David, avec l'aide de Crochet désirait plus que tout savoir qui était l'assassin de son père. Il apprit que le dernier lieu où se trouvait son père était l'île des plaisirs. Connaissant l'histoire de Pinocchio, les deux hommes voulurent poser quelques questions à August. Il se souvint de lui grâce à la pièce de monnaie.
Lorsqu'il était un pantin, il se rappela que son père cherchait son fils, le frère jumeau de David. Il voulait le protéger du roi Georges, l'homme monstrueux qui avait adopté l'enfant. Pinocchio les avait aidé à s'enfuir.
August réalisa tout d'un coup que sa protection avec Emma avait commencé bien avant avec son grand-père. L'écrivain avoua à David qu'il avait écrit son histoire sur l'île des plaisirs mais il avait refusé de la mettre dans le livre de conte. Il accepta de les rechercher pour les aider.
Lorsqu'ils partirent, Crochet croisa Regina. August était de dos, réfléchissant à où pourrait-être les pages.
"On peut parler ?" Demanda t-elle, inquiète.
Il se retourna, essayant d'être neutre dans ses réactions, il garda le silence
"August je suis désolée."
"Être désolé ne suffira pas à me faire revenir, Regina"
"Mais pourquoi diable tu m'en veux enfin ? Tu ne sais rien de ce que j'ai vécu et tu ne comprends pas à quel point je me sentais mal et perdu en ayant la méchante reine qui ressortait toujours en moi. Tu n'es pas en position de me juger par mon choix. J'ai fait ça parce que j'avais honte de mes actes et que j'avais peur de te perdre encore, toi et tout ce qui importe dans ma vie."
"Tu crois que c'est ce qu'il se serait passé après tout ce qu'on a vécu, ça fait quatre mois, Regina, ça ne compte pas pour toi. On devait affronter tout ça ensemble."
"Ça ne dépend pas de toi mais de moi, je ne vois pas comment j'arriverais à vivre encore avec les atrocités que j'ai commises, devant ton père, devant ta fille."
"En me disant tout, en comptant sur moi, en me faisant confiance. Je sais que ce n'est pas simple de faire confiance à Pinocchio mais tu me connais, tu sais que j'ai changé. Tu dis que je ne sais rien de ce que tu as vécu mais évidemment que si. Rappelle toi, j'ai connu la méchante reine, quand j'étais un pantin, avec mon père j'ai fait partie des villageois que tu torturais pour avoir des informations sur Blanche-Neige. J'ai entendu très souvent que tu massacrais des villages tous les jours, j'étais présent lors du mariage de Blanche-Neige quand tu as menacé de détruire nos fins heureuses et pourtant, du haut de mes sept ans tu n'étais pas mon pire cauchemar parce que j'avais une vie plus heureuse et mon innocence m'aidait à ne pas penser à toi, mais maintenant je m'en souviens et très bien."
"Et pourtant tu m'aimes comme je suis ?"
"Laisse moi te raconter une histoire, il était une fois une belle jeune femme qui, pour protéger la famille de l'homme qu'elle aime l'avait laissé s'en aller. Plus tard, elle voulait continuer à protéger un vieil homme à qui elle avait fait beaucoup de mal et pour cela, elle décida de veiller sur son fils et continua encore et toujours. Le fils de cet homme, malgré tout ce que cette femme avait fait par le passé se reconnu en elle et voulait veiller sur elle et l'aimer. Ils se sont toujours fait confiance. Il l'a poussé à détruire la page de l'auteur parce qu'il était convaincu au fond de lui que ce serait lui sa fin heureuse et qu'il l'aiderait à surmonter ses peurs. Cette histoire ne te rappelle rien ?"
"C'est la notre", dit-elle à chaude larmes.
"A toi de me le dire ? parce que après ce que tu as fait quand tu t'es séparée de la méchante reine, et bien je pense que tu l'as oubliée. Je n'ai aucune envie que tu sois parfaite. Ce n'est pas de la gentille Regina dont je suis tombé amoureux mais de ton changement parce que la méchante reine est toujours en toi et que Regina ne peut pas exister sans elle. Tu es faite de noirceur et de lumière. Et ça reste toi, il faut que tu l'acceptes, enfin. Je comprends que tu souffres, Lux m'a raconté mais faut que tu comprennes enfin que tu n'es pas toute seule, à la différence de la méchante reine. Et que si tu me faisais un peu confiance, tu comprendrais que un peu de noirceur ne me fait pas de mal parce que je sais depuis très longtemps que tu ne redeviendras jamais la personne que tu étais avant. Et ce n'est pas en séparant ta moitié que tout cela changera, c'est en me faisant confiance comme tu l'as toujours fait que tu arriveras à t'épanouir et à l'oublier. Tu m'as fait confiance alors qu'on se connaissait à peine lorsque tu as détruit la page du livre, tu as réellement fait preuve de courage parce que tu n'es pas allée à la situation de facilité et te séparer de la méchante reine, c'est exactement pareil, mais là tu as échoué"
"Je ne peux pas changer ce que j'ai fait, qu'est ce que tu veux que je fasse exactement ?"
"C'est toi la magicienne, pas moi. Essaye de raisonner comme elle."
"Mais August je t'aime", dit-elle pour la première fois, en lui touchant le visage, il jeta sa main.
"Il est peut-être préférable que tu apprennes d'abord à t'aimer. Il est temps qu'on cesse d'avoir des secrets l'un pour l'autre. La femme dont je suis tombé amoureux l'aurait compris, elle aurait su qu'on devait affronter ça ensemble. C'est cette femme là que j'ai accepté d'aimer de tout mon être, c'était le genre de couple qu'on était censé être. Tant que tu n'es pas prête pour ça, ça sert à rien de discuter donc je pense que tu devrais te regarder dans ton miroir plus souvent pour réfléchir à tout ça et trouver enfin une solution, majesté. Maintenant, laisse moi, j'ai des choses à faire."
August voulait la tester. Il voulait savoir jusqu'où elle pourrait aller pour lui. Il ne voulait pas être un Robin ou un Daniel bis, il voulait qu'elle le désire et qu'elle aille jusqu'au bout pour lui montrer sa confiance. Et il était prêt à attendre.
Le soir, il retrouva enfin les pages et sur la route, trouva Crochet et lui donna les pages du livre. Il était loin de se douter qu'il avait donné cette histoire au véritable meurtrier et que celui-ci en voyant l'illustration de son innocente victime hésita fortement à demander la main de sa petite-fille.
