ALORS :

Cette semaine, nous arrivons à la moitié de cette "réécriture" (oui je sais déjà triste) mais surtout, nous arrivons sur quelque chose que je maîtrise pas réellement donc je-m'excuse-d'avance-si-j'offense-des-gens-même-si-je-pense-que-ça-va. Vila. Bonne lecture !


9

Elle ne pouvait s'empêcher de rire au visage de son fils. Il n'avait rien contre les Okamas, ça serait bien hypocrite de sa part vu qu'il aimait autant les hommes que les femmes mais il était vrai que c'était assez étrange de tomber sur un royaume entièrement composé de ces hommes.

Mais c'était un pays entièrement libre, bien plus libre que d'autres sur bien des aspects.

Bon. Ca semblait aussi fermé sur quelques autres vu qu'ils voulaient tous forcer son fils à porter une robe. Pas qu'elle en ait quelque chose à faire de la manière dont son fils s'habillait. Pendant toutes ses années en mer, elle s'était toujours habillée de manière très masculine pour se fondre dans la masse de son équipage.

Les femmes pirates étaient certes nombreuses mais ça ne plaisait pas forcément à tous les équipages. Encore, la génération de son enfant semblait être plus ouverte à cet état de fait mais la sienne ? Cela avait été compliqué pour bien des femmes. C'était difficile pour les femmes d'arriver ne serait-ce qu'à intégrer qu'un équipage qui voulait bien d'elles.

Ce n'était pas pour rien que les grands noms de la piraterie dans les histoires étaient principalement masculins.

Moh… Son fils portait bien le rose. Ça allait bien avec son teint.

Comme sa sœur pensa-t-elle tristement.

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Le frère de Luffy était mort.

Et le garçon au chapeau de paille laissait un message à ses hommes pour prendre une pause le temps d'elle ne savait quoi. Elle se doutait que ce n'était pas une pause au sens propre du terme. Mais elle ne savait pas si son fils supporterait d'être sur Momoroi Island durant le temps demandé.

Elle le regarda foncer droit vers son premier adversaire sans se préoccuper du fait que les talons pouvaient ne pas être la meilleure chose pour courir dans le sable.

Elle rit légèrement à ça.

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« Je ne suis pas une femme. Je ne suis pas une femme. »

Les murmures de son rayon de soleil lui brisait le coeur. Ses mains étaient blanches à force de serrer le lavabo si fortement, le faisant craquer à chaque fois qu'il y mettait un peu plus de force. Elle voyait bien qu'il luttait contre ce que les hommes dehors voulaient lui apprendre, outre les techniques de combat et de cuisines. Le fait d'être soi-même

Elle le voyait essayer de se convaincre qu'il n'était pas lui-même. Ou elle-même. Elle ne savait plus non plus à vrai dire.

Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle voulait le prendre dans ses bras pour lui dire que tout allait bien. Se fichant bien de ce que les Hommes pouvaient dire, qu'ils soient à l'extérieur de cette maison, de cette île ou sur des perchoirs autour d'elle.

Sauf qu'elle ne pouvait que le regarder et espérer qu'il sache qu'elle n'en avait rien à faire. Qu'elle l'aimait de toute manière.

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Reiju se tenait au milieu de la salle d'entraînement, seule. Elle était magnifique.

Elle ne lui ressemblait pas réellement. Sa prunelle avait plus de courbes qu'elle, plus de grâce dans ses gestes meurtriers. Plus de force. Beaucoup plus de force. Elle était féroce et sans pitié. Elle était dure et sans merci.

Pourtant elle pouvait déceler cette douceur que sa fille avait toujours eu en elle. Cette candeur qui n'avait pas réellement disparu malgré les massacres et les assassinats. Cette innocence presque disparue.

Quand les avis de recherches de leurs enfants furent divulgués, Bellmère et elle s'étaient lancées un regard plein de compréhension. CatBurglar Nami. Vinsmoke Reiju. Leurs filles étaient possiblement liées et Soraa ne savait si elle était heureuse ou non à cette idée.

Bien sûr, elle voulait le bonheur de son enfant. Elle voulait que la magnifique femme qu'était devenue sa fille puisse rencontrer son âme-sœur et s'enfuir des Germas sans penser au lendemain. Mais elle avait peur de cette rencontre. Parce que ça voulait dire que son rayon de soleil devait faire face à sa famille, ne serait-ce qu'une partie.

Et elle savait que c'était bien trop pour lui, encore aujourd'hui. Ca le serait sûrement toujours.

Et elle savait que ça voulait dire, ce qu'il devait à Zoro. Lui expliquer tout.

Son fils n'était pas prêt à ça. Elle n'était pas sûre qu'il le soit un jour.

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« Il n'y a pas de honte à être une femme Candy-boy. »

Elle ne savait pas quoi penser d'Ivankov. La Reine Germa l'avait vaguement connu durant son temps de pirate. Très vaguement. Le fait que le second des Révolutionnaires soit là, devant son enfant, c'était une chose qu'elle n'aurait jamais imaginé. Mais depuis qu'il suivait son capitaine, elle avait vu beaucoup de choses qu'elle n'aurait jamais cru voir.

« Je n'ai jamais dit ça. » répondit son rayon de soleil les dents serrées. Autant par frustration parce qu'il n'arrivait pas à toucher réellement son adversaire que par la conversation. Elle ne savait pas si c'était vraiment une bonne idée d'asticoter son enfant sur son genre alors qu'ils étaient en plein combat mais ce n'était pas comme si elle pouvait dire quoi que ce soit.

« Il n'y a pas de honte à être un homme. » elle vit clairement son fils lever les yeux au ciel avant d'essayer d'enfoncer son talon dans le visage de l'homme aux hormones. Sauf que ce dernier l'attrapa avec une facilité déconcertante.

Elle n'était pas réellement étonnée. Son enfant était bien trop énervé pour ne pas donner des coups téléphonés. Trop perturbé par ce royaume. Il ne savait plus où il en était. Un an qu'il ne savait plus. C'était bien trop.

« Il n'y pas de honte à être les deux. Ou aucun. »

Sanji se rattrapa comme il put sur les mains pour éviter la chute en plein sur la nuque. Il s'assit et resta là. Sans bouger si ce n'était pour s'offrir une cigarette. La Reine des Okamas s'assit à ses côtés. Et elle fit de même, qu'importe que personne ne pouvait la voir ou sentir sa présence.

« Tu sais Candy-boy, je sais qui tu es. » s'amusa Ivankov. Ses yeux bleus se relevèrent vers lui alors que son enfant se tendait contre elle. « Ce genre de sourcil, je les ai déjà vu. Ce n'est pas la Marine qui m'a attrapée après tout. »

« Je ne suis pas - »

« Je sais. » le coupa l'autre homme, un léger sourire aux lèvres. « Je me doute bien. Sinon tu aurais peut-être été celui qui m'a capturé. »

Il eut un silence durant lequel son enfant mâchonnait le filtre de sa cigarette. Elle voulait tant qu'Ivankov n'ait jamais ouvert son clapet. Elle voulait tant protéger le blond de tout ce qui se rapprochait trop près de leur royaume. De son royaume. Mais elle ne pouvait rien.

« Je ne sais peut-être plus ce que je suis. » grogna Sanji « Mais je ne suis pas un Vinsmoke. Je ne le serai jamais. »

Le violet eut un immense sourire à cette réponse. Il se releva et tendit sa main au cuisinier qui semblait étonné de cette offre.

« Et bien, Candy, nous allons devoir découvrir ce que tu es. »

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La jupe droite lui allait bien.

Elle ne pouvait contredire ça. Elle était belle, qu'importe ce qu'elle portait de toute manière. Son enfant était magnifique et le sourire qu'elle avait sur les lèvres alors que ses compagnons lui disait à quel point cela lui allait bien était tout ce que Soraa voulait.

Elle voulait que son rayon de soleil se sente lui-même, qu'importe que ce soit en femme ou en homme ou bien les deux.

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« Et bien Candy, tu sembles avoir appris toutes nos recettes, je suis fortement étonnée par ta fougue et ta réussite. »

Les Okamas autour d'eux étaient en quelque sorte scindés en deux, il y avait ceux qui étaient extrêmement fiers de son fils parce qu'il ne lui avait fallu qu'un an et demi pour réussir le défi de leur Reine, tandis que de l'autre ils y avaient ceux qui trouvaient qu'il ne méritait pas réellement ces honneurs. Elle ne savait pas trop réellement pourquoi il y avait toujours eu une défiance de la part de certains envers son enfant, ce n'était pas comme s'il avait été mauvais envers eux.

Mais certains n'aimaient simplement pas sa présence sur l'île, sans qu'elle ne sache pourquoi.

Au moins, elles ne cherchaient pas à l'emmerder, c'est tout ce que Soraa voulait. Ainsi que le sourire fier de son garçon derrière la fumée de sa cigarette.

« Et tu t'es également trouvé. » sourit doucement Ivankov, presque de manière maternelle. « Que pouvons-nous donc demander de plus mes trésors ? Rien. Rien du tout. Tu n'as plus qu'à parfaire tes nouvelles recettes durant les six mois qu'il te reste avant de retrouver ton équipage. »

« Merci Iva'. Pour tout. » répondit-il, un tendre sourire aux lèvres. Ce n'était plus l'enfer sur terre quand on s'y était accoutumé. Ce royaume lui manquerait, à elle comme à lui.

« Voyons Candy ne me remercie pas tu vas me faire pleurer ! » Elle ne rit pas du tout des premières larmes de la Reine face à elle, son fils ne fit pas de même qu'elle.

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10

Les six mois furent longs pour elle comme pour son enfant. Elle le regardait trépigner d'impatience chaque jour un peu plus, à chaque fois qu'il regardait le calendrier qui peu à peu le rapprochait de la date fatidique. Elle voyait son rayon de soleil se sentir toujours plus confiant envers lui-même et son alternance de genre, sans avoir quelque chose à faire des regards des autres quand ils allaient visiter les îles voisines.

Il était celui qui en recevait le moins dans cette joyeuse bande de folle, comme elles le disaient, mais il avait tout de même reçu des insultes et des regards noirs. Mais il avait balayé ça du revers de la main comme si ce n'était qu'une poussière et Soraa ne pouvait qu'être fière de son bébé devenu adulte.

Parce que pour l'être devenu, il l'était devenu. Ses épaules s'étaient musclées et étaient bien plus carrées à présents. Ses jambes s'étaient endurcies et musclées. Ses bras de même. Une légère barbe trônait maintenant sur son menton, qu'il se sente il ou elle, et ses costumes étaient enfin remplis convenablement par son corps d'adulte.

Il n'avait plus l'air d'un enfant voulant se rendre plus grand. Il était grand. Il était fort.

Soraa ne pouvait être plus fière que le jour où il partit de Momoroi Island pour rejoindre Sabaody.

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Personne, à part peut-être Nami et Robin, n'avait une réelle estimation de la date à laquelle ils avaient été séparés, alors Sanji avait prévenu que ce n'était pas grave s'ils prenaient leur temps pour arriver. Il fallait juste qu'il arrive, ce n'était pas comme si le Sunny partirait si un membre manquait. Puis il s'amusait du fait que certains avaient trop de mal à se diriger pour de toute façon arriver à l'heure prévue donc avoir un jour ou deux de retard n'était pas un véritable problème.

Soraa avait très bien compris les allusions envers Luffy ou encore Zoro. Oh elle avait si hâte de revoir les autres. Que ce soit les compagnons de son rayon de soleil ou les siens. Mais elle savait que son enfant redoutait un peu ces retrouvailles.

Ca faisait deux ans qu'il n'avait pas vu son âme-sœur et il, elle, avait bien changé entre temps. Il devait se poser un tas de questions sur l'acceptation de ce dernier, même s'il n'avait jamais rien dit sur ses propres marques, ces deux petites lettres sur son aine.

Ces lettres noires qu'il touchait toujours en les voyant dans le miroir. Comme un rappel du fait que l'autre n'était pas si loin, après tout.

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Elle était arrivée sixième et, même Soraa avait du mal à le croire, Zoro était arrivé premier. Les miracles, ceux avec un grand M majuscule étaient visiblement réels. Sa fille partie rapidement du bar de l'arnaque pour aller faire un tour sur le Sunny, autant pour y voir son camarade cyborg que pour pouvoir se faire une liste de courses.

Tom n'était pas forcément celui avec qui elle avait le plus de lien mais elle fût si heureuse d'entendre son rire qu'elle en oublia la peur que son enfant pouvait avoir à l'instant. Elle s'en rendit bien rapidement compte vu que Sanji s'était arrêtée près des arbres mangroves, à regarder le petit lion de là.

Elle n'était pas très féminine aujourd'hui. Elle avait eu peur de trop choquer ses camarades en venant en jupe ou de manière plus féminine. Mais elle n'avait pas pu se résoudre à ne pas porter les talons qu'Ivankov lui avait offert pour son départ.

Mais c'était déjà suffisamment voyant pour des gens qui le connaissaient depuis un moment.

La Reine Germa voulait tant lui dire que tout irait bien, que ça ne le changeait pas de qui elle était avant et que ses amis s'en ficheraient éperdument. Oui certains poseraient des questions mais ils l'accepteraient tout de même. Parce que sa personnalité était toujours la même.

Sanji poussa un long soupir et se reprit sa marche.

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Franky avait été étonnant compréhensif et l'avait tout de suite appelé sister à la place de bro. Bien sûr, elles savaient toutes deux qu'il poserait des questions un peu plus tard, Soraa pouvait le deviner à sa tête et elle savait que son enfant pouvait faire de même. Tom rit à l'annonce comme il riait à tout et il était heureux de la voir. Elle l'était aussi.

Ca faisait du bien de revoir des visages familiers et qu'elle avait côtoyé pendant les aventures folles de son rayon de soleil.

Mais elles ne restèrent pas longtemps. Les histoires et les pourquois seront racontés et posés quand ils prendraient la mer, pour le moment il fallait faire en sorte que tout soit prêt pour ce moment.

Donc elle avait suivi sa fille dans les rues marchandes de Sabaody pour faire le plein. Elle ne s'était pas attendue à revoir Kuina. Bon les cris du pêcheur non loin de la jeune fille non plus à vrai dire.

« Soraaaaaa ! » elle avait l'impression que c'était hier la dernière fois qu'elle avait pu prendre la jeune brune dans ses bras. Pourtant ça faisait deux ans maintenant. Mais où était le sabreur si la bretteuse était là ?

Toutes deux retournèrent à la cacophonie venant de l'océan. Et, aussi surprenant que cette scène était, la reine scientifique ne fût pas étonnée de voir Zoro ressortir de l'eau, rangeant son sabre et déclarant qu'il s'était trompé de bateau.

Ouais. Les miracles avec un grand M ne pouvaient pas se faire plusieurs fois dans un temps si proche.

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Kuina et elle regardèrent leurs enfants se prendre la tête comme s'ils ne s'étaient jamais quittés. Elles se lancèrent un regard avant de lever les yeux au ciel et sourire. Aucun des deux n'avait changé c'était sûr. Leurs visages étaient si proches dans la colère et le défi qu'elle n'aurait qu'à pousser son enfant pour qu'elle fasse une chose qu'elle espérait si fort pouvoir faire sans conséquence aucune.

Bien sûr, ça n'arriva pas. Et elles soupirèrent en choeur quand les deux brisèrent leur échange pour reprendre contenance et une posture plus éloignée.

« T'es plus grand que moi ou je rêve sourcil ? » fit le sabreur avec une fausse colère. Sa fille roula des yeux avant de souffler sa fumée pour répondre.

« Déjà c'est plus grande marimo. Et oui, je porte des talons stupide aveugle. Perdre un œil t'as tant niqué la vision que ça ? On va devoir te couvrir ? »

Les sourcils du vert se levèrent avant qu'il ne hausse les épaules. Soraa ne s'était pas attendue à une autre réaction venant de lui à vrai dire, il avait trop de flegme pour avoir quelque chose à faire du changement de genre de son enfant.

« J'vois suffisamment pour voir que sans t'es plus petite que moi. » sourit-il amusé. Sanji ouvrit la bouche plusieurs secondes mais Zoro reprit. « Aller on va faire tes courses, pour ça que t'es là non ? »

Il ne pouvait le voir vu qu'il avait rapidement dépassé son rayon de soleil mais cette dernière rougissait légèrement. Elle sourit à cela. Le fait que le sabreur accepte si facilement le changement était une bonne chose. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'il prenne le pli tout de suite. Elle avait tout vu et avait eu du mal à faire les concordances correctement dans un premier temps.

Mais ça, c'était bon signe. Par contre...

« P'tain marimo, pas par-là bon dieu ! »

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Elle souriait en écoutant Kuina raconter ce qu'il s'était passé du côté de son meilleur ami durant ces deux ans pendant que leurs proches faisaient les courses. Enfin, sa fille faisait les courses pendant que le vert servait à moitié de mule et à moitié de GPS contradictoire. C'était simple à utiliser, il suffisait d'aller partout sauf vers là où il allait.

Mais elle voyait bien le regard de ce dernier sur sa fille. Comme s'il voulait dire quelque chose sans réellement oser le faire. Soraa ne savait pas vraiment le pourquoi de cette sorte de gêne mais elle espérait que ce n'était pas en relation avec le genre de son enfant. Sanji n'était pas très chatouilleuse au niveau des questions, certaines de ses conquêtes durant ces deux ans avaient pu lui demander bien des choses sans qu'elle se sente vexée, mais venant de Zoro ça serait différent.

Ce dernier poussa un soupir avant de se rapprocher de son rayon de soleil, qui était occupée à faire le tri de ses fruits.

« On peut parler n'est-ce pas ? » demanda-t-il d'une voix quelque peu suspicieuse. La blonde fronça des sourcils mais se retourna pas pour répondre.

« Depuis quand tu poses la question marimo ? » son ton était joueur mais elle savait que ce n'était que pour masquer la légère anxiété. « Balance, qu'est-ce qui a ? »

« On doit parler de Thriller Barck. » la cuisinière se tourna vers son camarade avec un air perplexe, ce qui fit rougir le sabreur qui dû toussoter pour reprendre contenance. « Tu sais de quoi je veux parler. »

« Non je vois - » Oh.

OH.

Soraa savait de quoi Zoro voulait parler. Kuina aussi au vu de son air totalement euphorique.

« Perona et lui ont beaucoup parlé de ça ces derniers jours. Je suis si fière qu'il parle ! » déclara-t-elle pendant que leurs proches étaient toujours dans un silence gênant.

C'était mal parti. Non pas qu'elle s'attendait à une bonne fin pour cette histoire de toute manière. Sa fille avait sa façon de voir les choses et les années chez les Okamas n'avaient pas changé ça. Elle ne se ferait pas connaître sous son vrai nom. Qu'importe que ça doive la séparer de son âme-sœur. Elle ne voulait pas entendre parler des Vinsmoke, de quelque manière que ce soit. Même d'une simple lettre rayée sur la peau halée qu'elle avait face à elle.

« Cook ? »

La jeune blonde sembla reprendre ses esprits et elle fit comme si de rien n'était, continuant à piocher dans les fruits de l'étale devant elle, faisant un vague geste de main pour dire qu'elle allait bien.

« Pourquoi tu veux en parler ? » questionna-t-elle « Je pensais qu'on en reparlerait pas, vu comme on l'a jamais fait avant. »

« Parce que je veux savoir pourquoi tu l'as fait. Et si, même si tu veux pas nous dire ton nom, tu es le S sur ma putain de cuisse. »

La reine scientifique voulait tant prendre son rayon de soleil dans les bras. Parce que cette dernière s'était tendue et serrait un peu trop fort le fruit dans sa main.

« Sanji ? » c'était la première fois, du moins dans ses souvenirs, que Zoro prononçait le nom de son enfant. Bien entendu, il fallait que ce soit maintenant. Elle voulait tant prendre sa fille dans ses bras…

« L'autre lettre est un V c'est ça ? » son compagnon acquiesça, quand bien même elle ne le regardait même pas. L'information était restée trop longtemps à tourner dans son esprit pour qu'elle ne s'en rappelle pas. « C'est pas mon nom. »

Kuina lui lança un regard perdu. Et Soraa ne pouvait rien dire pour excuser le mensonge de son enfant. Parce que s'en était un. Un énorme.

Dont bien sûr, elle pouvait le dire aux sourcils froncés du sabreur, ce dernier ne croyait pas un mot.

« Alors pourquoi m'avoir embrassé ? »

Sanji n'avait aucune excuse, elle le savait en la voyant payer ses courses en souriant à la jeune femme qui tenait la boutique. Zoro l'appela plusieurs fois tout en la suivant avant d'en avoir simplement marre, l'attrapant pour qu'ils se fassent face.

« Pourquoi ? » redemanda-t-il. « Réponds moi. »

« Parce que - » Trouver un mensonge, n'importe quoi à ce moment, était compliqué. Ils étaient si proches que Soraa pourrait se glisser entre eux seulement parce qu'elle n'était pas physiquement présente. « Parce que je t'apprécie, qu'importe que tu sois mon âme-sœur ou non. Et je supportais pas te voir comme ça. C'est juste arrivé ok ? Ne te prends pas la tête avec. »

Est-ce que les rougeurs sur les joues de la blonde voulait tout dire ? Est-ce que la manière dont elle mâchonnait sa cigarette signifiait tout ? Le sabreur n'avait même pas besoin d'entendre les mots sortir de la bouche de la cheffe, tout son corps la pointait comme menteuse.

Pourtant Zoro recula avant de soupirer. Et d'acquiescer : « Ok. »

« Ca n'arrivera plus. » continua Sanji. Et le coeur de Soraa se brisa.

Kuina la harcela de questions auxquelles elle se refusait de répondre. Ce n'était pas à elle d'en parler. Et son enfant avait fait le choix de ne jamais en parler.

Alors elle respecterait. Même si elle n'aimait pas ce choix, elle le respecterait.

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Luffy était, comme à son habitude, un sacré fauteur de trouble. Cela n'avait visiblement pas changé en deux ans. En même temps, s'il y a bien quelqu'un qui ne changerait pas c'était bien lui.

Soraa et Kuina furent surprises de le voir accompagné d'un perchoir. Perchoir qui se mêla au leur en un rien de temps. Puis cela la percuta. Les deux ans d'absences des StrawHat avaient été après la mort de quelqu'un d'important pour leur capitaine. Son frère aîné. Portgas D. Ace.

Ce jeune homme leur offrit un sourire resplendissant.

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« La mère de Sanji et la meilleure amie de Zoro donc. » Sous eux, leurs proches se battaient comme ils en avaient l'habitude, alors qu'ils devaient tout faire pour retourner au Sunny. Ils ne changeraient jamais tous les trois. « J'avoue que je n'aurais pas pensé vous voir avant un moment haha. »

Kuina rit avec lui mais elle ne put offrir qu'un sourire gêné. Il était mort trop jeune.

Tout ça à cause d'un simple nom qui lui collait à la peau.

Elle aurait voulu ricaner à cela, se rendant compte que c'était également ce qui retenait son enfant de vivre son amour au grand jour. Ce qui avait retenu des années Robin d'avoir une véritable vie. Elle aurait tant voulu offrir à ces jeunes une raison de se libérer de ces chaînes imaginaires.

Pourtant, elle savait que sa fille n'en écouterait pas un mot, même si elle pouvait l'entendre.

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Reformer un seul et même perchoir avec tous ses compagnons, elle l'avait attendu depuis deux ans maintenant. Ils se serrèrent tous dans les bras, faisant une scène similaire à leurs enfants sous eux. Enfin, si on oubliait sa fille et son saignement de nez.

Dieu qu'elle trouvait ça ironique. Elle était devenue une femme et pourtant en revoir une lui faisait perdre son sang-froid.

Heureusement que ça ne dura pas. Parce que ça deviendrait gênant.

« C'est si bon de vous revoir. » dit-elle avec le sourire. Bellmère passa un bras sur ses épaules tandis que Bankina pleurait à chaudes larmes dans ses bras.

« On est heureux aussi. » déclara Hiluluk, sourire aux lèvres.