Yo ! Un p'tit passage du côté de notre cher Ryoma. Amusez-vous bien ^^
Chapitre 12 : Le Pilier de Seigaku
L'ambiance était bon enfant au club. Tout le monde s'entraînait dans la joie et la bonne humeur : le tournoi national étant proche, il ne faut pas se démotiver !
- Bien ! hurla Tezuka. Fin de l'entraînement, vous pouvez rentrer chez vous. Bon travail !
- Merci, Buchou !
Tout le monde se dispersa. Echizen sortit du court, suivit de près par Tezuka qui lui demanda ensuite de le suivre. Le jeune garçon obtempéra, un air neutre sur le visage, et suivit son capitaine jusque derrière le bâtiment principal.
- Tu sais où se trouve le court d'Haruno ?
- Oui.
- Viens dans trois jours, à 15 heures. J'apporterais les balles.
Et il s'éloigna. Silencieusement, Ryoma rentra chez lui. Devant les plaisanteries débiles de son père, contrairement à d'habitude, il ne fit rien. Il ne mangea presque pas au dîner. Durant les trois jours suivants, Echizen s'entraîna silencieusement, de même que Tezuka. Les autres titulaires ne remarquaient rien du léger changement de ces deux-là. Seuls Oishi et la Coach étaient au courant de ce match. Et le vice-capitaine s'inquiétait pour Tezuka. Son coude avait beau être rétabli…
Puis le jour fatidique du match entre le capitaine et Echizen arriva. A l'entraînement, Aelita et les autres s'interrogeaient.
- Le capitaine n'est pas là…
- Oishi non plus !
- Et Ochibi sèche également…
- Echizen est malade, intervint la coach. Il ne viendra pas aujourd'hui.
- Et buchou ?
- Malade.
- Et Oishi ?
- … Malade.
- Ça sent le complot à plein nez, répliqua Inui.
- Un complot au tennis ? Marmonna Aelita.
- Comme éliminer les personnes gênantes ? Grogna Kaidoh.
- C'est pas très rassurant, tout ça, répondit Fuji.
- Voyons, ne vous en faîtes pas ! Remettez-vous au boulot !
- Ok !
Et tout le monde repartit s'entraîner.
[Chez Ryoma]
Le journaliste du Monthly Pro Tennis interpella le moine qui sonnait la cloche.
- Bonjour Nanjiroh-san !
- Yo, Inoue-kun. Ça faisait longtemps.
- Oui ! Je suis venu vous poser quelques questions aujourd'hui…
- Pas de problème, je répondrai à tout ! Répondit le père d'Echizen. Mais… la p'tite dame est pas là ?
- Shiba-san était occupée, je suis venu seul.
- … MOI PAS ETRE NANJIROH ! Gueula le moine avec un accent bizarre en se replongeant dans son magasines couvert de photos de femmes en maillot.
Le journaliste soupira. Décidément, ce joueur de tennis de renommée mondiale était vraiment un pervers !
- J'ai compris le défaut de Ryoma.
- Ah ?
- En effet, Ryoma n'est qu'une copie de vous. S'il se contente de vous copier, il ne pourra vous rattraper. Aux éliminatoires, l'une des techniques qu'il a utilisé était la copie d'un de vos coups. Mais après s'être blessé à l'œil, il nous a montré son smash à rotation inversée… C'était ça, le véritable jeu d'Echizen Ryoma. En bref, il a surpassé l'obstacle que vous représentiez. N'est-ce pas ?
- Non. Même s'il arrête de me copier, il ne sera pas capable de me vaincre.
- Alors il lui manque encore autre chose ?
- Oui.
[courts d'Haruno]
- Commençons.
Tezuka était placé face à Echizen, sur un court de vide, situé en dessous d'une voie de chemin de fer. Un train passa justement, tandis que les deux joueurs se mesuraient du regard. Dans un coin, dissimulé dans l'ombre, Oishi regardait ses deux compagnons d'un air inquiet. Tezuka fit son service, de la main gauche. Un service très rapide, qui cloua Echizen au sol. La balle passa sans que le jeune homme n'ait pu faire un geste pour la rattraper. Le Prince fut tenté de lancer une vanne, mais se retint en voyant le regard sérieux qu'arborait son senpai : ça allait barder…
Tezuka servit de nouveau, mais cette fois-ci, Ryoma était prêt. Il rattrapa la balle et la renvoya à son senpai, et un long échange de balles débuta. Hors du terrain, Oishi ne parvenait pas à fermer sa bouche. L'échange semblait interminable…
« Arrête, Tezuka » Pensa Oishi. « Ton bras… »
Le jeu se poursuivait .Tezuka gagna le premier set. Echizen était déjà essoufflé, tandis que le capitaine le fixait d'un air toujours aussi neutre.
- Pourras-tu me battre, Echizen ?
Echizen ne répondit pas, mais la détermination était clairement lisible dans ses yeux. C'était désormais son tour de servir. Cependant, son service twisté fut facilement renvoyé par son capitaine, qui marqua de nouveau le point.
- Le service twisté ne marchera pas.
- T'es pas capitaine pour rien, grommela Echizen.
- Echizen, pourquoi joues-tu au tennis ?
- Il y a quelqu'un que je veux battre !
Ryoma servit de nouveau. Encore une fois, son service fut renvoyé facilement. L'échange se poursuivit.
- Te satisfais-tu de ça, Echizen ?!
- C'est-à-dire ?!
- Que te restera-t-il après ça… ?
L'échange se poursuivit. Aucun des deux ne lâchait le morceau.
- Qu'est-ce que tu feras après l'avoir vaincu ?
- Au lieu de penser au futur, je me concentre sur mes adversaires !
Echizen renvoya une énième balle de son capitaine. Puis, sous les yeux effarés d'Oishi, celui-ci donna un drôle d'effet à la balle, qui rebondit sur le sol avant de rouler vers le filet, empêchant son adversaire de la récupérer.
« Le drop shot… » Pensa Oishi. « Arrête ça, Tezuka ! »
Ryoma était décontenancé.
- Echizen. Essaies de me battre.
Un sourire apparut sur les lèvres du première année. Le défi s'avérait être intéressant. Mais il vit bien vite qu'il n'était pas à la hauteur. Tezuka. Son regard intense. Sa concentration extrême. Son Drop Shot. Echizen ne put qu'être le spectateur de sa propre défaite. En moins de temps qu'il ne lui fallut pour s'en rendre compte, Ryoma Echizen, fils du légendaire joueur Echizen Nanjiroh, avait perdu son match contre son capitaine.
[Métro]
- Tu regardais… Fit Tezuka, sans attendre de réponse.
- Tu m'as caché que tu irais à fond, répliqua Oishi d'un ton accusateur. Que feras-tu si ça empire ?
- Mes problèmes de santé ne représentent rien.
- Ne dis pas ça, Tezuka ! … Si tu n'y avais pas mis toutes tes forces, aurais-tu perdu ? Echizen venait à peine de se rétablir de sa blessure à l'œil, continua son ami en fixant le paysage qui défilait rapidement. J'aurais préféré que tu évites d'être aussi rude.
- Il le fallait. Si je n'avais pas fait mon possible, il ne resterait rien de ce match. C'est tout ce que je peux faire pour lui.
- Tezuka, Echizen pourra-t-il aller de l'avant ? Même si c'est pour son bien, ça a dû lui faire un choc… de perdre ainsi. Eh, tu m'écoutes, Tezuka ?!
Le capitaine de Seigaku ne répondit pas, perdu dans ses pensées. Il pensait vraiment avoir bien fait de lui foutre une raclée pareille, mais est-ce que cela n'allait-il pas le décourager … ? Non, Echizen n'était pas comme ça… Au contraire, ça le motiverait probablement encore plus.
- Echizen deviendra le pilier de Seigaku… murmura Tezuka comme pour lui-même.
Oishi ne jugea pas nécessaire de répondre.
[Le lendemain, club de Tennis de Seigaku.]
- Quoi ?! Echizen et le Capitaine sont encore absents ?! Grogna Aelita.
- Mais qu'est-ce qu'ils fichent ?! Renchérit Kikumaru.
Puis tout le monde, peu à peu, se tourna vers Oishi, avec un regard accusateur.
- Eh, pourquoi vous me fixez comme ça ?! J'en sais rien, moi ! Menti Oishi.
- Mouais, c'est ça… grogna Eiji.
- CESSEZ DE FLEMMARDER ! Hurla la coach. Au boulot, bande de feignants ! Les titulaires, dix tours de terrain, les autres, des swings !
- AYE SIRE !
[Quelque part dans la ville.]
Echizen se promenait, pensif. Il n'avait pas eu le courage de pointer le bout de son nez au club de tennis, où à coup sûr on lui demanderait pourquoi il n'était pas venu. Dans sa tête résonnaient en boucle les paroles de son capitaine. « Echizen, devient le pilier de Seigaku. » Qu'avait-il voulu dire par là ? Devait-il soutenir l'équipe ? Prendre sa place l'année prochaine en tant que capitaine ? Donner sa vie pour la victoire ?
Ryoma continua de marcher sans but. Puis finalement, fit demi-tour et rentra chez lui. En arrivant devant le petit temple où son père sonnait la cloche, il jongla quelques minutes avec sa balle et sa raquette avant de l'interpeller.
- Papa.
- T'es rentré tôt aujourd'hui, jeune homme. Qu'est-ce qui t'amène ? lui lança son père d'une voix traînante.
- Viens jouer, dit-il sans plus de cérémonie en lui balançant la balle dessus, que son père rattrapa facilement.
Puis il partit s'installer sur le terrain de sable et de gravats derrière la maison.
- C'est rare que tu viennes me proposer de jouer… T'as enfin de l'estime pour moi ?
Son père s'installa en face de lui.
- Bien, quel avantage ?
- Aucun.
Le match débuta. Echizen envoya la balle, son père la rattrapa, et un petit échange débuta. A chaque fois qu'Echizen senior tapait la balle, il faisait un petit bruit qui exaspérait Ryoma.
- Tu peux jouer en silence ?
- Noooon ! Répliqua son père en le narguant et en lui tirant la langue.
- Gamin.
Ryoma smasha en donnant à sa balle le même effet que pour un service twisté la balle remonta vers le visage de Nanjiroh, qui se déplaça, changea sa raquette de main et renvoya la balle à son fils.
- Trop naïf !
Son père marqua le point. « Je vais te montrer mon vrai tennis… » pensa Ryoma. Et il marqua le point suivant. Sans que son père n'ait pu bouger. Sans qu'il n'ait pu rien faire.
- Je vais devenir encore plus fort, papa !
