Chapitre 24 : L'arrivée de l'agaçante petite sœur
- Impossible…
- Taka-san… se fait dominer en force !
- Comment Kabaji a-t-il pu réussir le coup du tsunami ? Il… ne l'a vu qu'une fois !
Aelita ouvrait grand la bouche, l'estomac noué par l'appréhension. A sa droite, elle pouvait voir Atobe fixer d'un air plus que satisfait son « homme de main ». Cela faisait maintenant une demi-heure que les deux joueurs s'affrontaient, rivalisaient en force, en puissance, en attaque. Kawamura avait sorti le coup du tsunami qu'il avait appris par Ishida de Fudomine. Cependant, il était parvenu à contourner le danger en l'exécutant à deux mains au lieu d'une. Et voilà que Kabaji lui retournait son coup ! La pression psychologique des Hyotei associée au choc de se faire avoir par sa propre technique, tout cela avait ébranlé Kawamura. Le score était de quatre jeux à deux en faveur de Hyotei. C'était impensable. Ils ne pouvaient pas perdre le 3ème simple. Mais Taka, malgré toute sa bonne volonté, ne pouvait que retourner quelques coups de Kabaji. Impossible.
- Les données d'avant match ne servent à rien contre lui, marmonna Inui, le nez dans ses cahiers. Il semble pouvoir apprendre une technique juste en la voyant.
Taka-san semblait désespéré. D'ailleurs, il l'était probablement, puisqu'il effectua son Hadokyuu d'une seule main au lieu de deux. Plus de puissance, plus de vitesse, mais plus de dangers aussi. Il le fit une fois, deux fois, trois fois. Son poignet n'allait pas tenir le choc, son coude non plus ! Aelita se cacha les yeux, puis entrouvrit les doigts pour suivre tout de même le déroulement du match. Kabaji retournait coup pour coup, et s'appropria tout aussi facilement la technique du Hadokyuu à une main. Oh, c'était mal barré, c'était mal barré…
Fuji, paniqué, cria à Kawamura d'arrêter cela immédiatement. Inui griffonnait sans attendre dans son cahier. Tezuka restait impassible mais Aeli pouvait sentir sa tension, de même que pour Oishi et Kaidoh. Eiji avait cessé ses plaisanteries, et Momo agitait avec ferveur son grand drapeau, manquant de le faire tomber à chaque mouvement. C'était à celui qui tiendrait le plus longtemps sa raquette, à celui qui aurait le poignet le moins faible.
Kabaji lâcha sa raquette.
Kawamura lâcha sa raquette.
Les deux venaient d'atteindre leurs limites.
Le simple n°3 était considéré comme un match nul.
Les deux joueurs pissaient le sang, la main enflée et en mauvais état. Aelita déglutit en voyant les gouttes rouges tomber sur le sol. Elle remarqua l'air déterminé de Fuji qui venait de se saisir de la raquette ensanglantée de Taka.
- Taka-san, je peux t'emprunter cette raquette ?
L'autre approuva d'un signe de la tête, légèrement surpris, tandis que Fuji partait se placer sur le terrain. Son adversaire n'était pas là. Aelita tourna la tête, et vit qu'aucun des Hyotei présent ne partait vers le court. Normal, le prochain adversaire des Seigaku était Akutagawa Jiro, l'autre endormi des Hyotei ! Avec un petit sourire, la fillette alla tapoter l'épaule du roi des Singes.
- Euh… Votre Majesté… Je crois que votre fidèle sujet est en train de ronfler dans les gradins.
Sur un claquement de doigts de son capitaine et sans plus attendre, Shishido alla réveiller son camarade d'un coup de pied entre les côtes. On aurait pu croire qu'il dormait debout : yeux perdus dans le vide, gestes de zombie, un vrai somnambule ! Fuji eut l'air un peu surpris en voyant débarquer cet adversaire atypique, mais se reprit bien vite : il ne fallait pas le sous-estimer, c'était tout de même un titulaire de Hyotei. Le senpai d'Aelita était totalement concentré… jusqu'à qu'une petite voix aigüe gueule avec une voix incroyablement forte « KYYYYYAAH, VAS-Y MON PRINCE, VAS-Y FUJIIIIIIII ! ».
A ce moment-là, allez savoir pourquoi, les Seigaku et les Hyotei se sont retournés d'un même mouvement vers Aeli.
- Eh, me regardez pas comme ça, c'est pas moi ! grogna la jeune fille en désignant une gamine qui sautillait sur place. C'est elle.
- Nom de Dieu… Hibiki ! Arrête ça immédiatement, tu me fous la honte ! marmonna Shishido.
Sur le coup, Aelita eut du mal à comprendre. Puis en voyant la gamine, ses cheveux bruns, ses adorables petites fossettes, ses yeux foncés de la même forme et de la même couleur que Ryou Shishido, aucun doute : c'était sa petite sœur !
- Oooh, trop chou ! lança-t-elle d'un air narquois.
- Te moque pas, la naine ! répliqua Shishido.
- J't'ai causé, casquette-man ?!
- Répète un peu pour voir ?!
- Casquette-man, casquette-man, casquette-man !
Derrière, la dénommée Hibiki recommençait à hurler le nom de Fuji, qui commençait sérieusement à être embarrassé. Atobe se tenait la tête, un air sérieusement agacé sur le visage, et ne cessait de fusiller la fillette du regard. Finalement, Aelita, que les cris commençaient sérieusement à énerver, se tourna vers la gamine qui devait avoir aux alentours de 9/10 ans.
- Pitié, la ferme !
- Dis donc, la naine, j't'ai parlé ? Quand on n'est même pas capable de battre mon abruti de frère, on se la ferme !
- Qui tu traites de naine, minimoys ?! Respecte un peu tes aînés, grogna Aeli.
- Hibiki, arrête de me traiter d'idiot, et tais-toi ! J'arrive pas à croire que tu soutiennes Fuji au lieu de ton propre frère ! se lamenta Shishido à son tour.
- Dites, vous allez bien ensemble, la naine et toi, nii-san. Deux vrais boulets !
Shishido et Aeli se regardèrent, manquant de s'étouffer, puis se saisirent chacun d'une épaule d'Hibiki avant de la secouer comme un prunier.
- T'as fumé, oui ?! Deux boulets ?! Bien ensemble ?!
Autour, tout le monde rigolait. Franchement. Aeli avait le don pour se mettre dans des situations embarrassantes. Elle baissa la tête, grogna et alla bouder sur le banc. Fuji sembla chercher son regard, et elle finit par le croiser. Tous les deux se comprirent rien qu'en se voyant, un mélange de compassion et d'agacement : sans aucun doute que cette gamine allait pas leur foutre la paix de sitôt !
Sur le terrain, Jiro ronflait. Coup de chance, d'ailleurs, les rires se dirigèrent ainsi plus vers lui que vers le trio Hibiki/Ryou/Aelita.
Shishido de son côté boudait aussi, tandis que la petite fille continuait de supporter Fuji. D'ailleurs, ce dernier y allait de bon cœur. Jiro semblait être un adepte du serve and volley, un service suivi d'une montée au filet, mais ce n'était pas pour rien que Shusuke Fuji était connu comme un véritable prodige. Il fit la démonstration de son troisième contre, le Hakugei. Le bélouga, quoi, une baleine blanche. Perso, je vois vraiment pas pourquoi il l'a appelé comme ça, parce que j'ai jamais vu une baleine blanche voler, revenir en arrière pour rebondir dans le terrain et foncer dans la main de Fuji. Si, si, j'vous jure que la balle est revenue dans sa main. D'après Inui, ce serait grâce au vent et à un puissant effet rétro. Mouais. Un peu incroyable.
Mais Fuji était un génie. Un prodige.
D'ailleurs, il remporta le match haut la main, 6 jeux à 1. Jiro, qui s'était réveillé et sautillait comme une puce après avoir vu le Hakugei de Fuji, ne cessait de crier son bonheur d'avoir joué contre un tel génie. Quant à Hibiki, elle gueulait elle aussi, mais de son côté c'était un véritable cri de fangirl. Aelita, elle, avait regardé le match totalement captivée. Etait-il possible d'être aussi gracieux et fort dans un match de tennis ? N'était-ce pas un rêve que de voir ce garçon de 14 ans, frêle, petit et au visage doux, jouer comme un génie au tennis ? Sortir des coups tous plus incroyables les uns que les autres, tout en souriant et en restant frais comme un gardon ? La française commençait à comprendre pourquoi Hibiki l'adorait tant. C'était la première fois qu'elle voyait le génie Fuji jouer pour de bon, se défouler, et c'était incroyable. Magnifique.
Hibi jeta un œil à Aelita, qui gardait les siens rivés sur son senpai. Puis, sans attendre, elle se précipita vers elle et lui balança un magnifique coup de pied dans le tibia, lui arrachant au passage un cri perçant.
- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH , PUT**N DE BORD*L DE M*RDE ! (excusez sa vulgarité.)
Tout le monde se retourna, un air surpris sur le visage, et fixa les deux filles.
- OÏ, OÏ, CA VA PAS, OUI ?! continuait de crier Aeli, larmes aux yeux. Ça fait mal !
- Ne touche pas à MON prince, idiote !
- Depuis quand c'est TON prince, hein ?! Et puis d'abord, je n'ai fait que le regarder jouer !
- Bah justement, arrête !
- Eh, Hibiki, excuse-toi ! intervint Shishido.
- La ferme, abruti d'nii-san !
- ...
- Aelita, ça va ? marmonna Oishi tandis qu'Eiji était plié de rire derrière lui.
- Hm, j'vais juste avoir un magnifique bleu sur le tibia gauche.
- Si tu veux, j'ai mon Inui Juice Deluxe Life qui réduit la douleur… chuchota Inui.
- Il réduit la douleur en me donnant mal au ventre, non ?! grogna Aelita en s'éloignant de son senpai.
Tout le monde s'attroupait autour d'Hibi et Aeli, qui se fixaient d'un regard mauvais. Hibiki n'avait que neuf ans, mais c'était déjà une sacrée peste ! Choutaro rigola en voyant l'air désespéré de son partenaire de double.
- T'en fais pas, Shishido-senpai. Elle finira par devenir gentille.
La petite fille semblait s'être calmée, mais cela ne dura pas longtemps, car Fuji commit l'erreur de s'approcher des deux fillettes pour demander à sa kohai si ça allait. Profitant de l'occasion, l'autre lui avait sauté dessus, et le joueur s'était retrouvé obligé de lâcher sa raquette et de la porter pour ne pas qu'ils tombent tous les deux. Etrangement, cela mis les nerfs d'Aelita à vif. Cette sale gamine, elle allait la…
- C'EST PAS BIENTOT FINI, CES BETISES ?! imposa d'une voix autoritaire et arrogante Atobe.
Autour de lui, ses fans se mirent à crier son prénom, heureuses de voir leur idole remettre un peu d'ordre dans tout ça.
- Tezuka et moi-même avons un match à débuter.
Ce fut là qu'Aelita le remarqua. En plus de cet air orgueilleux, sa façon de parler l'était tout autant. « Et moi-même » ? C'était qui ? Le Pape ? La Reine d'Angleterre ? On ne disait plus ça depuis l'époque de Louis XVI ! C'était bien le capitaine de l'équipe de Hyotei, comptant plus de 200 joueurs étudiant dans un collège de riches ! Tout en arrogance.
Tezuka hocha la tête, et les deux joueurs partirent se placer sur le terrain. Au moment même où Atobe avait posé un pied sur le court, les acclamations avaient débutés.
- LE GAGNANT SERA HYOTEI ! LE GAGNANT SERA HYOTEI !
Le capitaine des Hyotei leva le doigt au ciel, et immédiatement, les paroles changèrent.
- SEIGAKU VA PERDRE ! SEIGAKU VA PERDRE !
Le geste suivant fut celui d'un maître d'orchestre coordonnant parfaitement ses musiciens.
- LE GAGNANT SERA HYOTEI, C'EST ATOBE QUI VA GAGNER ! LE GAGNANT SERA HYOTEI, C'EST ATOBE QUI VA GAGNER !
Un sifflement admirateur échappa à Aelita. Waw, y avait pas à dire, il avait un sacré charisme, pour un singe ! Quand il claqua des doigts, tous les hurlements s'arrêtèrent et les gradins devinrent silencieux. La jeune fille ne put s'empêcher de le fixer d'un air surpris, et il lui retourna un regard suffisant.
Message compris, elle était loin d'avoir le même charisme que lui et de pouvoir commander une foule du bout des doigts. Merci, Atobe-sama, de lui avoir ouvert les yeux.
- Match au meilleur set ! Atobe de Hyotei au service.
Le match débuta, et immédiatement, un intense échange s'ensuivit. Atobe et Tezuka n'avaient pas la même grâce que Fuji, mais elle prenait autant voire plus de plaisir à regarder ces deux là s'affronter. Finalement, le premier point revint à Atobe.
Nouveaux cris de fangirls.
- Exalte-toi de mes magnifiques prouesses ! lança Atobe en claquant des doigts.
Aelita ne put s'empêcher de pousser et de l'imiter.
- Exalte-toi de mes magnifiques prouesses !
Cela eut pour effet, un éclat de rire du côté des Seigaku, et un regard noir de la part d'Atobe dans sa direction… ainsi que vers Jiro et Choutaro, qui n'avaient pas pu s'empêcher de pouffer. Quand les « Hyotei ! Hyotei ! Hyotei ! » reprirent, Aelita gigota en sautillant sur place pour attirer l'attention de ses camarades. Au bout de quelques minutes, pendant que le match débutait, elle finit par réussir à faire passer son message, sous les yeux curieux de l'équipe adverse.
Puis elle reporta enfin son attention sur le match. Le score était de 30-15 en faveur d'Atobe. Mais bientôt, la Tezuka Zone apparut aux yeux de toute l'équipe. La balle, dotée d'une forte rotation, revenait invariablement vers Tezuka ! Et il ne bougeait d'un pied… Autour de lui, un cercle d'environ un mètre et demi de diamètre, mais pas plus, formé par son pied droit qui était le seul à bouger. Seigaku gagna le premier point, c'était le signal qu'attendait Aelita. Quand elle leva les deux bras, tout le monde se mit à crier, pas très en chœur :
- SEIGAKU, SEIGAKU, SEIGAKU !
Elle tendit le doigt, d'autres paroles furent criées, bien que n'étant pas super coordonnées, ce qui donnait un peu de la bouillie vocale.
- TEZUKA ! TEZUKA ! TEZUKA !
Là, Atobe la fusilla carrément du regard, visiblement contrarié. Probablement que s'il avait eu des mitraillettes à la place des yeux, elle serait morte direct. Tezuka, lui, semblait impassible, mais Aeli crut voir l'ombre d'un sourire se former sur ses lèvres puis disparaître tout aussi rapidement.
Enfin, elle serra les poings pour leur faire signe de s'arrêter afin de ne pas déconcentrer le capitaine… Mais personne ne la vit et tout le monde continua à crier.
- Eh, regardez donc un peu votre chef d'orchestre ! cria-t-elle d'un air boudeur.
Tout le monde s'arrêta, la fixa, rigola. Ben merci, tiens ! Hibiki, toujours accrochée à Fuji, lui tira la langue, et Atobe se fendit d'un irrésistible sourire moqueur qui fit crier de joie toutes ces demoiselles. Aeli lui tira la langue et se rassit, boudeuse. Derrière elle, Hibiki pouffait, donnant des envies de meurtre à la jeune fille.
Le match reprit.
- Tu joues plutôt bien, malgré ce que tu as au bras, Tezuka…
- Non ! hurla Oishi. Le coude de Tezuka est parfaitement remis à présent !
- Excuse-moi, senpai, je crois qu'on a loupé un épisode, lança Aelita en désignant Echizen, Momo, Kaidoh et les premières années qui se regardaient d'un air étonné.
- Tezuka… a été blessé au bras en première année. Bien qu'il soit gaucher, il jouait de la main droite contre nos aînés… Certains n'ont pas apprécié, et l'un d'eux l'a blessé au coude gauche.
- HEIN ?!
Le match se poursuivait sur le terrain, sans que les joueurs ne tournent la tête vers les Seigaku. Aucun des deux ne prenait l'avantage, on était à 3 jeux partout.
- Mais il est rétabli, maintenant ! Son médecin traitant lui a donné le feu vert !
Un soupir de soulagement se fit entendre. Puis on reporta son attention sur le match, pile au moment où le capitaine de Seigaku effectuait un lob à la suite d'un rattrapage raté. Atobe allait smasher, sans aucun doute !
Du moins, c'était ce qu'Aeli pensait jusqu'à ce que son adversaire renvoie une balle normale, ni un smash, ni même une amortie.
- Safe ! soupira Eiji.
- Non. Il semble vouloir faire durer le match, fit remarquer Inui.
Aeli fixa son regard sur Atobe. Qui, lui, fixait le sien sur le coude de Tezuka.
- Eh, Inui-senpai…
- Hm ?
- Atobe-sama a un don pour repérer les points faibles, non ?
- Oui, pourquoi ?
- Le coude du capitaine est guéri. Mais pas son épaule, annonça Aelita d'un air qui n'appelait aucune réponse.
- Pardon ?! hurla cependant Oishi. Impossible !
- Regardez son regard. Il fixe l'épaule de Tezuka-senpai. Il fait durer le match. Il essaye de réveiller sa blessure. Aucun doute.
Inui laissa échapper un sifflement, même lui n'y avait pas fait attention, trop concentré à prendre des données sur son capitaine. Oishi regarda à son tour les yeux d'Atobe, et sembla pâlir. Aelita avait raison !
- Tezuka, arrête ce match immédiatement ! hurla-t-il. Mon oncle a dit pas de match de longue durée ! Ca va ruiner ton bras…
La seule réponse qu'il obtint fut un regard froid de la part dudit Tezuka, qui ne semblait pas, mais alors vraiment pas décidé à abandonner.
Bon. C'était à prévoir.
Devant la réaction du capitaine, l'équipe ne put s'empêcher de pouffer, de même que la coach qui était sur le banc. Elle n'en perdait cependant pas son sérieux, et observait avec attention Tezuka. Il était sous sa responsabilité, pas question qu'il se fasse mal de nouveau !
Aelita jura intérieurement. Si le match durait trop longtemps, le capitaine Tezuka pourrait-il encore jouer au tennis ? Atobe devait sans doute penser à cela, car son expression passait successivement par une légère hésitation, puis une détermination sans faille, un air de concentration intense et de nouveau une légère hésitation. Les deux joueurs se renvoyaient la balle sans faiblir, et les yeux du capitaine des Seigaku exprimaient une incroyable détermination.
Il venait d'accepter le défi d'endurance d'Atobe.
Le score était désormais de 6 jeux à 5. C'était serré, mais si Tezuka gagnait le prochain jeu, il n'y aurait pas de Tie-Break, et donc pas de prolongations. Tant mieux. Et tant pis pour Hyotei. Cela faisait maintenant une heure et demi que le match avait débuté.
- C'est fini, lâcha Inui.
- Hein ?! Le capitaine n'a pas encore abandonné ! cria Eiji.
- J'ai pas dit ça. Juste que c'est inutile de prendre de nouvelles données. C'est désormais un match de volonté.
- Ah… Ne dis pas de choses qui prêtent à confusion, s'il te plaît ! grogna le garçon en secouant ses cheveux rouges.
Le match continuait. Atobe semblait légèrement moins sûr de lui. L'épaule de Tezuka tenait le choc malgré le long match, et il n'avait sans aucun doute pas prévu cela. Malgré la durée du match, Tezuka était toujours aussi précis, mais Atobe ne se laissait pas faire. Et ce fut-là que le capitaine impassible commit une erreur, à savoir un lob.
Enfin, une erreur, mais finalement non.
Le premier smash frappa le grip de Tezuka, et la balle rebondit de nouveau. Atobe effectua un nouveau smash… qui fonça droit sur Tezuka, grâce à la Tezuka Zone. Et l'adolescent termina ce magnifique échange avec un drop shot de type zéro qui roula vers lui sans même avoir rebondi sur le terrain.
Une dernière balle. Maintenant, plus qu'une balle et il gagnait. Aeli le vit comme dans un rêve lancer la balle pour servir, et la balle retomber par terre en même temps que sa raquette. Immédiatement, un cri échappa aux Seigaku qui se précipitèrent sur le terrain, Ryoma excepté.
- N'avancez pas ! leur hurla leur capitaine, les figeant sur place. Le match n'est pas fini.
- Capitaine, c'est de la folie de continuer à jouer, lâcha Aelita.
- Tu essaies de tenir ta promesse envers le capitaine Yamato ? demanda Oishi en l'empêchant d'avancer plus. La promesse d'unir le club et de mener l'équipe au tournoi national.
- Cap'taine Yamato ? demanda Aeli.
- L'ancien capitaine de l'équipe.
- SEIGAKUUUUUUUUUUUUUUU ! hurla Kawamura, coupant court aux discussions en agitant l'immense drapeau, son bras visiblement rétabli.
- SE-I-GA-KU ! hurlèrent les joueurs en chœur.
Le match reprit sur ces bons encouragements. Atobe remonta, on venait d'entrer dans le Tie-Break. Mais avec son épaule, Tezuka ne pouvait marquer lors que c'était à son tour de servir. Toutefois, il s'accrochait. Le Tie-Break durait depuis maintenant une demi-heure. On en était à 40-39 en faveur d'Atobe. 40-40. 41-40. 41-41. 41-42. 42-42.
- J'aurais jamais cru que le capitaine soit quelqu'un de si borné, lança Aelita d'un air désespéré, tandis qu'Echizen approuvait ces sages paroles d'un signe de la tête.
Tous voulaient l'arrêter, mais aucun n'osait. C'était son choix. Personne ne pouvait arrêter ce match. Atobe et Tezuka avaient tous les deux atteint leurs limites. A travers le tennis, ils ne pouvaient cesser de s'affronter. S'ils pouvaient encore jouer, c'était uniquement grâce à leur force psychologique. Gagner ou perdre n'était plus le problème. Tout ce qui leur importait désormais était de se donner à fond.
Le capitaine effectua un Zero Shiki Drop Shot. Mais à cause de sa blessure, il ne pouvait pas donner suffisamment d'effet, et la balle rebondit. Atobe la récupéra en catastrophe, manquant de s'écraser sur le filet. Tezuka lâcha sa raquette de douleur. C'était fini.
Atobe avait vaincu 7 jeux à 6.
ET CET ABRUTI DE CAPITAINE TEZUKA S'EXCUSA SOUDAIN D'AVOIR PERDU !
Sans attendre, Aelita sauta par-dessus le muret en pierre et le secoua un peu, énervée.
- Tu t'excuses, senpai ?! Tu t'excuses ?!
- Je… Je suis vraiment désolé, Aelita, lança le capitaine, visiblement surpris que la jeune fille lui fasse cela.
- Mais je te demande pas de t'excuser ! Ou alors excuse-toi de ta bêtise et de nous avoir fait une peur pareille ! Mais pas d'avoir perdu !
Un petit rire survint, et Aelita, étonnée, tourna la tête du côté du roi des singes.
- Toi, ne rigole pas, tout ça, c'est de ta faute !
De bruyants éclats de rire résonnèrent dans le stade, et la tension sembla se dissiper.
… Quoi que. Oishi était toujours totalement paniqué pour Tezuka, de même que le reste de l'équipe.
De plus, Kaidoh se pointa à son tour sur le terrain. Il y avait en effet deux matchs partout, plus un match nul, il manquait donc un match pour départager les deux équipes, et ce fut la Vipère qui s'y colla.
D'ailleurs, ce match se finit assez rapidement, l'adversaire de Kaidoh ayant eu la délicatesse de se prendre le boomerang Snake dans la tronche après seulement deux jeux.
Voilà, c'était fini. Seigaku avait battu Hyotei.
Tous les joueurs partirent se mettre en ligne de chaque côté du terrain et saluèrent. Dans les gradins, Hibiki hurlait son amour pour Seigaku, et surtout pour Fuji, tandis que son frère désespéré soupirait. Aelita le réconforta d'un regard compatissant avant de lui serrer la main.
- La prochaine fois, on perdra pas ! lança la jeune fille.
- Ça reste à voir, minipousse ! répliqua Shishido.
- Tu veux m'énerver, casquette-man ?!
- C'est toi qui m'énerves !
- Quelle famille pourrie, autant le frère que la sœur, vous êtes tous les deux chiants !
- J't'en pose des questions ?!
- Allons, allons, Shishido-senpai, Aelita-san, du calme, marmonna Choutaro d'un air gêné, poussant les deux belligérants vers la sortie sous les rires des spectateurs.
Je vais vous avouer que j'ai eu très peur après avoir publié le chapitre 24... Eh oui : je n'étais plus du tout sûre de la position du grain de beauté de notre cher Atobe ! Oeil droit ou oeil gauche...? Et il s'est avéré que... eh oui, je ne m'étais pas trompée *-*
Mais pour m'éviter des frayeurs pareilles, la prochaine fois, je penserai à bien vérifier les petits détails avant de poster...
Bref. Ce chapitre marque également l'arrivée d'un - ou plutôt d'une - second O.C., qui va prendre de l'importance dans les chapitres qui suivornt.
Bonne lecture ^^
