Titre : 4 ans, encore...

Genre : Fantasy, romance

Rating : K+

Résumé : Suite à une rencontre avec un alchimiste mal attentionné, Riza rétrécit et se retrouve à 4 ans, encore... L'alchimiste prend la fuite, mais qui prendra soin d'elle le temps qu'il le retrouve ? Royai bien sûr !

Disclamer : FMA ne m'appartient pas T.T

Spoiler : Tous possiblement.

Notes : Hello ! Et voici la suite et fin de cette histoire. Mais ne vous inquiétez pas, j'ai déjà la prochaine histoire de finie (je ne m'arrête plus...). Je vous en dis plus à la fin ;) Bonne lecture !


4 ans, encore...

Partie 2


Deux jours plus tard, comme prévu, ils retournèrent à l'hôpital. Cette fois-ci, Roy pouvait dire que Riza avait grandi. Il avait beau être avec elle tout le temps, il voyait la différence d'un jour à l'autre. Le docteur confirma son ressenti. Riza avait à présent six ans et ce soir-là, ce fut elle qui lut l'histoire. Roy était subjugué par les progrès qu'elle faisait. Même pour une enfant de six ans, elle avançait rapidement.

Le jour suivant, elle écrivait et plutôt bien. Elle agrémenta ses dessins de textes et chacun eut le droit au sien dans l'équipe.

Le samedi matin, ils revinrent à l'hôpital, ayant convenu avec le médecin qu'ils passeraient tous les deux jours afin de vérifier que tout allait bien.

« Eh bien, je dirai qu'elle a sept ans maintenant. Mais les progrès que vous me racontez sont assez impressionnants. Savez-vous si Riza était comme ça plus jeune ?

- À vrai dire, répondit Roy. Je ne sais pas trop. Elle était la fille de mon maître. J'ai vécu chez eux quelques années pour apprendre l'alchimie mais Riza a toujours été discrète. Elle a eu d'excellents résultats à l'école militaire et s'est fait remarquée très vite, surtout pour ses aptitudes au tir. Je sais qu'elle est très compétente, même trop pour le poste qu'elle occupe, admit-il avec un demi-sourire. Ça ne m'étonnerait pas qu'elle ait été comme ça. Elle a été livrée à elle-même assez jeune... »

Il avait le regard dans le vague, perdu dans ses pensées.

« Vous savez si elle est allée à l'école ? interrogea alors le médecin.

- Aucune idée. Je lui ai posé des questions sur l'école, mais elle a été très évasive. Cela m'avait toujours semblé évident d'après ses connaissances, sa manière de s'exprimer mais plus j'y pense et plus je doute... »

Le docteur eut un air grave. Voulant en avoir le cœur net, il fit venir Riza.

« Riza, est-ce que tu vas à l'école chez tes parents ? questionna-t-il.

- Oui, parfois. Quand maman est là. Sinon, non. Papa préfère que je sois à la maison. »

Roy et le docteur se lancèrent un regard et elle baissa la tête, sentant qu'ils n'étaient pas contents.

Roy posa une main sur son épaule.

« Ne t'inquiète pas Riza, tout va bien.

- Est-ce qu'on a fini ? » demanda-t-elle.

Il sourit. Oui, il lui avait promis d'aller au parc et elle n'attendait que cela visiblement. Il se tourna vers le médecin et l'homme opina.

« Oui, nous y allons », assura Roy.

Il remercia le médecin et ils sortirent. Dans le couloir menant au hall principal, Roy sentit la petite main de Riza se glisser dans la sienne. Il se sentit presque honoré de cette marque d'affection. Riza ne donnait pas beaucoup de câlins. Elle ne lui avait encore jamais pris la main et il fut ravi.

Leur matinée se termina au parc comme convenu et Black Hayate fut certainement le plus ravi des trois. À midi, Roy l'emmena manger dans un restaurant et il comprit en la voyant observer les alentours qu'à sept ans, elle n'avait jamais mangé dans un restaurant encore.

L'après-midi, ils rentrèrent se reposer et Riza dormit bien deux heures. Elle ne se plaignait pas mais il commençait à reconnaître les signes de fatigue. Puis, Roy l'emmena à un endroit qu'elle allait certainement adorer : le muséum d'histoire naturelle.

Il savait qu'elle était curieuse de tout et qu'elle avait soif d'apprendre. Ils firent la visite pour les enfants, Riza écoutant avec attention, Roy l'observant, amusé.

Le soir venu, ils rentrèrent tranquillement et la soirée fut calme. Riza put finir toute l'histoire avant de tomber de sommeil.

Ils profitèrent du dimanche pour se lever tard. Enfin, Roy se leva tard. Riza fit sa vie jusqu'à ce qu'il émerge. L'air pas réveillé, il entra dans le salon pour la retrouver agenouillée devant la table basse, un paquet de feuilles noircies devant elle.

« B'jour... marmonna-t-il. Qu'est-ce que tu fais ?

- Bonjour ! J'écris », informa-t-elle avec un grand sourire.

Il s'assit sur le canapé, frottant ses cheveux emmêlés.

« Tu écris quoi au juste ? »

Alors elle lui raconta une histoire incroyable inspirée certainement des livres qu'ils lisaient le soir et de sa visite au muséum. Il essaya de la suivre au mieux, fronçant parfois les sourcils devant le rocambolesque de sa fiction.

« Et puis ils retournent dans la grotte de début et ils repassent dans leur monde. Ils retrouvent leurs parents et voilà ! »

Il avait les yeux grands ouverts.

« Ouah ! Ok, c'est... mouvementé », déclara-t-il.

Elle reprenait déjà son histoire, un sourire sur les lèvres.

Il l'observa et se perdit dans ses pensées. Riza aimait écrire... jamais il n'avait imaginé cela. Pourtant, si elle n'allait pas à l'école ou peu et qu'elle savait écrire et lire, cela voulait dire qu'elle avait voulu apprendre, non ? Ou peut-être que ses parents lui avaient appris cela ?

Elle dessinait aussi et il n'en avait aucune idée. Décidément, il y avait beaucoup de choses qu'il ne connaissait pas de son Lieutenant.

Il ne se doutait pas qu'il aurait l'occasion d'en apprendre encore beaucoup plus.

En effet, une semaine plus tard, elle avait dix ans et l'interrogeait sur tout. Pourquoi est-ce qu'elle n'allait pas à l'école ? Pourquoi est-ce que ces parents ne venaient pas la chercher ? Pourquoi c'était à lui de prendre soin d'elle ? Elle se posait de plus en plus de questions et cherchait à comprendre sa situation, ce qui était normal.

Roy tentait d'y répondre au mieux sans trop lui en dire. Tout viendrait assez vite de toute façon.

Le week-end suivant, elle avait treize ans et en se levant le samedi matin, elle le regarda avec de grands yeux.

« Mais... tu es... »

Roy opina et retint un soupir. La conversation qu'il redoutait allait avoir lieu.

« Oui, je suis l'élève de ton père.

- Mais... »

Elle s'était approchée de lui, levant une main vers sa joue. Il la sentait complètement perdue, pas consciente de ce qu'elle faisait.

« Je suis plus vieux ? »

Elle acquiesça.

« Assieds-toi, je vais t'expliquer. »

Elle obéit et Roy prit deux secondes pour organiser ses pensées.

« Riza, en réalité, tu as 30 ans et tu es mon premier Lieutenant. »

Elle fit le lien tout de suite.

« La maîtresse de Black Hayate ?

- Oui. Nous devions arrêter Grey, l'alchimiste qui voulait trouver la formule de l'immortalité. »

Elle opina, son regard noisette fixé sur lui.

« Il nous a eu par surprise et tu t'es retrouvée au milieu d'un cercle alchimique. Grey l'a activé et lorsque je suis arrivé auprès de toi tu avais quatre ans. »

Elle continuait de l'observer sans rien dire. Elle avait bien compris déjà qu'elle grandissait extrêmement vite et que ce n'était pas normal. Cela faisait partie de ses questions récurrentes.

« Je t'ai emmenée à l'hôpital et tu t'es réveillée le lendemain matin. Depuis, j'ai pris soin de toi. Quand nous avons attrapé Grey, il m'a expliqué que tu reviendrais naturellement à ton âge véritable avec le temps. »

Elle opina une nouvelle fois.

« C'est pour cela que je me souviens de certaines choses soudainement ?

- Oui, avec les âges qui passent, tu intègres peu à peu les souvenirs que tu as. Là, tu as treize ans donc tu te souviens que je suis venu vivre chez vous à cet âge.

- J'ai une autre question... »

Elle paraissait hésiter, la douleur dans ses yeux.

« Vous prenez soin de moi donc... mais vous auriez pu me laisser à mes parents. »

Il croisa son regard et comprit. Elle savait. Elle avait deviné bien sûr l'inéluctable. Riza avait toujours été très rationnelle.

« Veux-tu vraiment que je réponde à cette question, Riza ? » murmura-t-il en essuyant une larme solitaire qui coulait sur sa joue.

Elle inspira et ses yeux s'inondèrent brusquement. Elle avait sûrement eu une éducation très particulière mais cela ne l'empêchait pas d'aimer ses parents.

Roy l'attira dans ses bras, laissant la jeune fille pleurer.

Ce week-end là fut étrange, plus que les semaines précédentes. Riza perdit le sourire tranquille qu'elle arborait la plupart du temps. Elle était dans ses pensées, les yeux rivés sur l'extérieur.

« Riza ? appela Roy le samedi après-midi. Est-ce que tu veux qu'on aille t'acheter des vêtements ? Tu ne peux pas porter mes tee-shirts tout le temps... »

Il avait dû lui trouver quoi mettre rapidement et c'était un problème constant. Il lui fallait deux tenues de chaque âge et ce n'était pas facile à trouver.

Riza leva un regard vers lui et nia. Non, visiblement, elle avait juste envie de rien.

Après leur conversation, elle ne lui avait plus posé de questions et restait silencieuse.

Heureusement, le lundi, elle avait intégré la mort de ses parents et récupérait ses souvenirs. Elle se souvenait de la première année d'apprentissage de Roy, ce qu'elle pensait de lui alors. Cela n'avait rien à voir avec l'homme chez qui elle vivait. Il était différent. À l'époque, elle l'appelait Monsieur Mustang, comme son père le lui avait demandé, mais c'était quelque chose qu'elle ne pouvait pas faire. Ils vivaient ensemble mais cela n'avait rien à voir avec sa véritable treizième année.

Le lundi soir, Roy l'emmena acheter des vêtements car ce n'était plus possible. Elle atteignait les quatorze ans et son corps changeait vraiment tout le temps.

Trois jours plus tard, il appelait Gracia à l'aide, démuni devant des problèmes de mensuration. Heureusement, la jeune femme arriva aussitôt et emmena Riza faire un peu de shopping. Elle lui prêta également quelques soutiens-gorge pour la suite et Gracia conseilla à Roy de passer faire un tour chez Riza. Elle aurait bien quelques vêtements qui lui iraient.

Le week-end suivant, ses quinze ans donc, ils pénétrèrent dans l'appartement de Riza.

« Donc, c'est chez moi », déclara Riza, observant les alentours.

L'endroit était paisible, les tons doux et neutres. Elle fit quelques pas, visitant les pièces une à une. C'était épuré, simple et les grandes baies données sur la ville. Il n'y avait pas besoin de décoration quand elle avait une vue aussi belle.

« Ça te plait ? questionna Roy.

- Oui, après tout, c'est mon appartement, non. »

Elle lui sourit et se dirigea vers la chambre. Roy la laissa récupérer des affaires, ne voulant pas trop s'immiscer dans l'intimité de son Lieutenant, même si c'était assez tard.

Le lundi, l'équipe fut subjuguée en la voyant entrer. En un week-end, la différence était flagrante. Elle portait une robe sage d'un joli vert. Celle-ci soulignait sa taille et Riza avait tressé souplement ses longs cheveux. Elle leur sourit en les saluant alors que Roy les fusillait du regard.

« Au travail », fit-il en rejoignant son bureau.

À présent, Riza avait pris le parti de les aider et allait chercher les dossiers, les transmettait aux uns et aux autres ou encore préparait les cafés. Bref, elle faisait tout ce qu'elle était capable de faire. Ils avaient bien essayé de l'en empêcher mais elle voulait participer et elle était particulièrement têtue.

Au QG, beaucoup se retournaient sur son passage, se demandant ce qu'elle faisait là. Heureusement, personne ne faisait le lien entre le Lieutenant Hawkeye et la jeune fille pour l'instant.

Deux jours plus tard, Roy se leva et s'assit en face de Riza avec une tasse de café. Elle était en train de boire son thé, un livre à la main. C'est alors qu'il croisa son regard malicieux.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-il, suspicieux.

Elle posa son livre et esquissa un sourire.

« Je viens de m'engager dans l'armée, déclara-t-elle, et j'ai enfin compris ton objectif. »

Roy passa une main dans ses cheveux. Il avait regretté cette conversation devant la tombe de son père. Il avait regretté lui avoir parlé de son idéal. Pourtant, elle était heureuse et souriante à présent. Il repensa à la guerre et ne dit rien. La réalité la rattraperait bientôt. Puis, il réalisa qu'en fait, elle était heureuse d'en savoir plus sur lui, de se rapprocher de lui en quelque sorte.

« Ça n'a pas l'air de te réjouir, comprit-elle en reprenant un air plus neutre.

- Non, c'est... »

Il soupira.

« Nous avons vécu beaucoup de choses difficiles ensemble au cours des dix années qui ont suivi. Ton engagement marque la fin d'une période disons... »

J'aurai préféré que tu ne vives pas cela, ajouta-t-il intérieurement. Ce jour-là, le jour de l'enterrement de son père, il lui avait dévoilé un de ses objectifs, sans parler du second. Il lui avait partagé sa soif d'idéal en pensant qu'elle serait fière de lui et pas qu'elle voudrait se battre à ses côtés. S'il voulait un monde meilleur, s'il voulait protéger les habitants d'Amestris, c'était avant tout pour elle. Ce qu'il voulait c'était la protéger elle. En s'engageant, il s'était fait la promesse naïve de revenir vers elle après avoir atteint son objectif.

Il savait qu'elle regretterait son engagement et qu'elle changerait radicalement suite à la guette d'Ishbal, comme lui, comme tous. Mais elle, elle ne le savait pas encore.

Il se plongea dans sa tasse de café et elle n'insista pas.

Il fallut 48 heures, 48 heures pour que le temps des regrets arrivent. Il se réveilla ce matin-là, dérangé par du bruit, et trouva Riza agenouillée dans la salle de bain. Elle serrait son corps entre ses mains blanches et avait la tête baissée, ses longs cheveux cachant son visage.

Alors, il comprit. Doucement, il s'approcha d'elle et repoussa ses cheveux. Elle releva la tête vers lui et lui jeta un regard horrifié. Les larmes inondées son visage défait.

Il ne savait pas quoi dire alors qu'elle grimaçait de douleur. Un cri s'étrangla dans sa gorge et elle se jeta contre lui, l'agrippant avec force. Elle pleura, dégoûtée, inconsolable. Il la serra dans ses bras, la berçant.

Malgré tout, elle ne lui tournait pas le dos. Il aurait pu comprendre qu'elle lui en veuille mais comme elle le lui avait dit des années plus tôt, elle avait choisi elle-même de le suivre. Elle l'avait regretté, mais c'était son choix. Elle ne pouvait pas le lui reprocher. Cela semblait vrai pour la jeune femme dans ses bras.

Après un temps infini, elle se détacha de lui et passa une main sur son visage.

« Vous allez être en retard, fit-elle d'une voix éteinte.

- Tu, souffla Roy. Tu vas être en retard. »

Elle esquissa un pâle sourire et opina.

« Je vais rester là aujourd'hui, si ça ne te dérange pas. »

Elle lut l'appréhension dans ses yeux et le rassura. Elle ne tenterait rien de stupide. Il la croyait volontiers. Riza avait un autre objectif à présent, le même que le sien : réparer ses erreurs.

Il posa une main sur sa joue et déposa un baiser sur son front.

« D'accord. Tu m'appelles si tu as besoin. »

Elle opina et il se prépara vite fait.

Sa journée fut sombre. Il ne put s'empêcher de penser à elle, à son histoire, enfin leur histoire. Il aurait voulu que ce soit différent mais alors, ils n'auraient jamais été aussi proches. La vie était étrange...

Il réalisa également qu'à 20 ans, elle était assez grande pour vivre seule. Pourtant, il ne voulait pas qu'elle parte. Il s'était habitué à sa présence tranquille, à ses attentions, ses sourires discrets. Il ne voulait pas qu'ils se retrouvent seuls à nouveau.

Il fit au mieux pour rentrer le plus tôt possible et fut surpris de trouver son appartement désert. Sachant instinctivement où la trouver, il fonça chez elle et les aboiements de Black Hayate lorsqu'il sonna le rassurèrent. Il attendit un moment et constata qu'elle ne viendrait pas lui ouvrir. Il appuya sur la poignée et la porte céda. Elle n'avait pas fermé à clé.

Son regard fut aussitôt attiré par la jeune femme, recroquevillée sur le canapé.

Le gramophone près d'elle diffusait le début de Like a star de Corinne Bailey Rae. (NDA : ok, là je fais une pause pour vous encourager à l'écouter ! Cette chanson est juste parfaite pour la scène qui vient.) Roy referma la porte et s'avança vers elle. Il posa une main sur son épaule et lui sourit faiblement.

Il croisa alors son regard douloureux et sentit son cœur se serrer. Il ne voulait pas la voir comme ça. Aujourd'hui, elle avait perdu son innocence. Il ne verrait plus jamais cette étincelle vive dans ses yeux. Il attrapa sa main et l'attira à lui, la faisant se lever. Elle se laissa faire et vint se blottir dans ses bras. Il la berça au rythme de la musique, une main au creux de son dos. Il sentait ses larmes dans son cou et sa main fermement agrippée à sa veste. Il n'avait pas pu faire cela à l'époque. Il n'avait pas pu la consoler ou au moins la soutenir comme il le faisait maintenant. Non, ils avaient porté cette douleur à deux, mais séparément. Il était temps de la partager. Il sentit ses yeux se remplir de larmes et embrassa son front, pleurant avec elle.

Les dernières notes se firent entendre et Roy passa une main sur son menton, plongeant son regard dans le sien.

« Rentrons à la maison », murmura-t-il en essuyant ses joues humides.

Elle opina et il garda sa main dans la sienne. Il ne voulait plus la lâcher, plus jamais.

Leur soirée fut empreinte d'une nostalgie douloureuse. Riza mit trois jours à reprendre le dessus. Elle resta vivre chez Roy et ce sujet fut tabou entre eux. Aucun des deux ne voulait que cette cohabitation cesse, aussi, ils n'en parlèrent pas.

Ayant intégré l'armée, elle se remit à porter son uniforme et un peu de normalité gagna l'équipe. Elle donnait du Général à Roy mais passait rapidement au tutoiement et aux prénoms une fois chez lui. Elle ne prit pas longtemps à reprendre ses anciennes missions. Riza avait toujours été rapide et autodidacte. À force de voir passer des rapports, elle comprenait son rôle.

Roy fut surpris de la voir débarquer dans son bureau un matin à dix heures. Ses cheveux étaient relevés à l'aide de son habituelle pince et elle tenait des dossiers dans les mains.

« Général, vous avez une réunion à onze heures et j'ai des dossiers qui ne peuvent pas atteindre à transmettre. Je vous laisse les traiter en urgence », fit-elle en les déposant sur son bureau.

Il la dévisagea et sourit. Il retrouvait peu à peu son Lieutenant. Elle lui rendit alors son sourire et lui fit signe de compléter ces dossiers rapidement.

Il obtempéra aussitôt et en les lui rendant, lui demanda de l'accompagner à la réunion.

« Mais, commença-t-elle, faisant référence à son physique.

- Ils n'y verront que du feu », assura Roy avec un clin d'œil.

Elle prit alors son air neutre et le suivit. Le reste de l'équipe sourit en les voyant faire.

Les jours qui suivirent furent plus calmes. Riza avait toujours des souvenirs qui lui revenaient mais il n'y avait pas eu de gros bouleversements pendant cette période-là.

Roy fut surpris de la voir froncer les sourcils un matin.

« Qu'y-a-t-il ? demanda le brun en s'installant face à elle avec son café.

- Un certain Adrien, ça vous parle ? »

Il fronça les sourcils et nia.

« Je n'ai pas dû vous en parler », éluda alors Riza en haussant les épaules.

Il retint les questions qui lui venaient. Bien sûr qu'elle avait fréquenté quelques personnes, mais elle était très discrète, donc c'était facile à mettre de côté pour Roy. Il pouvait prétendre que ce n'était pas le cas et voilà. Pourtant, elle avait apparemment fréquenté un Adrien...

Il était jaloux. Essayant de paraître détaché, il porta sa tasse à ses lèvres et manqua de se brûler. Elle eut une drôle de moue et un sourire moqueur se dessina sur son visage. Cependant, elle ne dit rien, laissant sa fierté en paix.

Leur journée fut banale. Ils complétèrent une tonne de dossiers. Le soir venu, si Roy était soulagé de quitter le QG, Riza paraissait bien silencieuse à ses côtés.

« Un nouveau souvenir ? demanda-t-il, curieux.

- Non, une déduction. Il y a ces histoires avec les frères Elric et les drôles d'événements que nous avons traversé. Et... il manque quelqu'un, n'est-ce pas ? »

Elle vit le regard de Roy se voiler. Ils montèrent en voiture et ce n'est que lorsqu'ils passèrent la porte de l'appartement que Riza reprit.

« Roy ? Maes est... »

Il opina et vit ses lèvres se pincer.

« Il va se passer pas mal de choses dans les mois à venir ?

- Oui, approuva Roy. Nous avons vécu une drôle de période. »

Elle plongea son regard dans le sien.

« Je suis désolée... »

Il acquiesça. Oui, il le savait.

Il fut surpris de la voir s'avancer vers lui. Sans un mot, elle passa ses bras autour de son torse et l'enlaça. Il glissa ses mains dans son dos et soupira de contentement. Il aimait son étreinte. Il aimait son odeur et sentir son corps entre ses bras.

Trop vite, elle se détacha de lui et lui adressa un sourire doux qui le fit fondre.

« Faisons à manger, j'ai faim », murmura-t-elle.

Il opina sans réellement comprendre ses paroles. Il la suivit dans la cuisine et se reprit.

Après le repas, ils ressortirent promener Black Hayate. C'était une habitude qu'ils avaient depuis qu'ils laissaient à nouveau le petit chien chez Roy la journée.

« Riza ? » fit Roy, rompant le silence de la nuit.

Elle se tourna vers lui, l'interrogeant du regard.

« Que dirais-tu de tester le nouveau restaurant ce week-end ? Nous ne sommes pas sortis ces deux dernières semaines. »

Elle eut quelques secondes de réflexion et finit par opiner. Il ne put retenir son sourire.

« Je réserve pour vendredi soir alors ? Ça te va ? On essayera de ne pas partir trop tard.

- Oui, il faudra que je passe chez moi alors. »

Il l'interrogea du regard et elle sourit.

« C'est un restaurant assez chic je crois. Je ne vais pas y aller en jean tout de même », dit-elle en lui faisant un clin d'œil.

Il acquiesça et n'ajouta aucun commentaire. Elle souhaitait bien s'habiller pour aller dîner au restaurant en tête à tête avec lui et c'était déjà juste énorme. Il garda ce sentiment d'euphorie tout le reste de la soirée.

Le vendredi soir arriva rapidement et Riza partit directement chez elle après le travail. Elle trouva une tenue adéquate, se doucha et s'habilla. Elle se détailla dans le miroir et décida de se faire un chignon élégant. Ensuite elle passa au maquillage. S'il était léger de manière générale, elle choisit un beau rouge à lèvres rouge.

Elle portait une jolie robe de même couleur. Elle drapait ses épaules en un col bateau et laissait voir la naissance de sa poitrine. Puis la robe épousait les formes de son corps et une ceinture noire venait marquer sa taille. Elle chaussa ses escarpins noirs, dissimula une arme sur elle et s'estima satisfaite. Le temps s'était rafraîchi donc elle passa un long manteau noir par-dessus et c'est à cet instant qu'on sonna à la porte.

Elle attrapa son sac et ouvrit.

« Je suis prête », fit-elle avec un sourire.

Il ne sut quoi répondre, subjugué par cette apparition. Il lui tendit un bouquet de fleurs, la surprenant. C'était des roses toutes aussi rouges que sa robe. Elle ne connaissait pas grand chose au langage des fleurs mais des roses rouges, elle savait que ce que cela signifiait.

« Merci... je les mets ici, mais c'est dommage étant donné que je vis chez toi.

- Nous passerons les chercher », éluda Roy.

Elle sourit et sortit un vase qu'il lui avait offert d'ailleurs. Elle s'en souvenait, comme de tout le reste. Sa mémoire était complète. Elle le savait car elle se rappelait de la maison de Grey et du cercle alchimique. Pourtant, elle s'était bien gardée de le dire à Roy. Pourquoi ? Elle ne savait pas... Peut-être que cela sonnerait la fin de leur vie commune ? Dans le doute, elle avait préféré ne rien dire.

Elle mit les fleurs dans le vase et rejoignit Roy sur le seuil. Il était très élégant également et portait un pantalon chic noir, des chaussures de ville de même couleur et une chemise blanche. Par-dessus, il avait un veston ainsi qu'un manteau noir.

Elle le détailla discrètement. Il ne manqua pas son regard pourtant et ses lèvres s'étirent en un sourire charmeur. Il lui tendit son bras. Si elle fut surprise une seconde, elle le prit sans tergiverser et lui rendit son sourire.

Le restaurant était vraiment très bien agencé et l'ambiance un peu intimiste et tamisée leur plut aussitôt. De plus, à première vue, ils ne connaissaient personne, ce qui était parfait. Ils n'oubliaient pas les lois militaires.

Un employé les accueillit et les installa. Roy resta un instant muet lorsqu'il récupéra le manteau de Riza. Il était ébloui et sentit son sourire niais. Son regard descendit sur son corps et il se reprit presque aussitôt. Riza l'avait vu cependant.

« Désolé... souffla-t-il, ayant l'impression d'être redevenu un adolescent. Vous êtes sublime. »

Elle sourit et se pencha vers lui. Il se força à ne pas quitter ses yeux, attendant la suite.

« Tu, murmura-t-elle. Ce que tu veux dire c'est « tu es sublime », n'est-ce pas ? »

Il approuva, incapable de prononcer le moindre mot. C'était ses lèvres rouges qui le hantaient maintenant. Elle allait le rendre fou avant la fin de la soirée si ce n'était pas déjà fait.

Au moment opportun, un serveur se présenta à eux et leur remit les menus. Ils comprirent à son regard que Roy était reconnu. Bien sûr, reconnaître le Lieutenant Hawkeye dans cette tenue était plus compliqué et Roy était le plus célèbre des deux.

« Si on nous demande, souffla Roy avec un clin d'œil, tu t'appelles Elisabeth ? »

Il avait naturellement pris sa main dans la sienne en lui disant cela et Riza acquiesça avec un sourire doux.

Puis, elle le sentit se tendre soudainement. Elle jeta un œil à la salle, méfiante. Non, elle ne percevait aucune menace. Elle revint vers lui et rencontra deux onyx intenses. Il paraissait tellement sérieux.

« Qu'y-a-t-il ? » demanda-t-elle, inquiète.

Le serveur revint à ce moment-là et ils se souvinrent qu'ils étaient là pour manger. Heureusement, il fut impeccable et les conseilla habilement si bien que quand il partit, il avait leur commande, ce qui les arrangea tous les deux.

Riza se reconcentra sur Roy. Il lui adressa un sourire doux, la rassurant.

« Dis-moi, tu te souviens de tout n'est-ce pas ? »

Elle comprit alors le sujet de la discussion à venir.

« Oui, souffla-t-elle. Je me souviens de tout jusqu'à la salle secrète chez Grey et le cercle alchimique. »

Il opina, s'en doutant. Ses yeux se firent vagues une seconde, comme s'il se perdait dans ses pensées. Soudain, il revint vers elle avec un regard tellement tendre qu'elle se sentit fondre. Il porta sa main à ses lèvres et l'embrassa.

« J'aimerais... j'aimerais que tu restes vivre chez moi... chez nous, mais je suis conscient que la situation va devenir problématique. Nous enfreignons toutes les règles. Si nous avions une raison les deux mois précédents, il va maintenant falloir revoir notre stratégie. »

Elle comprit alors qu'ils partageaient la même envie. Sans retenir son sourire, elle se pencha vers lui une nouvelle fois.

« Et quelle est votre stratégie Général ? » questionna-t-elle, mutine.

Il reprit son air charmeur, gardant sa main dans la sienne.

« Je ne suis pas sûr qu'elle vous plaise... »

Elle haussa un sourcil. Effectivement, à son expression, elle devinait que l'idée était mustangesque au possible si elle pouvait le dire ainsi.

Elle l'interrogea tout de même d'un signe de tête.

Il relâcha sa main et ils se redressèrent alors que le serveur revenait avec les entrées. Il les leur présenta et leur souhaita un bon appétit avant de s'éloigner.

Tous deux baissèrent la tête vers leur plat. Ça avait l'air délicieux. Roy avait un mille feuille de parmesan accompagné de jambon et de figue devant lui. Quant à Riza, elle avait commandé une salade de crevette, pamplemousse et avocat.

Ils se jetèrent un regard et commencèrent à manger.

« Alors ? demanda Riza après quelques bouchées.

- C'est très bon », fit Roy, amusé.

Elle lui fit une drôle de moue et il pouffa avant de réellement répondre à sa question.

« Je pensais y aller au culot. »

Elle haussa un sourcil et immobilisa sa fourchette à mi-chemin. Comment ça y aller au culot ? Une idée se forma dans sa tête mais elle nia.

« Que veux-tu dire ? reprit-elle.

- Certainement exactement ceux à quoi tu penses. Ton grand-père n'est pas aveugle et il ne veut que ton bonheur... je m'avance peut-être mais je pense pouvoir y contribuer. Il a dû penser à une solution. »

Elle ouvrait de grands yeux, sentant son cœur s'emballer. Roy était très sérieux.

« Que veux-tu lui dire précisément ? » s'inquiéta-t-elle.

Il sourit.

« À vrai dire, je veux accepter une de ses vieilles propositions, déclara-t-il avec un air amusé.

- Une proposition ? questionna Riza, ne comprenant plus.

- Pour faire court, il y a peut-être cinq ans maintenant il m'a proposé la main de sa petite-fille. Je ne savais pas alors qu'il s'agissait de toi.

- Attends, tu veux accepter une proposition où il te demande de m'épouser, c'est ça ? »

Il décala son assiette et reprit sa main.

« En fait, je voulais te le demander d'abord, mais même les stratégies militaires ne se passent jamais sans encombre », fit-il avec un clin d'œil.

Il vit ses joues se colorer et ses sourcils se froncer. Puis, elle inspira et se reprit un peu.

« Roy, si c'est une demande en mariage, c'est... »

Elle s'arrêta ne sachant pas comment exprimer ce qu'elle ressentait.

« C'est soudain, compléta-t-il, mais Riza, si tu remets en contexte, ça fait dix-sept ans que je t'aime. »

Elle se figea et secoua la tête.

« Roy, tu es... tu es impossible, soupira-t-elle. Me prendre au dépourvu alors que... »

Il gardait son sourire, l'observant si expressive et troublée. Il adorait le rose sur ses joues et ses doigts qui serraient les siens à présent. Elle n'avait pas retiré sa main et plongea son regard dans le sien.

« Roy... »

Il adorait aussi la façon dont elle prononçait son prénom. Sans dire un mot, il la laissait réaliser ce qu'il lui demandait.

Il lui fallut quelques secondes de plus. Il la voyait presque réfléchir. Elle était très rationnelle et prenait en compte tous les aspects de leur potentiel mariage. Il était le plus romantique de deux à coup sûr et n'avait pas eu besoin d'y penser pour savoir qu'il voulait l'épouser et passer le reste de sa vie avec elle à ses côtés.

Elle reprit un air plus neutre soudainement et il sut qu'elle avait pris sa décision. Elle attendit quelques secondes et il respecta. Ce n'était que justice après tout. Puis, ses lèvres s'étirent en un sourire.

« Et dis-moi, tu comptes me faire une vraie demande en mariage ou... » commença-t-elle, taquine.

Elle fut interrompue alors que Roy se levait. Elle ne fut jamais aussi heureuse d'être au fond du restaurant dans un endroit relativement calme. Cela n'empêcha pas les tables alentours de se retourner vers eux alors que Roy mettait un genou à terre, sortant un écrin d'une de ses poches. Elle se leva de surprise et porta une main à sa bouche. Décidément, cette soirée était forte en émotions.

Il plongea son regard onyx dans le sien et elle sentit ses jambes trembler. C'est qu'il était très sérieux en plus.

« Riza Hawkeye, souffla-t-il pour qu'ils soient les seuls à l'entendre. Veux-tu m'épouser ? »

Elle cligna des yeux et réalisa qu'il attendait une réponse.

« Oui », répondit-elle alors que ses yeux s'embuaient.

Il se redressa et n'eut pas le temps de lui passer la bague au doigt qu'elle se blottissait contre lui. Il y eut des applaudissements dans la salle et Roy caressa son dos, souriant aux autres. Il sentait ses mains agrippées à son veston.

« Tu es complètement fou », murmura-t-elle à son oreille.

Il sourit, relevant son menton vers lui.

« Oh oui, approuva-t-il. Je suis certainement fou. »

Ses yeux disaient ce qu'il taisait et elle rougit. Il prit délicatement sa main dans la sienne et fit glisser la bague autour de son annuaire. Elle était simple, élégante et parfaite. Riza releva la tête vers lui et il fut bouleversé par son immense sourire. Elle passa ses bras autour de son cou, s'approchant de lui.

« Je crois que tu l'as mérité celui-là », souffla-t-elle avant de poser ses lèvres sur les siennes.

Effectivement, il avait attendu ce baiser depuis bien trop longtemps. Enlaçant sa taille, il lui répondit, posant une main sur sa joue. Elle frémit contre lui alors que sa langue caressait ses lèvres. Ils approfondirent leur baiser mais restèrent relativement sages. Ils étaient au beau milieu d'un restaurant après tout.

« On peut peut-être se rasseoir maintenant ? » proposa Riza les joues rougies.

Il opina et déposa un dernier baiser sur la commissure de ses lèvres. Elle le regardait avec un air tendre.

Ils se rassirent finalement et reprirent leur entrée. Quelques minutes plus tard, le serveur vint les féliciter et les débarrassa.

Ils attendirent qu'il se soit éloigné pour reprendre leur discussion.

« Oula, tu peux être sûr que la rumeur de ton mariage va vite circuler en ville, émit Riza.

- J'espère surtout qu'on saura vite qui est l'heureuse élue », éluda-t-il.

Elle pouffa.

« Nous avons quelqu'un à convaincre avant ça.

- Et s'il entend la rumeur, il ne lui faudra pas longtemps pour comprendre ce qu'il en est. »

Riza leva les yeux au ciel. Ils n'étaient pas si prévisibles, non ?

La convocation qu'ils reçurent tous les deux le lundi matin les informa que si, ils étaient complètement prévisibles.

« Pour la discrétion, on repassera, marmonna Riza alors que l'équipe leur jetait des coups d'œil inquiets.

- Ça va bien se passer », assura Roy, confiant pour deux.

Elle ne répondit pas, incertaine. Ils sortirent ensemble et se dirigèrent vers le bureau du Führer.

Celui-ci les fit entrer aussitôt.

« Ah ! Riza ! Roy ! » accueillit-il en se levant.

Ils le saluèrent de manière très professionnelle.

« Non, non. Nous n'allons pas parler de travail. »

Riza haussa les sourcils. C'était pourtant lui les convoquait très officiellement. Elle retint sa remarque cependant.

« J'ai entendu parler d'une nouvelle ce week-end qui m'a réjoui au plus haut point. »

Il se tourna vers Roy.

« Alors je voulais savoir Général, avez-vous accepté ma proposition finalement ? »

Ils furent tellement surpris qu'aucun des deux ne répondit pendant quelques secondes. Ils virent alors le sourire de Grumman s'affaisser un peu et réagirent. Riza croisa le regard de Roy et sentit ses joues rougir. Cela le fit sourire et il opina.

« Oui, déclara-t-il. Oui... »

Il se racla la gorge.

« Nous allons nous marier. »

Grumman parut extatique. Il leva les mains vers Riza et elle ne résista pas. Ils se serrèrent dans leurs bras et Grumman fit de même avec Roy, le surprenant.

« Eh moi qui attendais cela depuis des années ! Mon amendement est prêt et prend la poussière. Si j'avais su qu'il fallait qu'un alchimiste te fasse redevenir enfant et que vous viviez deux mois ensemble, j'aurais organisé tout cela moi-même ! s'écria le Führer, les rassurant au plus haut point.

- Grand-père », tempéra Riza.

Elle n'ajouta rien d'autres cependant car elle ne savait pas quoi dire qui le calmerait. Au fond, elle se sentait aussi excitée que lui. Une main se glissa dans la sienne et elle se tourna vers Roy. Il la regardait avec un tel sourire qu'elle ne put retenir le sien. Il l'attira dans ses bras et Grumman parut encore plus ravi de les voir s'enlacer.

« Oh ! Il va falloir organiser tout ça ! s'exclama-t-il. J'ai plein d'idées ! »

Riza pouffa alors que Roy embrassait sa tempe tendrement.

« Mais d'abord, publions cet amendement. Je vous fais confiance pour garder cela pour vous deux semaines le temps que ce soit effectif. »

Ils opinèrent avec sérieux.

« Oh ! Un mariage ! » reprit Grumman au comble de la joie.

Ils se demandèrent un moment s'il n'était pas même plus heureux qu'eux.

On frappa à la porte alors que le vieil homme leur parlait de toutes ses idées pour ce grand moment. Grumman se calma un peu et ils choisirent ce moment pour s'éclipser. Ils effectuèrent le salut militaire de rigueur et le remercièrent pour le temps accordé.

Ils revinrent rapidement à leur bureau et sitôt la porte fermée, se lancèrent un regard entre soulagement, joie et surprise. Ils ne s'attendaient pas à cela et réalisaient à peine que plus rien ne s'opposait à leur union.

Oubliant le reste de l'équipe, Riza eut un grand sourire et se précipita vers Roy. Elle passa ses bras autour de son cou en riant. Il la souleva adroitement et la fit tourner autour de lui. Puis, il la ramena contre lui et ils s'embrassèrent.

« Hum... hum... fit une voix, les faisant revenir à la réalité.

- Oui Havoc ? questionna Roy, son regard plongé dans celui de Riza.

- Alors... les rumeurs sont vraies. »

Décidément, leur serveur ou alors les gens du restaurant devaient être très bavards.

Pour toute réponse, Riza souleva la chaine qui pendait autour de son cou, dévoilant son alliance. Ne pouvant pas la porter, pas encore, elle l'avait mise là.

L'équipe s'emballa aussitôt et Riza dut les reprendre pour que leurs voix ne s'entendent pas à l'autre bout du QG.

« Félicitations ! s'écria Fuery, ravi de cette nouvelle.

- Enfin ! fit Breda.

- J'ai perdu mon pari », soupira Havoc, les faisant rire.

Retourner au travail après cela fut très compliqué. Pour couper court aux conversations, ils les invitèrent à venir manger chez eux le soir-même. Cela leur permettrait de poser leurs questions. Les gars s'empressèrent d'accepter et le travail pu reprendre.


Cinq ans plus tard


Les gars arrivèrent devant l'appartement des Mustang juste avant 19h30 donc très exactement à l'heure. Havoc sonna et il y eut des bruits de cavalcade. Ils s'entreregardèrent, amusés. Puis une petite voix se fit entendre à travers la porte.

« J'ouvre ! s'écria-t-elle.

- Eléonore, reprit une voix féminine. Attends-moi pour ouvrir. »

La porte s'ouvrit enfin et une petite bouille blonde leur dédia un magnifique sourire.

« Bonsoir ! s'écria-t-elle alors que Riza retenait son sourire derrière elle.

- Bonsoir, Ellie », répondirent-ils en cœur.

Du haut de ses quatre ans, Eléonore Mustang les fit entrer.

« Elle te ressemble au même âge, Riza, déclara Breda, c'est impressionnant.

- Oui, c'est vrai », sourit Roy en les rejoignant, enlevant son tablier.

Il salua ses hommes joyeusement et ils s'assirent dans les canapés. Cependant si Eléonore ressemblait à Riza physiquement, elle était beaucoup plus insouciante et active qu'elle. Elle n'arrêtait pas une seule seconde de parler et Riza, à présent enceinte de sept mois, commençait à fatiguer. Roy passa son bras autour de son épaule et elle se blottit contre lui.

Le sujet du travail fut totalement éludé et à la place, chacun parla de sa vie personnelle. Depuis que Riza et Roy formaient un couple, la dynamique de l'équipe avait changé. Havoc s'était trouvé une copine et ils s'étaient mariés deux ans auparavant. Emma de son prénom avait une soirée chez des amies d'où sa présence seul ce soir. Breda avait, contre toute attente, vaincu sa phobie des chiens et il en avait même adopté un, les surprenant. Lady était la douceur même et lorsqu'il l'emmenait au travail, elle passait la journée à le suivre avec attention. Fuery sortait présentement avec une femme quelques années plus jeune et cela se passait bien. Quand à Falman, il observait tout ce petit monde évoluer avec bienveillance.

Moins de deux mois plus tard, ils furent les premiers au courant de l'accouchement de Riza et pour cause, Roy passa déposer Eléonore chez Havoc avant de filer à l'hôpital avec Riza. Havoc se chargea de prévenir le reste de l'équipe et ils attendirent l'ouverture des visites pour les rejoindre. Emma, Jean et Eléonore attendaient plus ou moins patiemment en fonction de l'âge quand les autres arrivèrent.

Gracia et Elicia ne tardèrent pas à se montrer. Puis ce fut au tour du Commandant Amrstrong d'arriver avec Maria et Denys. Enfin, le Führer en personne fit son apparition, essoufflé.

Tous effectuaient le salut réglementaire quand Roy sortit de la chambre avec un tout petit paquet dans les bras. Eléonore se précipita vers lui et il s'agenouilla pour lui montrer son petit frère.

« Mais il est riquiqui ! s'écria Ellie, les faisant rire.

- Il va grandir, ne t'inquiète pas », rassura son papa.

Tous l'entourèrent et s'exclamèrent devant les cheveux ébènes et la pâleur du bébé. C'était une copie conforme de Roy à coup sûr. Lorsque ce dernier leur indiqua le prénom, il y eut un silence significative avant qu'Elicia ne le brise.

« Il s'appelle comme mon papa ! » s'écria-t-elle avec un grand sourire.

Roy sourit et opina.

Puis, tous voulurent voir Riza. Elle les reçut avec un sourire comblé et le calme ne revint qu'une heure plus tard lorsqu'enfin, ils consentirent à les laisser se reposer.

Roy les raccompagna à la porte et quand il revint vers Riza, elle tenait Maes dans ses bras et Eléonore s'était blottie près d'elle dans le lit. Sa femme releva la tête vers lui et il vit dans son regard l'étincelle vive qu'il pensait à jamais disparue. C'était la même flamme qu'il voyait à chaque fois qu'ils assistaient à une des découvertes d'Eléonore, à chaque fois que leur fille se lovait dans leurs bras, à chacun de ses sourires. Cette innocence, cette insouciance qu'il pensait perdue pour eux, elle renaissait à travers leurs enfants.

Il les rejoignit et souleva Eléonore pour la prendre sur ses genoux. Il les enlaça sans un mot, heureux et fier. Riza nicha sa tête dans son cou et soupira doucement.

Puis, Maes ouvrit les yeux sur sa nouvelle famille. Il émit quelques bruits et ils le virent refermer les yeux apaisés.

« Bienvenue Maes », souhaita Riza, des sanglots d'émotions dans la voix.

Roy embrassa sa tempe avec tendresse.


Voilà ! Est-ce que cela vous a plu ?

Pour la suite, j'ai plusieurs histoires de finies encore une fois donc je vous laisse voter. Vous avez le choix entre :

La décision de Riza : Suite à un certain accident, Riza tombe enceinte et elle doit alors prendre une grande décision. Pour leur sécurité, elle décide de fuir Central et Roy, pas au courant de sa grossesse, respecte son choix. Pourtant lorsque plus d'un an plus tard, il reçoit une lettre de menace à l'encontre de Riza, son sang ne fait qu'un tour et il débarque dans la vie de son ancien Lieutenant.

Ou alors :

La disparition de Riza Hawkeye : Un matin, Riza ne se présente pas au QG. Elle semble avoir disparu et l'équipe lance alors une enquête pour la retrouver. Ils vont alors découvrir une autre personnalité de leur Lieutenant. Royai as usual ;)

Je sais que le reconfinement est dur et long pour certains alors j'ai décidé de passer à deux chapitres par semaine jusqu'à la fin du confinement. Donc vous aurez certainement la nouvelle histoire mercredi. Voilà, c'est ma maigre contribution en espérant que cela vous change les idées.

Je vous embrasse et à mercredi ! Mais en attendant, à vos votes ;)