Le lendemain, dans la cuisine, Henry révéla à sa mère qu'il avait dit toute la vérité à son amie, mais il ne voulait pas qu'August soit au courant. Regina ne voulait pas mentir à August, il ne méritait pas ça mais elle comprit par Henry que c'était important qu'ils aient une vraie discussion tous les deux.
Regina et Henry sortirent lorsqu'August et Luxe se mirent à table pour le petit déjeuner. Henry fit un clin d'œil à son amie pour la rassurer, elle lui rendit un petit sourire.
August ne savait absolument pas quoi dire, il était très déconcerté. Luxe n'arrivait pas à le comprendre, lui qui avait déjà attendu des semaines pour venir l'aborder. Elle essaya de réfléchir à des activités mais ce fut August qui prit une longueur d'avance.
"Qu'est ce que tu aimes faire ?"
"J'aime beaucoup écouter la radio. C'était la seule chose qui me faisait du bien lorsque j'étais recueillie par une mauvaise famille."
"C'était si horrible que ça les familles d'accueils ?", s'inquiéta l'écrivain avec un poids lourd au cœur.
"Vous ne pouvez même pas imaginer."
August se tut. Il ne pouvait pas penser qu'elle souffrait autant. C'était étrange parce que c'était tellement plus facile de réconforter Henry que de réconforter sa fille après ce qu'elle avait vécu. Il ne savait pas du tout comment s'y prendre.
"Je ne vous l'ai pas encore dit mais merci d'avoir accepté de vous occuper de moi. J'ai du mal à l'admettre mais vous et … votre femme, vous m'avez bien aidé alors merci infiniment et puis je suis heureuse de passer du temps avec Henry"
Elle vit qu'il ne lui adressa même pas un regard, qu'il essayait de réfléchir en regardant la fenêtre
"Je t'en prie, c'est normal."
Luxe commença à comprendre que cette situation était très embarrassante, c'était autant difficile pour elle que pour lui.
Elle décida de partir dans sa chambre et s'allongea sur son lit pour réfléchir. Il y avait un grand calme. Elle revit la photo de Neal et elle qu'elle avait gardé dans son portefeuille qui lui permettait de se soulager.
Elle relit encore la lettre. Elle comprit que Neal et son père étaient sans doute amis et que même si son père avait séparé les parents d'Henry, Neal l'appréciait quand même, en voulant protéger sa fille et en encourageant son père à la voir. Elle se mit à l'évidence que son père était important pour elle.
Pendant le déjeuner, c'était encore silence radio, et ça commençait à ennuyer la jeune fille.
"Bon, je vais y aller par quatre chemins, dit-elle, fermement. Henry m'a tout raconté hier, je sais que tu es mon père. Je comprends ta frustration, je t'assure, on est aussi pommé l'un que l'autre", ria t-elle
August était encore dans ses pensées
"Ce n'est pas que ça. Je m'en veux beaucoup par rapport à ce qu'il t'est arrivé. Je suis désolé que tu ais du traverser des épreuves aussi dures. tu n'avais pas mérité ça "
Luxe baissa la tête.
"Je te jure que ça a été un enfer d'avoir quitté ta mère. Tu lui ressembles tellement."
"Je connais les raisons maintenant et c'était très légitime de ta part, peut-être que si tu avais su tu m'aurais gardé ou peut-être pas, je n'en sais rien mais j'ai vraiment dû mal à t'en vouloir, comme je t'ai dit on est aussi pommé l'un que l'autre dans cette situation"
"Tu veux bien me raconter ce qu'il t'est arrivé"
"Pas maintenant, je suis plutôt de bonne humeur aujourd'hui, j'ai enfin retrouvé mon père, je ne veux pas tout gâcher. Une autre fois, je te le promets. Mais s'il te plaît, je ne veux pas que tu gardes cette tête d'enterrement toute la journée."
"Tu es beaucoup plus mature que je le pensais, lui sourit son paternel, alors tu sais quoi ? C'est toi qui choisis, tu connais mieux cette ville que moi"
Après le début de journée assez difficile, la nouvelle petite famille sortit de l'appartement. Luxe appréciait beaucoup la mode et l'art moderne. Elle l'emmena au musée d'art moderne puis ils enchaînèrent avec le Queen's muséum. August n'était pas souvent allé au musée. Il était absolument ravi de passer ces premiers temps avec sa fille et découvrir ses passions. Il lui parla de ses voyages, de tout ce qu'il avait découvert dans ce monde. Luxe était très admirative.
"Peut-être que tu as abandonné la mère d'Henry, mais tu as eu tellement de chance de visiter l'Asie, l'Amérique et le Canada. Le Japon c'est mon rêve, depuis toute petite. Mais tu n'as pas fait l'Europe ?"
"Non, hélas mais j'aurai bien voulu. Il faut toute une vie pour faire le tour du monde, tu sais à part si on est Phineas Fogg."
Elle avait appris que son père était un grand adorateur de la littérature fantastique et d'aventures, elle comprit assez vite la référence à ce roman de Jules Verne qui était son préféré.
"Toi non plus tu n'avais pas vraiment de chez toi ?"
"C'est juste mais j'avais ma moto, j'étais assez libre"
"Je t'envie, vraiment."
"Ça peut être un projet qu'on se fera. Visiter l'Europe !"
A la fin de la sortie, ils dégustèrent des bagels sur le banc près du pont Brooklyn tel Woody Allen et Diane Keaton dans Manhattan. Luxe n'avait jamais été aussi épanouie et heureuse. Elle n'hésita pas à se confier.
"La plupart des gens , ils n'osent pas être franc alors ils te racontent des salades, des trucs du genre ne t'inquiète pas ça va s'arranger, tu trouveras une super famille, un jour, tu verras, mais toi t'es pas comme ça, tu oses dire la vérité."
"Est ce que tu es prête à l'entendre, je veux bien te dire la vérité si tu me promets de ne pas t'énerver ni même de me sortir le genre de réflexion ironique qu'on a le don de faire dans la famille ?"
"Je vais essayer."
"Ne t'inquiète pas ça va s'arranger, Tu ne dois pas abandonner, il faut que tu vois ce que te réserve l'avenir. Les voyages, c'est bien beau mais il faut que tu saches ce que tu veux vraiment faire de ta vie."
"Quand j'ai vu des enfants de mon foyer d'accueil partir avec un couple, j'ai su désormais que plus personne n'aurait jamais pour moi le regard qu'il avait quand il les regardait. J'avais l'impression de toujours être invisible."
"Ne me dis pas que tu ressens encore ça aujourd'hui ?"
"Je ne sais pas trop"
"Ce regard je peux l'avoir pour toi, je t'assure, si tu m'acceptes. Je suis très heureux de te connaître, Luxe. Je sais que tu ne me considères pas encore comme ton père, tout cela est délicat mais je te promets que je m'efforcerai d'être là pour toi, quoi qu'il puisse arriver."
"Qu'est ce qu'on fait maintenant ?"
"Viens avec nous à Storybrooke, tu rencontreras ta famille ?"
"C'est que toi ma famille"
"Il y a aussi mon père qui rêverait de te connaître et Emma, qui est un peu comme ta tante. Tu sais Storybrooke, c'est une petite ville, tout le monde connaît tout le monde. C'est comme une grande famille. Plus jamais tu ne seras rejetée, jeune fille, je te le promets."
Il s'approcha d'elle et posa son front contre le sien puis il se leva et lui tendit sa main.
"Allez viens, on rentre chez nous."
August craignait un peu que la situation ne s'arrange à Storybrooke. Et si Emma était encore la ténébreuse ? Et si c'était encore pire ? Mais avec la magie de Regina à ses côtés, il essaya de ne pas trop s'en faire.
