Chapitre 29 : Cookies de la mort et accrobranche

- On va en camp d'entraînement ! On va en camp d'entraînement ! hurlait Kikumaru, enthousiaste.

- Kikumaru-senpai, du calme, soupira un Echizen qui avait visiblement mal au crâne.

- N'es-tu pas content, Ochibi ?! Ça va être cool !

- Ouais, ouais.

Aelita et Echizen échangèrent un regard. Le Jus d'Eau de la vieille se rappelait encore à leur souvenir sous la forme d'un mal de crâne qui s'intensifiait à cause des cris de leur énergique senpai. Momo ricana. Ah, ce Ryoma ! Toujours aussi agaçant… et agacé. Atobe, quant à lui, soupira. Les Seigaku étaient bruyants, comme toujours ! Cependant, y avait bien une personne que ça ne dérangeait pas… Oui, oui. Jiro, qui parvenait à dormir malgré le bruit ambiant. Une vraie marmotte. Eiji sauta d'ailleurs sur l'occasion en voyant Akutagawa ronfler, ne pouvant résister à l'envie de lui dessiner deux belles moustaches au marqueur noir. Ce qui fit rire tout le monde, sauf Atobe qui soupira de plus belle et les deux entraîneurs qui grognèrent de concert en réprimandant le roux. Fuji, quant à lui, venait de sortir un appareil photo de pro et ne se privait pas d'immortaliser la scène.

- Waw, Fuji-senpai, ça c'est de l'appareil ! admira Aelita.

- Hm, oui. C'est ma sœur qui me l'a offert il y a longtemps. J'adore la photographie, et je l'utilise dès que possible.

- Oooh, marrant, mais ça ne m'étonne pas de toi. Ca te va bien d'aimer un passe-temps aussi calme !

La jeune fille lança un regard vers le reste de ses coéquipiers. C'est clair que vu comment ils étaient surexcités, aucun d'entre eux n'avait sans doute eu l'idée de tenir un jour un appareil photo entre les mains. Même Tezuka, le plus calme de la bande, elle le voyait plus avec une bonne tasse de thé qu'un appareil photo. Et si Inui aurait peut-être pu prétendre lui aussi à ce passe-temps… Nan, en fait, Inui et photographie, ça ne collait pas. Inui et boisson bizarre, ça, ça marchait mieux ! Enfin bref.

Le voyage s'étant passé dans la joie et la bonne humeur – tout ceci agrémenté des ronflements de Jiro – le bus arriva plutôt rapidement à destination. Tout le monde descendit… pour découvrir un vieux chalet vraiment pas en bon état.

- Attendez, c'est une blague j'espère ? demanda Atobe, un air déconfit sur le visage.

- Visiblement non, grogna Aelita, tout aussi désespérée.

- Eh, il est hors de question que je passe une semaine dans ce chalet pourri, annonça le roi des Hyotei.

- On ne passera pas une semaine ici. Nous y passerons seulement trois jours, puis ensuite nous irons les quatre derniers jours au cottage d'Atobe, annonça Ryuzaki-sensei.

- Ah, parfait, répondit le King.

- Et ça ne te gêne pas plus que ça qu'on t'annonce de but en blanc qu'on va squatter chez toi pendant quatre jours ?! grogna Aelita.

- Non, pas particulièrement.

- Bon, bah tant mieux pour toi.

Toute discussion fut coupée court par l'apparition sur le seuil de la porte de Tomoka, Sakuno, Horio, Kachira, Katsuo, mais également d'An Tachibana, d'Aiko, d'Hibari et d'Hibiki.

- Mais qu'est-ce que vous faites là, vous tous ? Demanda Shishido d'un air ébahi, tandis que Fuji se reculait instinctivement envoyant la sœur du joueur de Hyotei.

- On a été employés comme managers ! cria Tomoka, enthousiaste.

- Oh, mais c'est que c'est bon pour plusieurs personnes, tout ça ! Ricana Eiji en jetant un coup d'œil à An, Momo, Sakuno et Ryoma.

- Et pour d'autres… murmura Fuji en fixant Eiji puis Hibari, sous le regard interrogateur de l'acrobate et les rires étouffés du reste des Seigaku.

Ryoma soupira, baissa sa casquette, Sakuno rougit, de même que Momo, et An ne comprit pas immédiatement l'allusion. Tout le monde descendit du bus et récupéra les bagages qui avaient été mis dans la soute. En rentrant, Atobe eut le plaisir de voir que l'intérieur n'était pas si dégoûtant que l'extérieur. Sakuno et Tomoka menèrent les joueurs à leurs chambres, ou plutôt aux dortoirs. Il y en avait deux, un grand regroupant tous les garçons, et un plus petit pour les filles. Les entraîneurs avaient chacun une chambre. Ensuite, ce fut Sakuno toute seule qui s'occupa de leur faire faire le tour du propriétaire. Le cottage était assez grand, avec un étage où se trouvaient les chambres. Au rez-de-chaussée, il y avait un grand salon réaménagé en salle à manger, une cuisine, et des bains séparés pour hommes et femmes.

- Où sont les courts de tennis ? demanda très justement Oishi.

- Il n'y en a pas, sourit Tomoka.

- Hein ?! Mais où va-t-on s'entraîner ? questionna Kawamura.

- Vous verrez bien ! annonça la coach en surgissant derrière eux, effrayant tout le monde. En attendant, donnez-moi vos raquettes. Vous n'en aurez pas besoin pour les trois jours que nous allons passer ici.

Tout le monde se regarda, et donna à regret sa raquette. De toute façon, au vu de la tête de la coach, mieux valait se taire et faire ce qu'elle disait. Oshitari remonta ses lunettes sur son nez en soupirant.

- Bien. Et comment allons-nous nous entraîner ?

- Vous verrez bien. En attendant, allons manger ! Nous commencerons après.

- Yeah, à la bouffe ! hurla Momo-morfale.

- … T'arrêtes jamais de manger ? grogna Oshitari.

Tout le monde se dirigea vers l'immense salle à manger et engloutit le repas, qui constituait en du curry et du riz. Tout cela avait été cuisiné Katsuo et Sakuno, et c'était un régal. Aelita soupira de bonheur en terminant sa cinquième portion.

- Elle est petite, mais qu'est-ce qu'elle mange ! grogna Shishido. Fais gaffe la naine, tu vas grossir.

- Laisse-moi manger sans faire de commentaire et occupe-toi plutôt de la graisse que t'as au niveau du ventre, espèce de géant ! répliqua du tac au tac la française.

- Moi, de la graisse ?! Je proteste ! hurla Shishido en faisant mine d'attraper ses bourrelets inexistants.

- Grand frère, baisse ton t-shirt ! criait Hibiki, au comble de l'indignation.

- Non, non, ne bougez plus, ça fera de beaux souvenirs ! souriait Fuji, appareil photo à la main.

- Et de bonnes données, renchérit Inui.

- Vous alors… soupira Oishi, suivi par Mukahi, Oshitari et Atobe.

Aelita laissa échapper un petit rire. Une fois le déjeuner terminé, la coach Ryuzaki entraîna tout le monde dans la cour du chalet. En fait, c'était plus un champ qu'une cour. Il y avait une espèce de petite plaine, qui donnait ensuite sur une forêt où se croisait divers chemins de terre battue.

- Je vous ai concocté un petit programme d'entraînement ! Tous les matins, avant de manger, vous l'effectuerez. Ensuite, après le repas, tout le monde ira courir. On fera deux fois le plus grand chemin faisant le tour de la forêt, ce qui est équivalent à… disons, un peu moins de dix kilomètres.

- Dix kilomètres tous les matins ? s'écria Aelita. Coach, vous voulez nous tuer ?!

- Non. Justement, c'est pour améliorer votre endurance.

- … Au fait, tant qu'on en parle. C'est quoi, ce fameux programme d'entraînement d'avant-manger ? reprit la fillette, qui commençait sérieusement à s'interroger sur la santé mentale de leur prof.

- Deux séries de cinquante abdos, deux séries de cinquante pompes, deux minutes de gainage sur le ventre, deux minutes de gainage sur le dos, et une série de cinquante flexions-extensions, répondit la prof le plus naturellement du monde.

- Geuh, parvint juste à dire Aelita en pâlissant.

- Eh, Aelita ! Cria la coach. Ca va pas ?!

- … Mais on va mourir, sensei !

- Mais non, mais non, n'exagère pas, ricana la coach en s'éloignant.

- C'est moi où elle vient de ricaner ? demanda Aeli.

- Elle a ricané, répondit Mukahi qui était pâle aussi.

- Je confirme, sourit Fuji, à qui ça ne faisait ni chaud ni froid.

- Elle est cruelle de faire ça à une mignonne et gentille petite fille ! geignit Aelita.

- … « Mignonne et gentille » ? T'as fumé, minipousse ? T'es la plus grande chieuse de l'univers ! grogna Shishido.

- Eh, j't'ai parlé, à toi ?! Tu veux te battre ? s'énerva la fillette en le fusillant du regard.

- Dis donc, vous deux… soupira Oishi.

- Désolée, Oishi-senpai, s'excusa la fillette devant son vice-capitaine, qui ne s'attendait certainement pas à ce qu'elle abandonne aussi vite.

- Bien, reprit la coach qui était revenue avec Hibari, Hibiki, Aiko, Horio, An et Kachiro, ainsi qu'avec une caisse remplie de balles de tennis.

- Ohla, j'le sens mal, balbutia Shishido en voyant sa sœur qui le fixait d'un air féroce, une balle à la main.

- Tu as bien raison, Shishido, annonça Sakaki qui venait miraculeusement de faire son apparition. Nos managers – qui, entre parenthèses, sont là car ils sont totalement inutiles pour la préparation du dîner – vont vous lancer des balles dessus, et ce sera à vous de les éviter.

- Oh, ce n'est que ça ? demanda Oshitari en remontant ses lunettes sur son nez.

- Non, pas que ça. Vous voyez ça, là-bas ?

Sakaki désigna un ensemble de grosses pierres, de grosses racines, mais également de plots en bois, le tout formant comme un parcours du combattant.

- Oui, et alors ? questionna Atobe qui commençait sérieusement à s'impatienter.

- Et alors vous allez devoir éviter les balles EN RESTANT sur ces différents objets. Ceux qui poseront ne serait-ce qu'un seul pied au sol et ceux qui se feront toucher une fois se verront contraints de goûter…

- Ne me dites pas qu'Inui a amené une nouvelle boisson ! cria Eiji en se plaquant derrière Oishi.

- … Si vous me laissiez finir, vous sauriez qu'il n'y a aucun risque de boire de l'Inui Juice. Ceux qui rateront cet exercice se verront juste obligés de manger les cookies qu'Hibiki a préparés.

La fillette sourit en sortant deux boîtes opaques contenant visiblement lesdits cookies.

- Ce n'est que ça ?! crièrent Momo et Kikumaru, enthousiastes.

- … Je suis pas sûr que ce soit une bonne idée, murmura Oshitari.

- … Coach, c'est… euh… marmonna Shishido en reculant. Enfin, vous savez bien qu'Hibiki…

- … est d'une nullité absolue en ce qui concerne la cuisine ! le coupa en hurlant Mukahi.

- A ce point-là ? questionna Echizen.

- Bah, vous, vous avez l'Inui Juice… commença Choutaro.

- Et nous, on a les cookies de ma sœur ! termina Shishido en se prenant la tête entre les mains.

- Ce n'est pas si horrible, répliqua Atobe d'un air hautain.

- Laissez-moi deviner, soupira Echizen. Il fait semblant d'aimer ça, hein, votre roi ?

- … eh bien… fit Oshitari en souriant.

- Moi, j'aimerai bien les goûter ! annonça Fuji avec son éternel sourire, avant de se rappeler qu'il parlait des gâteaux de son pot de colle attitré.

Hibiki commença à rayonner en voyant que son prince voulait goûter à sa cuisine, alors qu'il aimait juste manger et boire des trucs bizarres. Eiji ricana. Il s'enfonçait, le pauvre génie.

- Arrêtez de vous plaindre et mettez-vous donc en place ! cria presque Sakaki, que ces bavardages intempestifs commençaient sacrément à agacer.

- Yes, sir ! hurlèrent en chœur les collégiens en montant sur les diverses plateformes et racines qui émergeaient du sol.

Les objets étaient chacun éloignés d'environ un mètre. Atobe était perché sur un bloc en bois de forme rectangulaire, Mukahi et Kikumaru rivalisaient d'agilité en se tenant sur deux racines irrégulières, Oishi et Fuji étaient debout sur deux pierres, Echizen grommela en allant se placer sur tronc d'arbre placé à l'horizontal, tandis qu'Aelita était accroupie avec Ootori sur une plaque en bois posée sur des briques. Shishido s'était quant à lui placé sur deux briques, de même qu'Oshitari, Kabaji et Kawamura. Momo et Kaidoh se battaient pour monter sur le même truc, finalement ce fut Inui qui choppa la place et s'installa debout sur un tronc d'arbre coupé, carnet à la main. Les deux belligérants finirent par se poser sur la même caisse en bois, seul objet restant, le dernier étant occupé par un Jiro qui ronflait, un air bienheureux sur le visage.

- …

- Bien, commençons ! lança Sakaki, tandis que la coach Ryuzaki s'éloignait pour aller préparer autre chose.

Immédiatement, les six collégiens managers commencèrent à balancer des balles sur les pauvres joueurs qui tentaient désespérément de rester debout. C'était un jeu d'enfant pour certaines personnes, tel qu'Eiji, qui venait de sauter sur les épaules d'Oishi. De leurs côtés, certains de leurs bourreaux faisaient en sorte d'en éliminer un en particulier – Hibiki avait visiblement une dent contre son frère… - tandis que d'autres faisaient en sorte d'en épargner un en particulier – cette même Hibiki qui faisait vraiment attention à ne pas toucher son Fuji adoré, ou encore Hibari qui évitait consciencieusement de viser Eiji. Il y avait également ceux qui pratiquaient – ou plutôt celle – l'amour vache, à savoir An qui faisait en sorte de déséquilibrer Momo au maximum. Et il y avait les neutres, qui visaient tout le monde équitablement. Finalement, ce furent les plus grands les premiers éliminés, à savoir Choutaro, qui s'était pris une balle dans la tête de la part d'une Aiko sadique, puis Kawamura qui s'était cassé la figure quand Mukahi avait sauté sur ses épaules pour éviter une balle, mais également Kabaji qui s'était mis devant son roi pour le protéger – ça surprend personne, tiens – et enfin Inui qui avait été poussé par Eiji : autant virer le plus dangereux dès le départ ! Ces quatre personnes avaient donc été les premières à goûter aux cookies d'Hibiki. Kabaji avait avalé le cookie sans broncher et s'était tranquillement assis sur le côté, cela ne lui faisant visiblement pas plus d'effet qu'un cookie normal. Choutaro, quant à lui, déjà habitué à la nourriture d'Hibi, regarda avec effroi ce nouveau cookie maléfique.

- Euh… La couleur verte, c'est normal ? demanda le garçon d'une voix tremblotante.

- Bien sûr, abruti ! cria Hibiki, vexée. Ce sont des cookies à la menthe avec des pépites de chocolat !

- … Ca existe, ça ? grogna Ootori.

- Oui !

Précautionneusement, il croqua dans le cookie… puis prit la même teinte verdâtre que le gâteau et s'écrasa au sol, face contre terre.

- Choutarooooooo ! hurla Shishido, qui se serait précipité vers son compagnon de double si Aelita ne l'avait pas retenu vers le col.

- Laisse tomber, je crois qu'il a son compte, murmura la fillette, terrifiée.

- Mais-euh… Choutaro…

Vint ensuite le tour de Kawamura. Malheureusement, il n'avait pas sa raquette avec lui et n'eut donc pas l'occasion de se donner du courage à coups de burning. Il croqua dans le cookie, et s'étrangla avec le morceau qu'il venait d'avaler.

- Geuh-euh-euh…

Puis il alla rejoindre ses camarades au sol. Pendant ce temps, Inui avait pris plein de données. Et quand était venu son tour, il avait tenté de s'esquiver, mais sans succès. En effet, Kachiro et Horio l'avaient rapidement rattrapé, avec pour la première fois un air sadique sur le visage : « ou comment faire payer à Inui les diverses boissons qu'il leur a fait goûter ». Fuji leur donna d'ailleurs un coup de main.

- Inui, ne t'avais-je pas dit que nous nous reverrions… ? Te rappelles-tu ta nouvelle boisson ? Le Jus d'Eau ? Tu vas payer… Susurra le génie, un air sadique sur le visage.

Sous la menace, le dataman croqua donc lentement dans le biscuit, avant de murmurer quelques trucs…

- Hm… ça me fait penser que je vais peut-être rajouter de la menthe dans le prochain Inui Juice…

… Et de s'écrouler par terre.

Maintenant que les plus costauds avaient été éliminés, les six collégiens semblèrent se chercher les cibles les plus appropriées. En effet, ils laissèrent aux joueurs de tennis un peu de tranquillité tandis qu'ils élaboraient un plan qui serait sans aucun doute totalement sadique. Et ça ne manqua pas. D'un coup, en les prenant par surprise, Hibiki se retourna et balança trois balles sur Shishido, qui ne les évita que de justesse.

- Eh, tu veux me tuer ou quoi ?!

- Oui !

- … Hibiki, c'est méchaaaaant… pleurnicha le joueur de Hyotei.

Sans se soucier des pleurs de son frère, la fillette récupéra de nouveau plusieurs balles et le fusilla avec, bientôt suivie d'Horio, Kachiro et An. Devant une telle avalanche de balles jaunes, Shishido finit bien évidemment par être mis out, et fut forcé de goûter – de nouveau – la nourriture de sa petite sœur. Cette dernière prit un malin plaisir à lui en fourrer deux ou trois gâteaux dans la bouche.

Ensuite, les tirs recommencèrent à être un peu dispersés. Puis soudain, Momo sembla avoir une idée de génie. Enfin, si on peut appeler ça comme ça. En effet, c'était finalement peut-être pas la chose la plus intelligente à faire, d'essayer de pousser Kaidoh de son perchoir. Parce que bien sûr, le serpent avait évité le mouvement de son rival, et riposta en sautant sur lui.

- Kaidoh-senpai, Momo-senpai ! cria Aelita. Arrêtez ça, vous allez faire tomber tout le monde !

- Laisse-moi régler son compte à cette vipère !

- Laisse-moi régler son compte à ce porc épic… Fssshh.

- …

Oishi sauta sur la plateforme où se trouvaient les deux abrutis pour les séparer :

- Voyons, tous les deux ! Arrêtez ça !

BAM.

Oui, c'est le bruit qu'a fait la balle de tennis quand elle est rentrée en collision avec la tête d'Oishi. Pour le coup, ça a stoppé net Kaidoh et Momo, qui venaient de comprendre que leur senpai leur avait sauvé la vie, bien qu'involontairement.

- Ah, Oishi ! cria un Eiji totalement paniqué.

- Eiji-senpai, ne bouge pas ! répliqua Momo d'un air déchirant. Ne rends pas le sacrifice d'Oishi-senpai vain !

- OISHIIIIIIIIIII !

Kikumaru sauta vers son coéquipier, bousculant au passage Mukahi, qui se cassa la figure sur Oshitari, qui lui, tomba sur Atobe.

Résultat, le double de Hyotei se cassa la figure par terre, Echizen tenta de rattraper Kikumaru par le col, mais, manquant de force, bascula avec lui, et finalement, ce fut Momo qui les rattrapa tous les deux, étonnamment aidé par Kaidoh qui se sentait un poil responsable de cette partie de dominos imprévue. Quant à Atobe, il n'avait malheureusement rien – ou plutôt personne – à quoi se raccrocher, et ne fut sauvé d'une mort imminente que par un Jiro dormant à moitié, qui le rattrapa par le poignet. Puis la marmotte tira son capitaine sur son perchoir, s'accrocha à sa jambe, et recommença à dormir en bavant sur sa chaussure droite.

- Jiro… commença dangereusement le capitaine de Hyotei avant de secouer la jambe. NE TRAITE PAS TON CAPITAINE AINSI !

Finalement, à force d'être secoué dans tous les sens, Jiro bascula et fut rattrapé in extremis par Aelita, qui en profita pour pousser Atobe au passage.

- Ne traite pas ainsi ceux qui t'épargnent une mort certaine! grogna Aelita.

Malheureusement, ce qu'elle n'avait pas prévu, c'est que le roi en question se rattraperait à elle, l'entraînant dans sa chute, tandis qu'elle tenait toujours un Jiro endormi qui tomba avec eux. Fuji attrapa Jiro, retenant ainsi Aeli et Atobe… sauf qu'avec ses bras frêles, sa force n'était pas suffisante pour retenir trois personnes dont le poids total avoisinait les cent quarante kilos, et finalement, les quatre s'écrasèrent au sol, sous le regard totalement choqué des managers, qui avaient cessé de balancer des balles.

- C'est moi, où ça part en règlement de comptes, cette histoire-là ? demanda An en se retenant de rire.

- To-ta-le-ment, approuva Aiko qui elle, pouffait déjà.

D'ailleurs, la saga des « je-t'attrape-je-te-balance » continua, puisque maintenant, Kaidoh et Momo recommençaient à se taper dessus.

- C'est de ta faute s'ils sont tous tombés ! hurla Momo.

- De ma faute, porc-épic ?! gueula Kaidoh. Si t'avais pas essayé de me pousser, rien de tout ça ne serait arrivé !

- La ferme, Mamushi !

Finalement, An, qui était la plus sadique du groupe, leur balança deux balles chacun dans la tête, les faisant tomber de leur perchoir.

Jiro fut le premier du petit groupe à goûter les cookies empoisonnés. Il les mangeait tranquillement, quand soudainement… il tomba raide par terre.

- Jiro... ? questionna Atobe.

- … J'ai pas faim. J'ai pas faim. J'ai pas faim. Hibiki-chan, tu vas pas me faire ça, si ?! la supplia Aelita.

- Désolée Aeli-chan, c'est la règle !

Et elle lui enfonça un cookie dans la bouche. La pauvre fillette allait rejoindre ses camarades au sol, tandis qu'autour, tout le monde tombait comme des mouches. Seuls Fuji et Atobe restaient debout. Le prodige n'avait subi aucun des effets secondaires de la nourriture de la fillette, mais se retenait bien de dire qu'il avait trouvé ça bon. Le capitaine des Hyotei, lui, détestait visiblement cela, mais gardait un visage impassible, un peu comme Tezuka à chaque fois qu'il buvait de l'Inui Juice.

Il ne restait désormais plus que l'acrobate et son Ochibi adoré. Qui se percutèrent en essayant d'éviter les balles de plus en plus nombreuses, et finirent par tomber raide mort à côté des autres.

Il n'y avait désormais plus qu'un tas de cadavres, un Fuji souriant et un Atobe tentant de réprimer ses hauts le cœur.

- Hibi-chan… marmonna une Aelita toute verte. Je suis désolée, mais c'est le truc le plus répugnant que j'ai jamais mangé.

- … Et encore, Aelita-san, Hibiki-san s'est améliorée depuis la première fois que j'ai goûté à ses fameux cookies ! soupira Choutaro.

- Améliorée ? Ma sœur ne s'est pas améliorée d'un pouce ! hurla Shishido.

- La ferme, abruti de grand-frère ! cria Hibiki en lui tapant sur la tête.

- Eh, pourquoi c'est moi que tu tapes ?! Si t'écoutais, tu saurais que tout le monde trouve ta nourriture dégoûtante ! Alors pourquoi que moi ?

- Parce que.

- Logique implacable, ricana Echizen.

- La ferme, Echizen, grogna Shishido en se mettant à bouder.

- Très bien, tout le monde debout ! reprit Sakaki. On va passer à l'exercice suivant.

- C'est quoi, l'exercice suivant ? le questionna Aelita.

- Vous verrez bien.

La petite troupe se mit en marche à la suite de Sakaki, en direction de la forêt, tandis que les managers rentraient au chalet. Ils rejoignirent un large chemin de balade ou quelques promeneurs les considérèrent d'un regard curieux, puis arrivèrent à une partie un peu plus civilisée. Des gamins couraient un peu partout, d'autres, munis de harnais et d'un gant, montaient à diverses structures en bois accrochées aux arbres.

- Personne n'a le vertige ?

- Non… vous allez nous faire faire de l'accrobranche ? soupira Oshitari.

- Exactement. Nous avons réservé un parcours rien que pour vous entraîner.

Avant que les jeunes gens n'aient pu faire un geste, ils étaient déjà entourés par des employés qui leur tendaient harnais et gants.

Les adolescents acceptèrent de mauvaise grâce de se préparer, et Aelita ne put s'empêcher de lâcher un gloussement en voyant Kabaji attacher le harnais d'Atobe. N'était-il pas capable de le faire seul ? Probablement que si, mais probablement également qu'il avait la flemme. Une grande flemme. Finalement, une fois parés, ils purent commencer à grimper. La première échelle était une échelle de corde qui montait à environ dix mètres de hauteur, et pour sécuriser, on s'accrochait à un mécanisme en ferraille qui glissait sur un fil de fer d'un diamètre de 3 centimètres quand on montait, mais se bloquait en cas de descente. Aelita fut la première à monter. Suivit ensuite Kikumaru, puis Oshitari. On n'avait pas le droit d'être à plus de trois sur chaque plateforme, alors les autres durent attendre un peu que la fillette s'avance sur le premier obstacle. Il s'agissait de deux fils de fer d'un diamètre de 4 centimètres tendus à une distance d'un mètre l'un de l'autre, et la fillette devait avancer dessus à quatre pattes. Elle était bien sûr sécurisée par le même système que pour l'échelle de corde, mais ne le sentait vraiment pas. Finalement, au bout de cinq bonnes minutes, elle parvint à franchir les cinq mètres de vide entre les deux plateformes. Eiji la rattrapa rapidement, de même qu'Oshitari. Les suivants commençaient leur montée.

Aelita était maintenant face à une tyrolienne. Bon, ça, ça allait. Alors… Décrocher la première sécurité, l'accrocher au fil, accrocher la tyrolienne portable, détacher la seconde sécurité, la rattacher, et…

- WAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !

Eh oui, j'vous le donne en mille : Kikumaru l'a poussée, une fois attachée.

- Désolée Aelita-chan, mais t'es sacrément lente, tu le sais ça ? lança l'acrobate en se tordant de rire avant de s'accrocher à son tour une fois que la jeune fille eut atteint l'autre plateforme sans encombre.

Une fois que la jeune fille stabilisée, elle se tourna vers son Senpai qui arrivait à toute vitesse en agitant les jambes et les bras comme s'il volait et l'apostropha.

- Eiji-senpai ! Ca va pas bien, ouais ?! cria-t-elle en tremblotant.

- Ahahah, on aurait dû te filmer, juste pour que tu te rendes compte à quel point tu criais fort ! rigolait Kikumaru.

- … Ahah, ahah, ahah. Très drôle.

- Roh, me dis pas que tu boudes ?!

- Ce serait totalement justifié, lâcha Oshitari, qui venait d'arriver, en remontant ses lunettes sur son nez.

- Bon, senpai, grogna la fillette, tu passes devant. Hors de question que je risque de me faire pousser de nouveau !

- Roh, très bien, très bien.

- Quand à toi, Oshitari, continua-t-elle en fixant le binoclard d'un air malveillant, ça ne semble pas être ton style mais je préviens au cas où : si jamais tu t'avises de l'imiter, je ne me priverais pas de te balancer par-dessus bord, compris ?

Le génie l'ignora royalement et lui passa même devant, n'ayant visiblement pas envie d'attendre. La jeune fille soupira, tandis que derrière, Inui arrivait.

- Il y avait 100% de chances qu'il réagisse ainsi.

- Même moi ça ne m'étonne pas, renchérit Fuji qui arrivait en souriant.

- …

En soupirant, Aelita passa à l'obstacle suivant, une échelle horizontale. Bien que toujours sécurisée par une sangle, la gamine avait un peu peur. Après tout, si elle lâchait, elle se retrouvait juste suspendue par son harnais. A dix mètres du sol. Ça fait un peu peur, non ? Heureusement, elle parvint à passer les dix barreaux. En fait, une fois qu'on avait commencé, on ne s'arrêtait pas. Du moins, elle ne s'était pas arrêtée, tout comme les deux personnes la précédant et celles la suivant. Cependant, pour Fuji… le pauvre n'avait pas assez de force dans les bras, et à cause de la chaleur et de ses mains moites, avait glissé. Il était donc suspendu dans le vide, son éternel sourire sur le visage, comme si cette position était la plus normale et ordinaire qui soit.

- Fuji-senpai, ça va ? le questionna Aelita.

- Oui, oui. J'arrive.

Et le plus naturellement du monde, il rattrapa les barreaux et se rendit sur l'autre plateforme. Ben tiens.

En soupirant, Aelita se tourna vers l'obstacle suivant, à savoir… Une liane. Ouais, ouais, une liane. Une espèce de grande corde bien rugueuse à laquelle on accrochait son harnais au cas où on la lâche. Très intelligent, non ?

- Hors de question que je fasse ça.

Inui l'avait déjà dépassée, et se tourna vers elle avant d'attraper la corde :

- 100% de chances que tu dises ça. Mes données sont imparables.

Et il s'élança, suivit par un Fuji mort de rire.

- Tu as le vertige, Aelita-chan ? la questionna gentiment le prodige.

- Non. Enfin, d'habitude.

- Eh bien, bon courage alors ! lança-t-il avec un dernier sourire avant d'attraper la corde et de s'envoler à son tour.

- …

Derrière, arriva Atobe.

- Laisse donc ma grandeur passer, si tu comptes rester plantée là, lâcha-t-il d'un air arrogant.

- Mais bien sûr, monsieur le roi, grogna la fillette.

- Merci, manante.

- Toi alors…

Puis elle eut une idée formidable en le voyant s'accrocher à la corde. Eh oui ! Quand on ne peut pas se venger sur celui qui vous a poussé, on le fait sur une autre personne qui vous fait chier. Oui, elle a balancé Atobe. Qui a eu, lui, la délicatesse de ne pas crier. Kabaji, inquiet pour son capitaine, s'est alors élancé à son tour, grillant la fillette. Derrière, Momo arriva, mort de rire.

- Pas mal, pas mal. C'était assez drôle !

- Merci, merci. Maintenant, ça m'arrangerait si tu pouvais passer devant, parce que je vais me faire trucider.

- Mais bien sûr, ricana l'adolescent en s'élançant à son tour.

Ce fut ensuite à la jeune fille de prendre la corde et de sauter. Elle cria tellement fort que ce fut à peine si elle entendit Atobe l'engueuler copieusement depuis l'autre plateforme. Le reste du parcours se passa plutôt tranquillement, sans autre incident majeur. Une fois qu'elle posa enfin les pieds sur le sol, Aeli lâcha un soupir. Enfin, c'était fini !

Quoi que. Pas totalement.

Elle se retrouva de nouveau en l'air, quand, sur un claquement de doigt d'Atobe, Kabaji l'avait soulevée.

- Eh.

- … Ouiiii ?

- Ne. Refais. Plus. Jamais. Ca.

- Chef, oui chef !

Le géant la lâcha, et elle partit se planquer derrière Momo.

La coach arriva ensuite, et réclama leur attention.

- Tout le monde, écoutez-moi je vous prie !

- Coach… Encore un autre atelier mauvais pour notre santé ? questionna Echizen.

- Fssshh, siffla la vipère, qui venait visiblement de décider qu'il ne referait jamais d'accrobranche.

- Mais non, mais non. Après avoir vu et étudié vos différents exploits dans les deux exercices précédents, Sakaki et moi avons décidé de vous séparer en plusieurs groupes avec chacun des exercices spécifiques pour renforcer ou développer l'une ou l'autre de vos capacités.

- Groupe A, commença l'entraîneur de Hyotei. Inui, Oshitari, Oishi, Ootori, Atobe. Groupe B, Mukahi, Eiji, Aelita, Fuji, Echizen, Jiro. Groupe C, Kabaji, Kawamura, Kaidoh, Shishido, Momo.

- Groupe A, vous avez une très bonne analyse du terrain, et souvent une très bonne précision. Vous allez avoir un programme basé sur le renforcement mental et le développement de votre puissance, reprit Ryuzaki-sensei.

- Groupe B, vous possédez une technique presque imparable et des coups sortant de l'ordinaire. Votre programme sera basé sur un renforcement physique pouvant vous assurer une endurance sans faille, qui vous mènera jusqu'à de longs Tie-Break sans faillir. Certains exercices seront également ciblés sur le développement de la masse musculaire, continua le coach des Hyotei.

- Quant au groupe C, vous possédez une très bonne puissance. Votre programme à vous sera donc basé sur un léger renforcement musculaire, mais également sur le développement de votre précision et de votre aptitude à analyser la situation sur le terrain, termina la coach avec un sourire sadique. C'est bien compris ?

- Yes, sir !

- Alors rompez ! Cria Sakaki, tandis qu'An, Hibiki et Sakuno arrivaient pour mener les différents groupes à leur coin d'entraînement.

[Du côté du groupe A]

- Bon, nous allons commencer par un renforcement des mollets. Accrochez ces poids de un kilo à chacune de vos chevilles, attrapez une corde, et faîtes-moi cinquante sauts, lâcha An en désignant une caisse remplie de cordes à sauter et de bandeaux lestés.

- Un kilo à chaque cheville ? Tu commences fort, remarqua Inui en sortant son cahier. Je vais pouvoir prendre de bonnes données… Dommage que je ne puisse pas aller espionner les autres groupes.

Chacun des joueurs passa les bandeaux lestés, et testèrent le poids en sautillant. Ce n'était pas trop dur, mais faire cinquante sauts avec ça aux pieds risquait d'être compliqué. Surtout quand on ne sait pas vraiment faire de la corde à sauter, comme un certain roi aux cheveux violacés dont je ne citerai pas le nom mais que vous avez sans doute déjà tous reconnu.

Après à peine cinq sauts, le collégien s'était emmêlé les pieds dans la corde.

- Atobe, t'es vraiment pas doué, ricana la jeune fille.

- Silence. C'est un jeu de fille, je n'en ai jamais fait. Les seuls fois où j'ai sauté à la corde, c'est Kabaji et un autre de mes sous-fifres qui la faisaient tourner pour moi.

- Eh bien, parfait ! Tu vas également améliorer ta coordination ainsi.

Keigo-sama laissa échapper un grognement distingué et recommença à sauter à la corde.

[Et chez le groupe B…]

- A-Alors… On va… commencer par… euh, par le r-renforcement des bras, balbutia Sakuno. Vous d-devez faire dix m-montées à la corde chacun… Hm…

Sans commentaires, les pauvres petits collégiens jetèrent un œil aux six cordes qui avaient été accrochées à divers arbres. Elles montaient à une hauteur de sept bons mètres. Ca n'allait pas être du gâteau. En fait, surtout pour Jiro qui ronflait comme un bienheureux au sol. Mukahi le poussa du pied.

- Jiro, réveille-toi. Eh, Jiro !

- Eh, Mukahi. Il craint les chatouilles ? le questionna Aelita.

- 'Sais pas. Pourquoi ?

- Bah…

La jeune fille s'approcha, planta deux doigts entre les côtes du roux, et les agita frénétiquement. Le garçon fut soudain prit de convulsions, et un rire hystérique franchit ses lèvres tandis qu'il se relevait d'un coup.

- Wow. A retenir. J'ai jamais vu Jiro se lever aussi rapidement, ricana Mukahi.

- Ma mère me réveillait comme ça quand j'étais petite.

- Ah ouais, moi c'était ma sœur ! lança Eiji, mort de rire.

Une fois le dormeur réveillé, l'entraînement put commencer. Etonnement, Jiro ne se rendormit pas, et monta à la corde plutôt facilement. Eiji et Mukahi, quant à eux trop agiles, avaient été interdits d'utiliser leurs pieds et devaient se hisser à la force de leurs bras. Fuji mit dix bonnes minutes à faire sa première montée, de même qu'Echizen, tandis qu'Aelita n'avait toujours pas réussi à atteindre le haut de la corde.

- C'est duuuuuur, grogna l'adolescente en s'allongeant au sol après avoir enfin réussi à monter une fois. J'suis fatiguéééééée.

- Debout, Aelita-chan ! T-tu dois faire c-cet exercice…

- Hm, hm, j'y retourne.

Les collégiens du groupe B se lancèrent un regard désespéré et repartirent attraper leur corde attitrée.

[Quant au groupe C…]

- C'est une blague, hein ? Pourquoi faut-il que ce soit Hibiki qui s'occupe du groupe dans lequel je suis ?! Cria Shishido en fusillant sa sœur du regard.

- Parce qu'il faut quelqu'un qui te surveille, abruti ! répliqua celle-ci.

- T'as fini de me traiter d'abruti, oui ?!

- Voyons, tous les deux… commença Kawamura. Calmez-vous, il n'y a pas de raison de vous crier dessus…

- TA GUEULE, LA VIPERE ! hurla soudainement Momo en sautant sur son rival de toujours, coupant par la même occasion la parole à son aîné.

- Fsshhh… Tu veux te battre, le porc-épic ?!

- Ah non, ne vous y mettez pas aussi, supplia Kawamura, dépassé par les deux rivaux qui s'apprêtaient à s'entretuer et le frère et la sœur qui se sautaient littéralement dessus. Kabaji, aide-moi !

- Ouais.

Sans attendre et sans rien dire, le géant attrapa Shishido et Kaidoh par le col, et les éloignèrent d'Hibiki et Momo. Kawamura soupira.

- Merci. Bon, si tu nous disais ce qu'on doit faire ?

- Mettez ces poids de un kilo à chacun de vos poignets, puis vous allez chacun piocher une balle lestée dans le panier qui est là. Le but est de lancer la balle dans le seau qui est situé à cinq mètres. On le reculera progressivement.

- Mais c'est vachement dur ! Hurla Shishido. Tu veux nous tuer ?!

- Oh, ça va hein ! C'est pas moi qui organise les exercices !

- C'est toi qui nous les fais faire !

- … C'est pas gagné, je sens… murmura Kawamura, regrettant de ne pas avoir sa raquette à portée de main.

[Le soir…]

Les adolescents débarquèrent tous au chalet, épuisés. Aelita soutenait Jiro qui ronflait, maudissant ses camarades de s'être cassés en courant après avoir réalisé qu'il allait falloir porter la marmotte. Eiji et Mukahi lui avaient tiré la langue, Echizen lui avait balancé un arrogant « Mada mada dane » et Fuji l'avait regardée avec son éternel sourire collé au visage… et était parti tout aussi vite. Du côté du groupe A, Atobe tentait de garder son calme et son arrogance habituelle, mais les rires moqueurs de ses camarades et d'An ne l'aidaient pas vraiment. Avec en plus Oishi qui ne cessait de lui demander s'il allait bien et s'il ne faudrait pas mettre de la glace sur son front, il n'allait pas réussir à rester tranquille une minute.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda un Echizen curieux.

- Il est tombé en faisant de la corde à sauter et s'est cogné la tête, répondit Oishi, mode panique activé.

- Et personne n'a pensé à filmer ça ? ricana Mukahi.

- La ferme, Gakuto, lança Oshitari, bien qu'il se retienne de rire également.

Atobe les fusilla du regard, mais heureusement, l'arrivée du groupe C détourna l'attention des joueurs : Momo et Kaidoh ne cessaient de se gueuler dessus, l'un disant que l'autre marchait sur ses pieds, et inversement. Hibiki donnait de fréquents coups à son frère, qui s'énervait, tandis que Kawamura tentait de tous les calmer. Seul Kabaji paraissait calme. Il était vraiment imperturbable, ce type !

Les coachs soupirèrent de concert.

- Allez donc prendre un bain… On mangera d'ici une heure et demie, alors vous avez tout votre temps. Les managers, vous n'avez qu'à y aller également.

- Mais le repas n'a pas fini de cuire, grand-mère… protesta Sakuno.

- Je m'en occupe, ne t'inquiète pas.

- D'accord, merci.

En soupirant de joie, les joueurs filèrent dans les bains. Aiko, Hibari, Hibiki, An, Tomoka, Sakuno et Aelita se retrouvèrent toutes les sept, chacune enroulée dans sa serviette.

- Oh… C'est la première fois que je vais dans des bains japonais ! soupira Aelita.

- C'est vrai ? la questionna Hibari.

- Oui. Je ne suis arrivée ici qu'en janvier, c'est-à-dire il y a un peu plus de trois mois, vu qu'on est début avril, et avec tous les entraînements et les tournois, je n'ai pas eu l'occasion de me rendre dans des bains.

- Oh, je vois.

Les filles posèrent leurs serviettes sur le banc contre l'un des murs et rentrèrent dans l'eau.

- Aaah, elle est chaude, ça fait du bien, soupira Hibiki.

- Dites… commença Aelita.

- Hm ?

- Dans les mangas, quand des jeunes filles prennent leur bain ensemble, généralement, elle ses se tripotent la poitrine pour voir qui a la plus grosse. Rassurez-moi, vous n'avez pas pour habitude de faire ça, hein ?

- Aelita… commença Aiko en ricanant.

- Oui ?

- C'est quoi ces lectures ?!

- Eeeeh, rien de pervers ! C'est pas ma faute, c'est Negima !

- Cette fille est une Otaku en puissance, rigola Tomoka en attrapant son amie par les épaules.

- J'proteste !

- On vient juste d'en avoir la preuve !

- Mais-euh…

La discussion fut coupée court par les voix des garçons, qui résonnèrent.

- Eh mais… C'est vrai, leurs bains sont à côtés des nôtres ! On va pouvoir espionner leurs conversations… ricana Tomoka en tendant l'oreille.

- Tu es indiscrète… et j'aime ça ! cria à son tour Aiko en souriant, imitée par Hibiki et An.

- Allez, chut ! murmura An.

- … Alors Ochibi, ça avance avec Sakuno-chan ?! Lança la voix enthousiaste de Kikumaru.

Les gamines étouffèrent un rire et toutes les têtes se tournèrent vers Sakuno, qui était devenue plus rouge qu'une tomate bien mure.

- Ne dis pas de bêtises, Kikumaru-senpai. C'est juste une amie.

- Vous voyez ! murmura Sakuno, une peu déçue. Il ne ressent rien pour moi…

- Ahah, tu rougis, Echizen ! ricana Momo de l'autre côté de la barrière.

- Momo-senpai ! Arrête-ça.

- Notre Ochibi est tout rouge !

- Moi, je dis que tu as encore toutes tes chances, chuchota An en souriant.

- Et puis d'abord, pourquoi on parle de moi ?! protesta Ryoma. Et toi alors, Momo-senpai ?

- M-moi ? M-moi et q-qui ?

- Oh mais oui. Toi et la sœur de Tachibana, An, lance Fuji, son sourire clairement perceptible dans sa voix.

C'est au tour d'An de rougir légèrement. Il y eut de nouveaux ricanements du côté des filles.

- Eh, An-chan, que penses-tu de Momo-senpai ? lui demanda Aelita en haussant volontairement la voix.

Dans l'autre bassin, les voix se turent, et les filles comprirent que les garçons tendaient l'oreille.

- … Je vais le faire marcher, chuchota An avant d'élever la voix à son tour. Bah, il est gentil. Pourquoi ?

- Non, mais gentil comme un copain… Ou plus ?

- Bah… Comme un copain. Par contre, je crois que j'aime Kamio…

Les filles étouffèrent un rire. Un bruit d'eau parvint à leurs oreilles, ainsi qu'un gloussement, et elles en conclurent que de l'autre côté, Momo rageait.

- Eh, An-chan… murmura Tomo. Tu as dit que tu le faisais marcher. Mais en vrai, qu'est-ce que tu penses de lui ?

- Bah… Je l'aime bien. Beaucoup même.

- Et de Kamio ?

- Je le considère plus comme un meilleur ami qu'autre chose.

- Parfait ! Vous êtes nos nouvelles cibles alors, ricana doucement Aelita. On doit mettre ensemble Ryoma et Sakuno, An et Momo-senpai, éventuellement Hibiki et Fuji-senpai, et Hibari et Eiji-senpai. Tiens, d'ailleurs, tant que j'y pense…

- Hibari-chan, rappelle-moi pour qui tu en pinces ! Je ne me souviens plus ! Feinta Aiko en élevant la voix.

De nouveau, les voix des garçons s'atténuèrent.

- Aiko-chan, nooon, s'il te plait… murmura Hibari, toute rouge.

- Ta tête nous supplie de faire ça, lui sourit Aelita avant de crier presque. Pour Eiji-senpai, Aiko ! T'as déjà oublié ?

De l'autre côté, on put clairement entendre Eiji s'étouffer après avoir avalé de l'eau du bain, et tout recracher sur un Oshitari qui grogna. Tomo retint de justesse un gloussement.

- Eh, les interrompit la voix d'Atobe. On peut savoir ce qui se passe ?

Les filles se turent. Il leur parlait à elles ? Avait-il compris leurs petites manigances ? C'était fort probable, Atobe-sama n'était pas né de la dernière pluie. Il y avait donc de fortes chances pour qu'il les ait grillées.

Mais heureusement, il semblait juste arriver dans le bain, puisque Choutaro l'apostropha :

- Ah, Atobe-san ! Tu tombes bien : on a plein de ragots croustillants avec les discussions des filles, à côté.

- Vous espionnez les conversations des autres ? Ce n'est pas digne des Hyotei.

- En fait, ce n'est pas vraiment volontaire, Atobe-san. Comme toutes les filles, elles parlent fort.

- Au contraire de nous : peu de chances qu'elles nous entendent vu comment elles caquètent, se moqua Gakuto.

Aelita ne put s'empêcher cette fois de lâcher un rire retentissant.

- … Elles nous ont entendus ? grogna l'acrobate des Hyotei.

- 79,7% de chances que ce rire soit dû à autre chose qu'à notre discussion, lâcha Inui.

Sakuno se mit à rire également, suivie par An, Tomoka, Hibari, Hibiki et Aiko. Les données d'Inui-senpai étaient fausses-euh !

- Tu en es sûr, Inui-senpai ? questionna Momo.

- Sûr à 79,7%.

- …Effectivement.

Les adolescentes se calmèrent finalement et décidèrent de sortir des bains pour attraper leur peignoir, et se rendre à la cuisine pour aider à la fin de la préparation du dîner.

- Ils sont parfois un peu bêtes, les gars, hein… ricana Aiko.

- Ou alors c'est nous qui sommes trop gamines pour eux, soupira Hibiki.

Les rires reprirent… et se stoppèrent net quand Oishi ouvrit grand la porte en bois donnant sur les bains des filles, un grand sourire aux lèvres.

- J'ai du savon !

- ….

Hibiki fut la première à lâcher un cri perçant, bientôt suivie d'Aiko, Hibari et Sakuno, tandis qu'An, Tomoka et Aelita, plus lucides, sautèrent dans les bains en entraînant celles n'étant pas habillées – et celles l'étant aussi, d'ailleurs… - avec elles.

Oishi était toujours dans l'encadrement de la porte, un air ébahi sur le visage, ses savons tombés par terre. Puis il s'inclina à 90 degrés et s'excusa à grands renforts de « Je suis désolé, je suis désolé, je suis désolé, je suis désolé ! ». Il releva ensuite la tête à temps pour voir une grosse bouteille de shampoing foncer vers lui, et eut l'intelligence de fermer la porte avant qu'elle ne lui arrive en plein dans la tête. Dans le grand bain, Sakuno sortit la tête de l'eau et recracha un peu de flotte.

Aiko avait une main sur sa poitrine, et était d'une pâleur à faire peur.

- Mon Dieu, il m'a fait peur ! Ce n'est pas vraiment le fait qu'il soit rentré, plutôt qu'il ait presque défoncé la porte qui m'a terrifiée.

- Idem, approuva Hibiki.

Dans les bains masculins, des éclats de rire se firent entendre quand Oishi raconta sa mésaventure avant de s'excuser une nouvelle fois auprès des filles, en leur assurant qu'il n'avait « rien vu du tout, je vous le promets ».

La réponse des gamines fut de l'eau froide – et le seau qui va avec ! – balancée par-dessus la barrière en bois séparant les deux bains.

Elles eurent l'air pleinement satisfaites en entendant Oishi lâcher un « Aïe » sonore. Cible atteinte !