Aelita pète les plombs dans ce chapitre XD
J'espère que vous allez rigoler autant que moi quand je l'ai écris x)
Chapitre 18 : Yuta VS Echizen
Aelita observa les deux joueurs se placer face à face, chacun d'un côté du terrain. Yuta ressemblait beaucoup à Fuji, il avait la même forme de visage, la couleur de cheveux, et ce petit truc aussi qui vous faisait dire de lui « il est bôôôôôô ! ». La jeune fille soupira. Elle était entourée de gars plus beaux les uns que les autres et avait un peu de mal à s'y habituer. C'est vrai, quoi ! En France, tous les mecs de sa classe étaient cons, les filles maquillées comme des catins, et aucun d'entre eux ne la trouvait normale. Bien qu'encore jeune – douze ans, ce n'est pas vieux ! – elle voyait les filles de sa classe se trouver des copains, elle voyait les couples se former, se séparer, se reformer, mais elle n'avait jamais fait partie de cette ronde interminable. Personne ne lui avait jamais dit « je t'aime », et elle ne l'avait jamais dit à personne. Il y avait bien eu un garçon, en sixième, mais il s'était révélé être un abruti de première qui ne manquait jamais une occasion de tourner les autres en ridicule. Elle était toujours restée toute seule, regardant avec envie les filles qui semblaient être super heureuses. Qui sait, peut-être que ça lui arriverait au Japon… Mais bon, d'un autre côté, elle se rappelait également les disputes, les cœurs brisés, la tristesse lors d'une rupture… Mais tout de même, elle aimerait bien avoir un copain.
…Wow. Ca y est, mais à quoi pensait-elle, là ? Elle devait se concentrer sur le match, le match, le maaaatch ! Elle laissa échapper un grognement et reporta son attention sur le court. Cela faisait déjà cinq bonnes minutes qu'elle était plongée dans ses pensées, oubliant totalement l'échange de balle qui se jouait face à elle. Mais désormais, elle était bien concentrée, et elle réalisa rapidement que Yuta menait un jeu à zéro. Il avait ouvert le score, étonnement ! Derrière lui, sur le banc de coach, Mizuki semblait incroyablement satisfait. Puis il lança à haute voix que s'il continuait ainsi, Yuta aurait gagné le droit d'être plus admiré que son grand frère.
C'était clairement de la manipulation, là ! Il lui faisait miroiter mille et une choses, et finirait à la fin par le renier, en quelque sorte, en l'ignorant ou l'insultant comme pour les autres perdants de son équipe. Ca la dégoutait. S'il continuait ainsi, elle allait s'occuper elle-même de son cas.
Le match continuait tandis que la jeune fille ruminait ses sombres pensées. Malgré qu'Echizen remonte au score, elle n'était pas heureuse. L'attitude du manager adverse se modifiait, elle le sentait. Elle pouvait sentir son aura de colère, sa rage de voir l'un de ses atouts se faire dominer. Le regard méprisant qu'il portait sur Yuta était clairement visible, et il ne faisait qu'accroître la colère de sa gamine. Allait-elle lui en coller une ? N'allait-elle pas lui en coller une ? Oui ? Non ? Oui ? Non ?
… Oui.
Le score était de trois jeux à un en faveur d'Echizen. Les joueurs étaient assis chacun sur leurs bancs respectifs pour boire un coup avant la reprise du match. Mizuki toisait Yuta d'un regard hautain et lui parlait d'un ton froid. Aelita n'était pas formellement interdite de pénétrer dans l'enceinte du court, mais ce n'était pas formellement autorisé non plus. Entrouvrant le grillage, elle se glissa discrètement à l'intérieur et se dirigea sous les regards étonnés de tout le monde vers Mizuki, le regard fermé. Faut avouer que tout le monde voyait qu'elle était en colère, même si personne ne comprenait vraiment pourquoi. Le manager des St Rudolph se leva en la voyant arriver vers lui.
- Qu'est-ce que tu…
Le pauvre n'eut malheureusement pas le temps de finir sa phrase, la petite venant littéralement de lui sauter dessus, et pas pour lui dire des mots d'amour. Ils avaient roulé au sol ensemble, sous le regard totalement choqué de l'assemblée, et Aelita vociférait.
- Tu m'énerves, toi ! T'es qu'un sale arrogant qui se croit meilleur que les autres ! Tu vas voir, au match suivant, Fuji-senpai va te rétamer ! Et s'il ne le fait pas sur un court de Tennis, c'est moi qui t'assommerai de mes propres mains ! C'est toi l'abruti ici, le ridicule petit…
Elle non plus n'eut pas le temps de finir sa phrase, car Yuta venait de la saisir par les épaules pour la faire lâcher son manager.
- Mais ! Lâche-le ! T'es folle ?! Shusuke, cette gamine est folle !
Mais elle était visiblement pas décidée à le lâcher continuant à vociférer dans un mélange de Japonais et de Français, annonçant ses quatre vérités à cet imbécile de Mizuki. Elle était assise à califourchon sur lui, le tenait par les épaules et le secouait, et était elle-même tenue par les épaules par Yuta, qui la secouait également pour la faire lâcher prise.
Finalement ils durent s'y mettre à deux – Yuta et Fuji, qui venait de se précipiter pour aider son frère – pour parvenir à la faire lâcher Mizuki, qui était pâle comme un linge. Fuji se retrouva ensuite obligé de la charger sur son épaule pour la faire partir du terrain tellement elle refusait de sortir en pesant de tout son poids pour qu'on ne puisse pas la faire bouger. Autour du terrain retentissait des rires. Heureusement, elle avait eu l'air plutôt comique qu'agaçante, et cela ne porta pas vraiment atteinte à la popularité des Seigaku. Au contraire, ç'avait renforcé leur position d'équipe cool et classe parce que tout le monde n'aurait pas osé faire ça. Tandis que le match reprenait, observé par un Mizuki pâlot et une Ryuzaki-sensei à moitié morte de rire, Aelita était loin de rigoler. Assise en seiza face à son capitaine et son vice-capitaine, elle se faisait copieusement enguirlander.
- Tu es totalement folle ! On aurait fait quoi, si tu avais été exclue, et l'équipe par la même occasion ? As-tu pensé aux conséquences de tes actes ?! La haranguait Oishi tandis que Tezuka restait silencieux.
- Je suis désolée, Senpai.
Elle avait les larmes aux yeux, non pas dans le but d'attendrir ses aînées, mais plutôt parce qu'elle venait réellement de prendre conscience de l'ampleur de la catastrophe qu'elle aurait pu provoquer en faisant irruption ainsi sur le terrain.
- Je suis vraiment désolée.
- J'espère bien, tiens ! Je compte sur toi pour aller t'excuser auprès de Mizuki à la fin du match.
La gamine hocha la tête, honteuse et triste. Devoir s'incliner devant cet imbécile qui traitait ses joueurs comme des moins que rien ne faisait qu'accentuer sa rage.
- Pour punition, je veux que chaque matin pendant une semaine tu sois là à six heures moins le quart, avant tout le monde. Tu feras mille swings et cinquante sprints avant le début de ton entraînement. Je ne te punis pas de match officiel, mais si tu recommences quelque chose du genre, ce sera le cas, lança Tezuka d'un air sérieux et monotone.
- Oui, capitaine.
Oishi se détourna sans un mot de plus, de même que Tezuka. La fillette ne put résister et se précipita vers eux, les serrant tous les deux dans ses bras et éclatant en sanglots.
- BAAAAAH, JE SUIS DESOLEEEEEEEEEE ! Hurla-t-elle en pleurant toutes les larmes de son corps.
Sur le coup, même Tezuka l'implacable sembla s'attendrir. En lui tapotant la tête, Oishi marmonna d'un air gêné que ce n'était pas si grave, que c'était du passé désormais, l'équipe n'ayant pas été pénalisée pour son comportement. Un peu plus loin, des clameurs montèrent, et les trois comprirent que le match venait de se terminer. Il y avait désormais une pause de dix minutes, alors Aelita fila sans demander son reste pour s'excuser auprès de cet exécrable Mizuki.
Exécrable Mizuki, qui, quand elle arriva près de l'équipe adverse, ignorait totalement Yuta, tandis que de l'autre côté, on félicitait Echizen. Comprit, il avait gagné. Elle soupira de plaisir. C'était déjà ça. S'avançant timidement à travers les joueurs de St Rudolph, elle s'inclina bien bas devant Mizuki, cachant sa colère derrière un faux air de regret.
- Je viens m'excuser pour mon comportement de tout à l'heure. Il était totalement inapproprié et irrespectueux.
Elle ne se releva pas, attendant une réaction de la part, réaction qui ne tarda pas, puisqu'elle sentit rapidement qu'on lui tapotait la tête. Ce qui eut le don de l'énerver encore plus, mais elle se garda bien de le faire remarquer.
- Oh, mais c'est la petite folle de tout à l'heure ! Lança Mizuki, qui continuait de tapoter sa tête comme à un chien. Heureusement que tu viens t'excuser, mademoiselle. Tu es mignonne, mais il faut garder son calme, tu sais.
Bon, décidément, il l'agaçait totalement. Elle releva violemment la tête, un air agacé sur le visage.
- Bon sang, ça y est, t'as fini de me tapoter la tête comme pour un caniche ?! J'ai l'air d'un caniche, hein ? Est-ce que j'ai la tête d'un caniche ? Tu veux que je te morde ?!
Cette réplique eut le don de déclencher l'hilarité de l'équipe et de faire rougir la jeune fille. Oh, c'était pas censé être drôle hein ! Pouvaient-ils tous arrêter de se foutre d'elle ?! En grognant, Aelita regarda autour d'elle, confuse. Discrètement, Yuta hocha la tête dans sa direction, comme pour la remercier, un léger sourire sur le visage. Le comportement de son manager avait l'air de l'avoir un peu blessé, et l'intervention d'Aelita semblait avoir remis les pieds sur terre à ce dernier. Et ce ne fut pas la seule chose.
St Rudolph perdit le match suivant. Fuji affrontait Mizuki, et il n'avait visiblement pas apprécié que ce dernier traite son frère ainsi. Il avait donc fait en sorte de bien l'humilier en lui mettant six jeux dans la vue. Six jeux à zéro, bien sûr. On ne pouvait que s'incliner : les Seigaku venaient de passer les quarts de finale.
