Titre : 4 ans, encore...
Genre : Fantasy, romance
Rating : K+
Résumé : Suite à une rencontre avec un alchimiste mal attentionné, Riza rétrécit et se retrouve à 4 ans, encore... L'alchimiste prend la fuite, mais qui prendra soin d'elle le temps qu'il le retrouve ? Royai bien sûr !
Disclamer : FMA ne m'appartient pas T.T
Spoiler : Tous possiblement.
Notes : Hello ! Et voici une nouvelle histoire ! Elle est assez courte et je l'ai découpée en deux parties. J'espère qu'elle vous plaira. Merci de votre soutien et bonne lecture !
4 ans, encore...
Partie 1
La journée commençait très mal. Sitôt arrivés au QG, ils avaient été envoyés sur une enquête ou plutôt une arrestation car le coupable semblait tout désigné.
Il s'agissait d'une sordide histoire d'enlèvement de jeunes femmes. Aucune n'avait été retrouvée et plusieurs indices les orientaient vers un alchimiste indépendant.
Roy grommelait en montant dans la voiture. Encore un alchimiste... Quelle réputation cela dressait-il de leur profession ?
Riza, au volant, lui jeta un coup d'œil, les lèvres pincées. Ce genre d'affaire avait tendance à le tourmenter. La dernière en date, celle de Tucker, l'alchimiste tisseur de vie, les avait tous traumatisés et elle espérait qu'ils n'auraient pas affaire à un fou du même acabit.
Lorsqu'ils s'arrêtèrent devant la maison, Roy sortit de la voiture, déterminé. Ils sonnèrent et patientèrent devant la porte d'entrée. Aucun son ne se fit entendre. L'endroit semblait désert. Roy sonna une seconde fois et une minute plus tard, il frappait à la porte.
« Darius Grey ! Général Mustang, ouvrez ! »
Aucune réponse. En désespoir de cause, il tourna la poignée et la porte s'ouvrit. Il jeta un regard à l'équipe et tous se tinrent prêts, armes à la main.
Ils fouillèrent la maison de fond en combles et se retrouvèrent tous dans le salon cinq minutes plus tard.
« Rien, fit Fuery, le dernier à les rejoindre.
- La maison est vide et il y a de la poussière partout », nota Havoc.
Roy soupira.
« Bien, nous allons faire une fouille approfondie. Trouvez moi des indices sur l'endroit où il peut être, les lieux qu'il fréquente, ce qu'il aime faire, tout ! »
Ils firent le salut militaire et se dispersèrent. Riza monta directement dans les étages. Elle avait repéré un bureau et à en croire les nombreux livres traitant d'alchimie, ce devait être le bureau de Grey.
Elle commença à inspecter la pièce et passa une dizaine de minutes à tout retourner. Puis, elle s'avança vers la fenêtre pour l'ouvrir, sentant la poussière lui chatouiller le nez. Elle en profita pour jeter un œil dans le jardin. Elle fronça les sourcils en apercevant l'arbre, cinq mètres sur la gauche. Du salon pourtant, elle pouvait voir l'arbre en plein devant la fenêtre. Elle croyait que le bureau se trouvait juste au-dessus du salon mais ce n'était pas le cas.
Étonnée, elle sortit de la pièce et s'arrêta net. Le couloir se terminait là. Il n'y avait pas d'autres portes. Elle réalisa alors qu'il manquait le bout de la maison. Une pièce était manquante. Ils n'avaient pas pu y accéder ou alors il y avait un autre escalier en bas menant juste à cet endroit ? Curieuse, elle redescendit et retourna dans le salon. Roy la regarda faire, surpris. Elle inspecta les pans de mur et se tourna vers lui, sourcils froncés.
« Que se passe-t-il Lieutenant ?
- Je n'en suis pas sûre, mais... je crois qu'il manque une pièce. La pièce qui se trouve juste au-dessus de nous en ce moment, on ne peut pas y accéder... »
Il haussa les sourcils. Puis, elle remonta au bureau. C'était la dernière pièce du couloir. S'il y avait une entrée, ça devait être là. La pièce d'en face était une chambre. À l'intersection entre les deux, elle hésita. Après tout, pourquoi pas la chambre ? Roy la rejoignit et déclara qu'il s'occupait de ladite chambre.
Elle retourna dans le bureau et reprit sa fouille minutieuse. Elle en était aux livres quand l'un d'eux attira son attention. Elle l'attrapa et fut surprise de sentir celui à côté venir avec. Elle le retint et le remit en place. Un craquement résonna et elle se recula en voyant le pan de la bibliothèque pivoter.
« Général ? » appela-t-elle en se retrouvant devant une ouverture.
Elle avait trouvé l'entrée de la pièce secrète. L'endroit était assez sombre et elle sentait la poussière de là où elle était. Elle entra prudemment, entendant des pas derrière elle.
« C'est irrespirable ici », nota Roy en se dirigeant vers les fenêtres pour ouvrir.
L'air frais leur fit du bien et ils purent mieux voir la pièce. Le sol était recouvert d'un tapis de poussière blanche et tout semblait comme suspendu dans le temps. Cette immense pièce vide ne comportait que quatre meubles : une grande armoire, un bureau, une bibliothèque et une chaise. Ils vérifièrent l'armoire, seul endroit où quelqu'un aurait pu se cacher. Elle était vide. Pourtant, Roy avait une sorte d'étrange impression sur cette pièce.
Ils commençaient à inspecter plus en profondeur l'endroit quand Riza fut attirée par un objet brillant au sol. Elle s'avança au centre de la pièce et se pencha pour le ramasser. Il s'agissait d'un collier. Elle l'avait déjà vu quelque part. Elle l'observait, cherchant dans sa mémoire, quand Roy tiqua. La pièce était spacieuse mais vide. Intrigué, il regarda les lieux et réalisa en voyant Riza debout au milieu de la pièce. Elle devait être parfaitement au centre. D'instinct, il s'agenouilla et balaya la poussière avec son gant. Une ligne blanche. Il essuya encore. Celle-ci continuait.
« Lieutenant ? » interpella-t-il.
Elle releva la tête.
« Vous devriez bouger. Vous êtes au milieu d'un cercle... »
Un grincement les fit sursauter et ils n'eurent pas le temps de réagir que déjà des éclairs bleus transperçaient la pièce. Roy se retrouva aveuglé et quand il rouvrit les yeux, elle était allongée inconsciente sur le sol. Il se précipita vers elle et la prit dans ses bras. Le choc l'immobilisa. Ce n'était plus son Lieutenant mais une enfant. Elle flottait dans ses vêtements trop grands. Angoissé, il prit son pouls et soupira de soulagement, elle respirait. Il releva la tête et constata qu'ils étaient seuls. Grey, car il devait s'agit de lui, avait dû profiter de son inattention pour filer.
« Général ! appela Havoc en entrant suivi du reste de l'équipe. Tout va bien ? Lieutenant ?! »
Ils furent tous autour de lui dans la seconde.
« À première vue, elle va bien. Par contre elle a...
- Rétréci... souffla Falman, les yeux écarquillés.
- C'est pour ça que nous n'avons retrouvé aucune des jeunes femmes, comprit Breda. Elles avaient rapetissé... »
Ils s'entreregardèrent.
« Vous ne l'avez pas vu passer ? questionna Roy, en enveloppant Riza dans sa veste.
- Non, nous ne l'avons pas entendu non plus... nota Fuery qui était resté en bas.
- Bon, pour l'heure, je vais l'emmener à l'hôpital. Je vous laisse continuer de fouiller cette maison. Méfiez-vous, il pourrait revenir et visiblement, il y a des pièges. »
Ils opinèrent et Roy se redressa avec la petite fille dans ses bras.
Il prit une des voitures et se rendit directement à l'hôpital. Un médecin le reçut quasiment aussitôt et il expliqua la situation, de plus en plus inquiet. Pourquoi ne se réveillait-elle pas ?
Le médecin lui fit faire de nombreux tests sous le regard sombre de Roy. Le Général voyait le temps défiler et il était debout devant une énième vitre, observant Riza passer dans un nouveau scanner, quand une main se posa sur son épaule.
« Havoc, souffla-t-il. Qu'y-a-t-il ? Vous avez découvert quelque chose ? »
Le blond nia.
« La maison est vide. Nous avons trouvé quelques pistes.
- Allez les explorer alors.
- C'est fait, nous avons passé l'après-midi à arpenter les lieux qu'il fréquente, sans succès. Personne ne l'a vu depuis plus d'une semaine maintenant.
- Et les filles ?
- Nous avons lancé un avis de recherche pour des enfants d'apparences similaires et nous nous sommes renseignés sur les lieux accueillants des enfants.
- Déjà ? Mais quelle heure est-il ? fit Roy qui avait perdu la notion du temps.
- Bientôt vingt heures Général. À ce stade, nous étions aussi inquiets pour vous que pour le Lieutenant. Les autres sont en bas. Ils n'ont pas eu le droit de monter. »
Roy écarquilla les yeux et opina pour lui-même.
« Excusez-moi, j'ai suivi ses examens une grosse partie de la journée. Elle n'a pas repris connaissance... Je vais rester ici. »
Havoc acquiesça et lui donna un sac.
« De quoi vous restaurer.
- Merci Havoc. »
Ils se sourirent, se comprenant sans un mot. Puis, Mustang se retourna vers la vitre.
Il resta toute la nuit à son chevet, finissant par s'endormir dans le fauteuil. Lorsqu'il s'éveilla le lendemain matin, il fut surpris de croiser un regard noisette.
« Lieutenant ! » s'écria-t-il en bondissant sur ses pieds, faisant sursauter la petite fille.
Il vit ses yeux se remplir de larmes et se calma aussitôt.
« Riza, je suis désolé. Je ne voulais pas te faire peur. Comment te sens-tu ? » demanda-t-il plus doucement.
Les médecins lui avaient dit qu'elle devait avoir juste quatre ans. Elle était encore très petite.
« Où est ma maman ? » questionna-t-elle, des sanglots dans la voix.
Roy déglutit. Bien sûr qu'elle voulait sa maman...
« Elle ne peut pas être là pour l'instant. Elle m'a chargé de veiller sur toi, d'accord ? »
La petite fille ne répondit pas mais il voyait ses yeux briller. Elle se retenait visiblement.
« Riza, tout va bien se passer, souffla-t-il avec bienveillance. Je te le promets. »
Il prit sa petite main et la serra. Cela sembla la rassurer un peu puisqu'elle opina.
Le médecin arriva alors et lui sourit.
« Bonjour Riza. Je suis le Docteur Sun. Comment est-ce que tu te sens ? Est-ce que tu as mal quelque part ? »
Elle jeta un regard à Roy et nia, les lèvres serrées.
« Bien. Tant mieux. Si tu veux bien, on va vérifier que tu vas bien. »
Elle regarda à nouveau Roy et celui-ci lui sourit, encourageant.
« Ça ne fait pas mal, Riza. C'est pour ton bien. »
Elle ne dit rien et le Docteur s'approcha doucement. Il lui prit la tension, vérifia ses constantes et compléta son dossier. Puis, il se tourna vers Roy.
« Apparemment, tout va bien. Je vais lui faire faire encore un examen et ensuite, je vous la laisse. Je crois que vous êtes plus apte que moi pour la suite.
- Oui, en effet », approuva Roy.
Bien sûr, ils faisaient référence au fait de lui rendre son âge.
« Combien de temps cela va-t-il prendre ? s'enquit le Général en observant sa montre.
- Vous devriez être libre d'ici une heure. Vous pouvez remplir le formulaire de sortie quand elle fera son examen.
- Je vais voir. Merci à vous. »
L'infirmière vint les chercher une dizaine de minutes plus tard.
« Bonjour Riza. Je m'appelle Anna et je suis infirmière ici. Tu veux bien venir avec moi ? Nous avons un dernier examen à faire. »
Riza repoussa le drap et se laissa glisser hors du lit. Elle ne prit pas la main qu'Anna lui tendait mais se tourna vers Roy pour voir s'il suivait. Il lui sourit et l'accompagna. Il resta près d'elle tout le temps de l'examen sans dire un mot. Puis, Anna leur rapporta des vêtements à sa taille.
« Est-ce que tu peux t'habiller seule ?
- Oui », fit la fillette en prenant les vêtements.
Il la laissa, le temps qu'elle s'habille, et en profita pour récupérer les affaires de son Lieutenant.
Riza ressortit avec un regard grave. Ses longs cheveux blonds étaient tout emmêlés dans son dos et ses joues rougies. Il sourit avec mélancolie. Elle avait toujours été comme ça. Elle avait toujours tout supporté sans rien dire, sans se plaindre. Elle était courageuse, trop pour une petite fille de quatre ans.
« On y va, Riza ? »
Elle opina et le suivit. Il fit attention de ne pas marcher trop vite et s'assura qu'elle restait derrière lui. Elle patienta sans faire un bruit le temps qu'il remplisse le document de sortie. Dehors, Roy fit d'autant plus attention avec les voitures. Il réalisa alors qu'elle s'asseyait sur la banquette arrière qu'il allait devoir lui trouver un siège auto.
« Nous allons à mon travail. C'est le Quartier Général des militaires, en plein cœur de Central.
- C'est pour ça que tu portes une tenue bizarre ? » questionna-t-elle, dardant son regard dans le sien.
Il sourit, amusé.
« Oui, exactement. »
La route ne dura pas longtemps. Ils traversèrent le QG et Riza fut littéralement sur ses talons, si bien que personne ne remarqua réellement sa présence, ce qui était son but. Apparemment, elle était impressionnée.
« Voici mon bureau, fit Roy. C'est ici que je travaille avec le reste de l'équipe. »
Il entra et ferma la porte derrière elle.
« Riza, voici les membres de mon équipe. »
Pendant qu'elle se changeait, il avait appelé Havoc et ils avaient convenu de tous faire comme s'ils ne la connaissaient pas. Inutile de lui dire qu'elle avait rapetissé et qu'elle travaillait avec eux. C'était trop complexe à appréhender pour une petite fille de quatre ans.
« Voici Jean, Kain, Heymans et Vato.
- Et ici ? interrogea-t-elle en désignant son bureau, vide.
- Tu peux t'installer ici, déclara Roy. Ce sera ton bureau. »
Elle opina et tira la chaise. Puis, elle grimpa dessus et observa les autres.
« Sergent-Chef, cet après-midi, vous pourriez ramener Black Hayate ? Ça lui fera plaisir. »
Fuery opina. À défaut de trouver des crayons de couleur ou des feutres, Roy mit la main sur des stylos colorés et des feuilles pour Riza. Elle le regarda avec un drôle d'air si bien qu'il se demanda s'il ne devait pas lui dire quoi faire avec. Heureusement, elle prit les stylos et commença à dessiner bien sagement.
« Dans mon bureau, fit Roy. On fait un point. »
Aussitôt dit, aussitôt fait. Ils lui exposèrent leurs avancées. En soi, Grey était introuvable. Il avait fait une liste des lieux qu'il aimait fréquenter mais cela n'avait rien donné. Il semblait avoir disparu de la circulation. Quant aux filles, ils n'avaient pas de pistes et appelaient les hôpitaux, les écoles, les orphelinats en essayant de les retrouver. Elles n'étaient pas chez Grey. Qu'avait-il pu en faire ? Et surtout, pourquoi les rapetisser ?
Ils continuèrent à creuser les pistes qu'ils avaient la matinée et à midi, Fuery rentra chez lui récupérer Black Hayate dont il s'occupait. Roy décida de se faire un plateau bien rempli qu'il partagerait avec Riza au bureau. Il n'avait pas envie qu'elle soit le centre de l'attention à la cafétéria. Il partit plus tôt et revint avec le plateau, laissant le reste de l'équipe allait manger.
Il s'installa sur la table dans son bureau et s'assit dans le canapé.
« Riza ? Tu viens manger ? Tu dois avoir faim non ? »
Il se souvenait des quelques tartines que l'infirmière lui avait ramenées le matin. Elle ne répondit pas et s'assit en face de lui. Roy lui fit une assiette, coupant la viande, et la lui donna.
« Ça va aller ? »
Elle opina et prit sa fourchette. Après une première bouchée, elle sembla satisfaite et mangea avec plus d'entrain.
« Dis-moi Riza, de quoi est-ce que tu te souviens ? Est-ce que tu sais ce qu'il s'est passé hier ? »
La fillette fronça les sourcils, cherchant dans sa mémoire. Elle fit la moue.
« Non, je ne sais plus... c'était important ? Pourquoi j'étais à l'hôpital ? Est-ce que je suis malade... comme maman ? »
Roy eut un maigre sourire rassurant. C'est vrai que sa mère avait toujours eu une santé fragile et sa vie avait été ponctuée de séjours à l'hôpital.
« Non, fit Roy. Tu vas bien. Tu t'es juste évanouie hier. Tu as perdu connaissance alors je t'ai emmenée à l'hôpital.
- Pourquoi c'est toi qui t'occupes de moi ?
- Tes parents sont en voyage et je leur ai promis de veiller sur toi. »
Roy grimaça intérieurement. Ce n'était pas tout à fait un mensonge en soi... Elle l'observa et continua de manger.
« Riza ? fit Roy après le repas. Est-ce que tu veux te reposer ? Tu peux t'allonger un peu sur le canapé si tu es fatiguée. »
Elle ouvrit de grands yeux et nia.
« Comme tu veux. Je ne te force pas. »
Au même moment, ils entendirent du bruit dans le bureau suivant. Les autres revenaient. Un aboiement fit sourire Roy et il se leva.
« J'ai quelqu'un à te présenter. »
Ils rejoignirent le reste de l'équipe et Hayate s'arrêta net devant Riza. La petite fille avait les yeux écarquillés au possible.
« Il s'appelle Black Hayate et il est très gentil », fit Fuery en retenant le chien.
Il l'avança doucement. Riza ne bougea pas du tout. Elle ne paraissait pas avoir particulièrement peur mais ne semblait pas non plus vouloir s'approcher plus. Ce fut Hayate qui la réclama en jappant. Il vint contre elle, la renifla et gémit en sautillant.
« Doucement, Hayate, retint Roy. Sois gentil. »
Le petit chien parut comprendre et s'apaisa un peu.
« La maîtresse de Black Hayate est en mission à l'extérieur de la ville pour quelques jours, signifia Roy. Il a besoin de quelqu'un pour s'occuper de lui, tu voudrais bien faire ça pour moi ? »
Riza leva ses deux pupilles noisette vers lui comme si elle ne croyait pas ce qu'il disait. Dans un même temps, Hayate commença à lui donner des coups de langue au visage, heureux de reconnaître l'odeur de sa maîtresse.
« Hey ! » protesta-t-elle alors qu'un sourire se dessinait sur son visage.
Le petit chien sembla plus ravi encore et la bouscula doucement. Elle caressa sa tête et se débattit un peu face aux assauts joyeux du canidé.
« C'est une mission importante, ajouta Roy. Tu vas pouvoir le faire ? »
Elle leva deux yeux brillants vers lui et opina avec un sourire. Cela la rassura. Enfin, elle ressemblait à une enfant normale. Elle souriait au contact du petit chien. Elle joua d'ailleurs avec lui une grosse partie de l'après-midi et finit par s'endormir à même le sol contre Black Hayate. Tous lui jetaient fréquemment des coups d'œil, vérifiant que tout allait bien. À dix-huit heures, Roy sonna le départ et n'eut pas le cœur de la réveiller. Il l'enveloppa dans la couverture dont ils l'avaient recouverte et la prit contre lui.
« Hayate ? » appela-t-il doucement.
Le petit chien le suivit et l'équipe quitta le bureau. Cette fois-ci, Roy se fit remarquer. Riza dormait tranquillement dans ses bras. Il avait pu attacher ses cheveux blonds simplement avec une de ses pinces. Il savait qu'elle en avait toujours une de secours dans son bureau. L'infirmière n'avait pu lui trouver que des vêtements assez neutres et un peu trop grands pour elle. Il n'était pas très tard, aussi, il demanda à Havoc de l'accompagner juste le temps de lui trouver quelques tenues à sa taille. À eux deux, ils mirent la main sur ce qu'ils voulaient.
« Merci Havoc, fit Roy alors que Riza s'éveillait dans ses bras.
- Je vous en prie, Général. Bon courage pour ce soir. »
Ils se sourirent et Roy rejoignit son appartement avec son précieux fardeau. Elle semblait s'être rendormie à présent.
Il ferma la porte derrière Black Hayate et déposa Riza sur le canapé. Puis, il fila dans la cuisine pour voir un peu ce qu'il pouvait préparer à manger. Heureusement, il avait quelques restes. Lui-même mourrait de faim. Il commença par remplir une gamelle pour Black Hayate. Ayant déjà eu l'occasion de garder le petit chien, il avait ce qu'il fallait chez lui.
Il fit réchauffer les plats et sursauta presque en se retournant. Riza le regardait de la porte, l'air encore endormi et les cheveux plus emmêlés que jamais.
« Tu as faim ? » questionna-t-il.
Elle opina et fila vers la plaque.
« Qu'est-ce que tu fais ? dit-elle en essayant de voir dans la poêle.
- Je fais des pâtes avec des légumes. Il y a des courgettes, des poivrons et des aubergines. Tu aimes ça ? »
Elle acquiesça sans un mot et ouvrit un tiroir. Elle prit deux couverts et s'arrêta.
« Tu n'es pas marié ? Tu n'as pas de famille à toi ? »
Roy sourit. Oh si, il avait une famille. C'était eux sa famille, l'équipe, mais comment l'expliquer à une petite fille.
« Non, je ne suis pas marié et je n'ai pas d'enfant.
- Tu es triste ? »
Il rit cette fois de cet air si adorable et si concerné qu'elle avait.
« Non, non, je ne le suis pas. J'ai d'autres buts dans ma vie et ils prennent beaucoup de temps. C'est un choix que j'ai fait, mais il me reste encore du temps », fit-il avec un clin d'œil.
Elle sourit doucement et prit des couverts pour deux. En faisant attention, elle les amena sur la table. Roy lui donna les assiettes lorsqu'elle revint, puis les verres lors du troisième passage.
« Merci Riza.
- Je peux faire quoi ?
- Tu peux aller à table. C'est prêt.
- D'accord ! »
Il sourit, contente de voir qu'elle prenait ses aises peu à peu. Elle ne parlait pas beaucoup et restait assez neutre dans ses expressions. Il savait que la situation n'était pas simple. Elle n'avait pas de souvenirs et se retrouvait avec lui, une personne qu'elle ne connaissait pas. Pour une enfant de quatre ans, cela faisait beaucoup.
Il la servit et ils commencèrent à manger tranquillement.
« Alors, c'est bon ?
- Oui. Maman, elle fait jamais ça.
- Ah bon ? Et qu'est-ce qu'elle te fait à manger ta maman ? »
Riza réfléchit et prit une cuillère de pâtes.
« Elle fait des légumes comme ça mais pas des pâtes. Des fois, elle fait du riz ou des lentilles. Et puis, elle fait des gâteaux au chocolat aussi. »
Il lut la gourmandise dans ses yeux.
« Je ne fais pas de gâteaux au chocolat mais je fais de très bonne tartes aux pommes.
- C'est vrai ?
- Oui, tu aimes ça ? »
Elle opina avec un grand sourire et Roy fut ravi. Ils finirent de manger en discutant. Il la questionna sur l'école et ce qu'elle faisait là-bas. Petit à petit, elle devint plus expansive et elle lui raconta ses journées, ce qu'elle aimait faire. Il avait déjà vu qu'elle dessinait et plutôt bien. Il savait qu'il avait une boîte de crayons de couleur quelque part et il comptait bien la retrouver.
Puis, il décréta qu'il était temps de se doucher.
« Est-ce que tu peux te doucher seule ? »
Elle opina.
« Alors, viens, je vais te montrer la salle de bain. »
Il lui sortit une serviette, lui donna un tee-shirt à lui comme pyjama et lui montra le gel douche à utiliser.
« Je reste dans la salle de bain, mais tu peux fermer le rideau. Je suis là si tu as besoin. »
Elle acquiesça. Roy ramena les sacs de vêtements dans la salle de bain et commença à enlever les étiquettes, la surveillant du coin de l'œil. Il vérifia les étiquettes des vêtements et prépara les machines. Puis, il démarra l'eau de la douche pour la petite fille.
« Là, est-ce que c'est trop chaud ? »
Elle passa sa main en-dessous.
« Non, c'est bon.
- Parfait, je suis là au cas où », répéta-t-il avec un sourire.
Elle opina et il referma le rideau. Il lui avait mis un shampooing et un après shampooing à disposition. Ils les avaient achetés juste après les vêtements en prévision.
Lorsqu'il lança la première machine, Riza était en train de se savonner.
« Tout va bien ? questionna-t-il.
- Oui ! »
Il sourit et prit le magazine qu'il avait ramené pour patienter. Assis sur un tabouret, il le feuilleta, interrogeant Riza sur le déroulement des opérations assez fréquemment. Au premier « aie ! », il bondit sur ses pieds.
« Qu'est-ce qu'il se passe ?
- J'ai du shampooing dans les yeux », se plaignit la fillette.
Roy ne put résister et prit un gant humide.
« Je vais t'enlever ça, ma princesse. »
Il s'agenouilla devant la douche, repoussa le rideau et nettoya son visage.
Elle faisait la moue et il sourit.
« Je vais t'aider à laver tes cheveux. Ils sont très longs, ça doit être compliqué. »
Elle opina et il reprit le shampoing où il en était. Puis, il rinça ses cheveux en faisant attention à ne pas lui mettre de mousse dans les yeux. Enfin, il appliqua l'après shampooing.
« On sort ? » fit-il, une fois qu'elle fut rincée.
Elle opina et il l'enveloppa dans une grande serviette. Il sécha ses cheveux avec application et la laissa se mettre en pyjama.
Pendant ce temps, il en profita pour préparer le lit dans la chambre d'amis.
Riza le rejoignit et il sourit de la voir toute échevelée dans son tee-shirt beaucoup trop grand.
« Je vais brosser tes cheveux », proposa-t-il, sachant qu'elle ne demanderait jamais.
Elle accepta et il la fit asseoir sur le lit. Il ramena un peigne et y alla petit à petit. Cela prit du temps, mais aucun d'eux ne sembla s'en plaindre.
« Pourquoi il y a un bureau en plus dans ton travail ? demanda-t-elle soudainement.
- C'est pour le cinquième membre de mon équipe, répondit simplement Roy.
- C'est qui ?
- Mon premier Lieutenant. C'est la maîtresse de Black Hayate.
- C'est elle qui est partie en mission loin ? » questionna Riza, levant de grands yeux vers lui.
Roy approuva.
« Pourquoi ?
- Eh bien, dans l'armée, on nous attribue des missions et elle a une mission à faire.
- Mais elle va revenir ?
- J'espère, répondit sincèrement Roy. Allez, j'ai fini. Au lit maintenant. »
Riza ne se le fit pas répéter. Il la borda et hésita une seconde avant de déposer un baiser sur son front.
« Bonne nuit, princesse. Je suis à côté si tu as besoin. »
Elle acquiesça.
« Bonne nuit... Roy. »
Il sourit et sortit en éteignant la lumière. Puis, il revint dans le salon et rangea la vaisselle. Entre la veille et aujourd'hui, il était exténué et n'attendait que de se coucher.
La nuit fut tranquille et Riza ne se réveilla pas une seule fois. Il ne put s'empêcher de passer la voir en se réveillant aux alentours de trois heures du matin et elle dormait profondément.
Le matin fut un peu plus mouvementé. Lui n'était pas vraiment très efficace le matin et si Riza était bien réveillée, elle n'avait pas d'emploi du temps à respecter. Elle déjeuna alors qu'il rêvassait devant son café. Puis, il réalisa l'heure qu'il était et ce fut la course jusqu'au QG. Roy savait que le Généralissime Grumman rentrait de son voyage aujourd'hui et il passerait certainement les voir dès son arrivée. Même s'il l'avait rassuré par téléphone, il viendrait voir sa petite fille en personne.
Ils arrivèrent en même temps que l'équipe, à bout de souffle. Roy lui donna les crayons de couleurs qu'il avait retrouvés et lui ramena des feuilles. Elle parut un peu plus satisfaite que la veille. Elle reprit ses dessins et tous devaient bien admettre qu'elle était très douée. C'était une qualité qu'ils ne lui connaissaient pas. Black Hayate était tranquillement couché à ses pieds alors qu'elle s'appliquait, un léger sourire sur les lèvres. Roy avait juste eu le temps de lui faire une queue de cheval pour qu'elle n'ait pas les cheveux dans les yeux. Avec la petite robe rose qu'elle portait, ils la trouvèrent tous adorable.
À dix heures, ils entendirent frapper et le Généralissime pénétra dans la pièce. Roy arriva au même moment et tous effectuèrent le salut de circonstances. C'est à cet instant que Riza se précipita vers Grumman avec un grand sourire.
« Grand-père ! s'écria-t-elle alors qu'il la soulevait dans ses bras.
- Oh ma Riza ! Ça faisait longtemps, fit-il la serrant contre lui.
- Tu m'étouffes ! » se plaignit-elle en riant.
Il la redéposa alors, ravi et soulagé de la revoir.
« Général Mustang, merci de prendre soin de ma petite fille, remercia-t-il. Peut-on faire un point sur la situation tous les deux ?
- Bien sûr, Généralissime.
- Je reviens, ma chérie », dit Grumman avec un geste tendre.
Ils se rendirent dans le bureau de Roy et fermèrent la porte derrière eux. Riza regarda la porte avec un drôle d'air.
« Est-ce que tu veux qu'on fasse un chocolat chaud ? proposa alors Havoc.
- D'accord », fit-elle avec un sourire.
Ils se dirigèrent vers la salle de pause et là, Jean lui prépara ledit chocolat chaud. Riza revint avec la tasse dans les mains. Elle avançait tout doucement, Havoc lui ouvrant les portes. Il avait voulu la lui ramener mais elle avait refusé. Elle la déposa sur son bureau, se hissa sur la chaise et sourit, satisfaite.
« Merci ! »
Et elle but son chocolat alors que tous lui jetaient un regard tendre. Elle venait de finir lorsque Roy et Grumman ressortirent du bureau. Elle leva la tête vers eux et ils retinrent leur sourire.
« Oh Riza, fit Roy en s'agenouillant devant elle. Tu en as partout autour de la bouche. »
Il essuya le chocolat et caressa sa joue.
« Bon, je vois que vous maîtrisez la situation Général. »
Roy approuva et Grumman se tourna vers Riza.
« Je vais retourner au travail. Si tu veux passer du temps avec ton vieux grand-père, tu demandes à Roy. »
Riza opina et Grumman déposa un baiser sur son front.
« Sois sage, ma chérie. »
Il ressortit et l'équipe se remit au travail. Ils avaient conclu ensemble que Grumman étant souvent en déplacement, il valait mieux que Riza reste avec Roy. Ce dernier vérifia que tout allait bien avant de retourner dans son bureau.
La matinée se déroula normalement. En début d'après-midi, Roy fut surpris de voir Riza entrer dans son bureau. Elle atteignait à peine la poignée et devait se mettre sur la pointe des pieds pour pouvoir ouvrir la porte. Il ne dit rien, l'observant faire. Elle la referma et se dirigea vers le canapé, Hayate sur les talons. Elle grimpa dessus, attrapa la couverture et s'allongea. Stupéfait, il eut néanmoins un sourire attendri en entendant sa respiration s'apaiser. Est-ce que Riza avait toujours été aussi raisonnable ?
Il reprit son travail et il était bientôt trois heures quand Riza se redressa. Toute décoiffée, elle semblait encore endormie. Hayate posa sa tête sur le canapé et elle le caressa. Puis, elle descendit et tenta de replier la couverture de son mieux. Ce ne fut pas parfait mais Roy en fut amusé. Elle sortit ensuite du bureau, l'air de rien, et joua avec le petit chien jusqu'à ce que Roy lui propose de goûter.
Il avait bien remarqué que Riza ne demandait jamais rien. Elle se débrouillait toute seule pour beaucoup de choses et quand il repensait à son maître, il comprenait un peu mieux son caractère. La mère de Riza était souvent hospitalisée donc pas souvent chez elle et son père était quasiment tout le temps dans son bureau. Riza avait dû apprendre à s'occuper d'elle-même rapidement. Il ne pouvait s'empêcher de lui en vouloir. Si sa mère n'y pouvait pas grand chose, son père aurait dû prendre soin d'elle. Pourtant, Roy savait qu'il l'aimait. Sur son lit de mort, il lui avait fait promettre de s'occuper d'elle.
Le soir, encore, elle mit la table seule et prenait les plats dans le frigo quand Roy sortit de sa douche.
« Je vais m'en occuper, assura-t-il. Ne t'inquiète pas Riza, je vais le faire. Merci à toi. »
Elle l'observa de ses grands yeux et haussa un sourcil.
« Pourquoi tu ne portes pas de tee-shirt ? demanda-t-elle simplement.
- Je sors de la douche. Je vais aller en mettre un », assura-t-il.
Elle opina et posa le plat sur le comptoir. Roy soupira. Il était amusé néanmoins. Il rit un peu moins en la voyant monter sur le tabouret.
« Non, c'est dangereux, Riza. Tu as fait la moitié, je fais le reste. Peut-être que tu peux nourrir Black Hayate ? »
Elle opina et fit ce qu'il lui demandait.
Roy fut rassuré et ils mangèrent tranquillement. Puis, ce fut l'heure de se coucher. Cette fois-ci, Roy lui demanda si elle voulait qu'il lui lise une histoire. Riza parut surprise et Roy sortit un livre pour enfants qu'il avait emprunté à Gracia. Elle sourit aussitôt et il s'installa plus confortablement dans le lit.
Alors qu'il arrivait au milieu de l'histoire, il réalisa qu'elle s'était endormie. Il la borda et sortit sur la pointe des pieds. Black Hayate l'observait dans le couloir en secouant la queue.
« Quoi ? »
Le petit chien jappa et Roy le caressa doucement.
« Non, tu ne vas pas dans la chambre avec elle, tu vas la réveiller. »
Il geignit et Roy soupira.
« Allez, viens », fit-il en se dirigeant vers sa propre chambre.
Heureux, Black Hayate le suivit en trottinant.
Le lendemain matin, Roy avait rendez-vous à l'hôpital avec Riza. Il s'agissait de vérifier sa santé, surtout si elle était amenée à rester comme ça un moment étant donné qu'ils ne parvenaient toujours pas à mettre la main sur Grey.
Le médecin l'examina et fronça les sourcils.
« Un problème ? s'inquiéta Roy.
- Disons que... quelques mesures me semblent incorrectes par rapport à la dernière fois. Je vais lui faire faire des examens Général, par précaution. »
Roy approuva, tendu. Finalement, ils restèrent toute la matinée à l'hôpital, Roy gardant le contact par téléphone avec l'équipe entre deux examens. Riza fut amenée d'une salle à une autre. Elle passa d'une infirmière à une autre, d'un service à un autre et il la sentait exténuée quand le docteur vint les voir à midi.
« Alors ? » questionna Roy.
L'homme fronçait les sourcils. Il fit sortir Riza sous l'œil méfiant de Roy.
« Voici les tests d'il y a deux jours quand vous nous l'avez amenée, fit-il en montrant sa main gauche, et voici les tests d'aujourd'hui, ajouta-t-il en secouant sa main droite. Les résultats sont différents. Pas de beaucoup mais c'est déjà trop pour... un être humain normal disons.
- Et de manière claire ? rétorqua Roy, nerveux.
- Elle grandit... trop vite. Les résultats des tests d'aujourd'hui sont ceux d'une petite fille de 5 ans Général... alors il y a deux hypothèses, soit elle continue de grandir jusqu'à son âge normal, soit...
- Soit elle ne s'arrête pas », comprit Roy.
Le médecin approuva.
« Vous pensez que cela va être proportionnel, un an en deux jours ou...
- Je n'en ai aucune idée, Général. »
Roy soupira une nouvelle fois.
« Pour le savoir, il faudrait faire d'autres tests... émit le docteur.
- Non, rétorqua Roy. Il y a eu assez de tests pour aujourd'hui », déclara-t-il d'un ton catégorique.
Le médecin se résigna. Ils fixèrent néanmoins un autre rendez-vous pour dans deux jours. Puis, Roy rejoignit Riza et ils prirent la direction du QG.
« Roy ?
- Oui ? demanda-t-il en lui jetant un œil dans le rétroviseur.
- Est-ce que je suis malade ?
- Non, rassura-t-il aussitôt, le médecin m'a dit que tu étais en bonne santé.
- Alors pourquoi tu n'es pas content ? »
Il hésita. Que pouvait-il répondre à cela ?
« Il faut tout de même surveiller ta santé. Même si tu vas bien. Disons que ça me soucie. »
Elle parut sincèrement surprise.
« Pourquoi ? »
Ce fut à son tour d'être surpris.
« Eh bien, parce que... je prends soin de toi, Riza. C'est normal... »
Il oubliait que cela ne faisait pas partie des habitudes de la petite fille. Avoir quelqu'un qui se souciait d'elle...
Elle ne dit rien mais il voyait son regard dirigé droit sur lui dans le rétroviseur. Son téléphone sonna alors qu'ils étaient à mi-chemin.
Reconnaissant le numéro d'Havoc, Roy se gara et décrocha.
« Général ! Grey a été repéré à l'extérieur de la ville, dans la ville de Moonstown.
- J'y vais tout de suite, informa Roy. Où exactement ? »
Havoc lui donna l'adresse.
« On se retrouve là-bas », déclara Roy.
Il jeta un œil à Riza. Elle s'était endormie en route. Il n'aimait pas devoir l'emmener mais s'ils avaient une chance de l'attraper, ils ne devaient pas la manquer.
Il démarra et se rendit directement à Moonstown.
Il retrouva le reste de l'équipe là-bas et confia la protection de Riza à Fuery.
Grey avait été aperçu dans un café et Roy fut content d'être en civil pour une fois. Il passerait plus inaperçu que ses hommes. Après avoir briefé son équipe, il entra dans le café afin de le repérer. Il eut juste le temps de voir la porte de derrière claquer et d'entendre deux coups de feu. Roy courut à travers le café et se retrouva dans la ruelle derrière. Havoc se tenait le bras et à ses pieds, Grey maugréait. Le blond avait tiré dans son genou.
« Beau travail, Sous-Lieutenant, félicita Roy. Tu es touché ?
- Une égratignure, déclara-t-il.
- Bien, emmenez le moi. »
Falman et Breda soulevèrent Grey du sol et lui passèrent les menottes. Satisfait, Roy se dirigea vers les voitures. Voilà une arrestation rondement menée.
Fuery et Riza de leur côté ne savaient pas ce qu'il s'était passé et ils étaient tous les deux nerveux, ayant entendu les coups de feu. Fuery soupira de soulagement en voyant Roy revenir et Riza dut ressentir la même chose. Elle se précipita vers lui. Un peu surpris, Roy la réceptionna dans ses bras et la serra contre lui.
« Tout va bien, assura-t-il. Nous l'avons attrapé. »
Elle opina, ses petites mains autour de son cou. Il lisait la peur dans ses yeux et il caressa tendrement ses cheveux.
« Ça va, ça va », souffla-t-il.
Riza se calma rapidement cependant et il la déposa dans son siège auto. Elle fixait ses grands yeux sur lui et il lui sourit.
« Je ne pars pas, assura-t-il. Je reste là et je prendrai soin de toi Riza. Ne t'inquiète pas, d'accord princesse ? »
Elle pinça les lèvres et acquiesça vivement. Il déposa un baiser sur son front et reprit le volant, direction le QG cette fois.
Lorsqu'ils arrivèrent, Roy se chargea de l'interrogatoire, laissant ses hommes rédiger les rapports. Il demanda à Havoc de veiller à ce que Riza mange avant de s'enfermer dans la salle d'interrogation.
Grey fut coriace. Il ne se laissa pas démonter et Roy dut user de toute sa persuasion pour obtenir les informations qu'il voulait. Après une bonne demi-heure d'interrogatoire, il finit par découvrir le fin mot de l'histoire. Les filles étaient dans une maison abandonnée pas loin de Moonstown. Il continuait apparemment ses expériences là-bas afin d'obtenir la vie éternelle. Malheureusement, et comme Roy s'en était rendu compte, les sujets vieillissaient beaucoup trop rapidement. Roy informa son équipe avant de revenir à Grey.
« Et que leur arrive-t-il quand elles arrivent à leur âge normal ?! » questionna-t-il, debout devant l'alchimiste.
Roy sentait son cœur tambouriner dans sa poitrine. Sa réponse allait déterminer beaucoup de choses. Grey eut un sourire.
« J'ai beaucoup entendu parler de vous Général Mustang... et du Lieutenant Hawkeye bien sûr. Votre très... très fidèle Lieutenant... »
Il lui jeta un regard droit et fut sérieux soudainement.
« Les filles reprennent alors leur croissance normale Général, ne vous inquiétez pour votre précieux Lieutenant. Dans quelques mois, elle aura retrouver son corps d'avant et sa mémoire avec... »
Il baissait la tête à présent, défaitiste. Roy lâcha un franc soupir et s'assit face à lui.
« Pourquoi la vie éternelle ? » demanda-t-il.
Grey haussa les épaules.
« Vous savez, quand vous n'êtes personne, vous voulez devenir quelqu'un et on ne choisit pas tous le même chemin pour y arriver... »
Roy releva la tête et plongea son regard dans le sien. Oui, il comprenait quelque part. Peut-être avait-il eu le même cheminement de pensée à une époque de sa vie ?
« Je vois, souffla-t-il seulement. Pourquoi des filles ? Toutes de même profil ?
- Ce sont des proies faciles. Elles ne sont pas très grandes, fines et donc faciles à transporter. C'est purement pratique. »
Roy soupira une nouvelle fois. Il se leva et posa une main sur la table.
« Jouer avec la vie humaine, commença-t-il le regard dur, n'était pas un bon moyen pour y arriver. La vie éternelle ou l'immortalité, ce ne sont que des chimères. À quoi bon vivre si on ne meurt jamais ? Les alchimistes, même les plus doués, ne défient pas la vie. Certains ont essayé et ils en ont payé le prix fort... »
En colère, Roy quitta la salle. Il avait en tête l'image de deux enfants estropiés, privés de leur jeunesse pour avoir tenté l'impossible. Puis, il porta une main à ses yeux et secoua la tête. L'homme n'apprendrait donc jamais...
Ce fut Riza qui l'apaisa contre toute attente. Quand il arriva, elle se leva et vint à sa rencontre, une feuille à la main. Elle la lui donna et Roy s'agenouilla devant elle.
« Oh ! » fit-il, stupéfait.
Il ne s'attendait pas à cela. Le dessin le représentait sans aucun doute ainsi que son équipe. Ils se trouvaient dans le bureau et honnêtement, s'il y avait des imperfections, elles étaient minimes.
« C'est très bien fait Riza, c'est pour moi ? »
Elle opina et il sourit.
« Merci princesse », fit-il en déposant un baiser sur son front.
Puis, il se redressa. Seul Fuery était présent. Le Sergent-chef hocha la tête et Roy acquiesça en silence. Havoc, Breda et Falman étaient partis chercher les filles dès qu'ils avaient eu l'adresse.
Il rejoignit son bureau dans le but d'écrire son rapport le plus vite possible. Il en avait d'autres à finir et travailla rapidement pour pouvoir partir à une heure décente. Il se souvint qu'il n'avait pas mangé vers quinze heures quand son ventre cria famine. Le reste de l'équipe arrivait alors qu'il croquait dans une pomme. Il fallut alors gérer les filles. Elles étaient en bonne santé heureusement et ne paraissaient pas traumatisées par l'expérience. Elles étaient surtout perdues et confuses. Roy fit venir un psychologue rapidement. Cela dura une bonne partie de l'après-midi et il était dix-neuf heures quand les choses se calmèrent. Certaines filles, encore en train de retrouver leur âge normal, furent placées en foyer ou confiées à de la famille lorsqu'il y en avait. Celles qui avaient retrouvé leur âge normal possédaient leurs souvenirs et purent retourner chez elles. Cela rassura Roy. De ce qu'il comprenait, Riza retrouverait peu à peu ses souvenirs. Disons qu'à dix ans, elle aurait tous ses vrais souvenirs mais antérieurs à dix ans. Il calcula qu'à treize ans, âge où elle l'avait rencontré, elle se souviendrait de lui comme étant un élève de son père. Nul doute qu'il devrait alors lui expliquer la situation. En attendant, il avait bien remarqué que si son corps était celui d'une petite fille de cinq ans, ce n'était pas le sien à cinq ans mais bien celui de ses trente ans qui avait rajeuni. Elle possédait toujours son tatouage dans son dos et ses longs cheveux blonds. Or, il savait qu'elle les avait courts étant petite.
Le soir venu, il la retrouva dans son bureau, allongée sur le canapé. Elle dormait profondément et il eut un sourire tendre. Il rassembla ses affaires et prit la fillette dans ses bras. Si son corps grandissait aussi vite, il comprenait qu'elle soit fatiguée.
« Bonne soirée, souhaita-t-il à son équipe.
- Bonne soirée Général », répondirent-ils en cœur.
Roy traversa le QG désert et regagna sa voiture, Hayate sur les talons.
Il installa Riza dans son siège auto, réalisant qu'elle n'en aurait plus besoin dans quelques jours.
N'ayant pas envie de cuisiner et encore moins de se prendre la tête, il s'arrêta en chemin acheter des pizzas et les conduisit ensuite à son appartement. Riza se réveilla lorsqu'il se gara.
« J'ai acheté des pizzas ! » fit-il avec un grand sourire.
Elle eut l'air surprise et ne dit rien. Il comprit alors qu'elle n'avait pas dû manger beaucoup de pizzas.
« Tu vas aimer », rassura-t-il avec un clin d'œil.
Il était déjà dix-neuf heures avec tout ça et ils profitèrent des pizzas encore chaudes pour manger. Riza mordit dans une part et après quelques bouchées, sourit.
« Ça te plait ?
- Oui ! »
Il fut ravi et ils mangèrent tranquillement. Enfin, jusqu'à ce que Riza le questionne à propos du « Monsieur capturé ». Roy tenta de lui expliquer sans rentrer dans les détails, mais elle ne se satisfaisait pas des détails. Elle enchaînait pourquoi sur pourquoi et il fit preuve d'une patience exemplaire.
Puis, il décréta lâchement qu'il était temps d'aller à la douche. Elle comprit que la conversation était finie et sembla s'en contenter.
Cela ne l'empêcha pas cependant de lui poser d'autres questions sous la douche. Il préparait une nouvelle machine tout en disant que sa machine à laver tournait très souvent en ce moment quand il entendit sa petite voix de la cabine.
« Est-ce qu'il voulait devenir immortel lui aussi ? »
Roy retint un soupir et un sourire s'étira sur ses lèvres.
« Je ne pense pas que c'était son but premier Riza », reprit-il.
Puis, il lui expliqua ce que Grey lui avait dit, regrettant de ne pas avoir coupé court à la conversation dès le début.
Heureusement, l'heure du coucher arriva et il s'installa près d'elle, un livre à la main. Elle arrêta alors les questions et écouta attentivement l'histoire.
Comme la veille, elle s'endormit à la moitié de l'histoire. Il l'allongea délicatement et remonta la couverture sur elle, caressant ses cheveux.
Hayate le suivit d'office dans sa chambre et Roy pouffa. Il se laissait vraiment gouverner par une petite fille et un chien, le pire étant que cette situation lui convenait.
Il se coucha, un sourire aux lèvres. Il était vraiment rassuré de savoir que Riza serait bientôt de nouveau elle.
Alors ? Qu'en pensez-vous ? Vous vous attendiez à cela ? ;)
À la semaine prochaine pour la deuxième et dernière partie de cette histoire !
