Moi : Coucou les lecteurs ! Ca faisait une paye dis donc ! ^^

Kyoya : Oh non pas toi...

Moi : Et si moi ! On se retrouve aujourd'hui pour un OS dédié à ma très chère amie Komachu ! J'ai écrit cet OS rien que pour elle, donc même s'il arrive en retard, j'espère qu'il va te plaire n_n

Ryuga : Avec l'OS qu'à écrit Wonderinn, j'ai peur...

Moi : Héhé !

Kyoya : T'as pas honte de sortir ton OS trois jours en retard ?

Nile : Dixit celui qui avait oublié l'anniversaire de son meilleur ami.

Kyoya : ...

Moi : Cheh ! Allez, bonne lecture à tous ! Et encore joyeux anniversaire bichette ! :3

Kyoya : C'est ça, joyeux anniversaire la folle...


Kyoya adorait les imprévus, d'ordinaire.

Parce que qu'est-ce que c'était ennuyeux, quand tout se passait bien ! Pas le moindre piquant, pas la moindre adrénaline ne coulait alors dans ses veines ! Alors quand quelque chose coinçait, forcément que ça le faisait sourire. Bon, il préférait quand même éviter les histoires de psychopathes et de divinités destructrices. Trop d'imprévus extrêmes et dangereux tuaient le plaisir que procuraient les imprévus plus « ordinaires ». C'était pour ça que toute sa vie, le jeune homme aux longs cheveux verts avait veillé à ne pas trop prévoir les choses, hormis au Beyblade où une bonne stratégie ne faisait jamais de mal, histoire de ne pas trop s'ennuyer.

Mais la disparition de Kakeru n'était pas du tout un imprévu qui lui plaisait.

Franchement, dans quel genre de situation son petit-frère était encore allé se mettre ? Kakeru avait toujours eu ce naturel casse-cou, à n'en faire qu'à sa tête, à ignorer les dangers qui le guettaient afin de vivre de multiples aventures et de ressentir un camaïeu coloré de sensations fortes, mais là, c'était le pompon ! Son petit-frère détestait ne pas le voir pendant une simple journée – si bien que Kyoya se demandait comment il avait survécu aux mois de séparation qu'ils avaient dû traverser à cause des péripéties que vivait le plus âgé – alors disparaître sans aucune raison alors qu'ils ne s'étaient retrouvés que depuis quelques jours… Non, quelque chose ne collait vraiment pas dans cette histoire. Non pas que Kyoya en doutait, mais cette réalité venait confirmer ses soupçons.

- Bon sang Kakeru, où est-ce que t'es parti ?!

Kyoya poussa un profond soupir, s'assit et passa sa main dans ses cheveux dans le but de se calmer un peu. Il se trouvait dans l'appartement que ses parents lui payaient depuis à présent trois mois, et dans lequel son frère lui avait fait la surprise de le rejoindre à peine quatre jours auparavant. Dans son esprit repassaient en boucle les dernières paroles qu'il avait échangées avec Kakeru, dans l'espoir qu'elles lui apportent quelque chose, le moindre petit indice… N'importe quoi qui pourrait expliquer que son petit-frère adoré ait disparu depuis plus de vingt-quatre heures sans donner la moindre nouvelle, qu'il ne réponde plus à ses appels, qu'il ne lise même plus ses SMS…

Kakeru était sorti la veille, quasiment à la même heure, donc vers environ quatorze heures. Pourquoi ? Le bladeur de Leone ne parvenait pas à s'en souvenir. Il nettoyait sa si précieuse toupie quand son cadet lui avait brièvement expliqué la raison de son départ. Et Kyoya n'était jamais aussi concentré que lorsqu'il s'occupait de Leone, ce qui expliquait le fait qu'il ne parvienne pas encore à se rappeler d'où était parti Kakeru. Quand il avait compris que ce dernier ne rentrerait pas pour la soirée, l'inquiétude ne l'avait pas envahi plus que ça, pour la simple et bonne question que le benjamin des Tategami sortait très souvent le soir, y compris lorsque son aîné chéri et lui vivaient encore chez leurs parents. En revanche, qu'il ne soit pas rentré et paisiblement endormi dans son lit le lendemain matin… Ca, il ne l'avait jamais fait. Il était toujours rentré au plus tard à trois heures du matin.

Je vais voir Ryuto ! A ce soir, nii-chan !

Kyoya sursauta, se redressant d'un coup. Mais bien sûr, Ryuto ! Kakeru était allé rendre visite à Ryuto. Le jeune homme aux cheveux verts nourrissait de doux sentiments envers celui aux prunelles couleur d'or, et depuis qu'il avait passé l'étape du déni, il tentait tant bien que mal de se rapprocher de l'élu de son cœur, avec une subtilité avoisinant le zéro absolu. Kyoya n'avait donc pas été étonné de l'entendre proclamer qu'il allait le voir ; au contraire, cela lui avait semblé parfaitement normal.

Décidément, cette situation lui plaisait de moins en moins.

Ryuto devait savoir où se trouvait Kakeru, et connaître la raison pour laquelle il ne donnait plus signe de vie à son aîné. Le problème… C'était que le fils aîné des Tategami ne connaissait pas le numéro de téléphone de son futur beau-frère. Et donc, par conséquent, il allait devoir appeler Ryuga.

L'empereur dragon avait été retrouvé par Tsubasa à peine quelques jours après que Némésis ait été vaincu. Il agonisait dans les ruines du temple, et si le bladeur d'Eagle n'avait pas été là pour appeler les secours et lui donner les premiers secours, il serait très probablement mort à l'heure qu'il était. Depuis, Ryuga se reconstruisait du mieux qu'il le pouvait, le plus loin possible de ces histoires de pouvoir obscur et de possession démoniaque. Il vivait à Métal Bey City, mais ne se montrait que très rarement en public, car il haïssait du plus profond de son être l'agitation que sa présence provoquait dans la foule japonaise. Les gens n'oubliaient pas les affaires dans lesquelles il avait trempées, ce qui avait le don d'énerver prodigieusement celui aux cheveux blancs et rouges. Kyoya le comprenait ; s'il avait été à sa place, lui aussi n'aurait probablement pas supporté cette fixette moralisatrice et péjorative que les gens auraient eue à son égard. Tous le jugeaient sans même le connaître, ç'en devenait aberrant.

Le problème… C'était que Ryuga changeait. D'ordinaire, cette rédemption dont il avait grand besoin aurait été une nouvelle des plus réjouissantes. Et elle devait l'être, pour tous les autres qui côtoyaient l'empereur dragon. Mais pas pour Kyoya. Parce que durant les dix mois qui les séparaient à présent de la bataille finale contre Némésis, il avait pu passer du temps avec le blanc, d'abord par pur hasard, puis par sa propre volonté. Et il s'était rendu compte que Ryuga était loin d'être aussi mauvais qu'il en avait l'air. Le terme « gentil » serait clairement exagéré pour le qualifier, mais il demeurait sympathique, quand il le voulait bien. Il avait de l'humour, un humour percutant, noir et sarcastique, exactement le type d'humour que le bladeur de Leone appréciait chez quelqu'un. Il n'avait besoin d'aucune aide pour constater que l'intelligence et la ruse de l'empereur dragon étaient elles-aussi très aiguisées. Il était même cultivé.

Et les sentiments de Kyoya à son égard se muèrent en amour.

Il n'avait même pas traversé de phase de déni. L'évidence ne se discutait même pas. Sa boule au ventre, l'omniprésence de la silhouette aimée dans ses pensées, l'accélération de ses battements de cœur quand il pensait à lui…Tous les indices venaient frapper à sa porte, les uns après les autres. Et Kyoka n'avait pu que les inviter à pénétrer en lui, ne pouvant pas les laisser patienter sur le seuil de son esprit qu'il veuille bien leur ouvrir la voie.

Sauf que Ryuga le détestait. Il ne se montrait sympathique avec lui que par pure obligation. Et encore, sa politesse transpirait l'hypocrisie et le forcé. Jamais il ne le regardait juste comme ça, à la dérobée, par exemple en réfléchissant. Il l'évitait. Le bladeur légendaire du printemps n'avait jamais voulu lui demander la source de cette haine cultivée à son égard. A quoi bon ? Ryuga ne lui répondrait sûrement même pas. Il l'ignorerait. Attitude qui mettait toujours en rogne le vert chez n'importe quoi d'autre, mais qui chez ce jeune homme, réduisait ses déjà maigres espoirs à néant. Pas la peine d'espérer : ses sentiments ne seraient jamais partagés. Alors, Kyoya avait voulu laisser tomber, passer à autre chose, essayer d'aimer quelqu'un d'autre… Et l'évitait à son tour. Ca ne marchait pas, mais quelle autre option avait-il ? Au moins, quand il ne le voyait pas, le plus jeune parvenait à ne pas tout le temps penser à ses sentiments…

Et dire qu'un appel allait réduire tous ses efforts à néant…

- Quand je te retrouve, t'auras affaire à moi Kakeru, marmonna le vert en appuyant sur la case « appeler » située à côté du contact associé à Ryuga.

Gingka les avait forcé à échanger leurs numéros trois mois auparavant, pour « qu'ils fassent la paix ». Ils ne s'en étaient jamais servis… Jusqu'à présent.

- Allô ?

Voix froide, même glaciale, mais pas spécialement agressive. Au moins, il avait répondu… Et ne l'avait pas laissé parler seul au bout du fil, comme un imbécile.

- Salut Ryuga, fit Kyoya de sa voix la plus assurée. Tu sais où est Ryuto ?

Silence. Oula, ce n'était pas bon signe, ça. Ryuga ne se taisait que pour ignorer les gens, d'ordinaire. Le qualificatif « silencieux » ne faisait pas vraiment pas partie de ceux utilisés pour décrire le personnage. Quelque chose clochait également avec Ryuto ? Aurait-ce un rapport avec la disparition de Kakeru ?

- Non je sais pas, finit par lâcher Ryuga d'une drôle de voix. Il est sorti hier avec ton frère, mais il est pas rentré depuis. Il répond pas à mes appels et ne lis même pas mes messages.

Kyoya en resta bouche bée une seconde. OK, là toute cette histoire devenait vraiment inquiétante. Où diable étaient partis leurs cadets ? Ils ne pouvaient tout de même pas s'être envolés comme par magie ! Surtout que ce n'étaient pas vraiment dans leur caractère de partir comme ça… Ils aimaient tellement leurs frangins qu'ils les auraient prévenus s'ils avaient prévus de s'en aller quelques jours !

- OK, là ça devient inquiétant, lâcha le vert sans vraiment y faire attention.

- Kakeru aussi a disparu ?

- Ouais, c'est pour ça que je t'appelle. Je pensais que Ryuto saurait où il était, vu qu'ils sont sortis ensemble hier…

- J'étais en train de me dire la même chose, mais inversé, soupira Ryuga à l'autre bout du fil. Je me disais que Kakeru saurait où est parti Ryuto.

Encore un silence.

- Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Kyoya au bout d'une minute de blanc.

- Je compte chercher Ryuto pour ma part, déclara le plus âgé sans aucune hésitation. Hors de question de le laisser possiblement en danger alors que je n'ai aucune idée d'où il se trouve.

Le bladeur de Leone ne put retenir un petit sourire. Exactement comme il l'aurait imaginé si une tierce personne lui avait décrite cette situation, Ryuga réagissait dans un réflexe de protection envers son petit-frère. Il voulait le rechercher, le trouver, le mettre en sécurité. C'était assez touchant, et Kyoya se retrouvait un peu en celui qu'il aimait, là. Lui aussi ne brûlait que pour une seule chose actuellement : retrouver Kakeru. Impossible ne serait-ce que d'imaginer la vie sans cette boule d'amour vivante qu'était pour lui son cadet.

Mais cet instant de tendresse fut coupé net par une idée qui arriva dans son esprit si violemment qu'il en fut surpris. Ils voulaient tous les deux trouver leurs petits-frères, alors…

- On devrait les chercher ensemble.

Ryuga ne parut même pas surpris, peut-être avait-il prévu cette proposition ? Ou alors avait-il songé à la poser lui-même ? Kyoya ne songea même pas à demander : ce serait une totale perte de temps.

- On serait bien plus efficace à deux, reprit-il.

- Ouais, fit Ryuga. J'aime pas spécialement m'allier avec des gens, mais pour Ryuto je ferai une exception. Le truc, c'est qu'on a aucun indice de là où ils sont allés…

- Il ne t'a rien dit ?

- Non. Et je suppose qu'à toi non plus ?

- Je ne sais strictement rien.

Génial, on est pas dans la merde, pensa le vert.

Non seulement il venait de s'engager à passer un certain temps avec ce mec dont il était éperdument amoureux, ce qui revenait littéralement à sauter pieds et poings liés dans une piscine trop profonde pour lui, mais en plus ils ne savaient même pas par où commencer leurs recherches ! Il avait beau fouiller dans les moindres coins et recoins de sa mémoire, impossible de se remémorer où Kakeru avait déclaré aller. Avait-il seulement donné cette information ? Ou avait-il seulement précisé que cette sortie se ferait en compagnie de Ryuto ? Bon sang, qu'est-ce que cela l'agaçait de ne pas parvenir à s'en rappeler !

- Putain je ne rappelle même pas s'il m'a donné leur destination, marmonna t-il.

- A moi il n'a rien dit, j'en suis sûr, déclara. Par contre, je me rappelle qu'il avait dit qu'ils passeraient boire un coup dans le bar le plus proche de chez toi après leur virée… On devrait au moins commencer par là.

Kyoya prit une seconde pour visualiser ce fameux bar dont parlait Ryuga. Pas bien intéressant à ses yeux, mais bon il avait au moins le mérite d'exister… Et celui de leur fournir un possible indice sur là où se trouvaient leurs deux cadets. Ils n'auraient pas à fouiller un peu partout à l'aveuglette dans toute la ville. Métal Bey City avait beau ne pas être immense, elle possédait tout de même une banlieue assez conséquente dans laquelle Ryuto et Kakeru pouvaient se cacher. Enfin, s'ils se cachaient, s'ils n'avaient pas… Oula ! Kyoya préféra museler son imagination avant qu'elle ne parte trop dans les extrêmes. Il ne voulait pas savoir ce qu'elle était capable de créer comme scénario catastrophe.

- On s'y rejoint dans vingt minutes ? proposa le vert.

- Je serai là dans un quart d'heure.

Et sur ces mots, Ryuga raccrocha sans demander son reste.

Dix minutes plus tard, Kyoya s'appuyait contre un pan de mur, situé juste à côté de l'entrée de leur point de rendez-vous. En avance sur l'avance de Ryuga… Et il ne savait même pas si c'était dû à l'empressement de retrouver Kakeru, ou au stress de se retrouver en tête-à-tête avec l'empereur dragon durant une durée indéterminée. Bien sûr, retrouver son cadet était la priorité absolue, celle qui passait avant tout sentiment privé, mais tout de même… Impossible de faire totalement l'impasse sur la présence non négligeable du bladeur de L-Drago à ses côtés pendant qu'ils parcourraient la ville à la recherche du moindre indice que leurs benjamins auraient laissé derrière eux.

- Je suis là.

Et effectivement, Ryuga venait d'arriver. Le vert se décolla du mur, et lui adressa un simple geste de la tête en guise de salut. Ils ne se saluaient jamais, d'ordinaire, ne se parlaient quasiment pas, alors le plus jeune ne savait pas vraiment comment il devait se comporter… Aussi avait-il décidé de faire comme s'il était en présence d'un ami, genre Nile ou Chris. En ignorant les battements puissants que son cœur faisait résonner dans toute sa poitrine, et cette affreuse et pourtant si agréable sensation de chaud-froid qu'il ressentait à chaque fois que Ryuga se tenait à moins de dix mètres de lui – donc à la fois trop et pas assez souvent à son goût. Cette chaleur, symbole du désir et des sentiments que Kyoya couvait en son égard. Cette froideur, témoignage de la sueur qui menaçait de perler de sa peau à l'idée que l'empereur dragon découvre ce qu'il éprouvait pour lui. Ce serait une catastrophe, à coup sûr. Ce n'était déjà pas certaine qu'il éprouve une quelconque estime à son égard, alors des sentiments romantiques… Bon sang, qu'est-ce que Kyoya haïssait cette sensation de faiblesse qu'il ressentait devant lui de tout son être ! Il devenait si vulnérable quand le blanc se trouvait dans les paragraphes…

- Pas de temps à perdre, déclara t-il d'une voix assurée et cent pour cent naturelle – ou du moins l'espérait-il.

Ryuga se contenta de hocher la tête, et le plus jeune se tourna vers la porte d'entrée, avant de la pousser avec fermeté. Pour le moment, il laissait ses sentiments de côté. Kakeru valait plus cher que tout l'amour du monde, à ses yeux.

Ils s'avancèrent vers le comptoir, où une femme qui devait avoir la quarantaine était occupée à essuyer un verre. En les entendant arriver vers elle, elle leva les yeux en leur direction, et leur adressa un sourire poli et professionnel.

- Bonjour jeunes gens. Vous voulez boire quelque chose ? Vous n'êtes pas tardifs dis donc !

- Non, nous ne voulons rien, répondit le plus âgé d'un ton certes froid, mais non plus pas agressif. En fait, nous sommes à la recherche de nos petits-frères. Deux ados qui nous ressemblent, à mon ami et moi, et qui sont venus hier en fin de journée, ça vous dit quelque chose ?

La dirigeante du bar se massa les tempes, faisant fonctionner sa mémoire. Tandis qu'ils attendaient sa réponse, Kyoya sentait son cœur accélérer encore davantage dans sa poitrine. Ami ? Maintenant, ils étaient amis ? Le côté passionné de son être avait envie de hurler de joie, mais malheureusement celui plus rationnel venait doucher son enthousiasme : Ryuga avait probablement utilisé ce terme par convenance, pour aller plus vite, ne pas s'embêter en cherchant un mot qui serait plus proche de la réalité. Cela ne voulait rien dire. Et puis, ce n'était pas de l'amitié que Kyoya souhaitait voir apparaître entre eux…

- Ca me dit quelque chose ! s'exclama soudain la jeune femme en se tournant vers eux. Hier, vers dix-neuf heures, deux garçons qui vous ressemblent beaucoup ! Ils ont commandé un mojito sans alcool et un Fanta il me semble.

Kyoya ne put s'empêcher de sourire tout doucement. Kakeru et le mojito sans alcool formait décidément un couple fort mignon… Enfin, moins que celui que formeraient son cadet avec celui de Ryuga. Quand ils les auraient retrouvés, du moins.

- Vous savez où ils sont partis ? demanda l'empereur dragon, toujours calme.

- Je crois les avoir entendu parler de la médiathèque, répondit son interlocutrice, toujours songeuse.

Les deux jeunes hommes écarquillèrent les yeux et se regardèrent sans même se concerter, surpris. Aucun de leur benjamin n'aimait particulièrement les livres, alors que diable allaient-ils faire dans une médiathèque ? Squatter les ordinateurs ? OK, Kakeru et Ryuto aimaient bien les jeux vidéos, mais pas au point d'aller dans ce genre d'endroits !

- Merci, fit sobrement Kyoya avant qu'ils ne s'en aillent.

- Mais qu'est-ce qu'ils sont allés foutre dans une médiathèque ? marmonna le plus âgé dès qu'ils furent à l'extérieur.

- J'en sais rien, souffla le vert dans un soupir. En tout cas, ça devient de plus en plus bizarre cette histoire…

- Ouais.

Kyoya se risqua à jeter un coup d'œil à Ryuga, et son cœur lui parut exploser. Ryuga aussi le regardait. D'un regard… Doux ? Presque empli d'une certaine forme de tendresse. Quelque chose de bizarre couvait au fin fond de ses si belles prunelles dorées, quelque chose que le vert n'aurait jamais cru voir chez l'empereur dragon. Hélas, il n'eut pas le temps de contempler cette anomalie très longtemps, car Ryuga détourna rapidement le regard. Aucune rougeur n'apparut sur ses joues, donc ce n'était certainement pas par gêne. Kyoya soupira intérieurement : et voilà, il avait subi un unique regard, et son esprit était parti dans tous les sens pour imaginer des tas de scénarios qui l'arrangeraient bien. Franchement, le grand-frère de Ryuto avait le don de le transformer en adolescente pucelle pour ces séries à l'eau de rose qui lui filaient la gerbe, d'ordinaire. Pitoyable…

- J'espère franchement que ça nous permettra de retrouver nos frères, poursuivit Ryuga comme si rien ne s'était passé entre eux. Si on doit courir dans la ville pendant des heures, ça va très vite me saouler.

Il soupira.

- Enfin, je dis ça, mais je le ferai quand même. Pour Ryuto j'irai en Egypte s'il le fallait.

Nile traversa furtivement les pensées de Kyoya, mais s'esquiva tout de même assez vite. Il aimait beaucoup son meilleur ami, mais face à celui que son cœur avait choisi comme élu, il ne pouvait tout simplement pas face le poids. Entre amour romantique et amitié… L'auteure préférait ne pas se prononcer sur lequel des deux sentiments était le plus précieux, mais en tout cas, celui qui sur le coup venait le plus battre le cœur de ceux qui le ressentaient, en particulier lors des premiers moments, restait sans conteste le second. Probablement que les rêves, les envies et désirs plus physiques aidaient à graver cette sensation à jamais sur sa peau.

Si les deux garçons n'avaient pas spécialement envie de passer leur journée à courir de droite à gauche… C'est pourtant ce qu'ils furent obligés de faire. Une fois arrivés à la médiathèque, l'employé qu'ils interrogèrent leur dit que leurs cadets avaient parlé de se rendre au bowling à quelques rues de là… Et au bowling, ils entendirent parler du magasin de bandes dessinées du coin. Et encore, et encore… Ils passèrent plus de deux heures à traverser Métal Bey City, de plus en plus inquiets, et dubitatifs aussi. Franchement, mais qu'est-ce qui était passé par la tête de Ryuto et de Kakeru pour qu'ils prennent un tel chemin ? Personne de censé ne serait passé par autant d'endroits comme ça, juste pour une sortie entre (futur) couple !

- Je commence à me dire qu'on se fait avoir, lança Ryuga aux alentours de dix-sept heures.

Kyoya, surprit, se tourna vers lui. Mais à vrai dire, lui-même commençait à se poser de sérieuses questions. Leurs cadets étaient-ils en train de les faire tourner en bourrique ?

- Tu penses que nos frères sont juste planqués quelque part et nous font une mauvaise blague ? hasarda le plus jeune.

- Disons que je commence à avoir de gros doutes. Mais d'un autre côté je ne comprends pas l'intérêt ! Nos frères ne nous feraient jamais un coup pareil juste comme ça, pour rire… Ils sauraient qu'on s'inquiéterait énormément !

- C'est hyper bizarre, oui… Bon. On va vérifier ça.

Kyoya sortit son téléphone et le déverrouilla. Aussitôt, il cliqua sur le raccourci associé à sa conversation avec Kakeru. Il appuya sur le bouton destiné aux messages vocaux, et commença à parler.

- Kakeru, écoute, si Ryuto et toi êtes en train de nous faire une mauvaise blague, déjà de un c'est pas du tout drôle, et de deux arrêtez immédiatement, parce qu'on commence à en avoir marre de courir de droite à gauche dans Métal Bey City.

- Plus qu'à attendre, souffla le blanc quand le message fut envoyé.

De blanc, il y en eut un entre eux. Les deux adolescents restèrent plantés là, dans la rue, sans savoir quoi se dire, ni quels gestes faire. Ils n'esquissaient aucun mouvement, et Kyoya ne pouvait pas s'empêcher de se dire qu'ils avaient probablement l'air un peu débile, là. Tandis que les minutes s'écoulaient, et qu'elles commençaient à devenir franchement longues, le téléphone du vert sonna. Une bouffée d'espoir envahit aussitôt ce dernier, et fut remplacée par du soulagement quand il vit que c'était le numéro de son petit-frère qui s'affichait sur l'écran.

- Kakeru bon sang ! s'exclama t-il dès qu'il eut décroché, malgré le sourire qu'il ne pouvait retenir, soulagé de savoir que son frère allait bien. Mais vous êtes où ? Et qu'est-ce que vous foutez ?!

- S'il te plaît nii-san, laisse-moi t'expliquer ! se défendit le benjamin des Tategami d'une voix honteuse. Je te jure, on avait une bonne raison je te jure…

- Ryuto est avec toi ? s'enquit Ryuga en se rapprochant du combiné.

- Oui oui, ne t'inquiète pas Ryuga ! Il est assis juste devant moi. Il te fait coucou, d'ailleurs, et me demande de l'excuser pour lui…

- Je lui parlerai après, se contenta de répondre l'aîné des Atsuka.

- Maintenant explique-toi Kakeru, fit Kyoya d'un ton qu'il espérait plutôt autoritaire. Toi et Ryuto vous nous avez fait vraiment peur ! Qu'est-ce qui vous a pris ?!

- Bah… Je veux bien t'expliquer, mais s'il te plaît ne t'énerve pas…

- Je ne m'énerverai pas si je n'ai pas de raison de le faire.

- En fait… Avec Ryuto on se disait que si on disparaissait, vous nous chercheriez… Alors… Euh…

Kyoya prit une grande inspiration. Bon sang, qu'est-ce qui justifiait que Kakeru prenne autant de temps pour lui répondre ?

- Crache le morceau Kakeru, ça va me saouler si tu tournes autour du pot.

- En fait on commence à en avoir marre de vous voir vous tourner autour ! lâcha le petit frère très rapidement, comme si l'appréhension de la réaction de son frère l'empêchait de contrôler son débit de parole. Voilà ! Ca se voit que vous avez des sentiments l'un pour l'autre, sérieux ! Vous vous dévorez du regard à chaque fois que vous êtes à moins de vingt mètres l'un de l'autre. Franchement je me demande comment vous avez fait pour rester ignorants à ce sujet aussi longtemps ! Bref, du coup avec Ryuto on s'est dit que si on disparaissait, vous vous décideriez à faire équipe pour nous trouver, et que ça vous rapprocherait… On est vraiment désolés de vous avoir inquiétés, vraiment, on voulait juste vous aider à la base…

Alors là. Kakeru aurait très bien pu prétendre qu'ils craignaient une invasion extraterrestre qui aurait pour objectif de mener leurs deux cadets sur Saturne pour se faire bouffer par une fourmi géante, Kyoya aurait probablement été moins surpris qu'à cet instant. Complètement immobile, la bouche entrouverte, son esprit se rejouait en boucle la tirade que venait de prononcer son benjamin, dont il entendait la respiration stressée à l'autre bout du fil. A ses côtés, Ryuga le regardait, n'ayant probablement pas entendu ce que Kakeru venait de lui raconter. Il affichait une expression légèrement inquiète, redoutant sûrement ce qu'allait lui révéler Kyoya.

- Pourquoi ils ont fait ça ? s'enquit-il après une bonne minute de silence, tandis que Kakeru s'inquiétait :

- Nii-chan ? Tu es encore là ?

- Oui pour Kakeru, et Ryuga… Kakeru je te laisse lui expliquer…

Un léger pouffement lui répondit, ce qui eut le don d'agacer légèrement l'aîné des Tategami. Mais en même temps… Si les situations avaient été inversées, probablement qu'il se serait un peu moqué de son frère, lui aussi… Bon sang ce paradoxe à la con le saoulait déjà !

- Vous avez…

Apparemment Ryuga aussi s'étonnait des explications de Kakeru. Mais loin de buger comme Kyoya, lui affichait à présent un petit sourire carnassier absolument craquant, et qui avait le don de réveiller diverses sensations dans le corps du plus jeune et… Mais ce n'était pas le moment de penser à ça ! Kyoya détestait franchement son traître de cerveau, par moments…

- D'accord, je comprends mieux. Vous êtes de sacrés filous, vous savez ? Enfin. J'espère que vous aussi vous allez profiter de votre coup pour vous mettre ensemble, n'est-ce pas ?

Soit Kyoya était devenu stupide d'un seul coup, soit les paroles qui sortaient de la bouche de l'empereur dragon ne lui donnaient pas les outils nécessaires pour les comprendre. Il resta planté là, les bras branlants, à simplement regarder la silhouette de celui que son cœur avait décidé d'aimer, bien contre son gré. Ryuga paraissait s'être détendu, d'un coup. Comme si un poids venait de s'ôter de ses épaules. Non… Lui aussi n'était pas… Oh mon Dieu. Une telle euphorie le submergea d'un coup, cette fameuse euphorie dont tous ses amis déjà casés passaient leur vie à évoquer, et à laquelle, jusqu'à présent, il avait refusé de croire.

Cette euphorie de savoir ses sentiments amoureux réciproques.

- N'empêche, fit Ryuga en lui rendant son téléphone, ils ont du culot, les frangins.

Cette phrase, cette si simple phrase, eut pour simple effet de détendre Kyoya. Pourquoi se figer ? Le blanc croirait sûrement qu'il se braquait, s'il réagissait de la sorte. Surtout… Que tout allait pour le moment. Pour la première fois depuis des siècles, le vert ne voyait aucun point négatif à la situation dans laquelle ils se trouvaient. Leurs frères allaient bien, ils étaient ensemble… Et ils s'aimaient.

- Ouais, répondit-il dans un éclat de rire. Enfin, ils ont eu raison, nan ?

- Apparemment, reprit l'empereur dragon sans se départir de son sourire. Franchement, je suis content. Je ne pensais pas que… Mes sentiments seraient partagés.

- Je ne le pensais pas non plus… Tu étais toujours tellement distant avec moi, je croyais que tu me méprisais…

Ryuga éclata de rire, comme si cette idée-même lui était tout bonnement absurde.

- Moi, te mépriser ? Bon sang, Kyoya, c'est tout le contraire. Je crois qu'à part ma famille et Kenta, tu es bien la seule personne que j'estime réellement. T'es d'une force sans bornes, t'as un caractère insupportablement séduisant, tellement séduisant que c'en devient insolent… Et surtout, j'ai jamais vu quelqu'un avec une telle persévérance. Sérieux, même le connard que j'étais quand on s'est rencontrés pour la première fois a pu s'en rendre compte, c'est te dire !

Kyoya ne savait que dire. D'un côté, il était vraiment heureux que Ryuga se confie sur ses sentiments, comme ça, d'une façon toute simple… Et qu'il l'estime autant ! S'il était du genre à rougir pour rien, le bladeur de Leone serait rouge à en faire pâlir les tomates de jalousie. Mais d'un autre côté, voilà, le penchant amoureux de son cœur n'aimait pas trop entendre le blanc parler aussi mal de lui-même.

- T'étais peut-être un connard à l'époque, mais je t'assure que tu l'es plus, lui rétorqua t-il. Moi aussi, je te trouve… Admirable. Bon, je suis pas fan des compliments, mais là je vais faire un effort. T'as une puissante de dingue, un charisme impressionnant, et j'ai pu voir pleins de fois que tu n'étais pas méchant. Surtout avec Kenta. Une personne méchante ne l'aurait jamais laissé la suivre, surtout en le surveillant comme t'as pu le faire. Et… Je t'aime.

Alors là, Ryuga était réellement surpris, ses si jolis yeux écarquillés. Puis une légère amusée apparut sur son visage, et il répondit :

- Merci, Kyoya. Moi aussi.

- Bon, je veux pas casser l'ambiance, lâcha alors Kakeru à l'autre bout du fil, mais on va pas rester comme ça des plombes non ? Si on allait boire un coup ?

Kyoya échangea un regard avec son dès à présent petit-ami. Boire un coup ? Avec plaisir. Ca leur ferait une excuse en or, en plus. Parce qu'ils n'allaient clairement pas se contenter de rester à l'étape de la déclaration d'amour…

- Ca marche, ptit-frère. Mais je te préviens, les prochains à se caser, ce sera Ryuto et toi !

- Nii-chaaaaan !


Kyoya : Putaiiiiiin mais on est OOC as fuck !

Moi : Oh ta gueule toi ! Entre le fait que tu insultes mon amie de folle et que tu me manques de respect... Tu veux que j'écrive du smut ou tu joues le rôle d'un esclave sexuel en fait ?

Kyoya : O_O T'oserais pas...

Moi : C'est un défi ? ;)

Kyoya : NON NON NON !

Ryuga : Sinon, on est d'accord que t'as claqué ta meilleure ref à Hunter x Hunter en plein milieu de l'OS ?

Moi : Je suis en train de le regarder, j'ai pas pu résister x)

Ryuga : Hum.

Moi : Sur ce, bonne soirée la populace ! J'espère que cet OS vous a plu, surtout à toi Komachu chérie n_n A la prochaine !

Kyoya : En espérant que ce soit pas pour votre smut de merde là...

Moi : Qui sait ~