Ah, Atobe... Qu'il est courageux dans ce chapitre *-* (- fan d'Atobe-sama)
Bref, me revoilà XD
Chapitre 25 : Tous à la flotte !
- Wouah ! Mais c'est trop la classe ! fit Aelita, admirative devant l'énorme centre aquatique qui se dressait devant elle.
Basé sur le thème de la montagne, le centre aquatique était rempli de toboggans plus hauts les uns que les autres, de fausse neige, et même d'un télésiège pour monter tout en haut de la fausse montagne. Une piscine formait une rivière tout autour du parc, et agitée par des jets d'eau, permettait aux baigneurs de faire le tour sur une bouée. Les bouées, d'ailleurs, étaient en forme de doughnuts et s'empilaient sur les bords des piscines, à disposition des nageurs. Une grande piscine à vague était située au centre même du parc, et était entourée d'un haut muret servant de promenade, sur lequel s'alignaient bancs et faux sapins couverts de neige. En haut d'une fausse montagne qui montait bien à 15 mètres de hauteur, trois grands toboggans descendaient en pente raide, en serpent, ou encore en une pente plus douce pour le dernier. Divers snacks et autres buvettes vendaient des hot-dogs, hamburgers, pain de pèche, chips, frites, et autres trucs pour casser la croûte.
Toute l'équipe de Seigaku regarda autour d'elle, et un sifflement admiratif échappa à Kikumaru.
- On va s'amuseeeeeeeeer ! cria ce dernier en sautillant sur place, puis en s'inclinant bien bas devant son capitaine, et surtout devant Ryuzaki-sensei. Merci beaucoup !
- Vous le méritez, soupira la vieille entraîneuse. Vous avez battu Hyotei, ce n'est pas rien ! Et même si rien n'est encore joué pour le tournoi du Kanto, vous avez bien mérité cette petite sortie.
Le capitaine, en short de bain, avait hoché la tête et machinalement passé sa main sur son épaule bandée. Même à lui, ça allait lui faire du bien, cette sortie. Trois jours après leur victoire contre Hyotei, la coach avait réussi à le convaincre de partir se faire soigner dans un institut réputé en Allemagne. Sous l'insistance d'Oishi, qui s'inquiétait sérieusement, et de Ryuzaki-sensei, il avait fini par flancher et avait accepté. Partant à la fin de la semaine, cette sortie était l'occasion pour les Seigaku de profiter encore un peu de leur inébranlable capitaine.
Bon, bien sûr, ce que personne n'aurait pu prévoir, c'est que Hyotei serait aussi de la partie.
Ah ! N'allez pas croire que les Seigaku ont volontairement invité l'équipe adverse à se joindre à eux, hein. Ils ne se sont rendu compte de leur présence que quand Hibiki avait sauté sur le dos de Fuji en hurlant « mon Prince ! ». Apparemment, Atobe avait désiré s'offrir une petite journée de détente… et le reste de son équipe s'était légèrement incrustée.
Pour vous représenter la scène, vous pouvez donc imaginer un groupe de jeunes gens entre 12 et 14 ans, vêtus de short de bains pour les garçons et de maillots deux pièces pour les filles, sauf pour Hibiki qui portait un une-pièce avec jupette. Tomoka, comme on pouvait s'y attendre, avait sorti un magnifique maillot noir orné de rubans sur les côtés du bas, et bavait comme pas possible sur les joueurs qui l'entouraient. Sakuno, elle, était toute rouge comme à son habitude et arborait un maillot deux-pièces bleu pâle orné d'un motif de rose, et avait exceptionnellement remonté ses cheveux en deux couettes hautes, comme Tomo, et les avait ornées de rubans roses. Aelita, de son côté, avait opté pour le seul truc qu'elle avait trouvé dans son armoire, à savoir un maillot qui se composait d'une brassière bordeaux surmontée de trois rangées de rubans roses pâles, et d'un bas du même bordeaux que le haut. Ses cheveux ayant poussé depuis son arrivée ici, elle s'était vue obligée de les remonter en deux macarons de chaque côté de son crâne pour ne pas les avoir dans les yeux toute la journée.
Forcément, Shishido et Aelita avaient dès le début commencé à se crier dessus, l'un traitant l'autre de naine, tandis qu'elle répliquait en le désignant de « vieux joueur portant constamment sa casquette pour cacher un début de calvitie ». Original, n'est-ce pas ?
De même, il est également facile de deviner que Jiro était déjà en train de dormir sur un transat, Momo et Eiji en train d'embêter Echizen, Tomoka en train de pousser Sakuno vers son ami, Inui avec son éternel petit carnet, Fuji en train de contempler tout ce beau chaos avec son habituel sourire sur les lèvres, Hibiki en train de le tirer par le bras, et les deux capitaines des deux équipes en train de considérer ce désordre d'un air légèrement irrité pour Atobe, et impassible pour Tezuka.
- Bon ! cria Aelita en tapant dans ses mains. Allons-nous amuser !
- Ouais, bonne idée ! approuva Kikumaru.
Et sur ce, il immobilisa la jeune fille en lui attrapant les poignets, tandis que Momo saisissait ses chevilles.
- A la flotte !
- NON !
- Si, si, à la flotte !
- Non, faîtes pas ça ! Je… je sais pas nager, grogna la fillette avec un air un peu honteux sur le visage.
- Vrai ? demanda Momo en la lâchant. Comment on peut savoir que tu dis la vérité ?
- Bah, balance-moi, tu verras bien, lança-t-elle, un air narquois sur le visage. Par contre, Sakuno-chan sait nager, elle…
Momo et Eiji semblèrent se comprendre avec un seul regard, puis, sans attendre, attrapèrent Ryuzaki et la jetèrent à la flotte : une de moins ! Rapidement, Tomo la rejoignit, fit semblant de la noyer en gueulant :
- Ryoma-sama, Ryoma-sama, Sakuno se noie, viens vite l'aider !
Tout le monde explosa de rire, et même Atobe se fendit d'un sourire… bien qu'un peu hautain. Ryoma, quant à lui, se contenta de baisser sa casquette sur ses yeux et de soupirer, tout en ignorant royalement Sakuno. Enervée, Aelita fonça vers lui et le prit à part.
- T'es vraiment pas sympa !
- Quoi, j'ai fait quoi encore ?!
- Tu te comportes comme un abruti de première, voilà ce que tu fais ! Tu ne vois pas que Sakuno-chan essaye de se rapprocher de toi ?! Mais à chaque fois, tu l'ignores et te casses !
- …
Aelita la vit, la rougeur intempestive qui monta sur ses joues durant quelques secondes avant de disparaître tout aussi vite. Ah, peut-être que tout espoir n'était pas perdu. Peut-être que cet abruti l'aimait bien, mais n'osait pas le lui dire. Peut-être avait-il peur qu'elle devienne plus importante que le tennis. Peut-être que plein de choses, en fait. Et à chaque fois que Sakuno faisait un pas vers lui, cette petite rougeur revenait, un peu plus présent à chaque fois.
La française allait le garder à l'œil, son partenaire !
- Bref, retournons voir les autres. Et essaie de faire un effort, s'il te plaît, parce que ton comportement la blesse vraiment !
Certes, Saku ne lui avait jamais dit clairement que ça la rendait triste. Mais c'était sans aucun doute pas très loin de la vérité. Echizen, visiblement désemparé par ce que lui avait annoncé Aeli, s'était dirigé droit vers Sakuno et l'avait complimentée sur sa tenue sans même ralentir à son approche. Fuji l'avait regardé d'un air intéressé, Kikumaru avait lâché un sifflement et Inui prenait des notes dans son calepin pour garder une trace de ce premier compliment fait à la petite Ryuzaki.
Ah, il s'améliorait, vous ne trouvez pas ?
Aelita, fière de son coup, partit en direction des toboggans, où elle retrouva Shishido et Choutaro, qui discutait gaiement.
- Tiens, salut minipousse !
- Salut le vieux.
- Je croyais que tu savais pas nager, qu'est-ce que tu fous aux toboggans ?
- Shishido-senpai, intervint Choutaro, l'arrivée des toboggans c'est pas une piscine mais une pente qui diminue progressivement. Ça m'étonnerait qu'elle se noie là-dedans.
- Ah ouais, pas faux.
Aeli laissa échapper un ricanement. Ce fut à ce moment-là que débarquèrent Hibiki et Fuji, que la gamine tirait par le bras. Les deux filles se toisèrent, puis Aelita esquissa un sourire. Le petit incident qui était arrivé durant les matchs contre Hyotei – à savoir un magnifique coup de pied dans le tibia – avait été oublié, du moins en partie. A sa grande surprise, Hibi lui retourna son sourire. Probablement que de se retrouver avec la main de son prince dans la sienne l'avait mise de bonne humeur. Le petit groupe monta, redescendit le toboggan, remonta, le redescendit, cela cinq ou six fois tellement ils s'amusaient. Quoi que dans le cas de Fuji, c'était surtout parce qu'Hibiki ne le lâchait pas, et que la descente était le seul moment où il pouvait être un peu tranquille. Il ne quittait cependant pas son éternel sourire.
Aelita quitta finalement ses amis pour récupérer une bouée et se laisser flotter tranquillement sur le petit fleuve entourant le parc. La piscine faisait seulement un mètre de profondeur, elle avait donc pied, et de plus, le bassin était tellement encombré qu'elle ne risquait pas de se retourner. Au bout d'un petit moment, elle aperçut une silhouette bien connue allongée comme elle sur une bouée. En pagayant un peu avec les mains, elle rejoignit son senpai.
- Ah Inui-senpai ! Je me disais bien que c'était toi. Toujours en train de prendre des données, à ce que je vois…
- Hm… D'ailleurs, tu ne sais pas nager, c'est ça ? demanda Inui tout en griffonnant des trucs.
- Euh, oui et alors ?
- Tu accepterais de me faire une faveur ?
- Ca dépend quoi, lança la fillette d'un air soupçonneux.
- Eh bien, si tu pouvais sauter à l'eau histoire que je vois ta réaction et celle des autres, ça me permettrait de prendre bonnes données… annonça le joueur avec un sourire qu'on ne pourrait que qualifier de flippant.
- Ah, pas question ! cria Aeli en prenant appui sur le bord du bassin pour s'éloigner de son senpai qui la fixait d'un air légèrement sadique.
Après s'être éloignée, la collégienne percuta une bouée… ou plus précisément la bouée. Celle d'Atobe, qui la fixa d'un regard légèrement agacé.
- Tezuka et moi-même étions en train de discuter. Quelle est cette manie de nous interrompre tout le temps, jeune fille ? lança le King des Hyotei d'un air un poil dédaigneux.
- Désolée, tentative d'esquive d'un senpai dangereux, répliqua Aelita en désignant d'un regard Inui, qui flottait doucement à la surface de l'eau.
Elle crut voir d'ailleurs le visage de Tezuka pâlir légèrement, quoi que c'était peut-être un effet d'optique. En tout cas, Atobe, qui avait suivi son regard, s'était tu, la réputation des boissons d'Inui étant bien sûr parvenue à ses oreilles. Mais comme elle le pensait, cette horreur n'était tout de même pas suffisante pour lui clouer le bec, et rapidement, il a toisa de nouveau, provoquant un profond soupir chez son interlocutrice. Cette dernière finit par pagayer de nouveau pour rejoindre le bord, laissant les deux capitaines face à face dans leur discussion.
Aeli sortit de la piscine et aperçut Tomo un peu plus loin. Son amie à couettes était toujours en train de baver devant les joueurs de tennis, et gardait à l'œil Sakuno qui elle, regardait Echizen. Ce dernier ne la voyait bien sûr pas, et était tiré par Momo qui voulait aller à la piscine à vagues. Un véritable gosse.
- Eh, Tomo-chan. Attrape Sakuno, et allons manger un dougnhut ensemble !
- Bonne idée !
Aussitôt dit, aussitôt fait, et les trois filles partirent au point le plus élevé du parc aquatique. Sakuno observa avec anxiété le bord de la piscine à plongeoir : elle donnait en effet directement sur le muret surplombant la piscine à vagues.
- N'empêche, c'est vachement dangereux, ce bord sans barrière. N'importe qui passant trop près du bord pourrait tomber, soupira Sakuno.
- Bah, les gens doivent bien se douter qu'il faut faire attention ! répliqua Tomoka sans plus s'en soucier. Et en plus, les maîtres-nageurs sont là pour surveiller.
- Hm, tu as raison ! approuva Miss Tresses.
Aelita mordit à pleines dents dans son dougnhut au sucre.
- En tout cas, moi, je vais faire mon possible pour ne pas m'approcher de ce bord dangereux ! Hors de question que je risque de tomber !
La collégienne repensa à Inui lui demandant d'aller sauter dans le grand bassin. Franchement, elle espérait qu'il plaisantait ! Mais cette pensée fut bien vite chassée de son esprit par l'apparition d'Atobe, qui attira de nouveau le regard de Tomoka. Ahlalala, cette fille était vraiment désespérante ! Ses deux amies étouffèrent un gloussement et s'apprêtèrent à embarquer Tomo pour l'éloigner du capitaine de Hyotei, quand des applaudissements attirèrent leur attention.
- Tiens, c'est quoi ça ? lança Tomo.
- Ca vient des plongeoirs ! répondit Aelita.
- Allons voir, chuchota Sakuno.
Les trois collégiennes se dirigèrent vers les trois plongeoirs d'une hauteur de un mètre, trois mètres et cinq mètres.
Etonnamment, le spectacle qui s'y déroulait ne les surprit pas plus que ça. Mukahi et Kikumaru rivalisaient d'agilité et faisait preuve du même courage que les plongeurs professionnels avec des acrobaties toutes plus impressionnantes les unes que les autres, sans jamais se prendre de plat.
Il y avait un tel attroupement qu'Aelita fut obligée de contourner la foule en passant tout au bord du ponton surplombant la piscine à vagues, ce qui lui déplut grandement.
- J'le sens mal… grommela Aeli avec justesse.
Car ce fut à ce moment que tout se passa, en une fraction de seconde. Un groupe de jeunes bouscula une personne, qui fit un pas en arrière, percuta la jeune fille… lui faisant faire un magnifique plongeon de deux mètres dans la piscine du dessous. Aelita ne comprit ce qui venait de se passer qu'au moment où elle percuta l'eau avec son dos. Elle en eut le souffle coupé, et sans même avoir eu le temps d'ouvrir la bouche pour crier, une vague s'écrasait déjà sur elle et l'entraînait vers le fond du bassin.
[Focalisation Aelita]
Waouh. C'est impressionnant, de couler ! C'est marrant, y a plein de petites bulles d'air qui me dansent devant les yeux. J'avoue que là j'en aurais bien besoin, je commence à avoir mal aux poumons.
Franchement, j'aurais jamais cru qu'un truc pareil puisse m'arriver. Dire que j'ai tout le temps fait attention à l'eau, jamais me baigner sans bouée, toujours sous la surveillance de quelqu'un, ne pas courir autour des piscines de peur de glisser… et voilà qu'à cause de la maladresse de quelqu'un d'autre, c'est moi qui me retrouve en train de suffoquer sous l'eau.
La vache, j'aurais pas cru qu'elle était si profonde, cette piscine. Pourquoi j'entends plus rien ? Bonne question. J'dois avoir de l'eau dans mes oreilles. Mais y a trop de pression, j'arrive pas à bouger mes bras pour l'enlever.
C'est marrant, mais tout ça m'a donné faim. Quand je sortirais de l'eau, faudra qu'on aille manger. Il est bientôt midi. Gakuto et Kikumaru-senpai doivent avoir fini leur concours. Est-ce qu'Echizen est reparti voir Sakuno ? Ce serait cool. Elle l'aime tellement.
Oh, je sais ce que je veux manger ce midi ! Un hot-dog avec plein de mayo. Et des frites. Et un coca. Et pourquoi pas un dougnhut, en dessert ? J'ai vu qu'ils en faisaient des beaux, recouverts de sucre glace !
Faudra que je pense à récupérer mon short et mon t-shirt dans les casiers. Je commence un peu à avoir froid au ventre. Super froid même.
Putain, mais c'est qu'elle est profonde cette piscine ! J'ai pas l'impression d'avoir touché le fond. Ou alors c'est juste que je flotte entre deux mondes.
… Oh, c'était profond ça. Faudra que je le marque quelque part quand je sortirai de l'eau. Si je sors. C'est vrai ça, d'ailleurs. Faut que je sorte de l'eau. Mais je fais comment ? Je dois agiter mes bras et mes jambes, je crois. Comment il m'avait montré, papa, quand j'étais petite ? Je sais plus. De toute façon, je me sens trop lourde pour bouger quoi que ce soit. Aurais-je grossi depuis mon départ de France ? Ah non, j'espère pas !
… Et finalement, je fais quoi ? Je reste là ? Est-ce que quelqu'un va venir me chercher ?
Beurk. Je crois que j'ai avalé l'eau de la piscine. C'est dégoûtant, je sens le goût du chlore et de la saleté sur la langue. Yerk. Quand je sortirai, je me rincerai la bouche. Si je sors.
[Focalisation externe]
Kikumaru fut le premier à hurler depuis son plongeoir, et Atobe le premier à plonger, bientôt suivi par Momo, Shishido, et Oishi. Sakuno et Tomo avaient dévalé les escaliers et regardaient avec angoisse les quatre garçons plonger pour récupérer leur amie. Tout autour, les inconnus, nageurs, enfants, vieux, adolescents, regardaient cet étrange manège. Ils avaient vu, pour la plupart d'entre eux, le corps de la petite fille tomber du ponton et percuter l'eau. Mais aucun, bien sûr, n'avait réagi aussi vite que ses camarades.
Quelques minutes plus tard à peine, la fillette était sur le bord, allongée au milieu d'un attroupement de personnes. Atobe avait pris les choses en main, tandis qu'Oishi fonçait appeler les sauveteurs… qui étaient déjà en route, bien sûr. Heureusement d'ailleurs, hein. C'était pas tous les jours qu'une gamine tombe du bassin supérieur et coule à pic dans la piscine à vagues, et puis c'est quand même un peu leur métier, de surveiller le parc aquatique !
- Elle ne respire pas ! cria Kawamura, paniqué. Eh, quelqu'un connaît les gestes de premier secours ?!
Les collégiens se regardèrent, un air impuissant sur le visage. Fuji, dont la sœur était infirmière, savait sans aucun doute comment réagir dans ce cas-là, mais étant plutôt loin du bassin où s'était déroulé le drame, le temps qu'il arrive, il serait peut-être déjà trop tard.
Quelqu'un sortit du grand bassin et s'avança à travers la foule, qui s'écartait sur son passage. Vous l'aurez compris, c'était Atobe.
Sans attendre, il mit en pratique ce qu'il connaissait. Basculant la tête de la gamine en arrière, il entreprit de pincer son nez, d'ouvrir sa bouche et de relever son menton. Puis, couvrant entièrement sa bouche avec la sienne, il se mit à souffler jusqu'à voir sa poitrine commencer à se soulever légèrement. Elle toussa un peu, il continua. Chaque insufflation durait une seconde. Puis trois secondes. Un peu moins. Une fois qu'elle recommença à respirer – presque – normalement, il s'arrêta et se releva. Au même moment, deux hommes vêtus de rouge et blanc et munis d'un brancard débarquèrent pour emmener Aeli au poste de secours.
- C'est pas trop tôt, commenta Atobe avant de les fixer d'un regard noir.
[Focalisation Aelita]
« Elle ne respire pas ! »
… Tiens, c'est pas la voix de Taka-san, ça ? De qui il parle ? Pas moi en tout cas, je sens que je respire. Enfin, en tout cas, ma poitrine vient de commencer à se soulever. Ça veut dire que je respire, non ? D'ailleurs, je viens de réaliser mais… J'entends des trucs, maintenant ! J'dois plus avoir d'eau dans les oreilles. Donc je suis sortie ?! Bah c'est pas trop tôt. Par contre, j'ai de l'eau dans la gorge, ça me gratte. Je sens que je tousse un peu, mais c'est bizarre, c'est comme si c'était pas mon corps.
Puis on me soulève.
… Mais donc, j'étais allongée par terre ? Mais qu'est-ce que je foutais par terre, dans ce cas-là ? J'avais même pas remarqué, j'avoue. J'avais plus de sensations y a même pas une minute. A moins que ça ne fasse deux minutes. Ou dix. Ou même soixante. Il est quelle heure, là ? Je veux pas louper le déjeuner, c'est hot-dog au menu !
Mon Hot-dog…
[Focalisation externe]
- Ah, elle est réveillée ! hurla Tomo, défonçant au passage les oreilles de toutes les personnes présentes dans la pièce.
Aelita venait en effet d'entrouvrir les yeux, puis bailla et s'étira comme si de rien n'était.
- Quelle heure il est ?
- Presque midi.
- Ah, tant mieux ! Je peux avoir un hot-dog ? demanda-t-elle aux garçons abasourdis.
- Soit cette fille est réellement bête… commença Shishido.
- Soit c'est un effet secondaire de la noyade, termina laconiquement Oshitari.
- C'est pas un effet secondaire de la noyade ni de la bêtise, elle a faim ! la défendit Sakuno. Je vous rappelle qu'elle a tout de même ronflé durant deux jours ! La seule chose qu'elle ait mangé, c'est de la soupe. Et encore.
Ces paroles eurent le don de faire se dresser Aelita dans son lit… non, d'ailleurs, c'était même pas son lit. Ils étaient où, là ? C'était une sorte de grand lit à baldaquins entouré de rideaux roses, avec une tapisserie tout ce qu'il y a de plus précieux, des meubles semblant dater de Louis XIV… Ouais, ça, ça ne pouvait être que chez Atobe. D'ailleurs, lui aussi était dans la pièce.
- Oh, j'ai vraiment dormi deux jours ?!
- Puisqu'on te le dit, rigola Kikumaru. Tu as dormi comme une bienheureuse, et les seuls moments où tu es sortie de ton sommeil, c'est pour avaler trois cuillères de soupe. Tu nous as fait ça trois ou quatre fois.
- On aurait un peu dit Jiro-senpai, se moqua Choutaro.
- Au fait, je te rappelle que les matchs du second tour commencent demain. Tu ferais mieux de t'entraîner un peu maintenant que tu t'es reposée ! Ricana Momo, bien que ses traits légèrement tirés indiquaient son inquiétude.
- Et le capitaine ?! demanda la fillette, ignorant son senpai.
- Désolé, il est parti hier, son avion décollait. Il était très inquiet de te laisser dans cet état, mais on lui a dit qu'on veillait sur toi, annonça Fuji.
- Ah, marmonna-t-elle d'un air un peu déçu.
Elle aurait bien voulu l'accompagner à l'aéroport, lui dire au revoir. Mais elle n'avait pas pu. Bah, elle lui enverrait un message dès qu'on la laisserait sortir.
Dans un coin de la salle, Oishi se lamentait.
- Si j'avais fait plus attention, Aelita ne serait pas tombée… Je dois faire plus attention… Je suis indigne d'être le capitaine suppléant… Aelita est trop jeune… Je dois la materner…
La Aelita en question n'avait pas du tout, mais alors PAS DU TOUT envie qu'on la materne.
- Euh, Oishi-senpai… C'était pas vraiment de ta faute…
- Mais si j'avais fait plus attention…
- Euh… Ca n'aurait strictement rien fait. Alors cesse de te tracasser.
La vice-capitaine sembla se reprendre un peu, et Fuji lui tapota le dos. Une vraie mère-poule !
- Ah, reprit Aelita. Au fait, il s'est passé quoi après que je sois tombée ?
Ce fut à ce moment qu'Atobe se leva et sortit de la chambre, sous le regard étonné de la fillette. Eiji et Momo laissèrent échapper un ricanement, tandis qu'Inui remontait ses lunettes sur son nez en griffonnant encore et toujours dans son petit carnet. Tomo ne cessait de donner des coups de coude dans les côtes de Sakuno, qui elle était plus proche de Ryoma que d'habitude. Hibiki était assisse sur les genoux de Fuji, qui lui la regardait d'un air qu'elle ne saurait définir. Choutaro et Shishido ne cessaient de se lancer des regards en coin, de même que Gakuto et Oshitari.
- Euh, j'ai loupé un épisode ?
- Non, non, rien ! lança Sakuno, un peu trop rapidement à son goût. On t'a sorti de l'eau et Atobe-san t'as fait du b…
Tomo lui lança un coup de coude « Elle est trop jeune pour apprendre cela ! »
« On a le même âge ! »
« Pas assez mature ! »
« Je vois pas pourquoi… »
« Parce que, point barre. Tu imagines aussi pour Atobe-sama ? Dire qu'il a dû s'occuper de ça lui-même ! »
« Et alors, il en avait même l'air plutôt content, de lui faire du bouche-à-bouche. »
« Pas faux. »
- Ça va, je vous dérange pas ? grogna Aelita, qui n'entendait que des chuchotements indistincts.
- Ah, euh désolée. En fait, ensuite, Atobe-san t'a porté jusqu'à l'infirmerie, puis a insisté pour te garder chez lui, ta chambre étant trop petite pour qu'on puisse tous te rendre visite, et un séjour à l'hôpital étant non nécessaire.
- Oh, d'accord.
- Bref, bref ! Tu as l'air en pleine forme, reposée, etc, etc, alors on y va, on ne va pas déranger Atobe-sama plus longtemps ! s'exclama soudain Eiji en l'attrapant par le poignet, en la levant et en la tirant de force hors de la pièce sans même lui demander si elle pouvait marcher.
AH, mais qu'est ce qui se passait aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'ils avaient tous à agir bizarrement ?!
