Chapitre 17 : La Mort… apparente !

Eiji était bien sûr parvenu à rentrer sur le terrain. Si ça n'avait pas été le cas, Oishi et lui auraient dû déclarer forfait. Mais peut-être auraient-ils mieux fait d'abandonner, en fait. Oishi se battait seul contre les attaques incessantes de ses adversaires. Eiji était au fond, ne pouvait plus rien faire, ne pouvait plus bouger. Il était inutile. Pire, il était devenu un fardeau pour Oishi. Cruellement, ses adversaires le visaient pour gagner des points. Et ses forces l'ayant vidé, il ne pouvait rattraper les balles. Les pièges et coups tels que les volées amorties étaient nombreux. Il ne manquait plus que deux points à St Rudolph, deux petits points et ils auraient leur première victoire. Mais Oishi résistait, encore et toujours – comme un certain petit village gaulois résistait encore et toujours à l'envahisseur... jolie comparaison, non ?

Mais il était piégé. Il n'avait aucune issue possible. Tout le monde en était conscient, particulièrement ce connard de Mizuki qui prenait visiblement un plaisir malsain à voir Oishi courir de droite à gauche sans interruption tandis que son partenaire était dans un état quasi-léthargique. Aelita désespérait. Les supporters de Seigaku hurlaient leur indignation, criaient, supportaient Oishi, tentaient de réveiller Eiji. Mais rien ne marchait. Etait-ce véritablement fini ? Certes, Seigaku n'aurait pas tout perdu. Ils pourraient se rattraper sur les deux matchs suivants. Mais Aelita n'imaginait pas la Golden Pair perdre.

« La Golden Pair va perdre. »

Cette funeste constatation sonnait dans sa tête, se répercutait dans son crâne. Elle ne pouvait plus penser qu'à ça. C'était désormais la seule chose qui lui trottait dans le crâne.

« La Golden Pair va perdre. »

Impossible, n'est-ce pas ? Et pourtant. Et pourtant. La Golden Pair allait perdre. C'était indéniable. Oishi commençait lui aussi à être à bout de souffle. Alors Akazawa donna le coup de grâce. Un smash, un beau smash, magnifiquement bien placé, Aelita dut le reconnaître. Son senpai courut, mais pas assez vite. Elle hurla, suivit en cela par Horio, Kachiro et Katsuo. Elle hurla « plus vite », et hurla « Allez ! », elle hurla « Seigakuuu ! ». Mais il n'était pas assez rapide.

Et soudain, comme dans un rêve, une silhouette se matérialisa derrière lui. Le temps parut ralentir, sa vision se fractionner, comme lorsqu'on passe une vidéo image par image. Oishi seul. Oishi et une ombre derrière. L'ombre qui se dessine peu à peu. Des cheveux rouges. De la sueur sur le visage. Une tête bien connue, qui rigolait y a même pas une heure, en disant que St Rudolph ne se ferait pas de vieux os. Kikumaru faisait son retour. Il sauta, plongea vers le sol, prit appui sur l'une de ses mains, et de l'autre, frappa la balle. Cette dernière toucha le filet,… et tomba dans le camp adverse. Les clameurs retentirent.

Kikumaru.

Kikumaru était de retour !

Aelita s'en laissa tomber à genoux. Ce match était si intense qu'elle en avait retenu sa respiration et était sur le point d'étouffer. Kikumaru était de retour. La tension était à son comble. C'était la balle de match. Désormais, il y avait deux voies possibles. Ou Oishi et Kikumaru marquaient deux points à la suite, et le Tie-Break débutait, ou Kaneda et Akazawa marquaient cette balle, et gagnaient le match.

Kikumaru revenu dans la partie, la golden Pair ne comptait pas se laisser faire.

S'ensuivit un échange incroyablement intense. Tout le monde était collé au grillage, silencieux. Puis les applaudissements explosèrent. Kikumaru était revenu. C'était tellement incroyable, tellement inattendu, la tension était à son comble. Lentement, Oishi et Kikumaru remontèrent. Et marquèrent un jeu.

Tie-Break.

Tie-Break.

TIE-BREAK !

- Inui-senpai, appela Aelita, un petit sourire sur le visage. Et notre explication habituelle, alors ?

- Ah, oui. Bon, la règle du Tie-Break est assez simple. L'équipe qui remporte sept points sur douze remporte le match. De plus, le match continue jusqu'à ce qu'il y ait deux points d'écarts, et les services sont alternés pour ne pas avantager une équipe.

La gamine laissa échapper un sourire et se reconcentra sur le match. Oishi et Kikumaru étaient en formation australienne, et marquèrent facilement le premier point, sous le regard satisfait de Fuji qui souligna que dans un Tie-Break, le premier point était capital.

L'échange reprit. Derrière, les Seigaku hurlaient des encouragements, de même que les St Rudolph. Mizuki s'entortillait une mèche de cheveux autour d'un doigt, signe visible de nervosité. Les Seigaku marquèrent le second point grâce à un magnifique boulet de canon de Kikumaru. Mais tous sentaient que les forces de Kikumaru l'abandonnaient définitivement.

Et quelques minutes plus tard, le verdict tomba :

- Victoire de… St Rudolph, 7 jeux à 6 !

Kikumaru était lessivé, et ça se voyait. Oishi le soutenait, et ils sortirent tous les deux du terrain sous les applaudissements de leurs amis.

- C'est quoi, le match suivant ? Lança Aelita.

- Echizen contre Yuta.

- … Yuta… Oh, c'et vrai, le frère de Fuji ! Eh, dis, dis, Fuji-senpai, il te ressemble, il te ressemble ?

- Pas du tout ! Répliqua le joueur, un grand sourire sur le visage, ce qui eu pour effet de couper la jeune fille dans son élan.

Inui ricana derrière son dos.

- Imagine Fuji avec les cheveux coupés ras et les yeux toujours ouverts, et t'as son frère. Mais il ne faut pas lui parler de son grand frère, ça le met dans une rage folle.

La fillette repéra Echizen qui esquissa un sourire à cet réplique. Celui-là, à coups sûr, il allait faire tout le contraire de ce que lui conseillait son senpai… Quel tête de mule ! Avant qu'elle n'ait pu le prévenir de ne pas dire de trucs trop idiots comme à son habitude, l'arbitre appela les joueurs sur le terrain et Echizen se vit contraint de rejoindre le court. Tout autour, les commentaires fusaient.

- Echizen, un petit de cinquième à Seigaku…

- Il va affronter Yuta Fuji, c'est ça ?

- Ouais, le frère du génie de Seigaku…

- Oh…

Aelita soupira. Les deux joueurs s'avancèrent, se serrèrent la main, puis, au moment de se séparer, Echizen ouvra la bouche.

- Eh, t'es le petit frère de Fuji Shusuke, c'est bien ça ? J'espère que t'es un peu fort, quand même.

En soupira, Aelita secoua la tête. Exactement comme elle l'avait prévu ! Quel insolent, celui-là…