Bonjour !

On poursuit sur les affaires de Drago avec la justice. Encore une fois, j'ai écrit le procès comme je le sentais. De toute manière, c'est le monde sorcier donc on est pas à ça près niveau réalisme x)

Bonne lecture


J'ai froid. Tellement froid. Il fait bien plus chaud au Ministère qu'à Azkaban, mais ce n'est pas une question de température. J'ai froid à l'intérieur. Un froid qui me glace jusqu'au sang et m'empêche de bouger normalement.

Avant de rentrer dans la salle d'audience, Hermione m'a aidé à me changer. J'étais incapable de le faire seul. Elle voulait que j'apparaisse en costume moldu et non en tenue de prisonnier. Je lui fais confiance. Je ne suis pas capable de prendre des décisions. Je veux seulement que ça s'arrête.

Huit jours. Onze en tout. J'ai l'impression que ça a duré des mois. Le temps ne passe pas de la même manière là-bas. Je l'avais oublié. Surtout quand on a personne à qui parler. Les seules voix que j'entendais, c'était celles des gardiens. Leurs insultes et menaces tournent dans ma tête. Je crois que je préférais les Détraqueurs finalement. Eux au moins, ils étaient prévisibles. Les sorciers… les sorciers sont pire que les Détraqueurs. Imprévisibles. Cruels. Sadiques. Et inventifs dans leur cruauté.

Il y a trop de bruit autour de moi. Trop de regards, trop de lumière. Où suis-je ? Je ne sais pas. Au Ministère. Encore. Suis-je encore en train de revivre un souvenir ? Je ne sais pas. Je ne sais plus.

J'ai du mal à marcher. Ma tête me tourne. J'ai mal. Partout. Les cicatrices sur mon corps, elles me tirent. Je n'avais pas droit à mes potions là-bas. Hermione me tend son bras, me guide jusqu'au banc. Le banc des accusés. Je le connais bien celui-là. Je me rappelle de la première fois. Je me souviens de mon père et de ma mère à la même place. Mon père. Il est mort. Son visage s'impose à moi. Visage fatigué et regard éteint. Je n'oublierai jamais. L'ombre de mon père. Est-ce que je lui ressemble, alors que je m'écroule presque sur le banc des accusés ? Ils me regardent tous. Le fils de mon père, c'est sans doute tout ce qu'ils voient. Rien d'autre.

Tiens-toi droit Drago, c'est ce qu'il me disait. Mon père. Alors je relève la tête. En face de moi, je découvre le Magenmagot au grand complet, dans leurs robes de cérémonie, avec leurs petits chapeaux ridicules. Ils sont tous venus. Sans exception. Pour assister à la déchéance du dernier des Malefoy. Je suis le dernier de ma lignée. Après moi, il n'y en aura pas d'autre. Mon nom disparaîtra. Il ne sera jamais redoré par les exploits de mes descendants. Il restera à jamais teinté de honte et de déshonneur. Jusqu'à finir oublié de tous.

Je les écoute énoncer les accusations qui pèsent contre moi. Sorts et blessures avec préméditation, mise en danger du secret magique, non-coopération, outrage à Auror. La liste est longue. Des mensonges. Ce ne sont que des mensonges. Mais je garde la tête haute. Je cherche Hermione du regard. Elle ne me sauvera pas. Je le sais. C'est perdu d'avance.

Lorsque le président annonce la peine demandée par la chambre, je me fais violence pour ne pas m'effondrer. Et pleurer. Dix ans. C'est le double de ce qu'Hermione avait prédit. Je l'entends étouffer un petit cri de surprise. Dix ans. Mon père n'a pas survécu aussi longtemps. Et dans mes entrailles, je sais que c'est une condamnation à mort. Je ne tiendrais pas dix ans. Et quand bien même, à quel prix ? Que restera-t-il de moi à la sortie ?

Je perds pied. Je ne veux pas retourner à Azkaban. Pas encore. Stop. Ce n'est pas possible. Ça ne peut pas être en train d'arriver. C'était une erreur, une simple erreur. Je sais que je n'aurais pas dû lancer ces sorts. Et j'aurais dû la rattraper, la retrouver et tout arranger. La soigner, lui effacer la mémoire, ce n'était quand même pas compliqué ! Mais il a fallu que je la perde. Et qu'elle parle. Et que quelqu'un à la douane signale mon passage. Il ne leur a pas fallu longtemps pour me retrouver. Je n'aurais jamais dû quitter Paris.

Soudain, il est là. À la barre. Harry. Il est là. L'histoire se répète. Je ne vois plus que lui. Je l'aime tellement. Ses yeux verts qui brillent de détermination et ne me regardent même pas. Encore une fois. Je ne suis rien pour lui. Une bonne action. Un boulet à son pied depuis quoi ? Quinze ans ? Mais il ne me sauvera pas. Pas cette fois.

Je me demande ce qu'ils en pensent. Tous ces sorciers. Harry Potter témoigne pour la seconde fois en faveur de Drago Malefoy. Se doutent-ils de quelque chose ? Ça y est. Le souvenir d'Harry est examiné. Projeté en grand dans la salle d'audience. C'est donc ça qu'il a vu ? Un homme pathétique qui avait perdu la matrise de lui-même ? J'ai honte. Honte que ce souvenir de ma douleur soit exhibé, détaillé, disséqué. C'était ma peine, mon amour, mon désespoir. Mes rêves brisés. Et maintenant, tout le monde le voit. Il faudrait être stupide pour ne pas comprendre. Pour ne pas voir l'évidence. Il se lit sur mon visage et dans mes yeux : cet amour insensé. Mon amour pour Harry Potter.

Je ne peux pas regarder ça. Je ne peux plus. C'est trop dur. Je fixe mes mains. Ces mains sales et tremblantes, aux ongles noirs. J'ai envie de hurler. Dire la vérité. Si c'est un crime d'aimer le Sauveur du monde sorcier, de l'aimer au point d'en oublier le sens commun, de perder ses repères et d'agir impulsivement, alors oui je suis coupable.

Je suis venu en Grande-Bretagne parce que j'avais besoin de réponses et j'ai lancé ces sorts parce qu'il m'avait brisé le cœur. Je n'ai pas fait attention. Je ne voulais pas blesser une moldue, je ne suis plus cet adolescent arrogant fier de son sang pur. Je me fiche des moldus, ils m'indiffèrent totalement. J'étais seulement en colère. Et détruit. N'ont-ils jamais eu mal au point d'avoir envie de frapper un mur avec leurs poings ? Je venais de voir mes sentiments piétinés et mes espoirs réduits à néant. N'ai-je pas le droit à des circonstances atténuantes ? Ne peuvent-ils pas comprendre au moins un peu ? Je croyais qu'il était l'amour de ma vie. Et il l'est toujours. Même s'il ne m'aime plus et qu'il est avec un autre.

C'est à Hermione de prendre la parole. Elle se relève avec assurance dans sa robe de sorcière d'un blanc lumineux. Ses cheveux tressés lui tombent jusque dans la bas du dos. Je la méprisais hier et elle me défend aujourd'hui. Je ne comprends pas. Je sais qu'elle m'a pardonné, elle me l'a écrit, mais delà à prendre position en ma faveur ? En même temps, elle a toujours aimé les causes désespérées. C'est ce que je suis aujourd'hui. Un cas désespéré. Sans doute y voit-elle une forme de défi ? Sauver le dernier des Malefoy d'Azkaban. Peut-être que ça l'amuse, défendre l'indéfendable. Il y a des avocats qui aiment ça.

Elle commence par rappeler les faits. Elle s'appuie sur le témoignage d'Harry pour montrer que j'avais bien une raison de venir en Grande-Bretagne, dans ce quartier moldu. Il ne lui faut pas cinq minutes pour démonter la thèse de l'acte prémédité. Pourquoi serais-je venu ici, à deux rues de chez Harry Potter, dans le but de faire du mal à des moldus ? C'est quelque chose que j'aurais pu faire en France, si ça avait été mon vrai but. J'avais une raison de me déplacer dans ce quartier et les moldus n'étaient pas ma priorité. C'est vrai. Mais est-ce que les juges entendront cette vérité ? Ou ont-ils déjà pris leur décision ?

— Je voudrais par ailleurs m'attarder sur un point précis du dossier : à savoir la présence supposé illégale de mon client sur le territoire britannique. Il est écrit dans le jugement du 7 septembre 1998 que Mr Drago Malefoy devra demander l'autorisation au Ministère de la Magie pour toute sortie du pays. Par contre, il n'est stipulé nulle part qu'il doit effectuer la même démarche pour rentrer en Grande-Bretagne.

Je l'ignorais. Mes yeux s'écarquillent. Depuis tout ce temps, on surveille mes allées et venues dans mon propre pays alors que… je suis libre de rentrer comme bon me semble ? Hermione poursuit en exhibant un nouveau parchemin.

— J'ai également retrouvé la demande de mon client concernant son installation en France, signée par le Ministre de la Magie en personne ainsi que par l'ambassadeur de France. Il est écrit que Mr Drago Malefoy est autorisé à établir sa résidence en France et qu'il pourra effectuer ses demandes d'autorisation de sortie du territoire au choix : au Ministère français ou au Ministère britannique.

Ça, je m'en souviens bien. J'étais d'ailleurs soulagé d'obtenir le droit de faire mes demandes en France, car ils sont bien plus neutres à mon égard.

— Ainsi, depuis le 14 novembre 2000, mon client est en réalité autorisé à circuler sur le territoire britannique et sur le territoire français. Je m'appuie sur les comptes-rendus des jugements et il n'a jamais été question, ni dans le jugement initial, ni dans l'avenant, de signaler ses entrées sur le territoire britannique. Il a simplement été autorisé à circuler sur le territoire français, autrement dit dans son pays de résidence. Mon client est totalement libre de voyager entre Londres et Paris comme bon lui semble, sans avoir besoin d'en référer à qui que ce soit. À ce jour, il reste un citoyen britannique et n'a donc pas à demander l'autorisation pour rentrer dans son propre pays. Sa présence à Londres le 16 octobre dernier est donc tout à fait légale.

J'inspire profondément. Une accusation de moins. J'ignore si ce sera suffisant, mais je me surprends à avoir un peu d'espoir.

— Cela fait des années que mon client est injustement tenu de signaler ses déplacements sur le territoire britannique. J'ignore quelle est la personne à l'origine de cette erreur, mais j'espère qu'une enquête pourra être menée. Et ce n'est pas tout ! Le jugement du 7 septembre 1998 indique qu'au bout de cinq ans – donc précisément le 7 septembre 2003 – la situation de Mr Drago Malefoy devra être examinée afin de déterminer des nouvelles clauses de surveillance, notamment concernant sa liberté de circulation. Nous sommes en 2006 et cette révision n'a… jamais eu lieu.

Encore une chose que j'ignorais. Je serre les poings.

— Le 7 septembre 2003, mon client entamait sa troisième et dernière année à l'université européenne de sorcellerie. Il était parfaitement intégré et n'avait pas eu affaire à la justice depuis sa sortie d'Azkaban. Il n'y avait aucune raison, à cette date, pour que la surveillance dont il faisait l'objet ne soit pas assouplie. Je pense qu'il aurait pu facilement obtenir l'autorisation de circuler librement en Europe, au minimum. J'espère que la cour se rend bien compte du préjudice dont a été victime mon client. Non seulement il a été contraint injustement de signaler ses déplacements en Grande-Bretagne pendant six ans, mais en plus cela fait trois ans qu'il aurait dû obtenir un aménagement. Mon client est Maître des Charmes, il est amené à se déplacer en Europe au moins une fois par mois. Vous imaginez le nombre de formulaires qu'il a été contraint de remplir ? Le nombre d'invitations qu'il a dû décliner à cause du délai d'une semaine imposé ? Mr Malefoy, combien de déplacements estimez-vous avoir dû refuser ces trois dernières années à cause de cette erreur ?

Elle insiste sur erreur d'une façon qui ne trompe pas. Ce n'est pas une erreur. Et je pense que tout le monde dans cette salle le sait.

Je me racle la gorge. J'ai du mal à parler.

— Je ne sais pas… Entre 20 et 30, je dirais…, parviens-je à souffler.

Je n'ai pas compté, mais ça arrivait tout le temps. Il y a beaucoup de choses qui s'organisent à la dernière minute. Quelqu'un à remplacer au pied levé, un besoin urgent. Et à chaque fois, quand le déplacement devait avoir lieu dans moins d'une semaine, je devais refuser. Quand je pense que même pour l'enterrement de mon propre père, on a menacé de me refuser l'autorisation de rentrer en Grande-Bretagne à cause de cette fichue semaine… Alors qu'en réalité, je n'avais même pas besoin de demander la permission.

— Je ne pense pas me tromper en affirmant que cela a constitué un véritable frein pour la carrière de mon client. Le préjudice est réel. Je compte sur le Ministère pour procéder dès que possible à cette réévaluation, dans les conditions auxquelles elle aurait dû avoir lieu il y a trois ans.

Elle est maline. Demander à ce que ce soit ma situation il y a trois ans qui soit prise en compte et non l'actuelle.

— Mais cette réévaluation ne concernait pas uniquement les déplacements de Mr Malefoy, bien sûr. Il est effectivement indiqué dans le jugement du 7 septembre 1998 qu'en cas de manquement à la loi, Mr Malefoy sera placé en détention provisoire jusqu'à la tenue du procès et qu'il ne pourra être libéré sous caution comme c'est normalement possible. Or, cette clause aurait également du faire l'objet d'un assouplissement il y a trois ans. Et il y a trois ans, elle aurait été certainement supprimé pour les délits et n'aurait été effective qu'en cas de crime. Usage d'Impardonnables, meurtre, torture, je ne vais pas vous faire un cours de droit.

Je retiens mon souffle, je commence à comprendre où elle veut en venir. Dans les rangs du Magenmagot, les sorciers s'agitent. Ils n'apprécient pas le tournant de cette plaidoirie.

— En ayant cela en tête, je conclus que mon client a été victime d'un nouveau préjudice. Si son dossier avait bien été réévalué, il n'aurait pas été incarcéré suite à son arrestation. Les sorts et blessures sur moldus ne sont pas considérés comme des crimes dans le droit sorcier, même avec préméditation, bien que j'ai démontré précédemment que cette accusation est totalement fallacieuse. Je ne vous cache pas que cette qualification en délit ne me fait pas plaisir, mais la loi est telle qu'elle est. Il en va de même avec la mise en danger du secret magique et de tous les chefs d'accusation. Or mon client a été incarcéré pendant onze jours à Azkaban. Et je vais d'ailleurs revenir sur les conditions de cette incarcération…

C'est parti. Elle exhibe le rapport du Médicomage. Non assistance à personne en danger, ce sont ses mots. Je pense qu'ils s'appliquent à ma situation. Elle a le culot de demander aux jurés s'il existe une loi qui autorise la maltraitance de prisonniers marqués parce qu'elle n'a « malheureusement pas trouvé ».

Le président du Magenmagot finit néanmoins par la rappeler à l'ordre :

— Nous vous remercions pour cet exposé, Mrs. Weasley, mais pouvez-vous en venir aux faits ? Il est vrai que Mr Malefoy a fait l'objet d'un oubli malencontreux. Mais vous savez, l'administration… une erreur est vite arrivée. Et il est regrettable que cet oubli lui ait porté préjudice, néanmoins nous ne sommes pas au procès des services administratifs du Ministère, mais bien à celui de Mr Malefoy, accusé de faits précis. Je pense que nous avons compris que sa présence en Grande-Bretagne était parfaitement légale, mais cela ne constitue qu'une infime partie des faits qui lui sont reprochés aujourd'hui.

— J'y viens justement. Mr Malefoy a bien accepté de partager un souvenir de l'accident. Je l'ai fait authentifier par deux cabinets d'experts différents dont voici les certificats, explique-t-elle en utilisant sa baguette pour faire voler les parchemins jusqu'au président.

Je baisse la tête. Je ne veux pas voir ça.

— Je pense qu'après le témoignage de Mr Potter ainsi que le visonnage de ce souvenir, vous comprendrez pourquoi mon client était réticent à le confier. Il ne voulait pas porter atteinte à la vie privée de Mr Potter, ce qui, considérant la situation de Mr Potter, est tout à fait compréhensible et je pense que n'importe qui aurait agi de la même manière à sa place. Personne ne veut Mr Potter pour ennemi.

Je ne sais pas si c'est calculé, mais cette dernière phrase sonne comme une menace, malgré son petit rire pour désamorcer immédiatement la situation. Très Serpentard pour une Gryffondor.

Je garde les yeux baissés durant toute la diffusion du souvenir. Pas besoin. Je m'en rappelle encore très bien. J'essaye de ne pas penser au fait que tout le Magenmagot est en train de me regarder pleurer de douleur. Ni à Harry. Merlin, que va-t-il penser d'une telle scène ? Enfin, on arrive au moment de l'accident. Je m'entends jurer, puis mon souffle s'accélère quand je commence à courir.

Je ne comprends pas comment j'ai pu la perdre de vue. J'étais sans doute encore trop sonné, mon esprit trop accaparé par ma dispute avec Harry. Je l'ai cherchée partout. En robe de sorcier. Ma baguette à la main. Tout ce à quoi je pensais, c'était à ce qu'il se passerait si je ne la retrouvais pas. Au bout d'une demi-heure, je me suis simplement assis sur un banc. Résigné. Cinq minutes plus tard, les Aurors débarquaient. Je me rappelle les avoir supplié de ne pas m'envoyer à Azkaban et je me réentends aujourd'hui. Cette supplication était pathétique. Mais je ne me suis pas débattu.

Les insultes des Aurors fusent. Un chuchotement parcourt l'assistance. Je ferme les yeux. Je pense aux bleus sous mes vêtements. Aux menaces. Le souvenir finit par se couper, là où je l'avais arrêté. La suite n'est pas nécessaire. Et de toute manière, je ne porterai pas plainte.

— Je pense que ce souvenir est suffisamment clair et qu'il répond à toutes les interrogations de la cour. Mon client a bien fait usage de la magie dans un quartier moldu, mais son sortilège a touché cette femme moldue de façon accidentelle. Par ailleurs, l'arrestation montre bien que mon client ne s'est pas débattu et qu'il n'a aucunement insulté les Aurors. Si les responsables de son arrestation, Mr Jones et Mr Finn veulent contredire cette version, j'exige à ce qu'ils livrent également leurs souvenirs ou à ce qu'ils soient interrogé sous Véritasérum, à leur convenance.

Pas de réponse. Dans ma poitrine, je sens les battements de mon cœur s'accélérer.

— Je tiens à préciser que, malgré mon insistance, mon client ne souhaite pas poursuivre le Ministère pour les violences et insultes homophobes dont il a été victime lors de son arrestation et de son interrogatoire.

Elle ne peut vraiment pas s'en empêcher… Je garde les yeux rivés sur la rambarde devant moi et tente de converser une expression neutre.

— Je demande à ce que la plainte dont fait l'objet mon client soit requalifiée en « sorts et blessures involontaire » et à ce que soient abandonnées les charges pour présence illégale sur le territoire britannique, non-coopération et outrage.

Sur ces mots, Hermione se rassoit enfin. Nous échangeons un regard. Elle est confiante. Et moi, je… je ne sais pas. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle a fait tout ce qu'elle pouvait. Si le Magenmagot était impartial, il ne fait aucun doute qu'elle obtiendrait gain de cause. Mais malheureusement, il ne l'est pas. Et je porte la Marque.

— Le Magenmagot va délibérer, déclare le président.

Un sortilège de bulle de confidentialité est jetée sur la cour. Ça dure longtemps. Je me retiens d'essayer de lire sur les lèvres des jurés. Les échanges ont l'air houleux. Hermione pose sa main sur mon épaule et la serre brièvement.

La dernière fois, la délibération n'avait pas été si longue. Coupable. Un an à Azkaban, plus un an d'assignation à domicile. Je me souviens que je ne m'attendais pas à une telle clémence, même avec le témoignage d'Harry. J'étais coupable, entièrement coupable. Je pensais prendre dix ans, peut-être vingt. Mais lorsque le verdict est tombé, je n'étais pas soulagé. Parce que ça signifiait que j'y retournais. Là-bas.

Enfin, la bulle est brisée. On me demande de me lever. Je dois me maintenir à la barre pour tenir debout. Je ne respire plus.

— Mr Drago Lucius Malefoy est reconnu coupable pour sorts et blessures involontaire sur moldu, et magie en présence de moldus. Il est condamné à 10 jours de prison ferme à Azkaban et à 1000 Gallions d'amende.

J'accuse le coup. 10 jours. Puis je réalise. Je me tourne vers Hermione. Est-ce que ça signifie que… ?

— Tu les as déjà fait, me confirme-t-elle. Tu vas être libéré.


Et voilà. J'espère que ce chapitre vous a plu et un peu rassuré ^^

A très vite