Un Atobe qui pète les plombs, une nouelle boisson dégoûtante, des mouvements foirés... Eh oui mesdames, mesdemoiselles et messieurs, voici le chapitre 32 XD

N'hésitez pas à laisser une review pour me faire part de vos impressions, ça fait toujours plaisir ;)


- AMENEZ-MOI CETTE SALE GOSSE ! IMMEDIATEMEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEENT ! Hurla un Atobe visiblement furax.

En bas, dans l'immense salle à manger des Atobe, les collégiens déjà levés se regardèrent. Aelita s'étouffa à moitié avec son morceau de pain et pâlit considérablement. Il devait être sacrément en colère, Atobe, pour qu'on l'entende alors qu'il était au troisième étage !

- ET TANT QUE VOUS Y ETES, AMENEZ MOI UNE HACHE !

La jeune fille se leva précipitamment en repoussant sa chaise, sous les regards compatissants de Fuji, Ootori, Oshitari et des filles, et sous les rires de Shishido, d'Eiji et de Momo. Elle fusilla du regard ceux qui se moquaient d'elle et laissa échapper un soupir. Elle était bien trop jeune pour mourir !

- Vous savez quoi ? Je vais vous laisser.

Et elle partit précipitamment, tandis que l'un des majordomes d'Atobe s'approchait d'elle pour lui parler. Aelita sortit de la salle en courant, tout en vérifiant derrière elle que personne ne la suivait. Elle tomba ensuite nez à nez avec l'une des servantes de la maisonnée, qui s'inclina avant de parler :

- Ah… Aelita-san, Keigo-sama vous demande.

- Je sais, merci. Dites-lui que je suis indisponible ! répliqua la fillette en s'éloignant en courant.

- Mais…

La jeune femme tenta de la retenir, mais la fillette s'esquiva habilement en feintant à droite avant de passer à sa gauche. Elle avança encore un peu dans le couloir en vérifiant qu'on ne tentait pas de l'arrêter, et n'eut que quelques pas à faire avant de rentrer dans quelque chose – ou plutôt quelqu'un – de plutôt dur, pesant environ 62 kg pour 175 centimètres, qui tremblait. En relevant la tête pour fixer la personne qu'elle avait malheureusement percuté, elle eut le déplaisir de constater qu'il s'agissait du collégien au grain de beauté sous l'œil droit qu'elle avait le moins envie de voir dans l'immédiat. Et que s'il tremblait, c'était de rage.

De légères traces noires parsemaient encore ses joues, symbole des trucs qu'elle lui avait écrit au marqueur la veille.

- Oooh, Atobe, quelle bonne surprise… murmura Aelita en reculant.

Malheureusement, elle percuta de nouveau quelqu'un : et cette fois, il s'agissait de Kabaji, qui la souleva après qu'Atobe ait hautainement claqué des doigts.

- Eh… eh, eeeeh ! cria la fillette en battant vainement des jambes. M'enfin, Atobe, dis-lui de me lâcher !

- A partir de maintenant, ce sera « Atobe-sama » pour toi, répliqua le King d'un air arrogant. Tu vas regretter de t'être attaquée à ma grandeur.

- C'est une blague j'espère ?! Je veux bien m'excuser, mais ça, pas question !

- Très bien. Dans ce cas-là, tu t'excuseras une fois que je t'aurais réglé ton compte sur un court. Maintenant, ordonna-t-il en la toisant. Kabaji, amène-là.

- Quoi, là, maintenant ?! Mais je suis encore en pyjama ! protesta la française en désignant le magnifique motif de canard qui s'étalait en gros sur son t-shirt.

- Peu importe.

- Ça te va bien de dire ça, t'es déjà en tenue de sport ! J'suis sûr que t'avais déjà prévu de me défier !

Sans lui répondre, Atobe fit un signe à Kabaji qui, tenant toujours la jeune fille par le col, lui emboîta le pas vers les courts de tennis. Tous les collégiens suivirent le mouvement, et Aelita se retrouva avec sa raquette dans les mains, face à un Atobe plus que remonté.

- Eh, c'est quoi ça ? Tu veux me mettre une raclée devant tout le monde ?

- Bien deviné. Ainsi, tout le monde pourra admirer ma grandeur !

- T'es méchant !

- Non, je n'ai simplement pas de pitié, lâcha le King en la toisant.

- Beuh. T'es méchant, c'est bien ce que je dis.

Avec un soupir agacé, le roi des Hyotei entreprit de servir. Aelita remarqua pour la première fois qu'elle ne distinguait pas bien Atobe. Son visage était un peu flou. Immédiatement, elle attribua ceci au soleil positionné pile derrière lui. En plus de ça, elle était fatiguée, il était donc normal que ses yeux aient du mal à s'habituer à la lumière ambiante.

Ce fut quand la seconde balle passa à deux centimètres de son crâne qu'Aeli sortit de ses pensées.

- Défends-toi un peu, ce n'est pas drôle si tu ne fais rien, grogna Atobe.

- Ah… ah, oui, désolée.

La troisième balle fut tout aussi rapide, et Aeli eut un peu de mal à la rattraper. Il fallait vraiment qu'elle se réveille si elle ne voulait pas se prendre la plus grande honte de tout l'univers. Quoi que ça risquait d'arriver même si elle se réveillait, se secouait, faisait n'importe quoi pour passer soudainement du mode je-dors-encore au mode je-défonce-tout-le-monde. Elle effectua un coup croisé, qu'Atobe lui renvoya sans problème, comme à son habitude. Il marqua le troisième point après seulement quatre coups, et lâcha comme un ricanement, ce qui agaça la jeune fille. Elle n'était vraiment pas en forme ce matin. Et même si elle avait été en forme, il n'y avait sûrement aucun moyen pour elle de battre Atobe… Après tout, c'était un joueur d'un excellent niveau, qui rivalisait avec Echizen et même avec Tezuka. Alors, elle… Impossible qu'elle le batte. Cela associé à sa fatigue et ses yeux qui lui jouaient des tours, aucune chance.

- Mets-y du tien ! T'as eu le cran d'écrire sur le visage du King de Hyotei, alors tu dois être également capable de marquer un ou deux points, non ? se moqua ledit King.

Il gagna le premier jeu en un éclair. Ce fut à elle de servir pour le second jeu, et elle ne s'en priva pas. Si ses services n'étaient pas aussi impressionnants que ceux de Keigo, ils n'en restaient pas moins plutôt performants. Cependant, elle ne donnait pas son maximum, tellement persuadée qu'elle était que gagner était impossible pour elle. A quoi bon se donner du mal ? Autant en finir le plus vite possible, non ? Inui sembla le remarquer et prit pleins de notes.

- Hm… Je vois… manque de confiance en soi… marmonna le dataman.

- Qu'est-ce que tu racontes, Inui-senpai ? questionna Momo.

- Elle semble souffrir d'un complexe d'infériorité, répliqua le binoclard.

- Un complexe d'infériorité ? s'interrogea Oishi, inquiet.

- Cette sale gosse, un complexe d'infériorité ? grogna Oshitari à son tour en remontant ses lunettes sur son nez.

- Celle qui s'est permis de gribouiller sur le visage d'Atobe ? Qui ne cesse de se moquer de ses senpai ? Qui est l'une des filles les plus insouciantes et agaçantes que j'ai jamais rencontré ? ricana Mukahi.

- Oui, c'est plausible, approuva Fuji, toujours souriant.

- Ah bon, et en quoi ? s'étonna Momo.

- Eh bien, regarde, Momo, commença à expliquer le prodige, aussitôt coupé par Inui, qui voulait étaler sa science.

- Elle tremble légèrement, ne met pas autant de force qu'elle le peut dans ses services, et baisse les yeux face à Atobe.

- Il se peut que cela ne soit que sur un court de tennis, reprit Fuji.

- Mais dans ce cas, pourquoi contre Ochibi, ou encore contre un autre titulaire, elle n'a pas la même réaction ? demanda Eiji, totalement paumé.

- Vous n'êtes pas tous de niveau national, et certains sont moins impressionnants que d'autres, lâcha Oshitari avec un regard appuyé en direction de l'acrobate et de Momo. Si elle avait joué contre Tezuka ou Fuji, elle aurait sans doute eu la même réaction.

- 89,7% de chances que oui, approuva Inui.

Sur le court, Atobe avait bien sûr remarqué l'attitude de la jeune fille.

- Je vois chacun de tes points faibles ! Ta défense est trouée comme du gruyère ! jubila le King.

- La ferme, répliqua Aeli en courant comme une dératée d'un bout à l'autre du terrain.

Elle avait presque l'impression que des pics de glace pointaient le moindre point faible de son jeu. Qu'est-ce qu'il lui arrivait ? Elle ne jouait pas si mal que ça, d'habitude. « Complexe d'infériorité », qu'ils disaient, ses senpai. En quoi souffrait-elle d'un complexe d'infériorité ? Certes, Atobe était imposant, et là, il était assez flippant à voir. Les trois jeux qu'il avait gagnés en même pas dix minutes ne semblaient pas avoir apaisé sa soif de vengeance. Et en plus, elle sentait que si elle marquait alors qu'il était dans un état pareil, il risquait de ne pas apprécier.

Cinq minutes. Alors c'était ça qu'ils entendaient par « complexe d'infériorité » ? Le fait de ne pas oser se donner à fond par peur de représailles de la part d'une personne plus vieille ? Si c'était ça – et c'était probablement le cas – alors elle était tout le contraire d'Echizen ! Cette pensée lui tira un petit rire : cet abruti, lui, n'hésitait pas à ridiculiser ses aînés au tennis.

Très bien. C'était ça, le message ? « Bouge-toi et dépasse ça ! »

Les yeux de la jeune fille s'éclairèrent d'une lueur malicieuse. Très bien, elle allait s'y mettre !

[Flashback]

- Cette sale gamine… grogna Atobe en regardant dans le miroir les trucs écrits sur son visage.

- Atobe-sama, je vais vous laver le visage, annonça l'une de ses servantes en se retenant de rire devant la tête du maître de maison.

- Franchement, quand je pense qu'elle a osé ME faire ça… Sur un court de tennis, en face de moi, elle serait totalement différente.

- Tu penses toujours qu'elle souffre d'un complexe d'infériorité ? le questionna Shishido, planté dans un coin de la pièce.

- J'en suis certain.

- Mais voyons, soupira Oshitari, elle n'a pas l'air malmenée sur un court.

- Pas face à une personne peu impressionnante. Mais je sais de source sûre qu'elle est intimidée par Tezuka et Fuji, mais également par d'autres joueurs n'ayant pour eux que leur apparence imposante. Il faudrait qu'elle arrive à le vaincre, sinon elle sera un boulet pour Seigaku. Mais déjà, il faudrait qu'elle se rende compte de ce complexe.

- Et quelque chose me dit que tu as une idée de comment régler ça, grogna le génie à lunettes.

- Oui. Redescendez dans la salle à manger, tout va se mettre en place facilement, ricana presque le capitaine.

- Des fois, j'te reconnais pas, Atobe, marmonna Shishido dans sa barbe.

- Tu sous-entendrais que je ne suis pas capable d'aider quelqu'un, Shishido ? répliqua Atobe en fusillant son joueur du regard.

- … non, non.

Le binoclard et le joueur à casquette s'esquivèrent en voyant leur capitaine avec des mitraillettes à la place des yeux. Et mieux valait pour eux de ne pas rester dans les parages, vu ce qui allait suivre. Shishido plaindrait presque Aelita, si par moment elle ne lui tapait pas autant sur les nerfs. Keigo, une fois ses coéquipiers partis, inspira un grand coup et hurla.

- AMENEZ-MOI CETTE SALE GOSSE ! IMMEDIATEMEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEENT !

[Fin du flashback]

Aelita n'était plus la même personne qu'il y a cinq minutes. Elle avait relevé la tête et fixait maintenant Atobe dans les yeux, profondément agacée. Plus jamais elle ne se sentirait inférieure à cet abruti de King ! Il a la fortune ? Peu importe. La renommée ? Qu'est-ce qu'elle s'en fout ! Après tout, sur un terrain de tennis, avec une raquette à la main, on est tous égaux, non ? Peu importe le nombre de supporters, le nombre d'années d'expérience, le plus important, n'est-ce pas de prendre plaisir au tennis ?

La jeune fille soupira tandis qu'elle renvoyait une énième balle. Ce n'était peut-être qu'une impression, mais Aelita croyait déceler comme une lueur d'amusement dans le regard de son adversaire. Atobe s'amusait ? Il ne semblait pas se moquer d'elle. Et puis au pire, elle s'en foutait ! Totalement.

La main élégamment posé sur le visage, Keigo-sama lança de nouveau ses « pics de glace », cette étrange technique dont il se servait pour déceler les points faibles de son adversaire. Et de nouveau, Aeli se sentit comme gelée sur place durant quelques millisecondes. Mais son adversaire put remarquer qu'il y avait déjà beaucoup moins de trous dans son gruyère.

Il visa de nouveau l'un de ses angles morts, mais elle avait anticipé. L'inconvénient de cette technique pourtant extraordinaire, c'est qu'elle montrait à Aelita ses propres angles morts. Or, dans certains cas, il suffisait à la jeune fille de modifier sa position du tout au tout pour couvrir ces parcelles de terrain où elle ne pouvait réagir lors du pointage d'Atobe.

La première fois, ça ne marcha pas. En effet, venant à peine de réaliser qu'elle pouvait peut-être contrer son adversaire ainsi, elle avait réagi trop tard. Mais la seconde fois, ça passa. A peine les pics de glace se figèrent dans le sol que la petite française modifia sa position, les brisants. Bien sûr, d'autres se formèrent. Sa défense n'était pas impeccable, il y restera des trous quoi qu'elle fasse. Mais Atobe avait déjà frappé la balle, et ne put modifier que très légèrement l'angle de son attaque. Cela servit à la fillette, qui répliqua à l'aide d'une magnifique amortie qui prit le King de court.

- Oï, oï ! cria Eiji, surpris. Aelita-chan aurait-elle brisé l'Insight d'Atobe-sama ?! Me dites pas qu'il faut juste bouger pour contrer cette technique qui vous paralyse sur place !

- Nope, contra Inui tout en notant pleins de trucs dans son éternel cahier.

- Ah bon ? Mais alors… ?

- En fait, Atobe a visé un angle mort qu'elle fait disparaître en bougeant. Si elle parvient à changer sa position au moment où il tape dans la balle, elle a une infime possibilité de le contrer. Mais cela suppose une très bonne réactivité et un timing à la seconde près, indiqua le dataman. Elle n'a probablement eu qu'un coup de chance.

Aelita soupira. Bien sûr que ça n'avait été qu'un coup de chance. Elle avait réagi immédiatement, par instinct. Mais si elle recommençait, elle savait qu'elle aurait un décalage d'au mieux une seconde. Un simple coup de chance. Si elle voulait réitérer cet exploit, aucun doute qu'elle devrait aiguiser ses réflexes au maximum. En travaillant, peut-être qu'elle y arriverait.

Mais bon, pour l'instant, il lui fallait se concentrer sur le match.

Ce dernier se termina rapidement sur un score de 6-2 en faveur d'Atobe, bien sûr. Mais Aelita avait tout de même réussi à gagner deux jeux avant qu'il ne l'écrase définitivement, et elle en était plutôt fière. En plus, Atobe avait obtenu sa revanche, tout allait donc pour le mieux, non ?

La jeune fille s'inclina devant le capitaine adverse.

- Merci pour ce match, senpai, ça m'a beaucoup appris ! lança-t-elle en souriant.

Atobe lui lança un regard arrogant, puis sans un mot, quitta le court. Ahlala, on ne le changera pas, notre King préféré !

Tout le monde se dispersa ensuite rapidement sur l'ordre des coachs, mais Eiji ne l'entendait pas de cette oreille et sauta sans attendre sur le dos de sa kohai.

- Aelita-chan ! Tu t'es bien débrouillée-nyah ! miaula presque Kikumaru.

- Senpai… peux plus… respirer… marmonna la fillette entre ses dents.

- Chacun son tour, ricana Echizen dans sa barbe.

- La ferme, toi, répliqua la fillette une fois que son envahissant senpai l'ait libérée.

- Dis donc, vous tous, qu'est-ce que vous foutez encore ici ?! Grogna la coach.

- On y va, coach ! crièrent en chœur les joueurs en se dispersant.

Aujourd'hui, entraînement libre pour Aelita et Ryoma. Mais la jeune fille n'avait pas envie de faire un match contre ce dernier, ou encore d'aller courir. Pourquoi ne pas visiter un peu le manoir, histoire de voir ce qu'elle pouvait faire ? D'après ce qu'elle avait compris, il y a une piscine – exclus, totalement exclus ! Sauf peut-être le petit bain, et encore – un dojo équipé de vidéos d'entraînement, une salle de musculation, bref, pleins de trucs pour bien s'entraîner.

Elle rentra dans le manoir, histoire d'aller se changer – pas très intelligent de faire sport en pyjama à canards – et passa devant la piscine intérieure. C'était un grand bassin de vingt-cinq mètres de long, avec à côté un jacuzzi, et un petit bassin d'environ un mètre de profondeur. Un truc très luxueux, quoi. Digne d'Atobe.

Hrmpf.

La fillette remonta dans sa chambre, enfila en quatrième vitesse un short et un t-shirt pris au pif dans sa valise, et redescendit tout aussi rapidement. Il lui restait, au choix, soit le dojo, soit la salle de musculation. A choisir, elle préférait encore le premier. Elle se dirigea alors vers la pièce remplie de tatamis, et observa quelques instants l'écran plat accroché au mur, ainsi que l'armoire remplie de DVD de judo, de karaté, de kendo ou encore d'aïkido.

Tiens.

D'ailleurs, aïkido, ça lui disait quelque chose. Si elle se souvenait bien, c'était un sport de défense dont lui avait parlé Fuji lors de son entraînement particulier. Peut-être que si elle visionnait quelques vidéos et qu'elle reproduisait les mouvements, elle aurait l'idée de nouvelles techniques pour le tennis. Après tout, elle avait lu un jour dans un magazine que la pratique d'un autre sport ne pouvait qu'améliorer les capacités à la raquette.

Bah, elle pouvait toujours essayer. Ca promettait d'être marrant. Elle s'assit en tailleur devant la télé après avoir sélectionné le premier DVD.

« Gardez à l'esprit que l'aïkido est un sport non pas d'attaque, mais de défense. L'aïkido se compose de techniques avec armes et à mains nues utilisant la force de l'adversaire, ou plutôt son agressivité et sa volonté de nuire. Ces techniques visent non pas à vaincre l'adversaire, mais à réduire sa tentative d'agression à néant. »

Les premiers mouvements furent montrés par deux pratiquants en aïkidogi. C'était une technique toute simple : uke – l'attaquant – donnait un coup de poing au ralenti à tori – l'attaqué -, et ce dernier attrapait le poignet, et grâce à la force exercée par l'adversaire pour attaquer, retournait son bras et le lui tordait dans le dos. Autant dire quelque chose de difficile à réaliser pour une personne seule. Aelita se contenta donc d'imiter leur déplacement. Pas mal de déplacements latéraux, de pirouettes et autres trucs du genre. Une amplitude de mouvement plutôt large, de façon à esquiver facilement. En pratiquant régulièrement, cela pourrait même s'appliquer au tennis. Par exemple, quand uke effectuait un crochet du droit, tori effectuait un demi-tour pour se retrouver à l'extérieur du demi-cercle formé par le mouvement, attrapait le poignet de son adversaire et le tordait dans le dos.

Si on prenait le cas d'une balle curviligne telle que le Snake de Kaidoh, Aelita se dit qu'il y avait peut-être moyen d'effectuer le même mouvement mais de façon à se retrouver à l'intérieur du demi-cercle formé par le mouvement de la balle. Cela qui lui permettrait de se positionner de façon à la renvoyer par un revers, ou par un coup droit en fonction de sa provenance. Il faudrait bien sûr anticiper la balle, ce qui sous-entendait s'entraîner à réagir plus vite. Mais c'était une bonne idée. Surtout quand on réfléchissait bien, on réalisait que même si la puissance lui manquait, la rotation effectuée avant le retour donnerait plus de force à la balle.

Forte de cette idée, elle ne se priva pas pour attraper la raquette qu'elle avait laissé dans un coin et répéter le mouvement plusieurs fois, jusqu'à obtenir quelque chose de satisfaisant.

Tiens, elle pourrait peut-être demander à Kaidoh de tirer quelques snakes pour qu'elle expérimente cette technique. Ce pourrait être amusant ! Ou pas, d'ailleurs. En soupirant, elle recommença à reproduire les mouvements, passant presque deux heures et demie dans la petite salle, quand soudain, Atobe défonça presque la porte, avant de la fixer d'un air agacé.

- Ainsi c'est là que tu étais ! grommela le capitaine de Hyotei. Tout le monde te cherche partout depuis une bonne demi-heure.

- Ah… Ah ! Il est déjà midi et demi ! J'avais pas vu passer le temps… soupira la fillette.

- Ramène-toi, tout le monde t'attend pour manger. Dire que même moi, le King, ait été mobilisé pour te chercher.

- Oh, mon pauv' Atobe, railla Aeli.

- Tais-toi, sale gamine, râla Keigo-sama.

La jeune fille haussa les épaules en souriant, et emboîta le pas au roi. Le déjeuner passa assez rapidement, après que tout le monde ait questionné la jeune fille sur ce qu'elle avait fabriqué toute la matinée.

- Bah alors, Aelita-chan ! rigola Eiji en lui frottant les cheveux. On s'inquiétait !

- On pensait que tu t'étais noyée, ricana Momo.

- Ne rigole pas de ces choses-là, Momo ! protesta Oishi en serrant la fillette dans ses bras, l'étouffant presque. Imagine si ça avait été vrai ! J'étais mortellement inquiet !

- Geuh… Mais… arrêtez… de m'étouffer !

- Oishi, lâche-la, ou c'est toi qui vas la tuer ! cria Kawamura paniqué, avant qu'Eiji ne lui donne sa raquette. BUUUURNING ! Laisse la partir la pauv' gamine ! BABY !

- …

Elle soupira de soulagement quand son senpai la relâcha. Le repas passa plutôt rapidement, tout le monde étant enthousiaste à l'idée d'aller reprendre l'entraînement. Alors que la petite française s'apprêtait à aller demander à sa vipère de senpai de lui lancer des snakes, Sakuno l'intercepta :

- Aelita-chan ! C'est dommage que tu n'aies pas regardé le match de Ryoma-kun, il a vraiment bien joué ! Tu aurais du voir comment il a battu Momo-senpai ! jubilait la brunette.

- Elle ne l'a pas quitté des yeux de tout le match, sourit Aiko.

- Oui, je confirme ! se mit à rire Hibari.

- Tu peux parler, Hibari-chan, se moqua Hibiki. Tu n'as pas arrêté de fixer Kikumaru !

- Et toi alors, répliqua la brunette en remontant ses lunettes sur son nez, tu n'as pas cessé d'encourager en hurlant ce pauvre Fuji !

- Moi je crois savoir pourquoi Momo-senpai a perdu ! lança soudain Tomoka en ricanant.

- Moui, probablement, approuva Aelita, lisant dans les pensées de son amie.

- De quoi vous parlez ? questionna An, curieuse.

- Momo-senpai ne t'a sans doute pas quittée du regard durant tout le match ! rigolèrent la fille à couettes et la petite Française.

Désormais, le groupe de filles était composé d'une Sakuno toute rouge, d'une An pivoine, d'une Hibari embarrassée, et d'une Hibiki gênée à l'idée qu'elles aient remarqué qu'elle fixait Fuji.

- Fsshh… Vous bouchez le passage, siffla Kaidoh en les dépassant.

- Désolées ! crièrent les filles en chœur.

- Ah, Kaidoh-senpai ! l'interpella Aelita. Tu veux bien m'aider à m'entraîner ?

Le regard que lui lança son aîné en se retournant fut la chose la plus terrifiante qu'elle eut jamais vue. Même s'il n'avait sans doute pas l'intention de lui faire peur, puisqu'il la considéra quelques millisecondes avant d'accepter d'un signe de la tête. Il se dirigea vers le terrain extérieur, suivi de près par sa kohai, qui se fit rapidement arrêter par Tomoka.

- Eh, chuchota la fillette à couettes, tu veux vraiment t'entraîner contre Kaidoh-senpai ?

- Bah, oui, pourquoi ?

- Bah, c'est juste qu'il fait un peu peur… Tu n'as pas la trouille de te prendre un Snake dans la tête ? approuva Aiko.

- J'ai justement besoin de ses Snakes pour travailler un mouvement que j'ai mis au point ce matin.

Ses amies hochèrent la tête, et elles partirent toutes ensembles vers les courts. Kaidoh était déjà prêt, et l'attendait sur le court. Dès qu'il la vit, il laissa échapper un nouveau sifflement. Autour, personne ne semblait vraiment faire attention à eux. Echizen et Momo étaient en double contre Ootori et Shishido, qui étaient heureux de jouer de nouveau tous les deux. Oishi et Eiji étaient partis courir, Atobe faisait des pompes au côté de Kabaji qui le chronométrait, Oshitari et Kawamura faisaient des séries d'abdos, Fuji était parti muscler ses bras en faisant des tractions, poursuivis par un Jiro totalement réveillé et qui le suppliait d'exécuter le Hakugei.

Les filles s'étaient quant à elles dispersées : Sakuno était bien sûr en train d'encourager Ryoma, avec à côté d'elle An qui semblait intéressée par le match de Momo, mais faisait son possible pour ne pas le montrer. Hibari avait attrapé un vélo en prétextant faire un tour en forêt, mais tout le monde avait deviné qu'elle comptait suivre son grand amour de roux. Aiko, connaissant le sens de l'orientation déplorable de sa meilleure amie l'avait suivie pour éviter qu'elle ne se perde. Et aussi pour vérifier que tout se passait bien, et qu'elle ne se casserait pas la figure dans un ravin. Tomoka cassait les oreilles de tout le monde à coups de « RYOMA-SAMA », et Hibiki à coups de « FUJIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ».

Rien de bien nouveau, quoi.

Aelita, en soupirant, alla se placer face à son adversaire.

- Fsshh… Tu voulais quelque chose en particulier ? la questionna-t-il.

- Oui, Kaidoh-senpai. Est-ce que tu veux bien m'envoyer des snakes sans relâche ?

- Ok… fsshh…

Elle servit la première balle, et ils commencèrent par quelques échanges pour s'échauffer. Le garçon au bandana commençait déjà à la faire courir de droite à gauche sans s'arrêter, et après cinq ou six balles, lança un premier snake. La balle arriva sur la droite d'Aeli.

Si elle se souvenait bien… Un pas vers avant et légèrement décalé à gauche avec le pied droit, puis un quart de tour vers l'extérieur de façon à se retrouver dos au filet, et elle tape la balle avec un revers.

La balle termina sa course dans le camp d'Aelita, qui, sur le coup… se sentit un peu bête. Mais juste un peu.

Soyons d'accord pour dire qu'elle s'était magnifiquement – et lamentablement – foirée. Pour le coup, même Kaidoh avait laissé échapper ce qui semblait être un ricanement aux oreilles de la fillette. Bon, bon. Tout n'était quand même pas si mauvais. Après tout, elle avait réussi le mouvement. Elle s'était placée dans la courbe formée par la balle, et avait clairement vu cette dernière lui passer presque sous le nez et aller frapper le sol à peine quelques pas devant elle. Elle avait certes bougé plutôt rapidement, mais n'avait pas coordonné son tir avec sa rotation. Conclusion : c'était pas gagné. Il allait falloir qu'elle améliore sa coordination et sa capacité à voir les objets en mouvement, qu'elle travaille sur ce mouvement, qu'elle essaye également de préciser le placement de ses pieds et de son corps. Et surtout, surtout, il allait falloir qu'elle demande à Kaidoh de recommencer à lui balancer des Snakes.

Brrr.

Ca voulait dire s'entraîner avec lui souvent. Et par la même occasion, fréquenter tout aussi souvent Inui, qui passait son temps à aider Kaidoh. Wow.

En gros, elle devrait squatter avec les plus effrayants de la bande. Et risquer aussi à tout moment une intoxication à l'Inui Juice. Glurps. Et tout ça parce qu'elle avait tenté un nouveau mouvement. Elle pouvait certes abandonner, mais ce n'était pas son style. Alors, elle s'inclina devant la vipère, et cria presque en lui adressant sa demande :

- Kaidoh-senpai, entraînons-nous de nouveau ensemble !

- … Non. Fsshh…

La jeune fille en resta muette de stupéfaction. Il venait bien de dire « non », là ? Il se la jouait à la Echizen ou quoi ? Elle ouvrit la bouche, la referma, la rouvrit de nouveau, et ce une ou deux fois de plus. C'était méchant, ça !

- Voyons Kaidoh, ta Kohai te demande gentiment et poliment – un exploit, d'ailleurs – de l'aide. Pourquoi ne pas accéder à sa requête ? intervint Inui, un grand sourire sadique sur le visage.

- Fsshh… Fsh.

- Tu n'as pas envie ? Et bien moi, je te dis de le faire. Vous allez tous les deux vous entraîner avec moi ! répliqua le dataman, qui parlait visiblement la langue des serpents.

- Hey, j'ai jamais demandé ça, moi ! cria Aelita, sentant venir le grand danger de l'Inui Juice.

- Tu refuserais la gentille aide que te propose ton senpai, Aelita ? ricana Eiji revenant de son footing, et que la discussion avait attiré.

- Non, mais…

- Bon, ben marché conclu ! A partir de maintenant, rendez-vous à six heures trente du matin devant Seigaku pour une heure d'entraînement officieux avant l'entraînement officiel, et idem à six heures du soir ! approuva Inui. Cela va me faire de bonnes données…

La jeune fille soupira. C'était décidément pas une bonne idée, ce nouveau mouvement. Elle venait de se rajouter de l'entraînement en plus. Et connaissant son senpai à lunettes, elle risquait d'en baver. Pas de pitié pour les fillettes !

- Et d'ailleurs, commençons maintenant ! lança un Inui plus qu'enthousiaste à l'idée de pouvoir torturer une autre personne que Kaidoh.

- Quoi, mais non ! Inui-senpai-euh… marmonna la fillette tandis que le binoclard les attrapait, elle et Kaidoh, par le poignet pour les emporter dans la forêt. On va où, là ?!

- Fsshh… Senpai, on va faire quoi ? siffla la vipère.

- Vous allez bien voir ! On va bien s'amuser !

Derrière eux, Momo et Eiji étaient morts de rire. Quelle bande de saligauds !

Au bout de cinq bonnes minutes de marche, Inui daigna enfin arrêter la vipère et sa kohai.

- Kaidoh, on va travailler la force de ton bras : tu vas me faire deux séries de cinquante pompes sur le bras droit. Aelita, tu vas bosser sur ta coordination. Prends ta raquette de tennis et monte sur le tronc d'arbre renversé posé ici.

- Yes, senpai ! hurlèrent en chœur les deux compères sous le regard terrifiant que leur lançait Inui.

La vipère se mit au travail sans attendre, et Aelita l'imita en allant se placer sur le tronc. A cause de sa forme circulaire, il roulait légèrement d'avant en arrière, et le mouvement s'accentuait lorsque qu'elle bougeait.

- Maintenant, je vais te lancer des balles. Renvoie les dans le panier qui est là avec ta raquette.

- Hein ?! Mais-euh…, protesta la fillette en tentant de tenir en équilibre, raquette à la main.

Sans se soucier de ses protestations, Inui frappa la première balle avec la raquette. Aelita eut à peine le temps de faire un pas de côté que déjà, elle se cassait la figure sur les fesses. Kaidoh lui lança un peine un regard et soupira d'agacement. Inui nota quelque chose sur son cahier, et attendit qu'elle soit remontée sur le bout de bois avant de lui lancer de nouveau une balle. Cette fois, elle parvint à la renvoyer une fois avant de retomber. Elle laissa échapper un soupir, et se replaça de nouveau. La troisième fois, elle s'améliora encore. Cependant, le mouvement du tronc d'arbre n'était vraiment pas prévisible, car il s'intensifiait uniquement en fonction de ses déplacements, et variait donc fréquemment. Elle ne pouvait donc pas anticiper, et devait compter sur ses réflexes et sa rapidité de réaction pour la sauver. Bon, malheureusement, elle put vite se rendre compte que de ce côté-là, c'était pas gagné. Elle n'était pas excellente, mais ça s'améliorait au fur et à mesure des tirs d'Inui. Au bout de la neuvième balle qu'elle rata, Inui la fixa avec un grand sourire sadique plaqué sur le visage, et sortit un thermos remplit d'un liquide oscillant entre le turquoise et le vert anis.

- Senpai, c'est quoi ça ? questionna la petite française d'un air terrifié.

Même Kaidoh cessa de faire des pompes pour considérer du regard ce truc bizarre qui semblait bien plus épais qu'une boisson normale, avant de recommencer à faire ses séries à la vitesse de l'éclair.

- C'est ma nouvelle boisson. L'AoMidoriJuiceNoKami-sama ! lança le binoclard d'un air satisfait.

- L'AoMidoriJuiceNoKami-sama… ? reprit Aelita. Le jus vert et bleu des Dieux ?! J'ai peur de ses effets…

- Mais non… ricana-t-il. Cette boisson est parfaite, tout simplement parfaite ! Particulièrement au niveau nutritif. Il y a des feuilles de moutarde, du navet, du chou frisé, du cresson, des épinards, des choux de Bruxelles, de la betterave, de la roquette, des radis, des pousses de haricots, de la laitue romaine, du brocoli, du thon, de la sardine, du poivron rouge, une touche de piment, du chou-fleur, des artichauts, des graines de lin et de tournesol, des oignons, du jus de grenade , du hareng, de l'asperge, de l'avocat, une aubergine, un peu de chocolat, des escargots, des figues, et du jus de citron, le tout mixé de façon à avoir une boisson la plus liquide possible !

- Bah c'est pas gagné… marmonna la gamine en observant le liquide visqueux passer du thermos d'Inui au verre à pied qu'il tenait dans la main droite. Je suis censée boire ça ?

- Oui. Si tu ne parviens par à me renvoyer la balle plus de trente fois sans la faire tomber, tu devras boire cette boisson cul-sec.

Glurps. C'était pour la pousser à faire de son mieux ? Mais c'était pas possible ! Le meilleur score qu'elle ait fait, c'était dix-huit fois.

Et ce fut donc sans surprise qu'elle ne parvint pas à dépasser les vingt-deux, et ce malgré tous ses efforts. Kaidoh se fit tout petit en voyant la fillette avaler à grand-peine le truc bizarre et s'effondrer, mais malheureusement, Inui ne l'avait pas oublié…

- Bien sûr, ce serait dommage que tu ne testes pas aussi cette excellente boisson… N'est-ce pas, Kaidoh ?

- Sen… Senpai… Tu ne vas tout de même pas…

La vipère n'eut pas le temps de protester que déjà, Inui lui avait versé le liquide dans la bouche.

Le serpent retrouva sa kohai au sol, et le dataman se vit contraint de demander à Kawamura et Kabaji de les porter jusqu'au manoir. C'est ainsi que se termina la dernière journée de camp d'entraînement, pour le plus grand malheur de Kaidoh et Aelita, que cette expérience avait naturellement rapprochés. Quoi de mieux pour la jeune fille que de se planquer derrière son imposant senpai pour échapper à Inui ?