, de Teddy, de ma tante, comme si de rien n'était. Il m'a proposé de regarder un film moldu qui était définitivement beaucoup trop long, avec des elfes à l'apparence humaine, un anneau magique et des créatures qui ressemblaient à s'y méprendre à des Détraqueurs. À cause de ce dernier détail, j'ai à peine pu me concentrer sur l'histoire, trop occupé à dissimuler mon malaise. Harry n'a rien remarqué.
Quand le film s'est enfin terminé et que mon calvaire a pris fin, je n'ai pas trouvé le courage d'ouvrir la bouche. Harry m'a souhaité bonne nuit et s'est enfermé dans sa chambre.
Je m'en veux. J'aurais dû lui parler. J'aurais dû trouver un moment d'amener le sujet de notre relation sur la table. Plus j'y pense, et plus je me dis que je devrais au moins lui dire que je l'aime. Et en même temps, c'est tellement égoïste. Et cruel, peut-être ? Je n'en sais rien. J'ignore ce qu'il pense et comment il se sent vis à vis de tout ça. Est-ce que j'ai le droit de lui imposer mes sentiments, une seconde fois ? Ma première confession a eu des conséquences désastreuses, même si visiblement, il s'en est remis depuis. Et je voudrais recommencer ? Lui dire que je l'aime et détruire à nouveau son fragile équilibre mental ?
Et en même temps, n'est-ce pas le moment ou jamais ? J'ai le sentiment que nous sommes arrivés à un point où nous sommes capables d'avoir une vraie conversation. Il m'a confié beaucoup de choses. Sans doute est-ce mon tour de faire de même ? Est-ce qu'on pourrait réellement s'assoir tous les deux, face à face, et parler de nous ? Ai-je seulement le droit d'utiliser « nous » ? Qu'est-ce qu'on est réellement ? Des amis ? Ou deux hommes ravagés qui se voilent la face ?
Est-ce qu'il est réveillé au moins ? Peut-être. Ça fait bien une heure, il a eu le temps de s'endormir. Moi j'en suis incapable. Et si je frappe doucement à sa porte ? S'il est réveillé il m'entendra. S'il dort et bien… j'imagine que j'aurais manqué ma chance. Sauf si demain au petit-déjeuner, je trouve le courage de lui parler ? En admettant qu'il se réveille avant mon départ. Morgane, qu'est-ce que je fais ?
Ne tenant de toute manière plus en place, je me suis levé. Je fais les cent pas dans son salon en pyjama. Il m'a prêté un de ses t-shirts et un pantalon de jogging. Le premier soir, il sentait sa lessive. Maintenant beaucoup moins. Je fixe la porte de sa chambre. Mon cœur bat la chamade. J'ai les mains moites. Je fais quoi ? J'y vais ? Je n'y vais pas ?
Je m'approche de la porte. Je n'ai pas été aussi fébrile depuis des années. Même notre première rencontre au café, c'était facile à côté de ce que je m'apprête à faire. Je pense que la dernière fois que j'ai été dans un tel état de stress, c'est le jour de mon procès. Il était là d'ailleurs. Il a toujours été là. Même dans les pires moments. Même quand il n'était pas présent physiquement, il était là. Dans ma tête.
Je lève ma main. Si je frappe juste avec mon index, ça ne devrait pas le réveiller. À moins que je ne veuille le réveiller ? Non, je ne peux pas faire ça. Merlin, aidez-moi…
Alors que je m'apprête à frapper deux petits coups sur le bois, la porte s'ouvre. Je sursaute de surprise en découvrant Harry face à moi. Mais le choc est de courte durée parce que mes yeux sont immédiatement bien trop occupés à détailler le corps à moitié nu de mon vis-à-vis. Salazar, il ne pouvait pas mettre un t-shirt ?
Il n'a pas l'air surpris de me voir devant sa porte, bien que ce soit difficile de voir son expression dans le noir. Par contre, j'entends son souffle. Il faut que je dise quelque chose. J'ai un « je t'aime » sur les lèvres, mais ma gorge est complètement nouée. Il me fixe sans rien dire. Je ne sais pas combien de temps on se regarde comme ça, dans la pénombre. Chaque seconde s'étire à l'infini.
J'ignore si c'est lui ou moi qui fait le premier pas. Mais à l'instant où ma bouche trouve la sienne, je sais que je suis perdu.
Dix ans.
Dix années de frustration, de désir et d'envie. J'attends ce moment depuis dix ans. Alors je rends les armes et je m'accroche à son cou pour lui rendre son baiser.
On s'embrasse à pleine bouche. Je le lèche, il me mord, je gémis. Ses bras se referment sur moi, me serrent si fort que j'ai du mal à respirer, mais pour rien au monde je ne voudrais qu'il relâche son étreinte. Difficile d'ignorer son érection contre ma cuisse. Je ne suis pas en reste. Je sais exactement ce qui va se passer. Lui aussi. Et je crois que ni l'un ni l'autre n'avons envie de nous retenir cette fois.
Il m'attire dans sa chambre. En quelques secondes, je me retrouve allongé sur son lit, son corps sur le mien. Lourd et rassurant. Il y a son odeur partout. Sur sa peau, dans les draps. Mes mains caressent ses bras, son torse, ses épaules. Tout ce que je peux toucher. Sa peau est encore plus douce que dans mes fantasmes.
Son bassin se presse contre le mien. Je serre les dents pour ne pas gémis pitoyablement. J'ai l'impression que je pourrais jouir en cinq secondes tellement je suis excité. Je n'ai jamais été dans un tel état. Rien que de penser que c'est Harry qui est en train de m'embrasser et que c'est sa main qui remonte sous mon t-shirt, j'ai les larmes aux yeux. Après toutes ces années…
J'ai plus aucune retenue. Je sais pertinemment qu'on ne devrait pas faire ça, s'envoyer en l'air sans réfléchir, mais je m'en contrefiche. Pire, ça m'excite encore plus. Je le veux, tout entier. Je le veux pour moi. Je le veux en moi. Et j'emmerde le monde sorcier.
J'inverse nos positions avec autorité pour me retrouver assis sur ses hanches. Ses mains se posent sur mes cuisses. J'en profite pour envoyer valser mon t-shirt. Ses mains remontent alors sur mon torse. Je frissonne. Il s'attarde sur mes profondes cicatrices, les retrace une par une. Je suis mal à l'aise. Je me rappelle d'une époque où je gardais toujours ma chemise pendant le sexe. Pour cacher ces souvenirs d'Harry, de Voldemort ainsi que ma Marque des Ténèbres.
J'ai peur. Peur qu'il me repousse soudainement. Peur de le dégoûter. As-tu réellement envie de coucher avec moi, Harry, maintenant que tu te rappelles de qui je suis ? Un Mangemort au corps défiguré par la magie noire. Mais il ne me repousse pas. Son examen ressemble à une caresse, si bien que je m'y soumets sans peine.
J'ai envie de lui dire que je ne lui en veux pas et qu'il n'est de toute manière pas responsable de toutes ces entailles. Mais encore une fois, les mots restent bloqués. Lui non plus ne dit rien. Ses lèvres sont closes et il n'y a pas assez de lumière pour me permettre de déchiffrer son regard.
Mes yeux se sont habitués à l'obscurité et la lumière des réverbères dehors est plus que bienvenue. Il n'y a pas fermé les rideaux et je ne vais pas m'en plaindre. Je le contemple, mes mains posées sur son torse, penché vers l'avant de façon à placer mon visage au-dessus du sien. On se dévisage en silence. J'ai le souffle court. Sous mes doigts, je sens son cœur battre à toute vitesse.
Il lève sa main droite. Je crois pendant un instant qu'il va m'attraper la nuque pour m'attirer à lui et m'embrasser à nouveau, mais il attrape ma natte dont l'extrémité frôle son cou. Je ne pensais pas qu'il était possible de retirer un élastique de façon aussi sensuelle. Je retiens mon souffle. Il commence à défaire la tresse avec ses doigts. Je le regarde faire, immobile. Il y a quelque chose de profondément intime dans ce geste. Quelque chose de tendre. Progressivement, sa main remonte dans mes cheveux, jusqu'à ce qu'il les ait totalement libérés.
J'aimerais qu'il dise quelque chose. N'importe quoi. Que je suis beau. Qu'il a envie de moi. Ou juste mon prénom. Dans un murmure. Ça me suffirait. Mais il ne desserre même pas les lèvres, si bien que je n'ose pas briser ce silence. J'ai peur. Peur de briser l'instant. Peur de faire le geste de trop. Peur de tout gâcher.
Sa main sur ma nuque. Il m'attire à lui. On s'embrasse encore. Je ne me laisserai jamais de ses baisers. Ils sont exigeants. Et passionnés. J'ai l'impression de me faire dévorer. Il finit par me faire rouler sur le côté pour être sur moi. J'ai mes cheveux devant les yeux et dans la bouche, lui ça n'a pas l'air de le perturber outre mesure. Sa bouche quitte la mienne pour s'attarder sur ma mâchoire, descendre dans mon cou, puis sur mon torse. Après avoir dégagé mon visage de ma chevelure déjà emmêlée, je ferme les yeux pour profiter du moment. Il lèche ma peau, griffe mes flancs et mord mes épaules. Cette fois, je n'arrive pas à contrôler mes gémissements. Je me tords sous ses assaults alors que ses lèvres descendent de plus en plus bas.
Il m'aide à retirer mon pantalon. Je relève les hanches, impatient. Mes mains trouvent le chemin de ses cheveux. Je ne sais pas d'où il sort ce préservatif moldu, mais je suis à des kilomètres de m'attarder sur ce détail aussi insignifiant. Je ferme les yeux et laisse ma tête reposer dans l'oreiller. Oui, Harry… s'il te plaît…
Sa langue me caresse, remonte le long de mon sexe. Je soupire. Enfin… Ses mains accompagnent ses baisers. Je m'enfonce un peu plus dans les oreillers. Je n'ose même pas baisser les yeux de peur que cette vision d'Harry entre mes jambes ne m'achève en quelques secondes. Ça y est, il me prend dans sa bouche. Elle est brûlante. J'accompagne ses va-et-viens avec mes hanches. C'est tellement bon. Mais ce n'est pas assez.
Avec n'importe quel autre partenaire, j'aurais simplement demandé à ce qu'il me mette des doigts. Je ne suis pas du genre à jouer des prudes. Mais cette fois n'est pas ordinaire. J'ai l'impression d'avoir seize ans, avec la gêne et la peur de mal faire qui va avec. Impossible d'ouvrir la bouche.
Heureusement Harry est plus entreprenant que moi. Je sens deux doigts humides de lubrifiant en moi. Je relève le bassin en espérant que cela suffise à lui faire comprendre mon envie. Je veux tellement qu'il me baise. Et vite. Le plaisir de la fellation couplé à celui de ses doigts qui stimulent les zones les plus sensibles de mon corps est presque trop fort. J'ai honte des gémissements qui m'échappent. Honte de mon corps qui se contorsionne dans les draps et réclame plus.
Je finis par trouver le courage de tirer ses cheveux pour le faire arrêter. Le souffle court, je cherche du regard les préservatifs. Où est-ce qu'il les a… ? La table de nuit. J'attrape la boîte. Mes mains tremblent. Je n'arrive pas à déchirer l'emballage. Harry me le prend des mains. Encore une fois, il ne dit rien. Mais il comprend ce que je veux et c'est tout ce qui m'importe en cet instant. Le voir ajouter du lubrifiant sur son sexe en se caressant est la scène la plus érotique à laquelle il m'ait été donné d'assister.
Le préservatif en place, je l'attire à moi. La cicatrice qui zigzague sur ma cuisse me tire lorsque j'écarte les jambes, mais c'est le cadet de mes soucis. J'ai trop peur que si je demande à adapter notre position, Harry change soudainement d'avis. Ses lèvres retrouvent les miennes. Je suis incapable de parler, mais je peux au moins lui communiquer mon désir comme ça.
Il s'enfonce en moi. Enfin. La sensation d'écartement est familière. Il y va tellement doucement que je pourrais en pleurer de frustration. J'aimerais lui dire que je ne suis pas en sucre, que j'ai l'habitude et que je veux qu'il y aille fort. Pour le sentir. Pour l'emprisonner en moi. L'aspirer. Mais il bouge avec lenteur, comme s'il avait peur de me faire mal. Je prends sur moi pour m'en contenter, bougeant les hanches comme je peux.
C'est une baise maladroite, aussi frustrante qu'excitante. On se cogne, son sexe glisse par moment hors de moi, mais pour rien au monde je ne voudrais arrêter. Parce que c'est Harry. Harry entre mes cuisses, sur moi, à l'intérieur de moi, partout. Sa bouche sur la mienne, son souffle à mon oreille, ses mains sur mes cuisses, mon torse, dans mes cheveux. Je l'aime tellement. Mais les mots sont bloqués, ma gorge verrouillée.
Je perds pied. Pas à cause du plaisir, mais des émotions qui me submergent. Je n'ai jamais connu ça. Tellement d'amour, de peur, de bonheur, de désespoir et de honte. De tristesse aussi. Tout ça en même temps. J'ai 16 ans. Je suis terrifié. Je suis amoureux. Amoureux de ce garçon qui me fait l'amour avec maladresse et hésitation. Je l'aimerais toujours. Toute ma vie. Je ne veux même pas aimer un autre et tourner la page. Je lui appartiens tout entier. Mais lui… lui ne m'appartiendra jamais.
Les larmes coulent toutes seules. J'ai du mal à respirer. Je tente de me contenir, mais c'est peine perdue. J'éclate en sanglots. Harry se retire, j'essaye en vain de le retenir en moi. Non, ne t'en vas pas. Ne me laisse pas… Mais c'est trop tard. J'ai tout gâché. Je cache mon visage dans mes mains, sans pouvoir contrôler mes pleurs. Dix ans. Dix ans de larmes et de secrets. Je suis à bout. Je n'en peux plus. Faites que ça s'arrête.
J'ai tellement honte. J'avais la chance d'avoir Harry, même si ce n'était que pour une nuit, et… Je suis pathétique. Qu'est-ce qu'il doit penser de moi maintenant ? Il m'invite dans son lit, passe au-delà de son dégoût pour mes cicatrices et ma Marque, fait de son mieux pour ne pas me faire mal et moi je… je fonds en larmes dans ses bras. J'aimerais pouvoir disparaître. Remonter le temps. N'avoir jamais ne serait-ce qu'envisagé frapper à sa porte.
Harry s'allonge à côté de moi. Il ne dit rien et colle ses lèvres contre mon épaule. Je n'arrive pas à me calmer. Lorsqu'il m'attire dans ses bras pour me serrer chastement contre lui, je redouble de sanglots. Je ne mérite pas une telle tendresse. Pourquoi est-il si gentil ? N'est-il pas en colère contre moi ? Je ne suis même pas capable de lui donner le sexe qu'il attendait. Alors que pourtant, je suis bon pour ça. S'il y a bien une chose que je sais faire, c'est ouvrir les cuisses.
J'aimerais qu'il me dise quelque chose. Qu'il me rassure ou qu'il me fasse des reproches, ça m'est égal. Mais qu'il parle. Qu'il brise ce silence qui me détruit un peu plus chaque seconde. Je continue de pleurer. Harry me caresse les cheveux, je pleure encore plus. Il m'embrasse les joues, le front, le cou, comme on ferait avec un enfant pour le réconforter. Je ne comprends pas.
On dirait qu'il a de la peine. On dirait qu'il tient à moi. Pire, qu'il m'aime. Sauf que si c'était le cas, il le dirait n'est-ce pas ? Il me dirait qu'il m'aime. Pourquoi tu ne dis rien, Harry ? Pourquoi m'imposes-tu ce silence insupportable ? Si tu m'aimes, dis-le avant que le soleil se lève. Moi, j'en suis incapable.
Ils se sont endormis, épuisés, sans avoir prononcé le moindre mot. Au petit matin, Drago s'est levé sans faire de bruit. Harry dormait à poings fermés, il n'a pas osé le réveiller.
Pendant un instant, Drago a réellement envisagé de s'enfuir comme un voleur, trop honteux. Mais il y avait toutes ces choses qu'il n'avait pas dites à Harry. Alors il a écrit une longue lettre. Une lettre qu'il a pliée en quatre et posée bien en évidence à côté de la machine à café, sachant qu'ainsi, Harry la trouverait dès son réveil. Puis, il est parti sans se retourner.
À son réveil, Harry a tout de suite remarqué l'absence de Drago. Il l'a cherché dans tout l'appartement, en vain. Drago était parti. Drago avec qui il avait fait l'amour, même si ce n'était pas parfait, Drago qui avait pleuré la veille dans ses bras, Drago qu'il avait consolé du mieux qu'il pouvait et à qui il n'avait pas réussi à dire « je t'aime ». Drago l'avait abandonné.
Harry a explosé. Ou plutôt, sa magie a explosé. Et avec, l'électroménager. La vaisselle. Les cadres. Une onde de choc dévastatrice.
Harry n'a pas remarqué ce parchemin s'envoler. Et glisser dans le minuscule interstice entre le meuble et le four. Ce parchemin où Drago lui offrait son amour, son âme et son cœur.
Et voilà, ce chapitre sonne la fin de la partie 2 de cette fanfiction. J'espère qu'il vous a plu malgré... bah c'est pas super joyeux et festif, clairement.
Je vais faire une pause dans la publication comme à la fin de chaque partie. J'ai déjà en tête le début de la partie 3 qui se déroulera sans doute 5 ou 6 mois après ce chapitre.
Et j'anticipe votre question : oui vous pourrez lire ce que contient la lettre à un moment, mais il faudra qu'elle soit d'abord retrouvée. Et c'est pas gagné.
Allez à très bientôt !
